Babyllon
Ça va que je fume vite. C’est un nerveux lui, hein ? Mais je le suis ! C’est lui le boss, là. Ça me va. Je suis, sans me poser de questions.
J’ai l’oeil qui traîne partout, incapable de s’arrêter sur un article en particulier. Pouah, on trouve de tout, ici. Je pensais que ce serait juste des trucs pour bébé… mais non. T’as vraiment de tout. Enfin, pas vraiment de tout, parce que je vois pas de bouffe. C’est dommage, parce que là, j’ai une petite foncedalle qui pointe le bout de son nez. Il m’a donné faim avec ses histoires de croquettes, là…
Je me bouffe l’intérieur de la joue, je mâchouille, je relâche, je le suis faire ses emplettes. Je comprends rien à ce qu’il achète. Ça doit être des trucs de daron.
Je lève les yeux vers lui quand il me répond. Je ricane. Je comprends. C’est pas pour la serveuse qu’il viendrait, même si elle est bien bien chargée
« Je sais pas pour le serveur, mais le barman à un undercut et des pattes, si c’est ton style. » L’info, j’en ai plus ou moins rien à cirer, mais ça me dit un truc sur lui : c’est pas le père des gosses de sa pote ! Donc, il a des gamins chez lui qui sont pas les siens. Il héberge sa meilleure pote. Pourquoi ? Son mec l’a planté avec les gosses ? Rah, j’ai envie de lui poser la question, j’ai envie de savoir ce qu’un mec comme ça peut bien avoir à foutre de gamins qui sont pas les siens, chez lui, en plus. J’arrive même pas à imaginer comment c’est possible. Je veux dire, moi, ma meilleure pote elle me ramène ses morveux chez moi… bon, j’ai pas de meilleure pote, je crois même pas avoir une pote. J’ai Chris ! Mais c’est pas une pote, et lui de toutes manières, il me ramènerait pas ses gosses chez moi. Est-ce qu’il ferait des gosses, déjà ? Bordel, j’ai pas envie d’imaginer Chris papa. Et puis de toutes manières, Jude elle voudrait pas de ses gamins chez nous.
Je renifle un coup. Ok ! Ok, c’est à moi, du coup ! « Frère, sauver mon honneur ? » je répète. J’oscille la tête. « Non, sauvez mes miches ! » Je le suis, mains dans la poche, je caresse Dolly qui grognotte. Je sens ses petites griffes s’agiter contre mon poing pour me repousser, ou s’accrocher, je sais pas, mais je sais que c’est trop mignon. Je tend la main pour choper un lapin en peluche. Il ressemble trop au lapin qui pue de Jude ! Celui a qui j’avais arraché une oreille et qui m’a valu d’être enfermé sur le balcon. Pas par maman, ni papa. Par Jude ! Tout ça pour un doudou. Je lui ramènerai bien celui ci. Je le mettrai directement dans ma poche si il n’y avait pas des daronnes dans le rayon. Je leur fais mon plus beau sourire, conscient qu’on doit vraiment faire tache dans leur petit royaume de peluches et de biberons.
« Elles doivent surtout plus avoir l’habitude de voir des beaux mecs, à force de se faire engrosser par le même type », je lui réponds du tac au tac. Je renifle, j’agite un peu le doudou, je teste la résistance des oreilles… ça tient.
Je m’arrête dans mon geste en le voyant se lancer dans un cours… ah, bordel, non ! Non mais j’ai pas envie de savoir comment on met un body ! Ça va me servir à quoi ?! Ben je vais te le dire, moi : à rêver cette nuit que je vais être papa ! Voilà à quoi ça va servir ! Je le regarde déclipser, replier, déclipser, les yeux braqués sur les attaches. Non mais, il se fout de moi ?
Je récupère son body, je le regarde, puis ce petit truc tout doux, puis lui. J’ai un mouvement de recul, je lève le vêtement sous mon nez. Non mais, il se fout vraiment de moi, en fait.
Je tourne la tête vers lui, un sourcil haussé, un air dégoûté sur le visage.
« Mais… mais c’est pas pour moi, les bodys ! Pourquoi tu veux que j’apprenne à mettre un body ?! C’est pour ma sœur !… enfin, pas pour elle ! C’est… j’ai une cousine ! Elle a eu un bébé. Ou alors elle va l’avoir… attends… »
Je coince le lapin sous mon bras, et chope le body entre mes doigts. Je déclipse. Je reclipse. Je déclipse. Je reclipe. J’aime bien le bruit que ça fait. « En tout cas, je sais que le père, c’est son mari. » Je déclipse. Je m’arrête. Je le regarde. «… ta pote te fait changer les gamins ? La vache ! Avec tes grosses paluches ? Bordel, elle a confiance. » Je reclipse.
776 mots
J’ai l’oeil qui traîne partout, incapable de s’arrêter sur un article en particulier. Pouah, on trouve de tout, ici. Je pensais que ce serait juste des trucs pour bébé… mais non. T’as vraiment de tout. Enfin, pas vraiment de tout, parce que je vois pas de bouffe. C’est dommage, parce que là, j’ai une petite foncedalle qui pointe le bout de son nez. Il m’a donné faim avec ses histoires de croquettes, là…
Je me bouffe l’intérieur de la joue, je mâchouille, je relâche, je le suis faire ses emplettes. Je comprends rien à ce qu’il achète. Ça doit être des trucs de daron.
