Quelle poisse !
Vendredi 10 Février 2051
Fin de journée
Veille du match contre les Crochets d'Argent
Fin de journée
Veille du match contre les Crochets d'Argent
Claudiquant lentement, drapée dans une sorte de dignité déchue, Constance passe le seuil de la salle d'attente. Visage pâle, sourcils froncés, elle scrute d'un air bougon la pièce avant de s'installer sur le bord des fesses sur l'un des sièges. Elle ne tient pas plus de trois secondes, la douleur la transcendant d'un coup. Se relevant prestement, elle clos les paupières, un gémissement étouffé entre les dents. Quelques jurons bien sentis traversent son esprit à la même vitesse - ou presque - que l'élancement qui traverse son épaule, son dos, ses côtes, sa poitrine. Elle avait un sacré mal de chien. Comment pouvait on avoir aussi mal ? Comment était-ce possible ? Il ne fallait pas être médecin pour comprendre : elle s'était pété quelque chose. Et bien comme il faut vu les signaux de douleur que son corps lui renvoyait en pleine face.
Mais si la douleur était la seule... si seulement. Elle était en colère. La moutarde lui piquait le nez, la gorge, les yeux. Elle s'en voulait de ne pas avoir vu le cognard à temps, d'avoir redressé le manche de son balai si tardivement. Et puis, fichu cognard hein. Elle n'en voulait pas au partenaire qui avait fait son job. Ce n'était pas en se contentant de se faire des passes et tirer qu'elle se préparerait correctement pour affronter les Crochets. Car ils ne seront pas tendres, ça elle s'en doutait. Visiblement, elle avait encore du chemin à faire en terme d'évitement du cognard. Et d'encaisser celui-ci.
Penser à tout cela en cet instant avait le don de lui changer les idées. Mais la douleur, elle, était plus forte que la volonté. Lancinante, sournoise, la moindre respiration était comme un invitation. Et sa détermination à garder le contrôle faiblissait, remontait la pente puis redescendait deux fois plus.
Des larmes non-invitées perlent à la bordure de ses cils et d'un geste rageux, Constance les essuie de son bras valide - ce qui lui arrache un grognement sans équivoque : même bouger le bras non-douloureux, qui était attaché à son buste aux dernières nouvelles, faisait mal... là où elle avait mal.
Une chute bête. Une purée de purée de chute bête. Pitoyable. Et demain, si j'la recommence ? Se moquera-t-on de moi ? Non, faut pas qu'j'pense à ça. Faut pas. Faut rester focus sur le match, voilà. J'suis pas en sucre. Il va m'réparer ça en deux temps trois mouvements, une potion anti-douleur et hop !
Debout, dans une posture se rapprochant plus d'un oiseau à l'aile brisée que d'une combattante résiliente, Constance ferme à nouveau les yeux, tentant de se concentrer sur quelque chose. N'importe quoi plutôt que la douleur. Elle avait entendu parler d'une technique. Se concentrer sur sa respiration ne fonctionnait pas là maintenant. Bon sang de bon sang. Nom d'un fléreur mutilé ! Aaargh. NON ! NON, ça va aller... ça... va... aller. Respiiiire.
Alors elle tenterait cette technique pas encore essayée : Concentre-toi sur un truc que tu vois. Que tu entends. Que tu sens. Okay. Okay !
Rouvrant les yeux, la Cinquième Année serre les dents, expulsant l'air par le nez et jette un regard à la ronde, dans le silence bienvenu de la petite pièce.
Je vois... le tableau de l'infirmière.
Elle croise à peine son regard qu'elle détourne le sien pour éviter de pleurer.
Fo-cus.
J'entends...
Les battements de son coeur ça fonctionnait ? Bon, d'accord...
Les idiots qui courent dans le couloir. Voilà.
Hmmpff.
Je sens...
La douleur, en dessous du cou, à l'épaule, tout son torse en fait...
Rien du tout, pas d'odeur ! Grr. Ils pourraient pas mettre un truc, genre de la fleur d'oranger par exemple ? Ça sent bon ça !
La porte s'ouvre alors d'un coup et un visage familier apparait. Mr O'Belt. C'est pas trop tôt ! s'insurge-t-elle intérieurement mais le regrettant presque aussitôt. La souffrance mettait clairement ses nerfs à rude épreuve.
Sans un mot, l'adolescente, qui sent une boule de pétanque grossir dans sa gorge, suit l'adulte, le regard sur ses souliers. La honte. La honte était un sentiment presque aussi fort que la douleur.
__________
699 - @Diarmuid O'Belt comme convenu
J'ouvrirai par la suite le RP aux visites
Dernière modification par Constance Nelson le 23 août 2026, 18:57, modifié 1 fois.
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Quelle poisse !
Si Diarmuid savait que l'infirmerie pouvait accueillir des jeunes blessés il y vit toutefois des moments dans la semaine où il s'y attendait plus qu'à d'autres. Certains cours présentaient plus de risques d'accidents divers par exemple. Et puis il y avait les matches de Quidditch, un sport aussi exaltant qui propice à amocher les jeunes gens. Ainsi ce vendredi, veille de match, il n'était pas totalement surpris de voir débarquer une joueuse qui affichait sa douleur sur son visage.
Le pédiatromage lui offrit un sourire bienveillant et l'invita à entrer puis à s'installer sur la table de consultation. Ça lui avait paru préférable de faire ainsi plutôt de que commencer l'entretien au bureau. Elle avait l'air particulièrement douloureuse. Et pour cause, l'examen lui révéla qu'il ne pouvait pas en être autrement. "Miss Nelson?" Dit il pour attirer son attention tout en cherchant comment il allait bien pouvoir lui annoncer son diagnostic mais surtout le traitement et ses conséquences. "Vous avez une fracture plutôt compliquée du coude." Finit-il par dire avant de donner plus d'informations pour que cela soit plus clair. "Il y a beaucoup de fragments osseux."
Il fit une pause puis désigna l'épaule de l'adolescente, "la clavicule aussi est abîmée," il fallait comprendre fracturée, elle aussi. "Il va vous falloir plusieurs dose de potion Poussos." Annonça-t-il alors, bien conscient que cela risquait de ne pas plaire. Les effets étaient connus pour être désagréables si ce n'était douloureux, et ce malgré les potions pour gérer la douleur. "Vous allez devoir rester quelques temps. Au moins jusque dimanche." Tout dépendrait de la manière dont son corps répondrait au traitement, ça il ne pouvait pas le prévoir.
Dis moi si ça te convient ainsi! Et aussi quand tu aurais besoin de moi à nouveau!
Le pédiatromage lui offrit un sourire bienveillant et l'invita à entrer puis à s'installer sur la table de consultation. Ça lui avait paru préférable de faire ainsi plutôt de que commencer l'entretien au bureau. Elle avait l'air particulièrement douloureuse. Et pour cause, l'examen lui révéla qu'il ne pouvait pas en être autrement. "Miss Nelson?" Dit il pour attirer son attention tout en cherchant comment il allait bien pouvoir lui annoncer son diagnostic mais surtout le traitement et ses conséquences. "Vous avez une fracture plutôt compliquée du coude." Finit-il par dire avant de donner plus d'informations pour que cela soit plus clair. "Il y a beaucoup de fragments osseux."
Il fit une pause puis désigna l'épaule de l'adolescente, "la clavicule aussi est abîmée," il fallait comprendre fracturée, elle aussi. "Il va vous falloir plusieurs dose de potion Poussos." Annonça-t-il alors, bien conscient que cela risquait de ne pas plaire. Les effets étaient connus pour être désagréables si ce n'était douloureux, et ce malgré les potions pour gérer la douleur. "Vous allez devoir rester quelques temps. Au moins jusque dimanche." Tout dépendrait de la manière dont son corps répondrait au traitement, ça il ne pouvait pas le prévoir.
Dis moi si ça te convient ainsi! Et aussi quand tu aurais besoin de moi à nouveau!
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Quelle poisse !
Samedi 11 Février 2051
Jour de match Crochets d’Argent - Hel's
Jour de match Crochets d’Argent - Hel's
Météo indiquée pour le match de 14h : 3°C dehors et risque de chutes de neige
Allongée dans les draps immaculés, elle regardait le plafond d'un air résigné. Alors qu'intérieurement, elle bouillait.
Quand j'pense qu'je devrais être dehors, au Terrier, en train d'me préparer pour le match. Quand j'pense que j'vais rater le match. Rater le match. Grr j'y crois pas. J'y crois pas.
Ses prunelles noisettes luisaient d'une lueur plus sombre et ses mâchoires contractées témoignaient d'une certaine agitation mentale.
La veille, elle s'était entraînée pour le match d'aujourd'hui. Le deuxième de la saison, contre les Crochets d'Argent. Le calendrier des matchs était clair, limpide : trois matchs pour chaque Maison répartis sur l'année. Le premier joué fut contre Serdaigle, en novembre, et malgré une remontada en fin de partie, les Ailes d'Airain avaient remporté le score. Dix points d'écart, c'était peu mais c'était le jeu. Dans tous les cas, il fallait un gagnant et un perdant. Peu importe l'issue du match il fallait se concentrer sur la qualité des actions effectuées.
Cette année, elle avait quitté l'équipe de Cheerleading pour intégrer les Hel's. Elle avait été recrutée en même temps que ses cadets Lukas, Elena et Ashley. Et au premier (et dernier) match officiel auquel elle avait participé, elle s'était mesuré au talentueux Attrapeur James. Résultat ? Elle avait coursé du viffet et le vif d'or sans en attraper aucun. Et elle s'était pris un cognard qui lui avait valut un beau gros bleu et quelques courbatures dans l'épaule. Merci Astrid.
Le second match était prévu pour aujourd'hui et elle n'y serait pas. Quelle frustration ! Quelle injustice ! Alors oui, elle serait sûrement d'attaque pour le dernier prévu en mai, pour autant elle se sentait habitée par une frustration sans nom en cet instant, n'arrivant pas à se concentrer sur autre chose. Elle avait tellement attendu ce deuxième match pour prouver à Kate et ses coéquipiers qu'elle était capable, qu'elle pouvait elle aussi participer à la réussite d'équipe. Car si les Hel's avaient réussi à remonter le score au dernier match, ce n'était pas grâce à elle. Enfin, c'était son point de vue. Alors que là, elle espérait pouvoir démontrer ses capacités en tant que Poursuiveuse, un poste un peu moins compliqué qu'Attrapeur à ses yeux bien que plus risqué avec la menace du Cognard. De toute façon, il n'y avait pas de poste "parfait".
Oui mais voilà, la veille, elle s'était entraîné une "dernière" fois. Pour se rassurer, et car le mantra "plus tu t'entraîneras et plus ta chance de vaincre augmentera" tournait en boucle dans sa tête. Tout aurait pu bien se passer. Sauf qu'elle s'était pris le cognard avec plus de force qu'elle ne s'attendait - ou bien était-ce la fatigue ? - et sonnée, avait chuté droit vers le sol avec un peu trop de vitesse. Heureusement, dans sa malchance, son instinct de survie s'était mis en alerte rouge alors que l'herbe se rapprochait dangereusement et elle avait redressé le manche in extremis. Mais pas assez vite. Pas assez. Elle s'était écrasé pitoyablement au sol. Avec un gros CRAC qui avait résonné à travers son corps. Et une clavicule en moins, une ! Et un coude en morceaux, un ! Le même bras qui s'était pris le cognard au match quelques mois plus tôt, bien évidemment.
Après la stupeur, la douleur. Puis la colère. Envers soi-même. Constance avait filé à l'infirmerie, claudiquant mais drapée dans sa dignité déchue - contenant tant bien que mal la souffrance entre ses dents. Elle croyait dur comme fer que Monsieur O'Belt pourrait la réparer en deux temps trois mouvements. La Magie faisait bien les choses n'est ce pas ?
Oui mais non, en fait. La Médicomagie répare mais n'efface pas la convalescence obligatoire. Et qui dit clavicule et coude fracturés induit un traitement douloureux et une convalescence prolongée. "Vous allez devoir rester quelques temps. Au moins jusque dimanche." lui avait précisé Mr O'Belt. Jusqu'à dimanche ! Au moins !? Purée de purée de brocolis.
Et un match raté, un ! Elle ne pouvait même pas se déplacer dans les Tribunes ! Pourtant, bien qu'elle ne s'en rendait pas compte maintenant, cela était un mal pour un bien. Assister dans les Tribunes, impuissante, au match l'aurait abîmée mentalement et augmenté sa souffrance physique.
Dorénavant, il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Attendre et ronger son frein.
Purée de purée de brocolis. Qu'est c'que je suis vénère. Et ça fait un mal de chien en plus. Oui, Constance n'avait pas passé la meilleure nuit de sa vie quelques heures plus tôt. Elle avait beau vouloir ignorer la douleur et se montrer résiliente, sa détermination avait été vaincue par le traitement au Poussos, reconnu pour son efficacité à la hauteur de la douleur ressentie. Il faut souffrir pour guérir apparemment. Nom d'un éruptif éclaté au sol.
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RP libre
Priorité aux Hel's @Kate Hunter @Elijah Coyle @Ashley Houston @Brynn Wathen @Lukas Sharp @Elena McFly et à ses amis Poudlardiens comme @Lily Dawson
Vous pouvez venir avant le match inrp et/ou après. Si vous avez des questions, vous savez où me trouver
@Diarmuid O'Belt merci pour le diagnostic
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Quelle poisse !
Après le match
Lily n’avait pas su tout de suite que Constance se trouvait à l’infirmerie.
À vrai dire, elle avait été toute la journée sur un petit nuage. Et pour cause : elle était allée visiter l’ISMI ! Le campus était génial, elle avait vu Leo, Elfie et Ennis, et plein d’autres personnes, puis elle avait eu une réponse à un tas de questions… Bon, ça ne l’aidait pas du tout à faire son choix et, si elle le pouvait, elle ferait un triple cursus Quidditch, courses et équitation sorcière ! Mais elle avait adoré ce moment en compagnie de Lyam, puis de Winter et Alyssa, et elle y retournerait le lendemain avec le Programme Espoir, pour son plus grand bonheur.
C’est pour cela qu’elle n’avait pas appris la chute de son amie, ayant traîné trop longtemps pour arriver à l’heure pour le match. Il était vrai que son absence à la porte ouverte l’avait beaucoup surprise, elle qui aimait le vol et les chevaux tout comme elle, mais elle n’avait pas osé demander à Hunter ou un autre de ses coéquipiers. Peut-être qu’elle se reposait, ou bien qu’elle s’entraînait pour la match de l’après-midi, après tout. Elle savait que la Poufsouffle se mettait pas mal la pression pour le réussir, ce qu’elle comprenait parfaitement. Ce n’est qu’en prenant la direction du stade, en retard, pour s’enquérir du résultat auprès de quelques supporters assidus qui en sortaient qu’elle apprit la nouvelle : Constance n’avait pas joué. Elle avait chuté la veille et était clouée à l’infirmerie.
Un peu sous le choc et honteuse de ne pas avoir cherché à savoir plus tôt, Lily s’était donc précipitée à l’infirmerie pour voir comment elle allait. En chemin, son cerveau fonctionnait à toute allure pour savoir comment aborder sa camarade sans faire de gaffe. Elle devait être si frustrée, elle qui espérait tant pouvoir jouer ce match ! Et l’ISMI, ne l’avait elle pas manquée à cause de cette blessure ? Se mettre à sa place était une véritable torture, et jamais la gryffonne n’aurait supporté un tel revirement de situation.
C’est donc peinée, et un brin penaude que la cinquième année se présenta dans la salle de repos et chercha le lit de Constance. Lorsqu’elle la vit, elle perdit son pas hésitant et courut jusqu’à elle.
Ça… comment ça va ? Pas trop mal ?
Finalement, ce ne furent que les banalités qui parvinrent à sortir de sa bouche, d’une voix un peu éraillée et empreinte d’une culpabilité palpable. Désolée de pas avoir pu venir plus tôt, et que t’aies pas pu jouer aussi, voilà le sous texte qu’elle ne put pas prononcer. Quand au résultat de ce match, elle n’avait même pas pris la peine de le demander, finalement, et était repartie aussitôt qu’elle avait appris la nouvelle. De toute manière, elle ne se sentait absolument pas légitime pour les lui dire.
Parce qu’elle n’avait pas assisté à la rencontre.
Parce que c’était aux Hel’s de lui dire.
Et parce qu’elle s’en voulait trop.
501 mots
@Constance Nelson j’espère ne pas avoir écrit de bêtises, dis-moi si c’est le cas
Pareil pour les Hel’s, dites-moi s’il y a quoi que ce soit à modifier !
En tout cas merci pour cette mention
