Je est un autre
{ Il y a un monstre caché dans ma tête.
Je suis cachée dans la tête d'un monstre. }

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【 MORIENDUS, VIVAMUM EST 】
Laissez nous mourir, puisque nous devons vivre
lourds tw "complexes" : langage vulgaire, évocation d'un état dépressif profond, description de blessures implicitement dues à la scarification, mention de sang et pensées sombres intériorisées.
note d'autrice : la situation présentée est entièrement fictionnelle et n'encourage en aucun cas les comportements décris. si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à la demander à vos proches, à des personnes de confiance ou à des professionnels de santé. vous n'êtes jamais seuls
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Je suis cachée dans la tête d'un monstre. }

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【 MORIENDUS, VIVAMUM EST 】
Laissez nous mourir, puisque nous devons vivre
lourds tw "complexes" : langage vulgaire, évocation d'un état dépressif profond, description de blessures implicitement dues à la scarification, mention de sang et pensées sombres intériorisées.
note d'autrice : la situation présentée est entièrement fictionnelle et n'encourage en aucun cas les comportements décris. si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à la demander à vos proches, à des personnes de confiance ou à des professionnels de santé. vous n'êtes jamais seuls
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J'ai mal putain.
Enfin.
Je crois.
Rire rauque.
Je grimace.
Ma gorge me fait mal, ma voix éraillée me dérange. Mon rire amer prend trop de place dans cette pièce vide.
Ma peau s'étire, tente de suivre le mouvement de mes muscles.
Pathétique.
Mon corps craque, ploie sous le poids de cette présence sur mes épaules. Un bref éclat de rire a remis en marche le mécanisme de mon corps, et soudain je me rappelle que je vis. Je me rappelle que mes poumons continuent de se gonfler et se vider, mon coeur continue de pomper.
La machine biologique n'a pas atteint sa fin.
Pas encore.
C'est pour bientôt.
Rassure toi.
L'écho de mon rire sec résonne dans cette pièce déjà trop pleine. L'onde rebondit sur les murs nus dont le papier paint se décolle lentement. Elle me heurte de face, avachie sur mon fauteuil.
Putain j'ai mal.
Ploc. Ploc.
Ah oui.
Je saigne.
Enfin, je crois.
Je suis engourdie. Mes bras et mes jambes, je ne les sens plus. Je suis consciente d'avoir une tête, un tronc sur laquelle elle est posée. Mais la perception de mon enveloppe s'arrête là. Mes doigts fourmillent, c'est la seule chose que je perçois vaguement. Quelque chose vrombit dans mes oreilles, un bruit désagréable et répétitif. Un insecte ? Un murmure ? Je deviens folle.
Ploc. Ploc.
Les gouttes tombent.
Je me vide de moi sur le tapis — tiens il y a un tapis. Merde. Ça va faire une tâche.
Alors c'est ça, mourir ? Attendre bêtement ?
Pas très palpitant.
Les yeux dans le vague, je regarde le temps passer. La vie s'en aller. Ma vie s'en aller. Je vais faire une tâche dans mon salon, c'est malin. Enfin non, ça ne l'est pas. C'est plutôt idiot.
Idiote.
Oh. C'est vrai.
Ce n'était que du sarcasme.
A croire que je ne suis bonne qu'à ça.
Ploc. Ploc.
C'est plutôt dérangeant, ces petites gouttes de liquide épais qui roulent lentement sur mon corps. Ça me donne l'impression de sentir des insectes courir sur ma peau blessée. Eh mais. Je sens de nouveau. Je me sens. Alors finalement j'ai des bras. Et des jambes. Je suis un être humain complet, il faut croire. Tiens. En voilà une pensée.
« Je suis un être humain complet. »
C'est amusant, comme pensée.
Alors je ris.
Ça ressemble plus à une toue sèche qu'à un vrai rire. Dommage. J'aurais essayé.
Et puis merde. Je suis à bout de souffle.
Ploc. Ploc.
Peut-être que je suis presque à bout de sang aussi.
Bizarrement, cette pensée, je la trouve hilarante. C'est à se tordre de rire.
Alors je me tors de rire.
Mes poumons crachotent difficilement, je ploie vers l'avant. Je suis bien trop consciente de mon corps à présent, il est partout cet enfoiré.
Mes os craquent, se plient, ploient, se tordent. Je joue à la marionnette désarticulée.
Mes muscles protestent, encaissent, se laisser aller. J'ai tout juste la force de me redresser.
Ma peau tombe autour de moi, enveloppe trop large pour l'amas de chair que je suis devenue.
Mes yeux roulent, encore et encore, dans leur orbites. C'est drôle, le monde tourne.
Mes cheveux graissent, s'emmêlent, poussent, se salissent, s'abîment. J'ai une forêt sur la tête.
Ma langue est sèche, si sèche qu'elle semble être un parchemin. Un vieux papyrus. Du papier.
Ma poitrine se soulève imperceptiblement, juste assez pour me rappeler que je suis en vie.
Mes joues sont creuses, d'une pâleur maladive et bleutées de froid. Je ne me reconnaitrais pas.
Mes ongles sont longs, sales et dangereux. Je tiens plus de l'animal que de l'humain.
Je suis défigurée par un mal.
Ploc. Ploc.
Je saigne.
Mes plaies sont ouvertes.
Toutes. Et elles laissent s'écouler ma vie.
Je me vide.
De tout.
Les entailles à vif sur mon corps me font mal. Mais celles dans ma tête encore plus.
Est-ce que je mérite ça ? Me réveiller sans m'en apercevoir, passer d'un cauchemar à une réalité cauchemardesque, voir en noir et blanc, ne plus sentir ni les parfums, ni les arômes, ni la douceur des draps sur ma peau. Quand me suis-je transformée en ce monstre nocturne, fuyant le soleil comme la peste ? Je dois être blafarde, si ce n'est translucide. Oh, quelle terrible créature suis-je devenue tandis que je me terrais dans le noir de ma chambre, dans la puanteur de mon corps, dans le grésillement de ma respiration sifflante ? Quel être humain mérite de devenir l'ombre de soi-même, quel être vivant se laisserait devenir une chose sans nom aussi repoussante que celle que je suis ? Mon frêle squelette peut encore à peine garder la masse de ma peau étirée dans un semblant de forme humanoïde, et le reste de toute cette peau pend de tous les côtés, elle grossit mes traits, les déformes, et réduit à néants les efforts de me faire passer pour une humaine. Quelle étrange chose que celle que je suis devenue.
Ploc. Ploc.
Je joue à l'Humain.
Non.
C'est le monstre en moi qui joue à l'Humain.
C'est cette créature rampante et pitoyable qui joue à se faire passer pour un Humain.
La Chose se cache.
Elle continue de se dissimuler dans les plis de mon enveloppe.
Ô naïve mais si terrible Chose, qui me ronge et qui m'habite.
Ploc. Ploc.
Regarde nous, Chose. Nous ne sommes plus rien. Deux simples parasites qui gaspillent ce qui pourrait profiter à d'autre en attendant notre fin.
Regarde, Chose.
Mon corps s'éteint, et bientôt ma conscience fera de même. Et il ne restera rien de toi.
N'est-ce pas ironique, Chose ? Toi qui m'habites depuis si longtemps, tu partiras en même temps que moi sans rien laisser derrière toi. Après tout, tu n'es le monstre que de celle que je suis. Etais. A été. Personne ne te remarqueras, personne ne te reconnaitra, personne ne te remarqueras. Ta présence s'évaporera à l'instant où je ne serais plus.
Tu as perdu, Chose.
Je soupire, me déchire sur cette respiration et recrache un peu de Chose. Ma gorge s'abime sur le silence dans lequel je vis depuis un temps impossible à mesurer, mes poumons peinent.
Mais alors...le sang qui coule sur et hors de moi, c'est aussi celui de Chose ?
Intéressant.
Ploc. Ploc.
Silence.
Je me regarde disparaitre.
Je nous regarde fondre.
Partir en silence.
Ça te va comme fin, Chose ?
Ploc.
Plo.
Pl.
P.
Mon corps s'arrête de fonctionner, le sang a fini de couler.
C'est terminé, je suis morte et tu n'es plus.
Mais le monstre dans ma tête ne s'en est toujours pas allé, t'arrives à y croire ? Chose est encore là, avec moi, figé près de moi, figé en moi. Chose est désormais indissociable de moi. Je suis morte mais Chose aussi, et Chose continue de m'accompagner, de me vider de l'intérieur, de me bouffer, de me mettre au feu, de me déchirer les entrailles.
Combien de temps faudra-t-il avant que quelqu'un ne vienne ?
Deux jours ?
Plus ?
Une semaine ?
Deux semaines ?
Des mois ?
Jusqu'à ce que, éventuellement, quelqu'un se rappelle de moi.
Nom. Prénom. Date de naissance. Age. Nationalité. Adresse. Fille, soeur, amie, amante. Être.
Certains pleureront, il y'en a toujours qui pleurent. Mais la plupart auront une moue dégoutée, ils observeront le corps que j'ai laissé et ils me prendront en pitié.
Pauvre fille, diront-ils tous. Et Chose et moi, on se marrera. Parce que j'étais pas une pauvre fille j'étais même pas une fille. Ni une femme. Ni un homme. Ni un Homme. Je n'étais plus rien depuis longtemps, je n'étais plus ni quelqu'un ni quelque chose. Je suis morte il y'a des mois et personne ne l'a vu. J'ai sombré il y'a des années et personne ne le sait. Je ne suis pas, je ne suis plus depuis la dernière fois que j'ai été mais cette fois remonte à ma vie antérieure, à celle que je devais vivre mais que Chose m'a retirée. Oui, pauvre fille. Disparue mais jamais recherchée, morte mais jamais enterrée, torturée mais jamais sauvée. Pauvre fille diront-ils, et quelque part très bas dans les enfers, je rirais aux côtés de Satan et de Chose.
Je ne laisse rien derrière moi.
Un corps.
Du sang.
Une maladie.
Un fantôme.
Alors, Chose, dis-moi, n'as-tu pas réussi ton coup ?
Pauvre fille.
Elle n'a jamais pu être.
Être qui ? Quoi ?
Je ne suis rien.
Être pour quoi ? Pour qui ?
Je ne suis personne.
Je est un autre.
FIN.
ma volière vous est ouverte si vous avez besoin de parler, si cette lecture vous a mis.e mal à l'aise, si vous avez des questions, si vous avez besoin de comprendre ou simplement si vous avez besoin de quelqu'un.
ma volière vous est ouverte si vous avez besoin de parler, si cette lecture vous a mis.e mal à l'aise, si vous avez des questions, si vous avez besoin de comprendre ou simplement si vous avez besoin de quelqu'un.
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage