2 juil. 2026, 14:41
Une envolée de crevettes  M.R, A.B 
Dans la nuit du Lundi 19 au Mardi 20 Juin 2051,
Appartement de Cinaed Wallace.
Avec @Morgan Rosenwald et @Adélaïde Brennen.


La chose la plus intéressante avec le fait d'avoir un Patronus qui prenait la forme d'une petite crevette, c'était qu'il était relativement discret. En tout cas, bien plus que la majorité des Patronus que Cinaed avait pu voir dans sa vie, et donc, il était parfait pour un homme comme lui qui aimait vivre à la limite entre le moldu et le sorcier. Ainsi, il avait envoyé deux Patronus et ne s'était pas inquiété de savoir que les crevettes translucides risquaient de lui valoir un petit séjour en prison. Aucune inquiétude ne le traversait quand au secret magique, non, mais ce serait mentir de dire qu'il était calme pour autant. Il savait parfaitement que les deux femmes qu'il avait invité à venir le rejoindre au milieu de son salon risquaient de lui faire regretter sa vie bien plus puissamment que ne pourrait jamais le faire les barreaux d'une cellule.

Soit elles décideraient de transplaner ou de prendre une des cheminettes disponibles à Londres, soit elles transplaneraient directement dans son salon, quitte à lui faire faire un arrêt cardiaque. Cela dit, c'était généralement ce qu'elles préféraient car, habituées à venir chez lui, elles avaient vite compris que le transplanage était la manière la plus simple de rejoindre leur ami. Et vu le Patronus et le message tremblant qu'il portait, nul doute que les deux femmes auraient envie de le rejoindre au plus vite. L'ébéniste avait tout de même essayé d'envoyer un message neutre, qui ne les ferait pas paniquer mais force était d'avouer que c'était plus facile à dire qu'à faire. Il était même tellement persuadé qu'elles débarqueraient prêtes à faire la guerre que, malgré l'angoisse qu'il ressentait à l'idée de ne pas pouvoir avoir un visuel rapide sur les deux enfants, il avait soigneusement fermé les portes de leur chambre, puis la porte du couloir. Ainsi, les trois adultes pourraient parler sans les réveiller tant que ses meilleures amies se rappelaient de ne pas lui hurler dessus trop fort.

Par contre, et il avait honte de l'avouer, mais les deux plus jeunes avaient des veilleuses magiques dans leur chambre. Juste histoire que Cinaed puisse être prévenu s'ils devaient se réveiller au milieu de la nuit. Ce n'était pas de la surprotection, d'accord ? Et pas non plus une manière malsaine de les contrôler. C'était juste... au cas où. Une mesure de protection, pour qu'il puisse réagir rapidement s'il y avait un soucis, malgré le fait que les deux jeunes adolescents aient largement dépassé l'âge où les sortilèges de surveillance étaient nécessaires. Les deux artéfacts étaient reliés à une petite figurine en bois dans le salon qui, pour le moment, était aussi endormie que les deux enfants. Mais, s'ils devaient se réveiller, alors elle se mettrait à bouger pour prévenir son maître que ses deux charges avaient besoin de lui.

En attendant, Cinaed se contentait de fixer la figurine sans oser la quitter des yeux de peur qu'elle ne le prévienne dans le vide s'il osait ne pas se rendre compte qu'elle l'appelait pour qu'il aille voir Adeline ou Alexander. Alors, pendant, près d'une heure, il n'avait pas bougé de son canapé. Rien dit, rien chantonné, allumé aucun de ses bidules moldus pour se distraire. Non, il était juste... resté là. A réfléchir, et à angoisser à l'idée que les enfants se réveillent, ou que, pire encore, tout ceci ne soit qu'un rêve et que s'endormir lui-même signifierait se réveiller le lendemain dans une réalité totalement différente.

La journée avait été épuisante et éprouvante, pourtant, alors il aurait été logique que l'ébéniste ressente une quelconque fatigue mais à la place, il ne ressentait qu'une énergie nerveuse. Il n'y avait dans sa tête que la sensation qu'il avait loupé quelque chose. Un indique, une prémonition pour lui indiquer que tout tournerait mal et, surtout, quand est-ce que cela se passerait afin qu'il soit préparé. Mais il n'y avait rien eu : les trois étaient rentrés, accompagnés de Rhys. Et puis, Cinaed avait montré leur chambre à Adeline et Alexander, il y avait eu des larmes, des câlins et un peu de méfiance de la part du jeune garçon. Et puis à nouveau des larmes quand Rhys avait dû rentrer chez lui, bien qu'il soit resté pour manger et que, étonnamment, il n'ai rien trouvé à redire sur le plat de Cinaed. Il avait fallut rassurer à nouveau, réexpliquer encore une fois. Bien insister sur le fait que Rhys reviendrait, qu'ils ne seraient pas séparés. Qu'ils ne retourneraient pas chez leur mère à la fin de la semaine, et que tout ça était un arrangement fait pour durer et pas seulement une petite semaine de vacances.

Cinaed aurait dû être fatigué physiquement après tout ça, mais il ne ressentait qu'une fatigue émotionnelle ainsi qu'une grande lassitude de ne pas pouvoir fermer les yeux malgré l'envie de se rouler dans un coin et de ne plus les rouvrir pendant au moins six semaines.

Et puis, finalement, au bout d'une heure à fixer la petite statuette, un café froid dans les mains, il s'était décidé. Tout avait l'air de bien se passer, alors peut-être que ça durerait, finalement ? Et si ça durait, il fallait prévenir les gens qui devaient l'être. Surtout, il se sentait proche de la rupture et l'idée de continuer à cacher tout ça à tout le monde le rongeait. Au diable ses angoisses que tout s'évapore à partir du moment où il en parlerait : il avait besoin d'un câlin, et peut-être même de dix. De câlins et de quelqu'un qui ne lui parleraient pas de comment élever un enfant, pas maintenant alors qu'il se sentait si fragile alors Ewan avait été rayé de la liste des invités rapidement.

A la place, il avait envoyé un Patronus à Morgan et Adélaïde et était actuellement en train de leur faire du café et de leur faire cuire quelques cookies dont il avait congelé la pâte pour en avoir rapidement sous la main. Elles comprendraient tout de suite que quelque chose n'allait pas en arrivant : l'évier était rempli de 4 assiettes au lieu d'une seule et les enfants avaient laissé trainer quelques affaires dans le salon. Dans l'entrée, leurs manteaux étaient déjà pendus au porte-manteau et Adeline avait abandonné ses chaussures au milieu de chemin dans sa hâte de redécouvrir l'appartement qu'elle n'avait pas vu depuis que Cinaed avait tout décoré. L'ébéniste n'avait pas eu le cœur à ranger tout ça maintenant, surtout parce qu'il se fichait bien qu'Adeline et Alexander mettent le bazar : un appartement où vivaient maintenant deux enfants serait forcément en bordel, et ça lui allait. Ca montrait qu'il était à nouveau vivant après avoir été comme un cercueil pour Cinaed pendant de longs mois après le départ de Magnus.

Sur la table basse du salon, bien en évidence, attendaient les papiers de tutelles. Signés, bien agrafés et protégés par plus de sortilèges que Cinaed ne pouvait en compter. L'ébéniste comptait presque sur l'œil de lynx des deux femmes pour comprendre la situation juste avec cette pile de papier sans qu'il n'ai rien à dire du tout.

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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !

7 juil. 2026, 18:16
Une envolée de crevettes  M.R, A.B 
Il y a dans la pièce une lueur orange qui se meut comme un feu sur les murs tapissés. Elle danse comme un ange et valse comme un cygne. Ce ne sont que l'ombre de plumes que fabriquent de toutes pièces les dizaines de bougies dressées sur les vieux meubles des appartements d'Adélaïde. Dehors, la tendresse argentée de la Lune. C'est une mère silencieuse qui veille sur ses enfants déchus, au loin ; trop loin. Hécate est mère des étoiles : elle témoigne de leur naissance et, tranquillement, elle les laisse s'en aller, sans un bruit, sans un mot. Juste dans une galaxie sourde, où le fracassement aigu d'un cœur déchiré ne peut résonner.

Il y a dans la pièce une multitude d'objets qui parlent. Mieux, ils chuchotent. Ils susurrent à l'oreille de leur voisin ce qui se passe devant leurs yeux ébahis. Les rideaux frémissent devant les fenêtres, les tasses s'excitent du thé qu'on verse dans leur coupe, la vieille horloge grinçante laisse échapper un gémissement rouillé lorsqu'on l'ouvre. Ses aiguilles, pourtant, ne vacillent pas : elles s'exécutent. Tic. Tac. Elles rétablissent solennellement le rythme de vie. Plus rien ne gigote. Plus rien ne frétille. Tout est silencieux. Au 5, Rue des Étoiles, souvent, la vie s'arrête passée 21h. Elle se fige sereinement jusqu'à 7h. Ce qui se passe à l'extérieur n'existe plus. il n'a jamais existé. Il ne sera jamais. Ici, il n'y a qu'Adélaïde, et la dizaine de bricoles en argent éparpillées sur la table basse du salon.

Le tissu de la robe coule comme de l'or sur le parquet. Il se noie dans l'immobilité de sa pose. Comme une pierre sur le sol, comme une statue debout sur son socle, et son bras levé, haut, haut, si haut qu'on le croit vouloir frôler l'impalpable. Si l'on remonte le courant de l'eau cristalline, on atteint sa source : une peau frêle comme une plaine asséchée, pâle comme un cœur, claire comme un iceberg. Glaciale comme une tempête nordique. Remontons un peu plus, remontons doucement, passons fébrilement au-dessus des lèvres scellées, deux chevaliers aux portes d'une herse qui refusent de laisser s'échapper les murmures d'une chanson d'enfance, aux saveurs de steppes allemandes et de cerises. Oui, voilà, plus loin, plus loin que tout et de rien, plus rien dans ces yeux grisés par les nuages de l'hiver avalé. La tempête a disparu, elle s'est extirpée maladroitement de ces deux iris il y a quelque temps, elle reviendra bientôt, bientôt lorsqu'elle retournera vers la mer, vers la Mer.

C'est un ballet sans musique et sans chorégraphie. La trentenaire en cygne noir sur son fauteuil rouge. Elle fixe la table basse avec un désintérêt construit par la fatigue. La fatigue qui ne procure aucun sommeil, la fatigue qui se contente de se lasser d'une activité. La suite de la collection d'objets argentés devra reprendre plus tard. L'heure est à la contemplation du vide. Elle attend que quelque chose se produise, devant son regard statique ; il n'a pas décroché de l'épée Brennen depuis une demi-heure.

La flamme incandescente qui décore la salle de ses ombres métaphoriques s'efface. Le feu à l'extrémité des bougies s'éteint brusquement. Le Zéphyr a soufflé simultanément sur chacune d'entre elles. C'est une silhouette bleue qui remplace les couleurs du tableau. Une silhouette toute fine, toute petite. Aussi petite qu'un grain de sable, pourtant aussi lourde de sens que le Cheval de Troie.

Le Patronus de Cinaed flotte devant son nez. L'astronome retient un gloussement. La crevette de son ami ébéniste sera drôle pour l'éternité, pour une simple et bonne raison : elle le représente à merveille. Habituée des "situations urgentes" de l'Écossais, l'Allemande ne réagit pas de suite. L'inconvénient était que les appels à l'aide du brun pouvait aller de "au s'cours adé j'ai perdu ma chaussette, Cillian va se foutre de ma gueule, aide-moi, je t'en supplie" à "au s'cours adé je me fais courser par un loup-garou j'te promets que je sais pas comment j'en suis arrivé là, mais viens vite", ou bien "Adé j'me sens très mal vient vite". Elle se sentait particulièrement concernée par ce dernier cas. Le loup-garou : pas son souci. La chaussette : il faut apprendre à trouver ses affaires tout seul".

Alors, elle se hisse hors de son fauteuil comme une vieille reine s'extirpe de son trône dans lequel elle est restée enfoncée un peu trop longtemps. Elle titube jusqu'à l'autre bout de la pièce pour attraper sa canne, puis transplane.

Appartements de Cinaed Wallace


L'Allemande atterrit maladroitement dans un plop sonore. Les vertiges la prennent de plus en plus et accentuent ses pertes d'équilibre déjà fréquentes. Sa marche est un bateau qui tangue en pleine tempête. Le cœur en corsaire et le regard sévère. Elle s'avance doucement pour quitter l'entrée et rejoindre son ami, en fronçant les sourcils à la vue de la multitude de vestes accrochées au porte-manteaux.

« Cinaed ? »

Un sursaut glisse hors de sa bouche lorsqu'elle trébuche sur une paire de chaussures qu'il lui est inconnue. Pas qu'elle sonde toutes les paires appartenant à Cinaed, mais celles-ci lui semblent inévitablement trop petites pour sa carrure d'homme de quarante ans. Elle les écarte avec méfiance hors de son Saint-Passage du bout de sa canne, comme l'on dégage de sa route un vieux déchet qui traîne sur un trottoir.

Le salon est vide de vie. Ce constat s'entrechoque avec une ambiance très inhabituelle : la pièce n'a jamais été aussi vibrante. Chaque objet frémit comme si on venait de le reposer à sa place après l'avoir emmené avec soi faire un tour du monde palpitant. Il y a, sur le décor meublé de l'appartement du commerçant, une multitude de choses qui n'existaient pas avant et qui, de surcroît, apporte un parfum tout nouveau à ce qui s'apparentait avant à une maison, mais pas à un chez-soi. Deux grandes barres d'incompréhension découpent le front d'Adélaïde. Comme un fantôme qui vole et qui frôle le sol du bas de sa chemise d'épuisé, elle navigue vers la cuisine d'où elle perçoit des éclats de vie. Un bruit de quelqu'un qui s'affaire. Un bruit de corps animé par la vie.

Elle laisse derrière elle un dernier regard bref sur la pile de papiers administratifs et se précipite vers le sorcier d'un pas qui fracasse le sol de ses talons. Un marteau qui enfonce toutes ses émotions dans du bois d'if.

« Cinaed. »

La silhouette de la directrice de l'Astronarium s'appuie contre le comptoir de la cuisine. Elle ne laisse pas le temps à l'homme de se retourner pour lui répondre.

« T'as kidnappé des mômes ? » Elle lance d'un ton direct, sans vraiment savoir si elle le voulait sarcastique ou non.

Certainement.

Sa voix déchire l'atmosphère de la pièce.

Ce n'est qu'après avoir prononcé cette phrase que ses traits se détendent. Si c'est bien ce qu'elle pense —c'est-à-dire absolument pas un kidnapping, aucune instance juridique sorcière ne légalise ce genre de pratique—, elle ne saura pas comment réagir. Mais il y a quelque chose de suffisamment perturbé et silencieux dans la posture de son plus proche ami pour qu'il faille s'inquiéter.

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Directrice de l'Astronarium since Octobre 49 • Discord : ison0mi.a
PNJs • Demande de relations •
Impératrice-Sirène des Contrées Germaniques, Célestes et Maritimes • Idole d'Elam • Adézheimer - Mémoire fallacieuse - Vance