Je lève les yeux vers lui quand il me répond. Je ricane. Je comprends. C’est pas pour la serveuse qu’il viendrait, même si elle est bien bien chargée
« Je sais pas pour le serveur, mais le barman à un undercut et des pattes, si c’est ton style. » L’info, j’en ai plus ou moins rien à cirer, mais ça me dit un truc sur lui : c’est pas le père des gosses de sa pote ! Donc, il a des gamins chez lui qui sont pas les siens. Il héberge sa meilleure pote. Pourquoi ? Son mec l’a planté avec les gosses ? Rah, j’ai envie de lui poser la question, j’ai envie de savoir ce qu’un mec comme ça peut bien avoir à foutre de gamins qui sont pas les siens, chez lui, en plus. J’arrive même pas à imaginer comment c’est possible. Je veux dire, moi, ma meilleure pote elle me ramène ses morveux chez moi… bon, j’ai pas de meilleure pote, je crois même pas avoir une pote. J’ai Chris ! Mais c’est pas une pote, et lui de toutes manières, il me ramènerait pas ses gosses chez moi. Est-ce qu’il ferait des gosses, déjà ? Bordel, j’ai pas envie d’imaginer Chris papa. Et puis de toutes manières, Jude elle voudrait pas de ses gamins chez nous.
Je renifle un coup. Ok ! Ok, c’est à moi, du coup ! « Frère, sauver mon honneur ? » je répète. J’oscille la tête. « Non, sauvez mes miches ! » Je le suis, mains dans la poche, je caresse Dolly qui grognotte. Je sens ses petites griffes s’agiter contre mon poing pour me repousser, ou s’accrocher, je sais pas, mais je sais que c’est trop mignon. Je tend la main pour choper un lapin en peluche. Il ressemble trop au lapin qui pue de Jude ! Celui a qui j’avais arraché une oreille et qui m’a valu d’être enfermé sur le balcon. Pas par maman, ni papa. Par Jude ! Tout ça pour un doudou. Je lui ramènerai bien celui ci. Je le mettrai directement dans ma poche si il n’y avait pas des daronnes dans le rayon. Je leur fais mon plus beau sourire, conscient qu’on doit vraiment faire tache dans leur petit royaume de peluches et de biberons.
« Elles doivent surtout plus avoir l’habitude de voir des beaux mecs, à force de se faire engrosser par le même type », je lui réponds du tac au tac. Je renifle, j’agite un peu le doudou, je teste la résistance des oreilles… ça tient.
Je m’arrête dans mon geste en le voyant se lancer dans un cours… ah, bordel, non ! Non mais j’ai pas envie de savoir comment on met un body ! Ça va me servir à quoi ?! Ben je vais te le dire, moi : à rêver cette nuit que je vais être papa ! Voilà à quoi ça va servir ! Je le regarde déclipser, replier, déclipser, les yeux braqués sur les attaches. Non mais, il se fout de moi ?
Je récupère son body, je le regarde, puis ce petit truc tout doux, puis lui. J’ai un mouvement de recul, je lève le vêtement sous mon nez. Non mais, il se fout vraiment de moi, en fait.
Je tourne la tête vers lui, un sourcil haussé, un air dégoûté sur le visage.
« Mais… mais c’est pas pour moi, les bodys ! Pourquoi tu veux que j’apprenne à mettre un body ?! C’est pour ma sœur !… enfin, pas pour elle ! C’est… j’ai une cousine ! Elle a eu un bébé. Ou alors elle va l’avoir… attends… »
Je coince le lapin sous mon bras, et chope le body entre mes doigts. Je déclipse. Je reclipse. Je déclipse. Je reclipe. J’aime bien le bruit que ça fait. « En tout cas, je sais que le père, c’est son mari. » Je déclipse. Je m’arrête. Je le regarde. «… ta pote te fait changer les gamins ? La vache ! Avec tes grosses paluches ? Bordel, elle a confiance. » Je reclipse.
776 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Babyllon
Je retiens un sourire. Il y a, dans la manière dont il agite le body, un mélange d’absurdité et de sincérité qui me désarme un peu. Je m’appuie contre l’étagère derrière moi, les bras croisés, le regard fixé sur lui, mi-amusé, mi-attendri. Ce type pourrait rendre attendrissant un Troll des montagnes, à force de maladresse enthousiaste.
- J’te confirme, je me suis occupé une paire de fois des jumeaux quand ils étaient bébés… Couches, biberons, caprices à trois heures du matin… La totale.
Quand j’y repense, j’ai toujours trouvé ça normal en vrai. Je replie un body posé devant moi.
- Mais Matthew et Esther n’en portent plus, maintenant.
Je redresse les yeux vers lui, et ça me tire un sourire plus doux que je ne l’aurais cru.
- Le mec de Diane s’est barré y a longtemps. Elle s’est retrouvée seule avec les deux. Alors j’ai fait ce que j’ai pu. J’étais là, c’est tout. J’ai jamais vraiment su me barrer quand quelqu’un avait besoin.
Et surtout pas Diane. Je hausse les épaules, comme si ce n’était rien, alors que c’est tout. Je n’ai pas besoin d’en dire plus, pas besoin d’expliquer les soirées à bercer un gosse dans mes bras pendant que Diane pleurait dans la pièce d’à côté, ni les matins à faire des pancakes ratés pour les faire sourire. Ça, c’est entre elle et moi. Entre les murs de la maison. Je remarque alors la peluche qu’il tient toujours, ce lapin qu’il a trituré pendant que je parlais. Elle pendouille mollement entre ses doigts, la tête penchée sur le côté, comme un truc un peu ridicule, et trop mignon à la fois.
- Tu devrais la prendre. Ça lui ferait une copine, à ta bestiole de poche, non ?
Je désigne sa poche ventrale d’un signe de menton, celle où Dolly s’est repliée. Je reprends le second body qu’il tient encore, puis le plie à son tour correctement. Mes doigts effleurent le coton, le geste devenu presque machinal.
- Tu vois, au final, c’est pas si compliqué. Faut juste un peu de douceur, et arrêter d’avoir peur de mal faire.
Je relève la tête, capte son regard, puis me penche légèrement vers lui avec un sourire en coin :
- Et si t’arrives à ne pas définitivement flinguer ce lapin avant la fin des courses, je t’offre la première tournée.
Je recule d’un pas, puis glisse deux bodys dans mon panier roulant.
- J’te confirme, je me suis occupé une paire de fois des jumeaux quand ils étaient bébés… Couches, biberons, caprices à trois heures du matin… La totale.
Quand j’y repense, j’ai toujours trouvé ça normal en vrai. Je replie un body posé devant moi.
- Mais Matthew et Esther n’en portent plus, maintenant.
Je redresse les yeux vers lui, et ça me tire un sourire plus doux que je ne l’aurais cru.
- Le mec de Diane s’est barré y a longtemps. Elle s’est retrouvée seule avec les deux. Alors j’ai fait ce que j’ai pu. J’étais là, c’est tout. J’ai jamais vraiment su me barrer quand quelqu’un avait besoin.
Et surtout pas Diane. Je hausse les épaules, comme si ce n’était rien, alors que c’est tout. Je n’ai pas besoin d’en dire plus, pas besoin d’expliquer les soirées à bercer un gosse dans mes bras pendant que Diane pleurait dans la pièce d’à côté, ni les matins à faire des pancakes ratés pour les faire sourire. Ça, c’est entre elle et moi. Entre les murs de la maison. Je remarque alors la peluche qu’il tient toujours, ce lapin qu’il a trituré pendant que je parlais. Elle pendouille mollement entre ses doigts, la tête penchée sur le côté, comme un truc un peu ridicule, et trop mignon à la fois.
- Tu devrais la prendre. Ça lui ferait une copine, à ta bestiole de poche, non ?
Je désigne sa poche ventrale d’un signe de menton, celle où Dolly s’est repliée. Je reprends le second body qu’il tient encore, puis le plie à son tour correctement. Mes doigts effleurent le coton, le geste devenu presque machinal.
- Tu vois, au final, c’est pas si compliqué. Faut juste un peu de douceur, et arrêter d’avoir peur de mal faire.
Je relève la tête, capte son regard, puis me penche légèrement vers lui avec un sourire en coin :
- Et si t’arrives à ne pas définitivement flinguer ce lapin avant la fin des courses, je t’offre la première tournée.
Je recule d’un pas, puis glisse deux bodys dans mon panier roulant.
Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow
Babyllon
J’écoute, mais j’avoue : je suis complètement focus sur ce petit pop que fait le body à chaque fois que je clipse et déclipse. C’est hyper satisfaisant. Mais je l’écoute aussi, hein ! Je suis poli. Même que je le regarde quand il s’appuie sur l’étagère dans son dos. Bordel, il a pas peur que ça se casse la gueule ? Moi, je fais ça, ben c’est sûr que tout tombe à la renverse. Il a vachement de confiance en lui, quand même. Et confiance dans le mobilier.
Je plisse les lèvres de dégoût. Ah la vache, il a eu la totale, et c’est même pas le père. Ah mais l’horreur ! Il a franchement des corrones en béton pour accepter de gérer ça. ‘Tain, gérer les bébés qui hurlent la nuit ? Bon… la nuit, je dors pas, mais j’imagine si j’entends gueuler à … genre quinze heure. Mais je pète un plomb ! Mais elle fout quoi la daronne ? Ah… ben la suite me dit tout ce que j’ai envie de savoir. Je dis rien, j’arrête même de tripoter le body. Le mec s’est barré. Ben tiens. Avec… des jumeaux. Oh le gros c… cafard. Cafard, Lloyd. Reste poli, toi aussi tu te serai barré… je me serai barré ? Je réfléchis, les yeux qui tombent sur mes doigts. Si je m’étais enceinte ma nana -j’en ai pas mais t’as capté- et que je le savais, genre elle me le dirait…je me barrerai ? Je la laisserai avec deux mômes ?
Ouais, bordel, ouais, et même que je change de pays ! Deux gamins, non mais c’est de l’abus, aussi. Déjà un ! Un c’est abusé ! Mais deux ? L’enfer ! Deux fois plus de couches à changer, deux fois plus de biberons à préparer, deux fois plus de pognon à mettre dans les activités, deux fois plus d’emmerdes ! Par contre, ouais, ouais, la daronne dans tout ça… ah, ça me fout la rage de devoir réfléchir à ça alors que j’ai pas de meuf ! Ok, on se pose trente secondes parce que le bro, il continue à parler.
Mais…
J’ai le talon qui s’agite frénétiquement. J’essaye de l’écouter. Je m’accroche à ses lèvres qui bougent, à sa gueule qui se penche pour regarder mon lapinou.
« J’vais la prendre, mais c’est pour une autre bestiole : celle qui me sert de sœur. » Je souris, super fier d’être un super petit frère.
Je le laisse récupérer le body que je tiens, je le regarde plier… eh mais il est doué ! Comment il fait ça ! Ok, une manche, l’autre… non mais j’ai jamais réussi. Mes fringues, ils sont en boule dans le buffet. Pourquoi il se casse la tête comme ça ? La vendeuse, elle va les replier à la caisse, non ? Il est complètement bouffé par son rôle de papa de substitution. Bordel, ce type change des couches. J’y crois pas. Il change des couches ! Il prépare des biberons ! Tout ça pour sa meilleure pote. Bordel, ça c’est le pote rêvé. Le genre à se coller dos à dos avec toi dans une baston, à couvrir tes arrières quand ta meuf penses que tu la trompes… En fait, c’est Jude, mais en mec. Et en moins relou. Et… Non, Jude, elle m’a jamais aidé à casser des mâchoires. Pas son genre. Enfin.. Si, si. Je l’ai déjà vu cogner, et bordel ! Elle cogne ! Nan, ma Jude, elle est là quand ça commence à vraiment être le bordel. Combien de fois elle s’est interposé quand ça devenait vraiment compliqué ? Je l’ai vu se dresser devant tellement de mecs plus grand qu’elle, ses mains dans ses poches, son petit menton bien haut. Elle a jamais eu besoin de gueuler pour qu’on la respecte. Elle a un truc, tu vois ? Je sais pas ce que c’est, mais j’aimerais bien l’avoir. Ce mec, il a le truc, je pense. Ca se voit. Oh, faudrait trop que je lui présente Jude. Entre gens qui ont le truc, ils pourront que s’entendre ! Attends… mais j’ai pas envie qu’elle me vole mon pote, en fait.
J’ai la tête qui se dresse quand il parle de payer la première tournée. Oh ouais ! Ouais ! Et moi je paye la deuxième ! Et après, il prend la troisième ! Ensuite… ensuite… merde… Jude… Rah mais elle me saoule elle aussi avec ses commandes, là ! Bordel mais si elle voulait se la jouer baronne du crime et me voir comme un subalterne, fallait aller jusqu’au bout et payer des subalternes ! J’suis pas payé, moi ! Non ben non, tu penses, on va quand même pas payé le petit frère, hein ? Parce que quelqu’un un jour à décidé que le petit frère, c’était l’esclave de la grande sœur ! J’t’en foutrais du subalterne…
« Ok ok ok ! » je lance en me dressant d’un coup. Je pivote sur mes talons pour voir si personne regarde, et j’enfourne le lapin dans ma poche. Dolly l’accueille d’un glapissement, mais ça la dérange pas bien longtemps. J’y fourre mon autre main, j’arrache l’étiquette, la froisse entre mes doigts et la cache dans une étagère en pivotant à nouveau. Hop, ni vu ni connu. Un vrai as du vol, Papa Lloyd ! Non eh, je vais pas payer un lapin en peluche, sérieux.
Je fais un ample pas pour rejoindre mon pote et son panier roulant dans lequel il a jeté mes deux bodys. Enfin, ceux du môme de la cousine. « Et ta pote… Di… Diane, voilà », je me penche en avant, basculant tout mon poids sur mes orteils, « pourquoi elle s’est fait jeté par son mec ? Il l’a trompé ? Il a pas voulu assumer ? Il a eu peur ? Il s’est passé quoi ? Il la laissé avant ou après l’accouchement ? Il avait pas la thune ? »
Je sais pas si je pourrai me barrer si je mettais enceinte ma copine, en fait. J’arrive pas à … je claque des doigts dans ma poche, cherchant des mots que je vais pas formuler. En fait, je sais pas si je pourrai me regarder dans le miroir en sachant que j’ai laissé une nana bousiller sa vie avec deux gosses que je lui ai fait, tu vois ? Parce que ça… putain, c’est le pire truc que tu puisses faire à quelqu’un.
1076 mots
Je plisse les lèvres de dégoût. Ah la vache, il a eu la totale, et c’est même pas le père. Ah mais l’horreur ! Il a franchement des corrones en béton pour accepter de gérer ça. ‘Tain, gérer les bébés qui hurlent la nuit ? Bon… la nuit, je dors pas, mais j’imagine si j’entends gueuler à … genre quinze heure. Mais je pète un plomb ! Mais elle fout quoi la daronne ? Ah… ben la suite me dit tout ce que j’ai envie de savoir. Je dis rien, j’arrête même de tripoter le body. Le mec s’est barré. Ben tiens. Avec… des jumeaux. Oh le gros c… cafard. Cafard, Lloyd. Reste poli, toi aussi tu te serai barré… je me serai barré ? Je réfléchis, les yeux qui tombent sur mes doigts. Si je m’étais enceinte ma nana -j’en ai pas mais t’as capté- et que je le savais, genre elle me le dirait…je me barrerai ? Je la laisserai avec deux mômes ?
Ouais, bordel, ouais, et même que je change de pays ! Deux gamins, non mais c’est de l’abus, aussi. Déjà un ! Un c’est abusé ! Mais deux ? L’enfer ! Deux fois plus de couches à changer, deux fois plus de biberons à préparer, deux fois plus de pognon à mettre dans les activités, deux fois plus d’emmerdes ! Par contre, ouais, ouais, la daronne dans tout ça… ah, ça me fout la rage de devoir réfléchir à ça alors que j’ai pas de meuf ! Ok, on se pose trente secondes parce que le bro, il continue à parler.
Mais…
J’ai le talon qui s’agite frénétiquement. J’essaye de l’écouter. Je m’accroche à ses lèvres qui bougent, à sa gueule qui se penche pour regarder mon lapinou.
« J’vais la prendre, mais c’est pour une autre bestiole : celle qui me sert de sœur. » Je souris, super fier d’être un super petit frère.
Je le laisse récupérer le body que je tiens, je le regarde plier… eh mais il est doué ! Comment il fait ça ! Ok, une manche, l’autre… non mais j’ai jamais réussi. Mes fringues, ils sont en boule dans le buffet. Pourquoi il se casse la tête comme ça ? La vendeuse, elle va les replier à la caisse, non ? Il est complètement bouffé par son rôle de papa de substitution. Bordel, ce type change des couches. J’y crois pas. Il change des couches ! Il prépare des biberons ! Tout ça pour sa meilleure pote. Bordel, ça c’est le pote rêvé. Le genre à se coller dos à dos avec toi dans une baston, à couvrir tes arrières quand ta meuf penses que tu la trompes… En fait, c’est Jude, mais en mec. Et en moins relou. Et… Non, Jude, elle m’a jamais aidé à casser des mâchoires. Pas son genre. Enfin.. Si, si. Je l’ai déjà vu cogner, et bordel ! Elle cogne ! Nan, ma Jude, elle est là quand ça commence à vraiment être le bordel. Combien de fois elle s’est interposé quand ça devenait vraiment compliqué ? Je l’ai vu se dresser devant tellement de mecs plus grand qu’elle, ses mains dans ses poches, son petit menton bien haut. Elle a jamais eu besoin de gueuler pour qu’on la respecte. Elle a un truc, tu vois ? Je sais pas ce que c’est, mais j’aimerais bien l’avoir. Ce mec, il a le truc, je pense. Ca se voit. Oh, faudrait trop que je lui présente Jude. Entre gens qui ont le truc, ils pourront que s’entendre ! Attends… mais j’ai pas envie qu’elle me vole mon pote, en fait.
J’ai la tête qui se dresse quand il parle de payer la première tournée. Oh ouais ! Ouais ! Et moi je paye la deuxième ! Et après, il prend la troisième ! Ensuite… ensuite… merde… Jude… Rah mais elle me saoule elle aussi avec ses commandes, là ! Bordel mais si elle voulait se la jouer baronne du crime et me voir comme un subalterne, fallait aller jusqu’au bout et payer des subalternes ! J’suis pas payé, moi ! Non ben non, tu penses, on va quand même pas payé le petit frère, hein ? Parce que quelqu’un un jour à décidé que le petit frère, c’était l’esclave de la grande sœur ! J’t’en foutrais du subalterne…
« Ok ok ok ! » je lance en me dressant d’un coup. Je pivote sur mes talons pour voir si personne regarde, et j’enfourne le lapin dans ma poche. Dolly l’accueille d’un glapissement, mais ça la dérange pas bien longtemps. J’y fourre mon autre main, j’arrache l’étiquette, la froisse entre mes doigts et la cache dans une étagère en pivotant à nouveau. Hop, ni vu ni connu. Un vrai as du vol, Papa Lloyd ! Non eh, je vais pas payer un lapin en peluche, sérieux.
Je fais un ample pas pour rejoindre mon pote et son panier roulant dans lequel il a jeté mes deux bodys. Enfin, ceux du môme de la cousine. « Et ta pote… Di… Diane, voilà », je me penche en avant, basculant tout mon poids sur mes orteils, « pourquoi elle s’est fait jeté par son mec ? Il l’a trompé ? Il a pas voulu assumer ? Il a eu peur ? Il s’est passé quoi ? Il la laissé avant ou après l’accouchement ? Il avait pas la thune ? »
Je sais pas si je pourrai me barrer si je mettais enceinte ma copine, en fait. J’arrive pas à … je claque des doigts dans ma poche, cherchant des mots que je vais pas formuler. En fait, je sais pas si je pourrai me regarder dans le miroir en sachant que j’ai laissé une nana bousiller sa vie avec deux gosses que je lui ai fait, tu vois ? Parce que ça… putain, c’est le pire truc que tu puisses faire à quelqu’un.
1076 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Babyllon
Je baisse les yeux vers sa poche. Le lapin a disparu, tout comme l’étiquette. Je ferme les yeux une seconde pour rester zen.
- Tu vas me faire le plaisir de remettre l’étiquette sur cette peluche, et de la poser dans le panier avant que je te colle moi-même un body sur les fesses.
Je reste calme, et je tends la main vers sa poche centrale pour y plonger la main et récupérer le jouet.
- Je paie les bodys et mes courses. Je paie même ce foutu lapin si tu tiens tant à offrir une peluche à ta sœur.
Je pourrais lui faire la morale sur les commerçants, le respect et tout le cirque. Mais je ne suis ni son père, ni son éducateur. Je récupère les deux bodys, et d’un geste assuré, je les pose dans le panier. La question de Diane revient dans mon esprit. Pourquoi elle s’est fait jeter ? Comme si c’était si simple. Les hommes adorent inventer des histoires pour dire qu’ils ont fui. Je serre la mâchoire.
- Ce n’est pas vraiment à moi de te raconter cette histoire.
Ce type a beau avoir l’air de sortir d’une soirée arrosée, il n’a pas posé la question avec cruauté. Je pousse le panier vers la caisse.
- Ce que je peux te dire, c’est qu’il n’a pas été là tous les jours. Elle a géré seule les couches et les pleurs, les fièvres nocturnes… Elle a payé seule toutes les factures. Deux mômes à porter, c’est lourd quand on n’a déjà plus de bras pour soi-même.
Je dépose les articles sur le comptoir.
- Diane n’a pas été « jetée », elle a été laissée par quelqu’un qui n’avait pas les épaules, nuance.
Je règle les achats, et les sacs se remplissent avec les bodys et les autres babioles. Il y a quelque chose de troublant quand j’observe la scène. Ma vie est devenue ça depuis longtemps : Des gosses dans mon grenier, ma meilleure amie dans ma cuisine, et moi qui hurle à qui voudrait l’entendre que je pourrais brûler la ville juste pour les observer dormir en paix. Je récupère les sacs.
- J’ai connu Diane avant tout ça, à Poudlard. Alors quand elle a eu besoin d’un endroit où s’installer, j’ai ouvert ma porte.
J’avance vers la sortie. L’air frais, un peu humide, me rappelle que je n’aime pas faire les magasins. Je m’arrête sur le seuil du Quotidien du Sorcier, et je tourne la tête vers mon camarade, que je me surprends à bien aimer.
- Moi, je dois rentrer, parce que si je tarde trop, Diane va croire que je me suis battu avec une maman.
Je souris, car elle en est capable.
- On passera à la Fausse Danse un soir avec Diane. Je te la présenterai. Tu comprendras mieux.
Je salue la mère d’un mioche de Maeve Queen qui rentre dans le magasin.
- De toute façon, elle ne sort jamais, alors ça lui fera du bien. Par contre, tu évites de lui demander direct pourquoi son mec s’est barré. Si elle a envie d’en parler, elle le fera.
Je tends à Lloyd son sac de courses.
- Merci pour la compagnie, mec. Ramène ça à ta sœur avant qu’elle te transforme en couche usagée.
Je tape son épaule avec un sourire.
- Ça m’a fait plaisir de faire ta connaissance, j’suis sincère. Et pour la tournée, je n’oublie pas, t’inquiète.
En prenant le chemin de la maison, j’imagine Matthew fouiller dans les courses avant que je ne les range, Esther bouder parce que je ne l’ai pas amenée avec moi, et Diane qui va me poser mille questions sur mes achats en scrutant le ticket. Moi, je vais râler évidemment, mais ça voudra dire aussi que tout se passe bien dans le meilleur des mondes.
Fin pour moi. Merci beaucoup, c’était super !
- Tu vas me faire le plaisir de remettre l’étiquette sur cette peluche, et de la poser dans le panier avant que je te colle moi-même un body sur les fesses.
Je reste calme, et je tends la main vers sa poche centrale pour y plonger la main et récupérer le jouet.
- Je paie les bodys et mes courses. Je paie même ce foutu lapin si tu tiens tant à offrir une peluche à ta sœur.
Je pourrais lui faire la morale sur les commerçants, le respect et tout le cirque. Mais je ne suis ni son père, ni son éducateur. Je récupère les deux bodys, et d’un geste assuré, je les pose dans le panier. La question de Diane revient dans mon esprit. Pourquoi elle s’est fait jeter ? Comme si c’était si simple. Les hommes adorent inventer des histoires pour dire qu’ils ont fui. Je serre la mâchoire.
- Ce n’est pas vraiment à moi de te raconter cette histoire.
Ce type a beau avoir l’air de sortir d’une soirée arrosée, il n’a pas posé la question avec cruauté. Je pousse le panier vers la caisse.
- Ce que je peux te dire, c’est qu’il n’a pas été là tous les jours. Elle a géré seule les couches et les pleurs, les fièvres nocturnes… Elle a payé seule toutes les factures. Deux mômes à porter, c’est lourd quand on n’a déjà plus de bras pour soi-même.
Je dépose les articles sur le comptoir.
- Diane n’a pas été « jetée », elle a été laissée par quelqu’un qui n’avait pas les épaules, nuance.
Je règle les achats, et les sacs se remplissent avec les bodys et les autres babioles. Il y a quelque chose de troublant quand j’observe la scène. Ma vie est devenue ça depuis longtemps : Des gosses dans mon grenier, ma meilleure amie dans ma cuisine, et moi qui hurle à qui voudrait l’entendre que je pourrais brûler la ville juste pour les observer dormir en paix. Je récupère les sacs.
- J’ai connu Diane avant tout ça, à Poudlard. Alors quand elle a eu besoin d’un endroit où s’installer, j’ai ouvert ma porte.
J’avance vers la sortie. L’air frais, un peu humide, me rappelle que je n’aime pas faire les magasins. Je m’arrête sur le seuil du Quotidien du Sorcier, et je tourne la tête vers mon camarade, que je me surprends à bien aimer.
- Moi, je dois rentrer, parce que si je tarde trop, Diane va croire que je me suis battu avec une maman.
Je souris, car elle en est capable.
- On passera à la Fausse Danse un soir avec Diane. Je te la présenterai. Tu comprendras mieux.
Je salue la mère d’un mioche de Maeve Queen qui rentre dans le magasin.
- De toute façon, elle ne sort jamais, alors ça lui fera du bien. Par contre, tu évites de lui demander direct pourquoi son mec s’est barré. Si elle a envie d’en parler, elle le fera.
Je tends à Lloyd son sac de courses.
- Merci pour la compagnie, mec. Ramène ça à ta sœur avant qu’elle te transforme en couche usagée.
Je tape son épaule avec un sourire.
- Ça m’a fait plaisir de faire ta connaissance, j’suis sincère. Et pour la tournée, je n’oublie pas, t’inquiète.
En prenant le chemin de la maison, j’imagine Matthew fouiller dans les courses avant que je ne les range, Esther bouder parce que je ne l’ai pas amenée avec moi, et Diane qui va me poser mille questions sur mes achats en scrutant le ticket. Moi, je vais râler évidemment, mais ça voudra dire aussi que tout se passe bien dans le meilleur des mondes.
Fin pour moi. Merci beaucoup, c’était super !
Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow
Babyllon
Super donc il est relou. Je le regarde, les yeux ronds. Il se prend pour mon daron, ou quoi ? Ouais, non. Le daron, il m’aurait chopé par la nuque et m’aurait foutu la honte devant toute la boutique pour me faire passer l’envie de voler. Ça va, quoi. C’est juste un doudou. C’est pas comme si j’avais braqué Gringotts ! J’adorerai braquer Gringotts. A la moldue, t’sais. Avec un masque, comme dans les films. Bon, faudrait que je me trouve une team. Piquer dans les supérettes ou des boutiques comme celles-ci, ça va tranquille, tu peux gérer seul. Mais Gringotts ? Paraît qu’ils ont des dragons, en plus. J’avais entendu par je sais plus qui qu’un sortilège de conjonctivite, ça aide vachement quand tu dois te battre avec. C’est pas débile, ça, franchement ? Le dragon, il peut te rôtir sur place… et toi tu lui fous une conjonctivite. C’est carrément la honte. En plus, c’est débile. Tu vois pas, ok, mais tu peux continuer à te battre, faut juste des gestes plus amples. Une fois, on m’a aveuglé avec du sable. Le mec il a réussi facile à me foutre à terre, normal. Pour ça que moi, ben si on me jette du sable, BAM, maintenant c’est coup de pied circulaire. Après, t’as une chance sur deux pour le rater parce que le mec est déjà en train d’essayer de te choper par le bas. Là, c’est un peu plus tendax. C’est bâtard de viser les yeux. Si je dois me battre contre un dragon, je ferai ça à la loyale.
Je lève les mains pour le laisser récupérer la peluche. Pendant un moment, j’ai cru qu’il allait choper ma Dolly, mais nan, c’est bon. Il se serait fait démarrer par ma fille. Ça aurait été marrant, un peu. Pas trop pour Dolly. Elle aime pas être surprise. Je le sais. Ça m’est arrivé de vouloir faire le con et lui faire peur quand elle dormait… faut la voir avec ses grands yeux ronds, sa petite bouche ouverte qui te fait clairement comprendre que si t’as encore tes deux yeux, c’est parce qu’elle à la flemme de te sauter à la tronche. Eh, on en revient encore aux yeux !
Merde, il a dit quoi ? Mon corps l’a suivi, mais j’écoutais pas trop. Ah, oui ! Sa pote ! Sa pote qui s’est fait tej par son mec. Ok ok ok. Donc… elle a pas été jetée, c’est ça qu’il dit. Mais laissée par quelqu’un qui n’avait pas les épaules.
Ben… si, du coup : elle s’est complètement fait jetée. C’est pas parce que tu changes les mots que le sens change aussi, hein. Il l’a jetée parce que c’était un trou de balle, c’est tout. Tu laisses ta meuf gérée deux gosses, tu la jettes. On s’en fout de tes épaules, ou de tes excuses. Le résultat, c’est le même, quelque soit la raison : t’as jeté ta meuf
Je m’appuie contre le comptoir, la bouche plissée. J’écoute, je le regarde, je regarde sa doudoune. Elle est classe, sa doudoune. Tu crois que ça vient d’une friperie ? J’achète quasi qu’en friperie. Flemme d’aller faire les boutiques. La friperie, c’est cool, parce que t’as des pépites, parfois. Et c’est écolo. Je suis écolo ? Jude, elle dit que j’ai parfois un mood de hippie. Je prends pas ça pour une insulte. Je les aime bien. Comment tu peux ne pas aimer des gens aussi tranquille, hein ? Ma grand-mère Molly, celle du côté de papa, elle a plein de photo d’elle quand elle était jeune. C’était une hippie. Juré. Elle était hyper jolie, en plus. Des cheveux longs tout blonds qui lui allaient jusqu’aux hanches. Elle aussi, elle jouait de la gratte. Faudra que j’aille la voir, un de ces quatre. Elle est marrante, Maimeo. Ça veut dire “grand-mère” en irlandais. C’est comme ça qu’on l’appelle. J’aime bien l’irlandais. Un jour, faudra que j’apprenne à le parler. Ça serait pas hyper classe de reprendre une de mes chansons en irlandais, sérieux ? Genre Sorry not Sorry en irlandais. Comme avait fait… Lion’s Law ! C’est un groupe de oi! Français moldu qui est parti aux states. C’est pas de mon époque, mais papa écoute, donc j’écoute. Ben eux, ils ont reprit un de leur titre, Lafayette, et l’ont fait passé de l’anglais au français. J’aime pas du tout. J’aime pas le français, de toutes façon.
On sort enfin. Eh ben, mission accomplie, et j’ai un nouveau copain. Jude sera contente, hein. Ah, ouais : le sac. Et avec la peluche pour Jude en plus. Elle va être méga contente. Je le regarde, je souris de toutes mes dents.
« Passez quand vous voulez, bro. J’vous ferai un cocktail maison. Et promis, je fermerai ma bouche sur son mec qui s’est barré. » De toutes façons, je me connais : j’aurai oublié d’ici là. Sauf si elle vient avec les gosses. Là, je pense m’en souvenir.
Cass se casse. Je le regarde repartir. C’est un bon gars, hein ? Un bon copain. Pour moi, déjà : il m’a payé les courses. Oh. Il me reste du pognon, alors.
Je souris.
Eh ben, on va aller faire un petit tour au bar avant de rentrer, hein. On devait y aller ensemble, mais c’est comme si c’était le cas, pas vrai ?
Je m'adosse au mur de la boutique pour vérifier le sac. Je sors le lapin. Franchement, payer ça ? Il a de la thune à foutre en l'air, hein ? Je remue le lapin dans ma main. Je tire un peu sur une oreille, puis l'autre. Jude sera contente. Jude sera...
L'oreille cède.
Je la lève à hauteur de mon visage déconfit.
Non mais c'est pas vrai !
Lloyd, sérieux ! Je râle, ma tête part contre le mur froid dans mon dos. Pourquoi faut toujours que je veuille tester les trucs, hein ? Pourquoi faut absolument que je casse tout ce que je touche ?
Je regarde le lapin, une dernière fois. Je souffle. Bon. Ça lui rappellera des souvenirs et puis voilà.
Merci à toi !
1017 mots
Je lève les mains pour le laisser récupérer la peluche. Pendant un moment, j’ai cru qu’il allait choper ma Dolly, mais nan, c’est bon. Il se serait fait démarrer par ma fille. Ça aurait été marrant, un peu. Pas trop pour Dolly. Elle aime pas être surprise. Je le sais. Ça m’est arrivé de vouloir faire le con et lui faire peur quand elle dormait… faut la voir avec ses grands yeux ronds, sa petite bouche ouverte qui te fait clairement comprendre que si t’as encore tes deux yeux, c’est parce qu’elle à la flemme de te sauter à la tronche. Eh, on en revient encore aux yeux !
Merde, il a dit quoi ? Mon corps l’a suivi, mais j’écoutais pas trop. Ah, oui ! Sa pote ! Sa pote qui s’est fait tej par son mec. Ok ok ok. Donc… elle a pas été jetée, c’est ça qu’il dit. Mais laissée par quelqu’un qui n’avait pas les épaules.
Ben… si, du coup : elle s’est complètement fait jetée. C’est pas parce que tu changes les mots que le sens change aussi, hein. Il l’a jetée parce que c’était un trou de balle, c’est tout. Tu laisses ta meuf gérée deux gosses, tu la jettes. On s’en fout de tes épaules, ou de tes excuses. Le résultat, c’est le même, quelque soit la raison : t’as jeté ta meuf
Je m’appuie contre le comptoir, la bouche plissée. J’écoute, je le regarde, je regarde sa doudoune. Elle est classe, sa doudoune. Tu crois que ça vient d’une friperie ? J’achète quasi qu’en friperie. Flemme d’aller faire les boutiques. La friperie, c’est cool, parce que t’as des pépites, parfois. Et c’est écolo. Je suis écolo ? Jude, elle dit que j’ai parfois un mood de hippie. Je prends pas ça pour une insulte. Je les aime bien. Comment tu peux ne pas aimer des gens aussi tranquille, hein ? Ma grand-mère Molly, celle du côté de papa, elle a plein de photo d’elle quand elle était jeune. C’était une hippie. Juré. Elle était hyper jolie, en plus. Des cheveux longs tout blonds qui lui allaient jusqu’aux hanches. Elle aussi, elle jouait de la gratte. Faudra que j’aille la voir, un de ces quatre. Elle est marrante, Maimeo. Ça veut dire “grand-mère” en irlandais. C’est comme ça qu’on l’appelle. J’aime bien l’irlandais. Un jour, faudra que j’apprenne à le parler. Ça serait pas hyper classe de reprendre une de mes chansons en irlandais, sérieux ? Genre Sorry not Sorry en irlandais. Comme avait fait… Lion’s Law ! C’est un groupe de oi! Français moldu qui est parti aux states. C’est pas de mon époque, mais papa écoute, donc j’écoute. Ben eux, ils ont reprit un de leur titre, Lafayette, et l’ont fait passé de l’anglais au français. J’aime pas du tout. J’aime pas le français, de toutes façon.
On sort enfin. Eh ben, mission accomplie, et j’ai un nouveau copain. Jude sera contente, hein. Ah, ouais : le sac. Et avec la peluche pour Jude en plus. Elle va être méga contente. Je le regarde, je souris de toutes mes dents.
« Passez quand vous voulez, bro. J’vous ferai un cocktail maison. Et promis, je fermerai ma bouche sur son mec qui s’est barré. » De toutes façons, je me connais : j’aurai oublié d’ici là. Sauf si elle vient avec les gosses. Là, je pense m’en souvenir.
Cass se casse. Je le regarde repartir. C’est un bon gars, hein ? Un bon copain. Pour moi, déjà : il m’a payé les courses. Oh. Il me reste du pognon, alors.
Je souris.
Eh ben, on va aller faire un petit tour au bar avant de rentrer, hein. On devait y aller ensemble, mais c’est comme si c’était le cas, pas vrai ?
Je m'adosse au mur de la boutique pour vérifier le sac. Je sors le lapin. Franchement, payer ça ? Il a de la thune à foutre en l'air, hein ? Je remue le lapin dans ma main. Je tire un peu sur une oreille, puis l'autre. Jude sera contente. Jude sera...
L'oreille cède.
Je la lève à hauteur de mon visage déconfit.
Non mais c'est pas vrai !
Lloyd, sérieux ! Je râle, ma tête part contre le mur froid dans mon dos. Pourquoi faut toujours que je veuille tester les trucs, hein ? Pourquoi faut absolument que je casse tout ce que je touche ?
Je regarde le lapin, une dernière fois. Je souffle. Bon. Ça lui rappellera des souvenirs et puis voilà.
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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
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