Fanfiction Le heaume rouge En cours

PARTIE 3 : La carte de la folie






Bellamy semblait ravi de la nouvelle, seulement, ça n'allait pas être aussi simple que de dire "j'ai une carte en main", non, Redose prévoyait de tenter le diable avec l'inconscience et la malice d'un véritable démon. Un esprit brillant ne peut pas faire de faux pas si grossier, se rassurait Bellamy comme il pouvait lorsqu'il voyait Redose se lever et se diriger vers la porte principale. Redose... À quoi tu joues exactement ? Demande Bellamy, question qui reste sans réponse. On devrait prévenir les autres avant de tenter quoique ce soit, non ? Mais Redose continuait à marcher inlassablement, il semblait d'une résolution sans faille. Il avançait vers la porte d'entrée, et des détenus le suivaient, et du regard, et de près. Bellamy avançait quelques pas derrière lui avec beaucoup moins de certitude. Ne serait-ce que si ça tourne mal... Tu peux t'arrêter ? Tu vas où ? Encore une fois ses questions restent sans réponse, et Bellamy se retrouvait à paniquer de plus en plus. Redose avait l'art et la manière d'irriter ceux qui l'entoure, ce alors qu'il ne fait littéralement rien d'autre que marcher. Ceci dit, il marche vers la porte, comme s'il comptait tenter de l'ouvrir. Les gardes au-dessus avaient détournés leurs yeux de leur jeu de carte et autre distraction devant le spectacle : Un homme se dirigeait vers la porte d'entrée, celui-là même qui n'aurait pas dû survivre, suivi par des centaines de détenus.

La main de Bellamy vint trouver le poignet de Redose pour l'arrêter, certains gardes avaient leur baguette pointée sur Redose alors qu'il n'était maintenant plus qu'à quelques pas de la porte d'entrée. Tout le monde semblait prêt, à quoi ? Mystère total. Des sommations se faisaient entendre de la part des gardiens, des grognements de la part des détenus, et Redose semblait être au centre de tout ça. On devrait y aller. Suggère Bellamy, lâchant finalement le poignet de la machine. Garde-moi en vie. Ordonne finalement Redose à son père sous les sommations, les grognements, sifflements, et sous toute cette tension, l'homme se tenait immobile et droit.

Il gonfla ses poumons de tout leur air. REBECCA. STRONGHOLD ! Hurle t-il. Ce cri eu pour effet d'amuser légèrement les gardes, jusqu'à ce que Redose poursuive. ON VA S'ÉVAD- Avant même que Redose pu finir sa phrase il fut plaqué au sol par un détenu dans le dos de Bellamy. Et très vite une vague d'autres détenus vinrent se jeter sur lui, certains avec des armes faite d'os en main. Des cris de la part des détenus visant à insulter Redose, et faire en sortes qu'il la ferme se faisaient retentir entre les quatre murs. Qu'importe que Redose soit à l'origine du plan à l'origine, ou si c'est sa femme qui les ferait tous s'évader. S'il trahit Azkaban, il ira au Canada les pieds devant.

Face à ce chaos monstrueux, Bellamy tentait de comprendre comme il pouvait le projet de son fils alors qu'il jetait littéralement tout ceux qui se jetaient sur lui et en priorité ceux qui étaient armés. Heureusement, les géants étaient restés de leur côté, si l'un d'eux s'était jeté sur Redose il y'aurait eu des morts, et le premier aurait été Redose.

Une sensation de vague se fit sentir parmi les détenus autour de Redose, tous furent repoussés violemment et magiquement. Un sortilège, mais ça ne venait pas de n'importe qui, la directrice de la prison se tenait dans l'embrasure de la porte principale. Finalement, elle s'approchait sur ses hauts talons avant de finalement arrivé devant Redose. L'homme gisait au sol, défiguré, plein de sang, si sa respiration ne se faisait pas si forte, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un cadavre. Rebbeca le traîna avec un sort en dehors de la grande salle, rejetant tout les détenus qui tentaient inutilement de se jeter sur elle. Et finalement, la porte était refermée.
Les détenus, restés dans la grande salle, tournaient leur regard vers Bellamy. C'était quoi ça ? Demande un vampire très visiblement énervé. Il n'aurait pas été un problème s'il avait été seul, mais voilà que les détenus se mettent à l'acculer contre un mur et à lui demander des comptes. Je suis sûr qu'il a une bonne raison, juste avant de faire... Ce qu'il a fait il m'a dit qu'il avait un plan. Répond et répète Bellamy sans discontinuer, encore et encore, en seule réponse à toutes ces attaques.
Un sourire gêné et désolé au visage, les demandes de réponses se transformaient en menace. J'espère pour toi. Si la trahison de ton fils nous saute au visage, tu perdras le tien. Menace le vampire avant de se retirer avec les autres détenus. Ceux-là se déplaçaient pour fomenter leur propre coup.

Une partie des détenus préparaient un assaut, ils préparaient leurs armes, et leur propre plan.
Entre attendre la nuit pour tuer le gardien qui ouvre les cellules et patienter jusqu'à ce que la grande porte s'ouvre, la meilleure solution semblait être que les géants lancent les détenus sur les gardes. En définitive, Redose avait instauré un climat de panique au sein de la prison, un climat qui pourrait bien compromettre toute leur évasion.

Du côté de Redose, comme si les cellules de la forteresse ne suffisait pas, il avait été emmené dans un cachot souterrain où lui et Rebecca purent s'entretenir. Ce n'est pas quelque chose qui se faisait souvent, mais ça se faisait suffisamment pour que Redose sache qu'il pouvait être emmené ailleurs et parler seul à seul avec un gardien, mieux, avec la directrice de la prison.
Rebecca n'était pas du genre à rester en arrière, elle agissait comme un gardien et vivait parmi eux. Elle n'était pas avant tout la directrice, mais la cheffe des gardiens.

Assise en face de Redose, Rebecca soupire un instant, avant de se redresser. C'est quoi cette histoire garçon ? Lui demande t-elle avec sévérité. On va s'évader, j'ai pensé que vous voudriez le savoir. Réplique Redose.

Cette discussion n'avait rien d'une discussion, ils semblaient plus jouer à un jeu étrange et dangereux qu'à vraiment discuter. Et pourquoi tu me le dis ? Demande la directrice avant d'enchaîner. Si les détenus s'échappent, tu te feras étriper. Si les détenus ne s'échappent pas, tu te feras étriper. Énonce t-elle le future comme si elle était omnisciente, seulement elle ne l'est pas, et Redose le sait. Apparemment, les gardiens aussi sont détenus ici. Lâche Redose, affirmation qui n'a aucun rapport avec tout ça et qui a le don d'agacer Rebecca. Je t'ai posé une question. Insiste t-elle. Vous aussi, êtes prisonnière, n'est-ce pas ? Demande Redose, ignorant royalement son interlocutrice.

Celle-ci se levait, contournait la table, et frappa le crâne du garçon contre elle. J'ai le droit de te tuer. Déclare t-elle. Il n'y aurait rien de plus simple, vous pourriez même tuer tout les détenus. Déclare le garçon, Rebecca comprenait qu'elle n'obtiendrait peut-être rien de lui, et hésiter à le renvoyer parmi les détenus sans informations. Car il a raison. Il est tout à fait possible pour les gardiens d'éliminer tout les détenus. Même si c'est le Consilium qui décide des moyens dont dispose la prison, c'est la directrice qui l'administre à sa guise. Si elle le voulait, les détraqueurs seraient constamment à l'intérieur de la prison, si elle le voulait, les détenus ne seraient pas nourris, si elle le voulait, elle pourrait exécuter librement des détenus. Si Redose n'en était pas sûr, il s'en doutait fortement depuis qu'il est arrivé ici. Vous le faites pas, vous préférez éviter. Déclare Redose, suscitant un soupire chez Rebecca qui retourna à sa place. Elle n'avait pas grand chose d'autres à faire que d'écouter cet idiot de toute façon. Les fous ont toujours été particulièrement divertissants pour les gardiens.

Redose se redressa.Vous reconnaissez notre droit à exister. Déclare l'homme-machine avec une assurance débordante. Les gardiens n'ont pas de vie en dehors d'Azkaban, ils sont juste des détenus avec plus de responsabilités et de luxe. Poursuit-il, Rebecca désirait voir où finirait son raisonnement. Le Royaume-Uni vous méprise, il vous a envoyé sur l'île de la peur et du désespoir pour y finir vos jours. Insiste Redose.

Rebecca s'installa confortablement dans son siège, prenant l'homme en face d'elle à la dérision. Nous n'avons rien à voir avec vous. Commence la directrice avec un sourire au coin des lèvres. Nos crimes sont bien moins graves que les votres. Admet-elle. C'est pour ça qu'on nous a laissé le choix à nous, et pas à vous. Conclut la directrice avec un ton supérieur.

Un court blanc s'installa entre les Redose et Rebecca, celui-ci qui regardait au sol comme un chien battu, releva les yeux l'espace d'un instant. Et quel crime est-ce de naître ici. Lance Redose avec un dédain à peine dissimulé, faisant disparaître le sourire de la bouche de Rebecca. Touché pense t-il. C'est pas notre faute si les détenus font des gosses. Réplique t-elle comme pour se défendre. Vous décidez de ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Réplique Redose avec insistance. Donc quoi, je suis un monstre de laisser un peu de liberté à des condamnés ? Se défend t-elle avec passion, Redose n'a jamais dit qu'elle était un monstre, mais elle devait le penser. Ou au moins une part d'elle le pensait pour s'en défendre ainsi. C'est ainsi que Redose sait qu'il a touché une corde sensible. Vous avez permis de faire de cet endroit une communauté. Insiste Redose, mettant la pression sur Rebecca. Et j'aurais peut-être dû maintenir l'enfer que c'était ? Réplique t-elle en haussant le ton. Cet endroit est toujours un enfer, mais moins qu'avant grâce à elle, pourquoi ? Les enfants n'ont pas été condamnés. Poursuit Redose. Et alors quoi ? Je dois garder tout le monde à Azkaban. Se défend Rebecca.

La conversation devenait quelques peu difficile à suivre pour elle, elle avait perdu l'avantage face à la machine. Les ordres de ceux qui vous tiennent en laisse sont plus important que votre morale ? Demande Redose avant de se prendre une gifle bien sentie. Le doigt de Rebecca pointé sur lui. Fais bien attention à ce que tu dis, garçon. Semble t-elle le menacer, mais ça ne suffit pas pour faire taire Redose. Pourquoi je vous ai parlé de l'évasion, c'est ça la question ? Demande Redose, mais Rebecca le laisse sans réponse. Car la seule chose qui empêche les détenus de tenter quoique ce soit c'est le désespoir et la peur, deux choses que je leur ai retiré. Se justifie l'homme avant de poursuivre. On aurait pu faire ça avec des effusions de sang, ma femme arrive ici avec cinq bateaux, je vous aurais laisser retourner au Royaume-Uni... Commence Redose devant une directrice bouche bée. Mais le fait est que, si je meurs, les détenus vous laisseront ici ou vous tueront, dans les deux cas c'est une condamnation. En raison des détraqueurs. Si je vous renvoie au Royaume-Uni, vous serez probablement envoyés à Azkaban en guise de punition, et le prochain directeur sera probablement bien moins sympa. Poursuit Redose.

Venez avec nous, vers une terre de liberté. Lui propose Redose, mais Rebecca n'hésite pas. Tu n'es pas en position de faire une telle promesse, ni une telle suggestion, rien ne garantit votre réussite. Réplique Rebecca, mais elle semble ébranlée. Plus de neuf-cent détenus contre quoi, cent-soixante-deux gardiens ? Il les avait compté lui-même. Combien sont vraiment fidèles à ceux qui les ont envoyés ici d'après vous ? Demande le garçon, toujours de façon rhétorique. Plus tant que ça, c'est pour ça que vos souvenirs de cette nuit sont si embrumés. Conclut finalement Redose, espérant que ça suffira pour convaincre Rebecca. Cette nuit, ses souvenirs avaient été modifiés pour lui faire croire qu'Élisabeth avait choisi un autre détenu que Redose et que Rebecca ne s'était pas faite assommée par un gardien de son camp. Rien ne garantit qu'elle puisse toujours faire confiance à ses gardiens, eux s'ils avaient le choix choisiraient probablement plus facilement leur camp.

À Azkaban, au final, le passé ne compte pas vraiment. Cet endroit change tout ceux qui y reste plus de deux jours. Cet endroit est comme une gigantesque lessive, rendant le linge plus sale que quand il est arrivé. Il permet tout sauf de s'améliorer. Mais même dans un endroit si terrible, une fleur a été aperçue poussant entre deux pierres. Bats-toi. Supplie une voix dans la tête des enfants d'Azkaban. Que le monde a renié dès le moment de leur condamnation. On ne peut enlever totalement l'espoir et la volonté d'une personne, pas même ici.

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PARTIE 4 : Mutinerie






Cent-soixante-deux gardiens armés contre des lâches désorganisés, désespérés et effrayés. Réplique Rebecca, elle semblait essayer de jauger Redose, seulement il ne laissait rien transparaître. À ses yeux ce débat commençait à s'éterniser, mais il était possible de faire changer Rebecca de camp. Elle ne semblait pas tant attacher que ça au Consilium et n'a pas refusé catégoriquement de se joindre aux détenus. L'objectif était de réussir à lui faire prendre confiance en "l'autre camp", camp dont Redose est son représentant. S'il arrive à prouver qu'il est digne de confiance à Rebecca, il arriverait probablement à la faire basculer du même coup. Si c'était vraiment ce que nous étions, la prison aurait été bien plus agitée. Cette phrase intrigua la directrice qui leva un sourcil. En cinq ans nous avons rallier tout les groupes à notre projet. Déclara Redose, ce à quoi Rebecca répondit par un sourire et un secouement de tête désabusé. C'est impossible. Réplique t-elle sans y croire une seconde ni considérer que c'est la vérité. Dans ce cas, pourquoi y a t-il eu une baisse du nombre de cadavres, de blessés, pourquoi soudainement les détenus sont de moins en moins seuls, les détraqueurs de plus en plus agités. Insiste Redose avant d'appuyer ses mains sur la table. Pourquoi nous continuons à nous relever quand avant tout ça, une fois tombés, les détenus restaient à terre ? Demande Redose, Rebecca tapa du poing sur la table et Redose se calma immédiatement.

L'homme essayait de faire grimper l'intensité et la pression du débat sur Rebecca, il essayait de la questionner pour qu'elle trouve la solution de ses propres yeux. Rebecca est une personne intelligente, forte et intelligente, c'est pour cela qu'elle est à la tête d'Azkaban. La jeune femme déplaça son regard vers le plafond, comme si elle y voyait quelque chose, et finalement l'entretien touchait à sa fin. Et si on partait, on irait où ? Demande la directrice alors qu'elle se lève et enfile son manteau. Redose de son côté se lève et s'apprête à la suivre. C'est pas une légende, il n'y a qu'un chemin qui permette de quitter Azkaban, et il est impossible de passer inaperçu. Déclare t-elle alors qu'elle quitte en trombe la salle, suivie de près par Redose. Nous avons un moyen, vous le verrez le moment venu. Déclare Redose, avant de se faire plaquer au mur par la sorcière. Te fous pas de moi, je vais pas vous laisser faire comme bon vous semble, répond maintenant ou ton plan tombe à l'eau. Elle le menace clairement et avec force, mais Redose ne flanche pas, l'homme soutient son regard avec la plus grande indifférence qui soit. Si j'ai menti, soit on meurt, soit vous nous punissez. Commence Redose. Si j'ai dis la vérité, vous n'aurez qu'à nous suivre. Poursuit l'homme, l'emprise qu'il subissait se relâchait à mesure qu'il parlait. Dans ces deux cas, vous êtes gagnant. Mais si vous résistez, il y'aura une bataille, une bataille dont l'issue est incertaine. Admet le garçon alors que Rebecca le lâche finalement. Faîtes vos jeux. La défie t-il.

Rebecca préfère rester sans réponse, et poursuit sa marche jusqu'aux escaliers, lançant des coups d'œil furtifs en direction du plafond de temps en temps. Redose devinait que quelque chose se tramait, mais quoi ? Ça restait à déterminer, et clairement il n'était pas en position de demander quoique ce soit. Il sentait que Rebecca semblait avoir céder et ne voulait surtout pas lui donner une excuse pour changer de position.

Très vite, les deux chefs arrivaient aux escaliers et les gravissaient avec vitesse. Redose ne savait pas vraiment s'il était censé retourner dans la grande salle ou suivre Rebecca, mais comme elle ne s'en plaignait pas ni ne lui ordonnait rien, il se contentait de la suivre et de la boucher. Arrivé en haut, dans la zone d'où les gardiens surveillent la grande salle, une scène étrange se jouait.
Étrange, mais surtout particulièrement bruyante et violente. À peine quelques secondes à avoir passé le seuil de la porte, qu'un gobelin volait vers Redose et Rebecca, le pire, c'est qu'il n'était pas seul. Il y'avait des gobelins qui volaient un peu partout, un coup d'œil rapide à la grande salle permettait de voir par dessus le muret un géant lancer un gobelin dans la direction d'un groupe de gardiens. Ceux-ci lançaient des sorts un peu partout, et trois gardiens faisaient de même mais contre le groupe. C'est le chaos total.
Rebecca dégagea le gobelin volant dans leur direction vers la grande salle et soupira, elle était en colère, très en colère, et peut-être bien que ça pourrait porter préjudice au plan. ÇA. SUFFIT. Hurle t-elle sous le coup d'un sonorus. Ça avait eu pour effet de faire tourner toute les têtes vers Redose et Rebecca. Ceux qui ne pouvaient pas les voir pouvaient au moins voir les autres terrifiés et arrêtés dans leur mouvement.
Rebecca porta deux doigts au sommet de son nez, elle était vraiment, vraiment, vraiment en colère. Redose restait en retrait, mais suffisamment proche pour montrer que les deux chefs étaient côte à côte. D'un côté le chef des détenus, de l'autre la cheffe des gardiens. En s'affichant ainsi, la confusion était installée.

Redose ne désirait pas mettre plus en colère Rebecca qu'elle ne l'était déjà, mais la pression était au maximum, et une question se devait d'être posée. Qu'est-ce que vous choisissez ? Lui demande Redose, accroché à ses lèvres. La directrice soupire une dernière fois avant de lancer un regard abattu et blasé à Redose. T'as gagné sale type. Déclare t-elle.

Aucun sourire ne s'afficha sur le visage de Redose, mais il se mit à avancer le long du passage semé de chaises, de gobelins, de tables, de gardiens, de cartes, et de nombreux signes encore du chaos régnant aujourd'hui à Azkaban. Lorsque le garçon arriva au bout du passage, il monta sur le muret en angle, et la prison entière se retrouvait pendue à ses lèvres. Il pourrait annoncer la victoire, ou la défaite, il avait été tabassé pour avoir trahi le plan des détenus, et s'était entretenu seul avec la directrice, il aurait pu être un mouchard après tout, qu'annoncerait-il ? La question est pleine est entière, aussi bien pour les gardiens que les détenus.

Finalement Redose remplissait ses poumons d'air. Gardiens, et détenus, ne font plus qu'un. Annonce t-il en criant. Nous sommes les habitants d'Azkaban, et nous quitteront ce lieu maudit tous ensemble. Face au silence et au manque de réaction impressionnant du public. Redose leva son poing. VICTOIRE. Hurle t-il, espérant que ce mot, tout le monde le comprendra.

Une vague de confusion s'emparait des détenus et des gardiens, Redose se tenait seul sur le muret comme un fou. Puis des cris de joie se firent entendre dans la grande salle, les détenus pleuraient, ça avait mit du temps et tout le monde ne comprenait pas encore ce qui était en train de se passer. Mais les détenus voulaient y croire, et ils y croyaient. Les gardiens pour leur part tournaient leur tête vers la directrice qui haussait les épaules et hochait la tête comme pour confirmer. Les gardiens étaient loin d'être aussi heureux que les détenus, ils étaient confus et ne comprenaient rien. Ceci dit, Rebecca est leur cheffe, et les gardiens lui font entièrement confiance. Ils auraient du mal à accepter ce qu'il se passe tant que rien n'aura vraiment changer, mais avec le temps sans doute ça s'améliorera. Malheureusement, lors du combat qui a précédé l'annonce, plusieurs gardiens ont envoyés un signal de détresse signalant une émeute depuis le mortier de communication.

Annoncer une émeute mettrait fin à la discrétion, et sans doute ça compliquerait la tâche à Élisabeth... Mais Redose croit en elle. Elle viendra.

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PARTIE 5 : Réjouissances






Même si les détenus étaient toujours à Azkaban, ils fêtaient déjà leur victoire. Pour beaucoup aujourd'hui est le plus beau jour de leur vie. Les détraqueurs sont tenus hors de la forteresse, les gardiens n'interdisent plus aucun accès, certes la liberté est limitée à l'enceinte de la forteresse, mais elle était là malgré tout. L'espoir renaissait, la joie allumait le cœur des détenus, et une force insoupçonnée se réveillait en eux. Les gardiens pour leur part étaient toujours aussi confus, ça devait être particulièrement soudain pour eux, et des doutes persistaient quant à leur sincérité.

Redose, Bellamy, Rebecca et Wolfgang qui a arrêté de prendre du polynectar attendait l'arrivée des bateaux devant la porte de la forteresse. Le vent soufflait particulièrement fort, et l'eau fouettait leur visage, mais il n'y avait rien de plus agréable pour Bellamy que de pouvoir sentir l'air de dehors à nouveau. Cinq ans après avoir été enfermé, ils peuvent enfin toucher un autre sol que celui de la forteresse.

Après un petit moment de silence, Wolfgang ouvra la discussion. Vous avez pas peur que les gardiens et les détenus se battent ? Demande t-il à Redose et Rebecca, Bellamy étant trop occupé à profiter d'un nouvel air. Les deux chefs répondirent "non" en même temps. Il y'a une règle tacite à Azkaban qui consiste à oublier les représailles. Déclare Redose. La même règle existe chez les gardiens. Poursuit Rebecca. Redose ne le savait pas, mais ça explique pas mal de choses. Si tu perds ton temps à penser au passé, tu deviens fou. Quand on est arrivé ici y'avait un type, Sean, qui faisait que de se remémorer le "bon vieux temps". À force de tout comparer tout le temps, il a sombré dans la folie c'était terrible. Conclut Bellamy.

Wolfgang hoche la tête en signe de compréhension, il n'était là que depuis cette nuit et beaucoup de choses lui échappait à propos de cet endroit. Au fait, où sont Victor, Anaïs et Edgar ? Demande Rebecca à Wolfgang. Sans doute s'agissait-il des gardiens dont Elizabeth, Bean et Wolfgang avait prit l'apparence. Le garçon, un peu gêné, haussait les épaules pour indiquer qu'il n'en sait rien. C'est ma mère qui était censée les garder, je sais pas où ils sont, mais je suis sûr qu'ils sont en sécurité ? Déclare t-il, très incertain de ce qu'il dit. Il ne savait pas ce qu'il se passait de l'autre côté de la mer des hébrides, peut-être la Ruche était-elle tombée, peut-être les bateaux qu'ils attendent tous n'arriveront t-ils jamais ou alors remplis d'aurors. Toute cette situation est très anxiogène, mais l'indifférence de Redose et Rebecca était un peu rassurante, et Bellamy avait confiance en Redose.

Vous êtes sûr que y'aura pas de tension entre les gardiens et les détenus ? Remet wolfgang sur la table. J'veux dire... Y'a quand même eu un rapport de force significatif entre les deux groupes... Annonce le garçon, et il n'avait pas tort. Pendant des années, bien avant que Redose et Bellamy n'arrivent, les gardiens obéissaient au doigt et à la baguette du directeur de la prison. Si l'ordre est de tirer sur les détenus, alors ils le font, si l'ordre est de faire entrer les détraqueurs pendant le dîner, alors ils le font. Les gardiens ont maintenu les détenus dans la forteresse, et n'ont pas eu la main molle durant toutes ces années.. Et ce sont des criminels, rien ne dit qu'ils respecteront les règles. Conclut le garçon. Là encore, sa réflexion est légitime.
Même s'il existe des règles, elles ne sont pas toujours respectées, et les détenus, ainsi que les gardiens, sont justement là car ils n'ont pas respecter des règles.

Tout ça veut plus rien dire. Lance Bellamy, visiblement ennuyé par la question. On sera bientôt tous sur un même pied d'égalité... Poursuit Bellamy. Personne ne risquerait de tout perdre si près du but. Déclare Bellamy en tapotant l'épaule de son petit-fils. Tu n'es pas resté longtemps, cet endroit c'était l'enfer sur terre, en arrivant ici Redose a bien failli se faire bouffé vivant. Poursuit l'homme âgé avec un large sourire, lançant un discret regard à l'oreille manquante de Redose. Celle-ci lui avait été arrachée lors d'un de ses nombreux combats. Il nous suffit d'attendre, et on sera libre. On sera délivré de cet endroit maudit. Et absolument personne ne risquerait de compromettre ça. Car personne n'apprécie cet endroit. C'est pour ça que même les gardiens font la fête. Conclut Bellamy en rigolant.

Au loin, de la lumière jaillissait de la brume. Il semblerait que finalement les bateaux soient arrivés. Amène le faucon et dit aux géants de se tenir prêts. Ordonne Redose à Bellamy. Le faucon était le surnom donné à Hermann le faucon, un vampire avec une vue exceptionnelle. Dans le cas où ces bateaux seraient chargés d'aurors, il faudra défendre la forteresse d'un assaut. Les aurors ne sont pas formés à la guerre, c'est pour ça qu'ils ont la stupidité de venir avec les bateaux en cas d'émeute au lieu de simplement attendre quelques semaines avant que la prison ne se meurt.

La pièce était lancée depuis longtemps, soit il s'agissait d'Élisabeth, soit il s'agissait d'aurors.
Les habitants d'Azkaban se tiennent prêts.

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PARTIE 6 : Adieu, Royaume-Uni






Élisabeth... Répète Maria, jusqu'à ce que finalement Élisabeth se réveille difficilement. La potionniste semblait assez confuse à son réveil, de se réveiller ailleurs que dans son lit, dans une cabine habitée par des membres de la Ruche. Et ce sol qui tanguait et tanguait, ça lui revenait lentement, mais voilà qu'elle s'en souvient. Elle avait réussi à atteindre un bateau et elle s'était assoupie dans la cabine. Apparemment Azkaban est en vue. Informe Maria.

Élisabeth se réveillait avec difficulté, elle était toujours fatiguée, mais cette sieste lui avait au moins permis de récupérer des forces. Elle se dirigeait vers la porte de la cabine pour en sortir et voir la chose de ses propres yeux. C'est avec difficulté qu'elle ouvrit la porte, le vent dehors était tellement puissant qu'il était compliqué d'ouvrir une simple porte. Mais finalement elle était dehors, et la porte claqua derrière elle. Debout sur le pont, la jeune femme ressentait encore plus les effets de l'agitation de la mer, elle se jeta sur la rambarde la plus proche pour l'aider à rester debout. Elle voyait effectivement Azkaban à la lueur de la lune.

L'ancienne maître des potions s'avançait avec difficulté le long de la rambarde pour atteindre la proue et avoir une plus grande vue sur l'île qui devenait de plus en plus proche. Il y'avait des gens qui se tenaient debout devant la forteresse, mais elle était encore trop loin pour distinguer les silhouettes.Tu y vois quelques choses ? Demande Esmeralda quelques pas derrière, surprenant Élisabeth par la même occasion.
Mais il était difficile de voir grande chose, ou de se concentrer avec toute cette eau, tout ce mouvement, et ce vent. Quand ce n'est pas des gouttes qui fouettent le visage, c'est le vent, ou les cheveux. Élisabeth sentit une mains sur son épaule, de l'autre côté, Esmeralda lui tendait de quoi s'attacher les cheveux. Élisabeth se saisit de l'objet et en profita alors qu'Esmeralda se portait à ses côtés. On est trop loin, c'est peut-être des ennemis, dis aux autres de se tenir prêts. Ordonne Élisabeth à sa belle-sœur, celle-ci se dépêcha de porter l'information et l'ordre aux oreilles des autres. D'un bateau à l'autre, les membres de la ruche se tenaient prêts.

Dix minutes plus tard, les bateaux étaient presque à quai, et même là il était difficile de discerner les silhouettes présentes devant la forteresse. Et lorsqu'Octave jeta l'ancre, et que les autres bateaux suivirent, Élisabeth arrivait finalement à discerner au moins une caractéristique qu'elle connaissait. Cette coupe afro et cette cape qui battent tout les deux le vent, Rebecca Stronghold. Le message semblait clair, Redose n'a pas réussi à prendre Azkaban. La Ruche ne pouvait pas retourner au Royaume-Uni, elle n'avait pas l'avantage puisqu'elle était répartie sur des bateaux et ne pourraient probablement pas mettre pied à terre sans se montrer vulnérable.
La Ruche est en sous-nombre, et beaucoup de membres n'ont aucune expérience du combat.

Le plan avait vraisemblablement échoué.

Pourtant, Rebecca ne s'affichait pas avec ses gardiens, ils n'étaient que trois à se tenir devant la forteresse, et ils n'avaient pas attaqués. L'un d'eux se détacha du groupe pour se diriger vers les bateaux, suivis après ce qui semblait être un moment d'hésitation par les deux autres.
Élisabeth se disait qu'ils voudraient sans doute parler, dans un moment où ils n'ont pas du tout l'avantage, peut-être que la diplomatie pouvait leur faire gagner du temps, voire même la bataille si tant est qu'il y'en ai une.
À mesure que l'homme s'approchait, Élisabeth semblait pouvoir discerner Redose. Elle n'attendit pas d'en être sûre pour sauter de la proue et léviter jusqu'au sol.

Redose, accompagné de Wolfgang et de Rebecca faisaient maintenant face à Élisabeth, ils étaient tous arrêtés. La présence de Wolfgang aux côtés de Redose et de Rebecca rassurait assez Élisabeth, elle n'était pas sûre de pouvoir faire confiance à Redose et s'était mise à s'attendre au pire depuis qu'il l'a renvoyé d'Azkaban chercher des bateaux.

Esmeralda pour sa part avait décidé de ne pas attendre et sauta de la proue et lévita jusqu'aux bras de son frère. Enfin ! Lui dit-elle alors qu'elle le serre fort dans ses bras. Pourquoi êtes vous... Ensemble ? Demande Élisabeth à Wolfgang et Rebecca, les bras croisées. Les voir ainsi rendait la situation très confuse, peut-être que Redose et Wolfgang sont sous imperium et que c'est un piège, ou que Rebecca est sous imperium et qu'ils ont réussis à prendre la forteresse. Ouai... À propos... Commence Wolfgang, visiblement gêné, portant une main à l'arrière de son crâne et détournant le regard. J'ai décidé qu'on ferait partie du voyage. Lance Rebecca, prenant la même pose qu'Élisabeth.

Celle-ci, confuse, lança un regard plein de dérision à la cheffe des gardiens, arquant un sourcil dubitatif. Vous ? Les gardiens ? Demande rhétoriquement la potionniste, mais Rebecca ne cède pas et se contente de hocher la tête en signe de confirmation. C'est n'importe quoi on peut pas leur faire confiance ils sont du côté du Consilium ce sont nos ennemis. Argumenta Élisabeth à Redose alors qu'elle s'approchait de lui pour plaider sa cause, comme s'il était le chef ici.

Redose se dégagea de sa sœur pour mettre les choses au clair. Ils ne sont pas plus du côté du Consilium que n'importe quel ancien détenu. Et alors qu'Élisabeth s'apprêtait à argumenter, Rebecca s'interposa entre les époux pour à son tour plaider sa cause à Élisabeth. N'étais-tu pas le maître des potions du Royaume-Uni il y'a encore quelques heures ? Demanda la cheffe en s'approchant d'Élisabeth, serpentant d'un coin à l'autre de son champs de vision. Et c'est plutôt étonnant que vous ayez plus confiance en ceux qui ont été condamnés qu'à ceux qui ont été chargés de garder les condamnés. Poursuivit la grande femme.

Élisabeth se mordit un instant le bout du pouce. Ouai... Admet-elle à contrecœur. Les arguments avancés par Rebecca sont tout à fait logique, ça la tue de l'admettre, mais au moins c'est vers elle que s'est tourné Rebecca pour argumenter, et non pas vers Redose comme la potionniste l'avait fait. Bon, maintenant que c'est au clair, je t'invite toi et ceux avec qui t'es venu à vous joindre à la fête. On partira demain à l'aube. Déclare Redose, accompagnant sa sœur et Rebecca à l'intérieur de la forteresse.
Wolfgang resta avec Élisabeth pour accueillir ceux qu'Élisabeth avait amené, sans se douter un instant que c'est toute la Ruche qui était chargée dans ces bateaux.

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CHAPITRE 9 : Histoires d'Azkaban


PARTIE 1 : La fête de la liberté






Élisabeth avait été la première à descendre de son bateau, elle avait annoncé que les autres pouvaient descendre et les membres de la Ruche ne se sont pas fait priés. Beaucoup d'entre eux avaient peur et étaient excités pour ce voyage, quant aux moldus, ils se sentaient assez vulnérables. Malgré tout, aucun membre de la Ruche n'est resté sur le bateau, tous se dirigeaient vers l'entrée en suivant Élisabeth et Wolfgang. Leurs pas étaient incertains, et personne ne savait ce qu'ils trouveraient derrière cette porte.

Wolfgang la gardait ouverte et fut rapidement complimenté par sa mère qui le prit dans ses bras dès qu'elle était à portée. À voir les réactions de ceux qui franchissaient les portes, ce qui se trouvait de l'autre côté devait être particulièrement surprenant. Était-ce une bonne idée ? Se demandait Maria alors qu'elle traversait la grande porte accompagnée de son fils, Gabriel. L'ambiance était particulièrement chaleureuse pour une prison, des petits hommes au nez crochu et aux oreilles pointus dansaient, il y'avait des estropiés qui chantaient bras dessus bras dessous, et de loin on aurait dit qu'il y'avait des très, très grands hommes. Lorsque la tante de Redose tourna sa tête un instant sur la droite, elle découvrit un géant haut de plus de huit mètres, pas si proche d'elle, mais suffisamment pour qu'elle tombe à terre sous la surprise.
Elle avait déjà entendu parlé des géants et autres créatures magiques, par Elizabeth notamment, mais c'était la première fois qu'elle en voyait un. Un être si colossale c'est inimaginable pour un moldu. Gabriel aida sa mère à se relever, lui aussi avait peur. Il était un sorcier, mais n'avait jamais vu de géant pour autant lui non plus.

Le géant borgne qui avait fait peur à Maria avait également fait peur à plusieurs membres de la Ruche, il restait à l'entrée "au cas où" et faisait la discussion avec Debora avant de remarquer que sa présence avait fait chuter la dame âgée. Le géant Bergelmir s'accroupit lentement et tend sa main impressionnante en direction de la moldue. Désolé. Chuchote t-il à son attention. Y'a pas de mal. Lâche Maria, absolument tétanisée devant ce titan qui pourrait clairement l'écraser sans faire exprès. Elle tendit sa main en réponse réflexe à la main tendue du géant. Je m'appelle Bergelmir. Déclare t-il en prenant la main de la moldue entre son index et son pouce, sans appliquer aucune pression. Enchantée... Moi c'est Maria. Lui répond la moldue, dans un sourire gênée. Le géant affichait un sourire particulièrement chaleureux à la moldue, dont la gêne disparu très vite, puis il se releva et retourna à sa discussion avec Debora.

Maria continua d'avancer, cherchant des visages connus du regard. Elle repéra finalement Élisabeth et se précipitait vers elle avant de violemment percuter un individu, et de tomber pour la deuxième fois. Le sang-froid et l'habilité ne sont pas vraiment les points forts d'une femme de plus de 74 ans. Etonnamment, le visage qui apparu à ses yeux pour l'aider à se relever lui était familier, mais elle n'était pas venu avec lui jusqu'ici. Edouard... Murmure Maria alors que l'homme la soulève d'une main.
Haha vraiment désolé, vous allez bien ? Demanda l'homme avec un large sourire et la main portée à l'arrière du crâne.

Maria porta ses mains au visage de celui qu'elle appelait Edouard. Elle tripotait ce visage avec fascination, la bouche béante, tandis que l'homme demeurait sans grande réaction, particulièrement confus. Gabriel, le fils de Maria, essayait de la dégager, mais sans utiliser la force rien n'y fait. Maman, arrête. Lança son fils à sa mère, regardant à droite à gauche comme pour surveiller que personne n'assistait à cette scène plus qu'étrange. Soudainement, la mère porta son visage sur le torse de l'ancien détenu. Edouard... Répète t-elle, comme pour l'interpeller. Je... Je suis vraiment désolé... Je sais pas qui vous êtes... Admet le garçon, gêné, coupable. Je suis ta belle-sœur. Déclare Maria avant de reculer un instant, les larmes aux yeux. On était amis avant... Déclare t-elle à nouveau. Comment... Comment tu peux avoir l'air si jeune, et comment tu peux avoir grandi... Se demande t-elle à voix haute, un léger sourire aux lèvres, interdite par cette vision. À les voir maintenant, on ne se douterait pas que Maria avait deux ans de moins que lui, elle paraissait bien plus vieille à 74 ans que lui à 77 ans. Il montrait quelques signes de vieillesse, mais il n'avait pas autant de rides que sa belle-sœur, ni autant de mal à se diriger. Tu as vu tes enfants ? Où est Elizabeth ? Demande Maria en regardant autour d'elle.

Edouard, ou plutôt Bellamy, se sentait assez coupable de ne se souvenir de rien, et d'en être responsable. Pour cette raison il n'a pas vraiment chercher à en savoir plus sur cette vie qu'il aurait eu. Il savait que ses souvenirs étaient embrumés et faux jusqu'à un certain point, et que sa vie a vraiment commencée que lorsque sa mémoire a été effacée. Il n'était plus cet "Edouard", même s'ils se ressemblaient beaucoup au niveau de la personnalité, ce n'est pas lui.Oh, oui, Redose est par là-bas et sa femme doit pas être très loin. Sa phrase arracha un rire à Maria. Ton fils Elizabeth, pas ta belle-fille Élisabeth. Lança Maria dans un éclat de rire.

Bellamy, confus, se dit qu'il aurait quand même dû en apprendre un peu plus sur son ancienne vie. J'ai un autre fils ? Demande t-il, surpris. T'en as même deux, et autant de filles. Réplique Maria, un sourire aux lèvres, avant de prendre Bellamy par la main pour lui chercher ses enfants dans la fête.

Élisabeth de son côté avait connu un accueil particulièrement chaleureux et confusant.
Lorsqu'elle arriva dans la grande salle aux côtés de Wolfgang, une foule s'était mise à l'entourer et à la suivre, sans qu'elle ne comprenne pourquoi, une enfant est finalement sortie de la foule tout sourire pour porter une question aux oreilles de la jeune femme. Vous êtes Éli ? Demanda l'enfant.

La potionniste était plus que surprise de voir un enfant ici, et en regardant bien autour d'elle, il n'y en avait pas qu'un, certains individus qu'elle pensait être des gobelins n'étaient que des enfants, et le fait que les gobelins sont particulièrement maigre ici n'aide pas. Élisabeth porta son regard sur l'enfant, se demandant ce qu'il avait bien pu faire pour finir à Azkaban à un si jeune âge. La vision de cet enfant dans une tenue de jute était particulièrement traumatisante, heureusement est-elle là quand la prison est libre, elle n'aurait peut-être pas supporter de voir autre chose qu'un sourire sur le visage de l'enfant. Je sais pas... On se connait ? Demande Élisabeth. Il y'avait peu de chance que cet enfant sache vraiment qui elle était. Après tout, elle n'avait jamais mis les pieds ici qu'une fois en cinq ans et c'était il y'a seulement plusieurs heures. Éli l'inconnue, c'est vous ? Demande un homme dans la foule, pendant qu'une femme prend la main de la potionniste. La plus grande potionniste de sa génération. D'autres mains se portaient vers elle, ce n'était pas désagréable, mais Éli ne comprenait rien et avait l'impression d'être une imposture. Ces gens, elle ne les connaissait pas, ils ne la connaissait pas plus. La cheffe des nés-moldus et des amazones. Lance une autre voix. Celle qui nous fera sortir d'ici ! Lance une autre voix.

Alors qu'Élisabeth s'apprêtait à répliquer, une voix s'élève et creuse la foule. Allons du calme, vous lui faites peur. Lança Redose, décrochant un sourire joueur sur le visage d'Élisabeth. Allons bon sale troll, j'ai peur de rien. Réplique t-elle, suscitant l'admiration de quelques enfants à ses pieds. De quelques gestes de la main, Redose dispersait la foule avec facilité. Tu m'expliques ? Demande Élisabeth, bras croisés, tandis que Redose s'approchait. Il fallait trouver des groupes qui correspondent à tout le monde, et un chef pour chaque groupe. Déclare l'homme, alors qu'il ne se trouve plus qu'à un mètre de la potionniste. Bergelmir le cyclope, Bellamy le roux, Debora la hargneuse et enfin Élisabeth l'inconnue. Déclare Redose. Toi. Insiste le garçon.

Pourquoi pas toi ? Lui demande t-elle, question légitime, Redose connaissait les détenus, pas elle. Tu es un bien meilleur choix, tu as inspiré des générations de nés-moldus, et de femmes. Moi je n'inspire pas vraiment la confiance. Prétend l'homme.

Dans ce cas pourquoi les autres ? Demande Élisabeth, ces "inconnus" n'ont pas plus de capacité à inspirer qui que ce soit. Elle arrive à décrocher un soupir à Redose. Bellamy est un lycanthrope, longue histoire, il est le chef des êtres marginalisés. Les lycanthropes, les vampires, les harpies, et les gobelins. Du moins depuis la révolte des gobelins de 2055, même si les tensions remontent à des siècles. Puis il y'a Debora, une sorcière issue d'une puissante famille de sang-purs et une membre du culte de Veritas. Elle s'occupe donc des membres du cultes, des néo-mangemorts et autres débiles dans le genre. Une voix perce de quelqu'un qui passait à côté. Vas chier Red. Lâche l'un de ces "autres débiles dans le genre". C'est ma réplique débile ! Lui lance Élisabeth dans le dos. Et Bergelmir est un puissant géant qui s'occupe des géants, des vélanes, et des elfes, des êtres minoritaires et certes marginalisés, mais qui ne voulaient pas se retrouver avec la joyeuse troupe de Bellamy. Déclare Redose. Et enfin Élisabeth, une femme et une née-moldue qui s'occupe des femmes, et des nés-moldus. Termine finalement Redose. Bellamy est un lycanthrope ? Demande Élisabeth, comme si c'était le plus important dans le discours de Redose.

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PARTIE 2 : Le retour du père prodigue






Maria amenait son beau-frère Bellamy, anciennement connu sous le nom d'Edouard Omniak avant qu'il ne se fasse effacé sa mémoire et remplacés ses souvenirs par Redose Omniak, voir ses enfants. À commencer par le plus vieux qu'elle cherchait d'un coin à l'autre, courant à l'allure d'une femme n'ayant que trop subi l'effet du temps. Finalement, Maria repéra de longs cheveux noirs enfouie dans un manteau de gardien. Elizabeth ! L'interpelle t-elle en remuant le bras et s'approchant.

