25 mai 2026, 19:42
Mots pour maux
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Alaska - 19 ans
Le 27 octobre 2050
@Aliosus Nerrah


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Je n'aime plus voyager par portoloin, ni en balai, ni par transplanage. Le vent qui claque contre les joues, la sensation brutale d'un crochet qui vous arrache l'estomac, la désorientation d'un espace compressé... Tout cela me fatigue, et me donne la gerbe aussi. Depuis que j'étudie au campus Magifac, je me déplace quasiment tout le temps par le réseau de cheminées, c'est un moyen de transport sûr et rapide. Une pincée de poudre de cheminette, et me voilà déjà sur le Chemin de Traverse !

Il y a plus d'un mois de cela, j'ai été embauché comme journaliste junior à la Gazette du Sorcier en complément de mes études de journalisme. Je voulais découvrir la réalité et le monde du travail, apprendre le métier comme on ne l'apprend pas sur les bancs de l'école. Mais tout ne se passe malheureusement pas comme prévu.

Olivier Burrell est un rédacteur-en-chef intransigeant. Quand il me regarde, si tant est qu'il daigne poser ses yeux sur moi, je me sens soudainement invisible et transparente, chose dont je n'ai pourtant pas l'habitude. Il me considère peu, mais sous sa froideur professionnelle, je devine son exigence : je sens qu'il attend quelque chose de moi. Mais quoi bon sang ? Je dois perpétuellement prouver ma valeur afin d'avoir l'espoir d'une considération et d'un meilleur traitement.

Je m'efforce pourtant d'être irréprochable. C'est une discipline de chaque instant que je m'impose pour parer le mépris : toujours en avance, alors que les encriers sont encore frais et que l'odeur du café commence à peine à saturer l'air. Le peu d'articles qu'on me confie sont aussi rendus avec plusieurs jours d'avance, et ils sont impeccables. Je passe mes nuits à les relire et à les corriger, traquant la moindre virgule.

Pourtant, j'ai l'impression que tous mes efforts ne suffisent pas, qu'ils s'échouent contre l'indifférence la plus totale. On me voit toujours comme une jeune étudiante en apprentissage. Il est vrai que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre, mais il est certain je n'apprendrai rien en restant coincé dans les archives...

Classer les dossiers par ordre chronologique, par thème, par rubrique. Pour ça, je suis une pro ! Ce sont mes principales missions, et encore une fois, on m'a affecté au tri et au rangement des archives dans les sous-sols. C'est donc ça le monde du travail ? Une descente quotidienne dans les boyaux de la Gazette, loin des rumeurs de la ville et des battements de coeur du monde.

En bas l'air est lourd et la poussière s'accumule. La lumière des lampes à huile vacille doucement, projetant sur les murs de pierre des ombres mouvantes qui semblent se moquer de ma solitude. Les piles de vieux journaux s'élèvent comme des falaises, prêtes à m'engloutir sous le poids des histoires des autres, des vies passées que d'autres que moi ont eu la chance de raconter.

A chaque dossier que je range et que je classe, j'ai l'impression d'enterrer un peu plus mes propres ambitions. Il est bien trop facile de se dire qu'il faut prendre son mal en patience, non je suis terriblement fatiguée. Une lassitude s'empare de moi, semblable à celle qui suit mes longues heures d'étude nocturne, mais teintée cette fois d'un goût amer d'injustice. Est-ce là ma véritable place ? J'aspirais pourtant à de plus grandes ambitions lorsque j'étais à Poudlard.

Finalement, je redresse mes épaules, puisant la force qu'il me reste de ne pas abandonner. Si ce cher monsieur Burrell veut tester mon endurance, il découvrira que je ne ploie pas le genou si facilement. Je saisis le dossier suivant, et poursuis ma tâche, le regard fixé dans le vide.

Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac

5 juin 2026, 23:56
Mots pour maux
Les archives de la Gazette rappelaient à Aliosus un mélange de la bibliothèque et des souterrains de Poudlard, ils auraient probablement pu lui évoquer autre chose, mais il semblait qu'à peine deux mois après avoir commencé une nouvelle vie loin du château, ce dernier s'acharnait à rester présent dans son quotidien. Pas une journée sans qu'une gargouille, un toit pentu, un vieux mur de pierre ou une armure entraperçue dans une vitrine d'antiquité ne lui rappelassent l'école de magie. Et ne lui fasse subir en même temps un vague à l'âme confus fais de nostalgie et de peine de cœur. Le quotidien était bien fade sans le rire de Yesenia à ses oreilles, et la joie incommensurable qu'il avait éprouvée à l'idée de vivre désormais avec celle que le destin semblait s'acharner à lui arracher s'était vue remplacée par un malaise grandissant aussi inexorablement que la distance qui semblait grandir entre Alice et lui.

Heureusement, ses préoccupations immédiates lui épargnaient de devoir trop se pencher sur cette angoissante et insaisissable question. Cela ne faisait que quelques semaines qu'il avait réussi à décrocher un emploi à la Gazette afin de pouvoir contribuer au loyer et aux dépenses quotidiennes de sa colocation. L'encre ne payait pas beaucoup mais c'était déjà ça, il profitait du maximum de temps que lui laissaient ses devoirs et ses révisions pour transplanner à droite et à gauche, recueillant des pistes possible pour des articles. Ses horaires de pigiste, essentiellement nocturne, permettait qu'il ne manquât pas à sa cousine, mais orientait rapidement ses articles vers des faits divers et autres soupçons d'activités opaques des milieux interlopes. C'était pour le jeune homme comme un cours pratique supplémentaire, du moins, ce le serait sûrement dès qu'il aurait réussi à nouer quelques liens de ci de là, un jour peut être...

Pour le moment, le voilà qui parcourait les caisses poussiéreuses à la recherche de vieux dossiers couvrant des affaires criminelles, en vain. Peut être que le système de classification différait il d'une bibliothèque classique pensait il alors qu'il se dirigeait vers une silhouette à l'air renfrognée qu'il risquât néanmoins de déranger.

«Je vous prie de bien vouloir m'excuser madame, je cherche la section des affaires criminelles.»

RP garantis 0% IA et 100% humain

7 juin 2026, 23:50
Mots pour maux
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Les dossiers continuent de s'entasser sous mes yeux fatigués, une marée de parchemins m'inonde de tous les côtés. A croire que quelqu'un s'amuse à jeter le sortilège Gemino sur ces piles pour le simple plaisir de me voir ployer sous leur poids. Elles ne cessent de se multiplier !

Mon regard glisse sur l'intitulé des cartons, j'espère pouvoir finir la section Culture avant la fin de la matinée. Par la même occasion, j'espère aussi pouvoir grappiller quelques minutes pour remonter là-haut, dans la lumière des bureaux pour assister au brief avant la prochaine publication. Elle a souvent lieu après 11h, c'est le moment où les journalistes échangent leurs plaquettes et décide de l'ordre dans lequel les articles s'aligneront dans la future édition.

L'air respirable des bureaux me semblent pourtant bien loin, car ici l'air n'est que poussière, et ma tenue en paie le prix. Le tissu sombre de mon tailleur, d'ordinaire si impeccable, s'est terni de résidus dont il va falloir que je me débarrasse avant de remonter. Pourtant je touche à peine les archives. D'une main, je soutiens quelques livres fragiles, de l'autre, ma baguette levée orchestre mes moindres faits et gestes. Mais le moindre mouvement d'air, le plus petit déplacement de papier suffit à soulever un amas de poussière qui s'élève et qui vient se déposer sur mes épaules.

Mon regard s'égare finalement des parchemins jusqu'à l'unique fenêtre des archives qui donne sur un bout de pavé extérieur. Je me surprends à rêvasser, les yeux fixés sur cette fente de liberté, remarquant à peine l'approche d'un collègue. Du moins, je suppose.

La section des affaires criminelles. Ça en jette, c'est peut-être quelqu'un d'important. Un rédacteur, un vrai, qui sera sûrement capable d'écouter mes idées et de poser enfin un regard attentif sur mes articles. Mais d'abord, je renseigne l'homme caché dans l'ombre.

« Affaires criminelles.... Lettre C.

Je pointe le bout de ma baguette vers un couloir particulièrement sombre.

Sur votre gauche, entre B et D. Et si vous ne trouvez pas, poussez jusqu'à la lettre E.

Il y a eu pas mal de loupés dans le classement précédent, je m'occupe de réformer toute cette partie demain. Il faut d'abord que je termine la partie Culture et...


Ma phrase s'étrangle net dans ma gorge, il s'en fiche non ? De ce que je fais, de mes méthodes, par quoi je commence et par quoi je termine.

Je ravale ma déception et j'ajoute d'un ton plus bas :

Attention aux cartons sur le sol. Les fixations ont lâché, ne trébuchez pas. »

Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac

25 juin 2026, 22:41
Mots pour maux
Lettre C, située entre la lettre B et la lettre D. Oui, cela allait sans dire... Cette logique ne souffrait aucune faille bien entendu, et si cette femme n'avait pas l'air absolument absorbée dans son travail, Aliosus aurait été convaincu d'une moquerie, une pique acerbe d'une aigrie d'être coincée dans ce gourbis sombre et encombré. Mais il n'en était rien, il l'entendait bien au son tout à fait pragmatique de la voix assurée, bien qu'un peu étouffée peut être par l'ambiance poussiéreuse de l'endroit qui atténuait aussi bien la lumière que les sons.

«Jusqu'à la E dîtes vous, bien...» répondit-il alors qu'il commençait à se résoudre à passer plus de temps que prévu dans le labyrinthe de cartons. Peut être bien qu'il finirait par trouver des affaires intéressantes : pas trop anciennes, concernant des lieux qu'il connaissait, il y trouverait peut être des noms à prendre en note, des policiers, des juges, des avocats... Bien sur il pourrait faire des demandes à son père, mais ce n'était pas la démarche qu'il voulait entreprendre. Si un jour il devait arpenter des rues en tant qu'investigateur, il n'irait pas réclamer des informations à son papa à tout va.

Mais quelque chose retint son attention et le fit faire quelques pas en arrière pour revenir vers l'archiviste sans âge qui commençait à l'intriguer.
«Culture vient après Criminelle dans l'ordre alphabétique, dans quel ordre procédez vous au classement ?» sa voix ne laissait pas de doute quant au caractère sincèrement curieux de la question, il ne s'agissait pas d'un reproche.
Dernière modification par Aliosus Nerrah le 7 juil. 2026, 23:18, modifié 1 fois.

RP garantis 0% IA et 100% humain

27 juin 2026, 17:42
Mots pour maux
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Les journalistes qui descendent jusqu'ici ne restent jamais bien longtemps. Ils entrent et ils sortent comme dans un moulin. Ils ne remarquent ni mon rangement, ni la poussière qui s'accroche à mes manches, ni même ma présence.

J'en suis venue à me demander si je ne fais pas partie du mobilier, une étagère parmi les étagères, tout aussi muette et utile.

Celui-ci pourtant s'arrête, revient sur ses pas, intrigué par mes méthodes de rangement. Il dit vrai. Le classement actuel peut sembler étrange, j'aurais pu le lui expliquer avant qu'il ne le demande, mais je ne savais pas que cela puisse intéresser quelqu'un. Comment l'aurais-je su ?

« En fait, c'est un peu mal fait, mais c'est trié par rubrique. Là où vous êtes, c'est justice et faits divers. A droite, monde moldu, et dans le fond, politique.

Il n'y a pas d'ordre précis. Enfin, je crois...

Là où je suis moi, c'est la rubrique culture. Et je tris par ordre alphabétique tout ce qui concerne la culture... Le patrimoine, les musées, la musique, la société... Tout ça !


Je m'approche de lui sans m'en rendre compte, portée par l'élan de mon explication et pour lui montrer les emplacements des étagères concernées. Je le détaille à peine, observant d'abord ses chaussures. Puis lentement, je remonte jusqu'à ses yeux.

Enfin vous...

Et c'est là que le sol semble se dérober, précisément lorsque je regarde ses yeux.

C'est lui.
Aliosus.

Ce garçon trop sûr de lui et trop choyé par la vie. Et surtout, le petit ami de Yesenia. Ma Yesenia, qui avait toujours eu un faible pour les garçons qui se croient un peu trop indispensables.

Mes doigts s'agitent malgré moi sur le tissu de mon tailleur, balayant à la hâte les résidus de poussière accumulés sur mes épaules et mes manches. C'est un geste vain, comme si quelques grains de poussière en moins pouvaient suffire à effacer des heures passées à ramper entre les cartons. Mais face à lui, je ne veux pas me résoudre à paraître aussi négligée que je le suis vraiment.

J'aurais dû rester de marbre. J'aurais dû conserver une voix neutre. Mais j'aurais surtout dû ne pas lui laisser deviner à quel point sa simple présence ici, à la Gazette, vient de faire vaciller quelque chose en moi.

Heuuu... Enfin tu vois...

Mais rien de tout cela n'arrive. A la place, j'ai du mal à aligner trois mots, comme si j'avais vu un fantôme.

Ce fantôme-là ne me ramène pas seulement au passé. Il ramène avec lui tout ce que je n'ai jamais eu... Car je suis sûre que lui, n'a jamais eu à compter ses heures de sommeil pour prouver sa valeur, ni à s'enterrer dans une cave à trier des cartons en espérant qu'on remarque enfin son travail.

Enfin voilà c'est mal foutu. »

Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac

7 juil. 2026, 23:38
Mots pour maux
Aliosus écoutait attentivement la description des différentes rubriques qui composaient les archives. Ainsi donc c'était par là que la politique était rangée également se nota il intérieurement alors qu'il suivait des yeux les différentes indications. L'archiviste s'arrête pourtant en pleine explication lorsqu'elle établi le contact visuel avec lui, le premier depuis le début de leur conversation.

Son ton change radicalement, de même que son attitude, tout se passe en quelques secondes, le temps pour elle de se dépoussiérer un peu, faisant comprendre qu'elle était sans doute plus jeune que la première estimation d'Aliosus à cause du filtre gris de la poussière des cartons. Le tutoiement le fit tiquer, non pas parce qu'il ne goutait guère a ce genre de familiarité avec une inconnue, mais justement parce que si cette inconnue commençait à s'adresser ainsi à lui cela voulait dire qu'elle l'avait reconnu et, plus important encore, qu'elle le connaissait.

Si lui voulait pouvoir se targuer d'être un investigateur digne de ce nom, il allait falloir très vite recoller les morceaux du puzzle afin de mettre un nom sur ce visage, sur ces traits dont la faible lumière donne un caractère saillant, sur ces yeux...

Cross.
Cross comme dans le trio Cooper, Sparks, Cross, les trois Serpentard de la même chambrée.
Cross comme l'ancienne batteuse de Quidditch.
Alaska Cross, l'amie plus âgée de Yesenia.

Yesenia justement l'avait tenu au courant l'année passée de son parcours, Magicfac Littérature, spécialité... Journalisme. Comment avait il pu oublier ça ?

L'ultime réflexion de l'ancienne camarade de Maison lui arracha un sourire surpris.
«Oui c'est le moins qu'on puisse dire. Alaska... venait il d'oser l'appeler par son prénom comme ça ? Son patronyme lui venait en général plus naturellement, peut être parce que lorsqu'il était élève à Poudlard, les années supérieures avaient toujours à ses yeux une certaine aura, je suis absolument navré, je ne t'avais pas reconnu. Depuis combien de temps travailles tu ici ?»

RP garantis 0% IA et 100% humain