PNJ La Roumanie n’y est pour rien Recueil d'OS

Ce recueil retrace le voyage d'Alice et de Christopher, ainsi que ses neveux, en Roumanie avec l'agence de voyage TerrorTours.
Chaque texte a été écrit à quatre mains : celles de Christopher Hangoover et Derek Hangoover, et celles d’Alice Sangblanc.

Jour 1 Dimanche 6 août
Arrivée à Bucarest

Jour 2 Lundi 7 août
Visite du Bucarest moldu et des catacombes le matin, visite du ministère de la magie Roumain et de la bibliothèque des Carpates l'après-midi.
PNJ actif présent : Clinton Hangoover (neveu de Christopher).
Dernière modification par Alice Sangblanc le 16 août 2026, 10:18, modifié 3 fois.

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

PNJ La Roumanie n’y est pour rien Recueil d'OS
Jour 1
Dimanche 6 août 2051
AUBERGE DE LA GRIFFE DU STRIGOI


« Comment cela, une seule chambre ? »

Alice jeta un regard interdit à Christopher, dont le visage était figé dans un masque d’horreur. Elle n’apporta aucune attention à l’air idiot que sa bouche entrouverte et ses sourcils froncés devaient lui donner. Ne comptait que la réalisation, l’infâme réalité qui venait d’exploser entre eux : Donovan avait pris deux chambres, une pour deux enfants et une autre pour un couple.
Un couple, Circée. Ou Morgane, comme dirait Christopher.

« Non, rétorqua Alice dans un rire nerveux. Non, nous avons besoin d’une chambre pour chacun.
Hors de question que je vous supporte même la nuit, » surenchérit Christopher.

Alice lui jeta un regard mauvais, juste pour la forme. Une vaine tentative de garder un tant soit peu de contrôle sur une situation qui leur échappait.
Car, oui, elle leur échappait tout à fait : il n’était plus possible de demander une nouvelle chambre, toutes étant occupées.

La mort à l’âme, Hangoover et Sangblanc avalèrent les marches qui les séparaient du premier étage, là où ils trouveraient leurs deux chambres. Christopher ne se faisait pas d’illusion. Il savait déjà ce qu’il trouverait dans la chambre et c’est pourquoi il montait lourdement les marches, le visage sombre et l’esprit déjà tout occupé à trouver une solution, car il ne dormira pas dans le même lit que celle dont il portera un jour le nom. Dans le cœur d’Alice, cependant, demeurait un dernier espoir. Peut-être s’agissait-il d’une plaisanterie dépourvue d’humour de la part de Donovan. Peut-être que cette chambre comportait deux espaces ? Peut-être…

L’ouverture de la porte envoya paître tous les vains espoirs : il n’y avait qu’un lit double. Appuyé contre le chambranle de la porte, affligé par le spectacle qui se présentait à eux, Christopher poussa un grognement de dépit et bouscula légèrement Alice pour entrer dans la chambre après avoir autorisé Clinton et Derek à aller découvrir la leur dans laquelle ils eurent la chance de trouver deux lits simples.
Arrachée à sa contemplation morbide par Christopher, Alice se mit en mouvement dans la chambre. Non : leur chambre.

« Il est parfaitement hors de question que vous partagiez mon lit, commença Alice.
Comme si j’en avais envie ! siffla Christopher.
Donc ! Vous allez vous arranger comme vous le pouvez pour vous trouver une autre cham…
Pardon ? glapit-il. Ce n’est pas à moi d’aller ailleurs !
C’est bien ce que vous allez finir par faire, non ? Courir de chambre en chambre ! »

Christopher lâcha une inspiration offusquée.

Trop occupés par leur dispute, Alice et Christopher ne firent pas attention à l’arrivée de Clinton sur le pas de la porte. L’enfant patientait sagement, son regard passant de l’un à l’autre, guettant une occasion de s’exprimer. Le silence outré de son oncle lui laissa le temps de s’avancer, la mine hésitante ; il savait que s’il ne prenait pas la parole maintenant, il n’aurait pas le temps de le faire plus tard.

« Peut-être pourrait-on… Échanger de chambre ? proposa-t-il poliment. Ça ne me dérange pas de dormir avec mon frère. Au contraire, même. »

Sur son visage se devinait un espoir qu’il pensait avoir réussi à camoufler : dormir avec Derek était un bonheur auquel il avait rarement droit.


Assise sur le bord du lit qui aurait dû revenir à Clinton ou bien Derek, Alice couvrait Christopher d’un regard qui ne cacherait rien du mépris soudain qu’elle avait pour lui.
Un sifflement agacé franchit la barrière de ses lèvres pâles alors que sa tête remuait de droite à gauche. Quitte à lui en vouloir, autant que ce soit visuel.

« Vous êtes irrécupérable. »

La tête d’Alice se détachant parfaitement dans le miroir devant lequel Christopher vérifiait sa mise, il ne manqua rien de son mécontentement. Il leva les yeux au ciel, agacé par son petit jeu.

« Nous sommes à deux pas de Bucarest, lui lança-t-il de la salle de bains, si vous avez envie de dépérir d’ennui ici, ce n’est pas mon problème. »

Il avait sorti de sa valise une chemise noire ajustée ainsi qu’un pantalon à pince qui ne faisaient aucun mystère sur son programme de la soirée : il comptait bel et bien sortir et s’amuser, personne ne l’en empêcherait, surtout pas Alice Sangblanc.

« Mais vous êtes invitée à venir, lâcha-t-il néanmoins en se retournant pour faire face à la jeune femme. J’ai entendu parler d’une boîte de nuit à l’ambiance incroyable. »

Il mima quelques pas de danse devant elle, un sourire narquois aux lèvres. Pas de danses qui n’éveillèrent en Alice aucun intérêt. Aucun sourire n’illumina son visage rongé par la déception.

« Je ne laisserai pas Clinton et Derek seuls dans une auberge où courent des rumeurs d’enlèvement, rétorqua t-elle en se levant. Ces enfants sont sous ma responsabilité. J’osais croire que vous attendriez une nuit avant de partir vous encanailler dans la capitale. Mais soit. »

Alice s’approcha de Christopher, ses bras croisés sous sa poitrine. Elle ne s’était pas encore changée pour enfiler sa chemise de nuit. Elle ne le ferait sans doute pas tant que Christopher était éveillé. Il lui fallait rester sur ses gardes, au cas où, juste au cas où.

Christopher leva une énième fois les yeux au ciel.

« Il va rien leur arriver, soupira-t-il en haussant les épaules. Clinton a treize ans et il est tout à fait capable de surveiller son frère. On peut les laisser seuls. »

Alice s’arrêta devant Christopher pour lui offrir la vue de son regard dépité : elle n’était pas d’accord.
Ses doigts blancs volèrent jusqu’au col de la chemise masculine pour l’arranger à sa convenance.

« Vous pouvez les laisser seuls. Pas moi, parce que je suis dotée d’une petite chose qui vous fait défaut : la responsabilité. Vous devriez essayer de vous en dégoter une. Peut-être en trouverez-vous ce soir, pendu aux lèvres d’un pauvre inconnu. »

Alice ponctua sa réplique d’un sourire faussement aimable, là où ses doigts ne mentirent nullement sur leur agacement, tirant plus franchement sur le col pour que le tissu frappe nettement sur la nuque de Christopher. L’homme, qui jusqu’ici se laissait faire avec un sourcil narquois arqué sur le front, se délogea de la prise d’Alice d’une frappe sur les mains aux longs doigts blanchâtres. La française recula d’un pas en ramenant ses mains contre elle, les yeux arrondis par la surprise autant que par l’effroi.

« Vous êtes paranoïaque, rectifia-t-il en se retournant pour réarranger le col selon sa convenance. Et je n’ai aucune envie de vous ressembler. La seule chose que j’irai chercher, quand je serai pendu aux lèvres d’un beau roumain, ce sera… Enfin, je ne vais rien dire qui pourrait froisser votre pauvre sensibilité. »

Il lança à Alice un sourire rempli d’insolence avant d’attraper ses affaires et de se diriger vers la porte. Il n’avait aucun scrupule à la laisser surveiller les enfants, persuadé que ce n’était là qu’un caprice de sa part : Christopher était tout simplement incapable de comprendre que laisser des enfants seuls dans une auberge lors d’un voyage n’était pas la bonne façon d’agir.

« Je suis sûr qu’ils proposent des tisanes, en bas, lança-t-il comme un dernier affront en ouvrant la porte. Puisque vous avez décidé de vous priver de tout plaisir. »

Les lèvres pincées par un orgueil froissé, Alice se jeta sur le bord du lit de Christopher, arracha les draps pour récupérer son oreiller et le jeta dans la direction de l’homme.

« Allez au Diable ! »

L’oreiller rencontra la porte quand Christopher la claqua derrière lui pour s'enfuir dans le couloir, effaré par le projectile en approche.

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PNJ La Roumanie n’y est pour rien Recueil d'OS
Jour 2
Lundi 7 août 2051
AUBERGE DE LA GRIFFE DU STRIGOI


Ce serait mentir que de dire qu’Alice était une sorcière du matin. Rongée par les insomnies et les cauchemars, il était rare de la voir pimpante au saut du lit.
Ce matin néanmoins, Alice se comporta comme si elle avait vécu la plus reposante des nuits.

« Bună ziua, București* ! » salua Alice dans un roumain crasseux d’accent anglais alors que ses doigts tirèrent sur les rideaux pour que la lumière matinale s’engouffre dans la chambre.

Elle ouvrit grand la fenêtre et laissa la cohue de la rue grimper jusqu’à son visage rayonnant de vice. Dans son dos, Christopher roula dans le lit pour cacher son visage sous son oreiller, brutalement réveillé par l’insupportable voix d’Alice. La mauvaise fille qui assumait en être une ce matin s’éloigna de la fenêtre ouverte pour se presser jusqu’à lui.

« Mon pauvre ami, auriez-vous passé une mauvaise nuit ? À moins qu’elle ne soit trop courte ? »

Alice ne chercha nullement à moduler le son de sa voix. Elle voulait à tout prix parler trop fort, bien trop fort, que chaque mot s’aiguise pour percer les tempes frappées par l’alcool, ce qui marchait parfaitement bien. Christopher avait l’impression que sa voix était une lame qui s’enfonçait dans son crâne. Il avait beau appuyer le coussin sur sa tête, la douleur continuait de pulser comme un cœur abîmé dans ses tempes.

« J’aurai préféré un lit plus grand , » annonça-t-elle en s’éloignant vers leur salle d’eau.

Soucieuse d’être entendue malgré la distance et le robinet ouvert, Alice parla plus fort :

« Mais là est le plaisir des voyages, n’est-ce pas ? Nous nous accommodons des chambres vétustes pour mieux apprécier le pays visité ! »

Un gémissement s’échappa de la gorge de Christopher, pas suffisamment fort pour arrêter la logorrhée d’Alice, malheureusement. Pourquoi avait-il fallu qu’elle ouvre les rideaux et les fenêtres ? Le bruit de la rue et la lumière du jour qui lui cinglait les yeux lui étaient insupportables. À cause d’elle, il commençait à regretter la longue soirée de la veille et la țuică** qu’il avait bu à outrance en compagnie d’Ilinca. Ou alors c’était Sorina, son prénom ?

« Quoi qu’il m’aurait plu d’avoir un édredon pour soutenir ma nuque, poursuivit Alice sans la moindre pitié pour les gémissements de Christopher. Je suis transie par la douleur. Vous savez ? Ce genre de douleur qui nous immobilise une partie des cervicales ? C’est tout bonnement affreux.
Ce qui est affreux, c’est votre voix ! » grogna Christopher sous son oreiller.

Alice s’aspergea le visage d’une eau fraîche, si fraîche qu’elle en ferma les yeux d’inconfort. Une idée lui vint soudain.

« J’espère que vous n’avez pas trop dansé cette nuit, poursuivit Alice en regagnant la chambre. Ce matin, il nous faudra marcher. Je me félicite d’avoir fait montre de retenue hier soir, vous savez ? Il n’y a rien de plus pénible que de marcher des heures durant avec des muscles courbaturés. »

Alice s’approcha du bord de lit de Christopher, lamentable petite limace gémissante et odorante. Il n’était pas sans lui rappeler Thomas au matin, exsudant d’une odeur d’alcool qui soulevait le cœur de sa jeune sœur.
Dans un sourire, elle glissa sa main jusqu’à la poche de son pantalon pour en extirper sa baguette. Un petit moulinet de la main, et…

« Aguamenti. »

Une gerbe d’eau éclata du bout de la baguette d’Alice pour s’écouler sur Christopher en un jet froid. Il s’expulsa du lit avec un cri d’effroi et retomba sur le parquet dans un bruit sourd. La douleur qui explosa dans son crâne n’eut d’égal que la brûlure de l’eau glaciale sur sa peau fiévreuse d’une nuit passée à évacuer l’alcool de son sang.

« Mais qu’est-ce… Vous… J’ai… Aaaah… »

N’ayant pas la force d’articuler un mot de plus, Christopher tâtonna sur le lit jusqu’à trouver l’oreiller et le balança dans la direction présumée d’Alice avec le peu de force qui lui restait après sa courte nuit.

« Je vous déteste…, » gémit-il en appuyant son front sur le parquet.

Alice garda l’oreiller jeté contre elle, son autre main suivant le déplacement de Christopher pour continuer à l’asperger. Elle grimpa même sur le lit, ses genoux s’enfonçant dans le matelas, pour suivre l’homme qui rampait sur le sol pour s’éloigner d’elle.

« Vous m’adorez », corrigea t-elle dans un sourire mutin.

Finalement, Alice rompit son sortilège. Elle prit un grand plaisir à contempler sa petite limace détrempée et glapissante. Le seul regret de Christopher suite à la merveilleuse soirée passée loin de ses neveux et d’Alice était son état actuel, qui l’empêchait de répliquer comme il le désirait, c’est à dire en poursuivant sa cruelle fiancée avec le même sortilège qu’elle au bout de sa baguette magique. Sa seule vengeance fut de se redresser, tout dégoulinant, et de lever un pitoyable doigt d’honneur dans sa direction tout en la surveillant de ses yeux plissés.

« Vous le regretterez, » siffla-t-il avant de se cacher dans la salle de bains pour noyer son humiliation, sa frustration et sa douleur sous l’eau brûlante.

Le temps de la douche, il imagina toutes sortes de vengeances plus cruelles les unes que les autres, tant de scénarios qui feraient sortir Alice de ses gonds au sortir d’un réveil matinal.

De son côté, Alice quitta leur chambre pour aller réveiller Clinton et Derek. Qu’elle ne fut pas sa fierté sincère de voir que tous deux étaient déjà debouts et apprêtés, parés à affronter cette journée. Son regard était doux, comme à chaque fois qu’il se posait sur les petits Hangoover.

« Avez-vous bien dormi ? » demanda Alice en se penchant vers le plus jeune pour cueillir son visage dans le creux de sa main.

Heureux qu’on lui pose cette simple question qu’il n’était pas habitué à recevoir, Derek hocha timidement la tête, les yeux brillants de plaisir, sans lâcher le regard d'Alice.

*Bonjour, Bucarest !
**Eau-de-vie de prune
Dernière modification par Christopher Hangoover le 16 août 2026, 10:18, modifié 1 fois.

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PNJ La Roumanie n’y est pour rien Recueil d'OS
Les discrètes cernes qui ornaient son visage n’étaient pas dues à une mauvaise nuit, mais bien à une heureuse soirée passée à inventer de fabuleuses histoires avec son frère avant de s’endormir.

« Très bien, Mademoiselle Alice, » formula-t-il maladroitement.

Habitué à passer sous silence ce qu’il pensait être des preuves de faiblesse, Derek n’évoqua pas les cauchemars qui avaient hanté sa nuit, nés des rumeurs attachées à l’auberge qui avaient été évoquées durant le repas d’arrivée. Clinton restera le seul témoin de ses peurs nocturnes, unique gardien de ses prochaines nuits agitées.

Alice connaissait suffisamment son précieux Derek pour savoir qu’un petit mensonge se cachait derrière cette réponse. Elle n’en dit rien, se contentant de sourire pour les deux enfants. Son pouce caressa la pommette du plus jeune, sous le regard tendre de Clinton qui aurait aimé être aussi jeune que son frère pour recevoir ces marques d'affection.

« La prochaine nuit sera encore meilleure que celle passée, affirma-t-elle dans une oeillade complice. Il faut parfois du temps pour apprécier toute la richesse d’un lieu. »

Elle jeta un regard par-dessus son épaule en relâchant Derek. Christopher ne prendrait pas trop de temps sous la douche, n’est-ce pas ?

« Allons petit-déjeuner, ajouta-t-elle en revenant aux enfants. Votre oncle saura nous retrouver. »

Il était hors de question de faire marcher ses protégés le ventre vide.

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BUCAREST MOLDU

Christopher étouffa un bâillement discret derrière sa main. Tout assommé par sa fatigue, il ne prêtait qu’une oreille aux explications de leurs guides à propos de l’architecture du Bucarest moldu. Il était plus intéressé par les boutiques dont les devantures attiraient parfois ses yeux, surtout lorsqu’il s’agissait de commerces qui vendaient des vêtements. Son estomac grondait régulièrement, conséquence directe du petit-déjeuner qu’il avait manqué à cause de sa douche trop longue — l’encas qu’Alice lui avait mis de côté dans sa grande mansuétude n’ayant pas suffi à combler sa faim abyssale. Cette dernière se montrait d’ailleurs bien plus intéressée par l’histoire architecturale de la capitale roumaine que son fiancé. Ses yeux gris cachés derrière leurs verres teintés dévoraient ce qui leur était présenté. Alice avait toujours été rongée par le besoin viscéral de voyager, aussi s’était-elle fait la promesse de ne rien manquer de la Roumanie. Puisqu’il n’avait pas le luxe de pouvoir se montrer inintéressé par ce qu’on lui présentait, Derek, lui, suivait avec une attention angoissée les explications de leurs guides, autant effrayé par le vampire Virgil que par l’éventualité qu’on le questionne à la fin de la visite sur ce qu’il avait retenu ou non. Accroché tantôt à la main d’Alice tantôt à celle de son frère (il avait bien essayé celle de Christopher mais celui-ci s’était dérobé bien rapidement), il marchait sans se plaindre ni de la douleur dans ses pieds ni du profond ennui qui grignotait sa concentration. Le seul intérêt que représentait pour lui cette visite était le monde moldu dans lequel il n’avait que peu l’occasion d’aller lorsqu’il se trouvait en Angleterre. Avec Clinton, ils commentaient chaque boutique étrange qu’ils voyaient et se permettaient même une ou deux remarques sur le comportement des moldus lorsque personne ne pouvait les entendre.

Alice, pour qui le monde Moldu n’était pas étranger, prenait plaisir à enrichir la culture de Derek et Clinton. Elle leur expliquait le fonctionnement de tel ou tel objet avec autant de précision qu’elle le pouvait, vaguement aidée de Christopher qui y allait de son petit commentaire quand cela l’intéressait, plus heureux d’apprendre à ses neveux des connaissances que condamnera son frère que de réellement les enrichir.

Le groupe de touristes finit par s’arrêter pour faire une pause au cœur de Bucarest, permettant à chacun de profiter de ce temps selon son désir.
Et le désir d’Alice l’attira inexorablement vers la terrasse d’un artisan glacier, ce dont Christopher se moqua allègrement, même si lui-même ne refusa pas la pause gourmande. Le merveilleux hasard voulut qu’un parc à jeux se trouve non loin de la boutique aux milles délices sucrés.
Cette vue gonfla le cœur de la jeune professeure qui, aussitôt, se tourna vers ses élèves.

« Vous voyez, juste ici ? » Alice déploya ses doigts blancs vers le parc à jeux. « C’est un endroit très apprécié par les jeunes Sans-Pouvoir… les jeunes Moldus, si vous préférez cette formulation. Ils s’y rejoignent pour profiter des constructions mises à leur disposition pour s’amuser ensemble. »

Derek et Clinton échangèrent un regard. Le premier avala sa lèvre et se retint de faire tout commentaire, attiré malgré lui par le son des rires des enfants qui s’amusaient déjà dans le drôle d’endroit coloré. Clinton, lui, s’autorisa à laisser entrevoir sur son jeune visage son hésitation.

« Je ne crois pas que ce soit un endroit pour nous, Mademoiselle, murmura-t-il en jetant un coup d’œil au parc.
Alors d’accord, ça ressemble à rien vu d’ici, intervient Christopher d’une voix traînante, mais c’est qu’un parc. Allez jouer. »

Clinton braqua son regard sur lui. Son oncle avait-il donc oublié que le verbe jouer n’était pas répandu dans le langage Hangoover ? Frustré par l’incompréhension du frère de son père, l’enfant ramena ses yeux sur Alice dans l’espoir qu’elle comprenne qu’ils ne pouvaient pas se permettre de jouer comme les autres enfants de leurs âges. Que diraient leurs parents s’ils apprenaient qu’ils s’étaient roulés dans la poussière en compagnie d’enfants moldus ?
Alice laissa son regard traîner un long moment sur Christopher. Il n’avait pas la bonne manière de présenter les choses, mais elle ne le condamnerait pas pour cela. Il essayait.
Alice osa se pencher sur les enfants, ses vilaines mèches blanches dégoulinant le long de sa mâchoire. Son regard bondit d’un enfant à un autre.

« Aucun endroit n’est pas pour vous, assura Alice. Si vous désirez aller quelque part, pour faire quoi que ce soit, personne n’est en mesure de vous en empêcher. Si vous voulez courir dans les champs, courrez. Si vous voulez vous baigner dans une rivière, baignez vous. Si vous voulez rire aux éclats, riez. Et si vous voulez aller faire du toboggan, faire du tourniquet ou de la balançoire, personne ici ne vous en empêchera. » Alice leur offrit la vue d’un sourire tendre qui ne laissait place à aucune autre interprétation que celle d’un amour sincère. « Allez-vous laisser des absents vous dire ce que vous ne devez pas faire ? »

Un sourire heureux naquit sur les lèvres de Derek qui jeta un regard d’autant plus envieux en direction du parc à jeux. Il fit un pas dans sa direction avant de s’arrêter subitement. Sur le visage de Clinton se dessinait une tristesse qu’il cachait avec peine. Les mots d’Alice avaient remué de douloureuses pensées au fond de son crâne. Avait-il le droit de profiter de l’absence de ses parents ? Il craignait de connaître la réponse. Après tout, la réputation n’avait pas de frontière, elle.

Loin de se douter des questions existentielles qui traversaient l’esprit de son frère, Derek prit la parole timidement.

« Vous ne le direz pas à nos parents ? » demande-t-il.

Son innocence tira à son frère un léger sourire amusé, rapidement remplacé par une grimace effarée et un regard d’excuse destiné à Alice. Évidemment, y eut aussi le coup d’œil craintif vers Christopher qui écoutait la conversation, le plus susceptible ici de tout raconter à leur père. Clinton n’arrivait pas à statuer : leur oncle était-il de leur côté ou non ? Quoi qu’il en soit, il restait un Hangoover et le risque qu’il raconte leur mauvais comportement à leurs parents était bien trop élevé. Malgré tout, Clinton avait du mal à résister à son envie de profiter de quelques minutes de jeu, malgré le fait qu’il se pensait bien trop âgé pour cela. Juste dix minutes… Quel risque prenait-il à jouer seulement dix minutes ? Le cœur gonflé d’espoir, il questionna Alice du regard. Si elle promettait de ne rien dire et que leur oncle le faisait aussi, peut-être se laisserait-il tenter…

« On a pas que ça à faire de tout raconter à vos coincés du cul de parents, » intervint Christopher qui sortit de sa poche un paquet de cigarettes qu’il regarda avec envie.

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Alice lui jeta un regard offusqué avant que sa main ne vienne frapper le bras de l’homme. Il poussa un cri outré.

« Votre langage ! » sermonna t-elle, les sourcils froncés.

Néanmoins, Christopher avait raison.

« Vos parents ne sauront rien, finit-elle par dire, toute son attention revenant à ceux qui la méritait. Allez vous amuser. Je vous ferai signe lorsqu'il faudra revenir pour manger une bonne glace bien méritée.. »

L’hésitation qui perdurait sur le visage de Clinton fut balayée par l’engouement de Derek qui lui tirait le bras. Il se laissa donc tenter après avoir jeté un dernier regard vers les deux adultes. Loin de courir et de se jeter sur les différents jeux que proposait le parc, ils le découvrirent avec la timidité et la réserve d’enfants qui ont appris que jouer en public faisait partie de ce genre de choses que l’on ne faisait pas pour ne pas gâcher la réputation de sa famille.

Après avoir choisi une table, Alice tira sa chaise en gardant un œil sur les enfants. Elle s’installa de façon à pouvoir continuer sa surveillance de louve tout en reposant ses pattes acculées par la marche.
Sans perdre de vue les petits Hangoover, elle s’adressa à leur oncle :

« Avez-vous souffert d’une quelconque blessure à la main, durant votre débauche nocturne ? »

Christopher tourna un regard perplexe vers Alice tout en glissant une cigarette entre ses lèvres. Il l'alluma d’un briquet emprunté (pour ne pas dire volé) à un moldu plus tôt dans la journée en essayant, en vain, de comprendre la question. Si elle essayait de se moquer de lui, elle s'y prenait si mal que sa perplexité n'en était que plus profonde.

« Pas du tout, marmonna-t-il en étirant ses doigts bagués entre eux. Pourquoi ? Ils ont un truc bizarre ?
Je ne les ai pas trouvé très efficaces lorsque Derek cherchait à s’en saisir. »

Christopher s’immobilisa, la flamme du briquet à quelques centimètres de son objectif. C'était donc là où elle voulait en venir ? Son regard se fit las, tandis que son visage affichait une expression à mi-chemin entre l’agacement et l’offense. Il claqua même la langue pour exprimer son mécontentement. Il ressentait malgré lui le besoin de se justifier, alors même qu’il se trouvait dans son bon droit de refuser les petits doigts moites de son neveu dans les siens si tel était son désir. D'un geste bref, il termina d’allumer sa cigarette et recracha une fumée compacte vers le ciel.

« On fait pas ça, nous, » lâcha-t-il en ramenant ses yeux sur les enfants.

Derek était en train d’escalader une structure en bois représentant un bateau sous le regard soucieux mais amusé de Clinton qui n'avait de cesse de leur lancer des œillades à la dérobée.

« Il n’a jamais voulu me prendre la main en Angleterre et c'était très bien comme ça. »

Alice se retint à grande peine d’exposer à Christopher l’éclat d’une colère qu’il méritait. Au lieu de cela, elle sourit un peu en continuant à observer Clinton et Derek. Mais le sourire se fana à mesure que l’agacement reprit toute sa place.

« Vous avez deux neveux merveilleux qui pourraient finir par devenir comme vous, si tant est que quelqu’un leur montre qu’ils en ont le droit. Continuez à vous comporter en Hangoover, et vous en ferez deux Donovan. »

Comme si il fallait répondre à cela, Alice ajouta :

« Nous non plus, nous ne faisons pas cela. Mais répétez les mauvais comportements de nos familles respectives ne nous rendra pas ce qu’elles nous ont volé. »

D’une grimace, Christopher endigua l’émotion qui montait. Si quelqu'un était responsable du devenir de ces enfants, c'était bien leur père, leur mère, leurs grands-parents, mais pas lui ! Touché dans sa fierté, il ne trouva à répondre qu'une seule chose, qui lui échappa sans qu’il n’ait guère eu le temps d’y réfléchir :

« Donc vous pensez que ce serait bien qu'ils deviennent comme moi ? » crana-t-il.

Mais même lui n’était pas dupe par sa propre insolence. Cette fois-ci, il ne chercha pas à camoufler ce que lui faisaient ressentir les paroles d'Alice et il soupira sans s’en cacher, les sourcils froncés, avant de noyer ses émotions dans la fumée de sa cigarette. Était-ce ce qu’il était en train de faire en refusant une main tendue vers lui ? D’en faire des Donovan ? Il n’y avait jamais réfléchi. Ou plutôt, n'avait jamais voulu y réfléchir.

« Je suis pas habitué à tout ça, avoua-t-il finalement en observant Clinton au loin qui s'était enfin détourné d’eux pour rejoindre Derek au sommet du bateau. Pas aux enfants, je veux dire, mais à eux. Ce n'est pas une excuse. »

Christopher haussa les épaules et tourna la tête pour tenter de croiser le regard d'Alice à travers ses verres fumés.

« C'est la famille quoi. C'est… » Il hésita et finalement, se força à terminer sa phrase : « Pas évident. »

À cela, Alice ne su que répondre. La famille, oui. Tout ce qui y avait attrait n’avait rien d’évident. Ses yeux gris se baissèrent un peu. Alice aurait aimé trouver quelque chose à rétorquer. Elle devait bien cela aux enfants, aux siens, si précieux. Mais Alice n’aurait su ignorer les ressentiments de Christopher envers son propre sang. Elle le connaissait, désormais.

Son regard vint se nicher dans le sien, qui peinait à ne pas se détourner.

« Ils ne sont pas encore tout à fait des Hangoover. À nous de veiller à ce qu’ils ne le soient jamais. »

Un sourire complice naquit sur le visage d’Alice alors qu’elle planta un coude dans la table. Son menton dans la paume de sa main, elle se rapprocha de Christopher pour lui tendre une œillade complice.

« Et ce plan machiavélique commence ici même, à Bucarest. Gracieusement financé par votre maudite famille. Loués soient votre demeuré de frère et votre manipulatrice de mère. Ils payent, nous offrons à leurs héritiers une vie d’enfants normaux. »

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Un sourire au bord des lèvres, Christopher secoua la tête, amusé malgré lui par la formulation des phrases d’Alice. Il tira une taffe pour remplir son silence. Pas encore tout à fait des Hangoover ? Quand il regardait Derek et Clinton, il voyait déjà son frère. Quelque part, ce plan machiavélique ne le concernait pas. Il n’avait pas besoin de sa famille, pourquoi prendrait-il la peine de sauver ces gosses de l’influence de leurs parents ? Ce n’était pas un sujet auquel il lui était agréable de penser.

« Je ne sais pas si en faire des Sangblanc-Hangoover les aidera beaucoup. Trop d’insolence des deux côtés, » glissa-t-il à Alice avec un demi-sourire complice.

Il remarqua dans son dos l'arrivée d’une serveuse, avec les menus en main.

« Les enfants normaux vont bientôt venir réclamer leur glace, » remarqua Christopher en écrasant sa cigarette dans le cendrier.

Alice continua à observer Christopher durant de longues secondes, un sourire aux lèvres. Elle aurait aimé qu’il ne cherche pas à faire un trait d’humour, mais plutôt qu’il montre le même désir qu’elle : protéger les enfants de l’enfance qu’il avait eu. Chose qui n’arrivera sans doute jamais.
La jeune femme se tourna vers le parc. Elle leva une main pour faire signe aux enfants, ses doigts blancs s’agitant dans leur direction. Une glace ferait du bien à la petite équipe.

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Le soir venu

Alice se laissa retomber sur son lit dans un gémissement plaintif. Ces longues marches avaient rendu ses mollets durs comme de la pierre. Ses muscles étaient traversés par des pics de douleur pulsant comme un cœur amoureux. Elle n’avait pas même pris la peine de retirer ses petites bottines de cuir, convaincue que ses pieds s'arracheraient avec.

Sur le lit d’à côté, des gémissements semblables s’échappaient de Christopher, dont les jambes étaient plus lourdes que des éruptifs morts. Les quatre membres écartés sur le lit, il regardait le plafond avec un désespoir latent, le corps perclus de douleurs qu’il n’avait pas l’habitude de ressentir et assommé par une profonde fatigue.

« Plus jamais, » marmonna-t-il pour lui-même.

Il commençait à remettre en question sa décision de ressortir une nouvelle fois cette nuit dans le Bucarest moldu, persuadé de ne pas avoir la force de se traîner jusque là.

De l’autre côté de la paroi de leur chambre étaient perceptibles les bruits diffus d’une discussion animée : il semblerait que les enfants, eux, soient inépuisables.
Alice eut toutes les peines du monde à pencher la tête vers le mur, un sourire rôdant sur ses lèvres malgré la douleur de ses membres.

« Comment font-ils pour toujours déborder d’énergie ? » demanda t-elle sans attendre de réponse.

Dans des gémissements douloureux, Alice bascula sur le côté pour faire face à Christopher. Elle mit de longues secondes, hésitante, les lèvres s’ouvrant et se refermant, avant de demander d’une traite :

« Est-ce que vous sortirez, ce soir ? »

Un râle de douleur s’échappa de la gorge de Christopher et après de longues secondes d’hésitation, parfaitement conscient d’en faire trop mais rassuré par le fait qu’Alice faisait la même chose de son côté, il roula sur le côté pour lui rendre son regard. A-t-il rêvé l’hésitation qu’il a entendu dans son ton ?

« Je voulais, avoua-t-il sans détour. Mais là… Peut-être qu’après une bonne douche…
Peut-être devriez-vous rester ici, ce soir, osa Alice avant d’ajouter avec plus d’assurance, demain nous marcherons toute la journée. »

Un rire gras s’échappa de la gorge de Christopher, le son déformé par sa position. Il darda Alice d’un regard brillant, une lueur moqueuse au fond de la pupille.

« Vous pouvez juste me demander de rester, vous savez ? »

Le visage d’Alice se ferma aussitôt. Ses lèvres pincées, ses sourcils froncés, elle dressa son menton. Dans cette position, cette moue n’avait pas le moindre impact, n’est-ce pas ? Le sourire moqueur de Christopher s’accentua.

« Ce n’est pas ce que j’ai dit, et vous le savez très bien.
Je sais très bien ce que vous avez dit, répliqua-t-il. Je ne vous savais pas si soucieuse de mon état physique.
Votre état physique m’indiffère. Mais puisque c’est moi qui vais devoir supporter vos glapissements de chiot endimanché demain, j’estime être en droit de vous… oh, et faites comme vous voulez ! »

Furieusement, Alice roula pour tourner le dos à Christopher, malgré la douleur, malgré ses cheveux sans nul doute décoiffés par son geste, malgré sa boucle de ceinture lui rentrant dans l’os saillant de sa hanche. Son regard courroucé se planta dans le mur d’en face, bien moins agaçant que le visage moqueur de son fiancé.

Fiancé qui se retourna sur le dos avec un rire de gorge qui résonna dans la chambre. Pendant un instant, il observa le plafond tout en laissant Alice mariner dans son orgueil blessé. Puis, avec un soupir d’effort, il se redressa pour attraper son coussin sous sa tête et s’appuya sur un coude pour mieux viser. Le projectile vola à travers la chambre et atterrit sur Alice.

« Dites-le ! braya-t-il en chantonnant, insouciant du fait d’être entendu dans le couloir. Dites-le que vous ne voulez pas rester seule. »

La main d’Alice s’abattit sur l’oreiller pour le tirer de son côté. Pendant quelques secondes, elle ne montra rien de l’agacement que Christopher et sa voix de petit garçon insolent élevait en elle.
Mais sa patience était limitée.
Alice se hissa sur son coude, sa prise de guerre coincée contre elle. Un profond soupir aux allures de grognements éclata. Alice jeta un regard mauvais à Christopher, par-dessus son épaule.

« Si je ne voulais pas rester seule, ce n’est pas votre compagnie que je chercherai. »

C’était un mensonge qu’Alice n’assuma pas bien longtemps.
Elle abandonna sa position pour revenir sur son flanc, conservant l’oreiller contre elle.

Christopher laissa retomber sa main sur le matelas, son grand sourire moqueur diminuant jusqu’à n’être plus qu’un sourire en coin légèrement las.

« Menteuse, » lui lança-t-il.

Un soupir coula sur ses lèvres. Était-ce si compliqué d’assumer ce que l’on voulait ? Quand on s’appelait Alice Sangblanc, oui.

« Dommage, reprit-il en étouffant un bruyant bâillement dans son coude. Je serais resté si vous en aviez exprimé le désir. Mais je vais peut-être sortir. Apparemment, la bière serait bonne pour les courbatures, vous saviez ? »

Alice ferma les yeux, agacée. Mais Christopher avait raison, et cela avait quelque chose de profondément vexant. Aussi ne fit-elle pas le moindre geste… jusqu’à ce que son corps roule sur le dos. Alice déglutit. Alice ouvrit la bouche. Alice ferma la bouche. Puis…

« Je n’ai pas envie de rester toute seule. »

Cela faisait mal de le dire. Vraiment mal. La tête blanche pivota dans la direction de Christopher, agacée.

« Heureux ? »

Il se redressa sur les coudes pour offrir à Alice un sourire moins moqueur que les précédents.

« Très. Ça ne vous a pas arraché la bouche, on dirait, c’est une bonne nouvelle : vous pouvez dire la vérité sans qu’un drame n’arrive ! »

Conscient que se moquer plus longtemps n’amènera rien de bon, Christopher se leva dans un long et exagéré gémissement de douleur pour aller se regarder dans le miroir.

« Je resterai. On mettra l’ambiance dans la salle ce soir, » s’amusa-t-il en arrangeant sa coiffure.

À présent qu’il ne pouvait plus voir ses expressions, Alice bascula sa tête en arrière pour apercevoir Christopher se pouponner comme il en avait l’habitude. Il serait de toutes manières resté avec elle ce soir. Alice aimait le penser avec sincérité. Aussi sentit elle ses lèvres s’étirer dans un sourire.

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