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3 MAI 2049 ☾ LUNDI, EN SOIRÉE
☾ PEU AVANT LA FERMETURE DE L'ASTRONARIUM
ft. @Adélaïde Brennen
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3 MAI 2049 ☾ LUNDI, EN SOIRÉE
☾ PEU AVANT LA FERMETURE DE L'ASTRONARIUM
ft. @Adélaïde Brennen
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Fabio était venu mercredi, juste après un repas de midi en ville, et était resté jusqu'à l'heure de fermeture. Fabio était venu jeudi dès le matin et avait dû constater avec agacement que le musée fermait à la mi-journée, le forçant à interrompre son travail l'espace de deux heures démesurément longues. Fabio était venu vendredi, partant de son propre chef à midi cette fois-ci – une question de rendez-vous avec une metteuse en scène pour une pièce qu'il souhaitait voir se produire dans son établissement et qu'il était raisonnablement parvenu à prioriser. Fabio était de retour samedi à neuf heures et la perspective d'une journée entière à l'Astronarium, ininterrompue, le réjouissait au plus haut point.
Quelques semaines plus tôt, une idée avait germé dans son esprit. De nature curieuse, Fabio en avait mentalement poussé le développement jusqu'à ce que finalement, l'idée ne se retourne vicieusement contre celui-même qui l'avait fait grandir : Fabio avait mordu à l'hameçon. À tel point que même lorsque l'égyptien était autrement occupé, il lui fallait mobiliser toute sa volonté pour empêcher les vicieuses tentacules de l'obsession de s'immiscer dans son esprit et parasiter son attention. Impossible de s'en défaire, l'idée squattait son esprit et il voulait – avait besoin, même – de la réaliser car il savait qu'elle n'aurait pas la clémence de le lâcher. Oh, non, l'idée n'avait rien d'exceptionnel – nul besoin de garder le suspense. Elle n'était ni révolutionnaire, ni à couper le souffle. C'était, au fond, une idée assez simple pour une réalisation démesurément compliquée – impossible en réalité – ce qui devait suffire à en faire une idée idiote. Et peut-être que s'y accrocher malgré tout était le signe d'une certaine arrogance, qui sait, mais alors soyons justes et rappelons : ce n'était pas Fabio qui s'accrochait à l'idée, c'était elle qui lui collait à la peau, sous la peau, même.
Il allait la fabriquer, cette cape. Cette cape étoilée, qui reproduirait à la perfection, une certaine portion du ciel nocturne. Le velours bleu qui formait la base de l'habit, il l'avait déjà cousu. La partie délicate était la broderie au fil final qu'il allait faire tremper dans une potion à base de pierre de lune pour le rendre luminescent. Or, il en était encore loin, car avant l'art venait la science. Ainsi, l'égyptien avait passé des heures et des heures et des heures à la Grande Bibliothèque des Étoiles, entre manuels et cartes astrales. Il avait recherché, sélectionné, étudié. Avait comparé, reproduit ce qu'il avait vu – tenté, du moins – sur papier, avec un fil et morceau de tissu d'essai, avait observé les proportions, avait raturé, recommencé, s'était focalisé sur une portion de ciel plus petite, avait zoomé dedans, plus, encore plus, toujours à la quête de nouveaux détails, d'une précision accrue et d'un petit pas de plus en direction de l'objectif d'un réalisme parfait – parfaitement irréaliste.
Fabio se leva de sa chaise, s'étira et fit quelques pas. Il rangea les grimoires et les cartes jonchant la table sur laquelle il avait travaillé. Il récupéra le parchemin sur lequel il avait reporté à la plume ses observations du jour, rangea ses affaires et se dirigea vers le planétarium magique. C'était vide. En même temps, le musée allait fermer dans environ une demi-heure. Fabio s'installa dans un fauteuil, sortit de sa poche un papier à rouler et le mélange que celui-ci allait contenir. Tout était bien pensé, bien pesé, mesuré à la perfection : les plantes aux propriétés recherchées feraient effet durant une quinzaine de minutes, le temps que ne ce déploie celui de l'autre ingrédient qui allait neutraliser le tout, le ramener sur terre, lui tirer la tête des étoiles où il espérait découvrir d'autres pistes pour son projet, tenter une approche nouvelle. Il roula. Il alluma, prit une profonde bouffée. Une deuxième, une troisième. C'était suffisant et il l'éteignit. Tenant dans la main le parchemin avec ses études du jour, il tenta de le superposer au ciel étoilé de la coupole. Il attendit.
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Plonge au fond du calice scintillant, bois, avale avidement, voûte envoûtante, ivresse étoilée – vertige d'infinité
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Fab’ulous
#583400
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Adélaïde fourra sa montre à gousset dans la poche de sa robe. Il était difficile de deviner l'heure dans l'enceinte du musée. N'importe où ailleurs, la couleur du ciel pouvait nous indiquer qu'il était temps de quitter les lieux, mais les lourds rideaux du musée filtraient chaque soupçon de lumière, rendant impossible une quelconque aide du soleil. Ce soir, chargée de la fermeture, la trentenaire arpentait les différentes salles, au cas où des visiteurs seraient encore à l'intérieur. La plupart du temps, les sorciers quittaient d'eux même le bâtiment, mais parfois, quelques uns s'attardaient à l'intérieur, d'où la nécessité de faire une petite ronde avant de rentrer à la maison. Les deux premiers étages étaient totalement vidés de leur animation quotidienne, alors la trentenaire se dirigea au troisième étage, pour accéder au Planétarium. Il était fort peu probable que quiconque se trouve là-haut à cette heure-ci mais il était de son devoir d'aller vérifier.
Elle avança lentement dans la cage d'escaliers, tanguant au rythme de sa canne comme pour garder équilibre et souplesse à la fois. Monter des marchés en talons hauts était un véritable supplice, mais Adélaïde réussi à dissimuler une grimace. L'allemande était toujours émerveillée par la splendeur du plafond, bien qu'elle ait l'occasion de l'admirer chaque jour. Il était ce genre d'œuvres dont on ne se laissait jamais, et dont on savait apprécier la valeur, jour après jour. Chaque jour, elle passait y jeter un coup d'œil, très tôt le matin, ou le soir, à la fermeture, lorsque personne n'y était. Elle appréciait ce moment de calme, où personne ne venait entraver sa tranquillité, ou un visiteur ne lui posait pas de question. C'était simplement elle, et les étoiles. Une rencontre quotidienne, un redécouverte d'un monde splendide, tout était parfait.
Pourtant ce soir-là, quelqu'un d'autre avait profité de l'absence de visiteurs pour s'installer sous la coupole, et semblait s'affairer, penché sur quelque chose que la brune ne pouvait voir.
Étant plantée au milieu de la pièce circulaire, il lui était impossible de se dissimuler derrière une porte pour observer un peu cet inconnu. Alors, elle resta simplement dans la cage d'escaliers, appuyée contre sa canne, et, d'une mine émerveillée, scruta doucement l'homme aux cheveux d'ébène qui se tenait dans un coin.
Plusieurs longues secondes passèrent, où seul leurs respirations emplissaient la pièce. C'est comme si le monde avait été mis en pause. Elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi intéressé, et investi ! L'homme tenait un parchemin qu'il semblait superposer avec le ciel étoilé. La trentenaire ne pu s'empêcher de se demander ce qu'il y avait d'inscrit. Tout cela attisait fortement sa curiosité. L'inconnu semblait si concentré qu'il ne sembla pas remarquer qu'Adélaïde le regardait. Ne pouvant plus tenir, elle se décida à signaler sa présence.
— Monsieur ? Le musée va fermer.
L'interpella t'elle en se raclant la gorge, pourtant elle ne souhaitait pas qu'il s'en aille, pas tout de suite. Le secret qu'il détenait entre ses mains, elle voulait, elle devait le découvrir. Ne sachant que faire entre se tenir en retrait et lui poser la question, elle opta pour une approche plus neutre.
— Vous avez besoin d'aide ?
Peut être que de cette façon, l'homme lui parlerait un peu de son projet.
Maintenant qu'elle lui faisait face, elle pu dessiner le contour de son visage. L'inconnu avait des traits fins, légers, et son visage présentait une certaine harmonie qui incita Adélaïde à se détendre. L'association de sa peau chocolat et de ses cheveux d'ébène lui donnait un air noble, élégant. Il lui rappelait le fils d'un des hommes que Lothar invitaient régulièrement à souper lorsqu'elle était enfant. Peut-être était-il de la même famille ? Il était peu probable qu'une telle coïncidence survienne mais elle émit tout de même l'hypothèse. Pourtant, l'inconnu lui disait quelque chose. Un inconnu pas si inconnu. Peut-être l'avait-elle déjà vu quelque part ?
Maintenant que l'homme la voyait, il n'était plus d'aucune utilité de rester planté sur la dernière marche de l'escalier. Ainsi, elle se rapprocha de l'autre, abandonnant sa canne contre un fauteuil; elle ne lui serait pas d'une grande utilité pour discuter avec un visiteur.
— De quoi s'agit-il ?
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Elle avança lentement dans la cage d'escaliers, tanguant au rythme de sa canne comme pour garder équilibre et souplesse à la fois. Monter des marchés en talons hauts était un véritable supplice, mais Adélaïde réussi à dissimuler une grimace. L'allemande était toujours émerveillée par la splendeur du plafond, bien qu'elle ait l'occasion de l'admirer chaque jour. Il était ce genre d'œuvres dont on ne se laissait jamais, et dont on savait apprécier la valeur, jour après jour. Chaque jour, elle passait y jeter un coup d'œil, très tôt le matin, ou le soir, à la fermeture, lorsque personne n'y était. Elle appréciait ce moment de calme, où personne ne venait entraver sa tranquillité, ou un visiteur ne lui posait pas de question. C'était simplement elle, et les étoiles. Une rencontre quotidienne, un redécouverte d'un monde splendide, tout était parfait.
Pourtant ce soir-là, quelqu'un d'autre avait profité de l'absence de visiteurs pour s'installer sous la coupole, et semblait s'affairer, penché sur quelque chose que la brune ne pouvait voir.
Étant plantée au milieu de la pièce circulaire, il lui était impossible de se dissimuler derrière une porte pour observer un peu cet inconnu. Alors, elle resta simplement dans la cage d'escaliers, appuyée contre sa canne, et, d'une mine émerveillée, scruta doucement l'homme aux cheveux d'ébène qui se tenait dans un coin.
Plusieurs longues secondes passèrent, où seul leurs respirations emplissaient la pièce. C'est comme si le monde avait été mis en pause. Elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi intéressé, et investi ! L'homme tenait un parchemin qu'il semblait superposer avec le ciel étoilé. La trentenaire ne pu s'empêcher de se demander ce qu'il y avait d'inscrit. Tout cela attisait fortement sa curiosité. L'inconnu semblait si concentré qu'il ne sembla pas remarquer qu'Adélaïde le regardait. Ne pouvant plus tenir, elle se décida à signaler sa présence.
— Monsieur ? Le musée va fermer.
L'interpella t'elle en se raclant la gorge, pourtant elle ne souhaitait pas qu'il s'en aille, pas tout de suite. Le secret qu'il détenait entre ses mains, elle voulait, elle devait le découvrir. Ne sachant que faire entre se tenir en retrait et lui poser la question, elle opta pour une approche plus neutre.
— Vous avez besoin d'aide ?
Peut être que de cette façon, l'homme lui parlerait un peu de son projet.
Maintenant qu'elle lui faisait face, elle pu dessiner le contour de son visage. L'inconnu avait des traits fins, légers, et son visage présentait une certaine harmonie qui incita Adélaïde à se détendre. L'association de sa peau chocolat et de ses cheveux d'ébène lui donnait un air noble, élégant. Il lui rappelait le fils d'un des hommes que Lothar invitaient régulièrement à souper lorsqu'elle était enfant. Peut-être était-il de la même famille ? Il était peu probable qu'une telle coïncidence survienne mais elle émit tout de même l'hypothèse. Pourtant, l'inconnu lui disait quelque chose. Un inconnu pas si inconnu. Peut-être l'avait-elle déjà vu quelque part ?
Maintenant que l'homme la voyait, il n'était plus d'aucune utilité de rester planté sur la dernière marche de l'escalier. Ainsi, elle se rapprocha de l'autre, abandonnant sa canne contre un fauteuil; elle ne lui serait pas d'une grande utilité pour discuter avec un visiteur.
— De quoi s'agit-il ?
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Le corps de Fabio était pleinement soumis à la pesanteur, enfoncé dans le fauteuil du planétarium. Dans une main, il avait un parchemin levé en direction de la voûte étoilée, entre l’indexe et le majeur de l’autre main, il tenait ce qui ressemblait à une espèce de cigarette éteinte.
˙sǝǝ̗ɹǝ̗ʇןɐ suoᴉsuǝɯᴉp xnɐ 'ǝʇuǝsǝ̗ɹdᴉuɯo ǝʇuɐןןᴉʇuᴉɔs ǝɹnʇɹǝʌnoɔ ǝun p ǝ̗ddoןǝʌuǝ ʇǝ nǝᴉןᴉɯ nɐ ʇᴉɐuᵷᴉɐq 'sᴉoɟ ɐן ɐ̖ ʇnɐɥ uǝ ʇǝ sɐq uǝ ɹǝpɹɐᵷǝɹ 'sʇᵷᴉop sǝp ʇnoq np sǝןᴉoʇǝ̗ sǝן ɹǝɹnǝןɟɟǝ ʇᴉɐʌnod ןI ˙sןᴉɔ ǝp ʇuǝɯǝʇʇɐq un p ʇᴉɐɥnos ɐ̖ ɹǝuᵷᴉoןǝ̗ uǝ s ʇǝ ɹǝɥɔoɹddɐ uǝ s ʇᴉɐʌnod 'sǝןᴉoʇǝ̗ sǝן ᴉɯɹɐd ʇᴉɐʇʇoןɟ ʇǝ sǝnbᴉsʎɥd sᴉoן sǝן sǝʇnoʇ ʇᴉɐᴉɟǝ̗p oᴉqɐℲ ǝp ʇᴉɹdsǝ ꓶ
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À travers la brume épaisse mais pourtant étonnamment lucide qui l'enveloppait, Fabio perçut une voix. Il sentit une présence, puis vit une ombre s'approcher. Il fit le lien : on s'adressait à lui.
L'ombre s'était arrêtée devant le magicien. Il plissa les yeux, fronça les sourcils de concentration, tentant de se focaliser sur les contours vaporeux. Les étoiles autour de lui se mirent à tourner, dériver en spirale, et Fabio eut l'impression de se trouver au centre d'une galaxie (ou peut-être d'une machine à laver moldue). Simultanément, au centre de cette galaxie mentale (ou de cette drôle de machine à laver le cerveau), l'ombre gagna en netteté jusqu'à s'immobiliser dans l'image d'un visage féminin.
Il inspira. Il se concentra. Se concentrer ainsi lui donna un léger mal de crâne, mais c'était nécessaire. Les contres-effets des herbes neutralisantes commençaient tout doucement à faire leur effet, mais il était toujours dans un état de clairvoyance second. Tant pis pour les étoiles qui tournaient, Fabio restait Fabio : il était en présence de quelqu'un et ainsi, il devait à tout prix essayer de restaurer le contrôle sur lui-même, sur ses sens, sur ses perceptions. Plus encore : sur ce qu'il dégageait vers l'extérieur. Restaurer la gravité, retrouver son orbite. Il se concentra un peu plus encore. Il tenta de rassembler son intelligence rationnelle, jeta l'ancre au sol et lança comme un filet à papillons pour rattraper sa conscience dispersée parmi les constellations. La chasse fut mitigée mais il captura tout de même quelques fragments – suffisamment pour, sans trop vaciller, se redresser sur le fauteuil et assembler une phrase. Même deux. Trois !
– C'est une carte céleste. Du moins ça a vocation d'en devenir une. Je tente de tout reproduire, mais je peine déjà à tout percevoir...
Il avait ignoré les deux premières questions.
De retour avec mes bêtises, je m'excuse pour ce retard !
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Le corps de Fabio était pleinement soumis à la pesanteur, enfoncé dans le fauteuil du planétarium. Dans une main, il avait un parchemin levé en direction de la voûte étoilée, entre l’indexe et le majeur de l’autre main, il tenait ce qui ressemblait à une espèce de cigarette éteinte.
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˙sǝǝ̗ɹǝ̗ʇןɐ suoᴉsuǝɯᴉp xnɐ 'ǝʇuǝsǝ̗ɹdᴉuɯo ǝʇuɐןןᴉʇuᴉɔs ǝɹnʇɹǝʌnoɔ ǝun p ǝ̗ddoןǝʌuǝ ʇǝ nǝᴉןᴉɯ nɐ ʇᴉɐuᵷᴉɐq 'sᴉoɟ ɐן ɐ̖ ʇnɐɥ uǝ ʇǝ sɐq uǝ ɹǝpɹɐᵷǝɹ 'sʇᵷᴉop sǝp ʇnoq np sǝןᴉoʇǝ̗ sǝן ɹǝɹnǝןɟɟǝ ʇᴉɐʌnod ןI ˙sןᴉɔ ǝp ʇuǝɯǝʇʇɐq un p ʇᴉɐɥnos ɐ̖ ɹǝuᵷᴉoןǝ̗ uǝ s ʇǝ ɹǝɥɔoɹddɐ uǝ s ʇᴉɐʌnod 'sǝןᴉoʇǝ̗ sǝן ᴉɯɹɐd ʇᴉɐʇʇoןɟ ʇǝ sǝnbᴉsʎɥd sᴉoן sǝן sǝʇnoʇ ʇᴉɐᴉɟǝ̗p oᴉqɐℲ ǝp ʇᴉɹdsǝ ꓶ
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* Mots tirés de : Gemini - The Alan Parsons Project
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À travers la brume épaisse mais pourtant étonnamment lucide qui l'enveloppait, Fabio perçut une voix. Il sentit une présence, puis vit une ombre s'approcher. Il fit le lien : on s'adressait à lui.
L'ombre s'était arrêtée devant le magicien. Il plissa les yeux, fronça les sourcils de concentration, tentant de se focaliser sur les contours vaporeux. Les étoiles autour de lui se mirent à tourner, dériver en spirale, et Fabio eut l'impression de se trouver au centre d'une galaxie (ou peut-être d'une machine à laver moldue). Simultanément, au centre de cette galaxie mentale (ou de cette drôle de machine à laver le cerveau), l'ombre gagna en netteté jusqu'à s'immobiliser dans l'image d'un visage féminin.
Il inspira. Il se concentra. Se concentrer ainsi lui donna un léger mal de crâne, mais c'était nécessaire. Les contres-effets des herbes neutralisantes commençaient tout doucement à faire leur effet, mais il était toujours dans un état de clairvoyance second. Tant pis pour les étoiles qui tournaient, Fabio restait Fabio : il était en présence de quelqu'un et ainsi, il devait à tout prix essayer de restaurer le contrôle sur lui-même, sur ses sens, sur ses perceptions. Plus encore : sur ce qu'il dégageait vers l'extérieur. Restaurer la gravité, retrouver son orbite. Il se concentra un peu plus encore. Il tenta de rassembler son intelligence rationnelle, jeta l'ancre au sol et lança comme un filet à papillons pour rattraper sa conscience dispersée parmi les constellations. La chasse fut mitigée mais il captura tout de même quelques fragments – suffisamment pour, sans trop vaciller, se redresser sur le fauteuil et assembler une phrase. Même deux. Trois !
– C'est une carte céleste. Du moins ça a vocation d'en devenir une. Je tente de tout reproduire, mais je peine déjà à tout percevoir...
Il avait ignoré les deux premières questions.
De retour avec mes bêtises, je m'excuse pour ce retard !
Fab’ulous
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Plantée là au milieu de la pièce circulaire, dans l'attente de l'écho d'une réponse, l'Allemande se sentait bien bête. Son regard caressait les mouvements du corps de l'homme qui semblait prisonnier de sa propre bulle, comme enfermé dans sa conscience qui divaguait. À premier abord, tout être normalement doté d'une réflexion rationnelle prendrait peur pour une raison type possession d'âme ou toute autre sorte de bêtises qui ne pouvaient évidemment pas coller à la description des actes de l'individu assit dans le fauteuil. Mais voilà, Adélaïde y décelait bien autre chose - peut-être déraisonnait-elle pour sûr, une chose bien plus subtile que l'agressivité de jugement qu'on pourrait y poser sans concertation : elle y lisait quelque chose de beau. La présence de l'étranger avait de ces représentations artistiques, non celles qui se donnaient volontairement au coin des rues pour amuser la populace, ou mêmes celles des cirques pour lesquels on paie, non, non, mais celles qui s'offrent à la clarté nocturne, qui se dessinent à la lueur des lampadaires, qui glissent, rampent à travers les fentes des volets jusqu'aux proches étoiles scintillantes comme vibraient les pupilles du brun au milieu de la voûte qu'était ce lieu. Il y avait quelque chose de magistral dans sa façon d'être, peut-être était-ce sa posture, la façon dont il s'était assis sur le fauteuil, le choix d'association des couleurs sur ses pièces couturières, ou encore la chute las des ondulations de ses mèches le long de sa nuque, semblable aux mouvements dorés des feuilles d'automne lorsqu'enfin elles entament leur descente vers le plat monde. L'astronome regrettait l'appui de sa canne laissée niaisement à l'abandon plus loin dans la pièce. Tant pis, face à une telle représentation, tourner le dos, ne serait-ce même qu'un court instant, serait équivalent à renoncer à la beauté de ce qui se forme sous ses yeux profanes. Lorsque des gestes plus conscients vinrent accompagner le sorcier dans sa remontée à la surface, elle se tint à l'écart, la tête baissée, lui laissant le temps de revenir à une réalité plus solide que celle qui l'avait transportée hors des parois matérielles de ce musée. Chacun retenait le droit de se laisser reposer avant l'ascension, et cela, tous devaient le reconnaître. Alors, elle se laissa aller à la contemplation du plafond, si bien connu, tant observé, tant étudié, tant apprécié. Des traînées d'astres qui marquaient à jamais leur passage sur cette reconstitution, dansantes, volumineuses, si bien qu'on croirait y plonger, s'y laisser baigner, enveloppé par la douceur de la faible fumée qui les entourait.
Puis, une vibration. Une corde vocale tinte. Une mélodie peinée à reconstituer qui parvient à son oreille, douce, chaleureuse, mystérieuse qui, à travers son timbre, nous parvenaient les parfums orientaux, par faible voluptés réconfortantes, un brin poivrée peut-être, une composition qui attirait, intriguait passants et enfants, comme des étudiants à qui on aurait conté la plus folle des histoires, celle qui faisait voyager par mille fois à travers le globe, par un simple pincement dans la gorge. Ce ne fut pourtant la fable d'une aventure qui se manifesta, mais la confidence d'un projet, une idée venue, qui charmait la trentenaire rien qu'à l'entendre. Une carte céleste... Rares étaient ceux qui accostaient à l'autre bout de ce périple, une volonté sûrement trop faible pour s'y accrocher si longtemps... Lui cependant dégageait de ces motivations un air de défi, un défi qui s'entremêlait avec la poésie de la virtuosité, attachée à un homme qui nécessairement devait être du côté majestueux de l'art représentatif. L'aide induite qu'il demandait n'eut besoin de faire détour dans les méninges de la femme et des pas la portèrent un peu plus loin des fauteuils, au centre de la pièce. Elle ne l'invita pas, lourde de sens soit déjà le rythme de ses pas, et la fine clairevoyance de son interlocuteur devait dépasser celles de bien d'autres pour qu'il ne puisse saisir la main fictive qu'elle lui tendait.
— Lorsque tardent les étoiles, chassées sont-elles. Laissez-les venir à vous, elles ne seront que plus ostentibles, murmura t'elle dans un soupir égaré en levant lentement le menton vers le sommet du Planétarium. Parfois, il suffisait de changer d'angle, de méthode, mettre de côté l'occulte et se laisser porter divinement en pesanteur par la réalité ferme et brute, car rien dans ce monde ne réussissait plus que le paroxysme de l'oxymore. Chasser ce qui vient à nous, capturer sans relâche ce qui nous fuis, tout en se perdant dans la rêche candeur des nuages. Ainsi devait-il apprendre, apprivoiser l'incessant jeu des constellations qui tourbillonnent depuis la nuit de temps, autour des âmes de ceux qui savent y prêter grand respect, comme celui qui ici, se tenait en ami complice de la splendeur des natures spatiales.
787
Pardonne moi pour l'attente
Et par la barbe de Merlin, que ta plume est belle, merveilleux soient tes mots, cher Fabio
Puis, une vibration. Une corde vocale tinte. Une mélodie peinée à reconstituer qui parvient à son oreille, douce, chaleureuse, mystérieuse qui, à travers son timbre, nous parvenaient les parfums orientaux, par faible voluptés réconfortantes, un brin poivrée peut-être, une composition qui attirait, intriguait passants et enfants, comme des étudiants à qui on aurait conté la plus folle des histoires, celle qui faisait voyager par mille fois à travers le globe, par un simple pincement dans la gorge. Ce ne fut pourtant la fable d'une aventure qui se manifesta, mais la confidence d'un projet, une idée venue, qui charmait la trentenaire rien qu'à l'entendre. Une carte céleste... Rares étaient ceux qui accostaient à l'autre bout de ce périple, une volonté sûrement trop faible pour s'y accrocher si longtemps... Lui cependant dégageait de ces motivations un air de défi, un défi qui s'entremêlait avec la poésie de la virtuosité, attachée à un homme qui nécessairement devait être du côté majestueux de l'art représentatif. L'aide induite qu'il demandait n'eut besoin de faire détour dans les méninges de la femme et des pas la portèrent un peu plus loin des fauteuils, au centre de la pièce. Elle ne l'invita pas, lourde de sens soit déjà le rythme de ses pas, et la fine clairevoyance de son interlocuteur devait dépasser celles de bien d'autres pour qu'il ne puisse saisir la main fictive qu'elle lui tendait.
— Lorsque tardent les étoiles, chassées sont-elles. Laissez-les venir à vous, elles ne seront que plus ostentibles, murmura t'elle dans un soupir égaré en levant lentement le menton vers le sommet du Planétarium. Parfois, il suffisait de changer d'angle, de méthode, mettre de côté l'occulte et se laisser porter divinement en pesanteur par la réalité ferme et brute, car rien dans ce monde ne réussissait plus que le paroxysme de l'oxymore. Chasser ce qui vient à nous, capturer sans relâche ce qui nous fuis, tout en se perdant dans la rêche candeur des nuages. Ainsi devait-il apprendre, apprivoiser l'incessant jeu des constellations qui tourbillonnent depuis la nuit de temps, autour des âmes de ceux qui savent y prêter grand respect, comme celui qui ici, se tenait en ami complice de la splendeur des natures spatiales.
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Pardonne moi pour l'attente
Et par la barbe de Merlin, que ta plume est belle, merveilleux soient tes mots, cher Fabio
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Une série de mots s’échappa des lèvres de la femme. Ils sonnèrent comme perles énigmatiques enfilées sur une ficelle magique, arrangées dans une formule secrète – la solution à son ambitieuse quête.
Lentement, Fabio hocha la tête. L’Egyptien n’était pas certain de comprendre, mais était prêt à essayer. Il se leva, confiant son précieux ouvrage à l’astronome et à pas lents, avança jusqu’au centre de la pièce.
Là, il bacula la tête dans la nuque et plongea une nouvelle fois dans la coupe qui déversait ses étoiles scintillantes au dessus de lui. Il tendit les bras à gauche et à droite de son corps comme pour s’envoler et lentement, commença à tourner sur lui-même. Il fallait devenir l’astre du système solaire, le maelström capable d’absorber l’immensité. Il but la tasse – cette tasse pleine d’étoiles –, prêt à se noyer dans les profondeurs de la voûte et du dédale astral. Bras écartés, tourbillonnant, sa cape volant autour de lui, il se laissait prendre dans les filets que tendaient les constellations à travers le ciel. Les yeux grand ouverts, il vit tout ; tout un peu flou. Les étoiles fondaient sous son regard en des traînées lumineuses, les plus petites absorbées par les plus grandes – ou peut-être était-ce l’inverse, il ne savait pas. Il devint créateur d’étoiles filantes que lui seul pouvait voir. Exauceraient-elles des vœux ?
À voguer ainsi sur la mer cosmique, il aurait été aisé de perdre toute notion du temps si un léger début de nausée ne l’avait pas rappelé à la raison. Aussi, Fabio réalisa que plus il se laissait submerger par les grandeurs célestes, laissait les étoiles venir à lui tel que les mots le lui l’avaient suggéré, plus leur sens lui échappait. Sa piste s’avéra être une voie sans issue et lentement, Fabio ralentit jusqu’à s’immobiliser.
Autour de lui, le décor mit quelques instants de plus à se figer. Les murs du labyrinthe mental dans lequel s’était engagé son esprit étaient toujours là. Tout au plus avait-il l’impression de s’être d’avantage enfoncé dans le dédale – d’avantage égaré dans ses idées.
Il posa le regard sur la Dame des lieux. Elle émergeait de l’obscurité telle la sirène des cieux. La cascade de cheveux noirs se déversait sur ses épaules, encadrait son visage dont la pâleur contrastait avec le reste, sa silhouette de poème se détachant étrangement distinctement du fond du planétarium. Jolie sorcière…
Sorcière-lumière.
Puis, Fabio réalisa : la nuit au-dessus de sa tête était d’un réalisme irritant, d’une parfaite précision, fascinante, envoûtante… mais elle restait fausse. Un ciel artificiel. Une reproduction. Or, la Maîtresse des astres se tenait juste devant lui. S’il y avait une personne capable de l’aider, c’était la sorcière.
Sorcière-stellaire.
Alors il prit une profonde inspiration et tendit une paume ouverte dans sa direction :
– Acceptez-vous de me tendre le fil, Arianne ?
Sorcière-mystère.
481
C’est mon tour de m’excuser pour le gros retard !
Lentement, Fabio hocha la tête. L’Egyptien n’était pas certain de comprendre, mais était prêt à essayer. Il se leva, confiant son précieux ouvrage à l’astronome et à pas lents, avança jusqu’au centre de la pièce.
Là, il bacula la tête dans la nuque et plongea une nouvelle fois dans la coupe qui déversait ses étoiles scintillantes au dessus de lui. Il tendit les bras à gauche et à droite de son corps comme pour s’envoler et lentement, commença à tourner sur lui-même. Il fallait devenir l’astre du système solaire, le maelström capable d’absorber l’immensité. Il but la tasse – cette tasse pleine d’étoiles –, prêt à se noyer dans les profondeurs de la voûte et du dédale astral. Bras écartés, tourbillonnant, sa cape volant autour de lui, il se laissait prendre dans les filets que tendaient les constellations à travers le ciel. Les yeux grand ouverts, il vit tout ; tout un peu flou. Les étoiles fondaient sous son regard en des traînées lumineuses, les plus petites absorbées par les plus grandes – ou peut-être était-ce l’inverse, il ne savait pas. Il devint créateur d’étoiles filantes que lui seul pouvait voir. Exauceraient-elles des vœux ?
À voguer ainsi sur la mer cosmique, il aurait été aisé de perdre toute notion du temps si un léger début de nausée ne l’avait pas rappelé à la raison. Aussi, Fabio réalisa que plus il se laissait submerger par les grandeurs célestes, laissait les étoiles venir à lui tel que les mots le lui l’avaient suggéré, plus leur sens lui échappait. Sa piste s’avéra être une voie sans issue et lentement, Fabio ralentit jusqu’à s’immobiliser.
Autour de lui, le décor mit quelques instants de plus à se figer. Les murs du labyrinthe mental dans lequel s’était engagé son esprit étaient toujours là. Tout au plus avait-il l’impression de s’être d’avantage enfoncé dans le dédale – d’avantage égaré dans ses idées.
Il posa le regard sur la Dame des lieux. Elle émergeait de l’obscurité telle la sirène des cieux. La cascade de cheveux noirs se déversait sur ses épaules, encadrait son visage dont la pâleur contrastait avec le reste, sa silhouette de poème se détachant étrangement distinctement du fond du planétarium. Jolie sorcière…
Sorcière-lumière.
Puis, Fabio réalisa : la nuit au-dessus de sa tête était d’un réalisme irritant, d’une parfaite précision, fascinante, envoûtante… mais elle restait fausse. Un ciel artificiel. Une reproduction. Or, la Maîtresse des astres se tenait juste devant lui. S’il y avait une personne capable de l’aider, c’était la sorcière.
Sorcière-stellaire.
Alors il prit une profonde inspiration et tendit une paume ouverte dans sa direction :
– Acceptez-vous de me tendre le fil, Arianne ?
Sorcière-mystère.
481
C’est mon tour de m’excuser pour le gros retard !
Fab’ulous
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