Débris de verre sous les achats
Mercredi 05 juilet 2051
En début d'après-midi
Avec : @Sage Matthews et Hope Cuthbert (PNJ)
En début d'après-midi
Avec : @Sage Matthews et Hope Cuthbert (PNJ)
George sortit de la boutique de Madame Guipure un sourire aux lèvres et son sac remplit d'achats. A côté de lui sa fille de 6 ans sautillait gaiement, heureuse. Le sorcier venait de lui refaire sa garde-robe puisque ses vêtements étaient devenus trop petits pour elle. Et, voulant faire plaisir à Hope, le professeur avait tenu à lui offrir deux belles robes. Il aimait voir sa fille sourire ce qui devenait rare ces derniers temps.
- Merci papa !
Le sorcier lui ébouriffa les cheveux, geste affectif que Hope aimait beaucoup.
- Avant de rentrer, j'ai quelques courses à faire chez Apothic'herbes.
Hope suivit son père sans se soucier un instant si cela la dérangeait. Elle était tellement heureuse de passer beaucoup de temps avec son père qu'elle pouvait le suivre dans n'importe quel endroit. En entrant dans la boutique, George se dirigea vers les ingrédients de potions ; sa fille derrière elle. Mais bien vite, il se trouva perturbé d'avoir Hope dans ses pattes. Il lui souffla alors :
- Que dirais-tu de regarder les livres pendant que je cherche les ingrédients ?
Point de vue de Hope
Hope secoua la tête et à contre-coeur se dirigea à petits pas vers les livres. Mais les livres nétaient clairement pas intéressants... contrairement aux plantes suspendus depuis le plafond. La petite fille leva la tête pour les observer. Ils étaient beaux et ils garniraient sans doute très bien une table.
Son regard fut soudainement attiré par du bruit à l'extérieur. Elle s'avança vers l'une des vitrines et regarda à travers la vitre.
Des enfants marchaient dans la rue. Ils étaient suivis de près par un couple.
Un papa. Et une maman.
Une maman. Pourquoi était-elle la seule enfant à ne pas en avoir une ?
Elle s'appuya sur le rebord pour pouvoir suivre la famille des yeux mais en se penchant, elle renversa une fiole de potions.
Elle recula, mortifiée alors que George - alerté par le fracas du verre sur le sol - accourait en s'écriant, énervé :
- Hope ! Je t'ai dit d'attendre près des livres ! Qu'est-ce qui t'as prit ?
- Je... J'ai pas fait exprès...
Hope regarda son père, le regard penaud. Elle voulait juste voir la maman. Elle tourna légèrement la tête vers la rue mais les passants étaient partis. La fillette regarda son père et pleura. George éloigna sa fille des débris de verre et s'approcha du comptoir.
- Excusez-moi ? Je suis désolé de vous importuner mais ma fille a accidentellement renversé une fiole.
Dis-moi si le contexte, la date et le titre te conviennent ! J'ai pas pu résister à faire ce RP
En espérant que ça te plaira !
Professeur de SaCM depuis le 01.06.2051
HRP, j'accepte avec joie le tutoiement !
HRP, j'accepte avec joie le tutoiement !
Débris de verre sous les achats
Premier jour. J'ai pas intérêt à me foirer. Vraiment pas. En plus, Onyama a été très claire : on montre la nouvelle gérance d'Apothic'Herbes. On ne peut pas se louper, la première impression est la plus importante. Alors, aujourd'hui, j'enfile mon plus beau sourire et j'ai même mis mon plus beau chemisier. On a fini le déménagement hier, mais il reste encore quelques trucs de paperasse que ma patronne doit gérer, alors elle m'a laissé la boutique pour que je la gère quelques heures. On ne m'a jamais fait confiance aussi vite, à un nouveau job. D'un côté, ça me flatte ; de l'autre, ça veut dire que je n'ai pas le droit à l'erreur. Il va falloir que je sois efficace, juste et au service de tous. Je me rassure au moins par le fait qu'on est mercredi. Un vendredi ou un samedi, j'aurais paniqué, mais je sais que le Chemin de Traverse est un peu plus lent pendant les jours de la semaine.
Cependant, la boutique n'est pas vide pour autant. Je suis face à un client particulièrement soucieux qui cherche un remède contre les furoncles. Ce n'est pas un vilain monsieur, mais j'imagine secrètement que c'est le genre de personne qui établit des théories du complot. Qui sait, peut-être qu'il croit que la Terre est plate ? Alors, j'y crois pas, mais je n'ai jamais vu la courbure de la Terre non plus. Avec la poudre de cheminette, difficile de voir le trajet. Bref. Je suis concentrée sur mon client, alors je ne vois pas le monsieur qui rentre dans la boutique aux côtés d'une petite fille. D'un sourire, je continue ma conversation. Avec un sourire, je reprends :
« Monsieur, je vous assure que c'est le meilleur remède sur le march- »
Un fracas assourdissant retentit dans le magasin. Oh-oh. Je fronce les sourcils, m'excuse auprès du monsieur qui paraît tout aussi désarçonné que moi et me dirige avec précipitation vers la source du bruit. Et là, je tombe sur une pauvre petite fille au bord des larmes au milieu de centaines de bouts de verre avec un liquide que je reconnais être une potion d'aiguise-méninges. Je n'ai le temps de rien dire que le monsieur — que je suppose être son père — s'avance vers moi.
« Oh il n'y a pas de ! Pas de... Pas... de... »
Mon regard se dirige vers l'homme. Waouh. Erreur 404. Cerveau hors service. Ce type est... J'ai la bouche bée, le cœur qui bat à cent à l'heure. Mes yeux le détaillent brièvement, mais je n'ai pas besoin de plus de cinq secondes pour réaliser que je viens de tomber sur l'homme le plus sexy du Chemin de Traverse. Reprends-toi, Sage, bon sang ! Je ferme la bouche, secoue la tête et lui adresse un gentil sourire. Je suis complètement perturbée par la beauté de cet homme, mais il va falloir que je me calme. Mince, Sage, il a au moins... dix ans de plus ! Un peu de tenue.
« Je- Vous ne m'importunez pas du tout, c-ce n'est pas grave du tout, ça arrive , balbutié-je, ayant du mal à retrouver contenance.
Je prends une profonde inspiration avant de lui afficher mon plus beau sourire.
— On va trouver de quoi nettoyer, ça arrive à tout le monde ! »
Et la pauvre petite qui pleure derrière... Je m'avance doucement et vient me saisir délicatement de sa main.
« Viens ma poupette, on va te trouver des mouchoirs pour essuyer ces vilaines larmes et puis un petit tour de baguette magique et tout sera nettoyé, ne t'inquiète pas, dis-je doucement, puis, la voix plus forte : ATTENTION, TOUT LE MONDE, DÉBRIS À TERRE ! »
Bah oui, faudrait pas que quelqu'un marche là-dedans.
Cependant, la boutique n'est pas vide pour autant. Je suis face à un client particulièrement soucieux qui cherche un remède contre les furoncles. Ce n'est pas un vilain monsieur, mais j'imagine secrètement que c'est le genre de personne qui établit des théories du complot. Qui sait, peut-être qu'il croit que la Terre est plate ? Alors, j'y crois pas, mais je n'ai jamais vu la courbure de la Terre non plus. Avec la poudre de cheminette, difficile de voir le trajet. Bref. Je suis concentrée sur mon client, alors je ne vois pas le monsieur qui rentre dans la boutique aux côtés d'une petite fille. D'un sourire, je continue ma conversation. Avec un sourire, je reprends :
« Monsieur, je vous assure que c'est le meilleur remède sur le march- »
Un fracas assourdissant retentit dans le magasin. Oh-oh. Je fronce les sourcils, m'excuse auprès du monsieur qui paraît tout aussi désarçonné que moi et me dirige avec précipitation vers la source du bruit. Et là, je tombe sur une pauvre petite fille au bord des larmes au milieu de centaines de bouts de verre avec un liquide que je reconnais être une potion d'aiguise-méninges. Je n'ai le temps de rien dire que le monsieur — que je suppose être son père — s'avance vers moi.
« Oh il n'y a pas de ! Pas de... Pas... de... »
Mon regard se dirige vers l'homme. Waouh. Erreur 404. Cerveau hors service. Ce type est... J'ai la bouche bée, le cœur qui bat à cent à l'heure. Mes yeux le détaillent brièvement, mais je n'ai pas besoin de plus de cinq secondes pour réaliser que je viens de tomber sur l'homme le plus sexy du Chemin de Traverse. Reprends-toi, Sage, bon sang ! Je ferme la bouche, secoue la tête et lui adresse un gentil sourire. Je suis complètement perturbée par la beauté de cet homme, mais il va falloir que je me calme. Mince, Sage, il a au moins... dix ans de plus ! Un peu de tenue.
« Je- Vous ne m'importunez pas du tout, c-ce n'est pas grave du tout, ça arrive , balbutié-je, ayant du mal à retrouver contenance.
Je prends une profonde inspiration avant de lui afficher mon plus beau sourire.
— On va trouver de quoi nettoyer, ça arrive à tout le monde ! »
Et la pauvre petite qui pleure derrière... Je m'avance doucement et vient me saisir délicatement de sa main.
« Viens ma poupette, on va te trouver des mouchoirs pour essuyer ces vilaines larmes et puis un petit tour de baguette magique et tout sera nettoyé, ne t'inquiète pas, dis-je doucement, puis, la voix plus forte : ATTENTION, TOUT LE MONDE, DÉBRIS À TERRE ! »
Bah oui, faudrait pas que quelqu'un marche là-dedans.
@George Cuthbert, c'est parfait ! J'ai trop ri en écrivant mon post
627 mots
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Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
Débris de verre sous les achats
George regarda la jeune femme en face de lui. Elle avait une drôle de façon de le regarder mais après tout, c'était normal. Quel père laissait sa fille seule dans un magasin avec autant de fioles à disposition ? Et puis, ce n'était pas ce qui inquiétait le plus le sorcier. Hope n'était pas du genre à toucher à tout - excepté lorsqu'il y avait des robes, des friandises et tout autres objets roses ou à paillettes. En l'occurence, il n'y avai rien de tout ça dans la boutique alors qu'est-ce qui avait bien pu se passer ?
Heureusement, l'employée en face de lui le rassura sur un point. Il ne l'importunait pas et ne prit pas la peine de montrer une once d'agacement. Elle se montrait calme, souriante et très professionnelle.
- C'est très gentil à vous ! Bien entendu, je m'occuerais de payer ce qu'il faut.
Il regarda ensuite la jeune femme s'avancer vers sa fille et lui prendre la main. Il vit Hope lever les yeux vers l'inconnue et bien vite, elle observa cette dernière avec un regard pétillant.
Oh non, par Merlin ! Pas ça !
A travers ses larmes, la fillette avait vu la belle inconnue s'approcher de son père. Elle ne semblait pas fâchée. Elle trouvait ça étrange car lorsqu'elle avait cassé une des fioles de sa grand-mère, celle-ci l'avait réprimandée sévèrement. Pourquoi la belle dame ne faisait pas pareil ?
Et quand l'inconnue lui prit la main, le coeur de Hope se gonfla. D'amour, de reconnaissance, de quelque chose. En plus, elle l'avait surnommée "poupette" ! A part son pèr, sa tante ou Lily, personne ne lui donnait de surnoms. Elle écouta la dame et puis, comme si elle se sentait obligée de se justifier, elle se lança dans une série d'explications en reniflant :
- Je voulais pas tout cassé, dit-elle d'une voix penaude. Je voulais juste voir la maman dehors. Voir comment elle était. Voir à quoi ça ressemble.
Et puis, soudain, son regard se fit plus pétillant :
- Mais vous, vous pouvez être ma maman ! Vous êtes belle et-
- Hope, l'interrompit George. Ce ne sont pas des choses qui se demande.
Il la serra dans ses bras en lui donnant un baiser sur le sommet de son crâne. Puis, George leva les yeux vers l'employée, mal à l'aise. Le rouge lui monta aux joues, gêné d'avoir à faire face à une telle situation.
- Je suis désolé pour ce que ma fille vient de vous dire. Elle... C'est assez compliqué.
Hope ne lâchait toujours pas la belle dame du regard. Elle n'écoutait plus son père. Tout ce qui lui importait, c'était de regarder cette belle dame toute gentille qui n'avait pas une seule fois levée la voix sur elle.
@Sage Matthews qu'est-ce que j'ai ri en lisant ton post ! J'aime beaucoup ce RP
Heureusement, l'employée en face de lui le rassura sur un point. Il ne l'importunait pas et ne prit pas la peine de montrer une once d'agacement. Elle se montrait calme, souriante et très professionnelle.
- C'est très gentil à vous ! Bien entendu, je m'occuerais de payer ce qu'il faut.
Il regarda ensuite la jeune femme s'avancer vers sa fille et lui prendre la main. Il vit Hope lever les yeux vers l'inconnue et bien vite, elle observa cette dernière avec un regard pétillant.
Oh non, par Merlin ! Pas ça !
Point de vue de Hope
A travers ses larmes, la fillette avait vu la belle inconnue s'approcher de son père. Elle ne semblait pas fâchée. Elle trouvait ça étrange car lorsqu'elle avait cassé une des fioles de sa grand-mère, celle-ci l'avait réprimandée sévèrement. Pourquoi la belle dame ne faisait pas pareil ?
Et quand l'inconnue lui prit la main, le coeur de Hope se gonfla. D'amour, de reconnaissance, de quelque chose. En plus, elle l'avait surnommée "poupette" ! A part son pèr, sa tante ou Lily, personne ne lui donnait de surnoms. Elle écouta la dame et puis, comme si elle se sentait obligée de se justifier, elle se lança dans une série d'explications en reniflant :
- Je voulais pas tout cassé, dit-elle d'une voix penaude. Je voulais juste voir la maman dehors. Voir comment elle était. Voir à quoi ça ressemble.
Et puis, soudain, son regard se fit plus pétillant :
- Mais vous, vous pouvez être ma maman ! Vous êtes belle et-
- Hope, l'interrompit George. Ce ne sont pas des choses qui se demande.
Il la serra dans ses bras en lui donnant un baiser sur le sommet de son crâne. Puis, George leva les yeux vers l'employée, mal à l'aise. Le rouge lui monta aux joues, gêné d'avoir à faire face à une telle situation.
- Je suis désolé pour ce que ma fille vient de vous dire. Elle... C'est assez compliqué.
Hope ne lâchait toujours pas la belle dame du regard. Elle n'écoutait plus son père. Tout ce qui lui importait, c'était de regarder cette belle dame toute gentille qui n'avait pas une seule fois levée la voix sur elle.
@Sage Matthews qu'est-ce que j'ai ri en lisant ton post ! J'aime beaucoup ce RP
Professeur de SaCM depuis le 01.06.2051
HRP, j'accepte avec joie le tutoiement !
HRP, j'accepte avec joie le tutoiement !
Débris de verre sous les achats
Il fait chaud, ici, non ? Oui, c'est l'été, bien sûr qu'il fait chaud. Satané réchauffement climatique, ces moldus auront notre peau.
Sauf que je sais que ce n'est pas parce qu'il fait chaud dehors — Onyama a mis un sortilège dans la boutique pour la garder au frais. À son âge, il faut faire attention aux coups de chaud. Et je sais aussi que ce n'est pas à cause des moldus. Cet homme est juste absolument ravissant et moi, je suis l'adolescente qui bave sur un type qui pourrait être mon père. Bon, j'abuse complètement. On a quoi, genre... dix ans d'écart ? C'est rien. Mais c'est assez pour que je sois affreusement gênée.
J'emmène la fille du beau gosse avec moi pour ignorer le rouge cramoisi qui me brûle le visage en faisant attention à ne pas croiser son regard sombre et ténébreux. Il me remercie de ma diplomatie, mais je n'ose même pas répondre. Mince quoi, c'est mon premier jour ! Je peux pas tomber amoureuse de mon premier client un peu beau gosse ! Il a une fille en plus, c'est un père et certainement un mari, je suis complètement frappadingue. Je quitte finalement mes pensées quand la petite fille — Hope, si j'ai bien suivi les dires de son père — et un petit sourire compatissant se dessine sur mes lèvres.
Elle voulait voir la maman. Outre le fait que ça me souffle que monsieur beau gosse est célib', la phrase me touche particulièrement. Une maman. Je sais aussi ce que c'est, de se demander à quoi ressemble l'amour d'une maman. Je ne dois pas me plaindre, ma mère est encore là. Mais moi, j'ai eu une mère. Pas une maman. Je n'ai pas eu droit aux regards doux quand je me suis écorché les genoux, je n'ai pas connu les caresses dans mon dos pour me rassurer quand la nuit était trop sombre et je n'ai jamais reçu un baiser d'amour qui me rappelle que je suis la prunelle du monde de quelqu'un. Une mère, j'en ai eu une, oui. Mais une maman, elle, non, je ne l'ai jamais vue.
Je veux m'accroupir pour sécher ses larmes et la rassurer que ce n'est pas grave une nouvelle fois, mais elle m'en empêche avec une demande qui me prend de court et me fait écarquiller les yeux.
« Je- Oh ! Enfin... »
Être sa maman ? Autant, pour sortir avec monsieur beau gosse, c'est pas un souci, mais- Non. Sage, on se calme. De toute façon, son père l'interrompt bien assez vite et la rapproche de lui en la réprimandant. Je prends mon courage à deux mains pour croiser son regard, chassant toutes les pensées parasites que j'ai eues jusque-là et lui souris doucement. Visiblement, il est gêné aussi. Ça me rassure un peu et ça me permet d'oublier ma réaction à peine professionnelle que j'ai eue. Je me penche au-dessus du comptoir, prends un bout de tissu qui traîne et le lui tends lentement, le regard compatissant.
« Ne vous inquiétez pas, ça ne me regarde pas, dis-je, la voix douce. Tenez, pour ses larmes. Et, pour la fiole... Désolée, c'est mon premier jour ! Je vous aurais bien proposé de ne pas la payer, mais ce n'est pas moi la patronne et- et je sais que vous avez proposé de la payer, hein ! M-mais je ne peux pas vous dire que c'est la maison qui offre. J'suis pas la patronne, juste une employée, juste une-
Sage. Calme-toi. Je prends une profonde inspiration.
— Mais vous pouvez garder le mouch-
Waouh. Cadeau de ouf.
— Je ferai le ménage, vous inquiétez pas. Vous pouvez retourner à vos emplettes tranquillou. »
... Tranquillou. TRANQUILLOU ? Je souris, mais je sens que mon visage est crispé. Je veux me crier dessus. Sage, on ne dit pas tranquillou à son client ? Je dois garder la face. Je baisse les yeux vers la petite Hope et, pour tenter de faire oublier mon langage trop familier, je m'abaisse.
« Et toi, tu me sèches ces larmes, d'accord ? Plus de peur que de mal, ce n'est qu'une bête fiole de potion. Ça se refait. »
Oui, ça se refait. Avec des ingrédients qui coûtent de l'argent et du temps sur les mains. Mais l'argent, ça se revient. Et les ingrédients, ça se rachète.
Sauf que je sais que ce n'est pas parce qu'il fait chaud dehors — Onyama a mis un sortilège dans la boutique pour la garder au frais. À son âge, il faut faire attention aux coups de chaud. Et je sais aussi que ce n'est pas à cause des moldus. Cet homme est juste absolument ravissant et moi, je suis l'adolescente qui bave sur un type qui pourrait être mon père. Bon, j'abuse complètement. On a quoi, genre... dix ans d'écart ? C'est rien. Mais c'est assez pour que je sois affreusement gênée.
J'emmène la fille du beau gosse avec moi pour ignorer le rouge cramoisi qui me brûle le visage en faisant attention à ne pas croiser son regard sombre et ténébreux. Il me remercie de ma diplomatie, mais je n'ose même pas répondre. Mince quoi, c'est mon premier jour ! Je peux pas tomber amoureuse de mon premier client un peu beau gosse ! Il a une fille en plus, c'est un père et certainement un mari, je suis complètement frappadingue. Je quitte finalement mes pensées quand la petite fille — Hope, si j'ai bien suivi les dires de son père — et un petit sourire compatissant se dessine sur mes lèvres.
Elle voulait voir la maman. Outre le fait que ça me souffle que monsieur beau gosse est célib', la phrase me touche particulièrement. Une maman. Je sais aussi ce que c'est, de se demander à quoi ressemble l'amour d'une maman. Je ne dois pas me plaindre, ma mère est encore là. Mais moi, j'ai eu une mère. Pas une maman. Je n'ai pas eu droit aux regards doux quand je me suis écorché les genoux, je n'ai pas connu les caresses dans mon dos pour me rassurer quand la nuit était trop sombre et je n'ai jamais reçu un baiser d'amour qui me rappelle que je suis la prunelle du monde de quelqu'un. Une mère, j'en ai eu une, oui. Mais une maman, elle, non, je ne l'ai jamais vue.
Je veux m'accroupir pour sécher ses larmes et la rassurer que ce n'est pas grave une nouvelle fois, mais elle m'en empêche avec une demande qui me prend de court et me fait écarquiller les yeux.
« Je- Oh ! Enfin... »
Être sa maman ? Autant, pour sortir avec monsieur beau gosse, c'est pas un souci, mais- Non. Sage, on se calme. De toute façon, son père l'interrompt bien assez vite et la rapproche de lui en la réprimandant. Je prends mon courage à deux mains pour croiser son regard, chassant toutes les pensées parasites que j'ai eues jusque-là et lui souris doucement. Visiblement, il est gêné aussi. Ça me rassure un peu et ça me permet d'oublier ma réaction à peine professionnelle que j'ai eue. Je me penche au-dessus du comptoir, prends un bout de tissu qui traîne et le lui tends lentement, le regard compatissant.
« Ne vous inquiétez pas, ça ne me regarde pas, dis-je, la voix douce. Tenez, pour ses larmes. Et, pour la fiole... Désolée, c'est mon premier jour ! Je vous aurais bien proposé de ne pas la payer, mais ce n'est pas moi la patronne et- et je sais que vous avez proposé de la payer, hein ! M-mais je ne peux pas vous dire que c'est la maison qui offre. J'suis pas la patronne, juste une employée, juste une-
Sage. Calme-toi. Je prends une profonde inspiration.
— Mais vous pouvez garder le mouch-
Waouh. Cadeau de ouf.
— Je ferai le ménage, vous inquiétez pas. Vous pouvez retourner à vos emplettes tranquillou. »
... Tranquillou. TRANQUILLOU ? Je souris, mais je sens que mon visage est crispé. Je veux me crier dessus. Sage, on ne dit pas tranquillou à son client ? Je dois garder la face. Je baisse les yeux vers la petite Hope et, pour tenter de faire oublier mon langage trop familier, je m'abaisse.
« Et toi, tu me sèches ces larmes, d'accord ? Plus de peur que de mal, ce n'est qu'une bête fiole de potion. Ça se refait. »
Oui, ça se refait. Avec des ingrédients qui coûtent de l'argent et du temps sur les mains. Mais l'argent, ça se revient. Et les ingrédients, ça se rachète.
@George Cuthbert, je meurs de rire, c'est beaucoup trop
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