Les frissons qui nous habitent
11 FÉVRIER 2051, MIDI PASSÉ
À LA SORTIE DES LOGES D'HÉCATE, GODRIC'S HOLLOW,
Alyona, 21 ans,
À LA SORTIE DES LOGES D'HÉCATE, GODRIC'S HOLLOW,
Alyona, 21 ans,
À peine la porte des loges passée que le froid et la pluie se jettent déjà sur moi, plus terribles et mordants que la surprise. Je tangue entre les deux lieux, bateau pris par des vents puissants aux voiles tendues par l'abattement ; mes paupières papillotent, un frisson me court sur la peau et un soupir m'échappe, trahissant ma déception. Je suis à peine vaincue par la fatigue surgie de l'entraînement qu'on m'oppose déjà un nouvel obstacle redoutable. Je lève difficilement les yeux pour tâter du regard l'avenir du ciel, et le gris que j'y découvre ne me réconforte pas.
Oh Merlin, pourquoi faut-il que l'averse vienne au moment où je décide de sortir, comme un hasard au goût amer ? Est-ce pour me ralentir davantage, moi que l'entraînement a affaibli ? Il ne manquait plus que le froid et l'eau pour se glisser dans mes membres engourdis ! Je ne recherche qu'un peu de confort, de repos, qu'un lieu accueillant, en somme. Et il va me falloir traverser toute la ville pour enfin rentrer chez moi par le réseau de cheminettes — car il n'y a dans cette capitale plus aucun autre chez-moi. Le courage tombe à grosses gouttes le long de mes vêtements, fuyant ma peau glacée. Pourquoi donc le magic'port a-t-il été installé si loin ? J'en découvre le malheur.
Attrapant ma volonté d'une poigne décidée, je serre les dents, sors ma baguette et prends soin de refermer le tissu de ma cape autour de mon corps, comme si cette couverture était une armure contre les affres de la météo. Baissant la tête, je m'éloigne de la porte à pas lourds, chargée de fatigue, pointant ma baguette vers le ciel.
« Umbrella », articulé-je du bout des lèvres.
Mais ma magie, elle aussi, se joue de moi. Elle m'a si fidèlement accompagnée dans les loges qu'à leur sortie elle m'abandonne. Le parapluie censé me protéger se révèle insuffisamment large, et disparaît tout à fait au bout d'une trentaine de secondes. Je n'ai le temps de faire que quelques pas avant d'être trahie de la plus lâche des façons. Quel échec pour un sort aussi simple, que je sais pourtant maîtriser ! Cependant, je ne me sens pas le courage de le retenter, comme si je savais mes efforts vains.
Dépitée, je me contente donc de relever ma capuche au-dessus de mes cheveux roux, offrant aux frémissements malins la possession de mon épiderme. Je range ma baguette dans ma cape, serre les pans de celle-ci contre moi et me mets en marche, avec l'espoir de progresser rapidement parmi les ruelles froides de la capitale sorcière.
Mon entraînement aux sorts s'est trop bien passé pour que la journée continue à me sourire. Cela faisait longtemps que mes réussites n'avaient pas été aussi belles, et le temps de quelques heures je me suis sentie forte et épanouie. Sortir de cette réjouissance ressemble à un trébuchement.
_____________________
Libre pour une personne ! Pas de préférence, si ce n'est que ce soit cohérent. (Peut-être quelqu'un-e avec qui je n'ai jamais écrit/avec qui j'ai peu écrit ?)
La date peut changer si vous le souhaitez, un soir de semaine ou un samedi/dimanche de janvier ou février 2051.
Libre pour une personne ! Pas de préférence, si ce n'est que ce soit cohérent. (Peut-être quelqu'un-e avec qui je n'ai jamais écrit/avec qui j'ai peu écrit ?)
La date peut changer si vous le souhaitez, un soir de semaine ou un samedi/dimanche de janvier ou février 2051.
