Des Hauteurs du Varnak
Tout a commencé le 15 mai 2025, après une blague par hibou sur un univers hypothétique où les croisades à dos de dragons pour tabasser de vilains Moldus avec des gadgets magiques dignes du WOOHP serait possible. Mais l'idée d'une chevalerie dragonesque étant plus qu'attrayante, nous nous sommes dit : pourquoi pas en inventer un, d'un monde où ce serait possible ?
Et nous voici donc quelques jours plus tard à vous offrir cette fanfiction et cet univers parallèle à celui de PFR (l'idée de pulvériser les ennemis à dos de dragon a été légèrement remaniée, cependant).
Nous-mêmes n'avons qu'une vague idée de l'issue de cette intrigue, aussi sommes-nous libres de remodeler le récit au gré de nos envies. Pour celles et ceux qui seraient intéressé(e)s, vous serez les bienvenu(e)s dans notre volière pour voir ensemble si nous pouvons inclure votre personnage (PJ/PNJ) à notre folle histoire. Merci d'envoyer un hibou à moi ET Morgan, avec une petite description de votre personnage flambant neuf (personnalité, valeurs morales, fonction... qui peuvent être différents de celles de l'univers du site - merci de vous référer aux informations sur le contexte ci-dessous). En nous envoyant un hibou, vous acceptez que votre personnage soit écrit de notre main et potentiellement malmené.
Sur ces belles paroles, nous vous souhaitons une bonne lecture.
— Morgan & Kieran

en rouge : chapitre avec avertissement traitant d'un sujet sensible
Des Hauteurs du Varnak
En septembre 2042, une guerre éclata dans le monde sorcier, opposant bien des sorciers britanniques à l’armée de mages noirs de Pierre Legallet. Mais un combat d'une ampleur exceptionnelle dévoila l'existence des sorciers aux yeux du monde moldu. Ce choc déclencha une vague de panique et de violence : les gouvernements moldus lancèrent des chasses aux sorciers, entraînant une seconde guerre, parallèle à la première. Tandis que Legallet était vaincu, le conflit avec les non-magiques ne faisait que commencer.
En 2044, alors que les sorciers tentaient de gérer la crise, une nouvelle menace surgit : les Sept Lignées du Nord, la plus puissante organisation criminelle du monde magique, firent leur entrée. Le chaos prit une nouvelle dimension.
Le grand silence de 2045 avait mis fin à la guerre - mais le monde sorcier, lui, reste profondément marqué. Tout ne pouvait pas être oublié, même après l'extermination des Lignées. Sans compter que, dans l'ombre, des chasses aux sorcières persistaient.
En 2050, la Grande-Bretagne magique vit sous tension. Le Conseil des Sorciers, dominé par les familles Sang-Purs du pays, a ramené l'ordre et la sécurité, mais au prix d'une répression brutale. Les sorciers nés-moldus et sang-mêlés vivent sous surveillance, victimes de discriminations croissantes. La paix est là… mais à quel prix ?
Et jusqu'à quand ?
La Réserve des Hébrides :
Autrefois espace naturel protégé, la Réserve était devenue un des centres névralgiques de la guerre, et des fortifications avaient été érigés, mais bien moins grandioses que la Citadelle. Les dragons avaient servi de montures et d'armes contre les forces aériennes moldues et les Lignées, et les dragonologistes font partie intégrante des forces armées, si bien qu'ils sont formés au combat et aux armes magiques.
Godric's Hollow :
Capitale sorcière britannique.
Tinworth :
Village semi-sorcier devenu entièrement magique depuis début 2045, Tinworth est habité par une bourgeoisie sorcière relativement aisée.
Les Embrumes de Travers :
Le Chemin de Traverse a été complètement délaissés à la suite de la construction de la Citadelle et au transfert de la majorité des commerces, laissant l'Allée des Embrumes corrompre l'entièreté de l'endroit.
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KIERAN HAWTHORNE #00476b
De retour en Grande-Bretagne depuis la disparition de son frère jumeau Lloyd en 2044, Kieran vit à Tinworth avec sa grand-mère, Haeyeon, une Mudang (chaman) presque-nonagénaire. Dans cet univers, il travaille en tant qu'officier à la Réserve, et a participé aux batailles lors de la guerre en 2044 en tant que militaire dragonnier.
MORGAN ROSENWALD #4f246b
Elle vit dans les Embrumes, et travaille à Barjow & Beurk sous le nom de Miss Snadr. Dans cet univers, Morgan est revenue en Grande-Bretagne suite au décès de sa soeur Arden, en janvier 2048. Son père, Lars Rosenwald, est toujours vivant et a une place depuis fin 2049 dans la Chambre des Sorciers du Conseil.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Des Hauteurs du Varnak

PROLOGUE - LES EMBRUMES DE TRAVERS
Il faisait nuit.
Une remarque inutile, certes, quand on terminait son travail à cette heure-ci : il faisait toujours nuit à minuit. À vrai dire, celle – ou celui, ne discriminons pas ces inutiles messieurs trop tôt dans la narration de cette partie du prologue – qui affirmait qu’il n’y avait jamais de jour, ici, n’aurait pas tout à fait tort.
Il faisait toujours nuit dans l’Allée des Embrumes, quelle que soit l’heure. Les rayons du soleil avaient fui cet endroit depuis longtemps… Depuis la guerre, et l’abandon de ce qui fut autrefois le Chemin de Traverse.
Enfin, abandon n’était peut-être pas le mot le plus juste, au vu de la surpopulation dans ce que l’on appelait désormais les Embrumes de Travers. L’Allée et le Chemin n’étaient plus vraiment distincts : l’obscurité et la brume avaient avalé la rue autrefois grouillante de vie et de commerces. Les rares boutiques restantes avaient été transformées en logements, en appartements misérables, pour abriter une partie de la population sorcière – la plus pauvre, bien sûr. Celle qu’on ne pouvait décemment pas installer dans les beaux quartiers de la Citadelle.
Morgan faisait partie de ces gens, même si, dans son cas, elle avait choisi d’y vivre.
Et d’y travailler.
Cela faisait plus de deux ans qu’elle était revenue en Grande-Bretagne – une Grande-Bretagne bien différente de celle qu’elle avait quittée dix ans plus tôt. Elle aussi avait changé, bien sûr. Mais elle avait échappé à bien des horreurs de la guerre, ce qui n’était pas le cas de ses voisins, ni des paysages… ni de leur société.
Une chose, cependant, n’avait pas changé : l’Allée – ou plutôt les Embrumes – avait conservé sa sinistre réputation, et restait l’une des grandes préoccupations du gouvernement. Enfin… c’est ce que disait la Gazette des Sorciers. Criminels, marchés noirs, repaires de vices et de désespoir, rebelles et fanatiques : tous ces vilains étaient, étrangement, toujours si difficiles à trouver…
Et ça tombait bien – surtout pour son Patron, le propriétaire de Barjow & Beurk, qui ne cachait qu’à peine, sous sa façade de boutique d’antiquités, les activités de contrebande des Reid, un clan gitan. Des gangsters, si l’on en croyait encore et toujours la Gazette.
Morgan, elle, aurait bien aimé finir sa journée pendant qu’il faisait encore jour – quelque part, au moins, sur le territoire. Mais pour ça, il aurait fallu négocier avec sa collègue. Et ça, c’était probablement plus suicidaire encore que de rentrer à pied de nuit dans les Embrumes.
Comme à leur habitude, les marches de son immeuble grincèrent sous ses pas. Et, malheureusement pour ses voisins au sommeil léger, Morgan vivait sous les combles : l’ascension s’accompagnait donc d’une longue symphonie de gémissements boisés jusqu’à sa porte.
Une odeur familière lui chatouilla soudain les narines. Quelqu’un fumait, pas loin. Une fragrance attirante, presque réconfortante. Qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour une cigarette…
Arrêter de fumer. Quelle idée stupide.
Puis elle fronça les sourcils, levant les yeux vers les dernières marches. Sa porte était en vue. Et devant elle, une silhouette bien trop familière.
“Qu’est-ce que tu fous là, Cora ?”
Quand Cora Claire se pointait au pas de la porte de Morgan sans invitation, il était certain qu’une de ces trois choses en était la cause : l’appel de l’alcool, sa relation dysfonctionnelle avec sa fille Noémie, ou… des ennuis. À vrai dire, ces trois raisons étaient rarement bien séparées.
Et Morgan ne s’en plaignait pas - jamais. Car Cora Claire était sa meilleure amie, quand bien même ce titre faisait grincer des dents l’une comme l’autre des sorcières, par sa connotation juvénile. Une camarade de traversée des enfers - une assurance mutuelle de sauver les fesses de l’autre, et de garder ses secrets au fond du cadavre d’une bouteille vide. Car oui, l’anglaise connaissait bien des secrets de la galloise, et réciproquement.
Si bien qu’il n’était nullement surprenant pour l’une comme pour l’autre que Cora ait rejoint un des mouvements rebelles et que Morgan s’y soit toujours refusée.
Jusqu’à ce jour, ou plutôt… Cette nuit.
Mais avant d’aller plus loin – et d’expliquer pourquoi diable la sorcière des Embrumes se retrouvait à grelotter sur une plage, couverte de son propre sang et désartibulée – il vous faudrait, oui, un peu plus de contexte.
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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PROLOGUE - RÉSERVE DES HÉBRIDES
Les nuages gris striaient le ciel et filtraient les rais de lumière qui inondaient les falaises, comme si le soleil lui-même redoutait de poser le regard sur cette portion oubliée du territoire. Là où l’Écosse s’effritait face aux vagues de l’Atlantique et aux vents de l’Ouest aux relents de sel et de brûlé, s’étendait la Réserve des Hébrides — jadis sanctuaire des dragons, désormais caserne, forge et rempart. Le silence n’y existait plus ; il avait été remplacé par le martèlement des bottes, les cris d’entraînement et les ordres des officiers qui fendent inlassablement l’air. Tout avait été conçu pour une seule finalité : la guerre.
Le site s’étendait en plusieurs cercles concentriques, creusés à même les falaises. En leur centre se trouvait le noyau stratégique : la tour de commandement et un bunker scellé pour les communications. Les couloirs souterrains reliaient les secteurs, éclairés de la pâle lumière des lanternes magiques qui s’y balançaient mollement. Les dragons n'y étaient plus étudiés, mais utilisés, dressés à coups de sortilèges pour en faire des montures, des armes et des sentinelles vivantes. Le site était diablement organisé et fonctionnel, mais terriblement inhumain. Comme si toutes ces têtes de soldats ne formaient plus qu’une seule et même masse informe et interchangeable dissoute dans le mécanisme.
Kieran Hawthorne se tenait droit dans ce paysage, raide dans son uniforme et ces insignes qui pesaient sur sa poitrine. Ses gants en cuir noir dissimulaient des mains rendues calleuses par les armes qu’elles avaient sans cesse manié. Et de ses yeux ambrés ayant vu le sang, la mort et la guerre, il contemplait d’un air vide l’infime flamme qui s’embrasait sur la pointe de sa baguette et qui lèchait la pointe de la cigarette coincée entre ses dents.
Six ans. Six ans qu’il inhalait la fumée rassurante de cette drogue, pour oublier le goût métallique du sang qui se terrait inlassablement sur sa langue. Six ans que l’amertume d’un frère disparu sans traces le suivait comme une ombre. L’espoir fait vivre, dit-on. Mais l’espoir qui avait pris place dans l'âme du dragonologiste n’avait rien de la lueur chaude d’un phare ou d’une cheminée en un hiver écossais ; cette chaleur était celle d’une flamme nue où le papillon de nuit se brûlait lucidement. Chaque jour qui passait sans ses nouvelles le broyait encore un peu plus, et pourtant il s’accrochait inlassablement à cette obstination qui pourrissait au fond de son âme et qui le rongeait petit à petit.
Il exhala une bouffée, et la fumée qui s'échappa de ses lèvres l’enveloppa un court instant avant de se dissiper dans l’air. Une voix s’éleva alors dans son dos.
« Capitaine Hawthorne. »
Ce dernier se tourna vers la voix du soldat qui l’avait arraché à ses pensées. Le cadet porta une main à sa tempe dans un salut réglementaire, et le brun le lui rendit sans un mot avant de jeter un regard furtif sur son galon pour identifier son grade.
« Caporal », répondit-il sobrement.
Ses yeux glissèrent vers la bande patronymique qui ornait sa poitrine. Ringfield. Kieran le dévisagea un instant. Des boucles auburn tombaient sur son front, et sous cette épaisse tignasse se dessinaient des traits bien trop juvéniles pour un uniforme aussi lourd à porter.
« On vous demande à l’armurerie. »
Hochant lentement la tête, l'officier écrasa sa cigarette à peine entamée contre le cendrier un peu plus loin – un aménagement devenu nécessaire sur ce promontoire très prisé des fumeurs – avant de la laisser tomber d’un geste machinal et de se diriger sans hâte vers la forge souterraine.
L’odeur persistante de métal chauffé envahit ses narines alors qu’il s’avançait à travers les couloirs, emboîtant le pas au caporal devant lui. Le cliquetis des outils sur les pièces d’armement résonnait depuis les forges. Ces sons faisaient désormais partie d'un bruit de fond quotidien pour le militaire, et tout se confondait en une pulsation sourde, continue, qui berçait les heures qui défilent, aussi semblables les unes aux autres. Une autre journée au service d’un monde qui n’avait plus le luxe de la paix ; rien d’inhabituel, en somme.
Mais avant d’aller plus loin – et d’expliquer pourquoi diable le militaire se retrouvait un peu plus tard à pester au sommet d’une falaise, la mâchoire crispée et l’uniforme en désordre – il vous faudrait, oui, un peu plus de contexte.
Des Hauteurs du Varnak

CHAPITRE 1 - NE JAMAIS REVENIR SUR LES LIEUX D'UN DE SES CRIMES
Personnages présents empruntés : Cora Claire (Smoke) - Cinaed Wallace (Quack) - Charles Hodge (Doc) - Narcisse Brando (Sapristi) - Aodren Bristyle (Zik)
Elle n’en revenait pas.
Pas tant de la mission elle-même – après tout, Cora avait le don de se jeter dans les plans les plus absurdes avec un enthousiasme presque suicidaire – mais de l’endroit. Les Hébrides. La fichue Réserve des Hébrides. Qui, en étant en pleine possession de ses moyens et de sa tête, tenterait une opération clandestine sur une île fortifiée, protégée par des enchantements aussi denses qu’on disait les dragons eux-mêmes en étaient devenus parfaitement dociles ?
Un foutu bastion militaire. Rien que ça.
Et bien sûr, Cora avait entraîné Morgan là-dedans. Évidemment.
L’île était imprenable. Imprenable, un mot qu’on utilisait dans les récits d’enfants pour rendre un lieu mystérieux, ou dans les discours politiques pour rassurer la populace. Mais ici, ce n’était pas une exagération. Chaque centimètre carré de l’archipel était cerné par des sorts de dissuasion, des runes d’alerte, des barrières magiques qui hérissaient la peau rien qu’à s’en approcher. Sans parler des dragons. Des dragons.
Et pourtant…
Il suffisait parfois d’un passage.
D’une personne connaissant son existence.
Et d’une autre personne, capable de retrouver cette dite personne.
Cora, malheureusement, était cette dernière - et Morgan, la première.
Bien des années plus tôt – une autre vie, une autre galloise avec bien moins de tatouage – elle n’était qu’une voleuse anonyme, comme on en trouvait des dizaines dans les quartiers effacés de l’Allée des Embrumes. Ce jour-là, on lui avait demandé de récupérer un tableau dans un bureau. Banal, presque ennuyeux. La cible ? Un sorcier au nom oublié, et un chef-d’œuvre qui ne valait pas tant que ça. Le seul détail, c’était que le bureau était celui de l’ancien gestionnaire de la Réserve des Hébrides. Mais à cette époque, la Réserve n'était alors que cela, une réserve naturelle protégée. Et la manière dont elle était arrivée et sortie de l’île…
Le vent salé lui gifla le visage alors qu’elle resserrait son manteau contre elle. Ils étaient six, plantés sur une étroite bande de sable coincée entre deux falaises sombres. Un recoin de littoral si isolé que même les mouettes l’ignoraient. Pas de sentiers. Pas de bateaux. Seulement la mer, les rochers, et le silence hargneux.
Six. Et déjà trop, à son goût. Un des hommes – elle ne savait pas son nom, ils s’étaient bien gardés de les échanger – s’approcha pour lui tendre une masse visqueuse, qu’il venait de distribuer aux autres. La sorcière la prit machinalement, le regard toujours fixé sur les flancs de la falaise, où des plantes grimpantes s’accrochaient avec une obstination dérisoire. Un crabe, dérangé par leur présence, s’enfonça sous un rocher en agitant ses pinces. La galloise aussi, aurait bien voulu avoir son rocher… Elle baissa finalement les yeux sur l’objet gluant dans sa paume. De la branchiflore. Même elle, avec ses maigres connaissances en botanique, savait reconnaître cette horreur : un entrelacs gélatineux, semblable à des queues de rat tricotées.
Superbe. Vraiment.
« Gardez-en sur vous. On sait jamais si vous devrez en reprendre pendant le trajet, » avait dit l’homme en la leur tendant. Elle ne l’écoutait qu’à moitié. Le vent, le froid, l’odeur d’algues et de sel : tout accaparait ses sens. Mais surtout, la tension. Celle, sourde, qui hurlait dans sa poitrine que ce plan allait foirer. Et qu’elle était ici, quand même.
Elle tourna un instant la tête vers Cora.
Un échange silencieux.
Tu es sûre de ton coup ?
Pas du tout. Et toi ?
Encore moins.
Par-fait.
Elle avait envie de rire.
Les autres parlaient, leurs voix étouffées par le ressac.
« Qu’est-ce qui nous dit qu’on peut lui faire confiance, hein ? » lança finalement un type à la mâchoire serrée. Morgan tourna brièvement la tête. L’homme parlait sans la regarder, les bras croisés.
« Encore une fois, Quack, répondit Cora, en roulant des yeux, si je dis qu’on peut lui faire confiance, alors on peut. »
Morgan leva un sourcil. Quack ? Sérieusement ? Elle réprima un sourire. Pas le moment.
À quelques pas, un autre – plus jeune, à en juger par sa voix hésitante et la façon qu’il avait de torturer un enchevêtrement de branchiflore entre ses doigts – murmura :
« Y’a pas de… selkies dans le coin, pas vrai ? »
Le silence qui suivit fut bref, mais éloquent.
« Sérieusement, Sapristi ? » rigola un autre, en ramenant ses cheveux en arrière avec une main sur son front. « On s’apprête à infiltrer une base pleine de dragons cracheurs de feu, et toi, tu flippes à cause de femmes poiscailles ? »
Sapristi. Par Hécate. Qui gérait les noms de code au sein de l’Union ? Un enfant de cinq ans surdosé en sucre ?
Morgan détourna le regard pour ne pas éclater de rire. Pas maintenant.
« Snadr ? » dit Cora – le seul surnom qui sonnait à peu près normal. Le sien. « Tu nous refais un dernier point avant qu’on aille rejoindre les poissons ? »
Morgan inspira lentement, et hocha la tête.
𖥟
Depuis la fin des guerres, plusieurs mouvements rebelles s'opposant aux gouvernements se sont formés :
𖥟 𖥟 𖥟 L'Union La Sangtinelle Les Messagers de Veles un mouvement rebelle britannique, qui veut mettre fin au Conseil à tout prix, abolir la hiérarchie de sang et instaurer une démocratie.
._. un mouvement rebelle britannique pacifique constitué essentiellement d'idéalistes et de penseurs, qui veut rétablir des droits pour les Nés-Moldus et lutter contre la stigmatisation.
._. un groupuscule violent, extrémiste et fanatique anti Sang-Pur, qui s'est installé dans les Embrumes.
𖥟
Mâche lentement.
Laisse le goût de vase emplir ta bouche,
Laisse le sel te griffer les lèvres.
C’est le prix pour respirer là où d’autres se noient.
Plonge sans geste brusque,
comme si tu glissais dans un rêve trop lourd.
Le monde s’éloigne vite,
et les voix deviennent tambours.
Cherche la gueule ouverte dans la falaise,
un rocher taillé par le vent,
une créature de pierre qui veille encore.
C’est là que commence le passage.
Ne touche pas le sable —
il s’en souvient.
Rase la roche, serre le vide,
écoute le sang battre dans ton crâne.
Ils sont là,
les autres,
silhouettes comme toi,
ombres pressées de se faire silence.
Quand la faille s’offre à toi,
elle sera étroite —
comme une gorge,
comme un souvenir que tu n’arrives plus à dire.
Ne panique pas.
Respire.
Encore.
Encore.
La lumière viendra.
Bleue d’abord, puis plus rien.
Ignore-la. Ce ne sont pas tes étoiles.
À gauche au croissant brisé,
à droite, c’est la fin.
Comptez les battements —
ceux du cœur, pas ceux de la montre.
Quand tes poumons crient
et que la roche semble t’écraser,
tu y es.
L’ouverture est petite, comme un œil fermé.
Passe sans bruit.
Et quand l’air revient, humide et rare,
garde le silence.
Tu es en vie.
Pour le moment, en tout cas.
𖥟
La Main de Dieu est une organisation européenne moldue, qui a vu le jour au début de la guerre, telle une terrible réincarnation des chasseurs de sorcières du Moyen-Age, mais en bien plus redoutables. Aujourd'hui, cette mystérieuse organisation persiste dans l'ombre, et ce, malgré le silence ayant fait oublié l'existence des sorciers aux yeux du monde moldu. Bien des disparitions et des décès leur sont imputés. Les sorciers craignent ce groupe - surtout les sorciers vivant en dehors de la Citadelle (Godric's Hollow).
𖥟
« Plus. Jamais.
— Oh ça va Zik, c’était pas si terrible.
— Pas si terrible ?! Elle nous avait pas parlé de cette saleté de colonie de strangulots, ta—
— J’ai fait ma part dans votre saleté de plan, vous êtes tous vivants et arrivés à destination, » Le ton de la guide claqua net dans l’air humide de la grotte, « alors fais gaffe à ce que tu vas dire. »
Ils étaient effectivement arrivés.
L’eau salée continuait de ruisseler de leurs capuches, de leurs manches, et de leurs cheveux plaqués sur les tempes comme une seconde peau glacée. Et derrière eux, le passage aquatique qu’ils venaient d’emprunter n’était plus qu’un gouffre noir battu par les vagues, une gueule rocheuse refermée sur l’océan, comme si l’île avait déjà commencé à effacer leurs traces.
Devant eux, en revanche… la grotte se prolongeait dans une étroite fissure naturelle. Et quelque part au-dessus de cette masse de pierre… l’île.
Le bastion des Cohortes.
Zik cracha de l’eau par terre, avec un dégoût mal contenu.
« Plus jamais.
— Tu l’as déjà dit, souffla un autre.
— Et bah je le répète ! »
Cora leva une main sans même les regarder.
« La ferme. » Le groupe se tut immédiatement. « On n’a pas traversé des litres de flotte pour vous entendre geindre comme des gamins. Séchez-vous. Et bougez. »
Le mot bougez tomba comme un ordre militaire, et quelque chose dans la posture générale changea aussitôt : épaules qui se redressent, mains qui s’activent, regards qui cessent de traîner.
Morgan, elle, restait en retrait. Elle observait. Et elle s’essuya lentement le visage du revers de la manche, puis posa un regard sur Cora.
On doit vraiment continuer ?
Évidemment.
« Vous avez vos ordres. Vous vous dispersez dès le passage. Pas d’héroïsme. Pas d’improvisation. Et surtout, ne vous faites pas capturer — utilisez vos portoloins de retour. »
Personne ne répondit vraiment. Certains hochèrent la tête avant de s’éclipser dans le tunnel, déjà en train de dérouler mentalement les plans de l’île gravés à force de répétitions. Aucun parchemin visible : ils avaient au moins eu la prudence d’apprendre par cœur ce qu’ils risquaient de mourir en oubliant.
Morgan, elle, attendait qu’on lui dise quoi faire. Elle n’était pas de l’Union. Elle n’était même pas censée être là. Juste une guide. Une étrangère tolérée tant qu’elle ouvrait les bonnes portes et fermait les mauvaises questions. Elle regarda un à un les rebelles de Cora disparaître dans le passage, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les deux sorcières.
Elle aurait préféré faire demi-tour.
Mais sa loyauté envers Cora s’accrochait à elle comme une dette mal payée. Et surtout… elle ne faisait pas confiance à cette bande de bras cassés pour protéger la rebelle. Alors, elle restait là. Tout en se disant qu’elle allait crever ici pour sur, et que ses ossements serviraient de cures-dents pour les lézards de cette île-forteresse.
« Bon, souffla Morgan, je peux enfin savoir ce qu’on est censées faire exactement ? »
Cora haussa un sourcil.
« “On” ?
— Je suis là, non ? Autant que je sois utile à votre stupide projet au lieu de te suivre comme un croups. »
Un court silence suivit les mots de la sorcière de la brume, avant qu’elle n’obtienne une réponse.
« Pour faire simple… » reprit Cora, « sabotage. Salle d’armes.
— Et pour faire compliqué ?
— Tu préfères vraiment ? »
La noiraude inspira lentement par le nez.
« Non.
— Bonne réponse. »
Cora fit signe d’avancer.
La grotte se resserra encore, se transformant en un passage étroit, une fissure naturelle à peine assez large pour qu’une personne puisse s’y glisser de biais. Chaque pas semblait négocier avec la roche, comme si l’île testait leur droit à continuer.
Puis, progressivement, la fissure s’élargit, et elles traversèrent un voile épais - une illusion maintenue depuis des décennies dans la roche, qui garantissait le secret du passage.
La roche s’ouvrit sur l’extérieur, et elles débouchèrent par une anfractuosité dissimulée dans un pan de falaise. Devant elles, le relief de l’île s’étendait en terrasses irrégulières : des bâtiments militaires accrochés à la pierre comme des excroissances artificielles, reliés par des passerelles, des escaliers, et des chemins patrouillés.
L’air changea immédiatement.
Plus sec.
Plus froid.
Et surtout… vivant.
On entendait, au loin, les déplacements réguliers des soldats : le choc rythmé des bottes sur la pierre, des ordres brefs, des conversations étouffées qui ne devaient pas sortir du cercle des sentinelles. Par moments, une lanterne passait, projetant des ombres longues qui balayaient les murs comme des griffes. Et surtout… On entendait des rugissements.
Elles attendirent un instant dans l’ombre de la roche, immobiles, laissant le temps aux yeux de s’adapter et aux habitudes de survie de reprendre le dessus.
Puis elles avancèrent.
En longeant les bâtiments, en se fondant dans les angles morts, en profitant des rotations de patrouilles. Chaque déplacement était court, calculé, suspendu entre deux regards échangés. Finalement, elles arrivèrent à proximité d’une structure plus massive, percée de petites ouvertures. À l’intérieur, des voix étouffées, le bruit régulier d’équipements déplacés, le cliquetis mécanique de pièces d’armes manipulées sans précaution.
Une odeur de bois huilé, de métal chauffé et de cire brûlée s’en échappait par vagues discrètes.
Cora s’arrêta net.
« On est proches. »
Devant elles, encastrée dans le mur extérieur, une ouverture basse : une fenêtre étroite, protégée par des barreaux.
Le sous-sol de l’armurerie.
« Et comment tu veux qu’on y entre ? demanda Morgan.
- Soit par le toit, en neutralisant les armuriers un à un, soit… »
Cora s’agenouilla, face à la petite fenêtre.
« Par là. »
Des barreaux protégeaient l’ouverture.
Morgan s’accroupit à son tour, observa un instant les fixations, puis la largeur de l’ouverture. Elle plissa légèrement les yeux, comme si elle recalculait mentalement les options… avant de souffler du nez.
« Sérieusement… on hésite encore ? »
Cora ne répondit pas, déjà concentrée sur les alentours. La galloise passa une main sur le métal, puis jeta un regard vers la fenêtre, puis vers les hauteurs du batiment.
« Non parce que ton option “toit avec massacre progressif des soldats un par un”, ça me donne pas exactement envie. »
Elle se redressa légèrement.
« Oui, je vote pour l’option de fenêtre. C’est plus rapide, plus discret, et surtout beaucoup moins suicidaire. Enfin… »
Tout cela était déjà suicidaire.
« Et accessoirement, je suis meilleure pour ce genre d’entrée. »
Cora la fixa une seconde, puis détourna le regard vers la cour extérieure.
« Fais. Mais vite.
- Toujours, » répondit la galloise, resserrant son emprise sur sa baguette. Puis, au bout de quelques instants, et le moins de bruits possibles, Morgan jeta un regard à Cora.
La fenêtre était ouverte.
Enfin… presque.
La rebelle se pencha.
« Ne perdons pas de temps, tu passes en première.
— …Quelle galanterie. »
Morgan s’engagea.
Et… resta bloquée.
« Ne dis rien.
— Je ne dis rien.
— Tu le penses.
— Je pense toujours.
— Par Hécate… aide-moi, saleté. »
Un soupir de Cora, profondément las. Morgan força légèrement, pivota, se contorsionna avec une dignité discutable, puis réussit enfin à se faufiler. Elle atterrit de l’autre côté dans un bruit amorti, bien moins gracieux qu’elle ne l’aurait voulu, mais suffisamment discret pour ne pas déclencher d’alerte.
Elle se retourna vers la fenêtre.
« Tu peux passer. »
Cora s’y engagea à son tour. Et resta coincée.
Un instant absurde suspendu entre deux mondes.
Puis, après quelques efforts nettement peu glorieux, elle réussit à se dégager et tomba à son tour dans l’armurerie, comme si rien ne s’était passé.
Silence.
Elles restèrent immobiles.
Oublions cette partie, s’accordèrent-elles sans un mot.
Le sous-sol était bien plus vaste que ne le laissait deviner le bâtiment extérieur : des rangées d’armes alignées avec une rigueur froide, des équipements suspendues comme des corps vides et des caisses marquées du sceau du Conseil et des Cohortes empilées grossièrement.
« Bien. » Cora inspira lentement et tourna légèrement la tête vers Morgan. « On a du travail. »
Morgan balaya la pièce du regard. Puis, très calmement :
« Si je vole des trucs ici, tu fais semblant de ne pas voir, hein ?
— Ce que je vois surtout c’est que si tu ouvres encore la bouche, on va se faire repérer.
— Donc c’est un oui.
— Oui. »
Et elles commencèrent à avancer entre les rangées d’armes.
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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