Par delà les murs...

Jeudi 15 octobre 2048
@Ashley Houston


N'importe qui connaissant un tant soit peu le personnage aurait pu sentir l'excitation émaner de lui. On aurait presque pu penser qu'un festin se préparait et que lui, comme à l'accoutumée, se régalait à l'idée des montagnes de victuailles qui apparaîtrait sur les tables quand la directrice claquerait des doigts, mais il n'en était rien. N'importe qui connaissant un tant soit peu le personnage, aurait aussi pu sentir le doute suinter. On aurait presque pu croire qu'il revivait un rendez-vous galant lors de son adolescence, mais il n'en était rien et d'ailleurs, rien n'indiquait qu'il eut jamais eu de rendez-vous galant par le passé. Non, aujourd'hui, l'ectoplasme préparait un coup et ce n'était pas tous les jours que ça lui arrivait.

" Popopop, est ce vraiment une bonne idée ? "

Mais au fond de lui, il en mourrait d'envie depuis tellement longtemps. Lui, le gentil Moine Gras, toujours prompt à aider les autres, toujours là pour écouter les pleurs des uns et les doutes des autres, il voulait profiter un peu, juste pour lui. Il passa nerveusement la tête à travers le mur, pour vérifier que la pièce était toujours vide. Rien à signaler. Il entra tout entier dans la salle d'étude vide, en fit rapidement le tour et laissa échapper un petit rire avant de passer, à travers le mur, la tête dans le couloir cette fois-ci. Est ce que quelqu'un venait par ici ?

Par delà les murs...
15 Octobre 2048
Couloirs – Poudlard
2ème année


Seul le bruit de mes chaussures tapant contre la pierre m'accompagne dans ce couloir vide du château. Seule, mon carnet dans une main et ma sacoche sur l'épaule, j'avance à petit pas, lentement. Pour une fois je ne suis pas pressée. Je prends mon temps. À vrai dire, je ne sais pas vraiment où aller. La bibliothèque, c'est sympa, mais je n'ai pas vraiment envie d'y aller. Le cours de botanique s'est terminé il n'y a pas longtemps et le mieux qu'il me reste à faire est de retourner dans la salle commune pour réécrire mes notes proprement et redessiner les plantes en y ajoutant des légendes. À moins que je n'aille voir Natanaël ? Non, je ne sais absolument pas où il est. Courir dans tous les sens dans le château n'est pas une activité que je veux me risquer à faire. Ce serait une grande perte de temps, et surtout complètement inutile. À moins que ça ne me permette de trouver de drôles de tableaux que je pourrais reproduire dans mon carnet pour ensuite les montrer à Papa. Il a toujours aimé les oeuvres de Poudlard.

Je m'arrête, hésitant un instant quant à la direction à prendre, lorsqu'un mouvement attire mon attention. Une silhouette terne, grise et translucide vient de traverser mon champ de vision, ou plutôt le mur à quelques mètres de moi. Prudemment, je m'approche, posant silencieusement un pied devant l'autre. Je n'ai pas rêvé, voilà que la tête du Moine Gras refait surface. Ce fantôme que j'ai vu de nombreuses fois dans la salle commune et dans le château, mais auquel je n'ai jamais vraiment adressé la parole (bien que ce ne soit pas l'envie qui me manque) vient de regarder, à travers des pierres, le couloir, dans la direction opposée à la mienne. Ma curiosité piquée, je m'avance, rangeant au passage mon carnet dans ma sacoche. Je me positionne en face du mur et scrute les pierres vieilles de nombreuses années, ou plutôt je les scrute à travers le corps presque invisible du fantôme.

« Bonjour ? »

Je ne sais pas ce que j'attends de lui. Qu'il engage la conversation avec moi, peut-être. Qu'il me dise ce qu'il était en train de faire, sûrement. Je sais juste que je n'ai pas envie qu'il disparaisse derrière ce mur qui me parait soudain être une barrière entre lui et moi.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

Par delà les murs...
Alors qu'il commençait sérieusement à douter du bien fait de son plan, enfin non, il savait pertinemment que ce n'était pas bienfaisant. Enfin, ça lui ferait du bien à lui, mais pas forcément à qui que ce soit d'autre... Bref, alors qu'il commençait donc à douter, une voix retentit soudain à l'arrière de son crâne. Merlin, tout ceci était très confus, depuis quand entendait-il des voix ? C'était nouveau ça et surprenant après tous ces siècles sans changements.

" Qui donc... ? Ah ! Suis-je bête ! "

Il tourna la tête et adressa un grand sourire à la gamine qui se trouvait derrière lui. Pas de voix intérieur donc, juste une élève, tout allait bien. Cette histoire lui faisait un peu perdre la tête. Il sortit le haut de son corps dans le couloir et plaqua une de ses mains près de sa bouche avant de reprendre en chuchotant.

" Entre, j'aimerais te parler. "

De sa main libre, il faisait signe à la petite, une Poufsouffle en plus, c'était parfait, de s'approcher de lui. Il s'enfonça ensuite doucement dans le mur, attendant qu'elle le rejoigne, tout en lançant des regards inquiets autour de lui. Et si on le surprenait maintenant ? De retour dans la salle de classe, il hocha la tête de droite et de gauche, se dandinant doucement sur lui même enfin, il ne faisait rien de mal non plus. Réalisant soudain que la petite ne pouvait pas franchir les murs et donc le suivre comme il venait de le lui demander, il repassa son bras dans le couloir et pointa son index en direction de la porte de la salle qu'il savait ouverte.

Par delà les murs...
Ne voyant pas le Moine Gras réagir, je me dis un instant qu’il ne m’a sûrement pas entendue. Je reste immobile, hésitant à répéter mon bonjour, ou à tout simplement passer mon chemin. Après tout, des élèves, il en voit tous les jours. Un de plus ou de moins, ça ne change rien pour lui, surtout qu’il ne doit pas avoir la moindre idée de qui je suis. Mais je ne pense pas avoir un jour l’occasion de pouvoir lui parler d’aussi près, et surtout en étant seule avec lui. Dans la salle commune et la grande salle, il y a toujours du monde. J’ai eu de la chance aujourd’hui en le croisant dans un couloir vide, alors je ne veux pas la gâcher.

Finalement, c’est le fantôme lui-même qui fait un choix à ma place. Il se retourne et m’adresse un grand sourire, auquel je ne peux m’empêcher de répondre par l’étirement de mes lèvres – dans un sourire plus léger, certes, mais bien présent. C’est sûrement sa bonne humeur qui est contagieuse, mais je ne peux nier le fait qu’actuellement, je me sens d’excellente humeur, et alors il me parait évident que laisser filer le Moine Gras serait une terrible erreur. Maintenant qu’il m’a remarquée, autant engager la conversation jusqu’au bout. Mais avant que je ne puisse dire quoique ce soit, celui-ci me chuchote de le suivre. Je fronce les sourcils, confuse. Il veut me parler ? À moi ? Alors qu’il ne m’a jamais dit plus que « Bonjour » ? Étonnée, j’essaye de me trouver ce que j’aurais pu faire qui aurait attiré son attention, mais rien ne me vient. J’en apprendrai sûrement plus en le suivant.

Je me dirige vers le mur, avant de m’arrêter subitement. Je ne peux pas traverser la pierre. Je glousse face à ma stupidité, avant de reculer pour chercher une porte proche. J’en remarque une rapidement, et hésite à m’en approcher. Est-elle fermée à clé ? Donne-t-elle sur la pièce où se trouve le Moine Gras ? Heureusement, avant que je ne puisse me poser plus de questions, le bras de ce dernier réapparait et m’indique la porte vers laquelle j’allais me diriger. Elle est donc bien ouverte et permet d’entrer dans la bonne salle. Rapidement, pour ne pas le faire attendre plus longtemps, je franchis la porte et rejoins le fantôme dans ce qui s’avère être une salle de classe. Ne comprenant pas ce qu’il attend de moi, je me contente de regarder autour de moi, avant de chuchoter :

« Que faisons-nous là ? »

Toutes mes excuses pour ce terrible retard.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

Par delà les murs...
Voilà... il ne pouvait plus reculer. Enfin si, il pouvait toujours inventer un bobard quelconque pour la fillette et disparaître comme le font tous les fantômes -pour ce qui est de disparaître bien sûr, les bobards c'était un truc de vivants- mais, mentir, c'était mal et une vilaine pensée avouée c'était une vilaine pensée pardonnée ou presque... Et puis, tout cela était si excitant dans le fond, il ne s'était pas senti aussi vivant depuis longtemps.

" Bonjour, bonjour, bienvenue dans mon QG. Je... peux compter sur ta discrétion ? "

Bien sûr qu'il pouvait ! Quelle question ! C'était là une petite d'Helga tout de même.

" Alors voilà. Je voudrais faire une blague à quelqu'un, expliqua l'ectoplasme en gloussant et jetant des petits regards autour de lui. Mais, moi, je ne suis pas très fort en blague, ce n'est pas ma spécialité. J'ai un peu discuté avec Peeves sur le sujet mais, il a vraiment des idées répugnantes et, de toute façon, contrairement à lui, je ne peux pas attraper des choses. "

En vérité, maintenant qu'il y était, les conseils de l'esprit frappeur et ceux plus modérés de Mimi semblaient un peu... Le doute grandissait dans l'esprit de l'esprit.

" Est ce que vous trouvez amusant d'avoir peur ? Mimi et lui pense que oui et non à la fois. "

Parce qu'en y réflechissant, lui, n'aimait pas spécialement ça mais, il oubliait certaines choses en même temps. Le temps de ses déboirs mortels remontaient à loin. Si un jour on lui avait dit qu'il verrait le XIe siècle, il aurait bien ri à l'époque. Alors le XXIe, n'en parlons pas !

Par delà les murs...
Son « QG » ? Qu'il est étrange pour un fantôme de prendre pour quartier général une salle de classe vide... J'aurais tendance à dire qu'ils préfèrent des endroits plus sombres et reculés, comme les cachots par exemple. Ou les souterrains, ou un placard à balais qui aurait en réalité une porte cachée menant sur une pièce connue seulement des fantômes, ou encore une salle spécialement faite pour les fantômes, un peu comme la salle commune des Poufsouffle – mais où seuls les fantômes pourraient aller.

Quant à ma discrétion, il l'a tout entière. Je n'ai de toute façon personne – hormis Natanaël – à qui raconter ce léger épisode de ma vie. Et j'en ai encore moins envie. Si précieux ce moment soit-il, car il est rare que le Moine Gras s'intéresse à quelqu'un en particulier, il ne vaut mieux pas le raconter à tout le monde. Et, dans tous les cas, je préfère le garder pour moi. Quelque chose qui m'appartient, rien qu'à moi (et au fantôme), que personne ne connaît et ne prendra jamais connaissance. Même pas Natanaël, à qui j'ai pris l'habitude de raconter quelques épisodes futiles de ma courte vie, trouvant en lui une oreille à l'écoute et toujours bienveillante, comme il l'a toujours été, aussi loin que je m'en souvienne.

J'hausse les sourcils de surprise à l'idée que me présente le Moine Gras. Une blague ? À quelqu'un ? Je ne savais pas que les fantômes étaient dotés d'autant d'humour (et d'un bon, car il rechigne à faire les « idées répugnantes » de Peeves). Quoique, ce n'est au final pas si étonnant. D'une manière ou d'une autre, même s'ils ne peuvent pas être touchés et ne touchent rien, ils conservent leur esprit, ce qui les rend un peu vivants et donc capables de ressentir, comme un humain dont le sang coule encore chaudement dans ses veines.

« Je pense que ça dépend du degré de peur... m'empressé-je de répondre, ravie qu'il me demande mon avis. Disons qu'il y a une limite à tout, et qu'à un moment, ce n'est pas drôle, et que quand ça ne fait pas assez peur, ce n'est pas assez drôle. Il faut trouver le juste milieu. »

Si Valerian était là, il se serait lancé dans un incroyable discours sur les meilleures blagues et farces à faire, en les déclinant en fonction des goûts de celui qui les fait et du caractère de celui qui les reçoit. Il faut bien connaître sa victime, s'amuse-t-il a dire de temps en temps. Il faut savoir ce qui peut la toucher comme il faut, ce qui peut ou non marcher sur elle, afin d'être applaudi et de rire et non de faire face à un échec irréparable, qui en plus d'être honteux, entraine la colère de la victime.

« Et tout dépend aussi du caractère de la personne à qui vous voulez faire une blague, continué-je en réfléchissant à haute voix. Pour qu'elle marche, il faut que la personne puisse en rire. Et ça dépend aussi de vos intentions : est-ce que vous voulez rigoler ? La menacer ? »

Puis, après une légère pause, un instant d'hésitation, ne sachant pas vraiment si le Moine Gras a envie de décliner l'identité du sujet de sa farce :

« Est-ce que vous pourriez me la décrire ? Son caractère, pour qu'on puisse réfléchir au genre de blague qui marcherait le mieux sur elle. »

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

Par delà les murs...
Cette petite était bien. Il avait bien fait de choisir une Poufsouffle, sa maison de cœur et d'esprit, dans le sens premier du terme. Il était d'accord avec elle dans le fond en revanche, sa dernière phrase le laissa un peu pantois aussi resta t'il silencieux un long moment observant la petite ou plutôt le mur au dessus de sa tête.

" Je n'avais pas envisagé qu'il faille déterminer un cible à l'avance. Quand je parlais de quelqu'un je pensais à une personne tout à fait au hasard. Quelqu'un qui passerait dans le couloir par exemple, avoua t'il en secouant la tête ce qui eu pour effet d'agiter ses deux grosses joues joufflues de façon un peu comique. Bigre... Je me doutais que je ne serais pas le spécialiste dans le domaine des farces mais je n'avais pas pensé qu'il s'agissait d'une chose aussi compliquée. J'ai pourtant souvenir d'avoir été un homme amusant dans le passé et plutôt apprécié, je devais donc savoir faire des blagues de façon assez naturelle. "

Cette affaire le contrariait un peu et il finit par se mettre à trembler avant de pousser un profond soupire.

" Puisque vous êtes mon assistante, à qui auriez vous fait une blague ? Vous semblez plus à même que moi pour cerner le fonctionnement de tout ça. "

Le fantôme semblait avoir retrouvé son calme habituel et son sourire. La solution qu'il venait de mettre en lumière le rassurait grandement. La petite Poufsouffle allait l'aider à définir la cible, la blague parfaite et ils pourraient ensuite la mettre en œuvre et rire un bon coup. C'était bien là l'objectif d'une blague non ! Il aurait ainsi une expérience concrète pour une future expérience si cela lui plaisait.

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Post rédigé par Sarah Priddy qui s'excuse de ce retard affreux et s'abonne au RP