Dernière modification par Alyona Farrow le 2 avr. 2026, 22:16, modifié 2 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Les frissons qui nous habitent
@Alyona Farrow, si tu veux bien de moi...Comment le dire, le duel me manque. Comme une drogue qui aurait cessé de m'être administrée. Comme une addiction à laquelle je devrai renoncer. Alors, je me suis mise en tête de passer à Godric's Hollow, quelques fois, pour m'entraîner. Et si le cœur m'en dit, la semaine prochaine, je ferai peut être un duel. Histoire de me remettre dedans. Parce qu'avec une bonne organisation, il me semble que ma vie de duelliste et celle de directrice de Gryffondor à Poudlard, ainsi que de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, ne soient pas totalement incompatibles.
Je ressors donc de la salle Poussière d'Etoile, ma préférée des 3. Certes, Eclipse est plus... privatisée, mais l'ambiance et les dispositifs dans Poussière d'Etoile sont de loin ceux qui correspondent le mieux à ma manière de me battre. Devant moi, je remarque une rouquine, sûrement trempée, qui rabat sa capuche sur ses cheveux. Amusée qu'elle ne pense pas à lancer de sort, je pointe ma baguette sur elle avant de murmurer :
- Umbrella
Aussitôt, un parapluie se forme devant ma baguette, et je rejoins la sorcière devant moi, pour l'abriter en dessous. Quand à moi, j'aime l'eau, être mouillée. Sacrifier un abri ne me dérange en rien, et au contraire, je préfère être en contact direct avec les éléments. Au bout de quelques secondes, je me décide à parler, lançant, sans vraiment de but :
- Mauvais temps, n'est-ce pas ?
DDM de Gryffondor - Octobre 2050 à Juillet 2051
Professeur de DCFM - Janvier 2051 à Juin 2051
Membre de l'UDS (Miel) - Mai 2051 à jamais
Professeur de DCFM - Janvier 2051 à Juin 2051
Membre de l'UDS (Miel) - Mai 2051 à jamais
Les frissons qui nous habitent
Je dégouline, coule et me répands en flaques de fatigue sur le sol de la capitale sorcière, navrante peut-être mais pas tout à fait vaincue. Je n'appartiens pas à ces sorciers qui fuient les nuages et se mettent à l'abri, j'affronte — avec bêtise ou courage, seul Merlin peut trancher — les grosses gouttes de pluie qui choisissent ma cape pour lit de fortune, la gorgeant de leur humidité. Quelques fois, la chair de poule se lève comme une vague sur ma peau et s'écoule dans mes membres, vivifiante. Les souvenirs de mon entraînement, l'énergie laissée et la satisfaction des sorts lancés me rend comme enivrée, au bord de l'imprudence. Je m'égare, m'oublie. Les pensées décidées à marcher vers le progrès prennent le dessus sur celles plus factuelles, plus tournées vers le présent. Je penche vers une introspection circonspecte qui me fait oublier l'instant. Pourquoi entends-je la pluie sans la sentir ?
S'est-elle arrêtée ? Est-elle partie ? J'ai pourtant la sensation d'une présence à mes côtés, d'une silhouette, qui lorsque je détourne les yeux devient plus réelle encore, confirmant ce que mes sens murmuraient. C'est une sorcière à l'apparence solide et sûre, qui tout de suite m'intimide, m'étonne ; elle ressemble à ceux que je regarde impressionnée aux loges d'Hécate, ceux qui paraissent assurés et réfléchis, maîtres d'eux-mêmes et respectueux du niveau des autres. A-t-elle vu mon échec au Umbrella ? Cette pensée-là pourrait me faire rougir de honte. Cependant, je suis encore trop étonnée par ce geste bienveillant que je n'attendais pas pour m'inquiéter de l'image que je renvoie. Mes grands yeux bleus se mêlent à la pluie en se posant sur le visage de la sorcière, troquant l'humidité de l'eau pour retrouver des mots, sans pour autant aller jusqu'à les rendre secs.
« Merci ! C'est très aimable à vous », parviens-je finalement à articuler. Mon regard grimpe au ciel comme une vapeur encore troublée. « Oui, je ne m'attendais pas à cela en sortant... »
Je présente de nouveau mon visage à la sorcière, les traits ponctués d'un sourire ravi, tout dépit effacé, non dilué par la pluie mais pourtant disparu.
« Où allez-vous ? Je ne veux pas vous contraindre à faire un détour pour moi... Et puis oh ! vous serez bientôt trempée ! réalisé-je avec inquiétude. Vous êtes sûre de... » La suite de ma phrase s'éteint dans ma bouche, restant sous le voile de l'averse, renversée.
Quelle situation ! Je devrai réessayer de lancer ce sort, la deuxième fois peut être la bonne. C'est un sortilège avec lequel je suis à l'aise en temps normal, je parviens à le faire assez grand pour qu'il protège deux personnes ; cela ne serait-il pas plus pratique ? J'ai l'impression de prendre son abri à cette femme, alors que c'est elle qui s'est avancée pour me le proposer. Sa bienveillance me touche et je ne sais pas comment la lui rendre, alors mes joues confuses se colorent finalement légèrement, l'embarras écrasant ma volonté d'un mouvement maladroit.
S'est-elle arrêtée ? Est-elle partie ? J'ai pourtant la sensation d'une présence à mes côtés, d'une silhouette, qui lorsque je détourne les yeux devient plus réelle encore, confirmant ce que mes sens murmuraient. C'est une sorcière à l'apparence solide et sûre, qui tout de suite m'intimide, m'étonne ; elle ressemble à ceux que je regarde impressionnée aux loges d'Hécate, ceux qui paraissent assurés et réfléchis, maîtres d'eux-mêmes et respectueux du niveau des autres. A-t-elle vu mon échec au Umbrella ? Cette pensée-là pourrait me faire rougir de honte. Cependant, je suis encore trop étonnée par ce geste bienveillant que je n'attendais pas pour m'inquiéter de l'image que je renvoie. Mes grands yeux bleus se mêlent à la pluie en se posant sur le visage de la sorcière, troquant l'humidité de l'eau pour retrouver des mots, sans pour autant aller jusqu'à les rendre secs.
« Merci ! C'est très aimable à vous », parviens-je finalement à articuler. Mon regard grimpe au ciel comme une vapeur encore troublée. « Oui, je ne m'attendais pas à cela en sortant... »
Je présente de nouveau mon visage à la sorcière, les traits ponctués d'un sourire ravi, tout dépit effacé, non dilué par la pluie mais pourtant disparu.
« Où allez-vous ? Je ne veux pas vous contraindre à faire un détour pour moi... Et puis oh ! vous serez bientôt trempée ! réalisé-je avec inquiétude. Vous êtes sûre de... » La suite de ma phrase s'éteint dans ma bouche, restant sous le voile de l'averse, renversée.
Quelle situation ! Je devrai réessayer de lancer ce sort, la deuxième fois peut être la bonne. C'est un sortilège avec lequel je suis à l'aise en temps normal, je parviens à le faire assez grand pour qu'il protège deux personnes ; cela ne serait-il pas plus pratique ? J'ai l'impression de prendre son abri à cette femme, alors que c'est elle qui s'est avancée pour me le proposer. Sa bienveillance me touche et je ne sais pas comment la lui rendre, alors mes joues confuses se colorent finalement légèrement, l'embarras écrasant ma volonté d'un mouvement maladroit.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Les frissons qui nous habitent
Je joue ce PNJ A référencé sans mon PJ.

Jacob repensait au cours de la veille. L'année de magico-photographie le réconciliait, au travers de ce cours au moins, avec des études plus scolaires, ce qui était tout sauf gagné. Il trouvait passionnant en effet d'entendre que le corps n'était pas qu'un écran spectaculaire, mais plutôt un ensemble de couches déposées les unes sur les autres qui chacune portait leur histoire, et que la photographie sorcière était chargée de capturer ce palimpseste.
Alors, c'est vrai, le cours employait beaucoup de mots compliqués, "palimpseste" justement, "stratification", "mémoire physique". Mais l'idée derrière était vraiment intéressante. Lors de la dernière séance par exemple, ils avaient étudié le corps comme siège des sensations et sentiments : jusqu'à quel niveau de la chair pouvait-on ressentir quelque chose ? et comment bien le rendre à l'image sans trahir la force et l'authenticité de ce qu'on ressentait ?
