S'accepter comme on est
PNJ Joker (1/12)
TW : Cigarette

Edwin Wellhister,
19 ans, futur 7ème année.
Serpentard, Né moldu.
Haut de son mètre 96.
Tenue & Cheveux tressés
Rue principale,
Aux alentours du Chaudron Baveur.
Un Samedi de Juillet 2051.
Milieu d'après midi.
Edwin se sentait... Lourd et léger à la fois. Lourd d'une angoisse qui, logée dans le creux de son estomac, rendait chaque pas difficile. Léger d'un sentiment qu'il ne ressentait pas souvent : l'idée obsédante d'être enfin à sa place. Enfin lui. Des années à chercher qui être, qui devenir et comment. Des moments d'angoisse, des nuits à rester éveillé dans l'appartement d'Owen, à se demander comment son frère faisait pour avoir l'air complet. Lui, il ne s'était jamais senti pareil. Il y avait toujours eu un creux en lui.
Au début, le Serpentard s'était imaginé que tout le monde avait cette impression de trou noir au fond de la poitrine. Ce petit monstre qui vivait entre ses poumons et qui suçait sa vie petit à petit. Et puis, il s'était rendu compte que, s'il n'était pas seul dans ce cas, la majorité des gens ne se posaient pas la question de savoir quelle partie d'eux manquait, et qu'elle partie était morte. Après s'être rendu compte que les élèves qui l'entouraient vivaient une vie à peu près légère, Edwin s'était senti bien seul et s'était mis en tête de comprendre ce qui, manifestement, n'allait pas chez lui.
La magie, en premier. Et puis, le fait d'être Né-moldu. La réalisation qu'il se voyait autant dans les bras d'un homme qu'entre le creux de ceux d'une femme. Tout avait été une excuse : s'il ne se sentait pas bien, c'était à cause de ça, ou de çi. Il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'il puisse se sentir bien parce que toutes ces choses faisaient partie de lui. Il n'avait jamais même imaginé qu'un jour, il puisse se sentir différent de la bonne manière, et que cela lui fasse plaisir. Que cela guérisse quelque chose en lui.
Il ne s'agissait plus d'être différent parce que compter était difficile, et qu'écrire l'était tout autant. Ce n'était plus non plus parce qu'il était trop vieux, trop redoublant, trop paumé. Il était différent parce qu'il avait envie d'embrasser cette partie de lui, qui ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas maquiller ses ongles ou ses yeux.
Alors, il avait profité des quelques jours qu'il s'accordait seul à Londres - avec, évidemment, l'autorisation d'Owen - pour se balader du côté Moldu. Il avait marché, et puis marché, et traversé Londres du Chemin de Traverse jusqu'à son ancienne maison. Il avait regardé les anciennes ruines, détruites par le feu, nouvellement reconstituées, avec ce gamin qui courrait dans le jardin. Il en avait pleuré, de voir de la joie dans cet endroit qui ne lui rappelait que des mauvais souvenirs. Et puis, il s'était enfui comme un voleur quand le petit s'était approché. Il avait couru, comme à son habitude, à travers les jardins, à sauter par dessus des murets. Et il s'était senti vivant, comme jamais il ne se sentait à Poudlard.
L'idée avait germé dans son esprit à cet instant là. Pourquoi attendre encore, alors qu'il s'avait parfaitement la personne qu'il voulait être ? Pourquoi se forcer à porter ses vêtements dans lesquels il ne se sentait ni joli, ni heureux ? Et le Londres moldu regorgeait de petites boutiques et de jeunes gens prêts à passer quelques minutes à lui proposer des tenues, à l'aguiller sur quel maquillage acheté, et pour quoi faire. Il avait pu observer tout ça de ses yeux à lui, sans avoir peur du regard des autres parce qu'il était seul. Délicieusement seul avec ses envies et ses belles idées.
Il n'avait jamais été fait pour rester entouré tout le temps, Edwin, même s'il se sentait régulièrement déprimé quand il n'était pas entouré. Malgré cette angoisse qui le forçait à s'accrocher aux gens, il avait besoin de temps seul. Owen l'avait tout de suite compris, et avait accepté tout aussi vite que son frère aille passer quelques jours à Londres tout seul durant les vacances. Il semblait parfaitement comprendre que ce n'était pas une envie comme ça, mais un véritable besoin. Et, cette fois-ci, Edwin avait profité de ces quelques jours seul pour réfléchir et évoluer dans son coin, comme il le souhaitait.
Tout avait semblé naturel. Apprendre à faire un trait d'eyeliner qui ne bavait pas trop, et à ne pas faire déborder son vernis. Des dizaines d'essais, enfermé dans la petite salle de bain de sa chambre au Chaudron Baveur. Des heures à ne penser qu'à lui, à admirer sa forme dans les quelques nouveaux pantalons qu'il s'était acheté avec les nombreuses économies qu'il avait de côté, gracieuseté d'Owen pour ses anniversaires. Des heures à se dire qu'il aimait ses formes dans son pantalon plutôt que de chercher où il pouvait encore perdre quelques kilo pour se faire le plus petit possible. Car Edwin n'était pas petit et n'avait jamais réussi à se faire disparaître au regard des autres, peu importe le nombre de fois où il avait essayé d'être discret, invisible. Alors, il allait apprendre à être lui. Avec son mètre 96, et même un peu plus, vissé dans ses talons de quelques centimètres. De jolies bottines noires, qui étaient difficiles à trouver dans sa taille, d'ailleurs !
Tout avait semblé naturel et facile jusqu'à ce qu'il arrive dans la ruelle du Chemin de Traverse. Si se balader comme ça dans le monde moldu ne lui avait pas paru terrifiant... L'idée de le faire dans le monde sorcier l'était, elle.
Hésitant à faire demi tour, Edwin se força à avancer de quelques pas. Bientôt, il fut passé devant la Galerie de Travers et aucun éclair divin n'était venu le faire trépasser. Mais, toujours angoissé, le Serpentard fouilla rapidement dans la sacoche qu'il avait à la taille et en sorti une cigarette qu'il alluma d'une main experte. Les doigts tremblants, il la porta à sa bouche et enfonça ses mains dans ses poches pour les empêcher de trembler. Et si quelqu'un de Poudlard le voyait ? Et si, finalement, il n'était pas prêt à ce que quelqu'un le remarque ? Peut-être qu'il avait fait trop de pas d'un coup. A Poudlard, le maximum qu'il n'ait jamais fait c'était porter le chouchou à paillettes de Lily-Rose et la petite barrette en forme de fraise qu'il glissait tous les matins dans ses cheveux. Et aujourd'hui, non seulement le chouchou à paillettes était là, mais tout le reste aussi. Et perché sur ses talons, le monde lui paraissait encore plus petit qu'habituellement. Ce qui signifiait que, pour les autres, il était encore plus un Gratte-Ciel que d'habitude.
Il se tourna vers la vitrine de la Galerie et fit semblant d'en admirer l'intérieur, juste le temps de calmer son angoisse et qu'il puisse à nouveau reprendre son chemin sans avoir l'air d'un petit faon en train d'apprendre à marcher.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
TW : Cigarette

Edwin Wellhister,
19 ans, futur 7ème année.
Serpentard, Né moldu.
Haut de son mètre 96.
Tenue & Cheveux tressés
Rue principale,
Aux alentours du Chaudron Baveur.
Un Samedi de Juillet 2051.
Milieu d'après midi.
Edwin se sentait... Lourd et léger à la fois. Lourd d'une angoisse qui, logée dans le creux de son estomac, rendait chaque pas difficile. Léger d'un sentiment qu'il ne ressentait pas souvent : l'idée obsédante d'être enfin à sa place. Enfin lui. Des années à chercher qui être, qui devenir et comment. Des moments d'angoisse, des nuits à rester éveillé dans l'appartement d'Owen, à se demander comment son frère faisait pour avoir l'air complet. Lui, il ne s'était jamais senti pareil. Il y avait toujours eu un creux en lui.
Au début, le Serpentard s'était imaginé que tout le monde avait cette impression de trou noir au fond de la poitrine. Ce petit monstre qui vivait entre ses poumons et qui suçait sa vie petit à petit. Et puis, il s'était rendu compte que, s'il n'était pas seul dans ce cas, la majorité des gens ne se posaient pas la question de savoir quelle partie d'eux manquait, et qu'elle partie était morte. Après s'être rendu compte que les élèves qui l'entouraient vivaient une vie à peu près légère, Edwin s'était senti bien seul et s'était mis en tête de comprendre ce qui, manifestement, n'allait pas chez lui.
La magie, en premier. Et puis, le fait d'être Né-moldu. La réalisation qu'il se voyait autant dans les bras d'un homme qu'entre le creux de ceux d'une femme. Tout avait été une excuse : s'il ne se sentait pas bien, c'était à cause de ça, ou de çi. Il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'il puisse se sentir bien parce que toutes ces choses faisaient partie de lui. Il n'avait jamais même imaginé qu'un jour, il puisse se sentir différent de la bonne manière, et que cela lui fasse plaisir. Que cela guérisse quelque chose en lui.
Il ne s'agissait plus d'être différent parce que compter était difficile, et qu'écrire l'était tout autant. Ce n'était plus non plus parce qu'il était trop vieux, trop redoublant, trop paumé. Il était différent parce qu'il avait envie d'embrasser cette partie de lui, qui ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas maquiller ses ongles ou ses yeux.
Alors, il avait profité des quelques jours qu'il s'accordait seul à Londres - avec, évidemment, l'autorisation d'Owen - pour se balader du côté Moldu. Il avait marché, et puis marché, et traversé Londres du Chemin de Traverse jusqu'à son ancienne maison. Il avait regardé les anciennes ruines, détruites par le feu, nouvellement reconstituées, avec ce gamin qui courrait dans le jardin. Il en avait pleuré, de voir de la joie dans cet endroit qui ne lui rappelait que des mauvais souvenirs. Et puis, il s'était enfui comme un voleur quand le petit s'était approché. Il avait couru, comme à son habitude, à travers les jardins, à sauter par dessus des murets. Et il s'était senti vivant, comme jamais il ne se sentait à Poudlard.
L'idée avait germé dans son esprit à cet instant là. Pourquoi attendre encore, alors qu'il s'avait parfaitement la personne qu'il voulait être ? Pourquoi se forcer à porter ses vêtements dans lesquels il ne se sentait ni joli, ni heureux ? Et le Londres moldu regorgeait de petites boutiques et de jeunes gens prêts à passer quelques minutes à lui proposer des tenues, à l'aguiller sur quel maquillage acheté, et pour quoi faire. Il avait pu observer tout ça de ses yeux à lui, sans avoir peur du regard des autres parce qu'il était seul. Délicieusement seul avec ses envies et ses belles idées.
Il n'avait jamais été fait pour rester entouré tout le temps, Edwin, même s'il se sentait régulièrement déprimé quand il n'était pas entouré. Malgré cette angoisse qui le forçait à s'accrocher aux gens, il avait besoin de temps seul. Owen l'avait tout de suite compris, et avait accepté tout aussi vite que son frère aille passer quelques jours à Londres tout seul durant les vacances. Il semblait parfaitement comprendre que ce n'était pas une envie comme ça, mais un véritable besoin. Et, cette fois-ci, Edwin avait profité de ces quelques jours seul pour réfléchir et évoluer dans son coin, comme il le souhaitait.
Tout avait semblé naturel. Apprendre à faire un trait d'eyeliner qui ne bavait pas trop, et à ne pas faire déborder son vernis. Des dizaines d'essais, enfermé dans la petite salle de bain de sa chambre au Chaudron Baveur. Des heures à ne penser qu'à lui, à admirer sa forme dans les quelques nouveaux pantalons qu'il s'était acheté avec les nombreuses économies qu'il avait de côté, gracieuseté d'Owen pour ses anniversaires. Des heures à se dire qu'il aimait ses formes dans son pantalon plutôt que de chercher où il pouvait encore perdre quelques kilo pour se faire le plus petit possible. Car Edwin n'était pas petit et n'avait jamais réussi à se faire disparaître au regard des autres, peu importe le nombre de fois où il avait essayé d'être discret, invisible. Alors, il allait apprendre à être lui. Avec son mètre 96, et même un peu plus, vissé dans ses talons de quelques centimètres. De jolies bottines noires, qui étaient difficiles à trouver dans sa taille, d'ailleurs !
Tout avait semblé naturel et facile jusqu'à ce qu'il arrive dans la ruelle du Chemin de Traverse. Si se balader comme ça dans le monde moldu ne lui avait pas paru terrifiant... L'idée de le faire dans le monde sorcier l'était, elle.
Hésitant à faire demi tour, Edwin se força à avancer de quelques pas. Bientôt, il fut passé devant la Galerie de Travers et aucun éclair divin n'était venu le faire trépasser. Mais, toujours angoissé, le Serpentard fouilla rapidement dans la sacoche qu'il avait à la taille et en sorti une cigarette qu'il alluma d'une main experte. Les doigts tremblants, il la porta à sa bouche et enfonça ses mains dans ses poches pour les empêcher de trembler. Et si quelqu'un de Poudlard le voyait ? Et si, finalement, il n'était pas prêt à ce que quelqu'un le remarque ? Peut-être qu'il avait fait trop de pas d'un coup. A Poudlard, le maximum qu'il n'ait jamais fait c'était porter le chouchou à paillettes de Lily-Rose et la petite barrette en forme de fraise qu'il glissait tous les matins dans ses cheveux. Et aujourd'hui, non seulement le chouchou à paillettes était là, mais tout le reste aussi. Et perché sur ses talons, le monde lui paraissait encore plus petit qu'habituellement. Ce qui signifiait que, pour les autres, il était encore plus un Gratte-Ciel que d'habitude.
Il se tourna vers la vitrine de la Galerie et fit semblant d'en admirer l'intérieur, juste le temps de calmer son angoisse et qu'il puisse à nouveau reprendre son chemin sans avoir l'air d'un petit faon en train d'apprendre à marcher.
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Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
S'accepter comme on est
Juillet 2051
Chemin de Traverse – Londres
4ème année
« Merci », dis-je en prenant la glace que me tend Natanaël.
Je lui rends le sourire qu'il m'adresse et nous nous engageons sur la rue principale du Chemin de Traverse. Présents pour nos achats annuels des vacances, nous avons temporairement abandonné nos parents, Valerian et Gwennaëlle qui, eux, ont aujourd'hui préféré se balader dans Londres. Mais le moindre prétexte est bon pour leur fausser compagnie et aujourd'hui – la seule journée entière que nous passons ici – était le meilleur moment pour nous dérober à leur présence.
À vrai dire, nous n'avons pas fait grand chose depuis qu'ils sont partis du Chaudron Baveur pour plonger dans les rues de la capitale moldue. Je pense que nous frôlons plus l'état d'escargots que de sorciers, mais il faut avouer qu'avec la chaleur, nous n'avions pas envie de faire une activité aussi épuisante que marcher dans les rues de la ville au milieu de la foule. La compagnie de mon frère me suffit largement à m'occuper pour toute la journée, et même des semaines entières. Hormis un tour chez Fleury & Bott, où j'ai pu apprendre avec tristesse la démission de Mr O'Barden (à qui je me suis promis d'écrire), nous n'avons fait que glander et marcher par-ci par-là. Florian Fortarôme fait partie de l'une de nos rares destinations depuis la fin du repas de ce midi. Mais une glace nous semblait être une étape obligatoire ; nous n'en avions pas pris une seule depuis le début de l'été et il fallait absolument y remédier.
« Tu veux goûter ? me demande Natanaël en me mettant sa glace sous les yeux.
– Surtout pas, je grimace en fronçant le nez.
– Tu sais pas ce que tu rates. »
Il hausse les épaules et détourne la tête. Moi, au contraire, je sais ce que je rate ; et je ne rate rien du tout. Il a toujours la manie de prendre les pires goûts possibles. Triton au gingembre ? Sérieusement ? Il ne pourrait pas plus me dégoûter. Je le soupçonne secrètement de choisir des goûts étranges pour que personne ne veuille les essayer, mais quand je le vois apprécier autant sa glace, je me dis que c'est en réalité tout le contraire et qu'il les trouve sincèrement bon. Cela dépasse mon entendement.
« Rien ne vaut la glace italienne à la framboise. »
Il hausse à nouveau les épaules, l'air de penser Si tu le dis, et je lui tape affectueusement les côtes pour protester. Il s'écarte et me regarde l'air autant surpris qu'amusé. Un sourire m'échappe et j'accélère. Avec le soleil qui tape au-dessus de nos têtes, nos glaces ne vont pas tarder à fondre et je ne tiens pas à en avoir partout sur mes vêtements.
Soudain, Natanaël ralentit et tourne la tête. Je suis son regard, qu'il a posé sur une silhouette près de la Galerie de Travers. Nous nous arrêtons et je lève la tête pour regarder mon frère, l'air interrogatif.
« C'est Edwin Wellhister. Il est dans ma filière. »
Son visage, étrangement, s'éclaire. Sans me demander mon avis, il marche en direction de l'élève en train de fumer. Cela fait longtemps que je me suis réconciliée avec la cigarette. Si au début j'en étais dégoûtée, car toute ma famille ou presque fume, j'ai fini par m'y habituer – car, ironiquement, tout mon entourage continue de fumer. C'est quelque chose que je pourrais moi-même faire, et Swart... enfin, ce n'est pas le sujet. Je rattrape Natanaël en quelques pas au moment où il arrive au niveau de son camarade.
« Bonjour Edwin. »
Il sourit et je sens une pointe de jalousie percer dans mon cœur. C'est le sourire qu'il m'adresse habituellement, celui qui creuse la fossette de sa joue droite. C'est le sourire le plus sincère qu'il est capable de créer et il n'est normalement réservé qu'à moi. Pourquoi cet Edwin, alors ? Pourquoi est-ce qu'il a l'air si heureux de le voir, pourquoi est-ce que ses yeux brillent et son visage s'éclaire de la sorte ? Pourquoi faut-il que nous soyons là et que lui ne soit pas encore en voyage ? Morose, je m'approche à mon tour et salue le Wellhister d'un signe de la main.
« Tu vas bien ? Je te présente ma sœur, Ashley. »
Il me désigne de la main et je suis bien obligée de dire quelque chose.
« Enchantée... »
Natanaël lève un sourcil interrogateur que j'ignore royalement. À la place, je me tourne vers la vitrine de la Galerie, à la recherche d'un objet qui pourrait me détourner de la conversation à venir et me permettre d'ignorer ce voleur d'attention.
« Tu as vu quelque chose qui te plait ? » j'entends Natanaël demander avec une curiosité sincère qui me fait pincer les lèvres.
PNJ actif : Natanaël Houston
Mots en gras pour Au fil des mots
Chemin de Traverse – Londres
4ème année
« Merci », dis-je en prenant la glace que me tend Natanaël.
Je lui rends le sourire qu'il m'adresse et nous nous engageons sur la rue principale du Chemin de Traverse. Présents pour nos achats annuels des vacances, nous avons temporairement abandonné nos parents, Valerian et Gwennaëlle qui, eux, ont aujourd'hui préféré se balader dans Londres. Mais le moindre prétexte est bon pour leur fausser compagnie et aujourd'hui – la seule journée entière que nous passons ici – était le meilleur moment pour nous dérober à leur présence.
À vrai dire, nous n'avons pas fait grand chose depuis qu'ils sont partis du Chaudron Baveur pour plonger dans les rues de la capitale moldue. Je pense que nous frôlons plus l'état d'escargots que de sorciers, mais il faut avouer qu'avec la chaleur, nous n'avions pas envie de faire une activité aussi épuisante que marcher dans les rues de la ville au milieu de la foule. La compagnie de mon frère me suffit largement à m'occuper pour toute la journée, et même des semaines entières. Hormis un tour chez Fleury & Bott, où j'ai pu apprendre avec tristesse la démission de Mr O'Barden (à qui je me suis promis d'écrire), nous n'avons fait que glander et marcher par-ci par-là. Florian Fortarôme fait partie de l'une de nos rares destinations depuis la fin du repas de ce midi. Mais une glace nous semblait être une étape obligatoire ; nous n'en avions pas pris une seule depuis le début de l'été et il fallait absolument y remédier.
« Tu veux goûter ? me demande Natanaël en me mettant sa glace sous les yeux.
– Surtout pas, je grimace en fronçant le nez.
– Tu sais pas ce que tu rates. »
Il hausse les épaules et détourne la tête. Moi, au contraire, je sais ce que je rate ; et je ne rate rien du tout. Il a toujours la manie de prendre les pires goûts possibles. Triton au gingembre ? Sérieusement ? Il ne pourrait pas plus me dégoûter. Je le soupçonne secrètement de choisir des goûts étranges pour que personne ne veuille les essayer, mais quand je le vois apprécier autant sa glace, je me dis que c'est en réalité tout le contraire et qu'il les trouve sincèrement bon. Cela dépasse mon entendement.
« Rien ne vaut la glace italienne à la framboise. »
Il hausse à nouveau les épaules, l'air de penser Si tu le dis, et je lui tape affectueusement les côtes pour protester. Il s'écarte et me regarde l'air autant surpris qu'amusé. Un sourire m'échappe et j'accélère. Avec le soleil qui tape au-dessus de nos têtes, nos glaces ne vont pas tarder à fondre et je ne tiens pas à en avoir partout sur mes vêtements.
Soudain, Natanaël ralentit et tourne la tête. Je suis son regard, qu'il a posé sur une silhouette près de la Galerie de Travers. Nous nous arrêtons et je lève la tête pour regarder mon frère, l'air interrogatif.
« C'est Edwin Wellhister. Il est dans ma filière. »
Son visage, étrangement, s'éclaire. Sans me demander mon avis, il marche en direction de l'élève en train de fumer. Cela fait longtemps que je me suis réconciliée avec la cigarette. Si au début j'en étais dégoûtée, car toute ma famille ou presque fume, j'ai fini par m'y habituer – car, ironiquement, tout mon entourage continue de fumer. C'est quelque chose que je pourrais moi-même faire, et Swart... enfin, ce n'est pas le sujet. Je rattrape Natanaël en quelques pas au moment où il arrive au niveau de son camarade.
« Bonjour Edwin. »
Il sourit et je sens une pointe de jalousie percer dans mon cœur. C'est le sourire qu'il m'adresse habituellement, celui qui creuse la fossette de sa joue droite. C'est le sourire le plus sincère qu'il est capable de créer et il n'est normalement réservé qu'à moi. Pourquoi cet Edwin, alors ? Pourquoi est-ce qu'il a l'air si heureux de le voir, pourquoi est-ce que ses yeux brillent et son visage s'éclaire de la sorte ? Pourquoi faut-il que nous soyons là et que lui ne soit pas encore en voyage ? Morose, je m'approche à mon tour et salue le Wellhister d'un signe de la main.
« Tu vas bien ? Je te présente ma sœur, Ashley. »
Il me désigne de la main et je suis bien obligée de dire quelque chose.
« Enchantée... »
Natanaël lève un sourcil interrogateur que j'ignore royalement. À la place, je me tourne vers la vitrine de la Galerie, à la recherche d'un objet qui pourrait me détourner de la conversation à venir et me permettre d'ignorer ce voleur d'attention.
« Tu as vu quelque chose qui te plait ? » j'entends Natanaël demander avec une curiosité sincère qui me fait pincer les lèvres.
PNJ actif : Natanaël Houston
Mots en gras pour Au fil des mots
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
S'accepter comme on est
L'attention fixée sur la vitrine mais le regard dans le vide, Edwin observe son reflet. Il est flou, sûrement à cause de ses yeux qui louchent à moitié et pendant un instant, le jeune homme a l'impression de voir une image déformée de lui. Une image qu'il a bien souvent vue dans le miroir. Celle qui le fait se sentir étrange, bizarre. Dégoûtant, parfois. Et une image qu'il est ravi d'arriver à laisser derrière lui même si, manifestement, elle n'est jamais très loin.
Le Serpentard se force à cligner des yeux quelques fois pour laisser s'effacer cette vision de lui qui ne lui plait en rien et, quand enfin il se revoit lui-même dans le reflet de la vitre, il laisse échapper un petit sourire. Il va bien, et il ne va pas s'effondrer. De toute façon, ça fait bien longtemps qu'il ne s'effondre plus. En ce moment, il se contente surtout de quelques craquelures qui sont rapidement réparées par une bonne nuit de sommeil, un peu d'écriture dans son journal et des mots chuchotés à Piou, son fidèle Boursoufflet. Elle commence à vieillir mais elle est toujours aussi attentive qu'au premier jour, avec ses petits yeux brillants d'intelligence et cette manière qu'elle a de savoir quand il est temps de venir se blottir contre lui et quand, au contraire, il ne supporterait pas son contact.
Occupé à observer un des nouveaux coffrets de dessins au fusain qui viennent de sortir et qui sont donc alignés dans la vitrine, Edwin n'entend pas les deux autres arriver. Son angoisse s'est évaporée tout en douceur, le laissant calme et détendu. Presque un peu trop, d'ailleurs, parce que quand Natanaël se rapproche pour le saluer, Edwin manque presque de ne pas s'en rendre compte.
C'est le reflet de son visage dans la vitrine qui le sort de sa contemplation et Edwin manque de se donner un coup dans le visage alors qu'il se précipite pour retirer sa cigarette de ses lèvres. D'un geste rapide, il la camoufle légèrement derrière lui tandis qu'il se tourne vers son camarade de promotion. Aussitôt, son visage s'éclaire d'un sourire penché qui creuse ses joues et fait ressortir quelques dents blanches. En baissant les yeux sur l'autre, il remarque un sourire en réponse au sien qui a le mérite de faire doucement rosir ses joues. Natanaël, salut. répond-il d'une voix douce et chaleureuse. Sans y penser, il se tourne un peu sur le côté afin de camoufler au mieux sa tenue. Ce n'était pas ce qu'il avait prévu, même s'il est ravi de voir son camarade. Les deux sont amis, enfin, Edwin aime à penser que oui. En tout cas, ils le sont au moins comme deux camarades de promotion qui partagent les mêmes cours peuvent l'être.
Ami ou pas, cependant, il est un sorcier de Poudlard et Edwin a du mal à ne pas laisser germer la graine de l'angoisse en lui. Et s'il racontait tout ça aux autres ? Et s'il trouvait ça hideux ? Techniquement, le jeune homme se fiche pas mal de ce que les gens peuvent savoir ou pas : ils finiront tous par le voir avec un style un peu différent d'avant mais... Mais il ne peut pas s'empêcher d'être un peu anxieux à l'idée qu'une image circule de lui et que celle-ci ne vienne pas de lui. Qu'elle soit erronée ou pas, l'idée que quelqu'un puisse discuter de lui avec les autres le met mal à l'aise. Cependant, il ne compte pas s'enfuir en courant alors autant faire comme si de rien n'était, même s'il se doute bien qu'il n'a pas l'air des plus à l'aise. Je vais bien et toi ? Mon frère m'autorise à passer quelques jours à Londres durant l'été, donc j'en profite pour me balader. Laisse-t-il échapper, sans trop savoir pourquoi il ressent le besoin de justifier sa présence ici. Et toi ? Vous êtes venus pour vos courses ? demande-t-il avant de tourner son attention vers Ashley.
Il l'a vu quelques fois dans Poudlard, mais ne lui a jamais parlé. Pas étonnant, d'ailleurs, puisqu'elle était bien plus jeune que lui. Cependant, Natanaël l'avait déjà mentionné et il n'était donc pas surprit de le voir en sa compagnie. Il lève sa main libre et agite les doigts vers elle avec un sourire qui se veut avenant. Enchanté Ashley. Bon choix de glace. Ajoute-t-il avec un sourire. Il n'aime pas tellement les sucreries, Edwin, mais les fruits ? Les fruits, et tout ce qui en est dérivé en terme de glaces et crèmes, ça n'a rien de meilleur.
Ouais. Lâche-t-il à la suite de la question du plus petit, le regard fixé sur lui. Au bout de quelques secondes, il semble se rendre compte qu'il le fixe et détourne les yeux vers la vitrine en rougissant. Eumh... Ouais, euh... Enfin, je me suis arrêté un peu par hasard mais... Enfin, t'as vu ce nouveau coffret ? Je regardais ça. Pour mes dessins, tu vois. Il avait toujours un carnet et quelques crayons dans son sac mais, à ses heures perdues, il aimait s'essayer à l'aquarelle ou au fusain, bien caché dans ses dortoirs ou dans un coin du parc assez calme. Cependant, trop dangereux de garder tout son matériel sur lui, surtout avec les dizaines de petits morceaux de métal qui se baladaient dans son sac et qu'il utilisait pour bricoler des animaux ou des petits objets. Alors il se contentait de garder un unique crayon au bout mangé qu'il avait toujours dans la main quand il avait du temps libre.
Et toi ? demande-t-il à l'autre alors que son regard se balade autour de lui mais jamais sur son visage. Un truc de tape dans l'œil ? Finalement, il se penche un peu pour apercevoir la plus jeune derrière son frère et lui demande : Tu vois un truc sympa, toi aussi ? Ca ne devait pas être très marrant d'être embarquée dans une discussion avec un inconnu. Edwin avait un peu de peine pour elle, sachant parfaitement qu'à sa place, il se serait senti mortifié et incapable de suivre quoi que ce soit des paroles des deux autres. Servir de troisième roue, ça ne finissait jamais bien pour lui et généralement, il faisait en sorte de s'éclipser discrètement dès qu'il le pouvait. Ce n'était pas qu'il était peu sociable, en fait il était même carrément extraverti avec ses proches amis mais la présence d'inconnus le mettait souvent mal à l'aise, voire sur les nerfs. Quelques restes de paranoïas qui avaient du mal à s'enfuir, voilà tout.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Le Serpentard se force à cligner des yeux quelques fois pour laisser s'effacer cette vision de lui qui ne lui plait en rien et, quand enfin il se revoit lui-même dans le reflet de la vitre, il laisse échapper un petit sourire. Il va bien, et il ne va pas s'effondrer. De toute façon, ça fait bien longtemps qu'il ne s'effondre plus. En ce moment, il se contente surtout de quelques craquelures qui sont rapidement réparées par une bonne nuit de sommeil, un peu d'écriture dans son journal et des mots chuchotés à Piou, son fidèle Boursoufflet. Elle commence à vieillir mais elle est toujours aussi attentive qu'au premier jour, avec ses petits yeux brillants d'intelligence et cette manière qu'elle a de savoir quand il est temps de venir se blottir contre lui et quand, au contraire, il ne supporterait pas son contact.
Occupé à observer un des nouveaux coffrets de dessins au fusain qui viennent de sortir et qui sont donc alignés dans la vitrine, Edwin n'entend pas les deux autres arriver. Son angoisse s'est évaporée tout en douceur, le laissant calme et détendu. Presque un peu trop, d'ailleurs, parce que quand Natanaël se rapproche pour le saluer, Edwin manque presque de ne pas s'en rendre compte.
C'est le reflet de son visage dans la vitrine qui le sort de sa contemplation et Edwin manque de se donner un coup dans le visage alors qu'il se précipite pour retirer sa cigarette de ses lèvres. D'un geste rapide, il la camoufle légèrement derrière lui tandis qu'il se tourne vers son camarade de promotion. Aussitôt, son visage s'éclaire d'un sourire penché qui creuse ses joues et fait ressortir quelques dents blanches. En baissant les yeux sur l'autre, il remarque un sourire en réponse au sien qui a le mérite de faire doucement rosir ses joues. Natanaël, salut. répond-il d'une voix douce et chaleureuse. Sans y penser, il se tourne un peu sur le côté afin de camoufler au mieux sa tenue. Ce n'était pas ce qu'il avait prévu, même s'il est ravi de voir son camarade. Les deux sont amis, enfin, Edwin aime à penser que oui. En tout cas, ils le sont au moins comme deux camarades de promotion qui partagent les mêmes cours peuvent l'être.
Ami ou pas, cependant, il est un sorcier de Poudlard et Edwin a du mal à ne pas laisser germer la graine de l'angoisse en lui. Et s'il racontait tout ça aux autres ? Et s'il trouvait ça hideux ? Techniquement, le jeune homme se fiche pas mal de ce que les gens peuvent savoir ou pas : ils finiront tous par le voir avec un style un peu différent d'avant mais... Mais il ne peut pas s'empêcher d'être un peu anxieux à l'idée qu'une image circule de lui et que celle-ci ne vienne pas de lui. Qu'elle soit erronée ou pas, l'idée que quelqu'un puisse discuter de lui avec les autres le met mal à l'aise. Cependant, il ne compte pas s'enfuir en courant alors autant faire comme si de rien n'était, même s'il se doute bien qu'il n'a pas l'air des plus à l'aise. Je vais bien et toi ? Mon frère m'autorise à passer quelques jours à Londres durant l'été, donc j'en profite pour me balader. Laisse-t-il échapper, sans trop savoir pourquoi il ressent le besoin de justifier sa présence ici. Et toi ? Vous êtes venus pour vos courses ? demande-t-il avant de tourner son attention vers Ashley.
Il l'a vu quelques fois dans Poudlard, mais ne lui a jamais parlé. Pas étonnant, d'ailleurs, puisqu'elle était bien plus jeune que lui. Cependant, Natanaël l'avait déjà mentionné et il n'était donc pas surprit de le voir en sa compagnie. Il lève sa main libre et agite les doigts vers elle avec un sourire qui se veut avenant. Enchanté Ashley. Bon choix de glace. Ajoute-t-il avec un sourire. Il n'aime pas tellement les sucreries, Edwin, mais les fruits ? Les fruits, et tout ce qui en est dérivé en terme de glaces et crèmes, ça n'a rien de meilleur.
Ouais. Lâche-t-il à la suite de la question du plus petit, le regard fixé sur lui. Au bout de quelques secondes, il semble se rendre compte qu'il le fixe et détourne les yeux vers la vitrine en rougissant. Eumh... Ouais, euh... Enfin, je me suis arrêté un peu par hasard mais... Enfin, t'as vu ce nouveau coffret ? Je regardais ça. Pour mes dessins, tu vois. Il avait toujours un carnet et quelques crayons dans son sac mais, à ses heures perdues, il aimait s'essayer à l'aquarelle ou au fusain, bien caché dans ses dortoirs ou dans un coin du parc assez calme. Cependant, trop dangereux de garder tout son matériel sur lui, surtout avec les dizaines de petits morceaux de métal qui se baladaient dans son sac et qu'il utilisait pour bricoler des animaux ou des petits objets. Alors il se contentait de garder un unique crayon au bout mangé qu'il avait toujours dans la main quand il avait du temps libre.
Et toi ? demande-t-il à l'autre alors que son regard se balade autour de lui mais jamais sur son visage. Un truc de tape dans l'œil ? Finalement, il se penche un peu pour apercevoir la plus jeune derrière son frère et lui demande : Tu vois un truc sympa, toi aussi ? Ca ne devait pas être très marrant d'être embarquée dans une discussion avec un inconnu. Edwin avait un peu de peine pour elle, sachant parfaitement qu'à sa place, il se serait senti mortifié et incapable de suivre quoi que ce soit des paroles des deux autres. Servir de troisième roue, ça ne finissait jamais bien pour lui et généralement, il faisait en sorte de s'éclipser discrètement dès qu'il le pouvait. Ce n'était pas qu'il était peu sociable, en fait il était même carrément extraverti avec ses proches amis mais la présence d'inconnus le mettait souvent mal à l'aise, voire sur les nerfs. Quelques restes de paranoïas qui avaient du mal à s'enfuir, voilà tout.
1090
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]