Couleur terre d'ombre
J’ai d’abord cherché sur le net une représentation visuelle qui me plairait. Cela m’a pris un temps fou, rien ne me convenait. Mon idée de départ est assez précise et je pense les lieux de manière très évolutive. Partir d’une vision figée risque de m’enfermer dans un décor trop initial. J’ai en tête ce qu'aurait pu être sa chaumière aux coquillages dans ses souvenirs d’enfant, le cocon pour les amoureux des premiers jours. Mais non, cela, les astres l’en empêcheront car c’est eux qui détiennent les lignes de l’avenir architectural ici comme ailleurs. Donc, avant la suite, et comme souvent lorsqu’il s’agit d’un SOLO important, au long cours, je fais une sorte de préambule, nous pourrions mieux dire en parlant de seuil. Le seuil de ce qui est à venir, le seuil d’une maison, rêve des gosses n'ayant jamais rien eu et qui se satisfont de peu, leur chez eux.
Ce qui suit est donc le prolongement d’un jeu de petite fille ; aménager sa maison, y amener meubles et extensions. Vie et un jour souvenirs. Ce sera, le temps qu’elle sera, son œuvre principale, là où tout se jouera, d’une manière ou d’une autre. Pour des raisons phonétiques, elle est terre d’ombre. C’est ennuyeux car comme le vert Véronèse la couleur est assez mal définie ; TERRE D'OMBRE. Amusez-vous à chercher l’exacte nuance que cela donne. Disons que selon les réponses, c’est plus que variable mais la tendance générale qui se dégage est plaisante.
Donc, parmi les nombreux écrits en préparation, qui vont se bousculer bientôt, il est un lieu, où les êtres pourront paisiblement exister.
Ce qui suit est donc le prolongement d’un jeu de petite fille ; aménager sa maison, y amener meubles et extensions. Vie et un jour souvenirs. Ce sera, le temps qu’elle sera, son œuvre principale, là où tout se jouera, d’une manière ou d’une autre. Pour des raisons phonétiques, elle est terre d’ombre. C’est ennuyeux car comme le vert Véronèse la couleur est assez mal définie ; TERRE D'OMBRE. Amusez-vous à chercher l’exacte nuance que cela donne. Disons que selon les réponses, c’est plus que variable mais la tendance générale qui se dégage est plaisante.
Donc, parmi les nombreux écrits en préparation, qui vont se bousculer bientôt, il est un lieu, où les êtres pourront paisiblement exister.
Laissez-vous porter par ce nouveau chapitre de la vie d’Ivanovna. Il se pourrait bien que ces murs deviennent la scène principale. Seuls les centaures sauraient le dire mais ils sont jumeaux des lynx en matière de discrétion. C’est bien ainsi.
1- L'annonce faite à Vana (16-08-51)
2- Visite accompagnée (datation à l'étude)
Dernière édition le 11-08-26, 18h53
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 19 août 2026, 19:26, modifié 2 fois.
Couleur terre d'ombre
1- L'annonce faite à Vana.
Mercredi 16 Août 2051,
tôt le matin
tôt le matin
Une manière comme une autre de se changer les idées. Cela faisait longtemps qu’elle y pensait secrètement mais jusque-là jamais Ivanovna n’avait concrétisé. Le besoin de changer d’air poussa la jeune sorcière à enfin se mettre sérieusement en quête d’un chez elle. Parfois, l’existence s’ingénie à vous mettre des sorts dans les chaussures, vous empêchant de marcher benoîtement dans la vie. Mais il arrive que le hasard soit de la partie. Tandis qu’elle patientait dans le hall de l’IMSM, certains professeurs se payant le luxe d’être en retard les jours d’examens… elle tomba sur une petite annonce.
- Accio petite annonce !
Elle l’avait lue et dans un premier temps juste parcourue…
« Petite maison potentiellement incartable, ouest de Rye... »
La mention rédigée comportait dans sa dernière phrase une chose qui l’avait rebutée en première lecture. « Nombreux travaux à prévoir ». Mais un détail lui avait tapé dans l’oeil : « ...trois niveaux de sous-sol aménagés... ». Cela lui rappelait immanquablement sa maison de Wick à première vue bien plus petite et surtout moins sûre à ses yeux. Évidemment Wick représentait la famille, l’héritage dont il ne faudrait jamais se séparer. Elle s'y tiendrait car ce serait pire qu’une trahison. Mais il fallait bien admettre que le climat du Sud de l’Angleterre était autrement plus agréable. Proximité de Londres, proximité de l’Institut… désir de ne pas vivre dans une cité purement sorcière. Elle avait en cela une caractéristique typique des plus anciennes familles des îles britanniques, sorcières comme moldues. Il faut vivre au coeur de la nature, posséder son chez soi rural, au sens anglais. Revenant sur ses pas, elle avait changé d’avis et décidé que peut-être… d’où sa volonté de ne pas se faire griller par quiconque. Attraper l’annonce du bout de sa baguette lui avait procuré un petit sentiment d’appropriation en douce d’un bien n’étant pas le sien. Sans être du vol, elle s’accaparait l’exclusivité de l’annonce, dans un geste discret, qu’elle n’avait pas informulé car, étonnamment, elle était encore seule dans le hall. Rien à cacher donc. Ou plutôt si mais personne pour la voir dérober cette annonce ouverte à tous.
- Accio petite annonce !
Elle l’avait lue et dans un premier temps juste parcourue…
« Petite maison potentiellement incartable, ouest de Rye... »
La mention rédigée comportait dans sa dernière phrase une chose qui l’avait rebutée en première lecture. « Nombreux travaux à prévoir ». Mais un détail lui avait tapé dans l’oeil : « ...trois niveaux de sous-sol aménagés... ». Cela lui rappelait immanquablement sa maison de Wick à première vue bien plus petite et surtout moins sûre à ses yeux. Évidemment Wick représentait la famille, l’héritage dont il ne faudrait jamais se séparer. Elle s'y tiendrait car ce serait pire qu’une trahison. Mais il fallait bien admettre que le climat du Sud de l’Angleterre était autrement plus agréable. Proximité de Londres, proximité de l’Institut… désir de ne pas vivre dans une cité purement sorcière. Elle avait en cela une caractéristique typique des plus anciennes familles des îles britanniques, sorcières comme moldues. Il faut vivre au coeur de la nature, posséder son chez soi rural, au sens anglais. Revenant sur ses pas, elle avait changé d’avis et décidé que peut-être… d’où sa volonté de ne pas se faire griller par quiconque. Attraper l’annonce du bout de sa baguette lui avait procuré un petit sentiment d’appropriation en douce d’un bien n’étant pas le sien. Sans être du vol, elle s’accaparait l’exclusivité de l’annonce, dans un geste discret, qu’elle n’avait pas informulé car, étonnamment, elle était encore seule dans le hall. Rien à cacher donc. Ou plutôt si mais personne pour la voir dérober cette annonce ouverte à tous.
ANNONCE IMMOBILIERE
(avec l'aimable autorisation des autorités de l'IMSM)
« Petite maison potentiellement incartable, ouest de Rye, style français breton, grande pièce de vie au rez de chaussée, cuisine aménagée sorciers ; une chambre à l’étage, placard extensible selon les normes magiques françaises (possibilité de redimensionner aux mesures anglaises), salle de bain équipée Baignoire-douche-double vasque rétractable en une ; toilettes aux deux étages, en extérieur au rez de chaussée.
Toit en ardoise, rénové en 2044.
Sur terrain* 4000 m² dont 3000 boisés, protégés par des sortilèges anti départ de feu. Sous-sol dégnomé régulièrement. Nombreuses possibilités d’extension. Voisinage moldu discret, inoffensif.
Ensemble sein, certifié normes de salubrité du ministère. Intérieur d’aspect défraîchi, nombreux travaux à prévoir »
*Conformément aux lois en vigueur, terrain inconnu du cadastre moldu, protégé par les articles connexes du Code international du secret magique et les accords entre les deux ministères.
Informations complémentaires, hibouter à la maison Cosyhousy, « cheminée de la tour Ouest du château, Canterbury, Kent », réponse garantie dans les 36 heures.
En attendant cet examinateur qui décidément n’était pas pressé d’arriver, elle sortit un petit parchemin sur lequel elle rédigea une demande d’informations complémentaires incluant le souhait de pouvoir visiter le bien au plus tôt. C’est dire si sa décision était prise, pour celle-là ou pour une autre.
Alors qu’elle roulait le parchemin, elle se leva pour consulter à nouveau les premiers résultats, une activité qui passerait le temps. De toutes façons, les surprises étaient rares, les étudiants sorciers peu nombreux, très motivés et le plus souvent talentueux. Autrement dit, redoubler relevait de causes extérieures. Elle pensa à Gordon, ayant toutes les raisons du monde d'échouer en ce moment mais elle le chassa de son esprit. Par une force qu’elle ne savait appliquer en dehors de l’Institut, elle pouvait mettre de côté ses émois quand il était question d’études. A ce moment précis, elle ignorait quand il avait appris la nouvelle. Ses pensées voguaient ailleurs, ce projet immobilier occupant d'un coup son esprit tout entier.
Un lynx a-t-il conscience du sablier ?
Te souviens-tu ?
Alors qu’elle roulait le parchemin, elle se leva pour consulter à nouveau les premiers résultats, une activité qui passerait le temps. De toutes façons, les surprises étaient rares, les étudiants sorciers peu nombreux, très motivés et le plus souvent talentueux. Autrement dit, redoubler relevait de causes extérieures. Elle pensa à Gordon, ayant toutes les raisons du monde d'échouer en ce moment mais elle le chassa de son esprit. Par une force qu’elle ne savait appliquer en dehors de l’Institut, elle pouvait mettre de côté ses émois quand il était question d’études. A ce moment précis, elle ignorait quand il avait appris la nouvelle. Ses pensées voguaient ailleurs, ce projet immobilier occupant d'un coup son esprit tout entier.
Un lynx a-t-il conscience du sablier ?
Te souviens-tu ?
Couleur terre d'ombre
Trigger warning : Nostalgie du passé, encombrée d’échos à nos proches partis tout là haut.
2- Visite accompagnée
2- Visite accompagnée
Dans la pénombre, tandis que Fleur termine sa gamelle du matin, Ivanovna ne voit pas celle qui, dans le secret de derrière le voile, regarde cette jeune sorcière s’apprêtant à écrire un nouveau chapitre de vie. Comme elle a grandi. C’est une sorcière, pleine et entière. Il faut des occasions bien précises pour que les images des disparus se matérialisent aux vivants. Or il n’est rien de tout cela aujourd'hui. Ivanovna a seulement rendez-vous avec la chaumière qui pourrait devenir sienne. C’est… comme un mariage, il s’agit d’un jour important. Enfin, si elle se décide. Mais sa mère, dans son habit gris au-delà sait qu’elle a déjà pris sa décision. On ne ment pas à ses parents alors si en plus il s’agit de la mère, c’est peine perdue. Surtout chez les Gunnray. Elle la voit, pour une fois débarrassée de ses angoisses et de ses douleurs nées de la solitude. Emily, même dans la mort, sait parfaitement quels sont les gouffres dans lesquels Ivanovna se perd. Elle n’a jamais été comme sa sœur capable d’encaisser les cloîtres. Ivanovna avait besoin d’une garde rapprochée assurant une présence, en permanence. Vana ne le sait pas mais ce qu’elle traverse depuis Kara constitue le nœud du problème. Vivre seule. Elle s’y est faite mais au prix de bien des tempêtes, sourdes, usantes. Cette maison lui occupe l’esprit. C’est déjà ça.
Elle la regarde s’éloigner, bientôt sortir de son appartement d’étudiante et elle ne peut s’empêcher d’avoir de la peine pour elle, autant qu’une disparu peut en avoir dans ce genre de moments. Les morts ne sont plus des personnes douées de pensées neuves. Ils ne sont qu’une expression ponctuelle de pensées nées d’hier. En tout cas aucune magie ne pourra rapprocher mère et fille. Et cela, Emily le sait, qui voit sa fille fermer la porte à la façon moldue. « Que les centaures prennent soin de toi Ivanovna, trouve le repos dans ce chez toi que tu t’apprêtes à découvrir ».
Une beauté, même dans la mort, demeure resplendissante. Est-elle, là où elle demeure désormais, détachée de son mari ? Est-ce une femme « séparée » qui est venue la soutenir sans que sa fille le sache ? Sommes-nous toujours entourés de nos aïeux sans que nous les percevions ? Voilà bien une raison de lire les propos de tant de gens sur les maisons hantées. Nos ancêtres les peuplent, générant des craquements de parquets et autres manifestations paranormales aux yeux des moldus. Nous dirons qu’ils n’ont pas accès à la même transcendance que nous autres sorciers. La foi aléatoire contre la science magique…
Si les fantômes sont doués d’émissions lacrymales, alors Emily laisse ses joues s‘humidifier. Et, comme personne jusqu’ici n’a prouvé la réalité de ces pleurs, s’ils sont seulement un mythe de plus, alors il ne coule rien de ces yeux à jamais vides désormais. La mère ne peut plus aider la fille, sauf à la regarder vivre et souffrir en son nom, prendre sur elle un dixième de ses difficultés. Paradoxalement, Emily assume de recueillir en avant première la joie à venir de sa fille. Voilà bien ce qu’elle est, une extension primitive d’Ivanovna. Mais il faut encore établir une… réalité juridique. L’objet de toutes les attentions ivanovniennes dans l’heure n’est-il pas déjà occupé par un envoyé du passé ? Car si Emily ambitionne de faire de cette maison de Rye son ultime demeure après la mort, encore faut-il s’assurer de ne prendre la place d’aucun occupant précédent. Il ne s'agirait pas transformer les lieux en champ de bataille, les élèves de Poudlard, du moins ceux d’une époque, sont bien placés pour savoir que la cohabitation entre formes grises est source de « problèmes entre voisins ». Voilà bien ce que tu es venue chercher petite ancêtre Gunnray, l’autorisation de demeurer ici pour l’éternité, dans la chaleur du sud de l’Angleterre, vers ton enfant préférée, la seule encore vivante, la seule ayant encore besoin de cet amour interrompu mais qui perdure en tant que tel. Car jamais mère ne perd son enfant dans la mort.
Ivanovna s’est envolée, le rendez-vous est dans moins de dix minutes. Mais, après renseignements, Emily sait désormais. La maison cise au coeur de Mallydams woods constituera un tombeau tout à fait « vivable »…
Elle la regarde s’éloigner, bientôt sortir de son appartement d’étudiante et elle ne peut s’empêcher d’avoir de la peine pour elle, autant qu’une disparu peut en avoir dans ce genre de moments. Les morts ne sont plus des personnes douées de pensées neuves. Ils ne sont qu’une expression ponctuelle de pensées nées d’hier. En tout cas aucune magie ne pourra rapprocher mère et fille. Et cela, Emily le sait, qui voit sa fille fermer la porte à la façon moldue. « Que les centaures prennent soin de toi Ivanovna, trouve le repos dans ce chez toi que tu t’apprêtes à découvrir ».
Une beauté, même dans la mort, demeure resplendissante. Est-elle, là où elle demeure désormais, détachée de son mari ? Est-ce une femme « séparée » qui est venue la soutenir sans que sa fille le sache ? Sommes-nous toujours entourés de nos aïeux sans que nous les percevions ? Voilà bien une raison de lire les propos de tant de gens sur les maisons hantées. Nos ancêtres les peuplent, générant des craquements de parquets et autres manifestations paranormales aux yeux des moldus. Nous dirons qu’ils n’ont pas accès à la même transcendance que nous autres sorciers. La foi aléatoire contre la science magique…
Si les fantômes sont doués d’émissions lacrymales, alors Emily laisse ses joues s‘humidifier. Et, comme personne jusqu’ici n’a prouvé la réalité de ces pleurs, s’ils sont seulement un mythe de plus, alors il ne coule rien de ces yeux à jamais vides désormais. La mère ne peut plus aider la fille, sauf à la regarder vivre et souffrir en son nom, prendre sur elle un dixième de ses difficultés. Paradoxalement, Emily assume de recueillir en avant première la joie à venir de sa fille. Voilà bien ce qu’elle est, une extension primitive d’Ivanovna. Mais il faut encore établir une… réalité juridique. L’objet de toutes les attentions ivanovniennes dans l’heure n’est-il pas déjà occupé par un envoyé du passé ? Car si Emily ambitionne de faire de cette maison de Rye son ultime demeure après la mort, encore faut-il s’assurer de ne prendre la place d’aucun occupant précédent. Il ne s'agirait pas transformer les lieux en champ de bataille, les élèves de Poudlard, du moins ceux d’une époque, sont bien placés pour savoir que la cohabitation entre formes grises est source de « problèmes entre voisins ». Voilà bien ce que tu es venue chercher petite ancêtre Gunnray, l’autorisation de demeurer ici pour l’éternité, dans la chaleur du sud de l’Angleterre, vers ton enfant préférée, la seule encore vivante, la seule ayant encore besoin de cet amour interrompu mais qui perdure en tant que tel. Car jamais mère ne perd son enfant dans la mort.
Ivanovna s’est envolée, le rendez-vous est dans moins de dix minutes. Mais, après renseignements, Emily sait désormais. La maison cise au coeur de Mallydams woods constituera un tombeau tout à fait « vivable »…
