Teaghlach Recueil d'OS PNJ

Famille
Recueil des PNJs de Cinaed & Adeline

Image postée par le membre
› ⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯ ‹


Apparitions potentielles

[PERSONNAGE • Né-Sorcier] Cináed Wallace, né le 13 mars 2011 en Ecosse
[PNJ, AMI • Né-Sorcier] Ewan Buchanan, né le 29 Décembre 2010 en Ecosse
[PNJ, AMIE • Sang-mêlée] Síle Buchanan, née ó Néill le 3 Avril 2013 en Irlande
[PNJ, FILLEULE • Née-Sorcière] Avaleen Buchanan, née le 27 février 2044 en Angleterre

[PERSONNAGE • Née-Sorcière] Adeline Sgaeyl, née le 24 avril 2038 en Ecosse
[PNJ, FRERE • Né-sorcier] Alexander Sgaeyl, né 8 février 2036 en Ecosse
[PNJ, FRERE • Né-soricer] Rhys Sgaeyl, né le 17 mars 2027 en Ecosse
› ⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯ ‹


Sommaire

Date • Titre [url=https://]↝[/url]
› ⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯ ‹


Appartement de Cinaed, Adeline & Rhys

Image postée par le membre

Indique la présence d'un TW.

ᛉ ᛚ ᛞ

Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon

Teaghlach Recueil d'OS PNJ
Sommaire
Dimanche 2 Juillet 2051 • Bouhou
Aux alentours de 2h du matin.

Avec Ewan Buchanan.


Uiseag bheag dhearg na monadh duibh
Petite alouette rouge de la lande noire
Cait do chaidil thu'n raoir 's an i?
Où as-tu dormi cette nuit ?
Chaidil mi'n raoir air bharr an dris
Cette nuit j'ai dormi dans le roncier
Ach o bha mo chadal cho sgith!
Oh ! que j'ai mal dormi !
Chaidil mi'n raoir air bharr nan tonn
Cette nuit j'ai dormi sur les vagues de l'océan
Ach o bha mo chadal cho sgith!
Oh ! que j'ai mal dormi !
Uiseag bheag dhearg nan sgiathan oir
Petite alouette rouge aux ailes dorées
Cait an do chaidil thu'n raoir 's an i?
Où as-tu dormi cette nuit ?
Chaidil mi'n raoir eadar da dhuilleig
Cette nuit j'ai dormi entre deux feuilles
Is o bha mo chadal cho seimh!
Et oh ! que j'ai bien dormi !

Assit sur le bord du lit d'Adeline, un bras autour d'elle et l'enfant blotti contre son torse comme si elle souhaitait s'y perdre, Cinaed chantonnait. La voix douce, il tentait de faire se rendormir l'enfant avec une des berceuses que sa mère lui chantait si souvent quand il était plus jeune. Tout du moins, jusqu'à ce qu'il décide qu'il était trop vieux pour qu'elle vienne le border et qu'il s'endorme seul. Adeline, elle, ne semblait pas avoir la même réserve et, à chaque fois qu'elle se réveillait d'un cauchemar, Cinaed venait s'installer près d'elle et chantonnait. Il avait dû demander à sa mère de lui rappeler quelques paroles et Eilidh avait été ravie de pouvoir chanter à nouveau quelques berceuses et comptines qu'elle n'avait plus laisser échapper depuis une trentaine d'année. La vieille femme avait prit son fils de quarante ans, l'avait installé dans la cuisine et lui avait chanté de douces musiques alors qu'elle lui apprenait comment faire de bons cookies qui ne soient pas trop sucrés.

Cinaed s'était senti apaisé, cet après-midi là. Et puis, quelque chose en lui lui avait donné l'impression de s'être brisé, comme s'il n'avait plus qu'un seul rempart avant de tout ressentir beaucoup trop fort. Ce moment partagé avec sa mère lui avait fait du bien, surtout parce qu'il avait l'impression de s'en rapprocher après des années à ne pas être sur la même longueur d'onde mais depuis, il avait l'impression que son esprit était noyé de tous les sentiments qui, initialement, restaient bien cachés dans une boite. C'était peut-être la chose la plus difficile à vivre, dans toute cette histoire. Garder le sourire, ça avait été son mantra depuis le début de sa vie, alors là qu'il n'y arrivait plus, tout lui paraissait en train de s'effondrer. Avant cela, tous ses problèmes s'étaient résolus après quelques mois à faire semblant. Tout du moins, ils avaient arrêtés de faire mal à force de les enfoncer sous dix couche de déni.

Maintenant, il n'y arrivait plus. Depuis Magnus, en fait, mais avec l'arrivée des deux enfants, c'était pire. Pourtant, il aurait dû être heureux : il se voyait finir sa vie avec Cillian qui n'avait pas été découragé par Adeline et Alexander et les deux plus jeunes pouvaient enfin évoluer dans un environnement sain. En tout cas, aussi sain que possible car Cinaed faisait tout pour que les deux enfants ne manquent de rien et se sentent à l'aise.

Il ne comprenait pas pourquoi Adeline continuait à faire des cauchemars.
Il ne comprenait pas non plus pourquoi Alexander, au lieu d'être joyeux et énergique, semblait plus méfiant qu'autre chose.

Cela n'arrivait pas tout le temps, bien sûr, la majorité du temps les deux enfants étaient tout à fait normaux, d'ailleurs. Mais, parfois, Alexander faisait tomber une assiette par terre juste pour qu'elle se brise. Et puis il se mettait à l'observer avec de grands yeux, comme pour le mettre au défi de s'énerver. De le frapper, peut-être. Et Cinaed se détestait à chaque fois qu'il ressentait de la colère, bien qu'elle soit rapidement étouffée et qu'il se contente de rassurer le jeune homme en lui sortant que "de toute façon, des assiettes, j'en ai plein". Ewan lui avait dit que c'était normal et naturel que ses deux nouvelles charges cherchent à déterminer où étaient les limites et jusqu'où ils pouvaient le pousser avant qu'il ne se transforme comme leur mère mais c'était épuisant. Difficile à vivre mentalement autant que physiquement.

L'ébéniste pensait, cependant, préférer la manière dont Alexander gérait toutes ces nouveautés. Adeline, elle, ne cherchait pas où étaient les limites. Non, à chaque bêtise qu'elle faisait, même la plus minime de toutes les erreurs, elle le regardait avec ses deux petits yeux et les lèvres tremblantes, comme si elle allait fondre en larmes. Comme si, après tout ce qu'il avait fait pour eux, une seule erreur le pousserait à les renvoyer. Et Cinaed ne savait pas quoi faire pour faire taire cette angoisse en elle. En fait, il n'était même pas certain de pouvoir faire autre chose que d'attendre. Il n'y avait probablement rien d'autre à faire que d'être là et de venir la réveiller quand le petit artefact près de son lit lui indiquait qu'elle cauchemardait. Alors il venait, un soir sur deux, parfois tous les soirs, parfois moins souvent. Il venait et puis il s'asseyait près d'elle, ou l'emmenait dans la cuisine pour prendre un chocolat chaud. Alexander se réveillait parfois et les trois buvaient leur tasse presque dans le silence avant que Cinaed ne vienne les border à nouveau.

Et l'ébéniste aimait ces deux enfants, quoi qu'ils puissent faire et qu'importe à quel point ils pouvaient tirer sur son énergie. Il les aimait, et c'était bien pour cette raison qu'il avait voulu les retirer de chez leur mère. Mais, parfois, il se demandait s'il était capable de gérer tout ça.

En fermant la porte cette nuit là après avoir déposé Adeline correctement dans son lit, la couverture tirée jusque sous le menton, la réponse à la question lui apparaissait clairement. Il n'en était pas capable. Il ne pouvait pas faire tout ça.

Les enfants étaient arrivés le 19 au soir, et moins de deux semaines plus tard, Cinaed se sentait au bord du gouffre.

Une fois la porte bien fermée, Cinaed y déposa son front et le laissa soupirer. Un long soupir qui lui vida les poumons avant qu'il ne prenne une inspiration tremblante et ne s'éloigne dans le salon. Au passage, il attrapa un peignoir qu'il avait laissé sur le canapé la veille et, une fois emmitouflé dedans, se laissa tomber dans les coussins. Les jambes tendues vers lui et les oreilles glissés dans la fausse fourrure du tapis, l'écossais observait le plafond. Lisse. Blanc. Le même plafond qu'hier, et le même que demain. Insensible à tous les changements qui s'opéraient dans l'appartement, et encore plus à ceux qui s'opéraient en lui.

Depuis quelques mois, il avait l'impression que les larmes lui venaient plus facilement qu'avant car, encore une fois, il se retrouva à luter contre ses sanglots pour respirer correctement. Et, rapidement, il se recroquevilla sur lui-même pour étouffer ses râles dans ses genoux. Bien que la porte menant au couloir soit fermée et que les deux enfants dormaient, il ne pouvait se résoudre à faire du bruit. Si un des deux se réveillait et le trouvait dans cette situation là, il ne saurait pas trouver de pirouette suffisamment convaincante pour les persuader que cette crise de larmes n'avait rien à voir avec eux. Et s'ils se mettaient en tête que Cinaed était trop faible pour les supporter, alors ça réduirait à néant tout le travail qu'il avait fait jusqu'à présent. Ils devaient croire que l'ébéniste pouvait les protéger. D'eux, de lui-même, de leur mère et de tout et n'importe quoi qui pourrait leur tomber dessus. Apprendre que, finalement, l'écossais était trop faible pour supporter la parentalité, ça ne les convaincrait que de l'inverse. Il imaginait déjà Adeline se sentir coupable parce qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était un fardeau, et Alexander se consumer de colère. Les deux géraient leur deuil différemment. Adeline, elle, en voulant être parfaite et Xander, lui, en laissant échapper toute la colère qu'il avait accumulé.

Parfois, Cinaed avait l'impression de les détester.
Parfois même, une partie traitre de son cerveau trouvait des excuses à Arianna.
Parce que élever des enfants, c'était dur, surtout des enfants au passé difficile.

Et sous toute cette fatigue, Cinaed se noyait dans l'angoisse et la peur. La peur d'un jour en arriver à lever la main sur Alexander. La peur de ne pas pouvoir rassurer Adeline, ou de ne plus avoir envie de le faire si ses cauchemars duraient indéfiniment. La peur de s'énerver, de hurler, de briser la confiance que les deux enfants lui portaient. La peur du jugement de Rhys, qu'il le voit comme un mauvais tuteur et ne décide de récupérer ses frères et sœur, malgré les documents bien signés. La peur dévorante que, malgré tous ses efforts, les enfants ne soient pas heureux. Au final, peu importait que lui le soit, se rendit il compte, tant qu'Adeline et Alexander l'étaient.

Cinaed ne s'imaginait pas capable d'être un bon tuteur. Il l'avait pensé, un peu, il y a quelques semaines. Et maintenant qu'il enfoncé dans cette histoire jusqu'au cou, il ne pensait plus y arriver. Il travaillait trop, dormait peu, vivait mal, et n'était pas un de ces hommes qui savent directement ce qu'il faut faire pour aider les autres. Lui, ça ne lui venait pas naturellement de savoir comment réconforter Adeline. Il était mauvais avec les mots et seulement bon pour faire semblant que les choses allaient bien sans soucis.

Les choses n'allaient pas bien. Les enfants n'allaient pas bien, et lui non plus d'ailleurs. Tout s'effondrait en petits morceaux et avec tout ça, il était fatigué. En fait, épuisé. Il se rappelait toutes les choses à faire, et même s'il restait assit à ne rien glander pendant des heures, son cerveau tournait encore et toujours sur son programme et il ne se reposait pas. Ce n'était plus les insomnies à sculpter, celles où il s'endormait tard mais était parfaitement reposé au réveil. C'était des nuits qui commençaient tard, finissaient tôt et n'étaient pas reposantes parce qu'il devait se rappeler de prendre rendez-vous avec des psychomages pour les enfants, que le repas du lendemain n'était pas prêt, qu'une commande de meuble pour le magasin du chemin de traverse prenait presque du retard. Et entre tout ça, il fallait gérer les activités, pour s'assurer que les deux enfants apprécieraient leur séjour chez lui. Prévoir les soirées pyjamas, envoyer du courrier à Cillian, rassurer Ewan, aiguiller Oisin à la boutique.

Un bruit raisonna dans le silence de l'appartement et, dans la seconde, Cinaed s'essuya violemment le visage comme pour en effacer toutes les traces de sa détresse. Cependant, loin d'être un des deux enfants, ce fut Ewan qui apparût au milieu de son salon, le front ridé par l'inquiétude. En le voyant en larmes sur son canapé, il ne laissé échapper qu'un soupir dépité et vint s'asseoir à ses côtés.

Cinaed se rendit compte que, perdu dans son esprit, il n'avait pas remarqué que sa main était serrée autour du bracelet de communication dont le jumeau était attaché au poignet d'Ewan. Son ami avait l'air aussi sorti du lit que lui, dans son pyjama à moitié de travers et ses yeux fatigués. Mais il était là, et Cinaed se remit à sangloter comme si sa présence lui était insupportable, bien qu'il se déplaça pour se blottir contre lui.

Je peux pas faire ça. dit-il entre deux reniflement alors que les larmes se tarissaient enfin. Il se sentait à des années lumières de son corps, presque revenu à l'état d'adolescent perdu. Ses yeux lui faisaient mal et, pire que tout, il sentait arriver l'extinction de voix. J'peux pas.

Ewan se tortilla quelques secondes sur le canapé pour pouvoir s'y allonger, Cinaed bien serré dans les bras. Pendant quelques minutes, il ne prit pas la parole, laissant simplement son meilleur ami répéter en boucle qu'il n'était pas capable de faire tout ça, quoi que cela veuille dire.

Tu vas les renvoyer ? demanda-t-il finalement quand le silence fut revenu dans le salon. Cinaed se tendit dans ses bras, puis secoua vivement la tête. Et puis, quelques secondes après, il sembla abandonner le combat contre lui-même et fondit à nouveau dans ses bras. Je sais pas répondit-il avec la voix brisée. Parfois, je me dis oui. Il se redressa finalement et se laissa glisser du canapé au sol, les genoux repliés contre sa poitrine. J'suis un monstre, pas vrai ? ajouta-t-il ensuite. Il s'était battu pour eux, pendant des mois. Il s'était imaginé être tellement meilleur que Arianna, tellement meilleur que tout ces parents qui faisaient payer à leurs enfants leur propres erreurs. Il avait tellement cru qu'il pourrait être mieux que, voir à quel point il avait du mal à l'être, ça faisait mal. Peut-être, au final, que les deux gamins auraient été mieux avec un sorcier quelconque. Dans un foyer sympa, avec une jolie cours à l'arrière. N'importe où plutôt qu'avec lui qui n'était pas un bon père, et qui ne le serait probablement jamais. J'suis fatigué.

Ewan se releva du canapé et l'attrapa par le col de son peignoir pour le forcer à en faire de même. Cinaed vacilla quelques instants avant d'arriver à se stabiliser en face de lui. Tu bois presque plus. dit Ewan O-ouais, Cillian aime pas. Et puis les enfants je peux p-

Et tu fumes plus. le coupa le roux d'un ton sec. Cinaed secoua la tête, les yeux grands ouverts et plein d'incompréhension. Ses mains tremblaient contre ses jambes et il les fourra dans les poches de son peignoir tout en avalant sa salive.

Mauvaise idée car, l'instant d'après, Ewan utilisa toute la force qu'il avait pour lui envoyer un coup au visage qui le fit tomber à la renverse et s'écraser à moitié dans le canapé, le bras tordu sous lui dans une vaine tentative de se rattraper. L'ébéniste ne posa même pas sa main sur sa joue, trop choqué pour faire autre chose que de regarder son ami. Debout dans la pénombre de son salon, le bras encore à moitié levé, Cinaed se rendit compte que pour la première fois, Ewan lui faisait peur. Les lèvres tremblantes, il cherchait à rattraper ses larmes et fut rapidement remit debout par le comptable, toujours en le tirant par son peignoir. Ca t'a remis les idées en place, ou t'en veux une autre ? lui siffla-t-il au visage. Cinaed secoua rapidement la tête. E-écoute j'allais pas vraiment les r-

C'est trop tard pour douter, Cinaed. le coupa t-il à nouveau, la voix presque glaciale. Tu fais des efforts depuis des mois. C'est pas suffisant ? C'est pas grave, c'est ça d'avoir des enfants. Tu seras toujours pas assez bien pour eux, ça s'appelle aimer suffisamment quelqu'un pour lui souhaiter le meilleur, la perfection alors qu'on peut pas l'être. Tout en parlant, Ewan se mit à secouer légèrement son meilleur ami, faisant gratter ses pieds par terre dans l'espoir de continuer à tenir debout. Tu les aime, et ils t'aiment. C'est dur, c'est fatiguant, mais ça va rien changer aux efforts que tu fais. Tu vas pas devenir un monstre juste parce qu'ils te poussent à bout. Je sais que tu leur fera pas de mal, okay ? On le sait tous. On a confiance. Tu vas y arriver, Rhys le sait, je le sais, ta mère le sait. Alors tu vas arrêter tes conneries, tu m'entends ?

Cinaed avala sa salive et, d'une petite voix, dit : Tu m'fais peur Ewan. Son ami le lâcha et Cinaed s'affaissa à nouveau dans le canapé mais, cette fois-ci, collé au maximum contre l'accoudoir le plus éloigné du roux. Celui-ci se passa une main sur le visage et souffla longtemps avant de reprendre la parole. Excuse moi. dit-il d'une voix dure tandis que Cinaed, encore sonné, se contenta d'hocher rapidement la tête.

Tu as encore du baume contre les contusions ? demanda-t-il ensuite en faisant signe à Cinaed de le suivre alors qu'il s'aventurait dans le couloir. Il fit un rapide détour par la salle de bain puis tira son ami qui, quelques pas derrière l'observait avec crainte, jusqu'à sa chambre. Une fois Cinaed allongé dans son lit, Ewan s'installa à ses côtés et se mit à lui barbouiller le visage de baume. T'as peur parce que tu veux qu'ils soient en bonne santé et heureux. Tout ce que ça montre, c'est que tu fais de ton mieux pour qu'ils le soient, à aucun moment ça ne présage que tu vas craquer et te transformer en cette foutue Arianna.

Et si un jour je deviens comme elle ? Si... Alexander fais tellement de trucs et... et parfois j'ai presque envie de lui donner un coup au visage. Ou de hurler ou de... Je sais pas, hurler, ouais. Laissa échapper Cinaed d'une petite voix alors qu'il s'enterrait plus loin dans ses oreillers. Deux petits yeux tout perdus observaient Ewan qui, assit sur le bord du lit dans une image miroir de la position de Cinaed avec Adeline une heure plus tôt, refermait le pot de crème. Alors tu retourne voir ta psy. Tu vas à ton club de duel, tu vas courir, tu sculpte, tu fais à manger ou le ménage, j'en sais rien. On ressent tous ça à un moment donné, Cinaed. Le parent parfait, celui qui n'est jamais fatigué, jamais en colère, jamais à bout, ça existe pas.

L'ébéniste semblait presque prêt à fondre en larmes à nouveau. C'est ça que je leur ai promis. Pas tout le reste, juste ça, d'être là et d'être parfait. De faire mieux. Ewan lui déposa un baiser sur le front puis s'allongea à ses côtés pour observer le plafond, dans la même position qu'ils avaient eu des centaines de fois durant leurs années à Poudlard. On peut pas promettre un truc qui n'existe pas. Et aucun des deux ne souhaite que tu sois parfait et sans aucun défaut. Au contraire, moins tu montreras que tu ressens des trucs, plus ils se sentiront éloignés de toi. Un parent, c'est pas parfait, c'est ça qui crée des liens avec ses gamins. T'es humain. Tu veux pas qu'ils te voient comme une statue, non ? Cinaed secoua la tête rapidement. Alors si tu t'énerve un jour, c'est pas la mort. Si tu pleures, c'est pas la mort, et si t'es trop fatigué pour faire à manger ou les emmener se balader, c'est pas la mort.

Le roux se redressa et lui donna une pichenette sur le front. Je viendrais les chercher demain matin avec Sile, okay ? Avaleen sera ravie d'avoir des copains de jeu. Et toi, tu profiteras de ton jour de congé pour dormir. Je te jure Cinaed que si je te vois faire autre chose que dormir demain, j'envoie ta mère directement pour te remonter les bretelles.

Cinaed laissa échapper un rire rauque tandis qu'il attrapait la main d'Ewan. Il entrelaça leurs doigts. Tu te souviens du jour où elle a fait disparaître la poignée sur la porte juste pour pas que je sorte en pleine nuit ? Ewan lui sourit en retour. Tu veux dire la fois où tu t'es cassé la cheville en voulant sauter par la fenêtre à la place ? Ouais, je m'en souviens, ouais.

Le roux se redressa et posa une main sur le front de son ami. On sera là vers onze heures demain. L'ébéniste hocha la tête. Hmhm. Je t'aime, mon frère. dit-il, les yeux grands ouverts. Je t'aime aussi, mon frère. Toi et moi contre le monde, toujours. Tu te souviens ? Et puis il s'éloigna du lit et, tandis que Cinaed se recroquevillait sur le côté, un craquement se fit entendre et il se retrouva à nouveau seul dans sa chambre. Sa joue lui faisait un mal de chien mais pour la première fois depuis ces deux dernières semaines, il n'avait pas l'impression d'être prêt à s'effondrer. En fait, il avait l'impression de s'être effectivement déjà effondré et que quelqu'un lui avait déjà reconstruit quelques fondations sur lesquelles se baser pour reconstruire le reste. Ce n'était pas parfait mais c'était presque un bon début. Demain, il appellerait son ancienne psychologue. Il aurait dû le faire bien avant, de toute façon.

3398

Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon