3 juil. 2026, 10:32
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Mi juin 2051


Aliosus relit une troisième fois la lettre qu'il tient entre les mains. Elle est écrite rondement dans le style floral typiquement français de son autrice, mais les pattes écourtées des p, des j et des g ainsi que la manière quasi imperceptible de serrer ses lettres plus que d'habitude, trahissent l'inquiétude sous jacente de Léonie de Beauvais. A la fin de son stage, Aliosus lui a envoyé une lettre afin de lui demander si elle avait reçu la moindre nouvelle d'Alice. La réponse que lui fait la française d'habitude volage et superficielle est d'un pragmatisme alarmant. Non, elle ne dispose d'aucune information récente sur son amie, pas depuis des mois visiblement. Le jeune homme est renfrogné, ce n'est évidemment pas ce qu'il espérait, et en plus, voilà qu'il avait inquiété Léonie par delà la Manche.

Il décide donc d'user d'une manière plus radicale d'obtenir des informations. S'adresser au Patriarche Nerrah, ancien diplomate de la FEPS, dont le réseau de contact s'étend dans toute l'Europe et tout particulièrement à la Pologne, membre de la Fédération.

20 juin


Aliosus peste en sortant de son rendez-vous avec son cousin et non moins professeur Thomas Sangblanc. Depuis une semaine il n'a aucune nouvelle de la part de Magnus, aussi s'est il décidé à aller directement demander au frère d'Alice quelles nouvelles avait elle pu bien lui envoyer. On ne pouvait pas dire que cela aussi s'était passé comme prévu. Son cousin lui avait pratiquement ri au nez.

"Navré, mon cher cousin, mais notre petite vipère a décrété que je n'étais plus en odeur de sainteté, aussi n'ai-je pas de nouvelle à vous donner. Elle est en Pologne, voilà bien tout ce que j'ai comme information à vous communiquer. Elle devrait rentrer début juillet. Prenez votre mal en patience, elle nous sera bientôt rendue, et nous regretterons son retour."

Le ton acerbe et cassant n'était pas rare dans la bouche de Thomas, mais Aliosus avait détecté une amertume toute particulière dans ses paroles. Il ne s'était pas fait prié pour écourter l'entrevue, il ne portait pas, lui non plus, l'homme dans une très haute estime et le rendait même coupable tout à fait directement de l'odieux mariage qui était en train de se concrétiser chaque jour d'avantage, plongeant Alice dans la détresse la plus profonde en dépit de toutes ses dénégations bien forcées.

Soit, il allait poursuivre ses recherches.

Paroles de Thomas écrites par sa joueuse.
Dernière modification par Aliosus Nerrah le 7 juil. 2026, 10:03, modifié 1 fois.

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3 juil. 2026, 11:36
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Fin juin.


Aliosus a rendez-vous dans le quartier des petites maisons de Godric's Hollow. Les ruelles étroites et ombragées sont pratiquement inconnues du jeune homme. Pourtant ici, sur le Chemin des Maléfices, il n'y a que le haut rempart qui le sépare de la Promenade des Sirènes ou est sise la demeure de ses parents. Il sait qu'il ne verra pas son père aujourd'hui, et que c'est un autre visage qui lui donnera les informations tant attendues, pour peu qu'il y ait effectivement des informations à donner.

Il est arrivé un bon quart d'heure en avance, il n'était de toute façon bon à rien chez lui - chez eux - et l'impatience le rongeant ne lui laissait aucun répit. Tournant comme un éruptif dans une cage, il avait décidé de sortir, de s'aérer, et de faire en sorte de penser à autre chose que d'imaginer en boucle tous les scénarios que son cerveau lui présentait.
Avait elle disparue ? S'était elle enfuie pour échapper au mariage ? Avait elle participé à un duel et eu un accident ? Avait elle décidé de rompre définitivement avec sa famille ? Avait elle été enlevée par un mouvement anti FEPS ?

Heureusement, le visage tout en nerfs de Herr Engels fini par l'arracher à ses pensées.

«Monsieur Nerrah, commença-t-il dans un anglais impeccable qui ne laissait aucunement trahir ses origines allemandes, votre père m'envoie vous transmettre les quelques informations que nous avons pu recueillir suite à votre demande.»

Le coeur d'Aliosus battait à tout rompre. Il cherchait désespérément un élément trahissant une bonne ou une mauvaise nouvelle sur le visage d'Engels, mais aucun indice ne transparaissait. C'était probablement pour cela qu'il était si utile à Père, cela ou bien qu'il n'en avait sincèrement pas grand chose à faire de ce qu'il allait bientôt lui dire.

«Je vous écoute.», dit simplement le jeune homme, la mâchoire serrée en dépit de ses efforts pour paraitre lui aussi le plus impassible possible.

«La situation de la personne que vous recherchez n'est à ce jour pas connue.»

Un bloc de pierre d'une tonne semblait tomber dans le coeur d'Aliosus en même temps que ces mots. Alice était introuvable. Comment cela était il possible ? Il se sentait fébrile d'inquiétude.

«Voilà ce que nous avons pu compiler comme informations malgré cela : le contrat qui liait la personne en question à un certain gentleman a été rompu de manière anticipée il y a de cela un mois et demi. Visiblement, votre recherchée a perdu la maitrise de ses nerfs d'une manière telle que le gentleman s'est considéré obligé de la corriger. Dès lors, il l'a ensuite laissé s'en aller, partant du principe qu'elle rentrerait directement en Grande Bretagne.»

«Perdu la maitrise de ses nerfs et corrigée ? Jungfernwarze ! 1 Engels, je ne suis pas un gratte papier de l'administration ! Il se rapprochait de l'homme tout en parlant avec autant de véhémence que d'inquiétude. Cela fait des mois que je cherche à savoir si elle va bien et vous osez me répondre en euphémismes ? Sprechen !2»

«Navré monsieur Nerrah, je ne peux évidemment pas outrepasser des consignes, vous le savez et vous le comprenez très bien.»

Aliosus savait qu'il se trouverait devant un mur. Être au service de Magnus Nerrah requérait une loyauté qui ne souffrait d'aucun écart, pas même pour son fils. Pendant qu'il se résignait, Engels lui tendit toutefois un morceau de parchemin plié en quatre.

«Il reste néanmoins des choses à vous transmettre qui ne saurait être prononcées. Je vous les donne. Ayez le bon sens de les faire disparaitre dès lors qu'elles seront mémorisées.»

Aliosus saisit le parchemin, en acquiesçant de la tête et entreprit de l'ouvrir aussitôt. Alors qu'il avait les yeux baissés vers les quelques mots, il entendit le craquement distinctif d'un transplannage. Engels avait disparu. Il ne restait plus que lui, le parchemin, et ces deux informations.
Archie Atterbury
zakątki Bieszczadów 3
Dès lors qu'elles seront mémorisées... Engels, espèce de sale...

PNJ : Falko Engels
Reducio
Image

Traductions
Reducio
1 : Jarretelle de vierge
2 : Parlez
3 : région des Bieszczady

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hier, 22:39
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1er juillet 2051
Appartement d'Alice et Aliosus


Son coeur battait déjà à tout rompre alors que son esprit essayait d'enregistrer ce qu'il projetait de faire. Une partie de son cerveau refusait cette option, mais une portion bien plus importante de son coeur le lui intimait pourtant. Aussi, il posa la main sur la poignée et murmura.

«Alice, verzeih mir 1

Le fait que la porte ne lui résista point, qu'elle ne soit même pas fermée à clé, lui déchira le cœur. Alice ne fermait pas la porte de sa chambre, parce qu'elle avait confiance dans le respect de son cousin pour son intimité. Et voilà qu'il la trahissait. Il en avait la nausée, il se sentait trembler, de honte, d'appréhension, de dégoût de lui même. C'était comme si une part de lui se voyait de l'extérieur, faire ces choses, et refusait d'y prendre part.

Tout était là, en apparence, alors qu'il posait ses yeux sur sa chambre dans son entier, rien de choquant, rien d'anormal. Il aurait tout donné, tout, pour simplement trouver une lettre, quelque chose de rassurant, un mot, un simple «Mon doux cousin trop curieux, patiente, je serai bientôt rentrée» qu'elle aurait écrit en prévision d'un acte comme celui ci. Voir la simplicité de cette chambre qui ne trahissait aucune absence lui glaçait le sang, comme s'il avait rêvé ces derniers mois et qu'Alice ne s'était absenté que le temps de donner un cours de français.

Alors il autorisa ses jambes à flancher, s'assit au milieu de la pièce, et craqua pour la première fois en répandant toutes les larmes de son corps pendant de longues minutes.

1 : Alice, pardonne moi.

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