L'homme aux longs cheveux noirs et soignés s'approchait de sa tante et la prit dans ses bras. Mariaaa, tu as fait bonne route ? Lui demande t-il, ses mains sur ses épaules. Maria se contenta de hocher la tête. Regarde qui j'ai trouvé ! S'exclame t-elle en montrant fièrement Bellamy. Celui-ci, honteux, détourne le regard un peu partout. Il tend finalement la main vers lui. Enchanté. J'm'appelle ahem, Bellamy Smith. Déclare t-il, le regard ailleurs.

Elizabeth le regardait avec la plus grande réflexion. Je me disais bien que tu me disais quelque chose. Admet Elizabeth, sa main sur le menton comme pour se concentrer. Il fronçait les sourcils en direction de Bellamy, il avait pu le voir plusieurs fois au cours de la journée, et quand il avait l'occasion de venir le voir, il ne l'a pas saisi. Elizabeth s'était contenté de rester loin de lui, malgré la ressemblance frappante entre ce Bellamy et son père.
Avant que la fête ne commence, ils s'étaient rencontré succinctement, lorsque les gardiens débarrassaient les détenus de la substance placée sur leur nuque à l'aide d'un sortilège de dissolution basique. Aucune chance de récupérer la magie que ces substances contenaient, mais avoir la nuque libérée et son flux magique mis en voix de restauration était déjà un bon début.

Elizabeth tournait autour de Bellamy comme un vautour autour d'une carcasse. T'es plus maigre. Lance Elizabeth. On mange pas tant que ça ici... Se justifie Bellamy. Particulièrement poilu aussi. Continue le dragonnier Elizabeth. Bah c'est sûr que si on se rase pas... Laisse en suspens l'ancien détenu. Tu m'as l'air plus grand ? Poursuit Elizabeth, mais Bellamy soupire d'un air indigné. Non, mais j'ai pas à me justifier ! Lance Bellamy, visiblement agacé.

Maria semblait s'y mettre à son tour. C'est vrai qu'il a l'air plus grand, et moins méchant. Ajoute la moldue à l'intention de Bellamy qui le prendrait presque mal, être comparé avec quelqu'un d'autre n'est jamais très agréable, surtout quand ils parlent de son physique. Bah... J'ai grandis en cinq ans. Se justifie malgré tout le lycanthrope. Retirant un air dubitatif et deux pairs de sourcils arqués de la part des membres de la Ruche qui éclate de rire. T'es trop vieux pour continuer à grandir ! Lance Elizabeth dans un brutal éclat de rire vexant Bellamy. Pourtant, il ne mentait pas. Le lycanthrope avait gagné quelques centimètres depuis qu'il était arrivé ici. Il serait plus juste de dire qu'il avait gagné quelques centimètres depuis qu'il avait été mordu par un autre détenu qui s'avérait être un rougarou. Ses poils ont commencés à pousser, et pousser encore, malgré la malnutrition, ses muscles semblaient s'être raffermi, et sa carrure s'être prononcée alors qu'il gagnait des centimètres. Lui donnant en plus d'un sang de bête, une apparence bestiale. Le fait qu'il n'ai en aucune manière combattu le virus, qu'il l'ait accepté, et qu'il ait passé une grande partie de son temps à nouer avec sa bête intérieure lui avait presque permis de la dompter. Il avait rendu la bête plus humaine, et l'humain plus bête. Si bien qu'il arrivait même à avoir des éclairs de lucidité sous sa forme bestiale, des souvenirs, et si bien que ses instincts étaient suraiguisés et ses sens exaltés au possible.

Et voilà que deux "inconnus" sortis de nul part se moquaient de lui alors même qu'ils ne se connaissaient pas, au seul prétexte qu'ils connaissaient Edouard Omniak. Seulement, Bellamy n'est pas Edouard. Il partait dans une direction opposée à Maria et Elizabeth, vexé, frustré, énervé, déçu, et plein d'autres émotions qu'il n'arrivait pas à traduire.

En relevant les yeux, il se figea. Un regard perçait le sien, et le regardait avec un air tel que cette personne donnait l'air d'avoir vu un fantôme. Elle avançait vers Bellamy, ses yeux remplies de larmes, et très vite ses joues en suivirent. Il prit Bellamy dans ses bras, dans une étreinte chaleureuse et reflétant une certaine peine... Le lycanthrope était devenu meilleur pour saisir les émotions des autres, et il avait du mal à comprendre ce qu'il suscitait chez ce jeune homme. Un mélange de négatif et de positif, de la joie et de la peine, de la douleur et de la colère, de la culpabilité et de l'amertume. Papa... Lâche le garçon.

C'était la première fois de sa vie que quiconque l'appelait papa, et le considérait vraiment comme un père. Elizabeth s'était moqué de lui, Redose le considérait comme un ami, mais cet homme qui le serrait dans ses bras l'avait appelé "papa". Et il le pensait, il le pensait vraiment. Au fait, je suis Charlie, ton deuxième fils. Déclare le garçon. Ça ne semblait pas être le meilleur moment pour l'annoncer, mais du point de vue de Bellamy, la situation devait être particulièrement confuse. Lui ne savait pas grand chose de ses enfants, mais ses enfants savaient au moins qu'il avait été à Azkaban, puis plus tard que sa mémoire a été effacée, et enfin qu'il est retourné à Azkaban. Même en s'étant préparé, ça faisait un sacré choc à Charlie. La dernière fois qu'il avait vu son père, Redose entrait dans sa cinquième année à Poudlard, et maintenant il entre dans sa quarantaine. Charlie était l'enfant le plus attaché à Edouard, malgré tout ce que ce diable lui faisait subir. Il avait vécu avec la culpabilité supposée d'être responsable du déclin de son père, et aujourd'hui il peut enfin s'excuser. Pourtant, il garde le silence. Il préfère profiter d'une embrassade avec son père, même si ce n'est plus son père. Son véritable père est mort, tué de la main de Redose Omniak lorsque celui-ci a effacé sa mémoire de manière définitive.

Bellamy avait les yeux à moitié fermés, bien qu'il ne connaissait pas Charlie, cet homme lui faisait une bonne impression. Il se sentait bien dans ses bras, et il profitait de l'embrassade comme un véritable père le ferait. Malgré la culpabilité qu'il ressent, notamment la culpabilité d'avoir abandonné ses enfants plusieurs fois, d'être devenu une telle ordure qu'il s'est fait effacé la mémoire, tout ça pour retourner à Azkaban.

Une femme observait la scène d'un peu plus loin, et elle se mit à avancer quand son regard croisa celui de Bellamy. Elle avançait avec plus réticence et de peur que Charlie, mais elle ressentait elle aussi du soulagement. Et moi c'est Esmeralda, ta dernière fille. Lança Esmeralda à son père, avant de s'enfuir à grands pas.

Elle avait laissé à Charlie et à Bellamy un instant de solitude. Quand Charlie l'avait finalement lâcher, ils purent parler chacun de choses et d'autres. Bellamy racontait certaines de ses histoires à Azkaban, comment il a rencontré le géant Bergelmir, ou comment il a mangé le nez d'un vampire, ses histoires n'étaient pas forcément les plus douces et charmantes, mais en terme d'expérience, clairement, Bellamy en avait vu des choses. Pour sa part, Charlie lui racontait son parcours, comment il a inventé un système de protection révolutionnaire pour la Ruche et que ça n'a pas suffit à empêcher un assassin d'entrer, ou comment il a fait croire à Redose que "cul" était un synonyme de "pain" quand il était petit. Il parlait également de son atelier de bricolage où il s'occupait de meubles, mais aussi de mécanique moldue, et de droit moldu, ou encore du moment où il a balancé une bouse d'éruptif hors de prix sur la tête d'un conseiller qui avait défendu l'exclusivité de l'institut de droit magique aux sangs-purs durant un grand discours.

Très vite, la jeune Esmeralda revenait avec une femme plus grande qui lui ressemblait. Celle-ci, un peu gênée, portait sa main à sa nuque. Salut, papa, enfin... Bellamy. Haha... Commence t-elle. Et moi bah... C'est Alexandra, l'aînée de tes filles. Déclare Alexandra, particulièrement gênée. Bellamy répondit avec un petit sourire et un hochement de tête. Il se sentait toujours aussi coupable de tout ce qu'il avait pu faire subir à sa famille. Mais les voir ainsi, en bonne santé, à priori heureux et en sorciers accomplis, c'était une véritable fierté alors même qu'il ne connaissait presque aucun d'entre eux. Le lycanthrope parlait avec ses enfants comme il ne l'avait jamais fait quand il était Edouard, et non pas Bellamy. Comme quoi Azkaban change vraiment un homme.

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PARTIE 3 : Amants comme amis






Élisabeth venait d'apprendre comment les détenus avaient été répartis, ainsi que la lycanthropie de Bellamy. Ne se sentant pas tout à fait à l'aise dans ce lieu inconnu qui empeste la peur et le désespoir, la femme suivait Redose qui semblait chercher quelque chose à manger. En cette soirée et bientôt cette nuit de fête. Attends une seconde. Lance Élisabeth à Redose dans une interpellation peu confiante.

L'homme s'arrêta et se retourna, interrogé. C'est tout ? Demande sa femme à son époux. Redose comprenait ce qu'Élisabeth voulait dire par là, pour autant, il préférait rester de mu, et ne répondit pas à la femme. J'suis venu te chercher, t'as fait de moi l'une de tes "grands", et c'est tout ? Demande Élisabeth, visiblement irritée pour une raison tout à fait logique. Quand elle était venu le voir dans la nuit il n'avait fait aucun pas vers elle, il n'avait pas eu l'air satisfait de la retrouver, ni en aucun cas surpris. L'homme s'était contenté de lui balancer des mots dur et de lui délivrer un ordre. Il exigeait d'elle qu'elle abandonne tout de sa vie pour revenir à Azkaban, le pire endroit du Royaume-Uni, avec cinq bateaux. Au final, elle était venue avec toute la Ruche, avec des provisions et des armes même si elle ne l'avait pas encore annoncé. Et pour toute et seule récompense, Redose continue à se montrer froid et distant.

L'épouse comprenait que ces cinq années aient pu changer le garçon, mais qu'elles le changent autant c'était inimaginable. Avant, il était un mari et un père aimant, qui supportait sa famille, qui l'aimait plus que tout. Il avait un sang des plus chauds, et auraient tout donné pour ceux qu'il aime. À cette époque, s'il avait été enfermé cinq ans, rien n'aurait pu le briser. Rien n'aurait pu le briser et Redose aurait même tout fait pour les revoir, et sa réaction lorsqu'il aurait finalement réussi à les atteindre aurait été mémorable. Il l'aurait prise dans ses bras et n'aurait pas hésité une seconde à fuir Azkaban seul avec elle, Elizabeth, Wolfgang et Bean pour retrouver ses enfants au plus tôt.
Aujourd'hui, Redose n'a plus rien à voir avec l'homme qu'il était. Redose n'avait plus de l'homme qu'Élisabeth aimait et avait épousé que l'apparence et encore. Il se retrouvait estropié d'une oreille et de nouvelles cicatrices s'étaient ajoutées à son corps, l'homme avait réussi depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu à rassembler un nombre impressionnant d'hématomes et il ne donnerait aucune raison à ça ? Aucune raison à rien ? C'est tout bonnement inimaginable.

La jeune femme pouvait comprendre qu'il ne veuille pas parler de tout tout de suite, mais son comportement ne ressemblait en rien à quelqu'un de vulnérable ou de traumatisé. Il avait juste l'air de n'en avoir rien à faire et de prendre Élisabeth pour un outil seulement bonne à accomplir son plan et à faire office de grand. Dis rien si tu veux, non. Se reprend Élisabeth, serrant les poings. C'est faux, je veux que tu parles... Ses sourcils se froncent. J'ai besoin que tu parles. Face au silence de Redose, la jeune femme fondait en colère. Et le silence se maintenait malgré tout. Les doigts enfoncés dans ses paumes, formant un poing brutalement serré, la femme s'avançait vers Redose, l'air presque désespéré, respiration la frustration et le dépassement.

Le prenant par le col. Parle. Lui ordonne t-elle. La mère attendait qu'ils aient un peu d'intimité pour lui parler de son comportement. Entre Wolfgang et Bean cette nuit, puis la foule de qui l'avait acceuilli, sans parler de Rebecca. Élisabeth n'avait pas eu l'occasion de se retrouver seule à seule avec l'homme depuis plus de cinq ans. Face à son silence horripilant, la jeune femme observa les environs pour trouver un endroit plus calme.

L'épouse amena Redose plus loin de la foule, suivant un couloir sans savoir où il menait, pour finalement atterir dans la cuisine. Élisabeth posait un regard sur Redose qui dégageait une telle détermination et une telle curiosité, que l'homme ne semblait avoir d'autre choix que de finalement parler.

Finalement, l'homme planta son regard froid et indifférent dans celui d'Élisabeth. Je pense qu'il faudrait faire une pause. Déclare Redose sans montrer plus d'émotions, le regard qui il y'a encore quelques secondes dégageait de la détermination et de la curiosité, dégageait maintenant de la peur. Tu te fous de ma gueule ? Demanda la femme, surprise, déçue, sentant des sueurs froides monter de ses doigts à sa nuque. Le garçon, détourna un instant le regard, un instant de trop pour l'épouse qui n'hésita pas pour le gifler dans un bruit de sifflement particulièrement violent. Le garçon ne bouge pas, ni ne flanchit, seulement une marque de main rouge apparait sur son visage, alors qu'Élisabeth s'éloignait, le coeur rouge de colère, et bleu de peine. Elle ne ferait pas la fête ce soir, elle irait sur le bateau ou pourquoi pas à côté, loin de lui. Loin d'eux. Loin de cet endroit pourtant lui-même loin de tout.

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PARTIE 4 : Prison






Esmeralda de son côté, cherchait Redose du regard quand elle l'a vu être traîné par Élisabeth dans un couloir qu'elle ne connaissait pas, sans doute voulaient-ils avoir un moment un peu intime, rien de plus normal après cinq ans après tout. La jeune femme s'imaginait malgré elle ce qui pouvait bien se passer à l'intérieur du couloir et se mettait à regretter de l'avoir chercher. Elle était retourné auprès de Bellamy pour continuer à échanger un peu en attendant que Redose ne soit disponible, et qu'elle puisse réunir ceux avec qui elle a grandit. Redose, Alexandra, Charlie, Elizabeth, et Bellamy qu'elle continuait d'appeler Edouard une fois sur deux, faute d'essayer.

Esmeralda guettait régulièrement le couloir contre son gré, elle espérait oublier que Redose et Élisabeth sont là, ensemble, en train de se retrouver seul à seul après cinq ans à être séparé. Dieu seul sait ce qui pourrait se passer par là-bas, et l'imagination de la jeune artiste était particulièrement fournie.

Pourtant, assez vite, Élisabeth sortait en trombe du couloir. C'était particulièrement court pour des retrouvailles, ce n'est pas le style de la maison, peut-être Redose a t-il dit ou fait quelque chose qui lui a déplu, ou peut-être n'est-ce que parti remise. Esmeralda misait sur le fait qu'Élisabeth était particulièrement anxieuse, et à juste titre, que ses enfants soient bien loin et qu'elle, elle soit là, et que tous font la fête à Azkaban au lieu de directement se mettre en route. Apparemment, le projet de Redose était d'aller au Canada, peut-être était-ce là que Rouge se terrait, mais il n'y aurait pas à s'inquiéter, il y'a peu à parier que les enfants d'Élisabeth se soient mit en route vers le Canada. Mais ça, Esmeralda ne pouvait rien en savoir.
La jeune femme décida de rattraper Élisabeth, toute sourire, pour la rassurer et la taquiner. Elle lui attrapa le bras, mais la blairelle s'arracha à l'emprise d'Esmeralda, dont le sourire s'évanouissait alors que son pas ralentissait. De toute évidence, elle était en colère. Particulièrement en colère. Et Redose ne devait pas y être pour rien.

Esmeralda lança un regard vers le couloir, et pouvait discerner malgré toutes ses personnes incrustés dans la distance entre eux, que Redose semblait parler à une femme. Peut-être était-ce ça le sujet de la dispute.

La cadette se redirigea vers Redose, histoire de lui faire une leçon de morale bien sentie. Mais lorsqu'elle fut assez près pour distinguer la deuxième silhouette, il semblerait qu'il s'agissait de la directrice de la prison. Elle non plus était loin d'avoir l'air ravie, elle semblait carrément engueuler Redose pour une raison qui dépassait la cadette, et Redose dans tout ça ne semblait pas le moins perturbé du monde. La femme finit par partir, visiblement frustrée.
Esmeralda s'approchait de son frère d'un pas plus lent et moins assuré, elle n'était plus sûre de devoir l'engueuler. Il arborait une trace de main particulièrement rouge sur sa joue, c'était probablement Élisabeth se dit-elle. Redose ... Interpelle la cadette devant son frère, visiblement nullement gêné d'avoir subit les foudres de deux femmes à moins d'une minute d'intervalle. Oui ? Se contente de répondre Redose, comme si rien ne s'était passé.

La cadette était particulièrement intriguée, surprise, et une peine l'habitant sans qu'elle ne sache précisément l'expliquer. Tout va bien ? Demande la jeune femme, mais Redose détourne le regard et garde le silence. Le message est clair et limpide, il ne veut pas ou ne peut pas répondre, c'est qu'il ne va pas bien.

La cadette fit ce qu'elle savait faire de mieux, tout ce qu'elle savait faire pour réconforter un monstre. Elle prit Redose dans se bras avec tendresse et compassion, l'arme fatale d'Esmeralda Omniak. Ça va aller... Déclare la jeune femme dans un chuchotement, la leçon de moral pouvait bien attendre. Son frère avait besoin d'elle, d'elle et de son amour. La vie ici à Azkaban devait être particulièrement rude, et c'est vrai que dans ce climat de fête on en oublierait presque l'odeur putride de la peur et du désespoir qui hante ces lieux comme l'enfer hante l'esprit des Hommes. Tu peux me parler, tu sais. Le garçon gardait cependant le silence, et les bras ballants. Il ne repoussait pas sa sœur, c'était une chose, pour autant il ne faisait pas non plus de pas vers elle. Redose gardait le silence, et Esmeralda comprenait. Elle ne voulait pas lâcher son frère, pas maintenant, mais elle le devait bien. Après tout, la Ruche a commencé à rendre les catalyseurs, et Redose tenait particulièrement à son catalyseur. Ils arrivaient à communiquer, et il lui avait donné une véritable identité.

Esmeralda finit finalement par lâcher son frère. Il n'était clairement plus le même garçon émotif, impulsif, et cachant une sensibilité derrière une montagne de violence et de brutalité. Je sais. Déclare l'homme, avant de dépasser sa sœur pour faire se mêler à la foule d'anciens détenus cherchant à récupérer leur catalyseur.

La jeune fille resta interdite un moment, un long moment. Elle ne se retournait pas. Bah alors, pourquoi t'es aussi peinée ? Lâche une voix grave dans une tape lourde sur l'épaule. Bellamy venait de la rejoindre et de la contourner pour lui parler. Lui avait l'air si léger, si "libre", la jeune femme se demandait pourquoi Redose ne pouvait pas être ainsi. Pourquoi il était toujours prisonnier de quelque prison qui se cache dans son esprit. Elle se demandait pourquoi lui ne pouvait pas profiter de ce moment de fête, pourquoi il ne pourrait être libre, pourquoi il ne pourrait être heureux enfin. Bien sûr, ils ne sont pas tirés d'affaires, mais la Ruche est là. Une grande partie des gens que le garçon aimait, enfin, ses enfants ne sont pas là... Mais la Ruche avait ramené les cinq bateaux, tout ses membres, et semé les aurors. Et à Azkaban, les gardiens et les détenus ont finis par s'allier et se mêler.
Eden, Adonis, et Athéna étaient dans la nature, chacun à la merci de Rouge également dans la nature, mais ils avaient fait leur premier pas vers le sauvetage de ses enfants, et l'élimination de son ennemi. Pourquoi Redose ne se réjouit il pas. Déclare Esmeralda plus qu'elle ne le questionne. On a fait qu'un pas vers la victoire, mais c'est le premier pas depuis cinq ans. Déclare la jeune femme, demeurant interdite, plantée en piquet dans Azkaban.

Bellamy s'asseyait au sol, et tapotait à côté pour inviter sa fille, occasion qu'elle saisit, s'il suffisait de ça pour avoir la réponse à sa curiosité.C'est le premier pas pour vous seulement. Déclare le lycanthrope sur un ton sérieux. Esmeralda lui lança un regard interrogé et confus en réponse. L'espoir n'existe pas ici... Et quand il naît, les détraqueurs l'aspire. Toute la joie, tout l'espoir. Déclare l'homme, mais Esmeralda le savait déjà. Elle avait eu peur de se renseigner sur les pratiques d'Azkaban, elle ne pouvait rien faire pour son frère et ne désirait pas l'imaginer souffrir. Malheureusement, son imagination lui montrait le pire de ce dont elle était capable, et Esmeralda était bien suffisamment intelligent pour savoir que "le pire" que son imagination lui montrait, était probablement bien trop naïf par rapport à ce qui se passait vraiment de l'autre côté de la mer des hébrides.

La jeune femme avait continué à travailler, elle était bien forcée de le faire, autrement elle n'aurait rien fait d'autres que ruminer. Mais régulièrement, elle se rendait sur le quai menant à Azkaban, et regardait l'horizon. Mais une brume épaisse cachait toujours tout, même lorsqu'elle est venue voir la forteresse armée de lunettes.

Peut-être venait elle pour quelqu'un qui n'était même plus ici, ou qui était devenu fou, peut-être était-il devenu un monstre derrière ces pierres, si ce n'est pour s'adapter, au moins parce qu'il avait toujours été comme ça, au fond. Sans ses médicaments, Redose n'est pas le Redose que tout le monde connaissait il y'a cinq ans, et encore moins le Redose que tout le monde connaissait avant qu'il ne soit torturé par Georges. Peut-être bien que cet homme silencieux, c'est ce qu'il est, ce qu'il a toujours été, ce qu'il aurait montré au monde s'il n'avait pas avaler tout ces cachets.

Il y'a des choses que tu ne sais pas, Esmeralda. La rattrape la voix grave de Bellamy, dont le regard est peiné, mais qui sourit malgré tout, même maigrement. Mais il ne m'appartient pas de te révéler les secrets d'un autre. Déclare l'homme avec bienveillance, ceci dit, cette bienveillance dont il faisait preuve, Esmeralda n'était pas sûr qu'elle était entièrement pour elle, ni même ne serait-ce qu'un peu pour elle. Et pourquoi... Murmure Esmeralda, avant de s'emporter. Pourquoi exactement devrions-nous souffrir pour... Commence t-elle avant de bégayer. Et pour quoi après tout ?! S'exclame t-elle, assise à côté de son père biologique, le nez dans ses genoux.

L'homme amena délicatement sa main à l'épaule d'Esmeralda, celle-ci semblait le laisser faire.
Bellamy caressait l'épaule, alors qu'il prenait véritablement un air sage et paternel, il n'avait jamais été ainsi lorsque la cadette était enfant. Elle avait du mal avec lui, mais ne l'avait jamais détesté, même s'il la terrifiait au plus haut point... Durant ses années de formation à la magifac'Arts, elle avait rencontré des gens qui lui faisait penser à son père, et la peur se transformait en pitié. Et la pitié remplaçant la peur, elle apprenait à le connaître chaque jour un peu plus, même lorsqu'il avait été envoyé à Azkaban. Elle apprenait à le connaître, et derrière cette masse de brouillard sombre et pathétique qu'était la grande partie de son histoire, elle apprenait ses bons côtés, ceux qu'ils avaient avant d'être la victime de son destin.

La jeune femme l'appréciait, mais il n'avait jamais été un père. Pourtant à ce moment précis, c'est bien le sentiment d'avoir la main de son père sur son épaule que la cadette ressent, alors même que cet homme ne la connaissait pas autant qu'Edouard. C'est la question qu'on se pose durant toute notre vie de détenu. Déclare Bellamy. Ça nous fait un point commun avec ceux qui sont dehors. Ajoute t-il avec un sourire. Il y a pensé, c'est certain. On est tous prisonnier de quelque chose ma grande. Poursuit l'homme. Chez certains c'est seulement... Plus évident que chez d'autres ? Se questionne t-il lors de son discours.

L'homme retira sa main et se leva, avant de craquer son dos dans des étirements particulièrement audacieux pour quelqu'un de son âge Je peux pas échapper à ça. Déclare Bellamy dans un léger rire, pointant du nez la restitution des baguettes. J'ai peur de la baguette qui va se manifester, celle de Bellamy, ou celle d'Edouard... Ajoute l'homme, se dirigeant vers les baguettes. Après tout qu'importe barfbarfbarf. Rit l'homme, s'éloignant, laissant Esmeralda seule, assise dans cette grande salle, alors que tout le monde fait la fête. La cadette demeurait pensive. Si tout le monde est un prisonnier, de quoi la jeune femme est-elle prisonnière ?

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PARTIE 5 : Naissance d'une armée






La situation entre Redose et Élisabeth l'aurait brisé il y'a encore quelques années, il aurait accepté l'aide d'Esmeralda et n'aurait eu aucun scrupule à révéler les secrets que lui et Bellamy semblent détenir, et qu'ils ne sont pas prêt à remettre à leur propre famille. Aujourd'hui, Redose se contente d'avancer, malgré la difficulté que tout ça représente. Toute cette responsabilité. Plus d'un millier de vies reposent sur ses épaules, l'espoir n'a pas été étouffé cette nuit car les détraqueurs sont restés dehors, grâce à lui. Et cet espoir, ces espoirs, tout l'espoir de l'îlot reposait sur ses épaules. Et pourtant, le garçon restait de marbre, il avançait sans sourciller à travers la foule, lançant un regard perçant et glaçant de l'autre côté de Jean, sa nièce, celle-ci faisait sortir les baguettes du sac et utilisait le sortilège de retour au propriétaire récemment inventé, qu'aucun détenu n'avait jamais vu.

Rebecca, loin derrière Jean, croisait le regard avec Redose. Elle grimaçait à sa vue, et à la façon dont il était resté indifférent à ses plaintes. Ce n'était qu'il y'a quelques minutes, quand Rebecca est arrivée en furie car Jean distribuait leur catalyseur aux détenus, au prétexte que ce n'était pas inclut dans les termes de leur accord. La directrice n'avait jamais accepté que les détenus soient armés, pas avant de quitter la terre en tout cas, pas avant que Rebecca ne soit certaine que Redose puisse vraiment leur permettre de quitter cette île sans passer par le seul chemin que les bateaux aient jamais pu emprunter, malgré leur taille imposante et leur résistance que même les bateaux les plus modernes, fait de métal, ne peut égaler.

Ceci dit, Redose n'avait rien à voir dans cette distribution, ni dans celle qui se déroulait non loin pour les vêtements. Il avait été avec Élisabeth, jusqu'à ce qu'elle le traîne puis qu'elle le relâche après avoir marqué sa joue.

L'homme maintenait son regard contre celui de Rebecca, et celle-ci finit par grimacer et partir.
Si l'homme avait su que la Ruche avait réussi à se procurer tout les catalyseurs des détenus d'Azkaban, il aurait lui-même donné l'ordre de les distribuer. En l'occurrence, il n'en savait rien, et pourtant c'est à lui que Rebecca demandait des comptes. Ce n'est pas un hasard à ses yeux. Elle le considère comme l'instigateur de toute cette situation, seulement Redose ne l'est pas, ou alors seulement en partie. C'est bien le culte de Veritas qui a entamé le plan grâce à leurs connaissances mystiques d'origine divine. Bien avant que Redose et Bellamy n'arrive à Azkaban, ils avaient déjà commencés à se préparer, en devenant plus fort, en n'abandonnant pas, même si tout y pousse, en tâtant le terrain pour connaître la prison de fond en comble. Et lorsque Redose et Bellamy sont enfin arrivés, c'est toujours le culte qui menait. C'est le culte qui a empêché Bellamy et Redose de se faire tués et mangés par des géants, des vampires et des harpies. Le culte qui leur a apprit qu'Élisabeth allait les libérer. C'est enfin le culte qui a donner leur mission à Bellamy et Bergelmir, et le culte qui a fait de Redose ce qu'il est aujourd'hui. Qui lui a fait enduré un douloureux rituel pour en faire l'arme ultime contre Rouge. Redose est considéré comme le chef, mais derrière lui se tient un culte entier de fidèles, et derrière eux se cache une déesse coincée dans son puit, qui sait bien ce qui peut se cacher derrière elle. Une chose est certaine pour Redose, il n'est désormais plus qu'une arme et un outil aux mains de forces qui le dépassent.

Alors que les catalyseurs volaient dans différentes directions pour arriver devant leur propriétaire, finalement ce fut au tour de Redose et de Crenguţa de se retrouver, et l'homme libéra la place pour aller chercher de quoi se vêtir sans même accorder un regard à sa baguette alors qu'ils ne se sont pas vu depuis des années, et qu'ils se sont séparés sur une défaite, sans s'échanger une émotion.

Arrivé devant la distribution de vêtementsOh, Redose ! Lance Rem alors qu'elle saute dans ses bras, Rem se souvient de la première fois où cette scène s'était produite, lorsque Redose rentrait après avoir torturé pendant des semaines. Mais là c'était autre chose, Redose n'avait plus l'air perdu, il n'avait plus l'air... "Vivant". On aurait dit un objet qui se meut par une autre force que sa force vitale. Sa belle-sœur le lâcha et s'éloigna d'un pas. Éli a préparé des vêtements spéciaux pour toi, ils sont toujours sur le bateau je crois. Lance Rem, toute sourire, avant de retourner à la distribution. Merci. Contenta de répondre Redose alors qu'il s'éloignait vers la sortie.

Il avait vu beaucoup de monde aujourd'hui, mais ne s'était attardé à la discussion avec personne, à part Rebecca, mais seulement car il n'en avait pas le choix. Qui sait bien ce que l'homme ferait s'il était libre désormais, il n'est plus la personne que la Ruche connaissait, c'est la troisième fois qu'il change radicalement de sa vie, le simple fait qu'il ait été reconnu est un miracle. Ses cheveux avaient repoussés sur son crâne suite à l'arrêt des traitements responsables puis pris une teinte blanchâtre due aux événements qu'il avait subi à Azkaban, Redose n'avait plus la même tête, il était parsemé d'hématomes, il avait une oreille en moins et de nouvelles cicatrices, la barbe rasée presque à blanc et un air si froid qu'il semblerait sorti d'un cercueil. Seule sa plus proche famille pouvait le reconnaître, et elle pouvait se permettre de dire que ce n'est pas l'homme qu'elle a connu.

Alors que Redose approchait de la sortie, un cri retentissait au loin, de l'autre côté de la sortie, là d'où il venait, de Jean en définitive. L'homme se retourna et apercevait une sortes de poutre, ou de lance, non, c'était une sorte de massue. Un bâton de métal de la taille d'un arbre et du diamètre d'un homme, supportant une énorme boule de métal plus grande que la tête d'un géant et jonché de pointes. Il volait haut dans les airs et se dirigeait vers la sortie, non, vers Bergelmir a en juger la trajectoire. Cette masse d'armes voltigeait dans sa direction en tournoyant, mais elle approchait du sol et quelqu'un était pétrifié au lieu de fuir. Redose se jeta dans sa direction et l'entraîna dans une chute leur évitant de justesse d'être percuté par la pointe du manche de la masse. Bergelmir la rattrapait, et même lui avait du mal, il fut plaquer contre le mur par le poids de la masse qu'il finit finalement à soulever et admirer.

Redose pendant ce temps aidait à se relever la femme qu'il avait entraîné dans sa chute, celle-ci était collé à lui et paralysée par la peur. Après une dizaine de secondes finalement elle réussissait à respirer, Redose ne la lâcha pas avant qu'elle ne le lâche. Ses jambes flageolaient, mais elle pouvait finalement marcher et s'éloigner.

Redose changea de direction pour s'approcher de Bergelmir, les bras croisés, celui-ci semblait extrêmement heureux pour une raison qui échappait à Redose. Redose, regarde. Lui lance t-il. C'est Aefre, tu te souviens ? Bergelmir avait parlé plusieurs fois à Redose de sa famille, et de l'héritage qu'il a obtenu. Le géant est né sur Azkaban, comme son père avant lui, mais ce n'était pas le cas de son grand-père. Lui était né sur une île non loin d'Azkaban, il était le Gurg de sa colonie de géants, une colonie vivant de la pêche et de l'agriculture. Le Royaume-Uni s'était mit en terre de récupérer le territoire qu'il avait perdu au profit d'autres créatures intelligentes, les géants ne sont pas créatures à se soumettre, une partie a été décimée, celle qui n'a pas eu cette chance a finie à Azkaban. À Azkaban, une large partie a été décimée au cours du temps, la nourriture était maigre, et les cellules petites, certains géants avaient tellement la vie dans la peau qu'ils n'hésitaient pas à se blesser, à s'estropier, ou à se contorsionner pour entrer dans leur cellule. Les autres en revanche... Ils sont morts. Et les enfants naissaient, dont Bergelmir, l'enfant du Gurg des géants d'Azkaban, les derniers vestiges d'une colonie qui autrefois comptait deux-cents géants, et qui n'en compte aujourd'hui plus que vingt-trois.

Aefre est l'arme de la famille de Bergelmir. Une arme forgée par le feu du géant Golgrotak, la magie du géant Brian, et le métal du nain Derek. C'est elle ! Dit le géant, sans chuchoter, faisant ainsi souffrir les oreilles des personnes les plus proches de lui. Tu sais t'en servir ? Lui demande Redose, Bergelmir se focalisa sur le bout de la masse d'arme et celle-ci se transform en une pointe de lance informe. Avec de l'entraînement. Répond le géant, continuant à essayer de plier l'arme à sa volonté. La métamorphose était une des particularités magique des géants, mais peu de géants y ont un réel accès complet et maîtrisé, et ce n'est qu'après de longues années consacrées à l'étude de ce savoir. La patience n'étant pas une vertu des géants, certains géants pourvus de ce don, ou ayant pris le temps de l'étudier, forgèrent des armes pour la postérité. Pour que d'autres géants puissent accéder à leur héritage sans le payer de leur temps. Aefre est l'une de ses armes.

Après cette démonstration, Redose craignait presque que Bergelmir finisse par decider de faire route seule avec ses géants, ce qui serait un problème puisqu'il est l'individu le plus puissant de toute cette "armée". Il pourrait probablement en balayer la moitié voire les trois quarts à lui seul. Juste avant de sortir, Redose jette un œil sur le géant. Je dois trouver un moyen certain de le maîtriser. Se dit l'homme avant de quitter la forteresse.

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PARTIE 6 : Les murmures de l'aube






Lorsque Redose sortit, aucune trace d'Éli, certaines personnes profitaient de l'air frais de dehors. Un air qui ne sang pas le sang, mais le sel, un air sauvage que rien n'arrête, tout le contraire de tout ce que pour quoi Azkaban est debout. Azkaban est un îlot de captivité, une petite cage entourée par un vent déchaîné, une mer déchaînée, une nature déchaînée et chaotique, imprévisible même pour des membres du culte. En définitive, Azkaban est une anomalie. La forteresse représente l'antonyme de cette nature sauvage, fière représentante de la liberté. C'est dans cette nature que le groupe va naviguer. Dire que ce monde sauvage est enfin à leur portée après tant de temps en captivité. Redose et Bellamy avaient de la chance de n'avoir été enfermé que pendant cinq ans, d'autre ne sont enfermés que depuis le mois dernier, mais Bergelmir et la grande majorité des géants sont nés ici, tout comme une grande partie des elfes qui se retrouvent à Azkaban pour s'être retournés contre leur maître et ainsi avoir renié leur condition d'esclave, beaucoup d'enfants sont nés à Azkaban, beaucoup meurent et peu grandissent, moins encore grandissent et meurent ensuite. Sans n'avoir jamais rien connu d'autre que ces murs...

Ce sel, cette eau et ce vent, c'est les messagers de la liberté. Quand de l'eau fouette le visage d'un détenu, ça lui fait mal, mais c'est la seule douleur qu'il accepterait. La douleur de la nature. La douleur de la liberté.

Aucun ancien détenu n'est insensible à ça, pas même ceux qui sont les plus récents. Pourtant, Redose lui ignore ostensiblement la nature quand il est dehors. Alors même que certains ont peur de sortir de la forteresse, lui en sort et ignore la liberté dans laquelle il baigne. La mer n'est pas le seul danger, mais les groupes de détraqueurs aussi il les ignore, si bien qu'il passe même à travers l'un d'eux sans que rien ne se produise, comme si les détraqueurs s'étaient mit à l'ignorer de leur côté aussi. Élisabeth, une jambe pendant dans l'air, jonchée sur le mat d'un bateau, observait de loin le garçon se rendre dans la cabine d'un des bateaux. La jeune femme se demandait ce qui pouvait bien se passer dans sa tête, et développait une rancune contre lui. Elle s'était imaginer cent fois le retrouver, se sentir à l'abri quand il la prendrait dans ses bras, sentir ses douces lèvres chaudes et chaleureuses qu'elle pensait connaître si bien. Tout ça pour tomber sur une vermine qui est passé à autre chose pendant qu'il était en prison, pense la jeune femme, vu la manière dont il tenait cette inconnue dans ses bras quand Élisabeth était revenue pour s'excuser. Maintenant elle sait qu'il n'a pas tant changer, il faisait juste semblant d'être quelqu'un qui n'était pas durant toute la durée de leur mariage. Quand ils étaient adolescents, Redose était un coureur de jupons, c'est pas bien nouveau.

À le regarder de son mat, elle lui trouvait un air particulièrement sot. Le garçon avait l'air perdu, alors même qu'il n'y avait peut-être pas plus déterminé que lui dans toute la prison, sauf peut-être Debora qui est déterminée à anéantir Rouge : La membre du culte hésite encore entre le déchirer à mains nues, ou l'écraser à mains nues. Aussi, lui seul semblait connaître la suite des événements... Quoiqu'il n'a jamais prétendu que c'est le cas. Seulement que c'était un secret. Quand Élisabeth se dit qu'elle a risqué la vie de tout les membres de la Ruche, qu'elle les a -au moins indirectement- poussé à quitter leur vie et leur foyer pour Redose.
Redose qu'elle aime, mais Redose qui n'est pas non plus le fiable de tout les sorciers. Il n'est pas soudainement apparu dans la salle de torture, Rouge n'est pas issu de l'immaculée conception.
À bien y penser, peut-être bien que Redose est le problème que tout le monde a toujours vu en lui, tout le monde sauf Élisabeth. Et encore maintenant, maintenant que tout joue contre lui, une partie d'elle le croit, et c'est sans doute cette partie d'elle qu'elle maudit.

Redose n'a pas quitté la cabine de la nuit de son côté, le départ se ferait aux environs de l'aube, l'homme en a profité pour passer une excellente nuit dans la cabine, sur un canapé qui, étonnamment ou non, est bien plus confortable que le sol.

Certains n'avaient pas dormis, et tout le monde avait hâte de finalement quitter cette île. L'île de l'espoir au vu des expressions parcourant le visage des anciens détenus. Avant même que le soleil ne se lève, presque tout le monde avait embarqué, il ne restait plus qu'une personne, la plus importante, bien que très peu le savent. Bergelmir.
Le géant avait peur de traverser la porte de la forteresse, de fouler ce sol qui l'appelle, de sentir la mer qui l'appelle, et de goûter à son sel. Comme beaucoup, il n'avait jamais connu la nature libre et sauvage, tout était si terne et ennuyeux à Azkaban, et voilà qu'il découvre pas à pas le monde.
Le géant avançait assez lentement, et tout le monde s'impatientait grandement, mais il restait de marbre. Il ne cédait pas et continuait à avancer lentement, malgré la pression qui pourtant aurait pu l'énerver s'il avait été n'importe quel autre géant, ou qui aurait pu le ralentir s'il avait été un lâche. Mais Bergelmir n'est ni n'importe quel géant, ni un lâche, c'est un érudit, et Redose se porte à ses côtés pour ses premiers pas dans le monde sauvage. Redose ainsi que plusieurs autres géants restent à ses côtés, certains l'encouragent dans la langue de son peuple, et finalement, Bergelmir avait un pied sur la roche sauvage. Rien à voir avec l'une de ces grosses briques de pierre coupées et taillées, non, c'était de la roche. De la véritable roche. Elle n'était pas parfaite, pas symétrique, ni très belle, ni traitée.
Le géant confia sa masse à un autre géant, et se mit à quatre pattes, les mains sur le sol, avant de chuchoter quelque chose dans la langue des géants et de se relever. Et alors que tout le monde pensait qu'il irait au bateau pour qu'enfin tous partent, le géant ancre ses deux pieds dans la mer déchaîné et en retira de l'eau dans sa paume.

Les yeux fermés, le géant plonge ses mains jusqu'au fond marin, et parle dans sa langue comme s'il avait perdu la tête.

Beaucoup restaient interdits devant le spectacle, mieux vaut ne pas trop provoquer un géant, surtout s'il agit aussi bizarrement. Redose regardait à peine ce qu'il se passait, il avait eu le temps de retourner sur son bateau, celui sous les ordres de Bellamy, et il se contentait de regarder un peu partout. D'alterner entre la mer, le ciel, et Bergelmir. Par curiosité, Bellamy, que dit-il ? Demande Redose à son père. Je suis désolé d'avoir mit si longtemps... Commente Bellamy à mesure que Bergelmir parle. Je suis enfin là et je suis près à partir, père. Poursuit Bellamy. Père, mon père, je t'en prie... Mène nous... Poursuit Bellamy, véritablement fasciné et bouche béante. Le géant finit par sourire et dire une dernière phrase que Bellamy traduisit par un simple. Merci, père. Lorsque Bergelmir monta sur le bateau, un net changement se fit ressentir à travers la flotte. Les vents étaient plus doux, la mer moins agitée, et Bergelmir reprit sa masse et la leva au dessus de sa tête, criant sans prévenir et blessant les oreilles de tout le monde.

Soudainement, les vents reprennent, mais ils ne sont plus opposés, la mer semble déchaînée, mais il n'y a qu'un courant puissant. Qu'importe ce qu'avait fait Bergelmir, la mer et le ciel guidaient la flotte à l'opposé du continent, en direction du Canada ou qu'importe se trouvait dans cette direction, ce n'était pas le "seul chemin", ce n'était pas le Royaume-Uni. Une vague de confusion se faisait sentir. Rebecca n'en croyait pas ses yeux, Élisabeth était tout simplement ébahie et fascinée, curieuse à un point qu'elle ne croyait pas possible. Esmeralda repensait pour sa part au fait qu'il s'agissait peut-être d'un secret qu'il n'appartient pas à Redose de révéler.

La flotte était enfin partie, Azkaban était derrière. Mais les sorciers et tout ceux qui le pouvaient se sont permis de bombarder la forteresse de sortilèges de destruction avant que ce ne soit plus possible et qu'ils soient trop loin. Redose ne prit même pas la peine de leur demander de s'économiser et se contenta de les laisser faire, mieux ne vaut pas frustrer plus de mille personnes, et encore moins de les énerver ou les contredire, en particulier quand on semble seul. Et qu'on est profondément, et indubitablement seul, et que c'est entièrement de sa faute.

La forteresse ne mit pas bien longtemps à céder, et s'écrouler sur elle-même dans un fracas gigantesque et un nuage de poussières important. Au revoir, Azkaban.

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