Le Serpent et la Serre
15 juillet
Quelque part, dans la maison des Cooper
Quelque part, dans la maison des Cooper

Yesenia avait enfilé sa plus vieille paire de Converse. Celles qui, usées par le temps, laissaient entrevoir le gros orteil gauche et dont la couleur, initialement rouge cerise, avait viré à un marron qui rappelait étrangement le terreau utilisé pour rempoter quelques plantes. Les cheveux attachés en un chignon bien haut, et une tenue qui aurait fait pâlir n'importe quelle personne coquette, il était clair qu'elle n'allait pas sortir de sa maison aujourd'hui. Non, à vrai dire, Yesenia avait un tout autre projet.
Cela avait commencé au début de l'été. D'abord, l'idée avait germé au creux de Serpentard, lorsqu'une plante puante avait fait son apparition dans la salle commune. A vrai dire, Yesenia n'avait pas encore vraiment percé ce mystère. Mais après avoir adopté la dite plante et l'avoir sauvée des griffes d'une préfète prête à la brûler, Yesenia avait mieux étudié la bête.
Il s'agissait d'une Dracunculus vulgaris, soit une Serpentaire commune. La plante dégageait une odeur nauséabonde lors de sa floraison et la pauvre avait sûrement dû être abandonnée pour cette raison précise, au plus grand plaisir d'Yesenia, qui en avait prit soin jusqu'à son retour à la maison.
Il était évident que désormais, l'adolescente était assez grande et mature pour cultiver ses propres plantes. Et finalement, elle avait réussi. Après des jours de négociation, elle avait eu le feu vert pour organiser sa petite serre. Le lieu avait été délaissé, plusieurs années auparavant, au profit d'un espace plus grand, qui servait de laboratoire d'expérimentation à papa Cooper. Mais Yesenia était ravie.
La serre, bien qu'assez étroite, comportait deux tables de travail, de part et d'autre de la pièce, avec, en son centre un bassin qui avait autrefois accueilli de belles plantes aquatiques. Aujourd'hui, la vase le recouvrait totalement. Plusieurs plantes sauvages grimpaient jusqu'au sommet des vitres, cherchant un peu de lumière derrière cet amas de poussière.
Oui, c'était beaucoup de travail pour la retaper entièrement. Mais après tout, elle avait tout l'été pour en faire le lieu de ses rêves.
Le Serpent et la Serre
Yesenia engloutit la dernière bouchée de son muffin aux oeufs et bacon, préparé avec soin par une Maman Cooper qui ne tenait pas à retrouver sa fille évanouie au milieu d'un amas de plantes grimpantes. L'adolescente fit quelques pas en arrière, de sorte d'avoir une meilleure vue d'ensemble du lieu.
La première chose à faire était, évidemment de se débarrasser de tout ce qui était inutile. Un peu de verre cassé par-ci, des mauvaises herbes par-là. Elle soupira. Il lui fallait un peu de courage et beaucoup de motivation. Heureusement, elle avait ce qu'il lui fallait. Elle déposa une vieille radio grésillante sur une chaise un peu bancale, et alluma le premier poste.
Surprise, la Serpentard tendit l'oreille. La musique était entrainante et énergique, exactement ce dont il lui fallait. Les morceaux de Cry Cry Baby Cry ne décevaient jamais Yesenia. Elle fit glisser la molette pour augmenter le son.
Armée d'un grand sac, Yesenia ramassa joyeusement les débris qui traînaient dans la petite serre. Il y avait, dans un coin, des morceaux de branches cassées entourés de débris de verre. La sorcière analysa la situation, cherchant la source. Elle releva la tête. L'une des fenêtre s'était brisée par la force d'une plante grimpante visiblement très tenace.
Elle attrapa le tout, et le fourra rapidement dans son grand sac destiné aux déchets, sans prendre la peine de trier. Aie ! Yesenia retira rapidement son bras du sac. Une longue griffe s'étendait du coude jusqu'à la lisière de son gant en cuir de dragon, avant de rougir rapidement. Et les gouttes se mirent à tomber.
La première chose à faire était, évidemment de se débarrasser de tout ce qui était inutile. Un peu de verre cassé par-ci, des mauvaises herbes par-là. Elle soupira. Il lui fallait un peu de courage et beaucoup de motivation. Heureusement, elle avait ce qu'il lui fallait. Elle déposa une vieille radio grésillante sur une chaise un peu bancale, et alluma le premier poste.
... Sorcier à bord ! Que vos baguettes grondent ! ...
Surprise, la Serpentard tendit l'oreille. La musique était entrainante et énergique, exactement ce dont il lui fallait. Les morceaux de Cry Cry Baby Cry ne décevaient jamais Yesenia. Elle fit glisser la molette pour augmenter le son.
... Sorcier à bord ! Que vos baguettes grondent !
Aiguisez vos lames, ensorcelez vos sorts ...
Aiguisez vos lames, ensorcelez vos sorts ...
Armée d'un grand sac, Yesenia ramassa joyeusement les débris qui traînaient dans la petite serre. Il y avait, dans un coin, des morceaux de branches cassées entourés de débris de verre. La sorcière analysa la situation, cherchant la source. Elle releva la tête. L'une des fenêtre s'était brisée par la force d'une plante grimpante visiblement très tenace.
... Que les Mandragores hurlent, que les feux follets mordent...
Elle attrapa le tout, et le fourra rapidement dans son grand sac destiné aux déchets, sans prendre la peine de trier. Aie ! Yesenia retira rapidement son bras du sac. Une longue griffe s'étendait du coude jusqu'à la lisière de son gant en cuir de dragon, avant de rougir rapidement. Et les gouttes se mirent à tomber.
... Lâchez les dragons, visez la vigie des ombres...
Le Serpent et la Serre
Yesenia poussa un juron. Les débris de verre étaient tranchants comme des rasoirs, et l'avaient entaillée légèrement sur le bras droit, mais suffisamment pour qu'un mince filet de sang ne s'épaississe avant de dégouliner sur son poignet. Yesenia fit les yeux ronds. Comment une si petite surface pouvait-elle se mettre à saigner si fort ? Elle chercha autour d'elle quelque chose, pour éponger les gouttelettes, et attrapa son gilet, négligemment posé sur la chaise, à côté de la radio, qui continuait à jouer sa musique entraînante.
... Réveillez le fer, que les goules frissonnent dans leurs suaires...
Ce n'est rien. Ce n'est pas grave. Tu vas trouver une solution, se répétait-elle lentement. Tu trouves toujours une solution, n'est-ce pas ? Pas de panique. Elle pressa le tissu contre la plaie. Ce n'était pas son cardigan préféré. Il était gris, aux motifs carreaux orangés. L'étiquette n'affichait plus le nom de la boutique, signe qu'il avait été porté de nombreuses fois. Mais il était chaud. Rassurant. Il était parfait pour s'apaiser.
Les picotements n'étaient pas douloureux mais dérangeants. Ils rappelaient à Yesenia de toujours être attentive, même durant les tâches qui ne lui demandaient pas trop de réflexion. Ils tiraillaient dans son bras, et elle préféra donc arrêter de gigoter dans tous les sens. Ses gants en cuir l'avaient protégés, et elle s'en remercia, car la paume de ses mains était le lieu même où elle ressentait le plus sa magie. Elles étaient chaudes, vibrantes et la tension électrique s'en émanait. Abîmer ses mains était bien pire que n'importe quel mauvais sort.
Yesenia compta. Une mandragore en colère. Deux mandragores en colère. Trois... Avant d'arriver à quinze. Sa respiration était calme, claire. Elle releva le tissu ; il imbibé de son propre sang. La sorcière grimaça. Décidément, elle s'était bien entaillée. Elle observa la plaie d'un peu plus près. Le sang gouttait doucement, rien n'avait été sectionné. Ce n'était qu'une petite entaille très sensible. Yesenia soupira de soulagement.
Elle pressa à nouveau le tissu contre sa peau, assise en tailleur, en plein milieu de sa serre. Elle avait l'habitude des blessures, désormais. Après tout, elle voulait en faire son métier. Mais soigner les autres était plus facile que se soigner seule. Elle aimait prendre soin de ses blessés. Elle prenait le temps de leur expliquer les actions prodiguées, d'une voix douce, claire, calme. Elle aimait faire le bien lorsque le monde entier demandait à faire le mal.