La question de cette authenticité lui parlait, dans un monde comme celui du Conseil des Sorciers où la mode était à la pose. La photographie, à son niveau, proposait, telle qu'il la voyait, une alternative : une façon de faire correspondre l'apparence et l'intériorité. Et il y avait aussi quelque chose de la satisfaction de la revanche à constater cela, quand on savait que sa petite bouille avait figuré ado dans la Gazette du Sorcier, fer de lance pour des idées anti-Né-Moldus qu'il n'avait jamais soutenues.
Cette expérience subie trop jeune influençait beaucoup la manière dont il photographiait. Il posait certes un certain regard sur la personne, mais surtout, cherchait à retranscrire le regard que la personne portait sur elle-même, à ne pas la trahir, quitte même à ce que ce soit son modèle qui déclenche l'appareil. Approche pour le moins iconoclaste.
Le brun avait déjà présenté son premier portfolio en janvier sur la question du "corps". Quatre photos animées. Il y avait... une danseuse en train de s'exercer pieds nus à son art, photo qui révélait toutes les marques qu'avaient laissé l'usage des pointes sur ses pieds. Sa colloc de Magifac'arts avait été son premier soutien dans ce projet, ce pourquoi il lui avait tenu à coeur de l'intégrer. Il y avait... les mains nues qui déposaient patiemment et solidairement l'une sur l'autre des bouts de sparadrap, usées par les gants, mais fortes, musclées, d'une batteuse de la ligue avec son balai. Version moderne des études de mains de Rodin. Il y avait... le dos courbé d'un ouvrier du Liverpool moldu devinable sous son bleu de travail. Celle-là, il l'aimait particulièrement. Il envisageait de la développer pour le portfolio de fin d'année. Pour qu'on ne voit plus juste la façon dont le courbé était désormais le confortable pour cet homme aux épaules avancées, mais la façon dont son corps avait épousé son effort sur les dizaines d'années de sa vie. Il y avait enfin le corps d'un guide-parapentiste de Cambridge suspendu sous la voile du parapente, qui semblait flotter tout en volant, quelque part entre immobilité et mouvement, glissant et assis. Un cliché parfait pour montrer le rapport du corps à l'élément aérien qui l'enveloppait.
Toutes les quatre étaient des images de force. De gens qui tenaient le monde entre leurs doigts, et avec une petite pichenette pouvaient changer leur environnement. Des images de gens qui, à leur manière, avançaient. Et Jacob avait l'impression de regarder les mouvements différemment depuis qu'il photographiait. Ceux de ces deux femmes qui marchaient l'une à côté de l'autre à cet instant dans les flaques de Godric's hollow surmontées du sort Umbrella par exemple, qui lui semblaient tout droit issues d'une chanson de Brassens ou d'une peinture de Caillebotte (à cette différence près que l'on n'était pas à Paris), quand il avait ainsi son appareil photo autour du cou, attaché par une lanière et demi-visible demi-caché sous son manteau de sorcier par sort imperméabilisé.
Leur silhouette disait à la fois la force, avec l'habitude d'un exercice certainement, et plus probablement encore la réalisation d'un exercice récent, et la fatigue, aussi. Ce qui créait un contraste assez frappant avec la mondanité de leur conversation badine qui parvenait à ses oreilles. Comme si leur corps disait quelque chose de leur naturel, que leur conversation, construite par leur éducation, cachait.
Il hésita quelques instants avant de les aborder, restant quelques pas en retrait pour manifester qu'il n'y avait pas d'intention d'hostilité dans sa curiosité, et qu'il ne voulait ni argent ni faveur de leur part non plus, même si certainement la capitale très polie du monde sorcier n'était pas le lieu où les sorcières se fissent le plus approcher de cette dernière manière : "Bonjour !... Je vous promets que je ne fais pas une étude scientifique sauvage de tous les gens que je croise ! Mais j'ai l'impression qu'il y a un grand contraste entre votre corps et votre magie d'une part et votre conversation de l'autre. Je veux dire, vous êtes à la fois très fatiguées d'un certain point de vue et très sereines de l'autre, et le contraste m'intéresse et m'intrigue beaucoup ! Projet de magicophotographie, tout ça !" Jacob avait ce grand sourire lumineux même en temps de pluie qui lui était naturel.
Jacob

Reducio
Raison de l'absence du PJ : le jour de ce RP ne fait pas partie des vacances de Poudlard.
Intérêt du RP pour mon PJ : précision de la position du PNJ sur le rapport entre corps, esprit et magie ; entre intériorité et apparence également dont PNJ et PJ parlaient il y a encore pas si longtemps au café du Rosier.
Contexte pour le PNJ : D'après l'emploi du temps de magicophotographie (qui est la formation visée pour ce PNJ), le cours du vendredi est l'UE "Volumes" divisée en "maquettages et prototypes" et "morphologie et construction du corps" : sans mentionner l'école, c'est donc avec ce contexte en tête que je pars pour le PNJ.
Intérêt du RP pour mon PJ : précision de la position du PNJ sur le rapport entre corps, esprit et magie ; entre intériorité et apparence également dont PNJ et PJ parlaient il y a encore pas si longtemps au café du Rosier.
Contexte pour le PNJ : D'après l'emploi du temps de magicophotographie (qui est la formation visée pour ce PNJ), le cours du vendredi est l'UE "Volumes" divisée en "maquettages et prototypes" et "morphologie et construction du corps" : sans mentionner l'école, c'est donc avec ce contexte en tête que je pars pour le PNJ.
Jacob repensait au cours de la veille. L'année de magico-photographie le réconciliait, au travers de ce cours au moins, avec des études plus scolaires, ce qui était tout sauf gagné. Il trouvait passionnant en effet d'entendre que le corps n'était pas qu'un écran spectaculaire, mais plutôt un ensemble de couches déposées les unes sur les autres qui chacune portait leur histoire, et que la photographie sorcière était chargée de capturer ce palimpseste.
Alors, c'est vrai, le cours employait beaucoup de mots compliqués, "palimpseste" justement, "stratification", "mémoire physique". Mais l'idée derrière était vraiment intéressante. Lors de la dernière séance par exemple, ils avaient étudié le corps comme siège des sensations et sentiments : jusqu'à quel niveau de la chair pouvait-on ressentir quelque chose ? et comment bien le rendre à l'image sans trahir la force et l'authenticité de ce qu'on ressentait ?
La question de cette authenticité lui parlait, dans un monde comme celui du Conseil des Sorciers où la mode était à la pose. La photographie, à son niveau, proposait, telle qu'il la voyait, une alternative : une façon de faire correspondre l'apparence et l'intériorité. Et il y avait aussi quelque chose de la satisfaction de la revanche à constater cela, quand on savait que sa petite bouille avait figuré ado dans la Gazette du Sorcier, fer de lance pour des idées anti-Né-Moldus qu'il n'avait jamais soutenues.
Cette expérience subie trop jeune influençait beaucoup la manière dont il photographiait. Il posait certes un certain regard sur la personne, mais surtout, cherchait à retranscrire le regard que la personne portait sur elle-même, à ne pas la trahir, quitte même à ce que ce soit son modèle qui déclenche l'appareil. Approche pour le moins iconoclaste.
Le brun avait déjà présenté son premier portfolio en janvier sur la question du "corps". Quatre photos animées. Il y avait... une danseuse en train de s'exercer pieds nus à son art, photo qui révélait toutes les marques qu'avaient laissé l'usage des pointes sur ses pieds. Sa colloc de Magifac'arts avait été son premier soutien dans ce projet, ce pourquoi il lui avait tenu à coeur de l'intégrer. Il y avait... les mains nues qui déposaient patiemment et solidairement l'une sur l'autre des bouts de sparadrap, usées par les gants, mais fortes, musclées, d'une batteuse de la ligue avec son balai. Version moderne des études de mains de Rodin. Il y avait... le dos courbé d'un ouvrier du Liverpool moldu devinable sous son bleu de travail. Celle-là, il l'aimait particulièrement. Il envisageait de la développer pour le portfolio de fin d'année. Pour qu'on ne voit plus juste la façon dont le courbé était désormais le confortable pour cet homme aux épaules avancées, mais la façon dont son corps avait épousé son effort sur les dizaines d'années de sa vie. Il y avait enfin le corps d'un guide-parapentiste de Cambridge suspendu sous la voile du parapente, qui semblait flotter tout en volant, quelque part entre immobilité et mouvement, glissant et assis. Un cliché parfait pour montrer le rapport du corps à l'élément aérien qui l'enveloppait.
Toutes les quatre étaient des images de force. De gens qui tenaient le monde entre leurs doigts, et avec une petite pichenette pouvaient changer leur environnement. Des images de gens qui, à leur manière, avançaient. Et Jacob avait l'impression de regarder les mouvements différemment depuis qu'il photographiait. Ceux de ces deux femmes qui marchaient l'une à côté de l'autre à cet instant dans les flaques de Godric's hollow surmontées du sort Umbrella par exemple, qui lui semblaient tout droit issues d'une chanson de Brassens ou d'une peinture de Caillebotte (à cette différence près que l'on n'était pas à Paris), quand il avait ainsi son appareil photo autour du cou, attaché par une lanière et demi-visible demi-caché sous son manteau de sorcier par sort imperméabilisé.
Leur silhouette disait à la fois la force, avec l'habitude d'un exercice certainement, et plus probablement encore la réalisation d'un exercice récent, et la fatigue, aussi. Ce qui créait un contraste assez frappant avec la mondanité de leur conversation badine qui parvenait à ses oreilles. Comme si leur corps disait quelque chose de leur naturel, que leur conversation, construite par leur éducation, cachait.
Il hésita quelques instants avant de les aborder, restant quelques pas en retrait pour manifester qu'il n'y avait pas d'intention d'hostilité dans sa curiosité, et qu'il ne voulait ni argent ni faveur de leur part non plus, même si certainement la capitale très polie du monde sorcier n'était pas le lieu où les sorcières se fissent le plus approcher de cette dernière manière : "Bonjour !... Je vous promets que je ne fais pas une étude scientifique sauvage de tous les gens que je croise ! Mais j'ai l'impression qu'il y a un grand contraste entre votre corps et votre magie d'une part et votre conversation de l'autre. Je veux dire, vous êtes à la fois très fatiguées d'un certain point de vue et très sereines de l'autre, et le contraste m'intéresse et m'intrigue beaucoup ! Projet de magicophotographie, tout ça !" Jacob avait ce grand sourire lumineux même en temps de pluie qui lui était naturel.
Passage du personnage gentiment validé par les plumes déjà présentes 
Lucky Luke (crédits Nélya), Luke Skyponger (crédits Drelall) -HRP : Lucky Charm, crédits Thomas- Logical, oh, responsible Gryffindor - Oh, clinical, intellectual, cynical... - Respectable, presentable, a vegetable !
Les frissons qui nous habitent
A partir de maintenant, je devrai répondre plus rapidement. Si on peut terminer le RP en moins de 4 mois, ça m'arrange, sinon il vous faudra le terminer sans moiJ'écarte d'un geste les doutes de la jeune femme devant moi, lui faisant comprendre que la pluie ne me dérange pas le moins du monde. Et au contraire, à vrai dire. J'aime la sentir ruisseler sur mes cheveux, sur mes vêtements, sans pouvoir la retenir. L'eau m'a toujours apaisée, d'aussi loin que je me souvienne. Alors la recevoir sur moi, lorsque j'aide une autre personne à ne pas finir malade, n'a rien d'un chatiment.
Une nouvelle voix me sort de mes pensées, et je réprime un sourire face à ses dires. J'ai toujours eu un peu de mal à être accostée ainsi, par des propos que je ne comprends à peine. Bien que je pourrai les comprendre, si mon énergie n'était pas dirigée vers le parapluie que je maintient au dessus de la femme qui m'accompagne. Cependant, pour rien au monde je n'ignorerai un sorcier, encore moins un futur travailleur dans le domaine de la magicophotographie, donc je ne connait rien.
Alors, avec mon plus beau sourire, je le salue, m'amusant de ces deux rencontres sous un temps de pluie.
- Si vous le dîtes... Saona O'Sullivan, d'ailleurs. Directrice de Gryffondor et Professeur de Défense contre les Forces du Mal à Poudlard, Duelliste aux autres endroits, dans mon coeur y compris. A qui ais-je l'honneur de parler ?
DDM de Gryffondor - Octobre 2050 à Juillet 2051
Professeur de DCFM - Janvier 2051 à Juin 2051
Membre de l'UDS (Miel) - Mai 2051 à jamais
Professeur de DCFM - Janvier 2051 à Juin 2051
Membre de l'UDS (Miel) - Mai 2051 à jamais
Les frissons qui nous habitent
Le geste de main de la sorcière éteint mes doutes et mon malaise comme s'ils n'étaient rien, si bien qu'il ne me reste que mes joues encore un peu rougies, ma fatigue, et l'humidité qui dégouline de ma silhouette. Puisque la situation ne paraît pas la déranger, et puisqu'après tout c'est elle qui l'a choisie ainsi, alors tout ce qui compte désormais, c'est vraisemblablement d'arriver au plus vite à destination, ou tout du moins dans un lieu sec, afin de rompre tout contact avec la pluie et de pouvoir échanger quelques paroles plus assurées à l'abri, sans la pression induite par la météo. Ou peut-être que je pourrais tenter une nouvelle fois de lancer le sort ? Si cela réussit, cela ne sera-t-il pas plus agréable pour nous deux ? Cependant, ce serait risquer un autre échec, et ne récolter qu'un ridicule embarrassant, plus lourd à porter que des vêtements gorgés d'eau. Le choix est ainsi vite fait : il s'agit de renoncer aux tentatives et d'avancer au plus vite dans les rues de Godric's Hollow, le reste viendra plus tard.
C'est ainsi que le silence se fait en moi, rond et réconfortant, creusant une vallée où ma fatigue s'allonge, s'installe et s'étale, guérissant dans son immobilité. Ma respiration s'apaise tandis que mon angoisse s'endort. J'en arrive même à redessiner dans mes pensées les contours de mon parcours aux loges d'Hécate, les sorts lancés, les moments de fébrilité, de déception, et les améliorations à apporter, les éléments à retravailler. J'étais d'ailleurs totalement enfouie dans ces perspectives lorsque l'objectif d'un appareil photo tire mes réflexions vers lui, me faisant dévier de mon chemin. Dans cette après-midi dégoulinante, un objet qui fige tout. Un objet et une main, une main et un corps, un corps et un visage, et une présence, et un autre sorcier. Je lève les yeux vers lui. Cela me décale, comme si on avait enclenché un mécanisme invisible, et une fissure se révèle et respire.
Je crois que je reconnais ces traits, mais dans la pluie et après que l'eau ait coulé sous les ponts, je n'en suis pas si sûre. Est-il important ? Il m'évoque étrangement Elowen. Était-ce un de ses amis ? Pourquoi est-ce que je me sens incapable de mettre la main sur l'information manquante ? Comme si l'eau, en coulant, m'empêchait d'attraper. Le trouble ondule sur ma peau, mais j'abandonne rapidement mes recherches. Si c'est lointain, alors ce n'est pas important.
Ces premières impressions ne rendent pas ses paroles moins étranges, j'ai presque du mal à le suivre, et mes sourcils se froncent dans un air hébété. Un contraste entre mon corps et quoi ? De la sérénité ? Je ne comprends pas tout à fait ce qu'il explique, et les seuls mots qui me marquent et que je retiens dévoilent un intérêt et une intrigue à propos d'un projet de magicophotographie. Cela fait sens vis-à-vis de l'appareil apporté. Est-ce que cela signifie que le sorcier souhaite nous prendre en photo ? Sous la pluie ? Mes yeux s'arrondissent un peu. J'ai du mal à imaginer que ma silhouette fatiguée et ruisselante puisse mériter un tel destin. Dois-je me sentir flattée ou inquiétée ? Le sourire de l'étudiant me rassure, je parviens même à le lui renvoyer.
Et cependant, la présentation de la sorcière qui m'accompagne me laisse un instant silencieuse et étonnée. Directrice de Gryffondor ? Professeure de Défense contre les Forces du Mal ? Par la barbe de Merlin ! Et à cause de moi, elle est sous la pluie ! Saona O'Sullivan... Mon cœur s'incline de considération.
Ainsi, je choisis quand vient mon tour l'humilité pour me présenter.
« Je suis Alyona Farrow. Botaniste », ajouté-je précipitamment.
Toute jeune botaniste.
Mes yeux roulent jusqu'au visage du sorcier, la curiosité comme étendard.
« Tu veux... nous prendre en photo ? », demandé-je, comme si ce n'était pas clair.
Je ne sais pas si cela est dû à la fatigue, mais j'ai l'impression que toutes mes pensées traînent dans le brouillard. J'en rougirais presque, mal à l'aise, et consciente de ma maladresse.
C'est ainsi que le silence se fait en moi, rond et réconfortant, creusant une vallée où ma fatigue s'allonge, s'installe et s'étale, guérissant dans son immobilité. Ma respiration s'apaise tandis que mon angoisse s'endort. J'en arrive même à redessiner dans mes pensées les contours de mon parcours aux loges d'Hécate, les sorts lancés, les moments de fébrilité, de déception, et les améliorations à apporter, les éléments à retravailler. J'étais d'ailleurs totalement enfouie dans ces perspectives lorsque l'objectif d'un appareil photo tire mes réflexions vers lui, me faisant dévier de mon chemin. Dans cette après-midi dégoulinante, un objet qui fige tout. Un objet et une main, une main et un corps, un corps et un visage, et une présence, et un autre sorcier. Je lève les yeux vers lui. Cela me décale, comme si on avait enclenché un mécanisme invisible, et une fissure se révèle et respire.
Je crois que je reconnais ces traits, mais dans la pluie et après que l'eau ait coulé sous les ponts, je n'en suis pas si sûre. Est-il important ? Il m'évoque étrangement Elowen. Était-ce un de ses amis ? Pourquoi est-ce que je me sens incapable de mettre la main sur l'information manquante ? Comme si l'eau, en coulant, m'empêchait d'attraper. Le trouble ondule sur ma peau, mais j'abandonne rapidement mes recherches. Si c'est lointain, alors ce n'est pas important.
Ces premières impressions ne rendent pas ses paroles moins étranges, j'ai presque du mal à le suivre, et mes sourcils se froncent dans un air hébété. Un contraste entre mon corps et quoi ? De la sérénité ? Je ne comprends pas tout à fait ce qu'il explique, et les seuls mots qui me marquent et que je retiens dévoilent un intérêt et une intrigue à propos d'un projet de magicophotographie. Cela fait sens vis-à-vis de l'appareil apporté. Est-ce que cela signifie que le sorcier souhaite nous prendre en photo ? Sous la pluie ? Mes yeux s'arrondissent un peu. J'ai du mal à imaginer que ma silhouette fatiguée et ruisselante puisse mériter un tel destin. Dois-je me sentir flattée ou inquiétée ? Le sourire de l'étudiant me rassure, je parviens même à le lui renvoyer.
Et cependant, la présentation de la sorcière qui m'accompagne me laisse un instant silencieuse et étonnée. Directrice de Gryffondor ? Professeure de Défense contre les Forces du Mal ? Par la barbe de Merlin ! Et à cause de moi, elle est sous la pluie ! Saona O'Sullivan... Mon cœur s'incline de considération.
Ainsi, je choisis quand vient mon tour l'humilité pour me présenter.
« Je suis Alyona Farrow. Botaniste », ajouté-je précipitamment.
Toute jeune botaniste.
Mes yeux roulent jusqu'au visage du sorcier, la curiosité comme étendard.
« Tu veux... nous prendre en photo ? », demandé-je, comme si ce n'était pas clair.
Je ne sais pas si cela est dû à la fatigue, mais j'ai l'impression que toutes mes pensées traînent dans le brouillard. J'en rougirais presque, mal à l'aise, et consciente de ma maladresse.
Terminer en moins de 4 mois devrait être faisable pour moi !
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht