Le cœur d'Aliosus

Élicia avait la même envie que lui, il le sentait déjà de l'autre côté de la table et à présent qu'il était près d'elle, par Merlin, Elle n'arrivait tout simplement pas à verbaliser les choses, sans doute le génie de sa poésie naturelle était bloqué par la timidité d'une gorge n'osant pas déclamer de si beaux vers, sans doute voulait elle aussi conserver ses mots pour un moment plus cosy que le brouhaha insipide de la Grande Salle.

Mais enfin sa voix, murmurée dans un souffle, s'insinua en lui, et la proximité de la bouche qui prononçait ses mots et de ses propres oreilles lui fit trembler la mâchoire d'une émotion pure qui lui commanda d'obéir immédiatement, de lui prouver la réalité de ce qu'il se passait, de cette révélation commune, du déchirement du voile opaque qui occultait leur sentiment depuis trop longtemps.

Oh Élicia, dit, et j'obéirai.

Il se lança à corps perdu, et ce faisant, il se sentit plus libre que jamais, libre de célébrer cet amour, libre d'être enfin lui même, libre d'oser.
La main encore posée sur son menton le lui releva un peu pour ajuster l'angle parfaitement, puis elle glissa afin de se poser sur le haut de sa joue et Aliosus se pencha vers la chaste oreille pour humer le parfum de sa dulcinée.

Puis il fut pris d'un violent vertige qui manqua de le faire choir. Perturbé il bredouilla ce qu'il pu comme excuses avant de se rendre à l'infirmerie.


Fin pour moi.

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