Le cardigan bien maintenu contre la plaie, elle leva la tête vers la serre. Yesenia avait à peine commencé qu'elle se retrouvait déjà à faire une pause. C'était ridicule. Le travail était conséquent, si elle souhaitait installer toutes ses plantes, ici. Les vitres étaient sales, et méritaient un bon coup de chiffon. Les pots manquaient de cache-pot. Le petit point d'eau dégageait une odeur de vase stagnante désagréable. Là bas, la fenêtre brisée laissait entrevoir la lumière sur la plante grimpante. C'était une glycine qui tentait de s'échapper. La floraison était sublime. Les grappes violettes tombaient négligeamment tandis que les tiges s'accrochaient petit à petit aux fondements de la serre. Il allait être compliqué de la déloger.
Yesenia l'observa un instant, se demandant si Papa Cooper ne pouvait pas l'aider à la retirer, surtout qu'elle était plutôt toxique, cette glycine, et il valait mieux bien s'équiper si elle ne voulait pas se blesser à nouveau près de la grimpante. Sa paire de gants ne serait pas suffisante. Papa Cooper préférait qu'Yesenia prenne de plus grandes précautions que pas de précautions du tout. Et pour un végétal de cette taille, il était clair qu'elle s'y prendrait à deux fois avant de la toucher.
L'adolescente sentit des sueurs froides lui parcourir le dos. Les morceaux de verres avec lesquels elle s'était blessée avaient été brisés par la plante. Non... Ce n'était quand même pas possible... Et si ? Son coeur s'emballa rapidement, mettant tous ses sens en éveil. Il n'était pas question que la plante l'ait intoxiquée. Elle fit un bond pour se relever, le bras toujours coincé dans le joli tissu, l'adrénaline parcourant son corps. Elle commença à fouiller dans les quelques pots qui trainaient. Il doit bien y avoir quelque chose par ici, non ?
Le volume de la musique baissa, signe que la chanson était terminée. Mais l'esprit d'Yesenia n'était pas plus clair pour autant. A la radio, une voix féminine au timbre de voix chantant s'éleva pour annoncer quelques informations du jour. L'adolescente n'écoutait pas. Le temps pressait. Les picotements reprenaient de plus belle par ses mouvements rapides et saccadés, ses mains cherchant quelque chose pour apaiser la possible toxicité de la glycine.
Elle souleva quelques pots, tous vides, ou pleins de terreau. Elle grogna. Il devait bien rester quelque chose. Sur la plan de travail, une paire de cisailles rouillée, et de vieilles feuilles séchées. Elle s'éloigna précautionneusement de l'outil, et attrapa un pot contenant quelques feuilles et racines.
Son visage s'illumina. Des feuilles rondes, de couleur vert foncé. Oui, c'était bel et bien un vieux plan séché de dictame qui traînait. Ses propriétés pouvaient êtres amoindries, vu l'état des feuilles, toutes rabougries, mais c'était mieux que rien. Elle mâcha une première feuille, la réduisant à une sorte de bouillie dégoutante. Le goût n'était pas très agréable : croustillant par la sécheresse de la plante, avec un arrière goût de terre et de salade. Enfin, la pâte, minuscule mais suffisante, fut recrachée et appliquée sur son bras, en cataplasme de fortune.
Yesenia mâcha une deuxième feuille, qu'elle avala ensuite. Elle n'avait rien trouvé qui puisse contrer la toxicité de la plante, alors elle pria simplement tous les dieux qu'elle connaissait qu'aucune feuille de glycine n'ait pu être en contact avec sa blessure.
Désormais, il fallait patienter. Et potentiellement prévenir les parents.
... Réveillez le fer, que les goules frissonnent dans leurs suaires...
Ce n'est rien. Ce n'est pas grave. Tu vas trouver une solution, se répétait-elle lentement. Tu trouves toujours une solution, n'est-ce pas ? Pas de panique. Elle pressa le tissu contre la plaie. Ce n'était pas son cardigan préféré. Il était gris, aux motifs carreaux orangés. L'étiquette n'affichait plus le nom de la boutique, signe qu'il avait été porté de nombreuses fois. Mais il était chaud. Rassurant. Il était parfait pour s'apaiser.
Les picotements n'étaient pas douloureux mais dérangeants. Ils rappelaient à Yesenia de toujours être attentive, même durant les tâches qui ne lui demandaient pas trop de réflexion. Ils tiraillaient dans son bras, et elle préféra donc arrêter de gigoter dans tous les sens. Ses gants en cuir l'avaient protégés, et elle s'en remercia, car la paume de ses mains était le lieu même où elle ressentait le plus sa magie. Elles étaient chaudes, vibrantes et la tension électrique s'en émanait. Abîmer ses mains était bien pire que n'importe quel mauvais sort.
Yesenia compta. Une mandragore en colère. Deux mandragores en colère. Trois... Avant d'arriver à quinze. Sa respiration était calme, claire. Elle releva le tissu ; il imbibé de son propre sang. La sorcière grimaça. Décidément, elle s'était bien entaillée. Elle observa la plaie d'un peu plus près. Le sang gouttait doucement, rien n'avait été sectionné. Ce n'était qu'une petite entaille très sensible. Yesenia soupira de soulagement.
... Écrasez-les ! Déchirez-les ! Envoûtez-les !
Sorcier à bord ! Que vos baguettes grondent !...
Sorcier à bord ! Que vos baguettes grondent !...
Elle pressa à nouveau le tissu contre sa peau, assise en tailleur, en plein milieu de sa serre. Elle avait l'habitude des blessures, désormais. Après tout, elle voulait en faire son métier. Mais soigner les autres était plus facile que se soigner seule. Elle aimait prendre soin de ses blessés. Elle prenait le temps de leur expliquer les actions prodiguées, d'une voix douce, claire, calme. Elle aimait faire le bien lorsque le monde entier demandait à faire le mal.
Le cardigan bien maintenu contre la plaie, elle leva la tête vers la serre. Yesenia avait à peine commencé qu'elle se retrouvait déjà à faire une pause. C'était ridicule. Le travail était conséquent, si elle souhaitait installer toutes ses plantes, ici. Les vitres étaient sales, et méritaient un bon coup de chiffon. Les pots manquaient de cache-pot. Le petit point d'eau dégageait une odeur de vase stagnante désagréable. Là bas, la fenêtre brisée laissait entrevoir la lumière sur la plante grimpante. C'était une glycine qui tentait de s'échapper. La floraison était sublime. Les grappes violettes tombaient négligeamment tandis que les tiges s'accrochaient petit à petit aux fondements de la serre. Il allait être compliqué de la déloger.
Yesenia l'observa un instant, se demandant si Papa Cooper ne pouvait pas l'aider à la retirer, surtout qu'elle était plutôt toxique, cette glycine, et il valait mieux bien s'équiper si elle ne voulait pas se blesser à nouveau près de la grimpante. Sa paire de gants ne serait pas suffisante. Papa Cooper préférait qu'Yesenia prenne de plus grandes précautions que pas de précautions du tout. Et pour un végétal de cette taille, il était clair qu'elle s'y prendrait à deux fois avant de la toucher.
... Souvenez-vous des lunes, des siècles liés par serment
Guidés par les astres, de minuit à l’aube ...
Guidés par les astres, de minuit à l’aube ...
L'adolescente sentit des sueurs froides lui parcourir le dos. Les morceaux de verres avec lesquels elle s'était blessée avaient été brisés par la plante. Non... Ce n'était quand même pas possible... Et si ? Son coeur s'emballa rapidement, mettant tous ses sens en éveil. Il n'était pas question que la plante l'ait intoxiquée. Elle fit un bond pour se relever, le bras toujours coincé dans le joli tissu, l'adrénaline parcourant son corps. Elle commença à fouiller dans les quelques pots qui trainaient. Il doit bien y avoir quelque chose par ici, non ?
...Voici l’instant que tous nous attendions
Réveillez le fer, que les vampires crachent leurs crocs...
Réveillez le fer, que les vampires crachent leurs crocs...
Le volume de la musique baissa, signe que la chanson était terminée. Mais l'esprit d'Yesenia n'était pas plus clair pour autant. A la radio, une voix féminine au timbre de voix chantant s'éleva pour annoncer quelques informations du jour. L'adolescente n'écoutait pas. Le temps pressait. Les picotements reprenaient de plus belle par ses mouvements rapides et saccadés, ses mains cherchant quelque chose pour apaiser la possible toxicité de la glycine.
Elle souleva quelques pots, tous vides, ou pleins de terreau. Elle grogna. Il devait bien rester quelque chose. Sur la plan de travail, une paire de cisailles rouillée, et de vieilles feuilles séchées. Elle s'éloigna précautionneusement de l'outil, et attrapa un pot contenant quelques feuilles et racines.
Son visage s'illumina. Des feuilles rondes, de couleur vert foncé. Oui, c'était bel et bien un vieux plan séché de dictame qui traînait. Ses propriétés pouvaient êtres amoindries, vu l'état des feuilles, toutes rabougries, mais c'était mieux que rien. Elle mâcha une première feuille, la réduisant à une sorte de bouillie dégoutante. Le goût n'était pas très agréable : croustillant par la sécheresse de la plante, avec un arrière goût de terre et de salade. Enfin, la pâte, minuscule mais suffisante, fut recrachée et appliquée sur son bras, en cataplasme de fortune.
Yesenia mâcha une deuxième feuille, qu'elle avala ensuite. Elle n'avait rien trouvé qui puisse contrer la toxicité de la plante, alors elle pria simplement tous les dieux qu'elle connaissait qu'aucune feuille de glycine n'ait pu être en contact avec sa blessure.
Désormais, il fallait patienter. Et potentiellement prévenir les parents.
Le Serpent et la Serre
Quelques jours plus tard, Yesenia ne ressentait plus la moindre douleur.
Son bras était décoré d’un joli bandage, signe que l’on avait rapidement prit soin d’elle, et elle obtenu un chaperon pour continuer à travailler dans le lieu. Parfois, il s’agissait de sa mère, parfois de sa grand-mère. Seth passait la tête aussi de temps en temps, mais était sans cesse rabroué. Ses petits mots piquants avaient l’effet d’un filet du diable sur l’esprit d’Yesenia.
Ce fut le passage de Papa Cooper dans la serre qui fit avancer considérablement les travaux de l’adolescente.
- Juste une aide magique, avait-il dit en sortant sa baguette.
La magie débordait, à la maison. Elle sillonnait entre la table de la salle à manger, se reposait dans le salon, et touillait tranquillement dans les chaudrons de la cuisine. Et tout cela était normal. Cependant, lorsqu’Yesenia avait demandé un peu d’aide pour le nettoyage, sa mère avait refusé catégoriquement qu’elle use de la magie des autres. Une sorte de superstition dont la mère d’Yesenia était remplie ; saluer une métamorphose que l’on doit défaire ; toucher un chaudron lorsqu’on promet ; ne pas se regarder dans un miroir brisé sept fois…
« Ne demande pas une magie que tu ne sais pas faire toi même. »
Yesenia avait prit ses mots au pied de la lettre et avait continué petit à petit le rangement de la serre.
Papa Cooper tapota le bout de sa baguette et quelques débris s’envolèrent rapidement.
- Pas besoin d’en parler à Maman. Dit-il, alors que fille et père observaient outils et pots s’activer. Parfois, il faut juste accepter un coup de pouce.
Yesenia sourit. On y voyait bien plus clair, à présent.
283
Son bras était décoré d’un joli bandage, signe que l’on avait rapidement prit soin d’elle, et elle obtenu un chaperon pour continuer à travailler dans le lieu. Parfois, il s’agissait de sa mère, parfois de sa grand-mère. Seth passait la tête aussi de temps en temps, mais était sans cesse rabroué. Ses petits mots piquants avaient l’effet d’un filet du diable sur l’esprit d’Yesenia.
Ce fut le passage de Papa Cooper dans la serre qui fit avancer considérablement les travaux de l’adolescente.
- Juste une aide magique, avait-il dit en sortant sa baguette.
La magie débordait, à la maison. Elle sillonnait entre la table de la salle à manger, se reposait dans le salon, et touillait tranquillement dans les chaudrons de la cuisine. Et tout cela était normal. Cependant, lorsqu’Yesenia avait demandé un peu d’aide pour le nettoyage, sa mère avait refusé catégoriquement qu’elle use de la magie des autres. Une sorte de superstition dont la mère d’Yesenia était remplie ; saluer une métamorphose que l’on doit défaire ; toucher un chaudron lorsqu’on promet ; ne pas se regarder dans un miroir brisé sept fois…
« Ne demande pas une magie que tu ne sais pas faire toi même. »
Yesenia avait prit ses mots au pied de la lettre et avait continué petit à petit le rangement de la serre.
Papa Cooper tapota le bout de sa baguette et quelques débris s’envolèrent rapidement.
- Pas besoin d’en parler à Maman. Dit-il, alors que fille et père observaient outils et pots s’activer. Parfois, il faut juste accepter un coup de pouce.
Yesenia sourit. On y voyait bien plus clair, à présent.
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