Le heaume rouge
PARTIE 8 : Combat final (Partie 4)
Un large sourire aux lèvres, je décide de baisser ma baguette. À propos de ton offre de reddition... Je me permets de dire avec ironie. Il faut que je le pousse à discuter, il est bavard, non ? Il doit parler pour me laisser le temps de réfléchir à un plan de retraite ou n'importe quoi qui nous permettra de sauver notre peau, ou... Ou au moins la mienne. Elle ne tient plus. Il me dit, levant sa baguette vers moi. S'il me bombarde, tout ce que je pourrais faire c'est ériger un bouclier total, il n'aura plus qu'à continuer jusqu'à ce que je m'écroule d'épuisement, ou bien il lui suffira de me balancer un sortilège de niveau 8 comme il l'a fait pour Bella. Sauf que Bella, elle, a survécu.
Rouge me fait face, Bellatrix est sur ma gauche avec la maison, Bellamy est sur ma droite et il semble essayer d'attraper des papillons ou peu importe ce qu'il fait il hallucine le type. Il faut que Rouge parle, ou qu'il fasse autre chose que me tuer, j'ai un flacon de "fin-de-soirée" et un flacon de goutte du mort-vivant, mais ça me servira à rien. Si j'en lance un, il lui suffira de me le renvoyer, il a bien vu qu'un protego peut contenir la fumée, il lui suffirait de s'enfermer pendant une dizaine de secondes. Je dois réfléchir à la meilleure chose à faire... Pourquoi n'est-il pas épuisé déjà, je crois comprendre pourquoi ses baguettes lui répondent, il a dû les prendre aux victimes dont il a extrait le savoir, la concentration c'est la connexion entre la baguette et son utilisateur, par l'esprit, et Rouge a en quelque sortes voler l'esprit de ces gens. Mais en ce qui concerne son endurance, il ne devrait pas pouvoir tenir debout, il a employé trois sortilèges surpuissants dont l'un d'eux pendant qu'il maintenait un bouclier total, il s'est protégé contre trois sorciers et en attaquer trois en utilisant deux baguettes, donc il a dépensé six fois la dose de magie qu'un sorcier lambda aurait dépensé à sa place. Même avec la meilleure potion d'endurance, c'est théoriquement impossible de supporter un tel déficit. Enfin, sauf si...
Chiotte. Sauf si on détruit son corps en employant des substances illicites et des enchantements corporels, bien sûr. Il n'en a rien a faire du corps de son hôte, il lui suffit d'en changer, qu'importe que ça diminue son espérance de vie du moment qu'il devient plus fort.
Sous la panique, je dis n'importe quoi. C'est pas très catholique, ça ! Je lui lance, alors qu'il n'est plus qu'à quinze mètres de moi, il a réduit la distance depuis tout à l'heure.
Plus on est près l'un de l'autre, moins on a le temps de réagir, plus les sorts arrivent vite sur nous. En tout cas, le premier. Il compte pas s'éterniser ici, il va juste tenter de me détruire. À ma gauche Bellatrix est toujours dans les planches, mais il y'a une amélioration, elle s'est redressé et semble nous regarder, mais elle a un regard hyper fatigué, elle essaie d'ouvrir un flacon... Si seulement c'était elle qui avait le deuxième flacon de "fin-de-soirée", les choses se seraient pas passées ainsi.
Bellamy de son côté continue de courir après des hallucinations, il essaie d'attraper des moustiques, je sais pas ce qu'il fait, mais j'ai pas envie de crever à côté de quelqu'un qui est en plein voyage aux pays des merveilles, il a un sourire qui lui remonte jusqu'aux oreilles, je veux pas que ce soit la dernière chose que je vois. Et je veux pas que la dernière chose que je sentes sur ma main soit mon sang, je veux que la dernière chose que je sentes sur ma main ce soit la main d'Éli et des gosses pendant que je suis en train de crever sur un lit d'hôpital à 140 ans.
Minute...
Rouge s'arrête à environ dix mètres de moi. T'essaies de gagner du temps, ça ne te servira à rien. Il me dit, et je crois que c'est la fin. C'est dommage j'avais eu une bonne idée... J'aurais pas le temps de l'exécuter.
J'entends des pas de course venir vers nous, je ne me tourne pas, mais Rouge détourne le regard de moi un instant, et semble gêné, il roule les yeux au ciel. J'entends une voix en fond, puis elle se fait de plus en plus distincte, il y'a deux courses. C'est eux, c'est eux monsieur l'agent ! Ils ont inondés ma maison, ils ont fait tomber mamie, et ils ont essayés de me tuer ! Crie Hector à la personne à côté de lui, un des aurors du village je suppose. Lâchez votre baguette ! Ordonne une voix grave et un peu bouffue.
Rouge change de cible, et ces quelques secondes d'inattention vont lui coûter cher. Bellamy chasse des papillons, j'ai du sang sur les mains, Bellatrix boit une potion. J'avais oublié que je n'ai pas que ma baguette en guise d'arme. À l'heure qu'il est, des insectes mécaniques doivent voltiger un peu partout pour suivre ma volonté, qui était de nous alarmer si un individu suspect rôdait autour de la maison. Sauf qu'on est autour de la maison, et qu'on est tomber sur l'individu suspect avant qu'ils ne le repèrent, alors ils se baladent en volant depuis tout à l'heure.
Donc ils sont très près, et je peux changer ma volonté. Foncez sur l'homme au casque. Je leur ordonne de ma volonté, ils devraient toujours être à mes ordres.
Je vois quelques reflets dans le coin de mes yeux, deux insectes me frôlent alors qu'ils foncent sur Rouge, je vois une nuée se dessiner autour de lui, il est enfin vulnérable, il ne voit pas. Il va tenter de lancer un sortilège de protection, et moi je me lance dans un sprint, il ne s'attendra pas à ce que je lui fonce dessus, et je suis bien plus puissant qu'un simple objet, alors sa modulation ne servira à rien. Son bouclier ne se dresse pas, je range ma baguette quand je suis en sécurité et j'arrive finalement à lui coller mon poing droit dans la mâchoire malgré la douleur à l'épaule. Et pour en finir, mon poing gauche vient trouver son foie. RAAAAH Je joins mes mains et lui assène un coup de massue à l'arrière du crâne alors qu'il tombe en avant sur moi.
J'ai crié, je me suis battu, et j'ai vaincu. Je me retourne vers l'agent, les mains en l'air, et le sourire aux lèvres. Il ne s'en relèvera pas, c'est certain. Et s'il lui venait l'idée d'essayer, je le briserais. Il se trouve immobile, à mes pieds, et je suis attentif à tout ce qu'il peut dire ou faire, je ne le laisserais en aucun cas s'en tirer.
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Le heaume rouge
PARTIE 8 : Combat final (Partie 5)
L'homme en face de moi ouvre sa lanterne et des boules de lumière en sortent et se dispersent autour de lui. Je me retrouve aveuglé quelques instants à nouveau. Pourquoi vous avez fait ça ? Me demande l'agent, il ne m'a pas encore neutralisé, sans doute qu'il attend des explications de ma part avant. Ou peut-être n'est-il pas aussi puissant que d'autres aurors. Les moins bons des aurors sont envoyés dans les villages, et les meilleurs à la capitale. Je ne sais pas ce que je devrais lui dire et ce que je devrais taire, en inspectant le heaume, ils pourront vérifier que ma version est la vraie, que je dis la vérité et que ce que j'ai fais n'était pas si criminel... Peut-être que j'irais en prison, je n'espère pas, mais peut-être.
Au moins j'aurais vaincu ce foutu bout de métal. Ce type est dangereux, ils kidnappent des gens, et leur volent leurs souvenirs ! Je dis, un peu essoufflé par toute cette tourmente.
Hector fait un pas en avant, et se fait vite repoussé par l'auror. Lui et ses complices sont entrés par effraction chez moi ! Il dit, mais l'auror ne semble pas faire attention à ce qu'il dit. Il se contente de me juger de haut en bas, il voit que je suis essoufflé. Il regarde la scène autour de nous, il doit voir Bellamy et Bellatrix, j'espère qu'il comprendra, tout ces efforts ne doivent pas être vains, il faut retirer son casque à son crâne, le plus tôt possible avant qu'il ne se réveille du coup que je lui ai mis à l'arrière du crâne.
Il y'a bien une quinzaine voire une vingtaine de mètres qui nous sépare, moi et Rouge, de l'auror et de Hector qui sont proches de la maison, ils doivent venir de par derrière. Je ne peux pas me tourner pour regarder Bella ou Bellamy, je dois les regarder eux. Peut-être que je devrais les neutraliser, ça va m'apporter des problèmes, mais au moins ça me laissera assez de temps pour détruire ce casque, ou vérifier si les deux zigotos vont bien. Quoique, c'est surtout Bellatrix qui m'inquiète, elle a tout donné et s'est pris la foudre sur la tête, elle a érigé un bouclier suffisamment puissant pour rester en vie, mais ça reste la foudre nom de Dieu. Il faut que je vérifie qu'elle aille bien.
L'auror prend une inspiration, et ouvre finalement la bouche. Mes collègues arrivent bientôt, on va tirer ça au clair tous ensemble au poste d'aurors du village. Déclare t-il, et ce n'est pas que je suis contre, mais d'ici à ce qu'ils arrivent, il peut arriver tout et n'importe quoi. Très bien, oui très bien, avec plaisir, mais d'abord il faut... Il faut arracher le casque à la tête de Georges... J'ai de l'adrénaline dans les veines, mais ça ne devrait pas suffire. Je n'ai pas mal aux mains. Je devrais avoir mal aux mains, au moins un peu, je l'ai frappé à l'arrière du crâne. Cette partie est censée être protégée par le casque. Ce qui veut dire, que si je n'ai rien senti de plus dur qu'un os, c'est qu'il n'y avait rien de plus dur qu'un os... Il faut lui enlever son casque... Je dis dans un murmure, l'auror a l'air confus, et je m'autorise à lentement baisser les yeux vers le corps qui est à mes pieds.
Georges est étalé au sol, ses cheveux blonds ont virés au blanc et sont parfaitement visibles, son visage est fatigué et tellement vieilli, il a la bouche et les yeux ouverts, mais ses yeux sont vides.
Il ne fait aucun doute maintenant, que le casque n'est plus sur sa tête. Quel casque ? Demande l'auror. Mais je l'ignore, je tourne lentement ma tête vers Bellamy, il chasse toujours des papillons.
Une odeur étrange, une lumière dans ma vision périphérique, et un cri. ATTENTION ! Hurle Hector, puis un second cri. EXTINGUO ! Hurle l'auror comme si hurler allait rendre son sort plus réussi. Je tourne lentement ma tête vers Bellatrix, mais tout ce que je vois c'est une tête de dragon géante, une tête de feu. C'est la malédiction du feudeymon, le sortilège du feu qui dévaste tout. Bella... Je dis, peiné, et souffrant, souffrant car même si je ne l'ai pas vu, je sais que je l'ai perdu, soit dévorée par Rouge, soit par le feudeymon. Et souffrant car je n'ai pas le temps de m'apitoyer ici, je dois retourner au combat. Je ne veux plus combattre, je veux seulement en finir avec tout ça. Mais je dois y retourner. Je dois protéger Bellamy. Je dois détruire le heaume.
Je me saisis de ma baguette au sol et lance le sortilège de gêle-flamme sur ma personne juste avant de sentir un souffle infernal taper contre ma peau, et qui maintenant ne fait plus que me chatouiller. J'entends les cris paniqués de l'auror et de Hector lorsqu'ils se rendent compte que le sortilège du feudeymon ne peut être avalé par un simple sortilège d'extinction.
Ne pouvant rien y voir et étant vraiment, très aveuglé, je m'extirpe aussi rapidement que possible des flammes en prenant la direction du ciel. Là, j'ouvre les yeux et observe ce qu'il se passe sous mes yeux. Un dragon de feu ravage tout sur son passage, à commencer par la maison de Hector, et il se dirige vers le village, je vois des gens courir et sortir de leur maison, je vois des gens habillés de l'uniforme des aurors, et les lumières du village s'allument. Bellamy pour sa part est au sol, en train de faire l'étoile de mer dans l'herbe, et Bella... Bella a fuit de l'autre côté de la maison et se dirige vers Bellamy la baguette à la main, et un casque rouge sur la tête. J'ai failli. J'ai failli à la protéger. Mais plus que tout, j'ai failli à contenir ma rage bouillonnante en moi, et je fonds sur Rouge et Bellamy à une vitesse folle. Je réussirais à vaincre ce monstre quoiqu'il en coûte.
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Le heaume rouge
PARTIE 8 : Combat final (Partie 6)
Rouge se meut dans le corps de Bella et la voir ainsi déchire mon cœur d'un sentiment dont je sais que je ne le perdrais jamais, même si son esprit pouvait retourner à son corps, je ne supporte pas ce qu'il se passe. Je ne supporte ni notre échec cuisant, ni qu'il lui ai volé son corps, je ne supporte rien de ce qu'il a fait subir à ses victimes, leur voler leurs souvenirs et le temps qu'il devrait être en train de vivre. Les voler à leur famille qui ne les verront peut-être jamais plus que dans cet état végétatif. Je ne lui pardonnerais pas. Je sais que j'ai tout fait pour me contrôler jusqu'à maintenant, pour garder le contrôle de mes émotions, et ça me tue de finir par me lâcher et réduire tout ces efforts en vain, mais quel choix ai-je ? Je ne vais pas les laisser enfermés en moi, je ne suis ni une cave à vin, ni une cave à fromages, et mes émotions sont loins d'être des aliments. On ne s'en nourrit pas. Mes émotions tourmentent, déchirent, elles sont comme du poison qui m'habite et me fait souffrir, que je fais tout pour garder en moi pour ne pas faire souffrir ma famille, mais toute la volonté du monde ne peut rien faire contre une telle haine. Oui. Je te hais Rouge. Je te hais tellement. Je te hais comme le système immunitaire hait les microbes, je te hais comme le détergeant hait la saleté, je te hais comme le feu hait tout. Je te hais tellement. Tellement. Tellement.
Je ralentis juste avant de poser le pieds au sol, l'élan que j'ai me donne une force rotative qui semble me déchirer la jambe, mais je pivote malgré tout pour balancer mon autre pied à la face de... De... Quand je vois son pauvre visage sous le casque, je force sur ma jambe pivotant déjà pour ralentir le mouvement. Rouge en profite pour se dérober à mon coup, et créer de la distance entre nous en se propulsant vers l'arrière à l'aide d'un sort. Il n'a pas mit longtemps à maîtriser le corps de Bella, mais je ne lui laisserais pas le temps d'en avoir la maîtrise complète si ce n'est pas le cas.
Je lui lance des sorts de stupefixion en rafale, son foutu Feudeymon a probablement été contenu par des sorciers et des aurors puisque je ne l'entend plus. Je me demande combien de victimes cette ordure a fait, combien de sorciers n'ont pas été assez rapides, hein ? Combien de litres de sang a-t-il versés sur les mains de Bella. Il l'a forcé à avoir sa part de responsabilité dans tout ça. J'augmente la cadence, même si je sens que mon cœur souffre, ce n'est rien, la colère continuera à me maintenir debout. Je le sens dans ma poitrine, crier, hurler à la mort, il souffre, je souffre, mais j'augmente la cadence malgré tout.
Je suis tiraillé entre l'envie de fuir tout ça, de partir loin et d'espérer ne plus jamais le recroiser nul part. Et exterminer cette ordure, détruire ce casque de malheur, je commence à me dire que... Même s'il est possible de redonner à ses victimes leur esprit et souvenirs, peut-être qu'il faut détruire ce casque dès maintenant. Ainsi, je serais certain qu'il ne fera plus aucun mal, il suffit d'une personne mal intentionnée ou d'une personne téméraire ou encore plus probable d'une personne absolument idiote pour que ce heaume de malheur continue de faire des victimes. Ça pourrait même être pire, il pourrait être utiliser par le gouvernement pour punir des criminels, pour faire office d'ordinateur pouvant stocké les souvenirs de nombreux individus, pouvant pénétrer leur esprit et voler leurs souvenirs puis les redonner. Même les legilimens ne sont pas aussi efficaces que lui, ils ne peuvent pénétrer l'esprit de ceux qui ont reçus la bénédiction de Veritas, et il y'a les occlumens aussi... Je pense qu'ils seraient les plus à même de résister si ce que ce monstre a dit est vrai, mais ils finiraient par céder. Les humains, eux, contrairement à lui, s'épuise. Ils sont tiraillés par leurs émotions, mais lui n'en a pas. C'est une machine avec un esprit surdéveloppé et les souvenirs de dix-hu... Dix-neuf, victimes.
On s'approche l'un de l'autre, on alterne entre sortilège défensif et sortilège offensif, mon cœur bat de plus en plus fort, et puis crack, je lance un dernier sortilège offensif et m'écroule au sol.
Toutes ces émotions... C'est trop fort... Tout ce combat, toute cette... Rage.
Tout ce que je vois, en dernier, c'est les yeux de Bella me regarder, alors qu'elle... Non. Alors que Rouge me pointe avec la baguette de Bella, sa main, son bras, c'est elle. Vraiment elle.
Elle est tellement proche et en même temps tellement loin... J'ai du mal à respirer.
Il me regarde, avec ce même regard neutre et immonde. Je dois utiliser l'âme de mon hôte pour lancer des sorts, et son âme est à la fois plein de peine et d'espoir, c'est drôle non ? Me dit-il. Revois ta déf- Il me met une botte dans la bouche et s'appuie dessus, m'empêchant de lui dire de revoir sa définition de drôle. Je parle, Omniak. Pourquoi elle avait de l'espoir ? Je veux vraiment savoir, et je veux que ça vienne de toi. Dit-il en retirant sa botte de ma bouche, il lui suffirait de fouiller dans les souvenirs de Bella, mais il me demande. Je reconnais ma tendance à l'humiliation dans son comportement, je le hais tellement. On voulait... Rendre leur esprit à tes victimes, ordure. Je m'efforce de dire malgré le manque de souffle.
Il se redresse, et me regarde en penchant légèrement la tête. Je t'ai dis que leur esprit est mort, je ne l'ai pas. Je n'ai que les souvenirs. Je te l'ai dit pourtant, que c'est un combat et que je gagne toujours, tu m'écoutes quand je te parle ? Me demande t-il, rhétoriquement, je parie qu'il veut rendre mes derniers instants les plus humiliants possible. Il doit adorer faire ça. Bon, je dois y aller, tu n'as rien à m'apprendre, toi. Me crache t-il au visage après avoir tourné la tête un instant en direction du visage. Je ferme les yeux doucement, et essaie de respirer calmement, mais ça ne marche pas. Je vais mal, j'ai terriblement peur, je veux pas crever. Je veux pas. Je veux vivre, voir l'avenir, être heureux, et ne plus jamais souffrir. Tout ça c'est de ma faute. Je sens des larmes couler le long de mes joues, et je halète, mon cœur se tord et j'ouvre finalement les yeux sur le visage de Bella, mais c'est le souvenir de ce foutu casque que j'emporterais dans la tombe.
J'ai tellement peur nom de Dieu, pitié arrête-le, je t'en supplie, même si mes mots ne veulent pas sortir de ma bouche, je te supplie de l'arrêter. Je supplie, encore et encore. AVADA... Commence t-il, et mon pantalon s'humidifie. Je me suis pissé dessus de peur, même dans la mort je ne suis pas brave. Je ne serais jamais pris au sérieux. Je ne verrais jamais mes enfants grandir. Je ne reverrais jamais le visage d'Éli. Je ne reverrais jamais plus aucun visage, et la dernière chose que je verrais sera ce casque. Mes dernières émotions seront un mélange de haine, de peur, et de colère, j'ai tout raté...
Soudain Rouge tourne la tête vers le sol et sursaute. Je tourne la tête un instant pour voir Bellamy lui attrape la cheville avec un sourire de nigaud. Ça fait combien de temps que j'ai arrêté de respirer, je recommencerais bien maintenant car je suis pas encore mort, mais c'est pas ma priorité. Mieux vaut une canne à pêche qu'un poisson. Je lance mes dernières forces dans la bataille et balaye Rouge pour me retrouver au-dessus de lui, il est au sol, à ma merci, mais j'ai pas réfléchis aussi loin, j'ai ma baguette en main, mais je dois respirer, ou le détruire maintenant ?
Mon coeur me lâche, et j'ai des vertiges, je me suis relevé trop vite et j'ai pas assez d'air, je dois respirer. J'entends des foulées derrière moi, mais ma dernière vision avant de tomber dans les pommes, c'est cette ordure de bout de métal transplaner ailleurs...
Dernière modification par Redose Omniak le 20 août 2026, 22:57, modifié 1 fois.
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Le heaume rouge
CHAPITRE 6 : Le Rouge et le Noir
PARTIE 1 : Quatre murs de pierre
Ça aurait pu être pire. Me dit Bellamy, alors que je regardais le sol de bois. Instinctivement, ma tête se tourna lentement vers lui, ma bouche béante laissant s'écouler un fin filet de bave. J'arrive pas à croire de ce qu'il vient de dire, c'est censé me faire aller mieux ? Pire ? Je lui demande une première fois, ce à quoi il a l'audace de me répondre. Ouaip. Mais je vais perdre les pédales, il vient de dire quoi cet idiot ? Pire. Je répète, sous le choc. On pourrait être mort. Il me dit. Mais la mort ? Mais la mort aurait probablement été une meilleure alternative, il est sérieux ce type ?
Je souffle longuement, avant de prendre un temps plus calme et un sourire. Écoute... Bellamy, haha. Je ne sais pas si tu te rends compte de la situation dans laquelle on est. Je commence, parce que visiblement tout ça lui échappe totalement. J'ai l'air absolument désabusé, désenchanté, je suis au fond du gouffre et cette raclure de fond de pot a le culot gargantuesque et merveilleux de me dire que ça pourrait être pire, un petit rappel s'impose je suppose. On a été retrouvé avec de la potion dans le sang totalement défoncé à l'endroit où le feudeymon a été lancé, tu t'en souviens de ça ? Je lui demande d'un ton calme et interrogatif, ce à quoi il me répond par un sourire niais et un hochement de tête. Sans doute qu'il se souvient de l'état dans lequel il était quand il a été retrouvé, un état de bonheur immense, j'aurais préféré être retrouvé dans un tel état que couvert de ma propre urine. Il s'en sort bien. Il n'y avait aucun témoin ni aucune preuve, puisque tout a brûlé, tu le sais ça aussi, non ? Il hoche la tête avec un regard plus sérieux, comme s'il venait enfin de comprendre que personnellement, je ne pense pas qu'il y'a pire. Il y'a aussi eu une vingtaine de victimes, dans six maisons différentes, et comme tu dois t'en souvenir puisque c'était il y'a pas si longtemps... Seulement quelques heures. On a pas attendu longtemps avant d'être jugés. C'était un moment humiliant, profondément horrible, le Royaume-Uni doit me détester plus encore qu'il ne me détestait déjà. On a attendu très peu de temps car même si on avait le droit à un avocat, il n'y avait aucun moyen de nous défendre. En particulier au vu de notre passif à tout les deux...
Alors explique-moi en quoi dire, "ça pourrait être pire" alors que nos noms ont été trainés dans la boue, et qu'on est littéralement condamné à la perpétuité à AZKABAN. Je crois que je commence à perdre mon calme, mais franchement il y'a de quoi. EST. UNE. BONNE IDÉE ? Je demande en hurlant, avant qu'un gardien ne me dise de baisser d'un ton et que j'aurais tout le temps de crier là-bas. Cette saleté de gardien et son collègue font des paris sur le nombre de jours qu'il me reste à vivre, ils doivent me connaître, savoir qui je suis, et combien de personnes j'ai envoyé à Azkaban.
Si c'était que trois ou quatre personnes ça irait, mais bon... Je dirais que j'en ai envoyé... Environ soixante-dix ? Éli n'était pas sûre, et je ne me souviens pas complètement de ça... Je sais juste que j'en ai envoyé vraiment un paquet, mais genre, vraiment un gros paquet. La majorité des offrandes que j'ai fait à Azkaban sont des membres du culte de Veritas, des innocents maintenant que j'y pense... Je vais me faire plier en quatre. Mais bon, apparemment y'a pire.
Bellamy pose sa main sur mon épaule en me regardant l'air sombre. On aurait pu mourir. Me dit-il. Je suis pas sûr de préférer Azkaban... Je réplique, un peu, non, excessivement abattu. Je suis une cible ambulante, surtout avec ma tâche de naissance, mais bon, les membres du culte n'ont pas besoin de cette marque pour me reconnaître. Il leur suffit de lire en moi je suppose. Comment peux-tu dire ça ? Il me demande l'air plus inquiet que sombre désormais. Je réfugie mon visage dans mes mains. Tu comprends pas... Azkaban c'était l'enfer du temps du ministère, et c'est aller de mal en pis ensuite. Je commence. Les détraqueurs y sont retournés, les gardiens ne font rien, je me suis pris un molard dans l'épaule à cause de ce que je viens de dire et le sortilège de la mort est un sort bien plus avantageux qu'ici... Les détenus exécutent d'autres détenus sans employer la magie, on ne peut pas employer la magie ici, le slime sur notre nuque nous siphonne en permanence et on est en tout point plus faible... Je dis, m'abattant d'autant plus, et les larmes coulent. Un sortilège de la mort et ça aurait été fini, ici, on va me faire souffrir encore... En me balançant à un détraqueur, en me donnant en jouet à un géant, en me ruant de coups... Je dis, alors que les larmes continuent de couler. J'entends les rires du peu d'autre détenus que ce grand bateau transporte avec nous, et des gardiens. La seule chose qui me réconforte un peu, c'est la main de mon père sur mon épaule, qui la caresse pour me soutenir.
C'est gentil, mais qu'importe, je serais bientôt mort. J'ai tellement peur Bellamy... Je veux plus souffrir... Je veux plus voir personne souffrir... J'en peux plus. Je dis alors que je fonds en larme, et que ma peine et ma peur se mêlent et s'intensifient. Je ne veux plus seulement arrêter de souffrir, je ne veux plus causer de souffrance, je ne veux plus que personne ne souffre. Mais Bella... C'est trop tard pour elle, et toutes les précédentes victimes. Et d'Azkaban, c'est trop tard pour Rouge, il va continuer à faire souffrir des gens et leur famille. Tout ça c'est de ma faute, je suis le monstre. Ce n'est ni Georges, ni Rouge, mais moi et ce depuis le début. J'ai créé cette situation, j'ai créé tout ça, je suis responsable de tout. Je suis... Je suis juste un monstre... Un pathétique petit monstre, et ma place est probablement bel et bien en enfer.
On est arrivé.
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PARTIE 2 : Entouré d'ennemis
Pour nous amener dehors, les gardiens nous poussent et nous traînent comme des cabots, mais à leur délicatesse, on ne peut que supposer qu'on ne vaut pas plus que des cabots. Les quelques autres détenus, moi, et Bellamy, sortons à la file indienne de la calle du bateau. Arrivé dehors, je suis bouleversé par le vent surpuissant qui souffle ici, et quand deux détenus devant moi, dont un gobelin, tombent au sol, je comprends que je ne suis pas le seul à être surpris. Nous sommes nous enchaînés les uns aux autres, mais on est pas suffisamment serré pour que le sort de ceux qui tombent devant ne m'affecte.
Je profite du court, très court temps de pause durant lequel les gardiens crient sur les prisonniers à terre et les font se relever d'une manière très peu sympathiques, pour lancer un dernier coup d'œil derrière moi. Le bateau est immense, beaucoup trop grand pour si peu de détenus. Un gardien pose sa main sur mon crâne et me force à tourner la tête devant moi. L'eau gicle sur mes cheveux, mon visage, mes vêtements de jute, et je ne sais même pas si c'est de la pluie ou le courant d'eau de la mer du nord qui nous amené ici. Je lève les yeux pour voir si confirmer ou non que c'est la pluie, la bourrasque de vent d'eau me force à les plisser, mais je l'aperçois. Le sommet de la forteresse, des figures voilées sont jonchées sous le ciel grisâtre. C'est la dernière fois que j'aurais une telle vue sur la forteresse, cette prison sera mon tombeau, je ne suis pas si fort... Je ne supporterais pas quelques jours là-dedans si je ne suis pas tué par les autres détenus. Et des détenus il y'en a... La forteresse est absolument immense, non seulement en largeur, mais en hauteur. J'avance avec le reste du groupe, mais je suis probablement le seul à retenir mon sphincter. Je tourne la tête une seconde pour voir une figure voilée à quelques mètres de nous, qui semble nous observer, c'est... C'est un détraqueur...
C'est la première fois que j'en vois un de si près. C'est la première fois que j'en vois un tout court.
On entre enfin dans la forteresse, l'odeur est infecte, la luminosité faible, l'ambiance est tout bonnement nauséabonde. Cette forteresse a vécu des choses, son histoire marque ses pierres.
Deux trappes sont au sol, et l'ensemble du groupe prend la trappe de gauche. On arrive finalement dans une longue pièce et on nous force à tous nous tenir contre le mur. Un gardien nous compte, puis nous appelle, il raye des choses sur son calpin.
Une femme avec un air sévère et un cache œil sur la gauche de son visage nous rejoint. Elle est vêtue du même long et épais manteau noir des gardiens, ainsi que la même montre à gousset à sa ceinture, seulement la sienne est dorée, le triangle sur sa casquette aussi est doré.
Elle avance, nous regarde, nous jauge avant de revenir au milieu de la pièce, les mains dans le dos, elle s'exclame. Je suis Rebecca Stronghold, le directeur de cette merveilleuse prison. Dit-elle avec un large sourire. J'ai du mal à savoir ce qu'elle pense vraiment... Je l'observe de haut en bas. Sa carrure est imposante, elle est plutôt large, mais relativement petite. Elle n'est pas jeune, ses cheveux crêpus sont partiellement gris, sa peau est ridée, et elle ne porte comme maquillage et accessoire que ce fameux cache œil et un rouge à lèvres grossièrement étalé sur ses lèvres. Les règles sont simples, à vingt heures, tout le monde est dans sa cellule. Le reste du temps faites ce que vous voulez, on s'en fiche. Poursuit-elle. La nuit, les détraqueurs sont dans la forteresse et en dehors, ils ont tout les droits de manger votre âme si vous ne respectez pas les règles. Dit-elle sur un ton grave et sévère, qui ne laisse paraître aucun sadisme. Ils passent la majorité de leur temps dehors, mais peuvent tout à fait entrer et se nourrir de votre joie. Qu'importe. Dit-elle en haussant les épaules avec une indifférence particulièrement agaçante. À huit heure, midi, et dix-huit heure, des repas sont servis pendant trente minutes, ni plus ni moins. Poursuit-elle, en marchant en ovale devant un bout à l'autre de la file de prisonniers. Les gardiens sont là pour vous garder à l'intérieur, pas vous garder en vie. Des guérisseurs viennent deux fois par mois pour récupérer la magie qu'on vous prend grâce à la substance sur votre nuque. Elle s'arrête un instant, et regarde le plafond. Ils récupèrent aussi les cadavres récupérables. Semble t-elle conclure.
Mais elle effectua une dernière rotation rapide en notre direction. La majorité d'entre vous passerons leurs derniers instants ici, les autres deviendront probablement fous et reviendront. Vous ne valez rien, il y'a des tas de prisons plus "sympas", mais vous êtes à Azkaban, et vous le méritez. Conclut-elle finalement avant de s'éclipser.
Un gardien lança un sortilège pour nous libérer de nos chaînes. Ça fait du bien de ne pas avoir un poids aussi lourd sur les mains.
Le gardien nous accompagna en dehors de la salle, et on passa par la trappe. Il poussa les grandes portes, et finalement, on les traverse, et nous voilà comme les autres détenus. Mais nous n'avons ni expérience, ni connaissance de ce lieu, nous sommes juste des proies qui viennent d'entrer dans l'endroit le plus dangereux du Royaume-Uni. Ce que je ne donnerais pas pour retourner à Poudlard...
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Le heaume rouge
PARTIE 3 : Premier contact
La porte claque dans mon dos, et surprit, je me retourne. Nous sommes seuls. Il n'y a plus de gardiens.
J'explore la grande salle dans laquelle on a été jeté des yeux... Il n'y a presque rien. Des bancs en pierre, et des gens. L'odeur ici est particulièrement immonde, on voit des tâches de saleté et de sang un peu partout, cet endroit n'a pas d'âme et est plus grand encore que la grande salle de Poudlard, sauf que le ciel présent au dessus de nos têtes est réel, lui. Il y'a un large creux carré dans la forteresse, et un vent le traverse. Lorsqu'on regarde à l'intérieur, on ne peut voir que des trous cubiques, probablement des fenêtres. Je suis rarement venu ici, et je ne m'en souviens presque pas. Disons qu'Azkaban ressemblait à autre chose dans mon esprit.
Cette grande salle est suffisamment grande pour compter un deuxième étage qui rase les murs et sur lequel sont perchés des gardes qui peuvent observer tout ce qu'il se passe en bas. Et en bas, il ne se passe pas vraiment grand chose à première vue. Il y'a plusieurs entrées dans les murs, mais je ne vois pas ni ne sait où ça mène. Au-delà de ça, il n'y a que des gens. Beaucoup de gens. Énormément et pourtant la pièce n'est pas remplie, et encore moins vivante. Cet endroit pue la mort.
Je sens un poids me bousculer à ma hanche, en baissant les yeux je vois un gobelin tout sourire qui m'ignore ostensiblement et qui regarde Bellamy. Il vient de me pousser pour lui parler ? Heeyyy salut toi, tu m'as l'air solide pour un sorcier ! Lance t-il à Bellamy en guise de "bonjour". Bellamy baisse la tête et le regarde un instant avant de s'accroupir. Bonjour petit homme. Lui répond t-il, ce à quoi le gobelin n'a pour autre réponse qu'un rire un peu gêné, Bellamy ne sait pas à quel point les gobelins sont... Gobelins ? Ils n'ont rien à voir avec les humains. Ils ont des dents pointues, des oreilles pointues, une taille de gobelin, une démarche de gobelin, ils ont même leur propre langague.
Mais étonnamment, le gobelin ne pète pas une crise ni ne l'insulte de tout les noms. J'm'appelle Gilgamesh le Charmant ! Dit-il en tendant sa main à Bellamy. Bellamy lui sert la main avec son pouce et son index. Je m'appelle Bellamy Smith. Le gobelin rigole légèrement l'air gêné, il scrute de temps en temps ses arrières, et la grande salle, il a d'évidence l'air inquiet et stressé. Enchanté Bellamy haha, euh... Je me disais qu'un grand gars comme toi et un cerveau comme moi on pourrait s'entraider ici, hein ? Demande t-il avec un air désespéré. Et on a quoi en échange ? Je demande, mais il m'ignore. Il ne m'adresse même pas un regard. Réponds donc. M'appuie Bellamy, et comme par hasard à lui il lui répond.
Le gobelin recule et alterne son regard entre Bellamy et moi. Ah euh... Je connais beaucoup de choses sur cette prison vous savez ! J'ai gagné plusieurs concours de culture général et... Je sais plein de choses, vraiment ! Il semble essayer de nous convaincre, et c'est un essai pathétique, et même si j'aimerais franchement mourir, je préfère le faire dans les meilleures conditions... Et en même temps... Je peux pas abandonner Bellamy ici, seul... J'ai pété un câble sur le bateau, et je pète un câble depuis que je suis en sécurité, menotté, et gardé. Mais voilà que je ne peux plus me permettre de telles frivolités. Ce type peut être utile. Entre nous, Bel, tu devrais te débarrasser de cette pleurnicheuse. Ose t-il dire devant moi. Ce petit idiot s'est approché de Bellamy, et m'a désigné du pouce par dessus son épaule, il l'a appelé Bel. Je crois que c'est moi finalement qui vais faire une victime.
Bellamy se relève. Tu vas commencer par être un peu plus respectueux si tu veux traîner avec nous. Bellamy commença à partir, mais le gobelin lui agrippa la cuisse après avoir regardé à droite et à gauche. 'Ttends 'ttends 'ttends mon pote, j'suis désolé d'accord ? J'disais juste ça comme ça ! Lui confia t-il, Bellamy lui lança un regard inquisiteur et le gobelin souffla. C'est juste que ce gars a montré sa faiblesse devant tout l'monde dans l'bateau, il était mort de trouille sans même vraiment connaître cet endroit. Poursuit-il, toujours en s'adressant uniquement à Bellamy. L'homme baissa les yeux sur le gobelin et lâcha sèchement. Comme toi. Ça aurait mieux sonner si ce gobelin prétendait pas en savoir autant à propos de ce lieu.
Le gobelin se tût, et moi aussi, Bellamy nous guida plus loin au niveau du mur d'entrée. On s'est tout les deux assit. On a un marché du coup ? Demande le gobelin, pour seul réponse Bellamy hocha la tête. Il eu l'air satisfait et s'est assit à côté de Bellamy. D'ici, on avait une vue globale de l'immense pièce cubique. Pourquoi y'a si peu de gens seuls ? Je demande, c'est une prison, mais tout de même. Sur toutes les personnes qui sont là, il y'a de très grands groupes, et des plus petits, mais les personnes seules sont très peu nombreux.
Le gobelin émit un gémissement étrange avant de prendre la parole. C'est parce que si t'es seul, t'es une proie facile, et surtout qu'on est pas tous logés à la même enseigne. J'ai du mal à comprendre de quoi il parle, une "proie" ? Il semble en parler au sens littéral du terme et ça me fait un peu flipper, je porte un regard nouveau sur les groupes. Il y'a un groupe des géants. Dit Bellamy qui fait de même que moi. Il y'en a trois, ce sont des groupes dangereux, il y'a souvent pas assez de nourriture c'est pour ça qu'ils sont si maigres, apparemment ils mangent des humains. Mes sourcils se froncent et mes yeux s'ouvrent grand sur un regard inquiet, Bellamy a la même réaction quand il me regarde par réflexe. Il y'a les groupes des minorités magiques aussi, il y'en a qui mangent des humains c'est certain. Y'a des harpies et des vampires parmi eux après tout. Je prends une grande inspiration, je sens qu'on va rester loin d'un paquet de monde. Et là-bas alors, y'a des gens de ton espèce, pourquoi tu les rejoints pas. Demande Bellamy, plus inquisiteur qu'intrigué, et c'est vrai que cette incohérence soulève un sourcil.
Le gobelin rigole l'air gêné, je ne peux pas le voir, mais je suis sûr qu'il regarde ailleurs. Haha... Oui, c'est un grand groupe, probablement le plus grand... Des elfes de maison, des nains... Je le coupe. Et des gobelins, réponds à la question. Je l'entend légèrement glousser et ravaler sa salive juste après. Les gobelins m'aiment pas trop... Haha... Dit-il gêné. Pourquoi ? Demande Bellamy. Un court silence s'installe. J'ai... Haha... J'ai fais un burn-out et j'ai tué quelques gobelins du personnel de Gringotts. Avoue t-il finalement. Je l'entends glissé contre le mur, il doit croire qu'on pourrait s'en prendre à lui pour ça. Le bien et le mal ça veut rien dire ici, le passé est derrière, on ne le reverra plus jamais... Sauf quand les deux frères du directeur de Gringotts sont ici... Et que son meurtrier l'est aussi. Conclu t-il finalement. Et il n'a pas tort, je hoche les épaules, j'ai l'habitude de côtoyer des criminels, et Bellamy n'a lui non plus pas l'air si chamboulé que ça.
Le gobelin semble essayer de changer de sujet en montrant un grand groupe. Ça c'est le dernier groupe, le deuxième plus grand, c'est les fanatiques de Veritas. Ils sont pas aussi mortels que les autres, ils peuvent pas mentir, donc si vous avez un doute vous avez qu'à leur demander si l'un d'eux vous veut du mal. Conclut-il. Il semble ne plus vouloir s'arrêter de parler, pourtant j'aimerais bien qu'il se mette à la fermer et plus vite que ça. Mais ils peuvent lire votre esprit hein ! Même sans accès à la magie, c'est des fous ! Dit-il en riant, et je serre le poing. J'apprécierais vraiment qu'il la ferme, il parle depuis tout à l'heure et déballe sa science, tout ça pour avoir comme conclusion que tout le monde est dangereux. On le savait. Et y'a aussi des groupes de nés-moldus et de néo-mangemorts, et y'a aussi- Mais ferme-la. Je finis par m'emporter.
Et il se tût. Ça fait beaucoup trop à digérer alors que ça fait même pas trente minutes qu'on est là, personne n'est encore venu vers nous et heureusement. Un gobelin bavard, meurtrier, et plus nerveux qu'un cognard c'est suffisant.
Je tapote Bellamy de l'épaule. Le culte de Veritas, une grande partie veut ma mort, on doit éviter de s'approcher d'eux ou d'attirer leur attention. Je lui demande, et il pose sur eux un regard curieux. Ouai... Mais faut qu'on réfléchisse à long terme Red. Red ? C'est vrai qu'on est condamné à vivre ensemble, et peut-être même à mourir ensemble. T'as raison, Bel.
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Le heaume rouge
PARTIE 4 : Corvée de cuisine
Devoir éplucher les pommes de terre à la main ça m'avait pas manqué. Quand le directeur a fait genre une minute de discours je me suis dit que c'était exagéré, qu'elle en avait dit trop peu, mais non. Elle en a dit bien assez, nos vies n'ont aucune valeur à leurs yeux, au-delà de ça, il n'y avait rien d'autre à dire. La prison a un fonctionnement autonome, les prisonniers font tout, mais il n'y a aucune organisation et pour cause, il n'y a pas de chef. Il y'a bien le géant qui se fait appelé Cyclope qui est le plus grand et apparemment le plus fort des géants, dans un lieu où les géants sont de toute façon les plus forts puisque personne n'a sa magie pour se défendre. Mais cette forteresse a été bâtie pour un sorcier, les couloirs sont plutôt grands, mais trop étroits pour les géants, à vue de nez je dirais qu'ils doivent ramper, ou marcher en canard, ils doivent probablement forcer pour passer la porte de leur cellule, et si je me fie au fait qu'ils ont quand même réussi à survivre ici, et à la politique de la prison, mais également à la taille des blocs de pierre et l'espacement des fenêtres qu'on peut voir dans le creux central de la forteresse, les cellules sont également étroites et ils ne peuvent probablement pas s'y coucher.
Ça veut aussi dire que si un géant en a après nous, il nous suffit en théorie de courir jusqu'au couloir le plus proche. Mais alors il suffirait de garder suffisamment de distance entre eux et nous pour pouvoir battre en retraite en cas d'assaut. Mais il leur suffirait de squatter l'endroit où est servi la nourriture, et s'ils squattent cet endroit, ils peuvent se nourrir à leur faim, et s'ils peuvent se nourrir à leur faim, ils n'ont pas besoin de manger de détenu, donc les détenus n'ont aucun intérêt à adopter cette stratégie si ce n'est de se laisser mourir de faim...
Cette prison est particulière. Ce n'est vraiment pas la même chose d'être détenu et d'être "visiteur". Principalement car quand on vient en tant que "visiteur", on vient dans la soirée ou dans la nuit, lorsque le détenu est dans sa cellule plutôt qu'à gambader on ne sait où.
Bellamy me demande à côté de moi. Tu t'en sors ? En épluchant ses propres patates. C'est plus facile quand elles sortent de l'eau bouillante, mais c'est aussi plus chaud. J'ai les mains brûlées. Je lui avoue.
Les personnes les plus faibles s'occupent des services, il n'y a pas d'organisation, mais la prison fonctionne de manière autonome. Les détenus les plus souvent ciblés sont les détenus les plus faibles, et les détenus les plus faibles sont les détenus les plus seuls. Plus le groupe est grand, moins il y'a de chance qu'un individu y appartenant soit prit pour cible, plus le groupe est fort, moins il y'a de chance qu'un individu y appartenant soit prit pour cible. Bellamy et moi devons donc adopter la stratégie qui augmente le plus nos chances de survie, même s'il n'y a que peu, voire pas d'espoir de revoir le soleil ou les tournesols, je ne peux pas le laisser tomber, lui il veut vivre... Je... J'ai pris ma décision. Je ne le laisserais pas seul. On doit trouver un groupe. Je lui dis. Avant que ce soit notre tour de nous farcir les toilettes de préférence. Ajoute t-il. Que je le comprends... S'il n'y a qu'un seul couteau pour faire la cuisine d'autant de prisonniers, je n'imagine pas ce qu'il en est pour les toilettes...
À propos des services, je me demande si c'est réel... Apparemment il y'a plein de règles "implicites", mais bien réelles, au sein de la prison. Ça m'étonne quand on connait le profil des gens ici, plus on y reste, plus on est fou et brisé. Le désespoir nous hante, et certains vont jusqu'à perdre leur âme. Alors respecter des règles implicites... Ça ne semble pas vraiment être important. Par exemple... On a pas le droit de tuer quelqu'un dans les pièces intimes et les pièces à service, probablement parce que personne veut mourir dans des toilettes turcs, et tuer les cuistos ça motive pas vraiment à cuisiner.
Ici, les plus faibles meurent, ou se rendent utiles.
C'est pour cette raison que cet endroit marche bien, tout s'auto-régule naturellement. Les plus faibles sont utiles, ou personne ne mange, à moins que quelqu'un ne se dévoue, mais si une seule personne s'y met il n'y a pas assez à manger, et les gens se mangent entre eux. D'après Gilgamesh ce serait arrivé durant la grève macabre du dix-huitième siècle. Une hécatombe.
Je ne pensais pas que je verrais un jour un modèle de société anarchique qui marche bien. Enfin... Qui marche bien... Ça dépend d'où on se place. Les plus forts trônent au sommet de la hiérarchie et peuvent se permettre des horreurs. Les plus faibles nettoient les toilettes et font tout le travail au risque de subir.
Mais ça marche tout de même, car les gens respectent les règles, et pour cause : Ceux qui y dérogent ne font pas long feu. Si le couteau de la cuisine disparaît, celui qui est trouvé en sa possession ou qui a été vu le volé subit un sort pire que la mort. Gilgamesh nous a parlé du cleptomane hurlant... Il a justement volé le couteau de la cuisine et n'a pas pu faire cinq pas sans se faire prendre. Il a... Il a été laissé dans la grande salle avec des jambes en miettes, son cri a résonné dans toute la forteresse, et... Les détraqueurs en ont finis avec lui lorsque les cellules se sont fermés.
Toutes ces histoires me donnent des frissons. Je m'imagine être celui attaqué. T'as une idée du groupe qu'on pourrait tenter de rejoindre ? Je demande à Bellamy, mais c'est ce petit sournois de gobelin qui répond. Les néo-mangemorts c'est un choix sûr, ils sont nombreux et ils ont pas peur de ce monde. Ils ne s'encombrent pas de moral à deux balles ni de compassion hehe... Pas vrai ? Les gars ? Je le regarde avec un dégoût à peine dissimulé. C'est pas une si mauvaise idée... Mais qu'est-ce qui te fait croire qu'ils s'encombreraient de toi ? Lui dit-il, Gilgamesh se lèche la lèvre, et réplique. Alors les nés-moldus ! C'est un choix sûr, ils sont nombreux et ils se battent pour la justice, ils sont contre le racisme et assez accueillants, hein ? Pas vrai ? Ça vous dit ? Il demande avec un sourire transpirant l'espoir, cet idiot va nous attirer les détraqueurs avec son sourire idiot. Il en sait des choses, dommage qu'il ne soit absolument pas digne de confiance.
Il faut qu'on se dépêche de trouver un groupe, n'importe lequel peut-être pas, mais il nous faut absolument un groupe.
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PARTIE 5 : Premier repas
Lorsque sonne l'heure du dîner, des tables émergent du sol, de ce que j'ai compris elles resteront ainsi pendant quarante-cinq minutes. Tout le monde n'a qu'un bol et qu'une cuillère, tous sont identiques, et à nouveau, cette forteresse est prévue pour des sorciers. Les bols des géants tiennent entre deux doigts, les bols des elfes tiennent dans leurs deux mains. Moi et Bellamy ont s'est assit avec d'autres solitaires, mais on ne se parlent pas, on est un peu en compétition eux et nous. On est concurrents pour trouver un groupe qui veuille bien de nous. Un gars à côté de nous attire notre attention. Faites pas ces têtes de déterrés les gars... Je sais tout ce qu'il y'a à savoir sur les prisons. Dit-il avant d'avaler ses pommes de terre tout rond. Ce type vivra pas longtemps avec ce sourire et cette attitude, il est stupide comme un pot. Les portions sont assez maigres et rien ne garantit qu'il pourra se resservir, il faut manger lentement et prendre le temps d'avaler, même si ça laisse ceux qui mangent plus vite prendre une longueur d'avance sur nous lorsqu'ils vont aborder des groupes.
L'idiot se lève. C'est pas mon premier rodéo, il faut provoquer le gars le plus fort. Dit-il fièrement en pointant le cyclope du doigt. Techniquement, c'est plus un géant borgne qu'un cyclope, mais au-delà du fait qu'il s'agit d'un géant, il s'agit du chef des géants, entourer d'autres géants. Ce gars va mourir.
Il se dirige vers le cyclope et Bellamy se lève et pose une main sur l'épaule de l'idiot. Celui-ci se retourne. Bas les pattes. Lui lance t-il avant de le pointer du doigt. C'est moi qui deviendrait le boss d'Azk- L'idiot est coupé par le poing de Bellamy en plein dans la figure, quelque chose craque, mais peu importe la valeur de cette chose, il vaut mieux perdre ça que la vie. Le type tombe raide comme un pic et Edouard reprend sa place pour continuer à manger ces pommes de terre fades comme du sable.
Je soupire, et voilà que l'autre idiot se met à donner son avis. On devrait en finir avec lui et le rapporter à un groupe pour leur prouver notre force et notre loyauté. Dit-il alors que ses pieds ne touchent même pas le sol. Pas vrai, hein les gars ? Essaie t-il ENCORE de confirmer. Je jure que ce type arrive à exacerber ma violence.
Je secoue la tête en signe de désapprobation, et Bellamy hausse les épaules. Je connais ce gobelin depuis quelques heures et c'est déjà mon ennemi, il est si stupide qu'il n'a toujours pas réussi à comprendre quel genre de personnes on est. On est pas du genre à tuer un idiot même s'il va mourir de toute façon. On est pas du genre à rejoindre des tarés de néo-mangemorts. Et on est pas du genre à se laisser séduire par des histoires assommantes. La seule raison pour laquelle ce gobelin est toujours là, c'est d'une part parce que ce qu'il dit est intéressant, et d'autre part car en guise d'attaque il faut une distraction ou un bouclier suffisamment intéressant pour nous permettre de FUIR.
Le nombre de choses détestables que ce gobelin a dit depuis qu'on le connait est beaucoup trop grand pour quelqu'un qui vient d'arriver. Il n'a pas eu à "s'adapter", il était ainsi avant d'arriver à Azkaban. Seulement là, il se permet de l'ouvrir.
Je me demande combien de temps ça va me prendre pour...
Oh... J'avais totalement oublié "ça".
Bellamy repose son bol. C'est bon, on peut y aller. Je me lève avec lui, et Gilgamesh se dépêche d'engloutir ses patates avant de nous suivre. Il a l'air tellement nerveux.
On commence par se pointer à une table de nés-moldus. Bonsoir, on voudrait se joindre à vous. Au moins il perd pas de temps. La femme assise au bout de la table se lèche les doigts, et me regarde un instant. Redose Omniak... Me dit-elle, visiblement je suis célèbre. On se connait ? Je demande en croisant les doigts. Non, mais lui, t'as reconnu. T'étais l'ancien toutou du gouvernement pas vrai ? Elle me demande le sourire aux lèvres, en s'avachissant sur sa chaise, en confiance totale. Ma femme est née-moldu, et j'a- Elle lève son doigt et je me coupe. File, toutou des sangs-purs. Inutile d'insister, je parie qu'il lui suffirait d'un signe de main et on est mort tout les trois. Moi et Bellamy les saluons avant de partir, Gilgamesh va directement voir les néo-mangemorts.
Il se racle la gorge avant de parler.Bonsoir tout le monde ! Lance t-il tout sourire avant qu'un type grand, maigre, et chauve se pointe un regard sévère, mais Bellamy se met entre eux. Personne t'a autorisé à nous parler créature inférieure. Il s'y croit vraiment ce type, qu'il est laid mon Dieu. Gilgamesh pouffe de frustration et commence à partir en nous faisant signe de le rejoindre. Vous êtes là pour nous rejoindre, c'est ça ? Il nous demande. J'allais répondre, mais un autre type l'ouvre avant moi. Pas eux. Lance un type assit un peu plus loin, il s'écrit un peu plus fort. C'est lui Redose Omniak, le toutou du gouvernement. Lâche t-il, encore une insulte. Le chauve se retourne à nouveau vers moi et me crache à la figure, j'essuierais quand je saurais hors de portée de tir, je veux pas mettre ma main deux fois sur mon visage s'il y'a de la salive de néo-mangemort dessus. Chien, on veut pas de toi ici, tu as traquer ceux de ta race pour sauver des... J'ai pas entendu le reste, je suis parti quand il m'a traité de chien. J'en ai un peu marre d'eux. Je regarde derrière moi toutes les deux secondes au cas où l'un d'eux me fonce dessus, mais il se passe rien, il se rassoit juste et ils se mettent à rire, probablement de moi.
Gilgamesh est planté devant moi et me pointe du doigt. C'est ta faute. Dit-il, il a vraiment l'ouïe fine. Il se tourne vers Bel. Bel... Beeeel... Je t'ai dit quoi sur ce type, on s'est fait recalé de deux groupes à cause de lui... Lui dit-il, les bras accueillants comme s'il était un ange. Pour ma défense, je suis pas responsable de son rejet chez les néo-débiles.
Je m'essuie le visage pendant que Bellamy roule des yeux au ciel, lorsque je réouvre les yeux, je le vois qu'il se dirige vers les "Amazones". Un large groupe de femmes qui ont décidées de s'unir pour se protéger les unes des autres. C'est sûr que dans une prison où tout est mixte, les hommes et les femmes sont pas logés à la même ancienne. Gilgamesh leur tient des propos vulgaires et insultants, je le laisserais bien se faire étriper, mais je suis sûr qu'il a encore des choses à nous apprendre. Je le tire par le col pendant que Bellamy s'excuse auprès d'elles.
Par chance, la femme qui était la plus proche a rangé son bout d'os dans son pantalon avant de tuer l'un de nous trois, enfin, un seul dans le meilleur des cas.
Ce gobelin est un boulet. Mieux vaut s'arrêter pour l'instant. On ira discuter dans un coin en attendant que tout le monde retourne à sa cellule. Personne n'a de cellules attitré, mais souvent on garde la même cellule. Les cellules du bas sont les plus prisées, et les plus hautes les moins prisées. Naturellement, les géants occupent celles du bas, et les solitaires, celles du haut. Mieux vaut laisser les gens prendre ou reprendre leur cellule pour ne pas risquer de conflit.
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PARTIE 6 : Première nuit
Le moment de retourner à sa cellule, c'est vraiment quelque chose. Les cellules sont tout le temps accessibles, mais pour nous les nouveaux, les solitaires, et les groupes les plus faibles, on doit attendre que tout le monde soit passer avant de pouvoir enfin monter. Il y'a d'abord les groupes les plus faibles, puis les solitaires, et même parmi les solitaires il y'a une sorte de hiérarchie. Les plus imposants passent en premier, et ceux qui ont le moins confiance en eux en dernier, il suffit de regarder en arrière pour s'en rendre compte.
Moi, Bellamy et Gilgamesh on forme un minuscule groupe. On est trois, mais trois, c'est déjà plus nombreux que un. Cette prison a un système anarchique, mais il y'a tout de même un semblant de hiérarchie. La toute première cellule sur laquelle on tombe c'est celle du cyclope, je ne connais que son surnom, mais je sais que lui et son groupe pourraient probablement écraser la bonne moitié de la prison à eux seuls et personne ne pourrait y faire quoique ce soit.
Alors qu'importe son nom, l'important c'est de rester le plus loin possible de lui, et des autres géants.
Il n'y a qu'un gardien qui gère la rentrée dans les cellules, et il s'en fiche de ce qu'il se passe devant lui du moment que personne ne s'approche de lui ou pire, est derrière lui. Il y'a quelques minutes, lorsqu'on était au cinquième étage, j'ai vu un détenu trébucher et le gardien a simplement continuer à marcher. J'ai continué à regarder devant moi, tout ce que j'ai entendu c'était le métal contre la pierre des chaussures des gardiens, puis les cris du détenu que j'ai vu glisser au plafond pour atterrir en tête de file.
Dans le silence, on finit enfin par atteindre le huitième étage. Après avoir dépasser quelques cellules, le dernier groupe de quatre personne avait finit de s'installer, alors ce fut notre tour.
Bellamy prit la première cellule, moi la deuxième en face de lui, et le gobelin la troisième à côté de lui. Puis on entendait plus que les bruits de pas des détenus derrière nous, et enfin le gardien. D'un coup de baguette, la porte de ma cellule était fermée, comme celle de tout ceux avant moi.
Cette cellule est petite, comme je l'imaginais, un géant ne pourrait pas s'y allonger, il ne pourrait que s'asseoir et baisser la tête, si tant est qu'il passe la porte qui est heureusement grande comparé au reste. Mais elle n'est qu'à peine plus grande que la tête d'un géant, ce n'est pas le luxe, mais au moins ce n'est pas une peine de mort. Peut-être qu'une peine de mort est plus souhaitable... Non. C'est une mort par détraqueur. L'une des pires de toutes les morts.
L'étroite cellule n'a aucun meuble, ce n'est qu'un cube de pierre avec un trou dans le mur permettant d'avoir un peu d'air, il n'y a même pas de barreau dans le trou, un elfe pourrait s'y glisser... C'est dire à quel point cette forteresse est terrible. Ce trou n'est qu'une sortes de porte de sortie plus douce je suppose.
Malgré l'étroitesse de la pièce, j'explore, je laisse ma main glisser sur les pierres. Elles sont anciennes, et si bien conservées. Je ne sens aucune fissure, mes doigts caressent les embrasures entre les pierres, il n'y a pas de poussière, pas d'humidité, rien. Ces pierres sont bien mieux entretenues que celles du rez-de-chaussée. Dans la cuisine, certaines pierres avaient des trous, je suppose que des créatures se faufilent par ces trous, les charognes doivent se régaler ici.
Je m'abandonne contre le mur côté fenêtre pour observer le ciel, la lune n'est pas visible de ce côté j'ai l'impression. Je passe ma main contre la substance sur ma nuque, c'est une substance très désagréable au toucher, elle est visqueuse et semble coller au point de faire partie de moi.
Si cette substance venait à être arrachée, ma nuque partirait avec. C'est un point faible.
J'entends des "psst" venant de devant, c'est la cellule de Bellamy. Redose, psst, tu m'entends ? Demande t-il, je m'approche de la porte de la cellule et y colle ma tête. Ouai. Je lui lance. Moi aussi ! J'entends devant moi, à ma droite, sauf que l'un de nous trois n'est pas discret car il ne peut pas atteindre le trou de la porte et se contente de gueuler. Écoute, je sais que ça fait peur, mais essaie de dormir, ça va aller. Me lance t-il dans un murmure.
J'ai envie de le croire, j'ai envie de croire que ça va aller, que tout va bien aller. J'ai envie de croire qu'on peut s'en sortir. On peut vivre ici, ce sera jamais aussi bien qu'ailleurs, mais si on s'entoure bien on peut mener une vie décente, peut-être qu'un jour on sera libéré. Qu'Azkaban changera ou qu'importe. Si Bellamy me dit que ça va aller, je veux le croire. Le gobelin s'est senti visé par ses paroles, et a hurlé que ça ira. Mais il n'est pas sincère, à la moindre occasion il nous laissera tomber. Mais moi, je sais que ça va aller, ça ira, j'ai esp- Esp...
Du noir emplit ma vision, une bouche béante à quelques centimètres de moi de l'autre côté de la porte, des mains luisantes et grisâtres, semblant dégouliner et couvertes de croûtes se tiennent aux rebords du trou de la porte, et le visage cagoulé s'approche de moi à travers le trou jusqu'à n'être qu'à plus que quelques millimètres... Presque comme un baiser... Je sens toute sensation de plaisir s'évanouir, je ne peux plus penser à rien d'autre qu'à abandonner... Bellamy a tort, ça ne va pas aller. Un long et rauque son de râle corrompt mes oreilles. Je me tiens debout, mais déjà je ne me sens plus entier, il me prend quelque chose... Il me vole quelque chose. La pièce devient glaciale, je sens mon sang parcourir mon corps, et mon cœur battre fort, et au ralenti, jusqu'à battre de moins en moins fort et j'ai l'impression... De mourir... C'est pire que lorsque le sortilège de Rouge fonçait sur moi, là, je sens juste mon âme être vidé de sa substance.
Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé ensuite, je me suis écroule sur le sol, le bruit sourd de mon crâne tapant contre la pierre résonnant dans ma tête est la dernière chose dont je me souviens. À terre, je ne voyais plus que les mains et la silhouette cagoulée s'éloigner de la fenêtre tandis que ma vision se troublait et s'obscurcissait. Il fait tellement... Tellement froid... Ici...
Dernière modification par Redose Omniak le 5 août 2026, 12:57, modifié 1 fois.
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Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha
Le heaume rouge
CHAPITRE 7 : Le souverain d'entre les murs
PARTIE 1 : Le lot d'un père
Redose... Il faut que tu manges. Je le supplie, allant jusqu'à lui tenir la cuillère et le bol pour qu'il mange. Mais rien n'y fait. Il reste sourd à mes suppliques. Ça ne fait qu'une semaine qu'on est là, et déjà pourtant il semble avoir atteint ses limites. Je sais bien qu'il est jeune, mais il n'est pas faible. Alors pourquoi ? Pourquoi ressemble t-il à un cadavre ? Ça ne fait qu'une semaine, mais je vois déjà la différence entre le avant et le après... Il a les lèvres sèches, les cheveux qui partent dans tout les sens, le regard dans le vide et les paupières plongeantes. Il ne mange presque rien, ne boit presque rien, change d'humeur d'une seconde à l'autre, et semble souffrir des maux dont les détraqueurs ne sont pas responsables.
Il tape dans le bol avec une grande violence, et s'écroule sur la table. Malheureusement le bruit a attiré des regards indiscrets, il ne faut pas qu'ils voient que mon garçon est faible... Mais c'est trop tard. Ils ont probablement tous vu qu'il est faible. J'ai dû l'amener ici sur mon dos, et le ramener sur mon dos, durant les trois derniers jours et ça ne fait qu'une semaine qu'on est ici.
Il ne peut pas se laisser faire. Même si l'espoir tue, il y'a forcément autre chose à quoi il peut se raccrocher.
Je ramasse les nouilles au sol et lui relève la tête pour qu'il en mange. Mais rien n'y fait. Il ne veut pas bouger. Il ne veut pas se nourrir. Je vais devoir forcer les nouilles dans sa gorge, il faut qu'il mange, même si je dois en arriver là... Mes ongles sont noirs de crasse tant cet endroit est sale, l'eau n'est pas illimitée, je ne veux pas qu'il soit malade, mais si je n'ai pas le choix...
Une petite main se pose sur ma hanche. Hey, mec... Je sais que t'es très attaché à ce bonhomme... Mais sois réaliste. Me dit Gilgamesh. Je comprends sa position, c'est sûr que lui ne ferait pas long feu si moi et Redose n'étions pas là pour nous imposer, et là Redose nous expose. En paraissant faible, on parait tous faibles, et des cibles faciles. Et si on se fait attaqué, Gilgamesh sait que je défendrais en priorité Redose à lui, alors il est forcément dans son intérêt que Redose meurt. Peut-être que dehors, voir les choses comme ça serait cruel. Mais ici, on est à Azkaban. Les règles ont changés, et soit on change avec elles, soit on crève. J'ai rien contre lui, mais tout le monde s'est déjà aperçu qu'il a déjà craqué. Poursuit-il. Il fait sans doute référence aux regards et provocations qu'on a dû essuyé ces derniers jours, et du fait qu'on ait dû changé de cellule car on était plus vraiment considéré comme un groupe de trois par les autres... Non... Je me dis à moi-même comme au gobelin, je n'abandonnerais pas tout ce qu'il me reste au prétexte que cet endroit le trouve faible. S'il se trouve qu'il est fini, alors soit, on ne peut rien contre la mort. Seulement je la repousserais autant que possible, quite à lui fourrer les nouilles dans le gosier. Enfin il mâche. Lentement, sans force, la joue contre la table, mais il mâche. Tu sais ce qu'on fait aux fous, à Azkaban, on les tue en signe de clémence. Il continue à insister. Non. Je répète, il doit comprendre, ce n'est pas une option envisageable. Il vaut mieux être seul que traîner un poids mort ! Et il continue à répliquer, il m'énerve, s'il n'est pas content il n'a qu'à partir. S'il vaut mieux être seul que traîner un poids mort, il peut rester seul, car s'il le faut moi aussi je deviendrais un poids mort.
Le gobelin continue une explication que je n'écoute pas, mais j'en profite pour me tourner vers lui. NON. Je crie. Et il ouvre la bouche sur un sourire espiègle comme s'il allait continuer son foutu réquisitoire. LA FERME. J'ordonne. Il se tait enfin. Si tu le penses vraiment t'as qu'à rester seul. Et j'aurais la paix. Mais si t'insistes. Je sers les poings, et le domine de toute ma carrure. Je te tue. Je lui assène d'un ton sec et assassin, suffisamment tranchant pour le faire glousser, reculer, et tomber. Il sait maintenant que je ne rigole pas. Entre ces quatre murs, le meurtre n'existe pas. Si le gobelin touche à Redose, s'il touche à lui même dans ses rêves, j'en finirais avec lui avant la fin de son rêve.
Cet endroit m'est familier, j'ai vraiment l'impression d'être à ma place. On a arrêté de chercher des groupes il y'a quelques temps déjà, quand Redose a commencé à partir en vrille ce qui n'était vraiment pas il y'a longtemps. En passant seulement deux nuits ici il avait commencé à perdre la tête, et c'est devenu de pire en pire. C'était phénoménal. Je ne savais pas qu'on pouvait sombrer dans la folie aussi vite, il est le seul dans toute la prison à être ainsi. Les autres sont généralement tuer avant d'être trop fou, c'est effectivement de la clémence. C'est aussi des précautions. Un fou ne respecte pas les règles.
Étonnamment, personne ne nous a encore attaqué. Mais tellement de regards son braqués sur nous, je les sens. Il y'a des regards affamés, des regards sournois, des regards sanguinaires.
Les vampires sourient quand ils nous regardent, quand au cyclope, j'essaie de l'ignorer et de me tenir le plus à distance de lui, mais parfois je le vois dans un coin de mon œil, m'observer attentivement. J'en ai des frissons, le sentiment désagréable et dégoûtant d'être une proie, je déteste ça.
Je déteste tout ça.
Mais je n'ai pas peur, en tout cas pas pour moi.
Je sais qu'il y'a quelque chose qui se cache en moi, et qui hurle, je l'entends crier dans ma poitrine. Je ne laisserais personne toucher à mon fils.
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