27 juil. 2026, 15:29
Nous ne serons pas des leur(re)s  SOLO   PNJ 
PNJ actif : Conor Farrow

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Nous ne serons pas des leur(re)s
ou
le veilleur




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25 FÉVRIER 2051, SOIR
DEMEURE FAMILIALE DES FARROW, ÉCOSSE,

Alyona, 21 ans,
avec Conor Farrow,


Comment se prépare-t-on si l'on ne sait rien de ce qui nous attend ? Faut-il avaler les phrases toutes faites, toutes polies, les merci monsieur je vous sais gré de m'accueillir ici dans cette demeure à laquelle vous faites du bien et que la famille vous remercie de gérer avec autant de professionnalisme, on m'a dit beaucoup de bien de vous et de vos talents de divination et on m'a raconté des histoires — oh ! toutes à votre honneur ! — et je suis heureuse de vous revoir, oui le temps est passé si vite et ma mère et mon père sont vraiment désolés de ne pas pouvoir venir vous voir ici eux aussi, mais vous comprenez leur travail... et pourtant ils pensent à vous et ils vous remercient pour vos services et vous nous feriez un plaisir en nous rejoignant une après-midi à Godric's Hollow pour boire le thé, oui, oui, vraiment, et des mensonges qu'on tisse les uns sur les autres, c'est un véritable vêtement d'apparat, les apparences trompeuses ah c'est sûrement cela, une mascarade bien préparée qui suit les convenances, qui plaît et dissimule toute sensibilité et toute sincérité. Non, mon oncle, on ne m'a pas dit que je devais me méfier de vous, ni que vous étiez un sorcier égaré, troublé, ermite, on vous fait confiance dans la famille, évidemment, et on vous apprécie ; vous êtes des nôtres, non ?

Non non non
Je ne suis pas perdue, je ne suis pas inquiète, je sais où je vais.
Vraiment ?
C'est peut-être ma seule certitude. Je connais l'adresse, j'y suis déjà allée même si je ne m'en souviens qu'à peine. Il s'agit de ma demeure familiale, d'un grand bâtiment lié à mon nom depuis des générations et qui se transmettra à l'avenir à mes enfants, avec tous ses secrets et ses traces du passé, et ce « Farrow » qui peut parfois peser si lourd, lui, bien plus lourd qu'une bâtisse centenaire et immense. Alors je sais où je vais et pourtant je ne sais rien de ce que j'y trouverai, de ce que j'y ferai, car la raison de ma présence semble s'expliquer par le caprice un peu étrange d'un grand-oncle que je ne connais pas et que je ne vois plus depuis des années.
Mais je suis sage et non troublée, et j'obéis comme la fille, l'héritière qu'on veut que je sois.
Sans poser de questions, sans faire de bruit.

Je me place docilement au milieu de la cheminée, poudre en main.

« Demeure familiale des Farrow, au bout du chemin du pin brisé, près de Kinross, en Écosse. »

Je jette la poudre de chemisette à mes pieds et les flammes deviennent vertes. Une inspiration et me voilà emportée.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

28 juil. 2026, 22:53
Nous ne serons pas des leur(re)s  SOLO   PNJ 
Le chemin est long et désagréable ; je sens déjà l'odeur de suie et de poussières qui me poursuivra jusqu'à la fin de la journée, car de toute évidence, cette route n'est pas empruntée régulièrement, et cela ne m'étonnerait pas qu'aucun sorcier n'y ait mis les pieds depuis des mois. Je serre les dents et la poignée de ma valise, inquiétude dissipée dans le voyage, avant d'être recrachée dans une jolie cheminée en pierre, à l'intérieur d'un petit salon encombré mais lumineux.
La demeure de ma famille.
Une quinte de toux me vide impitoyablement les poumons, me privant du soin de saluer et de me présenter. Toutes les phrases préparées partent en fumée dans ce foyer pourtant éteint. Mais même si cela avait été possible, je crois que je n'aurais jamais eu l'occasion d'articuler un mot avant mon grand-oncle, car l'homme âgé que j'imaginais discret me tombe dessus comme un orage, avec sa voix caverneuse et son accent prononcé, avalant avant même de me tendre la main l'air que je cherchais à conquérir.

« Oh ! Par Merlin ! À quoi bon faire venir quelqu'un pour déboucher toute cette tuyauterie si le résultat est toujours aussi terrible ? Bah, je sais, j'ai demandé à un voisin, mais j'aurais dû faire appel à un professionnel... Je pensais que cela suffirait ! Mais bon, je referai venir quelqu'un et... » Ses grands yeux qui me fixent s'arrondissent. « Et je te laisse dans ces tuyaux ! Mais viens, viens, j'ouvre les fenêtres, ça ira mieux, respire, calme-toi et ça passera. Vilaine quinte de toux... »

Il m'attrape délicatement le bras et m'aide à me tirer de là, agitant ensuite sa baguette pour faire s'ouvrir les fenêtres, laissant entrer l'air et le vent qui jettent des mèches de cheveux devant mes yeux et me donnent pourtant tout de suite l'impression d'aller mieux.

« Merci, ai-je l'occasion d'articuler, la gorge apaisée et les paupières papillotant.
Ce n'est rien ! affirme-t-il en secouant la tête. Cela me fait tellement plaisir de t'accueillir, non pas que je t'attendais mais quand même, je ne pouvais pas m'empêcher de rester à traîner par ici au cas où et— Ah par Morgane ! Tu es toute jolie ! Tu n'as pas changé depuis la dernière fois que je t'ai vu. Des points communs avec ta mère, effectivement, on ne peut pas le nier... Mais des yeux de Farrow, c'est certain ! »

Des yeux de Farrow... Comme les siens, bleus. Ont-ils aussi cet éclat, cet air malicieux et énergique que rien ne saurait effacer ? Oh, comme je me sens troublée ! Le sorcier est si différent de celui que j'imaginais ! Je reconnais son visage, ses sourcils broussailleux, ses cheveux blancs, ses pommettes hautes, et même l'arête imposante de son nez. Mais ce bavardage ? Cette vitalité ? Mon regard doit être surpris, avant d'être bleu.

« Pardon, j'en oublie mes manières ! » Conor s'écarte de moi, sourit, et ouvre un bras, m'invitant à jeter mon attention sur la pièce qui m'entoure, et que j'ai à peine observée. « Bienvenue chez toi petite ! »

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

hier, 23:51
Nous ne serons pas des leur(re)s  SOLO   PNJ 
Chez-moi... Je n'ai jamais pensé à cette demeure comme étant la mienne. C'est à peine si je me souviens de ses pièces, alors comment pourrai-je la revendiquer mienne ? Pourtant, j'arrive à sourire à mon grand-oncle en gardant une main sur mon thorax, comme si son propos m'avait amusée alors qu'il a davantage jeté sur moi un trouble dans lequel je m'entortille comme dans la toile d'une araignée.

« Merci. Mais c'est la demeure de la famille avant d'être la mienne, ne puis-je m'empêcher de préciser.
Oh, c'est tout à fait vrai ! Mais tu penses que la famille se préoccupe vraiment de cette vieille bâtisse à l'autre bout du pays ? » Il m'offre un sourire déséquilibrant. « Elle est à ceux qui l'aiment et en prennent soin. Et c'est à eux qu'elle se révèle. »

Qu'elle se révèle ? Ceux qui en prennent soin ? Je ne suis pas sûre de comprendre ses propos. Parle-t-il de moi ou de lui ? S'en affirme-t-il le propriétaire, celui qui a tout pouvoir sur cette maison à propos de laquelle mes parents et ma grand-mère ont pourtant leur mot à dire ? Mes sourcils manquent de se froncer mais j'essaye de ne rien laisser transparaître.

Le sorcier me tend la main.

« Laisse-moi prendre ta cape et ta valise pour les poser dans ta chambre. Je te rejoindrai après, comme ça tu peux faire le tour du propriétaire. Après, tu pourras remonter le couloir à gauche et m'attendre dans l'autre salon, au bout en prennant l'escalier. Il est plus chaleureux. Enfin, ce n'est que mon humble avis... Mais il y a aussi là-bas des petits biscuits que j'ai acheté pour toi ! » termine-t-il avec un clin d'œil.

Je lui dépose mes affaires avec un sourire, ne sachant que répondre et trouvant de nouveaux remerciements trop embarrassants. Je ne m'attendais pas à cet accueil. Cherche-t-il à me mettre à l'aise ou à gagner ma confiance ? Dans tous les cas, je doute qu'il y parvienne tout de suite ; je sens grandir en moi une prudence qui ne dit pas son nom.

L'homme, ma valise au bout du bras, s'éloigne pour ouvrir un tiroir, fouillant dedans en me tournant le dos. Je ne peux pas m'empêcher de rester immobile, droite, et d'attendre sagement, le surveillant du coin de l'œil. Comme s'il cachait un épouvantard.

« Vas-y, vas-y ! Je cherche les clefs... »

Les petits objets s'entrechoquent dans le tiroir.

« D'accord, confirmé-je précipitamment. Merci ! »

Je passe ainsi la porte pour m'enfuir dans le couloir, presque soulagée de me retrouver seule, et incapable de me faire un avis sur ce grand-oncle qu'on a souhaité me faire croire renfermé.

Le corridor est large et court, décoré de quelques tableaux représentant des paysages, et habillé au sol d'un grand tapis ocre. Il donne sur cinq portes, trois à droite et deux à gauche. Les fenêtres laissent à penser que nous sommes à l'étage, peut-être le premier ? Mes souvenirs s'étirent et baillent. Je me remémore des chambres... Une à moi — à droite —, une à mes parents, et aussi une salle d'eau... et peut-être un bureau ? J'avance sans oser pousser les portes et entrer sur de nouveaux seuils, j'ai la sensation de redécouvrir la maison dans laquelle je suis allée plus jeune. N'y avait-il pas également un balcon ? Et une véranda au rez-de-chaussée ? Oh, je crois l'apercevoir de la fenêtre ! Nous sommes au premier, et d'ici, j'ai une vue sur tout le jardin. La maison est implantée à l'écart de villes et villages, au beau milieu d'une plaine et invisible pour les moldus, mais l'espace vert développée autour est assez réjouissant. On y devine des arbres et un potager dont l'entretien laisse cependant à désirer. Aurai-je l'occasion d'y passer du temps durant ces deux jours chez mon grand-oncle ? Me le permettra-t-il ? Je jette un œil derrière moi. Mon ouïe m'indique qu'il est toujours dans la pièce dans laquelle je suis arrivée et où je l'ai laissé. Cherche-t-il autre chose que des clefs ?

Pressée par une inquiétude brusque et déraisonnable, je m'éloigne de la fenêtre pour prendre l'escalier.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

aujourd’hui, 19:04
Nous ne serons pas des leur(re)s  SOLO   PNJ 
Le tapis déroulé sous mes chaussures s'anime à chacun de mes pas. La forêt est secouée tandis que les animaux représentés courent et galopent pour se cacher derrière arbres et buissons. Cela ralentit ma progression, je ne peux pas m'empêcher de m'arrêter pour me pencher sur cette magie. L'œuvre était-elle déjà là lorsque je suis venue, enfant ? Je n'en ai pas souvenir. D'où vient-elle alors ? Mon grand-oncle en a-t-il fait l'acquisition ?

Je descends doucement les marches, fascinée par ce qui s'offre à mon regard : les fenêtres de l'escalier sont des vitraux dont les dessins s'animent, laissant filtrer les derniers rayons du soleil en leur conférant des teintes vert et ocre, les murs ont des moulures et sont habillés de tapisserie aux motifs soignés, le bois paraît chargé de vie et le carrelage clair du rez-de-chaussée brille sous la lumière. Et ce serait chez-moi ? La demeure de ma famille, ma demeure ? Pourquoi ai-je l'impression que lors de ma dernière visite, tout était différent ? Je me remémore des toiles d'araignée, des taches, de la saleté qui donnait au visage de ma mère un rictus dégoûté. Pourquoi aujourd'hui mon regard ne se pose que sur des lieux soignés et lumineux, propres et entretenus ? Le temps a-t-il réparé les apparences ? Ou mes souvenirs ont-ils exagéré mes premières impressions ?

Je pose un pied sur le carrelage, quittant les animaux du tapis qui avaient fini par suivre mes pas. Où est le salon dont mon grand-oncle m'a parlé ? Il n'y a ici qu'un espace donnant sur d'autres portes, dont une double qui, de toute évidence, est celle par laquelle on entre en venant de l'extérieur.

Les tableaux accrochés aux murs, visages lointains de ma famille, portraits d'aïeux ou d'illustres inconnus, m'observent. Leurs yeux bougent à mesure que je me déplace. Que me veulent-ils ? Me jugent-ils ? Leurs regards me mettent mal à l'aise. C'est donc d'eux dont je suis l'héritière ? Le savent-ils ? Ces iris qu'ils appuient sur mes épaules sont-ils chargés de la responsabilité qu'ils posent sur moi ? Celle de transmettre notre nom et la pureté de notre sang ? Je frissonne.
C'est une jeune fille blonde aux yeux bleus comme les miens qui me libère en échappant à la poigne de sa mère et en s'approchant, levant ensuite silencieusement un bras vers la droite, m'indiquant la direction à suivre. Mon regard croise le sien, puis je m'enfuis à mon tour.

Le couloir est lumineux, et cette fois les quelques tableaux présents montrent des paysages des environs. Je ne m'attarde pas et pousse la première porte qui vient, pénétrant ainsi dans une large pièce éclairée par de nombreuses bougies. Des meubles imposants l'occupent : vaisseliers, buffets, vases, mais aussi quelques fauteuils et un canapé, ainsi qu'une petite table sur laquelle repose des biscuits. Me voici au bon endroit.

Je prends place dans l'une des assises — ma foi, assez confortable —, mais je n'ai pas à patienter longtemps avant de voir le vieux sorcier arriver ; il entre par une autre porte que celle empruntée et me rejoint rapidement.

« Oh, mais tu n'as touché à rien ? Sers-toi, je t'en prie ! Il ne faut pas m'attendre... » Ses grands gestes des mains m'obligent à me saisir d'un biscuit et à placer ce dernier dans ma bouche.

Merlin ! Il est au goût citron1.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht