Celle qui écrivait le langage de l'amour avec l'encre de la confiance

- Celle qui écrivait le langage de l'amour avec l'encre de la confiance -

Après s'être détachée progressivement de sa meilleure amie Noémie, Alice se sent coupable de cette rupture. Elle passe donc quelques heures dans la salle sensorielle avant de se résoudre aller prendre rendez-vous avec Mr Kyros. Ce recueil retrace donc les séances qu'Alice a eu avec le psycomage courant mai-juin de l'année 2051 pendant sa deuxième année.
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I. - Date, Titre, Sujet II. - Date, Titre, Sujet III. - Date, Titre, Sujet IV. - Date, Titre, Sujet V. - Date, Titre, Sujet VI. - Date, Titre, Sujet |
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@Hyacinthe Kyros
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, souvent la nuit
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, souvent la nuit
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Celle qui écrivait le langage de l'amour avec l'encre de la confiance
Ce n'est pas le mal, mais le bien, qui engendre la culpabilité.
Jacques Lacan
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Jacques Lacan
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Vous connaissez l'effet Zeigarnik ? Celui où notre cerveau nous rappelle sans cesse une tâche inachevée. Je crois que je suis atteinte d'une variante. Pendant toute la matinée, je n'ai fait que penser à ça : ma première séance avec le psycomage. Ça me fait peur maintenant que je suis devant la porte, je n'ai pas envie d'achever ce que j'ai commencé. J'ai peur que ça serve à rien, que ça renforce mes croyances, que ça me confirme que j'ai raison et que c'est moi la fautive. J'ai peur. C'est une émotion un peu bizarre la peur, non. On a tous peur de quelque chose. Que ce soit la même chose ou non. Je plains les araignées, elles doivent en avoir marre d'entendre des cris à longueur de journée alors qu'elles sont inoffensives. Celle du château, tout de moins. Je ne vais pas me prononcer sur les mygales dans les forêt tropicales. Moi, là, je ne sais même de quoi j'ai peur. De la vérité ? Ce serait perturbant. Qui aime vivre dans les mensonges ? Personne.
Le courage appartient aux Gryffondors. Je ne suis pas courageuse. Chez les Serpentards, je dirai que l'équivalent est la détermination. Mais la détermination n'est pas la bonne émotion pour cette situation. On ne prends pas sa détermination à deux mains comme avec le courage, non. Mon poing se serre, il froisse la lettre que j'ai apporté. Je ne sais pas quoi faire. Mon instinct me dit tourner les talons mais je ne l'écoute pas. Quelque chose me dit d'entrer dans la pièce, ce serait ma logique ? Je ne sais pas. Je décide de poser ma main droite sur la poignée, je ne sais pas si je suis en retard. Mais, contrairement à un professeur, le psycomage ne me blâmera pas pour quelques secondes ou des minutes de retard. Je crois que son premier devoir est de s'adapter à son patient. Comme un vendeur s'adapte à un client. Je n'aime pas cette sensation. Disons qu'aujourd'hui, j'ai fait preuve de courage en actionnant la poignée mais je sais que ce n'est pas la bonne émotion.
J'entre de le bureau. Je m'avancerai qu'il n'a pas changer depuis ma précédente visite mais je ne peux le certifier. Je n'avais pas fait trop attention aux décors la dernière fois. La dernière fois, en novembre, j'avais moins peur. C'est bizarre. Logiquement, ça aurait été l'inverse. En novembre, cela avait été l'inconnu, je ne savais pas comment étais le psycomage, je ne savais pas comment la séance allait se dérouler. La logique n'est pas correct et ça me perturbe. La logique doit être logique et suivre une constance. Mais bon. Mes yeux glissent sur les murs et ses occupants. Je vois une bibliothèque et un sourire se pointe sur mes lèvres. Peut-être que le Mission Horizon que j'ai trouvé se trouve entre les autres livres ? Peut-être. Je lis la citation accrochée et je hausse les épaules, il faudra un jour nager ou ramer pour ne pas s'échouer sur les récifs.
Pendant un long moment, je ne dis mots, mes lèvres restant scellées. Ma détresse et ma culpabilité s'en échapperont dès que j'ouvrai ma bouche. Et surtout, je n'ai pas de mot. C'est un comble et une blessure pour moi. Mais, j'ai fait avec pendant plus d'un an, je peux supporter au moins une heure. Je ne sais pas si j'ai envie de m'étaler aujourd'hui, de dévoiler toutes mes entraves. En vrai, j'ai même pas envie de parler. Mais, je vais le faire, je sais pas quand, mais je vais le faire. Sinon, ce sera une séance de perdue et sûrement une séance supplémentaire de calvaire. Mes yeux tombent sur la lettre que j'ai apporté. Je savais que j'allai l'énoncer mais je n'avais pas le contexte. Et si ? Et si on a pas besoin de contexte ? C'est vrai. Pour une fois, on a besoin de mettre des fondations. C'est toute la différence entre une conversation et une construction d'une maison. Il faut arrêter de prendre cette comparaison. Quand une maison s’effondre, on peut la reconstruire mais ça prend du temps. Une conversation ne s'effondre pas, elle se tarit. Mais une amitié peut s'effondrer et peut ne pas se reconstruire. Je prends mon courage à deux mains, toujours pas la bonne émotion mais c'est pas grave et je lu :
" - Lorsqu’une personne traverse des pensées difficiles, ce dont elle a le plus besoin n’est pas forcément de solutions immédiates, mais de présence. Être là sans juger, écouter, respecter. Cette personne peut accepter ou non votre présence et vos propositions, et il est important de respecter ses choix."
Mes yeux coulent dans les siens. J'affronte son regard. Reconnais-t-il ce qu'il a écrit ? Iris bleux contre iris marrons. Arnaque. Ils ne me rappellent que ceux de Noémie. Je me tord les mains, me demandant la prochaine étape. Un silence dit parfois beaucoup de choses mais des mots justes en disent davantage. Je ne me targue pas de savoir les utiliser avec précision car ma langue peux fourchée. Je prends... Toujours pas la bonne émotion. Disons que c'est de la témérité, du courage à l'excès.
" - C'est un extrait de votre réponse à mon message sur Noémie, il y a longtemps. Je crois... J'ai essayé de faire ce qui était demandé. Je l'ai fais ! Mais ça n'a pas suffit... Je suis nulle, c'est ma faute. Tout est de ma faute. J'ai dû faire quelque chose de mauvais pour que le destin m'impose ça. J'ai perdue. Les cartes m'ont révélé la chute. Nous nous sommes égarées. Notre amitié n'est plus. Et tout ça, c'est de ma faute !!"
Mes larmes coulent sur mes joues, traçant un sillon. Je regarde mes mains. L'eau salée de mes pleurs s'accumulent sur le verre de mes lunettes, me rendant la vision difficile. Mais, est-ce un problème ? Tout être humain a cinq sens, être handicapé d'un n'est pas un problème. Enfin, sur le cours terme. Ceux qui naissent sourd ou aveugle ou muet doivent ressentir un décalage face à la société. On pense toujours à nous, nous sommes égoïstes. Moi aussi, je suis égoïste. Demander à un adulte de régler mon manque d'amitié... Quelle honte ! Si je suis là, c'est en partie pour moi mais c'est aussi pour Noémie. Même si je sais pas quand on reprendra le passé. De plus, notre éloignement ne s'est pas fait dans la violence, il n'a blessé personne directement, il s'était fait en douceur. Chacune acceptant l'évidence. C'est que à la toute fin que les blessures internes ressurgissent.
Il existe une rumeur qui, enfant, on a tous eu le droit d'y goûter. Celle des étiquettes. Oui, c'est vrai, on y a tous cru que ses camarades de classe nous choisissent une étiquette qui nous colle à la peau jusqu'à la fin de notre scolarité. Bien sûr, dès nos quelques mois dans le collège, on comprend que c'est un mythe, une chimère. Que c'est des rumeurs, une légende. Moi, je crois que c'est nous-mêmes qui nous l'a colle sur le front. Et depuis une semaine, j!ai choisi la mienne. Coupable. Car mon monde explose quand c'est moi.
" - Coupable..."
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1230 mots
@Hyacinthe Kyros
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ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, souvent la nuit
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, souvent la nuit
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Celle qui écrivait le langage de l'amour avec l'encre de la confiance
Hyacinthe reconnait immédiatement les mots qu'Alice lui lit. Il ne s'attend pas à les entendre revenir ainsi plusieurs mois plus tard, encore moins comme une preuve contre elle-même. Plutôt que de répondre tout de suite, il la laisse aller jusqu'au bout, sans interrompre ses pleurs. Il comprend qu'elle est plus affecté par la culpabilité que par la perte en elle-même, pour l'instant, et sait que le travail sera à réaliser en deux temps. Et en effet, un peu plus tard, le mot tombe : "coupable".
- Vous dites cela comme un verdict... pas comme une émotion.
En reprenant avec Alice le fil des événements, le roux l'aide à distinguer ce qu'elle sait réellement de ce qu'elle conclut. Il souligne qu'elle a suivi les conseils qu'il lui avait donnés - validant son action réalisée et sa réflexion vis-à-vis du bien-être de son amie-, mais explique néanmoins qu'être présente pour quelqu'un ne signifie pas pouvoir empêcher sa souffrance, ni décider de l'avenir d'une relation. Alice a fait des efforts, et leur éloignement ne peut être uniquement dirigé contre elle.
- Je suis persuadé que votre présence à compté. Néanmoins, même si cela peut parfois atténuer des souffrances, cela n'est pas toujours suffisant. Les relations sont complexes, et surtout, bilatérales. Cela veut dire que vous, tout comme Noémie, avez un certain contrôle sur la façon dont elle évolue.
Alice a accompagné Noémie, mais peut-être qu'elles n'avaient, au final, pas besoin de la même chose ? Une relation évolue, parfois en bien, parfois en mal, parce que les êtres humains et leurs besoins changent. Il n'existe pas toujours de coupable unique. Il tente de rassurer la jeune fille, remarquant en même temps qu'elle cherche à donner une explication logique à sa douleur, quitte à se désigner elle-même comme responsable. Hyacinthe l'encourage à questionner cette émotion plutôt qu'à la considérer comme une évidence. Parce qu'au final, y avait-il vraiment un coupable ? Le roux pensait sincèrement que non.
En fin de séance, il propose à Alice un exercice d'écriture ; il sait que cela lui plaira. Raconter cette histoire comme si elle concernait une autre élève - un personnage fictif. Son jugement serait-il le même ? Il est souvent plus facile d'être juste envers les autres qu'envers soi-même, et prendre le prisme d'un intervenant extérieur, d'un narrateur, peut être important pour la jeune fille.
En sortant, Hyacinthe indique à Alice que sa porte lui est ouverte si elle a besoin d'une quelconque aide. Il est touché par sa maturité, autant que par la violence avec laquelle elle retourne cette dernière contre elle-même.
RECUEIL : Explorer la culpabilité, la responsabilité dans les relations ? Peut-être la différence entre accompagner quelqu'un et avoir un rôle plus actif dans sa "guérison" ?
- Vous dites cela comme un verdict... pas comme une émotion.
En reprenant avec Alice le fil des événements, le roux l'aide à distinguer ce qu'elle sait réellement de ce qu'elle conclut. Il souligne qu'elle a suivi les conseils qu'il lui avait donnés - validant son action réalisée et sa réflexion vis-à-vis du bien-être de son amie-, mais explique néanmoins qu'être présente pour quelqu'un ne signifie pas pouvoir empêcher sa souffrance, ni décider de l'avenir d'une relation. Alice a fait des efforts, et leur éloignement ne peut être uniquement dirigé contre elle.
- Je suis persuadé que votre présence à compté. Néanmoins, même si cela peut parfois atténuer des souffrances, cela n'est pas toujours suffisant. Les relations sont complexes, et surtout, bilatérales. Cela veut dire que vous, tout comme Noémie, avez un certain contrôle sur la façon dont elle évolue.
Alice a accompagné Noémie, mais peut-être qu'elles n'avaient, au final, pas besoin de la même chose ? Une relation évolue, parfois en bien, parfois en mal, parce que les êtres humains et leurs besoins changent. Il n'existe pas toujours de coupable unique. Il tente de rassurer la jeune fille, remarquant en même temps qu'elle cherche à donner une explication logique à sa douleur, quitte à se désigner elle-même comme responsable. Hyacinthe l'encourage à questionner cette émotion plutôt qu'à la considérer comme une évidence. Parce qu'au final, y avait-il vraiment un coupable ? Le roux pensait sincèrement que non.
En fin de séance, il propose à Alice un exercice d'écriture ; il sait que cela lui plaira. Raconter cette histoire comme si elle concernait une autre élève - un personnage fictif. Son jugement serait-il le même ? Il est souvent plus facile d'être juste envers les autres qu'envers soi-même, et prendre le prisme d'un intervenant extérieur, d'un narrateur, peut être important pour la jeune fille.
En sortant, Hyacinthe indique à Alice que sa porte lui est ouverte si elle a besoin d'une quelconque aide. Il est touché par sa maturité, autant que par la violence avec laquelle elle retourne cette dernière contre elle-même.
RÉSUMÉ DE L'INTERVENTION
PR GAGNÉS : +3 (à demander dans le sujet réservé)Hyacinthe identifie rapidement que la problématique centrale n'est pas la rupture du lien avec Noémie mais la culpabilité qu'Alice en retire. Il l'aide à distinguer les faits de ses interprétations, différencie la qualité d'une relation de son issue et revient sur le sens réel de son ancien conseil. Sans chercher à faire disparaître sa culpabilité d'un coup, il l'encourage à l'observer avec davantage de recul. Il propose un exercice d'écriture afin de poursuivre ce travail lors de la prochaine séance.
RECUEIL : Explorer la culpabilité, la responsabilité dans les relations ? Peut-être la différence entre accompagner quelqu'un et avoir un rôle plus actif dans sa "guérison" ?
429 - @Alice Grant
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
