Stirling, Ecosse Embrasse moi sur les rêves

NUIT DU MARDI 23 AU MERCREDI 24 AOUT 2050.___
ETE DE LA QUATRIEME ANNEE, 14 ANS.___
___
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils. [...]

Paul Eluard, L'Amoureuse, Capitale de la douleur
___
___Il neigeait. Doucement, lentement, tout autour d'elle, de sa longue robe bleue comme les nuits les plus belles, et sur ses cheveux d'ébène, il neigeait. Le monde ne faisait aucun bruit tout autour d'elle, pas plus que la neige lorsqu'elle se déposait sur elle, ni même ses pieds nus qui se traçaient leur empreinte dans le linceul blanc recouvrant le sol. Pourquoi n'avait-elle pas froid ? Les étoiles de la voute céleste scintillaient assez fort pour éclairer son chemin dans l'obscurité. Où allait-elle ainsi ? Les yeux baissés vers le sol, elle ne voyait que ses pieds se déplacer mécaniquement au point qu'il lui semblait que ce n'était pas elle qui se déplaçait mais qu'on la forçait. Et puis, soudain, dans tout ce blanc immaculé, un vide. Béant, semblable à une plaie dans le monde. Un cri déchira sa gorge, prisonnière du sentiment d'horreur qui meurtrissait son coeur, il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour s'empêcher de glisser vers cet abyme infini. Elle continuait de tomber dans ce gouffre froid et silencieux, incapable de tout. De bouger, d'appeler à l'aide, même de respirer. La voilà qui suffoquait, étouffée par la noirceur du monde, figée en pleine chute, ivre de peur et de détresse, pauvre enfant captive du temps et de l'infame douleur qui parcourait ses membres. Sa robe bleue en lambeaux, ses cheveux sombres emmêlées, ses joues de la couleur du porcelaine tâchées de terre. Elle ne pouvait ni fuir ni prier quelconque dieu pour espérer lui venir en aide. Ne restaient plus que les angoissantes ténèbres et le vide profond, la Faucheuse po-

Stella s'éveilla en sursaut, haletante et en larme, se redressant violemment dans son lit. Son coeur s'agitait si fort dans sa poitrine qu'elle craignait qu'il n'en sorte, et les perles sur sa peau étaient si froides qu'elles auraient pu geler sur place. Un frisson la saisit. *Ce n'est qu'un rêve* songea-t-elle en déglutissant difficilement. Un rêve, certes, mais alors pourquoi est-ce que tout ça lui avait paru si réel ? *Un stupide cauchemar* essaya-t-elle de se convaincre en mordant sa langue.

C'est rien qu'un cauchemar, murmura l'adolescente en frissonnant. Un bête cauchemar..

Mais ses tremblements ne voulaient pas cesser, les larmes continuaient de couler de ses yeux et elle sentait l'angoisse grossir dans son ventre. L'aube était encore loin de percer entre les rideaux de la chambre de la jeune fille, la nuit ne touchait pas à son terme. Et, comme toutes les autres fois où elle se réveillait en panique de son sommeil, Stella se surprit à haïr la nuit. Elle aurait préféré que la lune se retire pour laisser place à l'Astre brillant, elle aurait voulu que les étoiles s'éteignent pour que le ciel puisse peindre comme bon lui semblait. Elle aurait aimé ne pas être seule, elle aurait aimé sentir Shadow se blottir contre elle, Maliah s'éveiller dans la pièce voisine et venir se glisser sous la couette à ses côtés pour la rassurer. A cette pensée, une lumière apparut au milieu de son immense détresse. Orion, il fallait qu'elle aille trouver Orion. Lui saurait la rassurer, la protéger.

Maladroitement, le visage strié de pleurs, l'Etoile repoussa ses draps et se leva. Précipitamment, elle parcourut la distance qui la séparait de la porte. Pressée, elle en abaissa la poignée et se rendit jusqu'à la chambre du garçon. Tremblante de la tête aux pieds, elle observa la porte. Sans bouger.


@Orion Blackburn, la demoiselle attend son chevalier servant.
~568 mots.

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Stirling, Ecosse Embrasse moi sur les rêves
couleur #556B5F - outfit inspo

Rrrrr.

À travers les murs de sa chambre, on pouvait entendre les ronflements du père d'Orion. Réguliers, presque désagréables, mais suffisamment habituels pour s'apparenter à une petite berceuse. Orion n'avait jamais changé de chambre. Il avait toujours grandi avec ces mêmes ronflements en fond sonore, cette même odeur de lessive à la lavande sur ses draps et les mêmes bruits de grillons à l'extérieur pour lui rappeler que la nature ne dormait jamais vraiment. Ses rideaux n'avaient jamais été vraiment opaques, laissant la même lumière de la lune éclairer les ombres de ses meubles sur la même peinture beige écaillée. Les mêmes étoiles fluorescentes étaient collées au plafond, usées et réconfortantes, qui jadis lui donnaient le sentiment de dormir sous le ciel étoilé, tandis que les mêmes posters divers habillaient ses murs depuis le début de son adolescence. La même odeur de livres venait chatouiller ses narines tous les matins et tous les soirs, émanant directement de la petite bibliothèque au coin de la pièce. Dès qu'il faisait un mouvement dans son sommeil, les mêmes grincements de lit brisaient le silence de la nuit pour rappeler que, même endormi, son corps animait la pièce. Et, finalement, l'obscurité le berçait toujours avec la même tendresse, que le temps soit clément ou orageux.

Orion n'avait jamais eu de mal à s'endormir, encore moins à rester dans les bras de Morphée, mais il ne dormait jamais aussi bien que dans sa chambre, son lit, ses draps. Et ce soir ne faisait pas exception. Enfin, presque. S'il dormait à poings fermés, quelque chose l'irritait. Un verre d'eau. Sa gorge asséchée agita son corps déshydraté. Non, une carafe, même. Ses yeux s'ouvrirent difficilement, les paupières papillonant pour tenter de conserver son semi-sommeil. Il jeta un bref coup d'œil à sa table de nuit et poussa instantanément un soupir de lassitude. Le verre était bien là, mais il avait visiblement oublié de le remplir avant de se coucher.

Sans prendre la peine de s'insulter intérieurement tant il était encore somnolant, Orion retira sa couette de son corps d'un geste lent et laissa glisser ses jambes vers la sortie de son lit double en soufflant. Mes yeux me grattent. L'esprit à peine lucide, il se laissait se déconcentrer par des pensées parasites, yeux à nouveau fermés pour ne pas s'éveiller de trop, et les frotta pour remédier à son souci le plus immédiat. De toute façon, le chemin vers la salle de bain, il le connaissait par cœur, qu'il y voie clair ou non. Difficilement, il se mit sur pied et oublia complètement le verre d'eau sur la petite table en bois. J'boirai au robinet, se rassura-t-il pour ne pas devoir faire marche arrière une fois que la réalisation frappa son esprit, déjà devant la porte. L'aller-retour allait être rapide, simplement de quoi l'aider à retomber dans les méandres de son sommeil sans rêves où son corps pouvait regagner de l'énergie. Rien de plus simple, donc.

Orion abaissa la poignée de sa porte, une paupière à moitié ouverte, il la tira vers lui pour que son corps donne sur le couloir assombri. Le clair de lune rayonnant toujours dans sa chambre, cependant, une silhouette se dessina devant lui, lui arrachant un mouvement de recul avant d'ouvrir son deuxième œil pour mieux reconnaître ce qui s'était mis sur son chemin entre lui et la délivrance de sa soif.

« Stella ? », demanda-t-il tout bas, la voix rauque et asséchée du réveil l'empêchant d'augmenter le volume.

Son corps était figé sur place, mais ses membres tremblaient de tous côtés. Cela suffit à Orion pour que son esprit se réveille instantanément. Clignant plusieurs fois des paupières pour se donner une contenance, il s'abaissa légèrement pour croiser son regard, mais n'y rencontra que le vide. Sa main vint trouver son épaule pour y appliquer une légère pression.

« Tout va bien, Étoile ? »

@Stella Ruewen, le chevalier arrive pour secourir sa princesse.
649 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

Stirling, Ecosse Embrasse moi sur les rêves
Quelque chose n'allait pas. Il faisait froid, si froid dans cette maison, dans ces vêtements trop grands, dans ce corps si frêle. Suffocant, L'Etoile s'éteignait. Ses rêves lui glissaient des doigts, ses pensées les plus intimes s'envolaient avec les larmes rondes sur ses joues et sa joie s'éteignait comme la flamme vacillante d'une bougie à la mèche déjà trop longtemps brûlée. Elle n'allait pas s'en sortir seule, elle ne pouvait pas s'en sortir seule. C'était trop dur, trop douloureux, trop fort... La jeune fille n'avait ni la force ni le courage nécessaire de combattre les Ombres, pas après un cauchemar aussi réaliste, pas après ce rêve terrible dont elle peinait toujours à émerger, comme si les vapeurs s'accrochaient à elle afin de continuer de la faire sombrer vers les abysses.

Mais Orion pourrait la sauver. Stella en était persuadée ; le garçon avait la force et le pouvoir aussi étonnant que puissant de la ramener à la réalité, de l'arracher à ce cauchemar éveillé.

Alors pourquoi attendait elle ainsi figée dans la pénombre, dissimulée dans toute la noirceur de la nuit et l'horreur des rêves susurrés par Morphée ? Pourquoi diable était-elle incapable de faire le moindre geste en direction de la porte du garçon ? Que se passait-il à l'intérieur d'elle pour qu'elle ne veuille ni ne puisse bouger, se libérer de l'emprise de la vile vipère qui avait imaginé ce... cet espèce de cauchemar, cette torture ? Il fallait qu'elle bouge. Qu'elle fasse quelque chose.

Orion.

Le garçon sortit de sa chambre d'une démarche encore hésitante. Et si l'Etoile hésita à aller se faire remarquer, le Chasseur n'eut besoin que d'une fraction de seconde pour la voir. Son prénom sonna dans l'air, prononcé d'une voix rauque qui agita un instant le coeur de Stella.

Un regard, une main sur son épaule. La chaleur de sa peau à travers le tissus de son pyjama.

Je-... A l'aide, supplia-t-elle dans un souffle. S'il te plait, sauve-moi.


@Orion Blackburn, et de 3/12 !
~327 mots.

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
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Stirling, Ecosse Embrasse moi sur les rêves
Il était horriblement confus. Est-ce qu'il rêvait ? Est-ce que la soif lui avait à ce point retourné l'esprit pour qu'il croie être face à une illusion de l'Étoile dans tous ses états ? Non. Les tremblements sous ses doigts étaient bien réels et la terreur dans ses yeux ne laissait aucun doute. Orion n'avait aucune foutue idée de ce qu'elle fichait là ni de ce qui l'avait mise dans cet état, mais le sang qui brûla dans ses tempes à la pensée que quelque chose ait pu lui faire du mal l'incita à se pencher pour aligner ses yeux sur les siens.

« Stella, qu'est-ce qu'il se pa- »

Sa voix mutilée lui arriva comme une lame brûlante. Son cœur se serra presqu'aussitôt. La sauver. Il se revit au début de l'été, sur la voie 93/4. Il assistait à la même scène. Au souffle court de Stella, incapable de reprendre consistance. Le sol se dérobait sous ses pieds, elle quittait peu à peu sa lucidité pour laisser place à des Ombres qu'il n'arrivait pas à voir.

« Je suis là, Étoile, je suis là », murmura-t-il. Sa main qui avait coulé sur son épaule descendit doucement le long de son bras pour trouver ses doigts et les serrer entre les siens. Elle avait besoin d'aide, alors il l'aiderait. Puis, son autre main vint trouver celle qui lui restait de libre et il l'apposa sur sa propre poitrine pour qu'elle puisse sentir les battements de son cœur ainsi que les respirations régulières qui soulevaient son torse. « Viens avec moi. »

Sa soif était totalement oubliée. À cet instant, seule sa précieuse Étoile occupait son esprit. Que ses parents ou sa sœur les entendent lui importait bien peu également. Il avait dit qu'il ne la laisserait pas, qu'il ne la lâcherait pas. Il n'avait pas osé le promettre, mais il ne se sentait pas de manquer à ses engagements. Fragile, il l'attira doucement vers l'intérieur de la pièce pour la diriger vers son lit où elle pourrait se poser à son aise, réapprendre à respirer, retrouver ses esprits. Réaliser qu'elle était en sécurité.

Il s'assit et, quand elle fut à ses côtés, glissa gentiment son bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui, chuchotant des mots rassurants à ses oreilles. Son odeur vint chatouiller ses narines, mais il y fit à peine attention. Orion voulait juste qu'elle aille bien. Qu'importe l'ombre qui la poursuivait ou le mal qui l'entourait, il était prêt à combattre.

« Calme-toi, je suis là. »

@Stella Ruewen, pauvre petite Étoile...
422 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige