PNJ Seul avec du monde autour

1er décembre 2046, tard dans la soirée — Solo
Chez les Blackwood, aux environs de la Place Armand Malefoy
TW : violence physique
Assis dans l'escalier, j'écoutais attentivement la discussion de mes parents. J'étais pourtant censé être dans mon lit mais ce soir-là, je n'étais pas fatigué. J'avais passé ma journée à errer dans la maison à la recherche d'une occupation tandis que ma solitude me pesait de plus en plus. Willow m'avait mis au lit, comme elle le faisait tous les soirs, et était redescendue précipitamment. C'est là que j'avais compris qu'il se passerait quelque chose.

Un bruit de coup se fit entendre. J'en déduis que Willow avait tapé sur la table pour exprimer son mécontentement. « Ça ne peut pas continuer comme ça. Vous voyez bien que l'attitude de Lewis a changé ces derniers temps, il est triste. Il est terriblement seul, il faut qu'il voit du monde. Vous pourriez peut-être le mettre à Maeve Queen ? » Mon père éclata de rire ; un rire sarcastique qui n'exprimait que du mépris. « Maeve Queen, hein ? » ricana-t-il, comme si l'idée était complètement sortie de nulle part. Ce fut à son tour de taper sur la table.

Il haussa le ton. « Dans quel monde vis-tu, Willow ? Maeve Queen est une école pleine de gamins au sang impur, les Blackwood ne se rabaisseront pas à cela. » « Lewis a la chance d'avoir un précepteur privé, nous payons pour ça. Je ne vois pas pourquoi il devrait aller dans une vulgaire école de... C'est à nous de nous occuper de son éducation, nous savons ce qui est sain pour lui. »

« Comment osez-vous... Comment pouvez-vous juger ce qui est sain pour lui ou pas alors que vous n'avez même pas pris la peine de connaître sa couleur préférée ?! Vous n'êtes jamais là pour Lewis ! Vous ne vous occupez pas de lui, vous n'avez même pas essayé de tisser un vrai lien avec lui !

C'est MOI qui m'occupe de lui, mais quand je ne peux pas, c'est lui et lui, tout simplement livré à lui-même ! Mais ça bien sûr, vous ne le savez pas, vous n'êtes jamais là pour le voir ! Est-ce que vous vous rendez compte que c'est un enfant ? Il a sept ans ! Il a besoin de vivre ! Besoin de rencontrer des gens !
»

Un bruit de coup se fit entendre. Pas sur la table, cette fois. Depuis la marche d'escalier sur laquelle j'étais assis, je frémis. Mon père avait osé. Des cris. Des sanglots. « Comment ma propre enfant ose-t-elle me parler sur ce ton ! » « ELLIS ! » hurla ma mère qui ne savait plus que faire. « NON ! » coupa mon père. « Notre propre fille ! Qu'ai-je fait pour mériter ça ?... »

« Je ne suis plus "ton enfant", » hurla Willow malgré ses sanglots, « je suis une adulte ! Et je veux prendre soin de mon petit frère, je veux le protéger, contrairement à vous ! Vous n'en avez rien à faire de votre fils ! S'il disparaissait, vous ne vous en rendriez même pas compte ! Mais moi, » avait-elle dit, sa rage grandissante, « moi, je le protégerai comme vous ne l'avez jamais fait et je le protègerai du monstre que tu es, Père. Je ferai tout pour lui, et si seulement vous saviez qui il était vraiment !

Lewis a besoin d'amour pour grandir,
» continua-t-elle en pleurant de plus belle, « il est si petit ! Je ne sais pas à quel point ça doit être horrible de vivre aussi seul, avec... ça... en guise de parents, lâcha difficilement Willow entre deux sanglots, en désignant nos parents d'un bref signe de la main.

« Je vais la... » avait hurlé mon père, mais heureusement, ma mère s'était interposée entre lui et ma grande sœur. « Non, » avait dit ma mère, « ça suffit. Willow... »

Je me rappellerai toute ma vie du soupir que ma mère a poussé pile à ce moment-là. C'était un soupir si profond, si sincère, ce genre de soupir qui veut tout dire. Elle paraissait désespérée, comme si... Comme si Willow lui avait enfin fait comprendre tout ce qui lui avait filé sous le nez jusque là et qu'elle regrettait la plus grosse erreur de sa vie.

« Remonte dans ta chambre. »

Je me suis dépêché de remonter pour pas qu'on ne comprenne que j'avais écouté toute la conversation. Une fois sous ma couette, je ne pus m'empêcher de fondre en larmes. Tout ce que Willow avait dit pour moi... Je l'aime tellement.

Je ne sus jamais ce qui s'était passé après ça entre mon père et ma mère, au rez-de-chaussée. Je n'ai aucune idée de si mon père avait retrouvé son calme ou était au contraire parti en vrille, ou s'ils étaient simplement allés se coucher comme si rien ne s'était passé.

Quelques minutes plus tard, ma grande sœur avait fait ce qu'elle pouvait pour retrouver sa contenance habituelle et avait entrouvert la porte de ma chambre. « Lewis ? Tu dors ? » m'a-t-elle chuchoté. J'aurai voulu faire semblant de dormir pour ne pas l'inquiéter, mais j'ai été trahi par mes sanglots. Elle s'est assise près de mon lit, m'a caressé la main et m'a demandé de la plus douce des manières : « Lewis... Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Un long silence est passé et j'ai fini par lui dire, sans fournir d'explications : « Merci d'être ma grande sœur... Merci d'être là pour moi. Je t'aime, Willow. » Puis mes sanglots ont redoublé. Elle s'est mise à pleurer aussi et est restée près de moi à me caresser la main. À ce moment-là, je me suis senti à la fois plus seul et plus fort que jamais avec Willow à mes côtés. C'était étrange de me dire que j'étais seul avec le monde qui tournait autour de moi.

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Pour ceux qui ont la ref musicale, la vibe n'est pas très adaptée, soyons honnêtes. :ninja:

Lewis A. Blackwood — Futur 1A (2051/2052) — #08613B
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PNJ Seul avec du monde autour
2 décembre 2046, peu avant 9h00 — Solo
Reducio
1 PNJ ACTIFSusan Blackwood
Le lendemain, je me réveilla assez tard. C'était dimanche. Willow n'était pas assise sur le canapé comme à son habitude et mon père était apparemment parti tôt. Seule ma mère était présente dans la cuisine à préparer un chocolat chaud.

« Bonjour, Mère, » ai-je dit en me frottant les yeux, surpris de sa présence. Débraillé ; encore en pyjama, cheveux en bataille, mon doudou traînant derrière moi. « Bonjour, Lewis, » m'a-t-elle dit sur un ton très doux que je ne lui connaissais pas. « Tu as bien dormi ? »

Je ne compris pas tout de suite. Ma mère n'était jamais si attentive avec moi. D'habitude, quand je me levais, elle était déjà partie. Willow m'avait préparé mon petit-déjeuner et s'était installée dans le canapé avec un roman. Quand je me levais, elle me faisait un câlin puis s'installait avec moi à table pendant que je petit-déjeunais.

« ... Où est Willow ? » ai-je demandé, déboussolé, sans prendre la peine de répondre à sa question. « Elle est sortie prendre l'air, », m'expliqua ma mère, « je crois qu'elle est un peu... fatiguée, en ce moment. » Sans ajouter un mot, je m'assis à table pour attendre sa venue.

« Je t'ai préparé des tartines, » a ajouté ma mère. « Plutôt beurre, confiture... Ou les deux si tu veux ? » proposa-t-elle. Elle ouvrit un tiroir avant d'en sortir un pot en verre et de déclarer : « On a du miel, sinon. » Je la regardai longuement avant de déclarer : « C'est gentil, mais je mange plutôt des céréales au petit-déjeuner. »

« Oh. » a dit ma mère, légèrement surprise. « Mais... Ne vous embêtez pas... Je peux me les préparer seul, » ai-je dit précipitamment pour me rattraper en me levant pour le faire. « Non non non, » s'est empressée de répondre ma mère, « je vais le faire. »

Quelques instant plus tard, elle me tendait un bol plein à ras-bord, noyé dans une mer de lait. Le petit enfant de sept ans que j'étais n'osa pas dire qu'il n'avait pas très faim. « Merci, Mère... » ai-je dit poliment. Légèrement dérangé par son comportement qui avait tout d'inhabituel, je mangea sans ajouter un mot.

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2 décembre 2046, plus tard dans la matinée — Solo
Reducio
1 PNJ ACTIFWillow Blackwood
Mère était remontée à l'étage s'affairer à je-ne-sais-quoi. À peine était-elle sortie de la pièce avec son sourire un peu trop doux, qu'elle avait maintenu depuis que je m'étais levé, que j'avais couru vers la poubelle jeter la fin de mes céréales.

Je m'étais posé sur le canapé avec une bande dessinée moldue, ce genre de livres que Willow m'achetait et que je ne sortais qu'en l'absence de mes parents. Une vingtaine de minutes plus tard, un bruit de clé se fit entendre dans l'entrée. Je m'empressai de glisser le livre sous le canapé. Si c'était mon père, j'imaginais déjà le discours. Déjà que l'affaire de la veille n'avait pas dû le mettre de très bonne humeur...

Grand fût mon soulagement quand je vis une longue et épaisse tignasse brune entrer dans la pièce. Willow. « Coucou, » a-t-elle dit doucement en s'approchant de moi pour me faire un câlin. « Coucou, » ai-je répondu en acceptant son étreinte.

Une pause.

« ... Ça va ? » Elle s'est éloigné et m'a regardé de la plus douce des façons. Ma grande sœur a hoché la tête. « Je crois, oui. » Long silence. « Merci. » Elle a sourit. « Mère m'a préparé le petit-déjeuner, » ai-je dit. « ... Mère ? » a-t-elle répété, surprise. Son sourire s'effaça. J'ai hoché la tête.

Un long silence engloba la pièce. Un silence lourd, pesant.

« Écoute, » ai-je commencé, pas très sûr de moi. Je ne savais pas vraiment comment le lui expliquer. « Je... J'ai surpris, enfin... J'ai écouté votre conversation d'hier. Hier soir, je veux dire. » Un temps. « Je sais, » finit par dire Willow, brisant le silence. « Je l'ai compris... hier soir. Quand je suis remontée. Quand tu m'as dit... » J'ai hoché doucement la tête.

Je voyais qu'elle se retenait de pleurer. « Je te promets, » a-t-elle dit faiblement, ravalant ses larmes, « je te promets que je les empêcherai de contrôler ta vie. » J'ai affiché un petit sourire triste et je l'ai prise dans mes bras.

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Lewis A. Blackwood — Futur 1A (2051/2052) — #08613B
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PNJ Seul avec du monde autour
2 décembre 2046, vers 14h00 — Solo
Reducio
« C'est pas bien d'écouter aux portes, » de ce qu'on m'avait dit. M'en fiche. Accroupi près de la porte du salon qui demeurait légèrement entrouverte, j'écoutais la conversation de Willow et ma mère tandis que celles-ci pensaient que je jouait tranquillement dans ma chambre.

« Mère, » avait commencé Willow. « Vous avez préparé le petit-déjeuner de Lewis ce matin...? » Un silence perplexe avait englobé l'atmosphère. J'ai jeté un coup d'œil à la scène et j'ai pu voir les deux qui se regardaient. Willow, d'un air accusateur, ma mère, plutôt comme si elle ne comprenait pas. « Oui, » avait finalement dit cette dernière.

« Pourquoi ? Une mère n'est pas justement là pour s'occuper de ses enfants ? » Willow avait soupiré. « Je ne veux pas paraître impertinente, mais évitez de jouer à ça avec moi. Oui, une mère est là pour s'occuper de son enfant. Enfin, dans la plupart des cas. Mais pas quand cette mère se nomme Susan Blackwood, » avait-elle risqué.

Le ton de ma mère se voila. « Qu'insinues-tu, Willow ? » avait-elle demandé, légèrement frustrée. « Vraiment ? » dit Willow. « Qu'est-ce que vous faites ? » cracha-t-elle. « Qu'est-ce que vous lui voulez ? J'ai juré que je le protègerai et je tiendrai ma parole, contrairement à ce que vous avez l'habitude de faire, vous et votre cher mari... » Elle accentua ces deux derniers mots avec précaution.

« Écoute, » avait dit ma mère, dans une désastreuse tentative de le faire de manière douce. Cela sonnait plutôt comme un raclement rauque. « Hier... Tu nous as dit qu'on ne prenait pas assez soin de lui. J'ai décidé de... remédier à cela, » avoua-t-elle, gênée.

La pièce s'emplit d'un silence aussi malaisé que malaisant.

« C'est trop tard, » dit doucement Willow en regardant ses pieds. « Trop tard, » répéta-t-elle. « Il a grandi seul et est devenu autonome. Il s'est bien passé de votre présence. Il a... Il a suivi toute notre... conversation. D'hier soir. Maintenant, il sait que ses parents sont des monstres. » Elle marqua une pause, cherchant douloureusement ses mots. « Il sait que son père l'a frappé, Mère. Il le sait. Il connaît votre vision du monde, il sait que vous refusez qu'il rencontre des gens de son âge par un avis idiot sur la prétendue "pureté du sang". C'est trop tard. Vous avez loupé votre chance de devenir une mère meilleure. Maintenant, s'il vous plaît... Laissez-le vivre. »

Elle releva lentement la tête tandis que je sentais une larme rouler sur ma joue. Ma mère hocha la tête. « J'ai raté. Je me suis trompée et... Et je ne peux plus. Je ne sais plus. Je ne sais pas m'occuper d'un enfant, Willow. Tu as raison. Je ne connais pas... Je ne connais même pas mes propres enfants. » Elle hocha la tête une seconde fois. Pendant un instant, je crus qu'elle allait pleurer.

Elle releva la tête pour admirer sa fille et lui adressa un sourire triste. « Merci d'être une fille formidable, plus que tes parents ne l'ont été. Merci d'être là pour lui, » susurra-t-elle. Je regarda discrètement ce qui se passait à l'intérieur. Willow lui rendit son sourire, les yeux humides.

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Lewis A. Blackwood — Futur 1A (2051/2052) — #08613B
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