IRL ou pas IRL ?
Un matin de juillet 2051, ici ou ailleurs.
J’ai fait un rêve.
Enfin, ce n’était pas tout à fait un rêve, c’était plus bizarre que ça. C’était plutôt comme une image de ce que pourrait être ma vie un jour, ou du moins ce que j’aimerais qu’elle devienne. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait mon rêve, mais celui du petit garçon que j’étais, qui levait les yeux vers le ciel en se demandant à quoi il ressemblerait plus tard. Je croyais qu’un homme devenait grand parce qu’il savait tout. Mais aujourd’hui, je sais que ce n’est pas vrai. Je sais qu’on devient un homme quand on continue sa route malgré les doutes.
Dans ce rêve, je me voyais plus âgé. Je n’étais pas si différent de ce que je suis, juste plus apaisé, et le regard un peu plus direct. Je marchais sur les terres de notre domaine. Je connaissais chaque chemin et chaque arbre, le contour de chaque pierre. J’avais l’impression que tout cet endroit me faisait confiance, et que j’étais plus que jamais à ma place. Alors je faisais de mon mieux pour en être digne. Je m’occupais des champs, des animaux, des gens qui travaillaient avec nous. Ce n’étais pas par devoir, j’en avais vraiment envie. J’aimais l’idée de rentrer chez moi le soir avec le sentiment d’avoir écouté avant de parler, d’aider avant de juger, qui tend la main sans attendre en retour. Je ne rêvais pas de devenir le plus puissant, juste de devenir quelqu’un de bien.
Je me suis vu aussi père, pas parfait parce que je ne crois pas que ça existe, et tant mieux. J’étais juste un père présent, qui trouve toujours du temps même quand les journées sont longues. J’étais de ceux qui écoutent vraiment quand un enfant a quelque chose à raconter, même si ça paraît sans importance aux yeux des autres. J’étais un père qui rassure et qui encourage. Je leur apprenais à se relever après un échec, et de ne jamais avoir peur de tomber. Parce que si on tombe, ça signifie qu’on sait aussi tenir debout.
Je m’efforçais de transmettre ce que mes parents m’avaient appris, en premier lieu le respect des autres, et l’idée que personne ne vaut mieix qu’un autre à cause de son nom, de son sang ou de sa magie. Je leur parlais de force, la vraie qui ne se mesure pas à la façon dont on traite les gens de haut. J’aimerais que mes enfants grandissent en comprenant qu’on peut être ferme sans être cruel, courageux sans être violent, et fier de ce que l’on est.
Je sais que la vie ne ressemble jamais aux belles histoires qu’on imagine. Elle nous enlève parfois des personnes qu’on aime. Elle nous oblige à des choix impossibles, et nous fait tomber alors qu’on pensait avoir enfin trouvé la bonne direction sur notre boussole. Il y aura sûrement des jours où je me demanderai si je suis à la hauteur, et d’autres ou je serai perdu. Je ferai des erreurs, beaucoup d’erreurs. Mais je ne veux pas que ces instants décident de l’homme que je serai.
Je veux continuer à croire que la gentillesse n’est pas une faiblesse. Le courage, ce n’est pas de n’avoir jamais peur, c’est d’avoir la trouille mais d’y aller quand même. Et surtout, surtout, je veux continuer à m’émerveiller devant un lever de soleil sur les collines, à sourire quand les premières fleurs pointent leur nez après l’hiver, à chérir toutes ces petites choses que beaucoup finissent par ne plus voir.
Et puis, il y avait quelqu’un. Si je ne distinguais pas vraiment son visage, je savais que c’était elle, parce que sa présence rendait tout plus simple. Je n’avais pas besoin de lui parler pour me sentir compris. J’espérais juste que si l’on continuait à arpenter le chemin ensemble, ce serait parce qu’on choisirait jour après jour de marcher côte à côte. Je ne demandais rien de plus qu’un amour sincère, et qui donne envie de devenir meilleur.
Quand je me suis réveillé, j’ai compris que ce rêve ne parlait pas vraiment de l’avenir, mais de la personne que j’essaie déjà de devenir aujourd’hui. Je ne sais pas ce que le destin me réserve, ni quelles épreuves m’attendent, ou combien de fois je tomberai avant d’arriver au bout du chemin. Sûrement je gagnerai, et je perdrai en route. Mais si un jour les gens que j’aurai connu disent que j’ai été une personne honnête, un sorcier droit qui a fait de son mieux pour protéger les siens, de sa terre, et transmis de belles valeurs à ses enfants, peut être que j’aurai laissé derrière moi un peu de lumière.
Je crois que le petit garçon qui rêvait aura été fier d’être cet homme.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
J’ai fait un rêve.
Enfin, ce n’était pas tout à fait un rêve, c’était plus bizarre que ça. C’était plutôt comme une image de ce que pourrait être ma vie un jour, ou du moins ce que j’aimerais qu’elle devienne. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait mon rêve, mais celui du petit garçon que j’étais, qui levait les yeux vers le ciel en se demandant à quoi il ressemblerait plus tard. Je croyais qu’un homme devenait grand parce qu’il savait tout. Mais aujourd’hui, je sais que ce n’est pas vrai. Je sais qu’on devient un homme quand on continue sa route malgré les doutes.
Dans ce rêve, je me voyais plus âgé. Je n’étais pas si différent de ce que je suis, juste plus apaisé, et le regard un peu plus direct. Je marchais sur les terres de notre domaine. Je connaissais chaque chemin et chaque arbre, le contour de chaque pierre. J’avais l’impression que tout cet endroit me faisait confiance, et que j’étais plus que jamais à ma place. Alors je faisais de mon mieux pour en être digne. Je m’occupais des champs, des animaux, des gens qui travaillaient avec nous. Ce n’étais pas par devoir, j’en avais vraiment envie. J’aimais l’idée de rentrer chez moi le soir avec le sentiment d’avoir écouté avant de parler, d’aider avant de juger, qui tend la main sans attendre en retour. Je ne rêvais pas de devenir le plus puissant, juste de devenir quelqu’un de bien.
Je me suis vu aussi père, pas parfait parce que je ne crois pas que ça existe, et tant mieux. J’étais juste un père présent, qui trouve toujours du temps même quand les journées sont longues. J’étais de ceux qui écoutent vraiment quand un enfant a quelque chose à raconter, même si ça paraît sans importance aux yeux des autres. J’étais un père qui rassure et qui encourage. Je leur apprenais à se relever après un échec, et de ne jamais avoir peur de tomber. Parce que si on tombe, ça signifie qu’on sait aussi tenir debout.
Je m’efforçais de transmettre ce que mes parents m’avaient appris, en premier lieu le respect des autres, et l’idée que personne ne vaut mieix qu’un autre à cause de son nom, de son sang ou de sa magie. Je leur parlais de force, la vraie qui ne se mesure pas à la façon dont on traite les gens de haut. J’aimerais que mes enfants grandissent en comprenant qu’on peut être ferme sans être cruel, courageux sans être violent, et fier de ce que l’on est.
Je sais que la vie ne ressemble jamais aux belles histoires qu’on imagine. Elle nous enlève parfois des personnes qu’on aime. Elle nous oblige à des choix impossibles, et nous fait tomber alors qu’on pensait avoir enfin trouvé la bonne direction sur notre boussole. Il y aura sûrement des jours où je me demanderai si je suis à la hauteur, et d’autres ou je serai perdu. Je ferai des erreurs, beaucoup d’erreurs. Mais je ne veux pas que ces instants décident de l’homme que je serai.
Je veux continuer à croire que la gentillesse n’est pas une faiblesse. Le courage, ce n’est pas de n’avoir jamais peur, c’est d’avoir la trouille mais d’y aller quand même. Et surtout, surtout, je veux continuer à m’émerveiller devant un lever de soleil sur les collines, à sourire quand les premières fleurs pointent leur nez après l’hiver, à chérir toutes ces petites choses que beaucoup finissent par ne plus voir.
Et puis, il y avait quelqu’un. Si je ne distinguais pas vraiment son visage, je savais que c’était elle, parce que sa présence rendait tout plus simple. Je n’avais pas besoin de lui parler pour me sentir compris. J’espérais juste que si l’on continuait à arpenter le chemin ensemble, ce serait parce qu’on choisirait jour après jour de marcher côte à côte. Je ne demandais rien de plus qu’un amour sincère, et qui donne envie de devenir meilleur.
Quand je me suis réveillé, j’ai compris que ce rêve ne parlait pas vraiment de l’avenir, mais de la personne que j’essaie déjà de devenir aujourd’hui. Je ne sais pas ce que le destin me réserve, ni quelles épreuves m’attendent, ou combien de fois je tomberai avant d’arriver au bout du chemin. Sûrement je gagnerai, et je perdrai en route. Mais si un jour les gens que j’aurai connu disent que j’ai été une personne honnête, un sorcier droit qui a fait de son mieux pour protéger les siens, de sa terre, et transmis de belles valeurs à ses enfants, peut être que j’aurai laissé derrière moi un peu de lumière.
Je crois que le petit garçon qui rêvait aura été fier d’être cet homme.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR