Fanfiction Le heaume rouge En cours

CHAPITRE 10 : Le Bon, la Brute et le Truand


PARTIE 1 : Le nid labyrinthe (Partie 1)






Comment... Comment est-ce qu'on a bien pu en arriver là ? Sérieusement je pige que dalle, d'habitude Eden peut nous sortir de n'importe quelle situation, mais ça fait une semaine qu'on rôde sans rien trouver et la seule piste sur laquelle on tombe nous serait peut-être fatale ? On aurait jamais dû pénétrer dans ce foutu labyrinthe, Athéna serait toujours des nôtres. Au lieu de ça on se retrouve Eden et moi à courir on ne sait où pendant que les murs du labyrinthe bougent et nous perdent. Eden... Je dis en m'arrêtant. Je peux plus la porter. Je lui déclare alors que je pose Athéna au sol, il faut vite qu'on la soigne. Qui sait à quel point ce poison peut-être mortel, c'est malheureux, mais c'est elle la spécialiste de la faune et la flore magique, elle saurait quoi faire contre cette bête dont le simple regard empoisonne.

Eden se met à pointer sa baguette dans un direction et lance un sort, je me retourne rapidement pour voir cette créature maudite touchée en plein visage, elle pousse un cri qui heureusement ne nous empoisonne pas, et elle se met à regarder un peu partout, comme si Eden venait de lui enlever la vue. C'est probablement ce qu'elle a fait après tout, enlever la vue à une créature dont le regard est empoisonné est la meilleure chose à faire. Mais il lui reste son bec à ce serpent à tête de coq, et qui sait si son odorat n'est pas encore meilleur que sa vue. Au moins ça nous laisse le temps de réfléchir un coup. T'as un antidote aux poisons supérieurs. Non, bien sûr que non, sinon j'aurais pas hésité. Maman nous dit toujours d'en avoir une sur nous, car qui sait sur quoi on peut tomber. Quelque soit la créature, un antidote aux poisons supérieurs peut soigner de la plupart des empoisonnements, des plus léthaux aux plus bénins.

Si quelqu'un doit en avoir par contre, ça doit être Athéna. Je fouille dans son sac pendant qu'Eden fouille dans le sien, on lance des regards furtifs à droite à gauche pour s'assurer qu'aucune de ces créatures ne s'approche de nous. Mon Dieu mon souffle... Je douille vraiment... J'ai pas l'endurance d'Eden moi... Oh ?

Il y'a plein de fioles dans son sac. J'en tire une d'un vert émeraude éclatant, étiqueté "antidote poisons rares". Ça doit être ça. Je te bénis Athéna, merci d'être aussi prévenante. On saura qu'il faut qu'on agrandisse notre stock d'objets magiques pour éviter de se trouver dans ce genre de situations. Enfin... Si tant est qu'on s'en sorte. J'enlève le bouchon de la fiole et en verse le contenu dans la bouche d'Athéna, je prie pour qu'elle réussisse à avaler d'elle-même, elle est à peine consciente et je la sens respirer faiblement. Mais je vois sa gorge déglutir, elle avale, c'est bien. Encore. Voilà, jusqu'à la dernière goutte... Et enfin. Keuf keuf ! Elle tousse et la fiole m'échappe, au moins elle a tout bu, mais la fiole tombe au sol et se brise. Je tourne instinctivement ma tête vers la créature, dont le bec est pointé vers nous.
Elle frétille un instant avant de déployer ses ailes de chauve-souris et de lancer un cri suraigüe.

Eden s'empare d'Athéna et commence à courir dans la direction opposée, naturellement je n'ai pas envie de mourir, je la suis. Cette créature est horrible, qu'importe les sorts lancés sur elle, ils n'ont fait que l'énerver. La première sur laquelle on est tombé dans ce labyrinthe a foncé à travers un sortilège de répulsion d'Eden, résisté à une pluie de sortilèges de stupéfixion, et même à un sortilège de la mort. Eden doit être au moins aussi épuisée que moi, ces créatures sont des démons. Arrivé à un virage, on aperçoit l'une des créatures à laquelle Eden a brûlé les yeux foncer sur nous. Merde. La tête de poule derrière nous a dû avertir ses amies de notre présence et de notre localisation. La situation est peut-être perdue.
On court pour échapper aux deux créatures qu'on a dans le dos, et le bec d'une troisième et d'une quatrième apparaissent au loin, on en a aveuglé seulement trois, donc l'une d'elle, voire même les deux, peut nous empoisonner d'un simple regard. On prend un nouveau virage. Ces créatures courent plus vite que nous, et on a aucune chance contre elle. Ce n'est pas l'odorat qui les fait nous poursuivre, elles ne nous repèrent qu'au son et à la vue, par conséquent.

Je m'arrête un instant pour mobiliser des forces que je ne connaissais pas vraiment. Ce n'est qu'un sortilège de niveau 1, je vise la créature la plus proche, qui obstrue la vue aux autres, et balance un bombarda en plein sur sa tête. Il faut que je visualise le sortilège se répéter seul pour que je puisse fuir. La créature s'arrête, visiblement déboussolée. C'est le moment de tout donner. LUMOS... SOLEEEEM ! Je hurle, tenant ma baguette à deux mains dans la direction des créatures. Même si mes yeux sont fermés et que je détourne le regard, je suis un peu aveuglé, c'est ce que j'avais de plus intense en sortilèges, je ne sais pas si on va tomber sur d'autres créatures, mais pour l'instant celles-là ne nous causeront plus de problèmes. Je sens une main m'attraper et me tirer en courant, probablement Eden.

Ma vue revient finalement, petit à petit. On continue à courir, encore et encore, on a plus croisé de créatures depuis quelques temps maintenant, mais on peut juste pas s'arrêter de courir. Au détour d'un couloir, on tombe sur un... Mince... Un cadavre... Éparpillé un peu partout. Eden en profite pour poser Athéna et s'arrêter. On doit se reposer un instant, curieux, on examine cette pièce qui ne ressemble pas aux couloirs de ce labyrinthe. C'est une pièce à part entière, une pièce circulaire avec six entrées, probablement qu'on a atteint le centre du labyrinthe à force de courir. Ce n'est pas le premier cadavre sur lequel on tombe, mais c'est la première fois qu'on arrive dans une pièce, une pièce qui pourrait bien être le centre. Il y'a une sorte de tombe qui dépasse du sol, en tout cas ça y ressemble. Un bloc de pierre, oh, il y'a...
Eden, regarde. Je dis alors que je me saisis du journal qui jonche au sol, la main toujours fermement accrochée à lui. Eden prend le journal et en arrache la main, elle l'ouvre.

Et alors qu'elle ouvre le journal, le labyrinthe bouge à nouveau, des murs de pierre sortent du sol et bouchent les entrées. Ni moi ni Eden ne bougeons, ce n'est pas comme si c'était une bonne idée de se retrouver seul de l'autre côté. J'espère de tout cœur que ce journal n'est pas le journal de quelqu'un qui a été enfermé ici, et qu'on va découvrir qu'on est condamné. Je suis vraiment terrifié, je pense... Je pense que je vais m'asseoir là, à côté d'Athéna, elle a les yeux ouverts je pense qu'elle commence à aller mieux.
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PARTIE 1 : Le nid labyrinthe (Partie 2)






Je lisais ce livre depuis quelques heures maintenant, et voilà qu'enfin j'arrive à la fin. C'est difficile de lire quand sa vie est en danger, quand on est cloîtré dans un tombeau, quand des créatures dont le simple regard peut tuer, et quand le temps joue contre nous.

Je regrette de ne pas avoir emmené mes lunettes de lecture, je ne pensais pas que j'aurais le temps de lire et faut avouer qu'on est parti en trombe. Mais c'est surtout le temps que je doutais d'avoir. Eden aime pousser les gens à bout, elle croit que tout le monde peut avancer à son rythme et nous reproche d'être venu quand on a du mal à suivre. Ça fait des heures qu'elle m'ordonne d'accélérer comme si ça allait changer quoique ce soit. Je suis pourtant celui qui devrait m'occuper d'Athéna et préparer un plan de sortie, je peux utiliser la divination pour retrouver le chemin de la sortie. Mais non, je me retrouve à faire la tâche prise de tête.

Je ferme finalement le livre, j'ai terminé. Je me tourne vers les filles et remarque qu'Athéna va beaucoup mieux, elle est consciente, preuve en est qu'elle arrive à parler en langue des signes, elle n'est pas si faible Dieu merci. Alors, on est condamnés ? Demande Eden, j'avoue que c'était ma préoccupation aussi, mais non. Je secoue la tête et son visage semble plus soulagé, c'est vrai que malgré tout ce qu'elle a dans le ventre, elle reste humaine. Le propriétaire du journal a construit ce labyrinthe pour qu'y repose Hélène, sa femme. Il voulait la protéger de quelqu'un, mais il précise pas vraiment qui. Eden bouge sa main pour me dire d'accélérer. Il est resté ici jusqu'à sa mort, c'est juste un journal intime pour palier la solitude. Je déclare, balançant le journal aux pieds d'Eden. Elle m'énerve vraiment avec son attitude, si ça ne tenait qu'à moi on ne serait même pas parti. Mais voilà. Je ne peux pas la laisser aller seule se jeter à la mort, mourir à trois c'est toujours mieux. Le propriétaire du journal en témoignerait bien s'il n'était pas mort... Rien d'intéressant donc. Déclare Eden, les doigts plissant son front dans une expression de frustration, elle s'affale contre le mur à côté d'Athéna.

Elle signe avec peu de difficulté une question. Rien d'intéressant donc ? Demande t-elle avec des gestes hasardeux. J'en suis pas si sûr... Je réponds, évasif, un sourire au coin des lèvres. Je me suis assez vengé d'Eden, la voir relever le nez et pouvoir la prendre de haut un plaisir que je n'aurais pas cru envisageable de sitôt. Dans les dernières pages qu'il a remplit, le propriétaire croit avoir vu une silhouette arpenter le labyrinthe lors d'une de ses balades. Et pendant quelques jours il prétend avoir entendu des bruits de monstre, avoir vu de plus en plus souvent quelqu'un l'observer, puis... Ce n'est pas nécessaire de tout dire, mais c'est mieux. Il avait peur, et dans les toutes dernières pages il dit qu'il se sent extrêmement seul, la silhouette a disparue, il ne reste plus que les monstres. Je conclus. Au même moment, les murs qui bloquaient les entrées tombaient.

Athéna n'y prêtait guère attention, et signa à mon attention. C-O-C-A-T-R-I-S. Elle épelle, je crois avoir déjà entendu ce mot quelque part... Créature catégorie cinq, tête et pâtes de coq, ailes de chauves-souris, corps et queue de serpent. Poursuit-elle et je claque des doigts, c'est exactement ça, peut-être que ça a même une faiblesse ? Souffle et regard empoisonné, seule une belette ou le chant d'un coq peuvent les tuer. Conclue finalement Athéna.

Seulement, ce n'est pas si simple. À part ces créatures et nous, je ne crois pas avoir vu un autre être vivant ici. Notre meilleure chance reste de chercher la sortie avant de mourir de faim, ou pire, d'être retrouvé par un de ces... Cocatris. Et déchiqueter comme l'a été l'auteur de ce journal. La main sur le menton, je réfléchis, à voir Eden, c'est également son cas, Athéna pour sa part se lève avec difficulté, et ma main tombe de mon menton. Ell ramasse les morceaux de l'auteur, elle veut s'en servir comme appât ? Ça sert à rien, si les cocatris en avaient voulu, ils l'auraient mangé. Athéna peut le comprendre seule, pourtant, elle continue de ramasser les morceaux et à les amener devant le bloc de pierre. Puis elle tente de... L'ouvrir ? Je comprends pas ce qui lui passe par la tête, un effet de l'empoisonnement ? Ou peut-être... Peut-être veut-elle les réunir... Je lance un sort pour dégager le toit de la tombe et la poser un peu plus loin, Athéna me remercie avec un signe de tête.

En m'approchant, je remarque que sa femme est parfaitement conservée... Elle est habillée d'une robe de soie rappelant les tenues des princesses et nobles dames du moyen-âge... Son visage est tellement... Parfait ? Comme si elle venait d'y entrer, c'est... C'est assez louche et assez troublant. Athéna ne s'enquiquine pas de ces questions et pose les restes de l'homme dans le cercueil. Je peux pas la laisser faire sans aider. Je lance un sort pour réunir les morceaux de l'homme et les coller entre eux pour obtenir un semblant de son ancien corps, je ne vais pas m'embêter à remettre son sang à l'intérieur en revanche. Une fois fait, je place son cadavre contre celui de sa femme, et referme le cercueil. Athéna me sourit avec gratitude, pourtant, elle n'a pas plus connu ce couple que moi. Au contraire, moi j'ai lu ce journal, j'ai lu ses mots, je suis le dernier témoin de la pensée de cet homme. Pourtant... Il ne m'est même pas passé par la tête de faire une chose aussi... Clémente... Pourquoi ?

Athéna claque des doigts. Eden et moi la regardons avec espoir, espoir qu'elle ne demande pas à faire sortir ces cadavres en plus de nous faire sortir du labyrinthe. Ça lui ressemblerait bien ceci dit. On pourrait se transformer en belette pour chasser le cocatris. J'ai confiance en ses connaissances en créatures magiques, mais là... Je ne suis pas sûr de suffisamment lui faire confiance pour tenter ça. Si personne contrôle la métamorphose à l'aide de la magie, je doute qu'on puisse garder conscience en tant que belette, c'est trop risqué. Je déclare, les bras croisés. Si ça venait à arriver, on pourrait tout les trois se retransformer au beau milieu du labyrinthe, voire pire, n'importe où dans le labyrinthe. Là, on serait trop confus pour retenter quoique ce soit avant que ces cocatris ne nous retrouvent. D'ailleurs, il est probable qu'ils soient guéris maintenant, et nous avons récupéré notre magie. Mais rien ne garantit qu'une métamorphose humaine, qui soit dit en passant est particulièrement risquée, ne réussisse. Dans ce cas... Comme je suis la plus douée, je lancerais le sort sur l'un de vous. Lance Eden, mais qui de moi ou d'Athéna est le meilleur pour accomplir cette mission. Au regard que me lance Eden je comprend que c'est celui qui ne vient pas d'être soigné d'un empoisonnement qui devra s'y coller, Athéna me regarde avec presque de la peine, mais seulement de la peine. Ce n'est pas une mesure désespérée, elle y croit, je le sais.

Après avoir pris une bonne inspiration, le jeune Adonis avait déclaré être prêt à ses sœurs.
Celles-ci s'étaient mise à s'aventurer dans le labyrinthe en suivant le jeune homme, métamorphosé en belette, de près pour ne pas le perdre. Le labyrinthe paraissait bien plus vivant maintenant qu'avant, et il semblait guider la fratrie quelque part de précis, mais où ?
La question demeurait complète.

Jusqu'à ce qu'elle devienne limpide. Un groupe de cocatris étaient apparus derrière un mur qui venait de tomber. Eden et Athéna se cachèrent par réflexe derrière le mur, oubliant qu'Adonis était toujours sous forme de belette. Eden s'apprêtait à le faire revenir, mais des cris, des cris de douleur, suraigus. Des cris de cocatris agonisant. Les deux femmes jetèrent un œil au couloir pour voir un spectacle qu'on ne pourrait jamais voir qu'une fois dans un siècle. Une belette se jetant du cou au cou de créatures tellement grandes et si terrifiantes que la fratrie se croyait prise au piège avec eux il y'a encore quelques minutes, alors que visiblement, ce sont ces créatures qui se retrouvent piégées. Le labyrinthe avait érigé un mur les empêchant de fuir la Adonis la belette, puis un autre mur tombait et de nouvelles créatures faisaient leur apparition, mais Adonis se battait comme un lion contre ces monstres, encore et encore jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que deux humains, une belette, et une dizaine de cadavres de cocatris au sol.

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PARTIE 1 : Le nid labyrinthe (Partie 3)






Qu'est-ce que je fous par terre, je suis où ? Oh. Je crois, je crois que je m'en souviens maintenant.
Eden m'a transformé en belette, et je ne suis pas bien sûr de ce qu'il s'est passé ensuite. C'était comme dans un rêve, il y'avait ces créatures autour de moi, oh, elles le sont toujours. Je regarde autour de moi et je me demande, c'est vraiment moi qui ai fait ça ? Tout ces cadavres... J'en compte neuf, c'est pas possible. Si leur souffle et leur regard est empoisonné j'aurais dû mourir, non ? Finalement, Athéna avait raison... Je ne pensais pas que ce plan marcherait, j'ai accepté de le faire car les filles étaient d'accord et que quand on meurt on est mort donc on s'en fout, mais j'avoue que j'étais sûr de rien.

Ce résultat dépasse toutes nos espérances, non ? En regardant autour de moi, je vois mes deux sœurs, les cadavres des cocatris, mais surtout. Oui... Surtout, il y'a un passage linéaire, un couloir en ligne droite qui s'étend sur je sais pas, un kilomètre ? C'est plus qu'on en a jamais vu ici. Je me demande si... Ce labyrinthe ne serait pas "réellement", vivant.

Je me dis qu'il nous a guidé jusqu'au centre, nous a permis donc de lire le journal, nous a enfermé au centre jusqu'à ce que je raconte ce qu'il s'est passé, et là... Là les cocatris sont morts, et voilà qu'un couloir est mystérieusement apparu. Je me frotte la tête, j'ai mal au crâne, je ne sais pas si c'est le fait d'avoir été une belette ou qui est fatiguant ou si c'est toute cette aventure angoissante, j'ai cru que j'allais y laisser ma peau sérieux. Toujours des nôtres ? Me demande si gentiment Eden, bras croisés, maintenant c'est à nouveau elle qui me prend de haut. Mais au moins elle décroise ses bras pour me tendre la main, je vais pas me faire prier pour la saisir tiens. Malheureusement. Je réponds avec difficulté alors que je me relève grâce à elle.

Je jette un regard vers le couloir, puis vers Athéna. C'était incroyable, tu t'es battu comme un lion ! Me lance t-elle avec un large sourire. Mais on est pas encore tiré d'affaires, on fêtera tout ça quand on sera dehors, quand on aura battu Rouge, ou quand on sera mort. Je sais franchement pas quand est-ce qu'on sera à nouveau libre et serein, ni même si on le sera un jour. Cette bande de cocatris ça aurait été insurmontable si Athéna et Eden n'avaient pas été là, si le labyrinthe ne nous avait pas aider, on a seulement eu de la chance, pas de quoi se réjouir. La chance ça nous quitte aussi vite que ça nous rejoint, on peut pas s'y fier, ni rien miser là-dessus. On devrait y aller. Je lance, mais Eden a déjà ouvert la marche. Athéna s'interpose en se mettant devant nous les bras tendus. On doit récolter ce qu'on peut. Signe t-elle à notre attention, alors même qu'on est confus et exténué. Eden et moi on est pas souvent d'accord, mais là c'est certain, tout ce qu'on veut faire c'est quitter cet endroit de malheur, alors on part.

Mais Athéna, elle, reste, et je peux pas simplement l'abandonner là. Eden continue à marcher un peu plus loin avant de se raviser et de se retourner. Ma chère jumelle est à quatre pattes en train de récolter des yeux et de le balancer dans son sac à ingrédients que lui a si gentiment offert Bean, notre grande tante. Je me tourne vers Eden, toujours immobile. Plus vite on en finit, plus vite on est dehors. Je lui lance, elle grogne, mais finit par venir.

Je n'ai jamais été très doué en botanique, en potions ou en sciences aux créatures magiques, maman et Athéna sont des expertes, Eden et papa s'en sortent bien, mais moi je suis comme le mouton noir. Celui qui préfère le mystère à la science, et s'intéresse aux déchets de la magie. Et me voilà à ramasser ce qui sont vraisemblablement des ingrédients particulièrement rares d'après ce que signe Athéna comme anecdote entre deux prélèvements. Tant qu'on y est, autant parler un peu. Je crois que le labyrinthe est vraiment vivant. Je dis, et Eden se tourne vers moi en grimaçant, comme si j'avais dit un truc vraiment stupide.
Mais j'y prête pas attention et je continue à prélever soigneusement ce que je sais prélever. Il nous a guidé jusqu'à son centre, nous y a enfermé, puis libéré quand j'ai prouvé que j'avais lu le journal. Je poursuis, c'est louche, personne ne peut nier ces éléments. C'est sûr... Tu t'en rappelles probablement pas, mais il a également amené les cocatris à toi quand tu étais une belette, puis les a empêché de s'en aller en bloquant les accès. Complète Eden, je ne me souviens vraiment que très peu de tout ça, mais apparemment, je suis une terreur sous la forme d'une belette. Je devrais peut-être me reconvertir en belette au lieu d'être un gamin suicidaire qui suit sa sœur encore plus suicidaire.

Il semblerait qu'on a fini, en tout cas d'après Athéna il n'y a plus rien à retirer de ces cadavres, on peut enfin se permettre de suivre le long couloir pour atteindre le portail qui nous a amené ici. Un trou dans le mur d'un ancien château français aux environs duquel auraient disparus des gens, c'est cette rumeur qui nous avait attiré là. Alors que nous approchions du portail, je jurerais avoir été caressé par un courant d'air qui m'a murmuré "merci". Eden et Athéna n'ont pas vraiment l'air d'avoir remarqué, sans doute une hallucination auditive je me dis.

Doux air frais, doux soleil, douce herbe ! S'écrie Eden, tendant les bras vers le ciel les yeux fermés à peine sommes-nous sortis du portail. Athéna ne signe même pas, elle s'écroule juste au sol face contre terre. Quant à moi... Je fais pareil, mais face contre ciel. Je n'entrerais probablement pas dans un mur caché d'un château français abandonné aux environs duquel des gens auraient disparus avant au moins quelques années. Je suis tellement... Tellement... Zzz... Zzz...

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PARTIE 2 : Retour vers le futur (Partie 1)






Non mais vous vous foutez de moi ?! Hurle Eden sur le tavernier, alors qu'elle tape du point sur la table. Ce que je comprends parfaitement, si j'en avais eu la force et les tripes j'aurais fait de même. J'arrive pas à croire qu'on soit resté autant de temps dans ce labyrinthe, c'est invraisemblable, on est seulement partis il y'a des heures pourtant, aujourd'hui, mais aujourd'hui on est plus aujourd'hui, on est le treize mars . On est parti le vingt-trois février, on a parcouru la France pendant une semaine et on est entré dans ce portail, précisément, le vingt-huit février. Ça fait presque deux semaines qu'on est là, en deux semaines il peut y avoir un tas de trucs qui se sont passés, maman pourrait même... Non. Je refuse d'y croire. C'est... C'est maman... Après la tentative d'assassinat je doute qu'elle ne soit pas vigilante... Mais, je commence à me dire qu'on aurait dû restés là-bas, ou qu'au moins on aurait dû la convaincre de venir.

Je pose finalement ma main sur l'épaule d'Eden qui tient le tavernier par le col, le pauvre a levé les mains, clairement il a peur. Et je comprends. Ce regard plein de rage, cette force lui permettant de soulever un homme lourd à un bras, depuis quand est-elle... Comme ça. On ferait mieux d'y aller. Je lui dis. Il ne faudrait pas qu'on perde encore une semaine en finissant dans une geôle en garde à vue, ou pire, qu'on soit renvoyé au Royaume-Uni.
Eden lâche finalement le tavernier, et dégage ma main. Je sens qu'elle a changé de cible. Ça te fait rien toi ? Elle me demande comme si on pouvait y changer quoique ce soit. On a perdu deux semaines à errer ici pendant que Rouge fait on ne sait quoi, on ne sait où ? Je lève les mains comme le tavernier pendant qu'elle me soulève par le col. Cette fille est un ogre, je me demande vraiment quand est-ce qu'elle à changer.
Le tavernier ne peut même pas comprendre pourquoi elle s'est énervé contre lui, tout ce qu'il a fait c'est parler du prochain match de quidditch et elle a commencé à péter un câble parce qu'il prétendait que c'était dans deux jours et qu'un poster affiché sur un mur révélait la date. Clairement elle a été surprise, mais elle devrait avoir eu le temps de diriger l'information là, au lieu de serrer le poing et me menacer avec.

Une voix s'élève au fond de la taverne. Rouge vous dites. Lance un homme dans un coin, caché par l'ombre. Mais on distingue une cape et un chapeau. Mais pas un chapeau pointu, un chapeau noir dont le bord est excessivement long. Il est avachi dans son siège et semble savoir quelque chose sur... Rouge... À quoi ressemble le votre ? Lance t-il à notre attention. Eden me lâche finalement et je me frotte le haut du torse lorsqu'elle s'approche de lui lentement. Une troisième victime ? Athéna pendant ce temps me caresse le dos, ça sert à rien, mais merci ? Un bout de métal prétentieux. Réplique Eden, s'arrêtant à un mètre de la table de cet homme mystérieux.

Celui engloutit d'un trait son verre, avant de se lever et de s'approcher d'elle. Grave erreur. Un casque rouge. Déclare l'homme, avant de relever la tête, nous permettant d'apercevoir son très, très large sourire jonché de dents d'âne blanches comme le marbre. Je sais où il est. Déclare t-il avant de prendre la direction de la sortie, lançant une pièce au tavernier par la même occasion.

Moi, Athéna, et Eden, on se lance un regard qui veut dire la même chose, et on se met à le suivre vers la sortie. Eden ne nous attend pas pour poser sa main sur l'épaule de cet homme. Qui t'es ? Demande t-elle alors qu'il s'arrête, et qu'on l'entoure. L'homme se contente d'allumer une clope et d'en tirer la fumée, sans répondre. Et alors que je pensais qu'Eden allait lui en mettre une, il relève la tête. Un chasseur. Déclare t-il. Dont l'épouse brillante lui a été volée par un casque rouge. Conclut l'homme, je crois comprendre ce qu'il est. Une victime collatérale des agissements de Rouge, depuis il doit le traquer. Eden n'a pas le temps de le faire parler qu'il se tourne à moitié, lui lançant un regard jovial. Je m'en allais justement le débusquer. Prétend t-il alors qu'il commence à avancer sur le chemin. On se lance à nouveau un regard à trois, la conclusion est toute faite, on le suit, il n'y a pas à discuter.

Ce... "Chasseur", comme il se définit, n'est pas très bavard ni exhaustif en détails. La seule réponse qu'on a quand on lui demande où est Rouge c'est "vous verrez", mais ça fait maintenant une heure qu'on marche et on voit rien. À voir le calme d'Eden je me dis qu'elle est probablement en train de se préparer psychologiquement et de mobiliser son énergie, Athéna elle a probablement peur et comme elle est derrière elle ne peut pas vraiment communiquer puisque personne ne la regarde, de toute façon, ce n'est pas comme si l'homme parlait la langue des signes sorcière britannique. Peu de gens la parle, et la majorité de ces gens n'ont pas un accent aussi français que cet homme au chapeau et à la cape noire. Il a des cheveux gris et un long nez crochu. Ça fait une heure qu'on marche et il ne s'est pas arrêté de sourire un instant, à chaque fois que je lance un regard discret pour étudier les contours de son visage il me renvoie aussitôt mon regard, il est absolument flippant. C'est bizarre de sourire autant pour quelqu'un qui a perdu son épouse, est-ce que c'est dû à un traumatisme ? Ou à la joie que ça lui procure de pouvoir la venger, au moins il a la confiance.

On a continué à marcher et on s'approchait de plus en plus du château où on était, on se lance des regards discrets derrière lui, il se pourrait qu'on est raté Rouge ? Qu'il ait été là tout le temps, et qu'on l'ignorait ? On va finalement mettre la main sur lui... Je suis terrifié...
Dernière modification par Redose Omniak le 22 août 2026, 01:07, modifié 1 fois.

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PARTIE 2 : Retour vers le futur (Partie 2)






Maintenant c'est certain, il nous amène vers ce château dont on vient seulement de s'échapper.
Seulement, il ne nous amène pas vers l'entrée principale, mais vers le portail. Dans son journal, l'auteur dit avoir vu un homme traîner dans le labyrinthe, ce pourrait-il... Après tout, il a un chapeau lui aussi, et il connait peut-être le chemin jusqu'au portail.
Peut-être aussi n'est-ce qu'un prétentieux qui pense savoir où se trouve Rouge et qui a suivit la même piste que nous, tout est possible, mais il vaut mieux déterminer s'il s'agit d'un ami ou d'un ennemi avant que la réponse ne se présente d'elle-même.

Au regard d'Eden, je me dis qu'elle pense la même chose que moi. Comment avez-vous réussi à retrouver sa trace ? Je demande, il n'est pas très bavard, mais ce serait trop flagrant d'esquiver une telle question. Il garde le silence un instant, continuant à fumer sans s'inquiéter. Des témoignages, et je l'ai moi-même vu faire des allers-retours entre le château et dehors, ce doit être sa base principale. Pourtant il ne part le débusquer que maintenant, ce serait une sacrée coïncidence qu'il tombe sur nous au bon moment au bon endroit.
Car si on a le même objectif, et qu'on vient juste de sortir du labyrinthe, qu'on tombe sur lui pile quand il est là, et qu'il décide de partir avec nous sur un coup de tête... Rah, j'y comprends rien, son histoire tient vraiment la route ? J'arrive pas à me décider, et nous voilà déjà devant le portail.

Il s'arrête et nous faisons de même. Après vous. Il nous invite à entrer dans le même labyrinthe qu'on a fuit quelques heures plus tôt. Pourquoi pas vous en priorité ? Demande Eden. Je suis rassuré qu'elle soit là, je n'aurais aucun mal à détrousser cet inconnu et à me tirer, mais ça me met mal à l'aise de remettre sa légitimité en question. Rien ne me dit que vous me suivrez. Réplique l'homme, et je sens que la tension monte entre Eden et lui. Son doute tient la route, on est trois il est seul, il compte sur nous, mais nous on compte pas forcément sur lui. Seulement... Il y'a un problème dans son raisonnement. Vous n'auriez qu'à attendre quelques minutes et ressortir, ce n'est pas bien problématique. Il sourit toujours, mais cet fois l'air troublé, et surtout gêné...

J'ai eu le temps de réfléchir et de mettre tout les éléments bout à bout sur le trajet. Cette femme est habillée comme au moyen-âge, c'est un cadavre et pourtant elle a l'air fraîche comme la rosée du matin, le journal compte de très, très nombreuses pages, j'ai beau lire très vite ça m'a pris des heures. Le labyrinthe n'a ni faune, ni flore, à part les "monstres" comme l'auteur les appelle qui sont des cocatris apparus bien plus tard. Les pages ne sont pas datées, et même si j'avais peur de mourir de faim, je n'avais pas du tout faim dans le labyrinthe. Il y'a forcément un enchantement lié au temps dans ce labyrinthe, sauf que si le temps accélérait, certes ça expliquerait les deux semaines, mais on serait mort de soif, le cadavre se serait décomposé encore plus vite, pareil pour le journal, donc soit le temps est arrêté dans le labyrinthe, soit le temps est particulièrement ralenti. Dans les deux cas, quelque chose d'autre nous a fait perdre du temps, et ça ne peut s'agir que du portail je pense. Si on entre et on sort immédiatement, on aurait l'impression que des secondes se seraient écoulées, mais en réalité, il se serait probablement écoulé des semaines.

Cet individu le sait peut-être, et il sait peut-être même pour les cocatris, mais il ne doit pas savoir qu'ils sont morts. Alors allez-y, entrez... On vous suit et au pire, vous n'auriez qu'à ressortir. L'individu rit un instant.

Un instant, puis un autre. Il éclate de rire, un fou rire extrême, qu'est- ce qu'il y'a de si drôle dans tout ça ? Soudain il sort sa baguette et lance un sortilège sur Eden, au vu de la couleur c'est probablement un sortilège de stupéfixion. Mon Dieu, heureusement qu'il l'a visé elle et pas moi, j'avais pas du tout ma baguette prête, elle, elle a instinctivement dévié le sortilège avec un charme du bouclier. L'individu continue à se tordre littéralement de rire, il est plié, c'est terrifiant. Eden pointe sa baguette sur lui et le voilà plaqué au mur, elle compte le désintégré lui aussi ? Elle recourt trop facilement au meurtre à mon goût. Qui t'es ? Demande Eden alors qu'elle s'approche de lui, et qu'il s'enfonce dans le mur de pierre, mais il continue de rire comme si la douleur ne l'atteignait pas. Il ne peut clairement pas parler avec une telle pression exercée sur lui.

Je pose ma main sur l'épaule d'Eden. Il peut pas parler. Je déclare, lui continue de glousser comme une larve. Eden se calme et recule un peu, diminuant la pression pour qu'il puisse parler.

L'homme nous regarde avec une joie intense et terrifiante, il nous met au défi. Je m'appelle... Eden se met à tenir sa baguette à deux mains, comme si elle était soudain en difficulté. Et voilà qu'elle se trouve poussée en arrière. Elle semble lutter contre une force invisible qui la pousse, elle a pourtant ses pieds ancrés dans le sol, mais ils reculent malgré eux, traînant la terre sous ses talons. Et l'homme, l'homme quant à lui avance dans sa direction, la baguette pointée vers elle, je devrais peut-être lancer un sort. Prince. Prince ? Comme le type qui a essayé d'assassiner maman ? Non... Ça se peut pas... Qu'est-ce qu'il se passe, prends ta baguette Adonis, prends-la aller, c'est pas le moment de rester figé. Pourquoi je tremble, pourquoi j'ai si peur d'un coup ? Non... Je sais pourquoi... Je me repose tellement sur Eden, que quand elle est mise en difficulté je me sens d'une impuissance colossale... Comment pourrais-je accomplir la moitié de ce qu'elle accomplit, si elle est mise en difficulté je n'ai... Je n'ai absolument aucune chance. KASONGO... Commence l'homme qui joint ses mains, Athéna lui lance un sort, mais il ralentit et ne l'atteint pas ? PRINCE ! Crie t-il en séparant ses mains, et nous voilà moi, Eden, Athéna et même son sort, violemment repoussés en arrière. Kasongo Prince... C'est... Impossible ?

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PARTIE 2 : Retour vers le futur (Partie 3)






Eden a littéralement désintégré Kasongo Prince, pourtant ce type prétend être... Prince ? Ça peut pas être une coïncidence que Prince, aux ordres de Rouge, tente d'assassiner maman, puis que ce type, tente de nous amener dans un labyrinthe où il y'avait jusqu'à encore récemment des cocatris. Est-ce qu'on est vraiment là par hasard ? Mon cerveau... Tremble, je dois me reprendre.

Eden est repoussée, mais elle ne tombe pas. J'ai tué Kasongo Prince, et il avait pas ta gueule. Lui lance t-elle, personnellement je l'ai seulement vu désintégré un type, je n'ai aucune idée d'à quoi l'autre ressemblait, mais si Eden le dit ce doit être vrai.

Mais cet imbécile s'en fout, il rigole, il se moque de nous, il frétille sur place, on dirait qu'il danse. Est-ce qu'il essaie de nous énerver ? Parce que franchement ça marche. Énerver Eden n'est pas une idée de génie, mais en même temps il l'a repoussé sans avoir l'air de déployé de gros efforts. Hohoho c'est pas possible, puisque je suis là ! Réplique l'homme avant de nous faire une révérence, bon Dieu ce qu'il est insupportable. En chair et en os... Déclare t-il en français, aucune idée de ce que ça veut dire, mais je parie que c'est une provocation de plus.

J'arrive avec difficulté à me saisir de ma baguette, et il me regarde avec des yeux dubitatif et un sourire moqueur. Ses doigts portés à ses lèvres. Allons bon, comptes-tu sincèrement te mesurer à moi ? Je sais qu'il dit ça parce que tout mon corps tremble et que mes jambes flageolent, on pourrait fuir pour se rendre dans le labyrinthe, on aurait probablement un allié là-bas, le labyrinthe en lui-même. Mais si cet homme est le meurtrier de l'auteur du journal, et de l'architecte du labyrinthe, alors il est bien, bien plus fort que nous. Et avoir le labyrinthe de son côté n'a probablement pas suffit à protéger l'auteur... D'autant qu'on perdrait encore du temps si on passait à travers ce portail. J'ai tué tes cocatris. Je bluffe clairement, aucune idée de si cet homme est bien celui que je crois. Celui qui a fait placer ces créatures là. Son sourire se rabaisse, mais il est toujours présent. J'y crois. Réplique t-il.

Eden décide que la discussion n'a que trop duré et décide de lancer le premier sort, c'est téméraire, on a pas de plan, et ce type a une puissance inconnue cachée sous sa veste. Il balaie le sort avec une facilité écœurante. Soit. Dit-il, son sourire se rallumant d'une flamme particulièrement joviale et cruelle, je ne ferais pas deux fois l'erreur de rester immobile, je pense que c'est le bon moment pour se tirer.

Je commence à courir à l'opposé du danger, sans me retourner, Athéna et Eden couvriront mes arrières de toute façon. Quand il y'a aucune solution à portée de main, la fuite est ma meilleure option, je pensais pas qu'Eden pourrait se retrouver en difficulté un jour, ça ne m'est jamais venu à l'esprit, si on s'en sort j'en profiterais pour faire des chaussures permettant de courir particulièrement vite. J'entends les sortilèges fusés derrière moi, mais je me retourne pas, je suis pas un combattant, moi. Athéna non plus, elle devrait fuir elle aussi au lieu de rester là où elle n'est qu'un boulet.

Bon, je devrais être assez loin maintenant, je me retourne, Eden arrive à lui tenir tête, Athéna n'a pas l'air de trop savoir où se mettre, elle devrait vraiment dégager le terrain, ça se voit qu'elle gêne. Bon. J'ai amené ce que j'avais sur la main quand on est parti précipitamment, presque rien sur le combat. Je comptais surtout utiliser mes talents pour nous orienter, pour prédire l'avenir, ou ce genre de choses, je pensais pas que moi ou Athéna on aurait à vraiment se battre quand Eden est à côté. J'avais tort.
Ah, le voilà, mon fusil de chasse avec lunettes, finalement ma curiosité pour les moldus servira à quelque chose. Je comptais m'en servir pour chasser puisque chasser à la magie peut faire naître des parasites magiques ou rendre la viande bizarre ou dégelasse, produisant des effets genre peau colorée en bleu, ou rouge, une fois j'ai eu des cheveux qui ont poussés entre mes orteils.

Bon, je me fous au sol, je dois être suffisamment loin pour pas être repéré. Je vise... Merde. Je tremble trop, il faut que je respire, je vois qu'Eden a du mal dans la lunette et Athéna ne veut toujours pas bouger. Elle a du mal, mais elle n'abandonne pas. Allez, respire Adonis, respire... Inspire, expire, inspire... Expire... Inspire... Bloque. Vise. POW Mais c'est quoi ce truc, c'était aussi puissant la dernière fois que je l'ai utilisé ? Ça m'est rentré dans l'œil ça fait hyper mal, et ce bruit... C'est pas possible... Je l'ai eu au moins ?

Je regarde à travers la lunette, j'ai l'impression qu'il est en difficulté, et que les rôles se sont inversés. Je dois pas attendre qu'il se remette, je dois tirer sur ce machin, viser, inspirer, expirer, inspirer, je bloque. Allez, touche le torse pitié. POW MES OREILLES.
Je relève la tête rapidement, je crois l'avoir eu, oui, il est à terre, j'arrive à le voir.

Je prends le fusil et mon sac et je cours vers mes sœurs, j'arrive pas à croire que j'ai réussi à l'avoir.

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PARTIE 3 : Prince Kasongo (Partie 1)






Ouai, mes yeux me trompent pas, j'arrive finalement à leur niveau et je vois que Prince est à terre, immobilisé par des liens invisibles. Nom de Dieu j'arrive pas à croire que je l'ai eu ! Je m'exalte alors que je suis suffisamment proche pour qu'Eden me décoche un poing dans l'estomac. Je douille. Je douille sévère j'ai envie de vomir. C'est parce que tu l'as pas eu tête de gnome. Mince, mais comment ça se fait que je l'ai déstabilisé la première fois, et que la seconde fois il était à terre ? T'as failli toucher Athéna j'ai abrégé le combat avant que tu tues quelqu'un ! Me sermonne t-elle, je comprends mieux. Ils ont tous été surpris par le tir et Eden s'est mit à tout donner dans le combat pour que je m'arrête de tirer. J'aurais vraiment dû profiter du temps que j'ai mis à glander pour m'entraîner à tirer, mais je pensais pas que ça me serait utile un jour et encore moins que ce serait compliqué. Dans les films que j'ai pu voir ça a l'air hyper simple, il tire sans même viser et il touche, je me suis dit que c'était un peu pareil en visant.

J'arrive à me relever, elle y a pas été si fort ça va. Désolé Néna. Je m'excuse une main sur le cœur. Le pire c'est que j'aurais pu la toucher, voire la tuer, je sais pas si je dois détester d'être si mauvais tireur ou me réjouir d'être si mauvais tireur.Y'a pas de mal. Signe t-elle à mon attention, je dois vraiment remercier ma bonne étoile.

Il reste un problème ceci dit. On fait quoi de lui ? Je demande, le nez pointé sur ce "Prince". Il a probablement un tas de choses à nous dire et on va pas se gêner pour lui extorquer. Honnêtement je sais pas, je l'ai attaché par réflexe, mais on pourrait le pendre ou... Je sais pas, le décapiter, ou enc- Avant même qu'elle ne finisse d'énoncer ses idées tordues, Athéna s'interpose et se place entre elle et Prince, bras tendus avant de se mettre à signer. On peut pas faire ça. Signe t-elle.
Eden souffle et roule les yeux au ciel. C'est un ennemi, mystérieux certes, mais un ennemi. Réplique t-elle. Et je comprends son point de vue, nos ennemis veulent notre mort, c'est logique de les tuer afin qu'ils ne continuent pas à essayer de nous éliminer, en utilisant des méthodes différentes, en se mettant à plusieurs, il faut tout faire pour rester en vie. On devrait essayer d'obtenir des informations. Je déclare, qu'importe le moyen, si Eden veut le torturer qu'elle le fasse, elle aurait bien raison.
Trouver les informations ça nous fait économiser du temps et de l'énergie, aucune chance qu'on rate notre chance. Il connait Rouge, et il prétend s'appeler Prince Kasongo, comme celui qui a essayé d'assassiner notre mère. T'as raison. Dit-elle en reculant, avant de se retourner. Réunion d'équipe. Déclare t-elle, j'aime pas faire ça on a l'air tellement ridicule, je sais bien que c'est nécessaire, mais ça reste risible.
Déjà que l'autre continue à rire dans sa barbe, si il se met à éclater de rire on s'en sortira pas.

Je rejoins Eden, ensemble on se concerte en cercle. On veut savoir des trucs. On veut s'avoir qui il est et son lien avec l'autre Kasongo Prince. On veut savoir... Tout ce qu'on peut savoir sur Rouge. Commence Eden en chuchotant. Son rapport avec le labyrinthe. Signe Athéna, ce n'est pas le plus utile, mais ça peut nous aiguiller. Comment ça se fait qu'on se soit rencontré aussi. J'ai du mal à croire que ce soit une coïncidence. Et aussi s'il est seul ou non. Déclare Eden, après un court blanc. C'est bon ? Je hoche la tête, Athéna en fait de même, et on retourne voir Prince qui nous regarde avec un large sourire joueur.

Eden s'approche et s'accroupit pour se mettre à son niveau. Écoute moi bien pet- Avant qu'Eden ne puisse finir, Prince lui crache au visage. Elle se coupe net, abasourdie par ce qu'il vient de se passer. Clairement ça ne lui arrive pas souvent de se faire manquée de respect et insultée de la sorte. Athéna et moi on se jette sur elle quand elle commence à serrer le poing pour essayer de la retenir, elle s'est un peu éloigner pour se défouler contre je sais pas vraiment quoi et je m'en fous j'ai pas envie de faire des cauchemars cette nuit.

Bon, à mon tour je suppose. Je fais pas la même erreur qu'Eden, je reste debout pour bien le prendre de haut. Bon, ça va être rapide, on veut savoir qui t'es. Je pense qu'on devrait commencer par quelque chose d'aussi trivial. V'là qu'on me laisse avec le neuneu de la bande. Qu'est-ce que... Priiiince, Kasongo Priiiiince, ce n'est pas si difficile si j'ai pu le prononcer à cinq ans. Il me parle comme si j'avais trois ans, en articulant tout ce qu'il dit et là il prend même la peine d'épeler son nom comme si j'avais... Trois ans... Je regrette d'avoir craché sur l'autre brute je me retrouve avec le débile c'est pas malin. Il siffle Athéna, pour la faire venir ? JE VAIS TUER CE TYPE.

Elle m'arrête juste à temps avant que je lui assène un coup de pied entre les dents, arg quel enfoiré de première. Faut que je reprenne mon calme, je vais m'éloigner un peu et garder un œil sur lui. Voilà qu'Athéna tente sa chance. Quel rapport avez-vous avec le labyrinthe ? Signe t-elle en guise de première question, je suis un peu loin pour bien entendre, mais je crois qu'il vient de dire qu'il parle pas sa langue, ou bien qu'elle devrait articuler ? Je sais pas, dans tout les cas Athéna s'éloigne un léger sourire abattu sur le visage.

Visiblement on aurait dû passer plus de temps en conseil d'équipe. On vient de perdre toute la crédibilité qu'on avait, si tant est qu'on en avait eu dans un premier temps. Et voilà que ce type se remet à rire, il explose de rire, encore et encore, ce rire sadique et terrifiant qui ne s'arrête jamais alors qu'il se roule au sol, toujours soumis par des liens invisibles. Je le hais, je le hais, je le hais. Je commence à croire que la première idée d'Eden était la bonne, ces informations ne valent peut-être pas autant que ce qu'on croit, surtout si on échoue. J'ai du mal à l'admettre mais notre moral à tous a prit un sacré coup, je doute qu'on tire quoique ce soit de ce type.

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PARTIE 3 : Prince Kasongo (Partie 2)






Eden revient à la charge, je m'approche au cas où elle déciderait de le rendre... "Inutilisable". Après tout il lui a craché dessus. Sur elle. Elle a cassé les dents à des gens pour moins que ça, ou les gens à des dents ? Ça revient au même. Si tu nous réponds, on te laisseras la vie sauve. Déclare t-elle, faisant preuve d'une surprenante miséricorde, ça lui ressemble pas, je doute qu'elle dise vrai. L'autre pitre hurle de rire avant de se reprendre. Vous gênez pas, j'ai toujours rêvé de voir comment c'est de l'autre côté. Lance t-il avec un sourire glaçant dessiné d'une oreille à l'autre sur son visage.

Le mystère quant à son identité est celui qui me trouble le plus, mais les informations qu'il pourrait détenir sur Rouge sont de loin les plus utiles, il n'a pas l'air prêt de parler ni de son identité, ni de Rouge. Il semble n'avoir rien à perdre... C'est vraiment embêtant. Les gens qui n'ont rien à perdre n'ont aucune raison de parler... Ou de se taire ? N'y a t-il pas une chose qu'il pourrait toujours perdre ? Il nous sert à rien, le temps qu'il ouvre la bouche on aura déjà montré à son maître l'autre côté avant lui. Lance Eden à notre attention, s'étirant comme si de rien était. Je suis sûr qu'elle dit pas ça par hasard, on doit se taire, on doit pas se contredire devant un otage, on a déjà suffisamment perdu en crédibilité jusqu'à maintenant.
Je dois lui faire confiance.

Je me contente de hausser les épaules et prend mon sac sur mon épaule, Eden sort sa baguette, Athéna, elle, me rejoint. Quant à Prince, il éclate de rire comme il ne l'avait jamais fait jusque là. Il avait rit, éclaté de rire, explosé de rire c'est sûr, mais là, à le voir à l'entendre on dirait vraiment que c'est particulièrement forcé. Il a la bouche tellement ouverte que ça doit lui faire mal, on voit toutes ses dents jusqu'à son palais, et on doit l'entendre d'hyper loin. Merde. Et si c'était un signal depuis tout à l'heure ? Pour alerter ses camarades ? VOUS ? VAINCRE MON MAÎTRE ? Il rit de plus belle, rampant au sol. C'est un spectacle particulièrement terrifiant... Pourtant c'est un homme qui rit. Mais son rire est horrible et strident, lourd et fort, ses lèvres et ses joues semblent se déchirer et sa mâchoire se tordre, il y'a un torrent de larmes qui coule de ses yeux, de la morve et de la bave de sa bouche et son nez, il se crispe et se crispe encore. Tu sembles nous en croire capable en tout cas... Commence Eden, un léger sourire au coin des lèvres. Comment peut-elle prendre du plaisir à ça ? C'est un vieux qui se tord au sol. Si tu crois devoir le protéger de nous. S'il pouvait se protéger tout seul tu n'hésiterais pas à nous révéler sa position. Lance t-elle en haussant les épaules, un sourire sur le visage. L'homme rit de plus en plus fort, ce que je ne croyais pas possible.

En fait... Il bouge bizarrement la bouche, j'ai l'impression qu'il essaie de parler ? Il prend un teint rougeâtre, je crois qu'il n'arrive plus à respirer. Eden et Athéna sont déjà sur le coup, j'essaie de lancer un sortilège pour désobstruer sa trachée, son œsophage, je lance même un sortilège de paralysie, mais il continue de rire et son teint vire au violet. Il se crispe sur lui-même et ses liens invisibles cèdent, ils amènent ses mains à son cou, mais rien n'y fait. On a beau lancer des sorts pour l'empêcher de rire, le figer, le soigner, lui donner de l'air, rien n'y fait. Son teint vire finalement au bleuâtre, ses yeux sont tellement écarquillés et remplis de larmes, on a tout les trois arrêter de lancer des sorts. La scène est... La scène est immonde...
Il continue de rire, ça fait quelques minutes maintenant qu'il a laissé tomber ses bras, il continue de rire au sol, mais c'est sûr qu'il a perdu connaissance, son torse se soulève du sol comme pour mimer le rire, mais il n'y a plus d'air qui entre ou qui sort, plus de son, il a l'air de rire, mais le silence est absolu.

Ça fait que quelques minutes, mais j'ai déjà vomit deux fois. Je ne crois pas que c'était un signal. Rouge a dû lui lancer une malédiction pour l'empêcher de parler. Déclare Eden, je suis d'accord avec elle. On devrait pas rester là. Signe Athéna avec une expression grave qu'on ne lui voit pas souvent.
Remarque, face à cette scène, je doute que qui que ce soit reste de marbre. Moi en tout cas je peux simplement pas.

Ce que je vais faire me dégoûte, mais j'ai pas le choix. Attendez... Je demande alors qu'elles ont déjà commencé à partir. S'il vous plaît... Je dois faire quelques derniers ajustements, je ne sais pas si il est mort, mais je dois abréger ses souffrance. Avada... Kedavra. Je lance, c'est bien ce que je me disais, son corps continue à bouger alors qu'il est mort. J'ai toujours penser que le sortilège de la mort, qui nécessite de vraiment vouloir la mort de la cible, nécessitait de mauvaises intentions.
Vouloir la mort de quelqu'un, c'est forcément mauvais, cruel et violent. Mais là... Même si c'était notre adversaire et notre ennemi, je pouvais pas le laisser dans cet état. Il aimait son maître je crois, Rouge, et il est probable que ce soit ce même maître qui lui ait infligé un tel supplice. C'est horrible, vraiment horrible... Je voulais sa mort pour protéger ma famille, et j'ai finis par donner à ce "Prince" la mort parce que je supportais pas sa situation... Je suis si faible.

Je crois voir quelque chose dans l'intérieur de sa cape, ce qui semble être... Un journal ? Oui.
Je me dépêche de l'ouvrir et de le feuilleter rapidement, finalement on aura quelques réponses.
Merci... Je murmure. Son visage a une bouche grande ouverte, il ne s'est pas arrêté de sourire, c'est horrible. Mais ce qui est encore plus horrible, c'est que je vais lui voler sa cape. Il y'a des trucs intéressants dedans. Et ce chapeau est suspect, et si... Oh. C'est un chapeau sans fond. Comme un sac. Je le balance à Eden pour qu'elle y jette un œil.

J'essaie de lui fermer la bouche et les yeux manuellement, mais dès que je le fais ils s'ouvrent à nouveau. Je pense que je vais simplement traîner son corps et le jeter dans le labyrinthe, l'entrée change régulièrement de toute façon, et on a pas le temps de creuser un trou. Surtout si un tas d'autres ennemis nous attendent. Berk. J'ai envie de vomir.

Mais j'arrive quand même à le mettre dans le labyrinthe, on a plus qu'à continué notre route.
La prochaine destination c'est l'Allemagne, papa parle allemand donc il est possible que Rouge y soit... Mais c'est pour une autre raison qu'on s'y dirige.

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PARTIE 4 : En marche (Partie 1)






Ça fait au moins huit heures qu'on marche et le soleil ne se couche que maintenant, la nature est vraiment trop injuste. On peut s'arrêter ? Je demande à Eden, elle s'arrête et se tourne vers moi, avant d'examiner les alentours. C'est elle qui prend toujours les décisions les plus importantes, normale, c'est l'aînée et la plus forte. La plus intelligente, la plus charismatique et tout un tas de "la plus" que je ne supporte pas vraiment. À côté d'elle, nous, on est pas grand chose Athéna et moi. J'aime pas devoir lui demander si on s'arrête et me plier à sa volonté quelque soit sa réponse CONSTAMMENT. Devoir attendre qu'elle finisse d'examiner les alentours pour qu'elle décide si on s'arrête, où on campe, quand on se réveille, et d'un autre côté je sais que si je prenais cette décision moi-même elle m'écouterait pas et m'abandonnerait ici sans hésiter, Athéna quant à elle, m'abandonnerait après avoir hésiter...
C'est certain. C'était pas comme ça à l'époque, pourquoi est-ce qu'à Poudlard on était plus proche que maintenant alors qu'à Poudlard bien plus de choses nous séparaient...

Je soupire, et elle se décide enfin à me répondre. On s'installe ici pour la nuit, Athéna prépare le repas, Adonis monte la tente. Ordonne t-elle. Moi je vais placer des pièges et alarmes. Déclare la cheffe, elle part sans même prendre la peine d'attendre notre confirmation, c'est pas comme si elle en avait quelque chose à faire, elle comptait partir seule après tout.

Mais tout de même, on est pas des chiens quoi... Si ? Un peu j'ai l'impression, celle de n'être qu'un chien qui suit son maître jusqu'à la mort. C'est vrai quoi, elle donne un ordre et je cours l'exécuter, elle trouve des noix et on se sent comme des incapables, sérieux, c'est pas si compliqué de trouver des noix en particulier quand on est sorcier. Mais on ne peut pas en trouver puisqu'on est obligé de rester au camp Athéna et moi comme si on était des enfants et pas des sorciers diplômés. D'accord, je l'admet, mon parcours vaut moins que celui d'Athéna et encore moins que celui d'Eden, mais il vaut quelque chose. Et Athéna devrait avoir le droit de chercher des ingrédients, je plaiderais sa cause quand elle reviendra. En attendant, je sors la tente de son sac et la déplie en un coup de baguette. Je sais bien que je suis pas le plus utile du groupe, mais de là à me donner une tâche qui prend littéralement quelques secondes...

Je m'assied et regarde Athéna installer ce dont elle a besoin pour faire le repas, probablement un autre ragout. On a acheté des tomates, des oignons, des carottes, des pommes de terre un poulet, je vois mal quoi faire d'autre qu'un ragout.

Athéna est grande, elle n'a probablement pas besoin d'aide. Je devrais demander ? Probablement... Mais si elle dit oui je devrais l'aider à faire quelque chose de particulièrement facile, et j'ai aucune envie de faire ça. Je pense qu'il serait plus intéressant et plus important pour l'intérêt du groupe que j'étudie le journal que j'ai choppé sur Prince... Alors, voyons voir, "compte-rendu expérience n°6". Ce n'est pas un simple journal, c'est un compte-rendu, à qui ?
Peut-être à Rouge ? Probablement à Rouge.
Chaque page est datée, apparemment il serait arrivé ici il y'a un peu plus de deux ans, son but était d'explorer le labyrinthe caché dans le château de Pierrefort, mais il n'explique pas comment il a trouvé ce labyrinthe, ni qui l'a envoyé. Nous on a été amené par ici un peu par hasard, on cherchait Rouge et on a entendu d'étranges rumeurs donc on a exploré, mais c'est bien par hasard qu'on a trouvé le passage. Lui savait. Comment ? J'ai l'impression de trouver plus de questions que de réponses dans ce journal. Prince aurait arpenté le labyrinthe pendant longtemps sans rien faire si on en croit ces pages presque blanche, la version de Prince et celle de l'auteur de l'autre journal coïncident j'ai l'impression. Apparemment, il essayait de cartographier le labyrinthe, tout ça pour arriver à la même conclusion que nous, le labyrinthe bouge. Seulement, il semble avoir été bien plus discret avec lui qu'avec nous. Prince raconte être sorti pour faire l'expérience de la différence temporelle ? C'est... Étrange. Toutes ses pages ne sont pas pleines, mais certains passages sont hyper fournis avec des formules incompréhensibles, il étudiait visiblement cette magie qui influe sur le temps. Je feuillette les pages et soit je tombe sur des pages presque blanches, soit des pages tellement fournie que j'ai du mal à déchiffre les chiffres, les symboles, les lettres, il y'a des annotations partout, des schémas, des feuilles qui dépassent, qui que soit la personne qui l'a envoyé ici, Prince devait avoir vraiment confiance en sa capacité à le déchiffrer. Non mais, j'arrive même pas à le lire.

L'autre journal était bien plus facile à lire et pourtant celui là me prendra bien moins de temps à être lu.

Oh ? On arrive à un passage intéressant, je crois que... Je crois qu'il commence le chapitre sur la colonie de cocatris. Il explique comment il a fait pour en créer, ainsi que les limites du rituel.
Le bon à suivre, et il ajoute plein de détails. Au final il dit n'avoir pas pu créer plus de cocatris en raison du manque de ressources, il raconte leur évolution, leur développement, leurs capacités, pourquoi ? C'est rageant. Il répond à une question et en pose mille autres, puis petit à petit il a de moins en moins de choses à dire. Des pages blanches, des dates et des pages blanches, "rien à signaler" encore et encore. Jusqu'à ce que finalement... Il dise avoir mené un groupe de personnes potentiellement à la recherche de Rouge au labyrinthe, puis deux-semaines plus tard que personne n'est sortie. Plus les pages passent, plus il répète l'opération souvent, ça doit être pour ça que ça a commencé à attirer l'attention...

Je pense qu'on peut légitimement supposer que c'est Rouge qui l'a envoyé, par contre, pourquoi ? C'est une toute autre question. Il ne révèle rien de très utile sur Rouge... À un détail près. On est pas les seuls à être, ou au moins à sembler être à sa recherche. Il semblerait que Prince ait parfois réunis quelques informations sur ces personnes, elles ne sont plus vivantes, mais ça peut nous aider. Ma plus grande inquiétude c'est qu'on a quand même été pas mal de groupes à croiser la route de Prince, pourtant il ne reste pas loin du labyrinthe. La piste qui nous a mené ici nous a mené dans la gueule du loup. On a beau de rien savoir sur Rouge, on sait au moins qu'il faut nous remettre en question, et agir avec plus encore de prudence.

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Fanfiction Le heaume rouge En cours
PARTIE 4 : En marche (Partie 2)






En relevant le nez du journal, je remarque qu'Eden est assise à côté du feu avec Athéna, à se réchauffer. Encore heureux qu'elle passe pas vingt minutes à nous protéger, je me croirais presque en danger. Prince a mit les cocatris dans le labyrinthe, et c'est probablement lui qu'a vu l'auteur, c'est aussi lui qui est responsable des mystérieuses disparitions aux alentours du château. Je commence, j'essaie de prendre le plus important, Eden n'est pas vraiment du genre patient. Il était là pour l'étudier, probablement sur ordre de Rouge... Je déclare, Eden garde le silence. J'ouvre le journal au début des formules concernant le portail, me lève et le lui donne. Eden a toujours été une tête en maths, comme papa. Les sorts dont elle est à l'origine dépendent très fortement de formules, c'est une des raisons pour lesquelles elle est aussi puissante. On ne reproduit pas ses sortilèges "par hasard" et ce ne sont pas non plus des sortilèges "communs". Non. Elle utilise des formules, des schémas, et tout un tas d'outils incompréhensibles pour lui permettre de déchiffrer et d'utiliser des lois scientifiques qui n'intéressent généralement que les moldus comme les lois de Kepler, moi j'y comprends rien, mais je l'ai entendu en parler y'a quelques années et je ne me suis renseigné qu'une fois, ça m'a suffit pour comprendre que c'était vraiment pas pour moi.

Si une personne peut déchiffrer ces symboles c'est bien elle. Tu y comprends un truc ? Je demande alors que je m'assois à côté d'elle. La regardant le nez dans le journal, le lire avec une attention toute particulière, quelque chose me dit qu'elle y comprend en effet quelque chose. Rapidement, Athéna se rapproche pour se pencher au dessus du journal, comme si on pouvait y comprendre quoique ce soit par procuration. Au vu du temps qu'elle met, je me dis que je devrais pas m'occuper à l'observer, j'ai des choses à chercher, d'abord dans la cape du vieux, et dans son chapeau aussi. Je les avais mit dans mon sac car on sait jamais ce que peuvent receler ces objets, j'ai été imprudent en les touchant à mains nus au seul prétexte qu'ils n'ont eu aucun effet visible sur leur précédent propriétaire.

En fouillant la cape, je découvre une petite sacoche et quelques bourses, je les mets à côté et continue de chercher, mais rien, enfin, elle a pas mal de poche et des lanières pour y placer son journal et son stylo visiblement à billes. La cape empeste, je continue à chercher, mais y'a rien de plus intéressant que ce que j'en ai déjà sorti. Pas de poche cachée, ni quoique ce soit du genre, les sortilèges sont formels. C'est une cape ordinaire... Elle ne révèle pas non plus de traces de magie. Au tour du chapeau, je lance un sortilège pour en vider le contenu, mais rien n'en sort. Y'avait juste des bourses avec de l'argent dedans. Me lance Eden dans mon dos. Je lui lance un regard par dessus l'épaule juste à temps pour esquiver lesdites bourses. Alors ce journal ? Je lui demande.

Elle a peut-être découvert un truc intéressant après tout, c'est son domaine. Il décrypte les propriétés magiques et physiques du portail... Mais rien d'utilisable. Précise t-elle en me renvoyant le journal, que j'attrape cette fois. Comment ça pourrait se révéler inutilisable ? On peut toujours retirer des leçons de tout non ? Elle peut pas s'y connaitre suffisamment en magie temporelle pour trouver ça complètement inutile, si ? Comment ça pourrait être inutilisable, y'a plein de formules ! Si y'a des formules, et qu'elle comprend les formules, alors c'est utilisable, non ? Je comprends que ça puisse être maigre ou ou compliqué, mais de là à dire que c'est inutilisable alors que clairement, elle comprend ce que c'est et peut le lire, j'y crois moyen. Je me lève et m'approche pour lui parler. Rien ne garantit que ce qu'il a écrit est vrai, ou que je l'interprète correctement, je pourrais confondre un a, un e, un alpha et un delta. Commence t-elle avant de s'appuyer au sol pour lever le nez vers moi avec un sourire carrément moqueur. Sans oublier que la magie du temps est une magie interdite. Conclut-elle, mais c'est faux. C'est qu'une règle que papa a inventé, et puis, mieux vaut la connaître et l'éviter que l'éviter sans la connaître. Puis il y'a bien le sortilège de pause et celui de ralentissement qui sont utilisés parfois. Il y'a aussi les recherches sur les retourneurs de temps et sur les voyages temporels. Tiens, tu connais ce mot toi ? Je lui lance, je peux comprendre qu'elle veuille pas, mais qu'elle évite de se moquer de moi avec son sourire débile. Qu'est-ce que ça veut dire ? Elle me demande alors qu'elle se lève et me prend de haut, je crois que je la préférais quand elle souriait. T'écoute jamais personne, mais tu vas écouter une règle énoncée par un type probablement mort ou fou depuis des années. Ça me pince un peu le cœur de réduire papa à ça, seulement j'aimerais bien comprendre pourquoi elle se fout de moi, le seul moment où je l'encourage à faire quelque chose d'interdit elle trouve que c'est "trop" ?
C'est de la provocation.

Elle s'approche de moi avec un regard ou une gueule d'ours, un peu des deux. Tu sais rien de la magie du temps. Elle déclare, mais c'est faux. J'en sais moins qu'elle probablement, mais j'en sais quand même. Papa aussi m'a fait des leçons, et moi aussi j'ai été attentif. Je sais parfaitement que la magie du temps est la magie qui comporte le plus de dangers, mais je sais aussi que la seconde magie la plus dangereuse c'est la magie de l'espace, et qu'on l'utilise sans en avoir rien à faire. On transplane pour aller au marché, on agrandit l'espace dans nos sacs, on ouvre des portails pour aller d'un pays à un autre, on attire, on repousse, et c'est sa magie de prédilection. Donc aucun problème avec la magie spatiale, mais la magie temporelle c'est trop ? Je réplique, m'avançant à mon tour. Elle se se balance en rigolant presque. T'y connais rien haha, c'est ridicule. Admet-elle. J'abandonne, franchement elle m'énerve. Je vais dormir, bonne nuit. Je déclare en entrant dans la tente, je mangerais demain tant pis.

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha