Et soudain, elle est revenue
Le dimanche 2 juillet 2051,
Centre de transport internationaux,
La Citadelle
Il y a un an, jour pour jour, je marchais dans l'autre sens dans ce grand hall plein de sorciers. J'avais la tête pleine d'espoir et le coeur gonflé d'un amour adolescent complètement inconscient. Aujourd'hui, j'ai la mine fermée et le coeur vide.
Alors que je viens de voyager par le même portoloin qui m'a amené au Canada l'année dernière, je reprends doucement mes esprits.
C'est dommage qu'ils ne prévoient pas une salle de décompression ou des pastilles anti-vomitives à la sortie. Les voyages en portoloin ne sont jamais très agréables, je préfère de loin transplaner, probablement parce que je le fais toute seule. Mais traverser l'océan en transplanant, c'est encore loin d'être à ma portée... Et puis, me dis-je en marchant aussi rapidement que mes moyens me le permettent (très doucement), je ne pense pas retourner un jour en Amérique.
Mon coeur se serre alors que je repense à cette année écoulée. Et je ne saurai dire ce qui est le plus douloureux : les souvenirs de Chase ou le fait que je n'ai donné de nouvelles à personne pendant toute une année.
Je secoue la tête, en essayant de chasser ces préoccupations. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir l'estomac noué par le stress. J'ai mis sur pause toute ma vie ici pendant un an, pour aller vivre le grand amour en Amérique... Qu'est-ce que j'ai pu être bête ! Maintenant, je n'ai plus d'argent, pas d'école et probablement plus d'amis.
En parlant d'amis, je me mets à scruter les visages autour de moi pour vérifier qu'il n'y en a aucun qui me serait un peu trop familier.
Je ne suis pas sûre d'avoir envie de croiser Aliosus Nerrah ou encore Ruby Everheart au retour de mon périple. Surtout en ayant encore en tête les mots de Chase, et nos disputes incessantes, les mots blessants que je lui ai balancé à la figure avant de prendre la décision de partir et de faire mes bagages aussi vite que je les ai fait un an auparavant, pour venir le rejoindre. Durant mon périple retour, je me suis torturée l'esprit et le ventre avec ces souvenirs et j'ai pensé qu'ils disparaîtraient une fois le pied posé en Angleterre. Mais non, il faut croire qu'il ne suffit pas de changer de continent pour oublier ce qu'il s'est passé sur un autre...
Alors que des larmes menacent de poindre dans mes yeux, mon regard s'accroche à un visage parmi la foule. Un visage que je n'ai pas vu depuis plusieurs années, mais que je reconnaîtrais toujours. Et quelque part, je suis soulagée que ce soit celui là sur lequel je tombe aujourd'hui. Je m'arrête et je le fixe.
Et puis, les yeux d'Aelle Bristyle tombent dans les miens.
Centre de transport internationaux,
La Citadelle
Il y a un an, jour pour jour, je marchais dans l'autre sens dans ce grand hall plein de sorciers. J'avais la tête pleine d'espoir et le coeur gonflé d'un amour adolescent complètement inconscient. Aujourd'hui, j'ai la mine fermée et le coeur vide.
Alors que je viens de voyager par le même portoloin qui m'a amené au Canada l'année dernière, je reprends doucement mes esprits.
C'est dommage qu'ils ne prévoient pas une salle de décompression ou des pastilles anti-vomitives à la sortie. Les voyages en portoloin ne sont jamais très agréables, je préfère de loin transplaner, probablement parce que je le fais toute seule. Mais traverser l'océan en transplanant, c'est encore loin d'être à ma portée... Et puis, me dis-je en marchant aussi rapidement que mes moyens me le permettent (très doucement), je ne pense pas retourner un jour en Amérique.
Mon coeur se serre alors que je repense à cette année écoulée. Et je ne saurai dire ce qui est le plus douloureux : les souvenirs de Chase ou le fait que je n'ai donné de nouvelles à personne pendant toute une année.
Je secoue la tête, en essayant de chasser ces préoccupations. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir l'estomac noué par le stress. J'ai mis sur pause toute ma vie ici pendant un an, pour aller vivre le grand amour en Amérique... Qu'est-ce que j'ai pu être bête ! Maintenant, je n'ai plus d'argent, pas d'école et probablement plus d'amis.
En parlant d'amis, je me mets à scruter les visages autour de moi pour vérifier qu'il n'y en a aucun qui me serait un peu trop familier.
Je ne suis pas sûre d'avoir envie de croiser Aliosus Nerrah ou encore Ruby Everheart au retour de mon périple. Surtout en ayant encore en tête les mots de Chase, et nos disputes incessantes, les mots blessants que je lui ai balancé à la figure avant de prendre la décision de partir et de faire mes bagages aussi vite que je les ai fait un an auparavant, pour venir le rejoindre. Durant mon périple retour, je me suis torturée l'esprit et le ventre avec ces souvenirs et j'ai pensé qu'ils disparaîtraient une fois le pied posé en Angleterre. Mais non, il faut croire qu'il ne suffit pas de changer de continent pour oublier ce qu'il s'est passé sur un autre...
Alors que des larmes menacent de poindre dans mes yeux, mon regard s'accroche à un visage parmi la foule. Un visage que je n'ai pas vu depuis plusieurs années, mais que je reconnaîtrais toujours. Et quelque part, je suis soulagée que ce soit celui là sur lequel je tombe aujourd'hui. Je m'arrête et je le fixe.
Et puis, les yeux d'Aelle Bristyle tombent dans les miens.
@Aelle Bristyle
Animagus renard polaire
Post ASPIC
Post ASPIC
Et soudain, elle est revenue
Dimanche 2 juillet 2051
Godric's Hollow
21 ans
Le portoloin me recrache sur le sol britannique. Je lâche le vieux seau en bois et titube pour m'extraire des quelques dix autres sorciers qui reviennent, comme moi, du territoire estonien. J'ai l'estomac en vrac et le cœur au bord des lèvres. Je prends appui sur mes propres genoux, puisqu'il n'y a rien pour me soutenir, et prends trois grandes inspirations, les yeux fermés pour ne pas voir la pièce tourner autour de moi. Merlin, ce que je peux détester les transports, quels qu'ils soient. Je reste dans cette position jusqu'à être capable de me redresser sans vomir sur les pieds du premier venu. Lorsque j'en suis capable, c'est pour mieux profiter du brouhaha du magic'port et de incessants aller-retour des portoloins.
Je lâche ma valise et la fait aussitôt léviter à côté de moi. Camouflé dans les replis de ma cape, Zikomo est roulé en boule sur mon épaule. Je sens la chaleur de son corps à travers mes vêtements. Maintenant, je n'ai plus qu'à rentrer chez moi. J'ai l'impression d'être partie plus d'un mois, tant ces deux semaines ont été dépaysantes. Revoir cet horizon familier de mon pays, même si ce n'est actuellement que les murs de l'aire de transplanage, me ramène à la vie que j'ai fui. Pourtant, je ressens un pincement d'impatience à l'idée de revoir Kristen.
J'avance à travers la foule pour la quitter le plus rapidement possible. J'ai encore les doigts poisseux du kringel1 que Hepner a tenu que nous partagions avant mon départ. Il a également insisté pour que nous partagions cette liqueur qu'il m'a fait boire durant tout mon séjour, puisque chaque occasion s'y prêtait, notamment l'heure du goûter avec le café ou le soir après un repas conséquent. Il m'a resservi deux fois du Vana tallinn2, pour « fêter votre départ, vous allez nous manquer ! ». J'ai donc un léger mal de tête qui pointe et le goût âpre de rhum perdure sur ma langue.
L'anglais se mélange dans toutes les bouches autour de moi, mêlées à quelques autres langues que je reconnais, pour certaines. Aucune trace d'estonien, pourtant. Je m'étonne de ressentir le manque de la mélodie de cette langue qui m'a accompagnée durant les dernières semaines.
Mon regard tombe sur elle alors que j'allais bifurquer vers la sortie. Je ne la reconnais d'abord pas et poursuis mon chemin, mais mes yeux reviennent vers elle comme s'ils l'avaient reconnue avant mon cerveau. Mon coeur réagit à sa vision. Cela fait si longtemps ! Adaline Macbeth ! Depuis combien de temps ne m'a-t-elle pas écrit ? Six mois ? Huit ? Je me suis étonnée de l'absence de ses hiboux sans m'en inquiéter, même si elle m'avait habituée depuis mon départ de Poudlard à de réguliers courriers, sans qu'ils soient pour autant envahissants.
Mes pieds se mettent en marche avant même que je prenne la décision de la rejoindre. Elle fait partie de ces quelques rares personnes que j'ai plaisir à recroiser même quand c'est le hasard qui nous place sur le chemin l'une de l'autre.
J'arrive devant elle avec ma valise qui lévite à mes côtés et mon air éternellement fermé. Sait-elle encore reconnaître sur mon visage ces infimes changements qui montrent que je ne suis pas mécontente de la revoir ? Après tout ce temps, peut-être pas.
« Macbeth, » la salué-je sans fioriture.
Je fais glisser mes yeux le long de son corps avant de l'escalade dans l'autre sens.
« Tu pars ou tu reviens ? »
1 brioche tressée sucrée parfumée à la cannelle, aux raisins ou aux noix
2 une liqueur brune à base de rhum, aux arômes de vanille et d'agrumes
Godric's Hollow
21 ans
Le portoloin me recrache sur le sol britannique. Je lâche le vieux seau en bois et titube pour m'extraire des quelques dix autres sorciers qui reviennent, comme moi, du territoire estonien. J'ai l'estomac en vrac et le cœur au bord des lèvres. Je prends appui sur mes propres genoux, puisqu'il n'y a rien pour me soutenir, et prends trois grandes inspirations, les yeux fermés pour ne pas voir la pièce tourner autour de moi. Merlin, ce que je peux détester les transports, quels qu'ils soient. Je reste dans cette position jusqu'à être capable de me redresser sans vomir sur les pieds du premier venu. Lorsque j'en suis capable, c'est pour mieux profiter du brouhaha du magic'port et de incessants aller-retour des portoloins.
Je lâche ma valise et la fait aussitôt léviter à côté de moi. Camouflé dans les replis de ma cape, Zikomo est roulé en boule sur mon épaule. Je sens la chaleur de son corps à travers mes vêtements. Maintenant, je n'ai plus qu'à rentrer chez moi. J'ai l'impression d'être partie plus d'un mois, tant ces deux semaines ont été dépaysantes. Revoir cet horizon familier de mon pays, même si ce n'est actuellement que les murs de l'aire de transplanage, me ramène à la vie que j'ai fui. Pourtant, je ressens un pincement d'impatience à l'idée de revoir Kristen.
J'avance à travers la foule pour la quitter le plus rapidement possible. J'ai encore les doigts poisseux du kringel1 que Hepner a tenu que nous partagions avant mon départ. Il a également insisté pour que nous partagions cette liqueur qu'il m'a fait boire durant tout mon séjour, puisque chaque occasion s'y prêtait, notamment l'heure du goûter avec le café ou le soir après un repas conséquent. Il m'a resservi deux fois du Vana tallinn2, pour « fêter votre départ, vous allez nous manquer ! ». J'ai donc un léger mal de tête qui pointe et le goût âpre de rhum perdure sur ma langue.
L'anglais se mélange dans toutes les bouches autour de moi, mêlées à quelques autres langues que je reconnais, pour certaines. Aucune trace d'estonien, pourtant. Je m'étonne de ressentir le manque de la mélodie de cette langue qui m'a accompagnée durant les dernières semaines.
Mon regard tombe sur elle alors que j'allais bifurquer vers la sortie. Je ne la reconnais d'abord pas et poursuis mon chemin, mais mes yeux reviennent vers elle comme s'ils l'avaient reconnue avant mon cerveau. Mon coeur réagit à sa vision. Cela fait si longtemps ! Adaline Macbeth ! Depuis combien de temps ne m'a-t-elle pas écrit ? Six mois ? Huit ? Je me suis étonnée de l'absence de ses hiboux sans m'en inquiéter, même si elle m'avait habituée depuis mon départ de Poudlard à de réguliers courriers, sans qu'ils soient pour autant envahissants.
Mes pieds se mettent en marche avant même que je prenne la décision de la rejoindre. Elle fait partie de ces quelques rares personnes que j'ai plaisir à recroiser même quand c'est le hasard qui nous place sur le chemin l'une de l'autre.
J'arrive devant elle avec ma valise qui lévite à mes côtés et mon air éternellement fermé. Sait-elle encore reconnaître sur mon visage ces infimes changements qui montrent que je ne suis pas mécontente de la revoir ? Après tout ce temps, peut-être pas.
« Macbeth, » la salué-je sans fioriture.
Je fais glisser mes yeux le long de son corps avant de l'escalade dans l'autre sens.
« Tu pars ou tu reviens ? »
1 brioche tressée sucrée parfumée à la cannelle, aux raisins ou aux noix
2 une liqueur brune à base de rhum, aux arômes de vanille et d'agrumes