hier, 20:51
 Recueil d'OS   PNJ  Les orphelins de l'abondance
Ce recueil d'OS a pour but de relater quelques évènements de la vie de Maddison de son enfance à son déménagement à Leeds, en 2039. Ces moments peuvent être importants pour elle comme des souvenirs oubliés : ces écrits sont surtout là pour comprendre encore plus mon personnage et m'amuser à rédiger sa vie depuis son enfance, que ce soit lorsqu'elle était à Poudlard, à l'IMSM, à Inverness ou même ailleurs.

Si vous voulez en savoir plus sur cette petite Maddy, vous vous trouvez au bon endroit :wise:

Sommaire
Avant Poudlard

Maison familliale
Vers un avenir plus lumineux - Eté 2039

Poudlard

Canada

IMSM

Laboratoire de Leeds
Dernière modification par Maddison Nash le 16 juil. 2026, 21:17, modifié 2 fois.

#743403
Une envie de parler ?

hier, 20:53
 Recueil d'OS   PNJ  Les orphelins de l'abondance
Eté 2039
Inverness, Ecosse
22 ans
PNJ présents : Emma Nash & Tyler Nash

- Mais, tu ne veux pas de l'aide pour...

- NON mam... Non. J'ai appris à me débrouiller toute seule.

Et voilà où j'en suis, voilà pourquoi je ne resterai pas un instant de plus dans cette maison. Je suis arrivée à un point de non retour, où je suis incapable m'adresser à elle et de faire comme si c'était ma mère. Cette mascarade a bien trop duré, de même quant au déni qui semble une maladie au sein de cette famille.

- Et ça veut dire quoi, ça ?

Tu sais très bien ce que ça veut dire, dans la mesure où, en général, un parent est fier de son enfant quand il voit qu'il est devenu autonome et prêt à être indépendant. Sauf que toi, tu connais le revers de cette compétence que nous avons dû acquérir à nos dépends : votre absence. Alicia qui a dû endosser le rôle de mère. Moi qui ai dû en faire de même pour Owen.

Je préfère encaisser le coup et faire comme si je n'avais rien entendu. Je n'ai plus envie qu'elle me sorte de mes gonds, plus envie de me battre, pas quand je suis aussi près du but. Pas quand je prends enfin mon indépendance. Pour toujours.

Je rassemble les dernières affaires dont j’avais encore besoin avant de partir dans une sacoche sans fond. J’ai l’air concentrée, et on pourrait penser que c’est par peur d’oublier ne serait-ce qu’un objet mais, en réalité, je fais surtout de mon mieux pour ignorer ce regard insistant posé sur moi.


- Tu sais que même le silence est une réponse, pour moi, Maddy.

Non mais, elle a pas osé ? Et pourtant, si si, c'est bien le cas. De surprise, la brosse à cheveux qui se trouve dans ma main ne tarde pas à tomber au sol. J’aurais dû m’attendre à cette réponse, et pourtant, j’arrive encore à être étonnée par le culot dont elle fait constamment preuve.

- Oh bah, comment pourrais-je le savoir ? je commence par dire, sur le ton le plus sarcastique que je n’ai jamais osé employer avec elle. Ah oui, peut-être parce que c'est les seuls mots que tu as à la bouche ? Travail, avocat, plaidoirie, arguments, client. Je continue la liste où t'arrives à te faire le tableau ?

- Tu dramatises, Maddy, tout ce que je voulais, c’était te proposer mon ai-

Je QUOI ? je ne peux m'empêcher de crier.

Au diable, les promesses que je me suis faites. Elle me cherche, elle me trouvera. Je me tourne pour lui faire face, telle une duelliste qui invite son adversaire à ne serait-ce que tenter de lancer les hostilités avant que le combat ne commence réellement.

Ma réaction la surprend, je m’en rends bien compte. Je la connais, maintenant. Elle ne va pas tarder à relever la tête, à esquisser son sourire le plus suffisant, avant de reprendre là où elle en était. Comme une professionnelle de l’éloquence, finalement. Quelle belle déformation professionnelle. Elle en vient même à user ses techniques sur sa propre fille.


- Je veux juste t’aider, finit-elle par dire d'un ton aussi calme que troublant.

- Et j’ai déjà dit que j’avais pas besoin de ton aide, j’ai pas été assez claire ? je reprends, toujours sur un ton qui traduit assez bien mon agacement ainsi que mon impatience.

- Disons plutôt que tu peux dire une chose et ne pas vraiment savoir ce que tu veux… tu as encore beaucoup d’affaires à déménager, continuer seule, c'en est presque de l'inconscience.

Je bous intérieurement. Je ne sais même pas comment j’ai eu suffisamment de sang-froid pour la laisser finir ce qu’elle avait à dire. Elle ne sait absolument pas où j'en suis mais, malgré tout, elle ose me materner ? Elle voulait pas plutôt le faire lorsque j'avais encore l'âge pour ça ?!

- Non mais tu te fous vraiment de moi, de nous, même ! je réponds, presque hilare tant la situation me parait lunaire. Et dis-moi, quand on vous disait qu’on avait envie de passer plus de temps avec vous, que vous travaillIez trop, on était pas clairs non plus ? Pas étonnant qu’Alicia soit partie de cette baraque dès qu’elle a pu le faire, et que je fasse la même chose. Owen va encore rester un peu, mais c’est pour éviter de vous achever et d’avoir votre absence sur la conscience, crois pas qu’il fait ça par plaisir de passer du temps avec vous, vous êtes jamais là, de toute façon.

J’ai pourtant essayé plusieurs fois de convaincre mon petit frère de venir habiter avec moi. Je me moque d’être la seule à devoir payer le loyer le temps qu’il ait un revenu stable. Je préfère qu’on soit deux à vivre comme des moins que rien pendant un temps, plutôt que de savoir qu’il encaissera seul tout ce que nous avons dû prendre en étant trois.

- MADDY ! Je t’interdis de me parler sur ce ton.

ET MOI, je t’interdis de m’appeler par mon SURNOM, on est pas suffisamment PROCHES pour que tu aies ce DROIT.

Emma allait répliquer, lorsque la porte d’entrée s’ouvre derrière elle. Elle pose alors son regard sur son mari qui vient de rentrer de sa journée. Au départ, ce devait être une journée de congé qu’il avait posé pour aider sa fille. Mais, comme d’habitude, une urgence avait changé ses plans…

Je peine à soutenir le regard qu’il m’adresse. Il se rend bien compte que l’atmosphère est bien loin des arc-en-ciels et des paillettes, et semble essayer de changer de sujet. Mais, raté…


- Maddy, est-ce que je peux encore t’aider pour rassembler tes affaires ?

- Non, c’est tout bon, j’allais faire un dernier tour avant de rentrer chez moi.

- Je… D’accord. Je suis vraiment désolé, tu peux pas imaginer à quel point. Je tenais vraiment à participer à ton déménagement mais, tu sais, les urgences, je peux pas toujours…

- A partir du moment où tu as passé plus de temps à t'occuper des enfants des autres au lieu de passer du temps avec les tiens, même quand ils s’apprêtent à s’éloigner de toi, c’est plus vraiment une excuse qui passe, papa.

Je détourne le regard, incapable de soutenir le sien plus longtemps. Je sais bien que mes paroles sont injustes, puisqu’il n’est pas seul décisionnaire de son emploi du temps, contrairement à ma "mère". Mais, bizarrement, le programme change toujours les jours où il me promet que ce sera différent, et qu’il ne partira pas. Tu parles.

Je m’éloigne d’eux pour faire un dernier tour de ce qui était, jusque lors, ma chambre. J’entends ma mère s’agacer et quitter le couloir. Sans doute car elle peine à comprendre pourquoi je n’arrive plus à m’adresser à elle comme si c’était ma mère, alors que papa a encore cette chance.

D’ailleurs, le voilà adossé au pas de la porte de ma chambre. Je sais bien qu’il m’observe, mais je continue de scruter les moindres recoins de la pièce. Plus que quelques minutes et après ça, ma vie ici ne sera plus que de l’histoire ancienne.

Je me redresse enfin : je crois ne rien avoir oublié. Je m’approche alors de la sortie, en redoutant un peu ce que mon père pourrait dire ou faire. Je rassemble tout le courage qu’il me reste pour lui demander de se décaler.


- J’ai fini, je vais y aller.

- Tu es sûre ?

J’inspire profondément. Ce n’est pas lui qui a dépassé les bornes. Il ne mérite pas de se prendre ma colère de plein fouet.

- Oui, j’ai fait le tour plusieurs fois.

Je vois mon père brièvement soupirer avant de reculer pour se trouver, à nouveau, dans le couloir. Je profite de la brèche que son déplacement m'offre pour passer devant lui et le devancer. La porte d'entrée n'est qu'à quelques centimètres de moi.

- Tu vas nous manquer, à ta mère et moi, finit-il par dire dans mon dos.

Des larmes coulent malgré moi. Il fallait s’en douter. D’une main, j’essuie rapidement mes joues, puis j’inspire plus profondément, cette fois. Je tourne suffisamment la tête pour croiser son regard, avant de rester silencieuse quelques instants.


- Si j’ai oublié quelque chose, dis à Owen qu’il peut passer quand il veut.

Sur ces mots, mon visage fait de nouveau face à la porte. J’empoigne fermement la poignée, et m’éclipse de cette bâtisse que je ne peux même pas appeler "maison". C'est fou comme, même en habitant dans une maison presque aussi grande qu'un château, meublée de tous les objets de nos rêves grâce à nos parents, on a toujours ressenti un manque qu'ils n'ont jamais su combler : leur affection, leur présence. S'il y a bien une leçon que j'ai tirée de cette famille, c'est que l'argent ne fait vraiment pas le bonheur.

Je ne sais par quel miracle, mais j’effectue l'ensemble de mes gestes avec une délicatesse presque déconcertante. Que je le veuille ou non, mon père a toujours été très doué pour calmer les nombreuses tempêtes de cette famille, Alicia doit tenir ça de lui.

Ce calme olympien s’évapore dès que je réalise que je touche enfin à ma liberté. Je devrais être heureuse, maintenant, non ? Alors, pourquoi une lourde tristesse m’envahit, tout à coup ?

“Vous aussi, vous allez me manquer”, je ne peux m’empêcher de répliquer mentalement, avant de quitter le perron à la va-vite pour trouver un endroit où je pourrai verser toutes les larmes que mon corps semble retenir, sans être dérangée par qui que ce soit, et surtout pas par mes parents. Je sens que j'en ai besoin avant de transplaner vers Leeds.

Je finis par m'asseoir sur une souche d'arbre. Je pose ma sacoche au sol, avant de ramener mes genoux vers ma poitrine. Je réalise que, le problème, c’est qu'ils me manquent depuis mon enfance. Alors, quelle différence ça me fera ? Pourquoi, cette indépendance que j’attendais tant, semble me déchirer le coeur à coup de couteau ?

Je n'avais pas anticipé la douleur à laquelle je devrai faire face lorsque je me réveillerai demain matin, et que personne, et vraiment personne pour une fois, ne sera là. La vraie solitude, aucune chance de la contrer, à partir de maintenant. J'essaie de me souvenir des raisons pour lesquelles j'en suis venue à cette décision, alors que mon année d'économies suffit à peine pour subvenir à mes besoins : il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Il faut que je m'accroche à ça, et que j'arrête d'espérer qu'un jour, nous formerons enfin une famille unie. C'est fini. Et depuis bien trop longtemps pour ne pas tourner la page.

J'essuie de nouveau mes larmes, avec plus de détermination, cette fois-ci. J'attrape ma sacoche, et je cours vers ma liberté, consciente, bien qu'un peu déstabilisée, de constater que seul le temps m'aidera à encaisser ma propre décision. Je dois me faire confiance, un avenir plus lumineux m'attend. J'en suis certaine.

Mesdames et messieurs, les filles Nash ont quitté le navire familial.

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Une envie de parler ?