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PARTIE 5 : L'œil (Partie 1)






Comme d'habitude je suis le premier levé, en même temps, je suis aussi le premier à m'être couché. Je me mets près du feu pour le surveiller et je pense que je vais en profiter pour me débarbouiller un peu le visage. Un coup de baguette sur ma gourde et un peu d'eau en sort, suffisamment pour me réveiller, balancé au visage j'ai la gueule mouillée, mais au moins je suis réveillé. Je vais en profiter pour manger ce qu'il reste de ragoût, nettoyer le pot, et faire le petit-déjeuner.

Hmm... Hmm c'est trop bon, c'est moelleux, doux, et chaud, j'adore. J'avais trop faim hmm. Ça fait du bien franchement je kiffe... Plus qu'à nettoyer le pot. C'est la même chose depuis une semaine, tout les jours, enfin, sauf l'épisode du labyrinthe, mais avant ça c'est clair que c'est toujours la même chose. On marche, on s'arrête, on mange, on continue de marcher, puis on s'arrête, Eden place des sortilèges défensifs, Athéna fait la cuisine, je monte la tente. On mange, on dort, on mange, et on marche. Ça devient lassant, j'ai pas l'impression qu'on s'approche un tant soit peu de notre objectif, il y'a que Prince qui nous en rapprochait et non seulement on l'a croisé par hasard, mais il ne nous a absolument rien appris. Il est juste mort.

Je suis pas un mathématicien ou quoique ce soit, mais je sais qu'on peut pas se reposer sur des probabilités hasardeuses pour retrouver quelqu'un qui pourrait être n'importe où. Il nous faut un plan, mais connaissant Eden ce sera toujours elle qui en fait qu'à sa tête et nous qui allons suivre comme des bons petits toutous. D'autant que je sers à rien moi... J'ai pas les compétences de mes sœurs, ma seule utilité dans ce voyage semble se résumer à porter le gros sac et monter la tente... En partant je pensais sincèrement que je pourrais me rendre utile, et je pouvais pas non plus laisser Eden partir seule, peu importe à quelle point elle est forte.
Tout ça pour me rendre compte que je sers quasiment à rien, je suis sûr que si je m'arrêtais pendant qu'on marche, elle ne se retournerait même pas. Si je renonçais, elle ne me demanderais pas de continuer, elle continuerais à avancer sans se soucier de moi, c'est certain.

La poêle sortie, j'y craque trois œufs et deux saucisses. Je prends le quignon du pain, je viens de manger donc j'ai pas hyper faim. L'odeur des saucisses a dû réveiller Eden qui sort de la tente avec sa tête du matin, elle attend pas d'être très loin pour se verser la gourde sur la tête et aller pisser plus loin.

Athéna sort à son tour, baillant de toute sa mâchoire. Bien dormi ? Me demande t-elle, signant mollement. Ça va, et toi ? Je demande en signant, parfois j'ai juste la flemme de parler, du coup je signe et on me comprend dans tout les cas. Comme un bébé, par contre c'est nul de se réveiller plusieurs fois par nuit. Signe t-elle en réponse, souriante. Comment elle peut réussir à sourire alors qu'on est en pleine forêt, et qu'on court à notre mort, ça me dépasse. T'as raison, mais on se rendort mieux après. Je signe à mon tour. Il faut bien qu'on monte la garde et qu'on surveille le feu. Athéna se contente de rire silencieusement en hochant la tête, avant d'aller à son tour se débarbouiller le visage. Je pense que je vais en profiter pour faire la grosse commission un peu plus loin, qui sait quand notre maître décidera de notre prochaine pause.

Après avoir chié, pissé, et m'être nettoyé, je retourne au camp, mais y'a plus rien. Plus rien et plus personne, par chance, j'aperçois au loin deux silhouettes avancer. Fait chier. J'avoue que j'hésite entre faire demi-tour et les rejoindre... Merde.

Je cours à grandes puis petites foulées pour les rejoindre. Vous auriez pu m'attendre. C'est vraiment, mais alors vraiment pas sympa. C'est vrai quoi, j'ai même pas eu le temps de manger. Athéna se retourne avec un air particulièrement gêné et désolé, bien sûr que c'est pas elle qui est à l'origine de cette décision de me laisser derrière. J'pensais que t'avais fuis, comme quand on affrontait Prince. Déclare Eden sans même se retourner. Je fuyais pas, j'ai juste essayé de l'abattre au fusil. J'essaie de me défendre, mais j'avoue qu'elle n'a pas complètement tort non plus.
Peut-être bien que je suis un lâche qui ne se repose que sur les autres, mais de là à penser que j'abandonnerais ma propre famille à la première occasion ? Ah ! Lâche t-elle en rire. C'est vrai que ça nous a tellement réussi ! Lance t-elle avec ironie, et je sais qu'elle a ce sourire moqueur et qu'elle roule des yeux pour me ridiculiser. Je serre les poings et regarde le sol, je peux rien faire d'autre après tout. Elle a pas tort, j'ai manqué de toucher Athéna, je pense toujours à fuir, je suis lâche.

Ma jumelle porte sa main à mon épaule et me délivre un sourire compatissant, heureusement qu'elle est là, autrement je me sentirais vraiment seul au monde... C'est toujours pareil. Je suis toujours le petit dernier, le petit bizarre, le vilain mouton noir de la famille, le seul qui n'a pas de cornes. Mais pour autant, j'ai jamais abandonné ma famille, et elle m'a jamais abandonné non plus, c'est juste que... J'ai l'impression d'être une constante source de déception. Maman est la maître des potions du Royaume-Uni, papa était le chef du bureau des oubliettes d'Écosse, Eden est la plus talentueuse sorcière de sa génération, et Athéna marche dans les pas de maman. Pour ma part, je m'intéresse aux choses qui n'intéressent personne, les mystères, les moldus, les langues... Je suis le maillon faible, ici comme ailleurs.

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PARTIE 5 : L'œil (Partie 2)






Après quelques jours de marche on arrivait à la ville moldue de Strasbourg, mais on ne s'y pas attardé longtemps car après tout, on est pas vraiment là pour faire du tourisme. Quelques investigations nous ont menés au quartier sorcier où on a dilapidé les bourses que Prince gardait sur lui en matériel qui nous sera probablement bien utile, c'était agréable de voir que les produits ici sont moins chers que chez nous, du moins ils semblent l'être. Malheureusement, Eden n'a pas voulu qu'on ne s'arrête plus que nécessaire, ce que je trouve stupide parce que la seule piste qu'on a trouvé, on l'a trouvé dans une taverne en s'arrêtant plus que nécessaire justement. On pourrait je sais pas, demander par ci par là des informations et peut-être qu'on finirait par tomber sur quelque chose. Je sais bien qu'on est pressé, mais prendre le temps de chercher plutôt que de se diriger à l'aveugle c'est idiot. Seulement... Peu importe les remarques que je formule on me fait taire, c'est insupportable.

Une semaine plus tard on se trouvait dans un village sorcier allemand, pas n'importe lequel en fait, "Kregs-Grab", littéralement "Tombe de Kreg" en anglais. On passait souvent par ici en vacances avec la famille, Eden y est venu seule quelques fois. Pas étonnant, elle s'entend bien avec Crane, notre cousin. Enfin... Beau-cousin. Parfois notre oncle était dans le coin, mais on préférait quand il était pas là. Enfin bon, on est enfin arrivé au village de Crane, j'espère que cette fois on pourra s'arrêter et se reposer un peu, juste un peu, de quoi prendre un thé au moins par courtoisie. Eden a eu la grandeur d'âme de nous dire où on allait, mais pas celle de nous dire ce qu'on est venu chercher ici, je pense qu'elle va tenter de rallier Crane. Lui, comme toute sa famille, sont des fous furieux du même genre qu'Eden. Faut dire, c'est ce qui se fait du mieux dans notre famille, j'ai beau savoir que c'est impossible, je dirais presque que c'est dans notre sang.

J'aime bien Crane, même s'il ressemble à Eden, il n'essaie pas de toujours tout contrôler. S'il rejoignait notre groupe ce serait génial, y'aurait un autre homme et il pourrait peut-être libérer un peu Eden de la pression de tête de groupe, elle serait plus sympa et je pourrais avoir le droit à un minimum de respect. Ce serait franchement le pied.

Je crois qu'on arrive devant sa maison, un peu éloignée du reste du village. Eden remue la cloche à la porte et une un bruit de fracas se fait entendre à l'intérieur. J'arrive ! J'ai presque envie de lui crier de pas se presser, j'entends sa voix gronder à travers cette baraque miteuse, pourquoi elle est aussi miteuse d'ailleurs ? Il devrait avoir de l'argent et le double des compétences pour la réparer. J'arrive ! Remet-il, et cette fois j'entends ses pas courir au premier étage. Il y'a vraiment pas besoin de se presser hein, on partirait probablement pas sans le voir.
Eden irait jusqu'à défoncer la porte s'il répondait pas. J'arrive ! Dit-il une dernière fois alors que ses pas s'approche de la porte. Puis on l'entend retirer les verrous un à un, je le préciserais pas s'il y'en avait qu'un ou deux, même trois. Mais là j'ai l'impression qu'il y'en a dix, et je me dis qu'Eden aurait probablement pas pu défoncer la porte finalement.
Quoique... C'est Eden, bien sûr qu'elle aurait pu.

La porte s'ouvre enfin sur un colosse, il était aussi grand la dernière fois qu'on s'est vu ? Une barbe à peine rasée, un torse pas du tout dissimulé, et des cheveux blonds en bataille jusqu'à la nuque. Et rien qu'une petite serviette pour cacher le bas... Eden, Adonis, Athéna ! S'écrie l'ours avant de nous prendre tout les trois dans ses bras et de nous malaxer le haut du crâne avec son poing. Hm... Il nous a prit dans ses bras ? Me dit pas que-
Erk, y'a plus rien qui tient sa serviette.

Il a moins la décence de la ramasser et de la remettre, c'est à ce moment là qu'il aurait dû se presser, pas avant. Mes yeux ne sont plus si purs. Qu'est-ce que vous faites là les cousins !? Question légitime, mais je vais pas donner la réponse, qui sait combien de temps il a devant lui, et combien de temps Eden accepte de lui donner. Sans répondre elle entre et on la suit, Crane laisse faire et se contente de fermer la porte et de remettre tout les verrous ce qui est on ne peut plus effrayant. Faites comme chez vous ! Lance t-il, mais Eden s'est pas vraiment faite prier. J'ai à peine détourné le regard une seconde d'elle qu'à mon retour elle est sur le canapé, pieds sur la table basse, à manger des noix de cajous salées et grillées. Le grand luxe.

Je me fais une place sur le canapé pendant que Crane s'assoit sur le fauteuil, c'est vraiment moche ici. C'est délabré, sale, certes rangé, mais ça reste délabré et sale. J'arrive même à voir une fenêtre cassée et barricadée de là où je suis, avec du papier journal collé sur le trou. Les marches n'ont pas l'air fiable et je pense que je vais éviter de me risquer à goûter aux noix de cajous. Alors ? Demande Crane avec un grand sourire.

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PARTIE 5 : L'œil (Partie 3)






On est tous pendus aux lèvres d'Eden, mais elle, elle ne semble qu'avoir ses foutus noix en tête.
Je comprends pas pourquoi elle n'aurait pas pu nous en dire plus à nous d'ailleurs, c'est pas comme si on avait grand chose à se dire quand on fait dix heures de randonnées au milieu de nul part... Avant tout, t'aurais de l'eau ? Demande Eden. Crane ne se fait pas prié et se lève avec lassitude pour revenir avec une carafe d'eau. Eden regarde un peu autour d'elle. C'est toujours aussi moche ici... Elle semble pas vouloir en venir au fait, sans doute qu'elle s'amuse à nous faire poireauter. Personnellement j'y prends vraiment aucun plaisir. Si ça tenait qu'à moi j'aurais continué ma vie comme si de rien n'était, mais je peux pas rester sans rien faire quand ma mère est menacée, que ma sœur part chasser seule, et que ma jumelle la suive.

Alors quite à être là, je voudrais au moins savoir pourquoi. Je dis pas que vous devez absolument avoir une raison, mais je pensais que c'était le cas puisque d'habitude vous prévenez au moins une semaine à l'avance. Lance Crane en rigolant, au final, on saura peut-être jamais. Quoiqu'il en soit ça me fait plaisir de vous voir les Omniak, vous êtes ici chez vous ! Lance t-il alors que quelque chose semblait être tombé du plafond dans une pièce voisine, mais ça ne gêne pas Crane, il doit avoir l'habitude. Ah et... Il devient un peu plus sérieux, joignant ses mains et s'approchant un peu. J'suis désolé pour votre père, et- Eden le coupe immédiatement. On est là pour te proposer un coup. Déclare t-elle.

Je comprends que ce soit difficile d'entendre que quelqu'un est désolé pour ce qui arrive à notre père puisque ça renforce la réalité de cette situation, ce qui est désagréable, mais elle aurait dû le laisser terminer... C'est son oncle à lui aussi, et ils étaient un tant soit peu proche.
Notre famille, en dehors de la Ruche je veux dire, a été d'un soutien particulier pour nous quand papa a subit... Tout ce qu'il a subit.

Crane a l'air un peu confus, et un peu excité, c'est une sortes de curiosité qu'on peut déceler dans son expression faciale. Tu te rappelles de cet œil dont tu m'as parlé ? Demande Eden, et j'avoue que j'ai aucune idée de ce dont elle parle, sans doute une sortes d'anecdote personnelle. Crane lui claque des doigts avec un air surpris, lui doit avoir compris. L'œil de révocation ? C'est ça que tu veux ? Demande t-il, l'œil de révocation ? Ce doit être un artefact, mais en quoi pourrait-il bien nous être utile...
Toujours des questions, jamais de réponses. Eden hoche la tête et Crane affiche un large sourire.

Il tape ses mains sur ses genoux. Ça tombe bien j'avais besoin d'action ! Déclare t-il avec joie, mais, ce n'est pas... Il peut pas être sérieux. Elle peut pas être sérieuse. De l'action ? Elle va nous emmener tout droit vers un danger immense c'est ça ? C'est pas un jeu. Je déclare un peu dans ma barbe, je suis sans doute le moins bien placé dans la pièce pour émettre des réserves. Je suis le moins fort, le moins motivé, et j'ai aucune idée de quoi ils parlent. Mais peut-être qu'au contraire ça fait de moi la personne la mieux placée pour émettre des réserves. C'est quoi cet histoire d'œil ? Je demande, je mérite aussi d'en savoir plus, Eden balaie ma question du revers de la main, mais Crane se penche un peu vers moi.

Il regarde aussi Athéna du coin de l'œil, et Eden de l'autre. Y'a quelques années j'ai travaillé comme gardien du grand donjon, c'était compliqué de concilier ce taff avec mes autres activités plus... Clandestines, mais ça m'a beaucoup aidé. Il s'égare, et à le voir, il vient de s'en rendre compte. La présence de sa famille dans le milieu criminel n'est franchement pas un secret pour quiconque dudit milieu, j'en sais pas plus qu'un cousin, enfin, Eden doit en savoir plus. Mais moi j'en sais pas plus qu'un cousin devrait en savoir. Il y'avait un artefact unique en son genre. déclare le garçon, faisant monter le suspense. L'œil de révocation, un artefact capable d'annuler la magie contenue dans tout ce qu'il fixe. Oh... Oh wow.

Annuler la magie contenue dans ce qu'il fixe ce n'est pas seulement vider n'importe quel artefact de sa magie, c'est l'annuler complètement, faire en sortes qu'elle n'aie jamais existée.
J'avais vu un artefact assez rare permettant de siphonner la magie de n'importe quel objet qu'il contenait, mais un artefact permettant de l'annuler ? C'est tout simplement... Inouïe. J'imagine que le gouvernement préfère le garder dans le grand donjon pour rendre des artefacts dangereux inoffensifs, et Eden veut qu'on s'en empare... Mais c'est quand même le grand donjon, je ne m'y connais pas tant concernant cette prison, normal puisque je ne suis pas allemand. Mais je sais que c'est peut-être l'équivalent d'Azkaban en terme de sécurité... Même si la seule raison pour laquelle Eden n'a pas assiégé Azkaban, c'est en raison de la finesse que ce travail requérait. Peut-être n'est-ce pas la même chose pour le grand donjon, en plus on a quelqu'un qui y a travaillé juste à côté.

Je commencerais presque à croire qu'on a nos chances.

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PARTIE 6 : Seul






Crane se met à rire avant de se lever. Mon père arrive dans quelques jours, il pourrait nous être d'une grande aide ! Déclare Crane, ce type s'y croit déjà. "L'action" ça lui manque à ce point ? Ou tient-il si peu à sa propre vie qu'il irait arracher un des objets les plus précieux à l'un des endroits les plus gardés de toute l'Allemagne ? Je pensais que le fait qu'il ait été gardien soit une bonne chose pour élaborer un plan, mais il a l'air trop enthousiaste, trop impliqué, je ne pense pas que ce type serait capable d'admettre que c'est impossible. Il tenterait le tout pour le tout sans se poser de questions ou prendre en compte l'avis des autres, comme Eden. Dans leur tête, à Crane et à elle, c'est tout ou rien. Ceux qui les suivent doivent être prêts aux mêmes sacrifices, à assumer les mêmes risques, et à tout donner. C'est terrifiant, et ils me semblent terriblement peu fiables.

Je pensais que Crane permettrait éventuellement de rééquilibrer les balances, mais il a un pète au casque et peut-être bien que le sien est encore plus colossale que celui d'Eden. En fait... En fait je me rends compte que je ne peux pas m'avancer ainsi, je ne le peux plus. On est resté loin les uns des autres trop longtemps pour que je me permette d'émettre de telles théories. Je ne connais pas Crane, et je ne connais pas Eden. Je ne la connais plus. Avant on était presque inséparable, mais c'était avant. Les choses ont changées, on est plus les mêmes, et ça se voit.
Elle aussi s'amuse, avec Crane, même si tout ça c'est dans l'intérêt de la famille, elle prendra probablement son pied à faire tout ça et n'aurait probablement aucun mal à éliminer tout ceux qui se présenteront sur son chemin. Comme elle l'a fait avec Prince la première fois, c'était un assassin, c'est vrai, mais elle avait l'occasion de le laisser en vie. Quand on peut désintégrer quelqu'un, on a toujours un moyen moins radical d'arriver à ses fins.

Je comprends que cet "œil de la révocation" l'intéresse autant, il suffirait de fixer Rouge avec et on gagnerait, sans se mettre en danger, sans prendre de risque inutile ni faire de manœuvres incontrôlées. Mais à voir la réaction de Crane et la sienne, j'ai pas l'impression qu'ils comptent y aller tout en douceur, s'infiltrer discrètement, prendre l'œil et s'échapper. J'ai plutôt l'impression que des gens risquent d'y laisser des plumes, et ces gens ce seront les gardiens et moi, peut-être eux s'ils ont pas de chance, mais la chance sourit toujours aux tarés qui ont leur objectif gravé dans la pupille. [...]-riez suivis votre mère ? Maman ?
Mince, j'ai pas du tout suivi. Excuse-moi, j'ai pas tout suivi, tu peux répéter ? Je demande à Crane qui a l'air un peu confus, mais c'est pas le seul, Athéna et Eden à côté c'est le niveau au dessus.

Crane hausse les épaules. Bah j'aurais cru que vous auriez suivis votre mère à Azkaban, ou qu'au moins vous l'auriez rejointes, pourquoi vous voulez l'œil de révocation ? Nous demande Crane comme s'il ne venait pas de balancer une bombe juste avant, notre mère ? À Azkaban ? Qu'est-ce qu'elle fait à Azkaban, nos deux parents sont enfermés dans la pire prison du Royaume-Uni ? Je sens les sueurs froides commencer à remonter le long de ma nuque et sous mes aisselles et entre mes doigts et partout quoi, je peux pas y croire. C'est pour vaincre Rou- Commence Eden, mais je me lève d'un coup, la respiration saccadée. Mais on s'en fout de Rouge ! Je crie sur Eden, balayant l'air avec la main. Qu'est-ce que maman fout à Azkaban ? Je demande à Crane, les yeux baignants dans la sueur.

Il se lève en tendant lentement les mains, il essaie de m'apaiser je crois. Y'a quelques jours ma petite amie m'a amené un journal d'accord ? Dit-il alors qu'il recule particulièrement lentement pour ramasser quelque chose au sol, sans détourner son regard de moi. Tiens. Me dit-il alors qu'il me tend le journal, c'est maman.
Apparemment l'ancienne maître des potions du Royaume-Uni aurait réquisitionné les cinq navires pouvant mener à Azkaban dans le but probable de faire évader tout le monde ?
Ils parlent aussi de papa et prétendraient ne pas connaître leur position. Alors elle l'a fait, elle l'a fait évadé d'Azkaban ? Tu vois ? Je pensais juste que vous l'auriez accompagné, apparemment toute votre Ruche l'a fait. Déclare Crane d'un ton bien plus calme. Tu peux ranger ta baguette maintenant ? Me demande t-il, avant que je ne m'en rendes compte je vois que j'ai ma baguette sortie dans une main tremblante, rien de plus dangereux pour un sorcier je suppose. Désolé j'avais pas remarqué. Je dis alors que je la range.

Si maman est dehors, ça change tout. Ça change tout, on doit les retrouver ! Non seulement on a plus de chance de retrouver maman que Rouge, mais en plus on a plus de chance de retrouver maman que de voler l'œil de révocation sans subir de perte, mais en plus on a moins de chance de mourir en retrouvant maman qu'en trouvant Rouge, mais en- Non. Déclare Eden, enfoncée dans le canapé sur un air dédaigneux. Ça change rien, on choppe l'œil de révocation, et on fait la peau à Rouge. Déclare t-elle, mais... Non... C'est stupide, on peut pas faire ça franchement c'est... C'est totalement irresponsable, irraisonné, je sais bien qu'elle n'a jamais subit de défaite, mais c'est pas une raison pour montrer une telle arrogance. Je commence à croire qu'elle ne fait pas vraiment ça pour la famille... Mais pour elle-même...

J'ouvre ma bouche pour plaider ma cause, mais voilà qu'elle roule les yeux vers le ciel avec un rictus moqueur, clairement il n'y a pas de place au doute, ni au débat. Je mord ma lèvre à l'intérieur, j'imagine que j'ai pas d'autre choix que d'accepter. Bien. Je cède finalement, baissant les yeux. Je peux rien faire de toute façon, c'est pas vraiment un choix après tout.

Eden relève le nez vers moi. Et bien parfait, maintenant excuse toi. Exige t-elle, mais je garde le silence, j'ai aucune raison de m'excuser. Tu m'as crié dessus, j'ai des postillons dans les cheveux. Déclare t-elle en s'enroulant une mèche, comme si elle ne me parlait pas comme à un chien, et ne me traitait pas comme ses selles. Je serre les poings et au moment de m'excuser. Je refuse. Je déclare et elle plonge son regard dans le mien, mais je ne baisse plus les yeux, je soutiens son regard. J'irais trouver maman, avec ou sans toi. Sans toi sera mieux. Tu viens Athéna ? Je lui demande, et elle se lève, bougeant ses mains sans formuler de signe particulier, je comprends qu'elle cherche ses mots, mais pas besoin.

Pas besoin, non. Dans ce cas bonne chance. Je déclare en m'éloignant vers la sortie. C'est ridicule. Me lance Eden dans mon dos. Elle doit sans doute penser que je suis lâche, mais que faire de son opinion ? Je ne la laisserais plus dicter les règles, ni voler mes choix. J'essaie d'ouvrir les verrous, mais certains sont coincés.
Crane vient à ma rescousse, et je crois entendre sa voix et le rire d'Eden, mais qu'importe.

Et alors que je mets enfin pied dehors. Attends ! Sa voix perce à travers la maison et m'atteint au delà de mes pensées. Je me retourne un instant, je sais qu'elle ne me demanderait jamais de rester. Les bourses. Bingo. Je les sors de mon chapeau et les donne à Crane, cette fois je suis parti pour de bon.

Je sais pas vraiment où aller, alors je marche, et je marche encore, sans m'arrêter, retraçant le parcours qu'on avait fait ensemble Eden Athéna et moi. Je regrette qu'on en soit arrivé là, sincèrement. Enfin... Je sais pas. Je me dis que d'une manière ou d'une autre, j'aurais fini par arriver là... Là... Mais là où exactement ? On a emprunté cette route avec l'espoir de rejoindre notre cousin en Allemagne, Eden s'est fié aux indices que papa a laissé derrière lui. Des journaux sur sa personnalité, et c'est grâce à sa personnalité. Je tiens un truc, faut que je l'écrive. C'est grâce à sa personnalité que papa a réussi à mettre la main sur Rouge, entre autre, ce qui signifie que Rouge aurait très bien pu mettre la main sur papa en utilisant l'exact même procédé. Seulement Rouge était prévisible, papa... Papa est en prison ? Ou il ne l'est plus. Il n'y a qu'une personne qui aurait à la fois pu et voulu le libérer, maman, maman a subi une tentative d'assassinat. Sans maman, papa ne sort pas, enfin, je sais même pas s'il est sorti, mais quoiqu'il en soit, sans maman, s'il était en vie, il ne sortirait pas. Peut-être Rouge considère papa comme une menace, et s'en est pris à maman justement car elle est la seule qui pouvait libérer la menace ? Une question me troublait avec cet assassinat, pourquoi maintenant ? Quoique, rien ne dit que c'était uniquement maintenant. Peut-être que cette tentative n'était pas la première, seulement la plus proche ? Ça expliquerait pas mal de choses, mais pas assez. Il y'a un élément, un élément à ma portée, mais lequel ? Ce serait... Ce pourrait être... Prince ? Rouge ? Oui. Si Prince était à cet endroit et qu'il a pu éliminer autant de personnes à la recherche de Rouge c'est que des indices devaient concorder vers cet endroit précis, et si Rouge sait pour notre cousin et pour l'œil... Qu'est-ce que je raconte. Il sait pour les cocatris et pour le labyrinthe vivant, et il saurait pas pour un œil qui est d'évidence plus connu et pour quelqu'un de la famille de son créateur ?

Je sais que j'ai dis que j'irais retrouver maman, et j'ai envie de le faire. Si je me trompe je vais me faire humilié et ridiculisé, je veux pas. Surtout pas.
Et en même temps... Même si Eden est une peste avec moi, elle reste de ma famille, Crane et Athéna aussi. Je veux pas qu'elle pense que je dépend d'elle et que j'ai fais demi-tour parce que je m'en sortais pas seul, mais je préfère ça que de vivre le restant de mes jours à me rappeler comment j'ai fais le choix de sciemment abandonner mes sœurs et mon cousin quand j'aurais pu éviter tout ça. MERDE. Je hurle, mais mon cri est caché par le bruit de la foudre. Toute cette eau doit me rendre sentimental... Non. C'est comme ça que je suis. Lâche, c'est vrai, mais je n'abandonnerais pas ma famille.

Je dois transplaner au plus vite jusqu'à Crane, si ce n'est pas trop tard je peux l'avertir, au moins lui, il m'écoutera peut-être. Je peux pas couvrir une si longue distance, encore moins en pleine nuit, dans mon état de fatigue et ma faim, et toutes ces choses dans ma tête. Un premier saut, réussi. Puis un deuxième, idem. Un troisième, un quatrième, puis, puis... J'en pouvais déjà plus au deuxième, mais je dois sauter encore une dernière, juste... Mon Dieu. Juste une... Une... ALLEZ. Juste une dernière foiiiiiiis. Un dernier saut et je m'écrase contre la porte de Crane, mon bras fait affreusement mal, mais je crois que c'est mon estomac qui a le plus pris. C'était téméraire de ma part. J'entends les verrous être déverrouillés, j'ai pas envie... Pas envie d'être vu comme ça, par personne... Je pourrais même pas expliquer ce que je crains.

Le dernier verrou fait clic, et la porte s'ouvre sur un dame immense, c'est Eden ? Ou la petite-amie dont Crane nous a parlé ? Elle se moque pas pour l'instant, donc je doute... E... Eden ? Je demande, et voilà qu'elle sourit. Évidemment qu'elle sourit, c'est Eden, elle se mo... Non. Ce sourire est trop grand, trop blanc, elle montre toutes ses dents, et pourquoi elle rit... Pourquoi elle rit si fort ? Je sais bien que je suis ridicule, mais je suis quand même son frère. Raté mon mignon. Déclare cette personne avant de s'accroupir, ce doit être la petite-amie de Crane. Moi... Commence t-elle. C'est Prince. Lance t-elle dans un éclat de rire. KASONGO. PRINCE. Déclare t-elle dans un hurlement de rire.

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CHAPITRE 11 : Celle qui montre le chemin


PARTIE 1 : Pied à terre






Voilà un peu moins de treize jours que les navires avaient quittés Azkaban, chargés d'anciens détenus et d'anciens gardiens, cinq navires et un équipage uni sous la bannière de la liberté, un équipage comptant des êtres venus d'un peu partout au Royaume-Uni : Des elfes qui se sont rebellés, des géants qui ont refusés de se soumettre, des gobelins qui... Ont commis des fraudes fiscales ? Des harpies, des ogres et des vampires discriminés, des loups-garous qui n'ont pas su ou pu suivre un traitement adapté à leur condition, des nains, des sorciers, des vélanes. Tous avaient été enfermés pour des raisons différentes, mais tous s'étaient évadés pour un même rêve. Quitter Azkaban ne suffit pas, être en cavale toute sa vie n'est pas une option, il faut une terre. Une terre où ils pourraient vivre libres.

Ces jours sur les flots avaient permis aux anciens gardiens et aux membres de la Ruche de connaître un peu mieux les autres groupes. À part eux, les anciens détenus se connaissaient tous un petit peu, et les conditions de vie en mer étaient bien plus agréables qu'à Azkaban.
Sans détraqueur dans les parages, n'importe quel lieu est meilleur qu'Azkaban. Lorsque la forteresse s'était effondrée sur elle-même, les détraqueurs avaient essayés de suivre les navires, mais la Ruche ne le permis pas. Ses membres avaient bien plus de souvenirs heureux que quiconque parmi les anciens détenus.

Élisabeth pour sa part préférait rester un peu seule, à lancer quelques regards vers Redose en se demandant ce qui pouvait bien lui passer par la tête, il ne lui a pas fallu longtemps pour réquisitionner un ancien détenu et le déclarer comme son nouveau petit ami, n'hésitant pas à être particulièrement démonstrative quand l'homme était dans les parages. Et lorsqu'enfin il était temps de mettre pied à terre, Redose demanda à Élisabeth, Bellamy et Debora de le rejoindre à terre. Puis à Bergelmir et Rebecca de gérer les navires et de faire en sortes de protéger des yeux indiscrets leur présence sur la côte. Les géants n'ont pas vraiment la capacité de lancer des sorts de protection, et les anciens détenus sont rouillés, c'est donc à la Ruche et aux anciens gardiens qu'il incombait la tâche de protéger les navires. Élisabeth pour sa part avait décidé de n'en faire un peu qu'à sa tête. Pourquoi tu veux l'emmener ? Demande Redose à son épouse. C'est mon petit ami, il m'accompagne où que j'aille. Réplique Élisabeth avec un large sourire, tenant son petit ami par le coude, petit ami visiblement gêné et ne voulant pas vraiment contrarié l'instigateur de cette évasion et la raison même de leur présence ici. Mais disons que dire "non" à Élisabeth n'est pas facile ni anodin. Écoute, moins on est m- Commence Redose avant d'être coupé net par la blairelle qui s'approche et le pousse légèrement avec son index. Si je te demandais de bouffer ta chaussure tu le ferais, pourquoi ? Elle pose une question rhétorique, car la réponse est évidente. Car sans moi tu n'aurais même pas de chaussure, tu serais toujours à Azkaban. Elle le pousse un peu plus fort. Sans moi tu n'aurais pas de navires. Insiste t-elle en le poussant plus fort. Et sans moi tu n'aurais pas d'enfants. Lance t-elle, ça n'avait aucun rapport avec le reste, mais ça lui passait par la tête. Sur ses mots elle le poussa encore plus fort à deux mains, mais Redose ne recula à peine. L'homme se retourna et commença à avancer, ignorant Élisabeth et son caprice. Elle n'avait pas tort sur le fond, tout ça c'était grâce à elle, à elle et presque uniquement à elle. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait, après tout c'est elle qui a libéré ces détenus, elle qui a ramené ces navires, elle qui a... Mit au monde trois enfants ? Oui. En définitive, elle est responsable de toute cette situation.

La jeune femme suivait le petit groupe avec un très large sourire satisfait, emmenant son petit ami par la même occasion. Brian pour sa part avait du mal à dire non, il était un peu gêné de toute cette situation avec Redose, mais n'était en rien contre d'avoir la chance immense d'obtenir la tendresse d'Élisabeth. Après avoir marché quelques heures, le petit groupe arrivait dans un village moldu où il pourrait trouver une voiture afin d'aller plus vite. N'étant pas particulièrement coutumiers des moyens de transport magique au Canada, ça et le fait qu'ils ne voudraient pas trop attirer l'attention sur eux. Par chance, la personne qu'il cherchait n'était plus à Ottawa, au Québec, mais dans la capitale sorcière du Canada, sur l'île René-Levasseur, une île entourée du lac Manicouagan, au Québec. Cette île est bien connue des moldus, du moins, ils le pensent.

Après avoir volé sans vergogne une voiture à un moldu qui passera probablement la journée à la chercher, Debora conduisait en direction de la capitale sorcière. Elle était la seule dans cette voiture à connaître le chemin, et agissait en sortes de guide. Pendant ce temps, dans la voiture, Redose qui était assit à l'avant regardait le paysage, un bras dehors, tandis que Bellamy, Élisabeth et Brian étaient plutôt à l'étroit et assez gênés, derrière. On aurait pas pu voler une voiture plus grande ? Demande Élisabeth, poussée par Brian lui-même poussés par l'épais Bellamy qui essaye de prendre le moins de place possible. Je te garantis que y'en avait pas. Le village était particulièrement petit, les autres choix de véhicules se limitaient à des tracteurs, des chevaux, une camionnette en mauvaise état, et d'autres voitures pareilles ou similaires à celle-ci. Il y'avait également des voitures électriques, plus rares en campagne qu'en ville, mais en plus d'être petites, rien ne dit qu'elles fonctionnent aussi bien qu'une vieille voiture quand cinq sorciers sont dedans. J'ai faim... Admet Bellamy après que son estomac ait grondé pendant quelques secondes dans la voiture. Redose ouvre la boîte à gants puis la referme. Y'a rien ici, on arrivera à la capitale dans pas longtemps. Déclare Redose sans se soucier de quoique ce soit. Oh, okay, dans combien de temps environ ? Demande Bellamy avec un court sourire. Environ cinq heures. Une vague de plaintes et de suppliques se firent entendre à l'arrière pendant que Debora s'amusait de la situation et que Redose regardait le paysage sans prêter attention à ce qu'il se passe derrière.

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PARTIE 2 : La déesse de la victoire






Bel. Interpelle Redose. Bel ! Poursuit-il en lui secouant l'épaule. Hein ? Quoi ? Se questionne Bel, assit seul dans la voiture, les bras croisés, de la bave au coin de la bouche. L'homme était fatigué, anxieux à l'idée d'arriver, il avait du mal à croire qu'il avait réussi à quitter Azkaban alors que ça faisait presque deux semaines. Il sentait encore le froid glacial que l'on ressent quand un détraqueur s'approche. Et le sentiment de désespoir qui s'immisce jusque dans notre sans et s'incruste dans notre chair. L'homme ouvrit la portière et sortit de la voiture, il baillait comme un ours, révélant une dentition particulièrement fournie et une langue plus longue que la normale.

Fatigué il rejoignait le groupe qui l'attendait, ensemble, ils marchaient vers la capitale. Une cité, visible et accessible uniquement par des créatures magiques. Qu'une citadelle surplombe, donnant un côté très impressionnant à la ville, bien plus impressionnant que Godric's Hollow.

Le groupe de sorciers avançaient en suivant Debora, essayant d'éviter de croiser le regard des nombreux individus sur le chemin. Le risque que la CIS soit impliquée ou que le Canada et le Royaume-Uni les recherche ici est loin d'être de zéro. Les relations diplomatiques entre le Canada et le Royaume-Uni permettaient il y'a cinq ans les collaborations pour lutter contre la criminalité, et le petit comité comprenant Redose, Debora, Bellamy, et Élisabeth, regroupaient la majorité des instigateurs de la plus grande évasion de l'histoire du Royaume-Uni, et peut-être même du monde. Il y'a Brian aussi, mais tout le monde s'en fiche un peu de Brian.

Après une vingtaine de minutes à marcher dans un presque-silence, car personne n'a rien à dire à part Bellamy qui s'émerveille de ce qui l'entoure, qu'il s'agisse d'artefacts, de mode, ou d'architecture. Le groupe semblait arriver à destination, le palais des poissons. Un bâtiment particulièrement élégant exposant une multitude de drapeau, mais principalement ceux du Québec et du Canada. En entrant, on remarque que l'intérieur est bien, bien, bien plus grand et vraiment beau. On se croirait presque dans un musée. Un agent de sécurité demande à les fouiller, ce que le groupe, qui n'a rien à cacher, accepte naturellement. Après la fouille, Debora avançait d'un pas confiant jusqu'à des escaliers, le groupe suivait sans vraiment savoir où elle les emmenait, mais elle, elle savait, et Redose lui faisait confiance. C'était une raison suffisante pour la suivre sans poser de question.

Bellamy avait cessé de s'émerveiller, du moins, en apparence. Le palais était particulièrement bien meublé et particulièrement beau, même s'il était également compliqué de se repérer une fois à l'intérieur. Plusieurs personnes ayant l'air de touristes semblaient totalement paumées, mais Debora qui pourtant n'avait jamais posé les pieds ici, pouvait avancer sans problème et s'engouffrer dans ce labyrinthe. Il y'avait des pièces dont les entrées étaient étranges, et des pièces dont les portes faisaient la taille d'un doigt, tout cela était intriguant et Élisabeth n'avait qu'une envie c'était de s'arrêter pour examiner certaines entrées, mais Debora continuait d'avancer sans laisser la possibilité à qui que ce soit de s'attarder sur des détails, puis finalement. Elle est là.
Quatre agents de sécurité sont postés devant une grande statue, une statue loin d'être inconnue à Debora et Redose, puisque c'est devant elle que tout a commencé. La statue de Veritas, la déesse de la vérité, celle qui avait offert sa bénédiction aux membres de son culte.
Culte dont fait partie Debora.

Debora s'avança de quelques pas avant d'être arrêté par deux agents de sécurité. Nous sollicitons une audience avec Veritas. Déclare Debora, confiante. Et vous avez un laisser-passer ? Demande l'un des agents de sécurité. Bellamy s'avançait lentement, les poings serrés, au cas où ça tournerait au vinaigre. Il valait mieux neutraliser ces agents sans faire usage de la magie se dit-il, dans un lieu inconnu il est toujours préférable d'utiliser d'essayer de recourir à la magie. Debora leva la main pour retenir Bellamy. Absit reverentia vero. Prononce t-elle lentement.

Les agents de sécurité s'éloignèrent dans un geste étrange où ils portent leur main à leurs yeux, Élisabeth n'était pas sûre de tout saisir, mais elle trouvait ça classe, d'autant plus que ça leur avait ouvert le passage vers le puis. Vincit omnia veritas Disent les quatre agents en cœur lorsqu'ils s'écartent.

Chacun des membres du groupe entrait dans le portail, Bellamy avait un peu peur, mais entrait quand même. Brian avait très peur et allait proposer qu'il reste là, mais Éli le tire à l'intérieur.
C'est plus grand que la dernière fois. Déclare Debora, explorant la grotte du regard. Et plus beau. Réplique Veritas, son torse entier dépassant du puit, un puit dont l'eau s'échappe et va jusqu'à couler jusqu'aux pieds des sorciers. Debora s'agenouille devant Veritas, et les autres membres du groupe firent de même dans un esprit de soumission. Redose pour sa part préféra s'avancer jusqu'à être proche de la déesse. Bonjour, Veritas. Lui dit Redose, alors qu'il prend la main de la déesse et l'embrasse. Redose... Ça faisait longtemps. Déclare la déesse, un large sourire aux lèvres. Redose pour sa part ne se souvenait pas vraiment de sa dernière rencontre avec la déesse, son esprit était devenu une sorte de miroir brisé très étrange à Azkaban. Avant ça c'était seulement très étrange, mais les choses étaient dans l'ordre.

L'homme recula de quelques pas avant de s'agenouiller devant la déesse.

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PARTIE 3 : Mère et sœur






C'était la première fois qu'Élisabeth, Bellamy et Brian voyait Veritas. Elle disait vaguement quelque chose à Redose, mais sa mémoire ayant été formatée, tout comme Bellamy et Brian, il la connait surtout à travers les récits de Debora et des autres membres de son culte. Cette femme était d'une grande beauté, entièrement nue, elle fixait le groupe avec ses yeux jaunes topaze et or, un léger sourire au coin des lèvres. Ça me fait plaisir de vous avoir en face de moi. Admet la déesse, passant d'une personne à une autre. Les gens ici ne me voient que comme un outil pour arriver à leurs fins. Déclare Veritas au groupe agenouillé.

Redose se leva, il ne semblait pas avoir de problème à manquer de respect à une déesse vénérée par des centaines et des centaines de personnes. C'est mon cas également. Admet l'homme, se tenant droit face à la déesse, tandis que les autres membres du groupe s'offusquait de cette remarque et essayait de le faire s'agenouiller à nouveau. Mais l'homme n'en faisait qu'à sa tête, et Veritas s'amusait de la situation. Tu es tellement toi. Lance t-elle en riant légèrement, faisant cesser les suppliques du groupe envers Redose pour qu'il s'asseye à nouveau. C'est vrai que tu me considères ainsi, mais la première fois que tu es venu à moi, tu pensais que c'était dans l'intérêt général. Déclare la déesse, Redose détourne le regard, mais Veritas continue. Laissant sa tendre et douce voix guider Redose vers une vérité qu'il devait être prêt à entendre désormais. Même si tu désires m'utiliser, tu ne prends pas malédiction pour acquise, toi. Déclare t-elle, alors que Redose consentait finalement à soutenir son regard.

Ce que Veritas entendait par là, personne dans la grotte ne le comprenait, et personne n'avait à cœur de le comprendre ni de demander des explications, et surtout, personne ne voulait passer pour un idiot, surtout devant une déesse, et Veritas le savait.

Debora se releva lentement, et le groupe la suivit, elle avait visiblement un plus grand effet sur le groupe que Redose. Lui on ne le suivrait pas s'il sautait d'une fenêtre, Debora en revanche, on la suivrait probablement. Redose a l'air complètement fou et prêt à tout pour arriver à ses fins, personne ne sait ce qu'il se passe dans la tête de cette personne qui ne ressemble plus vraiment à un humain. Debora paraît bien plus raisonnée et passionnée. Maîtresse, nous sommes désolé de recourir à vous comme on recourait à un outil... Commence Debora, une main sur le cœur, avant de s'arrêter net et de détourner le regard. Debora avait imaginer plusieurs fois la scène dans sa tête, elle était vraiment heureuse de pouvoir revoir Veritas à nouveau dans cette vie, seulement... Elle se sentait mal de devoir lui demander de les aider ainsi, uniquement pour gagner du temps, la traitant comme une outil, comme c'est le cas du gouvernement sorcier canadien.

Veritas balaya l'air devant elle d'une main, avant d'adresser à Debora un sourire particulièrement tendre et maternel. Je sais pourquoi vous êtes là, et je ne vous en veux pas. Déclare la déesse avant de se reposer sur ses mains. C'était juste pour faire un peu la discussion... Personne discute jamais avec moi. Lance Veritas en riant, avant de reprendre son rire. Ne perdons pas plus de temps, Rouge se trouve en Libye, bon courage. Lance Veritas dans un dernier sourire, alors que Brian et Bellamy la remerciait et sortait aussi vite que possible de cette grotte. Debora pour sa part resta figée un instant, quand à Élisabeth, sa nature curieuse la clouait sur place. Attendez ! Lança Élisabeth avec un regard perdu, elle ne savait pas vraiment pourquoi ces mots qu'elle voulait gardés à l'intérieur étaient sortis, et Veritas la regardait avec une peine palpable. Et m- Commence t-elle avant d'être coupée par la déesse. Vous devriez voir ça entre vous. Lance t-elle à Élisabeth, regardant Redose du coin de l'œil un instant.

Élisabeth se tourna lentement vers l'homme qui se tenait à côté d'elle, cet homme, elle ne le reconnaissait que peu, il avait extrêmement changé, était-ce toujours son mari ? Rien ne permet de l'affirmer. Elle n'ose pas poser les questions, celle qu'elle comptait poser à Veritas concernait les enfants, et si Redose savait pour les enfants et qu'il avait préféré ne pas en informer leur mère, alors peut-être n'est-il pas aussi fiable que tous semblent le penser.
Si Redose cache une vérité aussi importante à Élisabeth, alors l'homme qui se tenait à proximité n'était peut-être pas son alliée, ni même de son côté. Lorsqu'Élisabeth tourna la tête vers Veritas, celle-ci regardait ailleurs, et quand Élisabeth reporta son regard sur l'homme il disparaissait à travers la statue, sans rien dire. Son comportement ne pouvait pas être plus suspect.

La femme se tourna une dernière fois vers Veritas. Je consens à t'accorder le don que possède Debora, seulement je dois te prévenir, tu ne pourras jamais sonder l'esprit de Redose. Déclare Veritas. Élisabeth voulait lui demander de lui accorder le don de percevoir un ou plusieurs avenirs, dont que possédait Helga, celle qui a prédit la venue d'Élisabeth à Azkaban, morte depuis. Mais sa mémoire demeurait dans les récits des membres du culte. Élisabeth était assez déçue de ne pas se voir octroyer le don de percevoir au moins un avenir, mais elle acceptait. Le don de sonder les esprits est bien plus précieux à ses yeux, même s'il est moins utile pour la mission. Ce monde de masques et de faux-semblants pourrait peut-être être aboli après tout, et surtout, même adulte une fille peut se rebeller contre ses parents.
J'y consens. Déclare Élisabeth, s'approchant de Veritas. La déesse lui tendit alors une coupelle, et Élisabeth bu l'eau du puit.

Elle sortit rapidement de la grotte, ça avait été l'affaire de seulement une dizaine de secondes, rien de suspect. Comme prévu, elle ne pouvait pas sonder l'esprit de Redose, celui de Brian était particulièrement vide, et celui de Bellamy avait particulièrement faim, Debora pour sa part avait une pensée à son attention. Bienvenue parmi nous, sœur. Pense Debora en souriant à Élisabeth. La jeune femme se contenta de répondre par un sourire complice, ne maîtrisant pas encore tout à fait tout les aspects de cette bénédiction nouvelle qu'elle garderait pour elle, du moins, jusqu'à ce que quelqu'un ne le découvre.

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