Charité bien ordonnée RP groupé PNJ

Ce fut Angel Fleurdelys qui vint les saluer, comme il se devait, après tout. Quoi de plus normal que ce fut le représentant d'une formidable lignée - certes, bien mal en point après cette mésunion fâcheuse - se déplaçât pour les Nerrah.

«Monsieur Fleurdelys.» répondit simplement Magnus, ayant l'habitude de ne pas avoir le temps de dire grand chose de plus avant que Willow ne...
«C'est parce qu'elle est rare que j'aime à la dispenser, et la soirée n'a pas encore commencée...» sa voix s'était faite presque un murmure complice avant qu'Aliosus, dans un ballet bien rythmé, ne réponde à son tour avant que trop de phrases ne sorte du glorieux gosier de l'irlandaise.
«C'est une joie partagé monsieur.»
«J'ai grand hâte d'entendre les projets pédagogiques innovant de madame Fleurdelys.» conclu Magnus.

Aliosus ne resta pas bien longtemps dans le champs de vision de ses parents, il louvoya entre les serveurs, les dames élégantes et les messieurs prestigieux en essayant d'en reconnaître le plus possible, un secrétaire d'état par ci, une diplomate par là... Il révisait certain noms, faisait trainer une oreille près des conversations imprudentes, et saluait toujours avec un impeccable respect de l'étiquette.

Lorsque Flora commença à prendre la parole, il fit comme chacun, il tourna son regard vers la chevelure flamboyante - mère allait la haïr c'était certain - et se fit attentif à ses paroles.

De leur côté, le couple Nerrah, lui aussi, ne manquait pas une seconde du discours.

«Ça ne m'étonnes pas qu'ils aient des rats dans leurs greniers ceux-là...»
«Très chère, s'il vous plait.»
«Tant qu'elle continue de parler des sang de bourbe comme des rats, ça me va...»
Magnus ne répondit rien, mais son sourire amusé en disait long. Le discours se poursuivait.
«Pourquoi parle t elle du Ministère ? Quelqu'un lui a dit ce qu'il s'est passé depuis cinq ans ?»
«C'est une expression...»
«Ah voilà pour quoi elle veut de l'argent.»
«C'est un gala de charité, ne faite pas l'étonnée.»
«C'était indiqué "projet pédagogique" et elle nous sort un orphelinat.»
«Certes...»
«Magnus, que faisons nous là si elle demande au Conseil de financer ses petits rats orphelins ?»
«Elle... cherche probablement à recueillir une mise de départ afin d'asseoir son projet pour mieux le défendre auprès du Conseil.»
«Ah ! Elle a bien cerné tes vieux vautours de collègues qui seront bien plus à même d'écouter une sang de bourbe parler de son projet si les gogos dans notre genre l'ont déjà financé, c'est sur...Elle est fûtée pour une sang de bourbe, française par dessus le marché.»
«Écoutons jusqu'au bout voulez-vous.»
«Magnus ! On peut signer pour adopter un petit rat orphelin ! J'en veux un !»
«Das reicht. Bleib standhaft.»
Willow ronronna de plaisir en entendant son mari parler sa langue maternelle. Flora venait de finir son discours.
«Elle ose vraiment dire qu'elle ne réclame pas la pitié alors qu'elle a voulu nous faire pleurer sur son petit Ezra ? Hihi. Ezz...rat...»

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« Un né-moldu ? » Carry se tourna légèrement vers sa mère, sans toutefois lui accorder un regard, un sourire en coin trahissant sa surprise à l'évocation de ce petit Ezra. Autour d'elles, les convives écoutaient avec cette immobilité polie propre aux assemblées mondaines, verre à la main, visage composé, et Carry sentit tout le ridicule de la scène lui monter à la gorge. « Vous ne m'aviez pas dit que nous venions ici pour un gala de charité. On dirait de plus en plus une vente aux enchères. »

Dayla lui donna un léger coup de hanche discret voir presque affectueux, suffisant pour arracher à sa fille un petit rire étouffé qu'elle masqua aussitôt derrière sa coupe de champagne. La comparaison, à en juger par le pli amusé qui étira un instant les lèvres de la matriarche, ne lui semblait pas dénuée de vérité.

Les deux Sang-Pur laissèrent Flora Fleurdelys poursuivre son discours, leurs silhouettes presque identiques dans leur maintien et pourtant si différentes dans ce qu'elles laissaient transparaître. Le monologue de leur hôtesse, porté par cette même émotion calculée qu'affectionnent les grandes causes, finit par se muer, aux oreilles de Carry, en une berceuse aussi ennuyeuse qu'insistante. Elle feignit à plusieurs reprises de s'endormir contre l'épaule de sa mère, la tête inclinée avec un abandon théâtral, avant que Dayla ne la rappelle à l'ordre d'un coup de tempe sec, accompagné d'un regard qui n'avait rien de maternel dans l'instant.

« Souhaitez-vous peut-être que je prévienne votre tutrice, Miss Nerrah, de votre comportement ? »

Carry se redressa aussitôt, la colonne vertébrale droite comme un piquet, un sourire parfaitement calibré reprenant sa place sur son visage au seul nom de sa tutrice.

« Ce sera inutile, vous le voyez bien, » répondit-elle d'une voix douce, avant de reporter son attention vers l'estrade où Miss Fleurdelys, éclairée par les mille bougies flottantes, continuait de plaider sa cause devant un parterre de sourires figés.

« Ah, une Sang-de-Bourbe. Voilà qui explique tout, » laissa-t-elle échapper entre ses lèvres, à peine plus haut qu'un souffle, son regard glissant sur la chevelure rousse de leur hôtesse avec cette froideur d'inventaire qui lui était propre. « Je me demandais bien ce qui justifiait un tel étalage de bonnes œuvres, mais je comprends mieux, à présent. »

Dayla soupira, un souffle bref par le nez, une nouvelle fois lasse du commentaire de sa cadette, sans pour autant se départir de ce sourire de façade qu'elle maintenait depuis leur arrivée, aussi immuable qu'une broche épinglée à sa robe.

« Et qu'avez-vous donc compris ? » demanda-t-elle, tournant à peine la tête, déjà résignée à entendre les sottises de sa fille.

« Eh bien, c'est un plan pour tenter d'intégrer les Sang-de-Bourbe dans notre société, jusque dans ses plus hautes sphères. »

« Vraiment ? Le pensez-vous sincèrement ? »

« Voyez-vous une autre raison ? »

« Carry, vous ne voyez jamais que le bout de votre nez. Essayez, pour une fois, de voir plus loin, sans pour autant chercher à l'horizon. »

Carry observa longuement Flora Fleurdelys, puis soupira avant de reporter son regard sur sa mère, une moue boudeuse déformant à peine ses traits par ailleurs si maîtrisés.

« J'admets ne pas voir. »

Dayla sourit doucement, un sourire différent cette fois, plus lent, tandis qu'une idée germait derrière son regard clair. Elle laissa le silence s'installer un instant, savourant visiblement l'avance qu'elle prenait sur sa fille.

« L'amour... ma chere fille... L'amour...Vous comprendrez sans doute plus tard… Suivez-moi. »

Elle tourna les talons sans attendre de réponse, ses talons résonnant à peine sur le sol, et Carry n'eut d'autre choix que de lui emboîter le pas, sa coupe de champagne délaissée sur la table. Elles traversèrent la foule des invités, contournant les groupes de conversation et les silhouettes en habits d'apparat, jusqu'à atteindre le fond de la salle où trois petites tables accueillaient les cartes d'engagement, disposées avec un soin presque cérémoniel.

Dayla saisit les cartes une et trois sans la moindre hésitation, sa plume glissant sur le papier avec l'assurance de quelqu'un habitué à signer des documents autrement plus importants. Le geste accompli, elle désigna la carte numéro deux d'un simple mouvement du menton, un mouvement si bref qu'il aurait échappé à quiconque n'aurait pas, comme Carry, appris à décoder chacune des expressions de sa mère depuis l'enfance.

« Prenez la carte numéro deux, voulez-vous. »

Carry fronça les sourcils, la carte reposant sur la nappe blanche comme une convocation qu'elle n'avait pas sollicitée.

« Euh… vous avez l'intention d'adopter un né-moldu ? »

Dayla fit tourner la carte entre ses doigts, ses bagues cliquetant légèrement, parcourut le contenu d'un œil rapide et presque amusé, puis la tendit à sa fille du bout des doigts, comme on tend un objet dont on souhaite se débarrasser au plus vite.

« Moi ? Non. Vous, en revanche. »

Carry mit quelques secondes à comprendre, son regard passant de la carte au visage impassible de sa mère, avant que la panique ne s'empare d'elle tout entière, faisant vaciller pour la première fois de la soirée ce masque qu'elle avait pourtant travaillé sans relâche.

« Moi ?! M-mais vous avez perdu la tete ?! C'est impossible, enfin, vous savez bien que j'ai cours, je ne pourrai pas m'en occuper pendant mes absences, et puis… nous savons bien qu'il est impossible d'éduquer un Sang-de-Bourbe. C'est parfaitement ridicule, autant acheter une ferme et elever des poules et des cochons... »

Dayla s'approcha de sa fille d'un pas, suffisamment près pour que seule Carry puisse entendre la suite, son ton ne trahissant pas la moindre trace d'agacement.

« Voici mon examen, Carry, Je souhaite voir si vous etes capable d'avoir des responsabilites... si vous parvenez à garder en vie votre petit animal de compagnie durant tout le trimestre, vous aurez le droit de me demander ce que vous voudrez. »

«Une seconde... vous venez de dire tout ?! » Les yeux de Carry s'écarquillèrent, son masque totalement oublié l'espace d'un instant.

« Tout, absolument tout, dans la mesure du possible et du raisonnable. Échouez, en revanche, et je me chargerai personnellement d'en informer Miss Nerrah. Refusez d'y participer, et vous devrez vous trouver un emploi pour votre premier semestre d'université. »

Carry hésita longuement, la mâchoire serrée, son regard fixé sur la petite carte comme si elle pouvait, à force de fixité, en faire disparaître le contenu. Elle détestait ce genre de chantage feutré, cette façon qu'avait sa mère de présenter un piège comme une opportunité. Elle saisit néanmoins la plume qu'on lui tendait et signa, chaque lettre tracée avec une lenteur presque rageuse.

« Vous ne savez pas à quel point je vous hais... » grommela-t-elle entre ses dents, s'imaginant déjà avec un petit monstre braillard serré contre elle.


Sorcière adulte - 19 ans IRP
Étudiant a la GEAD (2049-2050)
EX-Chasseuse de né-moldus
La Rédemptrice
Fiche Eleve