Le heaume rouge
PARTIE 5 : L'œil (Partie 1)
Comme d'habitude je suis le premier levé, en même temps, je suis aussi le premier à m'être couché. Je me mets près du feu pour le surveiller et je pense que je vais en profiter pour me débarbouiller un peu le visage. Un coup de baguette sur ma gourde et un peu d'eau en sort, suffisamment pour me réveiller, balancé au visage j'ai la gueule mouillée, mais au moins je suis réveillé. Je vais en profiter pour manger ce qu'il reste de ragoût, nettoyer le pot, et faire le petit-déjeuner.
Hmm... Hmm c'est trop bon, c'est moelleux, doux, et chaud, j'adore. J'avais trop faim hmm. Ça fait du bien franchement je kiffe... Plus qu'à nettoyer le pot. C'est la même chose depuis une semaine, tout les jours, enfin, sauf l'épisode du labyrinthe, mais avant ça c'est clair que c'est toujours la même chose. On marche, on s'arrête, on mange, on continue de marcher, puis on s'arrête, Eden place des sortilèges défensifs, Athéna fait la cuisine, je monte la tente. On mange, on dort, on mange, et on marche. Ça devient lassant, j'ai pas l'impression qu'on s'approche un tant soit peu de notre objectif, il y'a que Prince qui nous en rapprochait et non seulement on l'a croisé par hasard, mais il ne nous a absolument rien appris. Il est juste mort.
Je suis pas un mathématicien ou quoique ce soit, mais je sais qu'on peut pas se reposer sur des probabilités hasardeuses pour retrouver quelqu'un qui pourrait être n'importe où. Il nous faut un plan, mais connaissant Eden ce sera toujours elle qui en fait qu'à sa tête et nous qui allons suivre comme des bons petits toutous. D'autant que je sers à rien moi... J'ai pas les compétences de mes sœurs, ma seule utilité dans ce voyage semble se résumer à porter le gros sac et monter la tente... En partant je pensais sincèrement que je pourrais me rendre utile, et je pouvais pas non plus laisser Eden partir seule, peu importe à quelle point elle est forte.
Tout ça pour me rendre compte que je sers quasiment à rien, je suis sûr que si je m'arrêtais pendant qu'on marche, elle ne se retournerait même pas. Si je renonçais, elle ne me demanderais pas de continuer, elle continuerais à avancer sans se soucier de moi, c'est certain.
La poêle sortie, j'y craque trois œufs et deux saucisses. Je prends le quignon du pain, je viens de manger donc j'ai pas hyper faim. L'odeur des saucisses a dû réveiller Eden qui sort de la tente avec sa tête du matin, elle attend pas d'être très loin pour se verser la gourde sur la tête et aller pisser plus loin.
Athéna sort à son tour, baillant de toute sa mâchoire. Bien dormi ? Me demande t-elle, signant mollement. Ça va, et toi ? Je demande en signant, parfois j'ai juste la flemme de parler, du coup je signe et on me comprend dans tout les cas. Comme un bébé, par contre c'est nul de se réveiller plusieurs fois par nuit. Signe t-elle en réponse, souriante. Comment elle peut réussir à sourire alors qu'on est en pleine forêt, et qu'on court à notre mort, ça me dépasse. T'as raison, mais on se rendort mieux après. Je signe à mon tour. Il faut bien qu'on monte la garde et qu'on surveille le feu. Athéna se contente de rire silencieusement en hochant la tête, avant d'aller à son tour se débarbouiller le visage. Je pense que je vais en profiter pour faire la grosse commission un peu plus loin, qui sait quand notre maître décidera de notre prochaine pause.
Après avoir chié, pissé, et m'être nettoyé, je retourne au camp, mais y'a plus rien. Plus rien et plus personne, par chance, j'aperçois au loin deux silhouettes avancer. Fait chier. J'avoue que j'hésite entre faire demi-tour et les rejoindre... Merde.
Je cours à grandes puis petites foulées pour les rejoindre. Vous auriez pu m'attendre. C'est vraiment, mais alors vraiment pas sympa. C'est vrai quoi, j'ai même pas eu le temps de manger. Athéna se retourne avec un air particulièrement gêné et désolé, bien sûr que c'est pas elle qui est à l'origine de cette décision de me laisser derrière. J'pensais que t'avais fuis, comme quand on affrontait Prince. Déclare Eden sans même se retourner. Je fuyais pas, j'ai juste essayé de l'abattre au fusil. J'essaie de me défendre, mais j'avoue qu'elle n'a pas complètement tort non plus.
Peut-être bien que je suis un lâche qui ne se repose que sur les autres, mais de là à penser que j'abandonnerais ma propre famille à la première occasion ? Ah ! Lâche t-elle en rire. C'est vrai que ça nous a tellement réussi ! Lance t-elle avec ironie, et je sais qu'elle a ce sourire moqueur et qu'elle roule des yeux pour me ridiculiser. Je serre les poings et regarde le sol, je peux rien faire d'autre après tout. Elle a pas tort, j'ai manqué de toucher Athéna, je pense toujours à fuir, je suis lâche.
Ma jumelle porte sa main à mon épaule et me délivre un sourire compatissant, heureusement qu'elle est là, autrement je me sentirais vraiment seul au monde... C'est toujours pareil. Je suis toujours le petit dernier, le petit bizarre, le vilain mouton noir de la famille, le seul qui n'a pas de cornes. Mais pour autant, j'ai jamais abandonné ma famille, et elle m'a jamais abandonné non plus, c'est juste que... J'ai l'impression d'être une constante source de déception. Maman est la maître des potions du Royaume-Uni, papa était le chef du bureau des oubliettes d'Écosse, Eden est la plus talentueuse sorcière de sa génération, et Athéna marche dans les pas de maman. Pour ma part, je m'intéresse aux choses qui n'intéressent personne, les mystères, les moldus, les langues... Je suis le maillon faible, ici comme ailleurs.
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PARTIE 5 : L'œil (Partie 2)
Après quelques jours de marche on arrivait à la ville moldue de Strasbourg, mais on ne s'y pas attardé longtemps car après tout, on est pas vraiment là pour faire du tourisme. Quelques investigations nous ont menés au quartier sorcier où on a dilapidé les bourses que Prince gardait sur lui en matériel qui nous sera probablement bien utile, c'était agréable de voir que les produits ici sont moins chers que chez nous, du moins ils semblent l'être. Malheureusement, Eden n'a pas voulu qu'on ne s'arrête plus que nécessaire, ce que je trouve stupide parce que la seule piste qu'on a trouvé, on l'a trouvé dans une taverne en s'arrêtant plus que nécessaire justement. On pourrait je sais pas, demander par ci par là des informations et peut-être qu'on finirait par tomber sur quelque chose. Je sais bien qu'on est pressé, mais prendre le temps de chercher plutôt que de se diriger à l'aveugle c'est idiot. Seulement... Peu importe les remarques que je formule on me fait taire, c'est insupportable.
Une semaine plus tard on se trouvait dans un village sorcier allemand, pas n'importe lequel en fait, "Kregs-Grab", littéralement "Tombe de Kreg" en anglais. On passait souvent par ici en vacances avec la famille, Eden y est venu seule quelques fois. Pas étonnant, elle s'entend bien avec Crane, notre cousin. Enfin... Beau-cousin. Parfois notre oncle était dans le coin, mais on préférait quand il était pas là. Enfin bon, on est enfin arrivé au village de Crane, j'espère que cette fois on pourra s'arrêter et se reposer un peu, juste un peu, de quoi prendre un thé au moins par courtoisie. Eden a eu la grandeur d'âme de nous dire où on allait, mais pas celle de nous dire ce qu'on est venu chercher ici, je pense qu'elle va tenter de rallier Crane. Lui, comme toute sa famille, sont des fous furieux du même genre qu'Eden. Faut dire, c'est ce qui se fait du mieux dans notre famille, j'ai beau savoir que c'est impossible, je dirais presque que c'est dans notre sang.
J'aime bien Crane, même s'il ressemble à Eden, il n'essaie pas de toujours tout contrôler. S'il rejoignait notre groupe ce serait génial, y'aurait un autre homme et il pourrait peut-être libérer un peu Eden de la pression de tête de groupe, elle serait plus sympa et je pourrais avoir le droit à un minimum de respect. Ce serait franchement le pied.
Je crois qu'on arrive devant sa maison, un peu éloignée du reste du village. Eden remue la cloche à la porte et une un bruit de fracas se fait entendre à l'intérieur. J'arrive ! J'ai presque envie de lui crier de pas se presser, j'entends sa voix gronder à travers cette baraque miteuse, pourquoi elle est aussi miteuse d'ailleurs ? Il devrait avoir de l'argent et le double des compétences pour la réparer. J'arrive ! Remet-il, et cette fois j'entends ses pas courir au premier étage. Il y'a vraiment pas besoin de se presser hein, on partirait probablement pas sans le voir.
Eden irait jusqu'à défoncer la porte s'il répondait pas. J'arrive ! Dit-il une dernière fois alors que ses pas s'approche de la porte. Puis on l'entend retirer les verrous un à un, je le préciserais pas s'il y'en avait qu'un ou deux, même trois. Mais là j'ai l'impression qu'il y'en a dix, et je me dis qu'Eden aurait probablement pas pu défoncer la porte finalement.
Quoique... C'est Eden, bien sûr qu'elle aurait pu.
La porte s'ouvre enfin sur un colosse, il était aussi grand la dernière fois qu'on s'est vu ? Une barbe à peine rasée, un torse pas du tout dissimulé, et des cheveux blonds en bataille jusqu'à la nuque. Et rien qu'une petite serviette pour cacher le bas... Eden, Adonis, Athéna ! S'écrie l'ours avant de nous prendre tout les trois dans ses bras et de nous malaxer le haut du crâne avec son poing. Hm... Il nous a prit dans ses bras ? Me dit pas que-
Erk, y'a plus rien qui tient sa serviette.
Il a moins la décence de la ramasser et de la remettre, c'est à ce moment là qu'il aurait dû se presser, pas avant. Mes yeux ne sont plus si purs. Qu'est-ce que vous faites là les cousins !? Question légitime, mais je vais pas donner la réponse, qui sait combien de temps il a devant lui, et combien de temps Eden accepte de lui donner. Sans répondre elle entre et on la suit, Crane laisse faire et se contente de fermer la porte et de remettre tout les verrous ce qui est on ne peut plus effrayant. Faites comme chez vous ! Lance t-il, mais Eden s'est pas vraiment faite prier. J'ai à peine détourné le regard une seconde d'elle qu'à mon retour elle est sur le canapé, pieds sur la table basse, à manger des noix de cajous salées et grillées. Le grand luxe.
Je me fais une place sur le canapé pendant que Crane s'assoit sur le fauteuil, c'est vraiment moche ici. C'est délabré, sale, certes rangé, mais ça reste délabré et sale. J'arrive même à voir une fenêtre cassée et barricadée de là où je suis, avec du papier journal collé sur le trou. Les marches n'ont pas l'air fiable et je pense que je vais éviter de me risquer à goûter aux noix de cajous. Alors ? Demande Crane avec un grand sourire.
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PARTIE 5 : L'œil (Partie 3)
On est tous pendus aux lèvres d'Eden, mais elle, elle ne semble qu'avoir ses foutus noix en tête.
Je comprends pas pourquoi elle n'aurait pas pu nous en dire plus à nous d'ailleurs, c'est pas comme si on avait grand chose à se dire quand on fait dix heures de randonnées au milieu de nul part... Avant tout, t'aurais de l'eau ? Demande Eden. Crane ne se fait pas prié et se lève avec lassitude pour revenir avec une carafe d'eau. Eden regarde un peu autour d'elle. C'est toujours aussi moche ici... Elle semble pas vouloir en venir au fait, sans doute qu'elle s'amuse à nous faire poireauter. Personnellement j'y prends vraiment aucun plaisir. Si ça tenait qu'à moi j'aurais continué ma vie comme si de rien n'était, mais je peux pas rester sans rien faire quand ma mère est menacée, que ma sœur part chasser seule, et que ma jumelle la suive.
Alors quite à être là, je voudrais au moins savoir pourquoi. Je dis pas que vous devez absolument avoir une raison, mais je pensais que c'était le cas puisque d'habitude vous prévenez au moins une semaine à l'avance. Lance Crane en rigolant, au final, on saura peut-être jamais. Quoiqu'il en soit ça me fait plaisir de vous voir les Omniak, vous êtes ici chez vous ! Lance t-il alors que quelque chose semblait être tombé du plafond dans une pièce voisine, mais ça ne gêne pas Crane, il doit avoir l'habitude. Ah et... Il devient un peu plus sérieux, joignant ses mains et s'approchant un peu. J'suis désolé pour votre père, et- Eden le coupe immédiatement. On est là pour te proposer un coup. Déclare t-elle.
Je comprends que ce soit difficile d'entendre que quelqu'un est désolé pour ce qui arrive à notre père puisque ça renforce la réalité de cette situation, ce qui est désagréable, mais elle aurait dû le laisser terminer... C'est son oncle à lui aussi, et ils étaient un tant soit peu proche.
Notre famille, en dehors de la Ruche je veux dire, a été d'un soutien particulier pour nous quand papa a subit... Tout ce qu'il a subit.
Crane a l'air un peu confus, et un peu excité, c'est une sortes de curiosité qu'on peut déceler dans son expression faciale. Tu te rappelles de cet œil dont tu m'as parlé ? Demande Eden, et j'avoue que j'ai aucune idée de ce dont elle parle, sans doute une sortes d'anecdote personnelle. Crane lui claque des doigts avec un air surpris, lui doit avoir compris. L'œil de révocation ? C'est ça que tu veux ? Demande t-il, l'œil de révocation ? Ce doit être un artefact, mais en quoi pourrait-il bien nous être utile...
Toujours des questions, jamais de réponses. Eden hoche la tête et Crane affiche un large sourire.
Il tape ses mains sur ses genoux. Ça tombe bien j'avais besoin d'action ! Déclare t-il avec joie, mais, ce n'est pas... Il peut pas être sérieux. Elle peut pas être sérieuse. De l'action ? Elle va nous emmener tout droit vers un danger immense c'est ça ? C'est pas un jeu. Je déclare un peu dans ma barbe, je suis sans doute le moins bien placé dans la pièce pour émettre des réserves. Je suis le moins fort, le moins motivé, et j'ai aucune idée de quoi ils parlent. Mais peut-être qu'au contraire ça fait de moi la personne la mieux placée pour émettre des réserves. C'est quoi cet histoire d'œil ? Je demande, je mérite aussi d'en savoir plus, Eden balaie ma question du revers de la main, mais Crane se penche un peu vers moi.
Il regarde aussi Athéna du coin de l'œil, et Eden de l'autre. Y'a quelques années j'ai travaillé comme gardien du grand donjon, c'était compliqué de concilier ce taff avec mes autres activités plus... Clandestines, mais ça m'a beaucoup aidé. Il s'égare, et à le voir, il vient de s'en rendre compte. La présence de sa famille dans le milieu criminel n'est franchement pas un secret pour quiconque dudit milieu, j'en sais pas plus qu'un cousin, enfin, Eden doit en savoir plus. Mais moi j'en sais pas plus qu'un cousin devrait en savoir. Il y'avait un artefact unique en son genre. déclare le garçon, faisant monter le suspense. L'œil de révocation, un artefact capable d'annuler la magie contenue dans tout ce qu'il fixe. Oh... Oh wow.
Annuler la magie contenue dans ce qu'il fixe ce n'est pas seulement vider n'importe quel artefact de sa magie, c'est l'annuler complètement, faire en sortes qu'elle n'aie jamais existée.
J'avais vu un artefact assez rare permettant de siphonner la magie de n'importe quel objet qu'il contenait, mais un artefact permettant de l'annuler ? C'est tout simplement... Inouïe. J'imagine que le gouvernement préfère le garder dans le grand donjon pour rendre des artefacts dangereux inoffensifs, et Eden veut qu'on s'en empare... Mais c'est quand même le grand donjon, je ne m'y connais pas tant concernant cette prison, normal puisque je ne suis pas allemand. Mais je sais que c'est peut-être l'équivalent d'Azkaban en terme de sécurité... Même si la seule raison pour laquelle Eden n'a pas assiégé Azkaban, c'est en raison de la finesse que ce travail requérait. Peut-être n'est-ce pas la même chose pour le grand donjon, en plus on a quelqu'un qui y a travaillé juste à côté.
Je commencerais presque à croire qu'on a nos chances.
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~ TRIGGER WARNING ~
Reducio• Problèmes familiaux : Difficultés rencontrées dans une relation liant deux individus (ou plus) d'une même famille).
PARTIE 6 : Seul
Crane se met à rire avant de se lever. Mon père arrive dans quelques jours, il pourrait nous être d'une grande aide ! Déclare Crane, ce type s'y croit déjà. "L'action" ça lui manque à ce point ? Ou tient-il si peu à sa propre vie qu'il irait arracher un des objets les plus précieux à l'un des endroits les plus gardés de toute l'Allemagne ? Je pensais que le fait qu'il ait été gardien soit une bonne chose pour élaborer un plan, mais il a l'air trop enthousiaste, trop impliqué, je ne pense pas que ce type serait capable d'admettre que c'est impossible. Il tenterait le tout pour le tout sans se poser de questions ou prendre en compte l'avis des autres, comme Eden. Dans leur tête, à Crane et à elle, c'est tout ou rien. Ceux qui les suivent doivent être prêts aux mêmes sacrifices, à assumer les mêmes risques, et à tout donner. C'est terrifiant, et ils me semblent terriblement peu fiables.
Je pensais que Crane permettrait éventuellement de rééquilibrer les balances, mais il a un pète au casque et peut-être bien que le sien est encore plus colossale que celui d'Eden. En fait... En fait je me rends compte que je ne peux pas m'avancer ainsi, je ne le peux plus. On est resté loin les uns des autres trop longtemps pour que je me permette d'émettre de telles théories. Je ne connais pas Crane, et je ne connais pas Eden. Je ne la connais plus. Avant on était presque inséparable, mais c'était avant. Les choses ont changées, on est plus les mêmes, et ça se voit.
Elle aussi s'amuse, avec Crane, même si tout ça c'est dans l'intérêt de la famille, elle prendra probablement son pied à faire tout ça et n'aurait probablement aucun mal à éliminer tout ceux qui se présenteront sur son chemin. Comme elle l'a fait avec Prince la première fois, c'était un assassin, c'est vrai, mais elle avait l'occasion de le laisser en vie. Quand on peut désintégrer quelqu'un, on a toujours un moyen moins radical d'arriver à ses fins.
Je comprends que cet "œil de la révocation" l'intéresse autant, il suffirait de fixer Rouge avec et on gagnerait, sans se mettre en danger, sans prendre de risque inutile ni faire de manœuvres incontrôlées. Mais à voir la réaction de Crane et la sienne, j'ai pas l'impression qu'ils comptent y aller tout en douceur, s'infiltrer discrètement, prendre l'œil et s'échapper. J'ai plutôt l'impression que des gens risquent d'y laisser des plumes, et ces gens ce seront les gardiens et moi, peut-être eux s'ils ont pas de chance, mais la chance sourit toujours aux tarés qui ont leur objectif gravé dans la pupille. [...]-riez suivis votre mère ? Maman ?
Mince, j'ai pas du tout suivi. Excuse-moi, j'ai pas tout suivi, tu peux répéter ? Je demande à Crane qui a l'air un peu confus, mais c'est pas le seul, Athéna et Eden à côté c'est le niveau au dessus.
Crane hausse les épaules. Bah j'aurais cru que vous auriez suivis votre mère à Azkaban, ou qu'au moins vous l'auriez rejointes, pourquoi vous voulez l'œil de révocation ? Nous demande Crane comme s'il ne venait pas de balancer une bombe juste avant, notre mère ? À Azkaban ? Qu'est-ce qu'elle fait à Azkaban, nos deux parents sont enfermés dans la pire prison du Royaume-Uni ? Je sens les sueurs froides commencer à remonter le long de ma nuque et sous mes aisselles et entre mes doigts et partout quoi, je peux pas y croire. C'est pour vaincre Rou- Commence Eden, mais je me lève d'un coup, la respiration saccadée. Mais on s'en fout de Rouge ! Je crie sur Eden, balayant l'air avec la main. Qu'est-ce que maman fout à Azkaban ? Je demande à Crane, les yeux baignants dans la sueur.
Il se lève en tendant lentement les mains, il essaie de m'apaiser je crois. Y'a quelques jours ma petite amie m'a amené un journal d'accord ? Dit-il alors qu'il recule particulièrement lentement pour ramasser quelque chose au sol, sans détourner son regard de moi. Tiens. Me dit-il alors qu'il me tend le journal, c'est maman.
Apparemment l'ancienne maître des potions du Royaume-Uni aurait réquisitionné les cinq navires pouvant mener à Azkaban dans le but probable de faire évader tout le monde ?
Ils parlent aussi de papa et prétendraient ne pas connaître leur position. Alors elle l'a fait, elle l'a fait évadé d'Azkaban ? Tu vois ? Je pensais juste que vous l'auriez accompagné, apparemment toute votre Ruche l'a fait. Déclare Crane d'un ton bien plus calme. Tu peux ranger ta baguette maintenant ? Me demande t-il, avant que je ne m'en rendes compte je vois que j'ai ma baguette sortie dans une main tremblante, rien de plus dangereux pour un sorcier je suppose. Désolé j'avais pas remarqué. Je dis alors que je la range.
Si maman est dehors, ça change tout. Ça change tout, on doit les retrouver ! Non seulement on a plus de chance de retrouver maman que Rouge, mais en plus on a plus de chance de retrouver maman que de voler l'œil de révocation sans subir de perte, mais en plus on a moins de chance de mourir en retrouvant maman qu'en trouvant Rouge, mais en- Non. Déclare Eden, enfoncée dans le canapé sur un air dédaigneux. Ça change rien, on choppe l'œil de révocation, et on fait la peau à Rouge. Déclare t-elle, mais... Non... C'est stupide, on peut pas faire ça franchement c'est... C'est totalement irresponsable, irraisonné, je sais bien qu'elle n'a jamais subit de défaite, mais c'est pas une raison pour montrer une telle arrogance. Je commence à croire qu'elle ne fait pas vraiment ça pour la famille... Mais pour elle-même...
J'ouvre ma bouche pour plaider ma cause, mais voilà qu'elle roule les yeux vers le ciel avec un rictus moqueur, clairement il n'y a pas de place au doute, ni au débat. Je mord ma lèvre à l'intérieur, j'imagine que j'ai pas d'autre choix que d'accepter. Bien. Je cède finalement, baissant les yeux. Je peux rien faire de toute façon, c'est pas vraiment un choix après tout.
Eden relève le nez vers moi. Et bien parfait, maintenant excuse toi. Exige t-elle, mais je garde le silence, j'ai aucune raison de m'excuser. Tu m'as crié dessus, j'ai des postillons dans les cheveux. Déclare t-elle en s'enroulant une mèche, comme si elle ne me parlait pas comme à un chien, et ne me traitait pas comme ses selles. Je serre les poings et au moment de m'excuser. Je refuse. Je déclare et elle plonge son regard dans le mien, mais je ne baisse plus les yeux, je soutiens son regard. J'irais trouver maman, avec ou sans toi. Sans toi sera mieux. Tu viens Athéna ? Je lui demande, et elle se lève, bougeant ses mains sans formuler de signe particulier, je comprends qu'elle cherche ses mots, mais pas besoin.
Pas besoin, non. Dans ce cas bonne chance. Je déclare en m'éloignant vers la sortie. C'est ridicule. Me lance Eden dans mon dos. Elle doit sans doute penser que je suis lâche, mais que faire de son opinion ? Je ne la laisserais plus dicter les règles, ni voler mes choix. J'essaie d'ouvrir les verrous, mais certains sont coincés.
Crane vient à ma rescousse, et je crois entendre sa voix et le rire d'Eden, mais qu'importe.
Et alors que je mets enfin pied dehors. Attends ! Sa voix perce à travers la maison et m'atteint au delà de mes pensées. Je me retourne un instant, je sais qu'elle ne me demanderait jamais de rester. Les bourses. Bingo. Je les sors de mon chapeau et les donne à Crane, cette fois je suis parti pour de bon.
Je sais pas vraiment où aller, alors je marche, et je marche encore, sans m'arrêter, retraçant le parcours qu'on avait fait ensemble Eden Athéna et moi. Je regrette qu'on en soit arrivé là, sincèrement. Enfin... Je sais pas. Je me dis que d'une manière ou d'une autre, j'aurais fini par arriver là... Là... Mais là où exactement ? On a emprunté cette route avec l'espoir de rejoindre notre cousin en Allemagne, Eden s'est fié aux indices que papa a laissé derrière lui. Des journaux sur sa personnalité, et c'est grâce à sa personnalité. Je tiens un truc, faut que je l'écrive. C'est grâce à sa personnalité que papa a réussi à mettre la main sur Rouge, entre autre, ce qui signifie que Rouge aurait très bien pu mettre la main sur papa en utilisant l'exact même procédé. Seulement Rouge était prévisible, papa... Papa est en prison ? Ou il ne l'est plus. Il n'y a qu'une personne qui aurait à la fois pu et voulu le libérer, maman, maman a subi une tentative d'assassinat. Sans maman, papa ne sort pas, enfin, je sais même pas s'il est sorti, mais quoiqu'il en soit, sans maman, s'il était en vie, il ne sortirait pas. Peut-être Rouge considère papa comme une menace, et s'en est pris à maman justement car elle est la seule qui pouvait libérer la menace ? Une question me troublait avec cet assassinat, pourquoi maintenant ? Quoique, rien ne dit que c'était uniquement maintenant. Peut-être que cette tentative n'était pas la première, seulement la plus proche ? Ça expliquerait pas mal de choses, mais pas assez. Il y'a un élément, un élément à ma portée, mais lequel ? Ce serait... Ce pourrait être... Prince ? Rouge ? Oui. Si Prince était à cet endroit et qu'il a pu éliminer autant de personnes à la recherche de Rouge c'est que des indices devaient concorder vers cet endroit précis, et si Rouge sait pour notre cousin et pour l'œil... Qu'est-ce que je raconte. Il sait pour les cocatris et pour le labyrinthe vivant, et il saurait pas pour un œil qui est d'évidence plus connu et pour quelqu'un de la famille de son créateur ?
Je sais que j'ai dis que j'irais retrouver maman, et j'ai envie de le faire. Si je me trompe je vais me faire humilié et ridiculisé, je veux pas. Surtout pas.
Et en même temps... Même si Eden est une peste avec moi, elle reste de ma famille, Crane et Athéna aussi. Je veux pas qu'elle pense que je dépend d'elle et que j'ai fais demi-tour parce que je m'en sortais pas seul, mais je préfère ça que de vivre le restant de mes jours à me rappeler comment j'ai fais le choix de sciemment abandonner mes sœurs et mon cousin quand j'aurais pu éviter tout ça. MERDE. Je hurle, mais mon cri est caché par le bruit de la foudre. Toute cette eau doit me rendre sentimental... Non. C'est comme ça que je suis. Lâche, c'est vrai, mais je n'abandonnerais pas ma famille.
Je dois transplaner au plus vite jusqu'à Crane, si ce n'est pas trop tard je peux l'avertir, au moins lui, il m'écoutera peut-être. Je peux pas couvrir une si longue distance, encore moins en pleine nuit, dans mon état de fatigue et ma faim, et toutes ces choses dans ma tête. Un premier saut, réussi. Puis un deuxième, idem. Un troisième, un quatrième, puis, puis... J'en pouvais déjà plus au deuxième, mais je dois sauter encore une dernière, juste... Mon Dieu. Juste une... Une... ALLEZ. Juste une dernière foiiiiiiis. Un dernier saut et je m'écrase contre la porte de Crane, mon bras fait affreusement mal, mais je crois que c'est mon estomac qui a le plus pris. C'était téméraire de ma part. J'entends les verrous être déverrouillés, j'ai pas envie... Pas envie d'être vu comme ça, par personne... Je pourrais même pas expliquer ce que je crains.
Le dernier verrou fait clic, et la porte s'ouvre sur un dame immense, c'est Eden ? Ou la petite-amie dont Crane nous a parlé ? Elle se moque pas pour l'instant, donc je doute... E... Eden ? Je demande, et voilà qu'elle sourit. Évidemment qu'elle sourit, c'est Eden, elle se mo... Non. Ce sourire est trop grand, trop blanc, elle montre toutes ses dents, et pourquoi elle rit... Pourquoi elle rit si fort ? Je sais bien que je suis ridicule, mais je suis quand même son frère. Raté mon mignon. Déclare cette personne avant de s'accroupir, ce doit être la petite-amie de Crane. Moi... Commence t-elle. C'est Prince. Lance t-elle dans un éclat de rire. KASONGO. PRINCE. Déclare t-elle dans un hurlement de rire.
Dernière modification par Redose Omniak le 28 août 2026, 20:33, modifié 1 fois.
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CHAPITRE 11 : Celle qui montre le chemin
PARTIE 1 : Pied à terre
Voilà un peu moins de treize jours que les navires avaient quittés Azkaban, chargés d'anciens détenus et d'anciens gardiens, cinq navires et un équipage uni sous la bannière de la liberté, un équipage comptant des êtres venus d'un peu partout au Royaume-Uni : Des elfes qui se sont rebellés, des géants qui ont refusés de se soumettre, des gobelins qui... Ont commis des fraudes fiscales ? Des harpies, des ogres et des vampires discriminés, des loups-garous qui n'ont pas su ou pu suivre un traitement adapté à leur condition, des nains, des sorciers, des vélanes. Tous avaient été enfermés pour des raisons différentes, mais tous s'étaient évadés pour un même rêve. Quitter Azkaban ne suffit pas, être en cavale toute sa vie n'est pas une option, il faut une terre. Une terre où ils pourraient vivre libres.
Ces jours sur les flots avaient permis aux anciens gardiens et aux membres de la Ruche de connaître un peu mieux les autres groupes. À part eux, les anciens détenus se connaissaient tous un petit peu, et les conditions de vie en mer étaient bien plus agréables qu'à Azkaban.
Sans détraqueur dans les parages, n'importe quel lieu est meilleur qu'Azkaban. Lorsque la forteresse s'était effondrée sur elle-même, les détraqueurs avaient essayés de suivre les navires, mais la Ruche ne le permis pas. Ses membres avaient bien plus de souvenirs heureux que quiconque parmi les anciens détenus.
Élisabeth pour sa part préférait rester un peu seule, à lancer quelques regards vers Redose en se demandant ce qui pouvait bien lui passer par la tête, il ne lui a pas fallu longtemps pour réquisitionner un ancien détenu et le déclarer comme son nouveau petit ami, n'hésitant pas à être particulièrement démonstrative quand l'homme était dans les parages. Et lorsqu'enfin il était temps de mettre pied à terre, Redose demanda à Élisabeth, Bellamy et Debora de le rejoindre à terre. Puis à Bergelmir et Rebecca de gérer les navires et de faire en sortes de protéger des yeux indiscrets leur présence sur la côte. Les géants n'ont pas vraiment la capacité de lancer des sorts de protection, et les anciens détenus sont rouillés, c'est donc à la Ruche et aux anciens gardiens qu'il incombait la tâche de protéger les navires. Élisabeth pour sa part avait décidé de n'en faire un peu qu'à sa tête. Pourquoi tu veux l'emmener ? Demande Redose à son épouse. C'est mon petit ami, il m'accompagne où que j'aille. Réplique Élisabeth avec un large sourire, tenant son petit ami par le coude, petit ami visiblement gêné et ne voulant pas vraiment contrarié l'instigateur de cette évasion et la raison même de leur présence ici. Mais disons que dire "non" à Élisabeth n'est pas facile ni anodin. Écoute, moins on est m- Commence Redose avant d'être coupé net par la blairelle qui s'approche et le pousse légèrement avec son index. Si je te demandais de bouffer ta chaussure tu le ferais, pourquoi ? Elle pose une question rhétorique, car la réponse est évidente. Car sans moi tu n'aurais même pas de chaussure, tu serais toujours à Azkaban. Elle le pousse un peu plus fort. Sans moi tu n'aurais pas de navires. Insiste t-elle en le poussant plus fort. Et sans moi tu n'aurais pas d'enfants. Lance t-elle, ça n'avait aucun rapport avec le reste, mais ça lui passait par la tête. Sur ses mots elle le poussa encore plus fort à deux mains, mais Redose ne recula à peine. L'homme se retourna et commença à avancer, ignorant Élisabeth et son caprice. Elle n'avait pas tort sur le fond, tout ça c'était grâce à elle, à elle et presque uniquement à elle. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait, après tout c'est elle qui a libéré ces détenus, elle qui a ramené ces navires, elle qui a... Mit au monde trois enfants ? Oui. En définitive, elle est responsable de toute cette situation.
La jeune femme suivait le petit groupe avec un très large sourire satisfait, emmenant son petit ami par la même occasion. Brian pour sa part avait du mal à dire non, il était un peu gêné de toute cette situation avec Redose, mais n'était en rien contre d'avoir la chance immense d'obtenir la tendresse d'Élisabeth. Après avoir marché quelques heures, le petit groupe arrivait dans un village moldu où il pourrait trouver une voiture afin d'aller plus vite. N'étant pas particulièrement coutumiers des moyens de transport magique au Canada, ça et le fait qu'ils ne voudraient pas trop attirer l'attention sur eux. Par chance, la personne qu'il cherchait n'était plus à Ottawa, au Québec, mais dans la capitale sorcière du Canada, sur l'île René-Levasseur, une île entourée du lac Manicouagan, au Québec. Cette île est bien connue des moldus, du moins, ils le pensent.
Après avoir volé sans vergogne une voiture à un moldu qui passera probablement la journée à la chercher, Debora conduisait en direction de la capitale sorcière. Elle était la seule dans cette voiture à connaître le chemin, et agissait en sortes de guide. Pendant ce temps, dans la voiture, Redose qui était assit à l'avant regardait le paysage, un bras dehors, tandis que Bellamy, Élisabeth et Brian étaient plutôt à l'étroit et assez gênés, derrière. On aurait pas pu voler une voiture plus grande ? Demande Élisabeth, poussée par Brian lui-même poussés par l'épais Bellamy qui essaye de prendre le moins de place possible. Je te garantis que y'en avait pas. Le village était particulièrement petit, les autres choix de véhicules se limitaient à des tracteurs, des chevaux, une camionnette en mauvaise état, et d'autres voitures pareilles ou similaires à celle-ci. Il y'avait également des voitures électriques, plus rares en campagne qu'en ville, mais en plus d'être petites, rien ne dit qu'elles fonctionnent aussi bien qu'une vieille voiture quand cinq sorciers sont dedans. J'ai faim... Admet Bellamy après que son estomac ait grondé pendant quelques secondes dans la voiture. Redose ouvre la boîte à gants puis la referme. Y'a rien ici, on arrivera à la capitale dans pas longtemps. Déclare Redose sans se soucier de quoique ce soit. Oh, okay, dans combien de temps environ ? Demande Bellamy avec un court sourire. Environ cinq heures. Une vague de plaintes et de suppliques se firent entendre à l'arrière pendant que Debora s'amusait de la situation et que Redose regardait le paysage sans prêter attention à ce qu'il se passe derrière.
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PARTIE 2 : La déesse de la victoire
Bel. Interpelle Redose. Bel ! Poursuit-il en lui secouant l'épaule. Hein ? Quoi ? Se questionne Bel, assit seul dans la voiture, les bras croisés, de la bave au coin de la bouche. L'homme était fatigué, anxieux à l'idée d'arriver, il avait du mal à croire qu'il avait réussi à quitter Azkaban alors que ça faisait presque deux semaines. Il sentait encore le froid glacial que l'on ressent quand un détraqueur s'approche. Et le sentiment de désespoir qui s'immisce jusque dans notre sans et s'incruste dans notre chair. L'homme ouvrit la portière et sortit de la voiture, il baillait comme un ours, révélant une dentition particulièrement fournie et une langue plus longue que la normale.
Fatigué il rejoignait le groupe qui l'attendait, ensemble, ils marchaient vers la capitale. Une cité, visible et accessible uniquement par des créatures magiques. Qu'une citadelle surplombe, donnant un côté très impressionnant à la ville, bien plus impressionnant que Godric's Hollow.
Le groupe de sorciers avançaient en suivant Debora, essayant d'éviter de croiser le regard des nombreux individus sur le chemin. Le risque que la CIS soit impliquée ou que le Canada et le Royaume-Uni les recherche ici est loin d'être de zéro. Les relations diplomatiques entre le Canada et le Royaume-Uni permettaient il y'a cinq ans les collaborations pour lutter contre la criminalité, et le petit comité comprenant Redose, Debora, Bellamy, et Élisabeth, regroupaient la majorité des instigateurs de la plus grande évasion de l'histoire du Royaume-Uni, et peut-être même du monde. Il y'a Brian aussi, mais tout le monde s'en fiche un peu de Brian.
Après une vingtaine de minutes à marcher dans un presque-silence, car personne n'a rien à dire à part Bellamy qui s'émerveille de ce qui l'entoure, qu'il s'agisse d'artefacts, de mode, ou d'architecture. Le groupe semblait arriver à destination, le palais des poissons. Un bâtiment particulièrement élégant exposant une multitude de drapeau, mais principalement ceux du Québec et du Canada. En entrant, on remarque que l'intérieur est bien, bien, bien plus grand et vraiment beau. On se croirait presque dans un musée. Un agent de sécurité demande à les fouiller, ce que le groupe, qui n'a rien à cacher, accepte naturellement. Après la fouille, Debora avançait d'un pas confiant jusqu'à des escaliers, le groupe suivait sans vraiment savoir où elle les emmenait, mais elle, elle savait, et Redose lui faisait confiance. C'était une raison suffisante pour la suivre sans poser de question.
Bellamy avait cessé de s'émerveiller, du moins, en apparence. Le palais était particulièrement bien meublé et particulièrement beau, même s'il était également compliqué de se repérer une fois à l'intérieur. Plusieurs personnes ayant l'air de touristes semblaient totalement paumées, mais Debora qui pourtant n'avait jamais posé les pieds ici, pouvait avancer sans problème et s'engouffrer dans ce labyrinthe. Il y'avait des pièces dont les entrées étaient étranges, et des pièces dont les portes faisaient la taille d'un doigt, tout cela était intriguant et Élisabeth n'avait qu'une envie c'était de s'arrêter pour examiner certaines entrées, mais Debora continuait d'avancer sans laisser la possibilité à qui que ce soit de s'attarder sur des détails, puis finalement. Elle est là.
Quatre agents de sécurité sont postés devant une grande statue, une statue loin d'être inconnue à Debora et Redose, puisque c'est devant elle que tout a commencé. La statue de Veritas, la déesse de la vérité, celle qui avait offert sa bénédiction aux membres de son culte.
Culte dont fait partie Debora.
Debora s'avança de quelques pas avant d'être arrêté par deux agents de sécurité. Nous sollicitons une audience avec Veritas. Déclare Debora, confiante. Et vous avez un laisser-passer ? Demande l'un des agents de sécurité. Bellamy s'avançait lentement, les poings serrés, au cas où ça tournerait au vinaigre. Il valait mieux neutraliser ces agents sans faire usage de la magie se dit-il, dans un lieu inconnu il est toujours préférable d'utiliser d'essayer de recourir à la magie. Debora leva la main pour retenir Bellamy. Absit reverentia vero. Prononce t-elle lentement.
Les agents de sécurité s'éloignèrent dans un geste étrange où ils portent leur main à leurs yeux, Élisabeth n'était pas sûre de tout saisir, mais elle trouvait ça classe, d'autant plus que ça leur avait ouvert le passage vers le puis. Vincit omnia veritas Disent les quatre agents en cœur lorsqu'ils s'écartent.
Chacun des membres du groupe entrait dans le portail, Bellamy avait un peu peur, mais entrait quand même. Brian avait très peur et allait proposer qu'il reste là, mais Éli le tire à l'intérieur.
C'est plus grand que la dernière fois. Déclare Debora, explorant la grotte du regard. Et plus beau. Réplique Veritas, son torse entier dépassant du puit, un puit dont l'eau s'échappe et va jusqu'à couler jusqu'aux pieds des sorciers. Debora s'agenouille devant Veritas, et les autres membres du groupe firent de même dans un esprit de soumission. Redose pour sa part préféra s'avancer jusqu'à être proche de la déesse. Bonjour, Veritas. Lui dit Redose, alors qu'il prend la main de la déesse et l'embrasse. Redose... Ça faisait longtemps. Déclare la déesse, un large sourire aux lèvres. Redose pour sa part ne se souvenait pas vraiment de sa dernière rencontre avec la déesse, son esprit était devenu une sorte de miroir brisé très étrange à Azkaban. Avant ça c'était seulement très étrange, mais les choses étaient dans l'ordre.
L'homme recula de quelques pas avant de s'agenouiller devant la déesse.
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PARTIE 3 : Mère et sœur
C'était la première fois qu'Élisabeth, Bellamy et Brian voyait Veritas. Elle disait vaguement quelque chose à Redose, mais sa mémoire ayant été formatée, tout comme Bellamy et Brian, il la connait surtout à travers les récits de Debora et des autres membres de son culte. Cette femme était d'une grande beauté, entièrement nue, elle fixait le groupe avec ses yeux jaunes topaze et or, un léger sourire au coin des lèvres. Ça me fait plaisir de vous avoir en face de moi. Admet la déesse, passant d'une personne à une autre. Les gens ici ne me voient que comme un outil pour arriver à leurs fins. Déclare Veritas au groupe agenouillé.
Redose se leva, il ne semblait pas avoir de problème à manquer de respect à une déesse vénérée par des centaines et des centaines de personnes. C'est mon cas également. Admet l'homme, se tenant droit face à la déesse, tandis que les autres membres du groupe s'offusquait de cette remarque et essayait de le faire s'agenouiller à nouveau. Mais l'homme n'en faisait qu'à sa tête, et Veritas s'amusait de la situation. Tu es tellement toi. Lance t-elle en riant légèrement, faisant cesser les suppliques du groupe envers Redose pour qu'il s'asseye à nouveau. C'est vrai que tu me considères ainsi, mais la première fois que tu es venu à moi, tu pensais que c'était dans l'intérêt général. Déclare la déesse, Redose détourne le regard, mais Veritas continue. Laissant sa tendre et douce voix guider Redose vers une vérité qu'il devait être prêt à entendre désormais. Même si tu désires m'utiliser, tu ne prends pas malédiction pour acquise, toi. Déclare t-elle, alors que Redose consentait finalement à soutenir son regard.
Ce que Veritas entendait par là, personne dans la grotte ne le comprenait, et personne n'avait à cœur de le comprendre ni de demander des explications, et surtout, personne ne voulait passer pour un idiot, surtout devant une déesse, et Veritas le savait.
Debora se releva lentement, et le groupe la suivit, elle avait visiblement un plus grand effet sur le groupe que Redose. Lui on ne le suivrait pas s'il sautait d'une fenêtre, Debora en revanche, on la suivrait probablement. Redose a l'air complètement fou et prêt à tout pour arriver à ses fins, personne ne sait ce qu'il se passe dans la tête de cette personne qui ne ressemble plus vraiment à un humain. Debora paraît bien plus raisonnée et passionnée. Maîtresse, nous sommes désolé de recourir à vous comme on recourait à un outil... Commence Debora, une main sur le cœur, avant de s'arrêter net et de détourner le regard. Debora avait imaginer plusieurs fois la scène dans sa tête, elle était vraiment heureuse de pouvoir revoir Veritas à nouveau dans cette vie, seulement... Elle se sentait mal de devoir lui demander de les aider ainsi, uniquement pour gagner du temps, la traitant comme une outil, comme c'est le cas du gouvernement sorcier canadien.
Veritas balaya l'air devant elle d'une main, avant d'adresser à Debora un sourire particulièrement tendre et maternel. Je sais pourquoi vous êtes là, et je ne vous en veux pas. Déclare la déesse avant de se reposer sur ses mains. C'était juste pour faire un peu la discussion... Personne discute jamais avec moi. Lance Veritas en riant, avant de reprendre son rire. Ne perdons pas plus de temps, Rouge se trouve en Libye, bon courage. Lance Veritas dans un dernier sourire, alors que Brian et Bellamy la remerciait et sortait aussi vite que possible de cette grotte. Debora pour sa part resta figée un instant, quand à Élisabeth, sa nature curieuse la clouait sur place. Attendez ! Lança Élisabeth avec un regard perdu, elle ne savait pas vraiment pourquoi ces mots qu'elle voulait gardés à l'intérieur étaient sortis, et Veritas la regardait avec une peine palpable. Et m- Commence t-elle avant d'être coupée par la déesse. Vous devriez voir ça entre vous. Lance t-elle à Élisabeth, regardant Redose du coin de l'œil un instant.
Élisabeth se tourna lentement vers l'homme qui se tenait à côté d'elle, cet homme, elle ne le reconnaissait que peu, il avait extrêmement changé, était-ce toujours son mari ? Rien ne permet de l'affirmer. Elle n'ose pas poser les questions, celle qu'elle comptait poser à Veritas concernait les enfants, et si Redose savait pour les enfants et qu'il avait préféré ne pas en informer leur mère, alors peut-être n'est-il pas aussi fiable que tous semblent le penser.
Si Redose cache une vérité aussi importante à Élisabeth, alors l'homme qui se tenait à proximité n'était peut-être pas son alliée, ni même de son côté. Lorsqu'Élisabeth tourna la tête vers Veritas, celle-ci regardait ailleurs, et quand Élisabeth reporta son regard sur l'homme il disparaissait à travers la statue, sans rien dire. Son comportement ne pouvait pas être plus suspect.
La femme se tourna une dernière fois vers Veritas. Je consens à t'accorder le don que possède Debora, seulement je dois te prévenir, tu ne pourras jamais sonder l'esprit de Redose. Déclare Veritas. Élisabeth voulait lui demander de lui accorder le don de percevoir un ou plusieurs avenirs, dont que possédait Helga, celle qui a prédit la venue d'Élisabeth à Azkaban, morte depuis. Mais sa mémoire demeurait dans les récits des membres du culte. Élisabeth était assez déçue de ne pas se voir octroyer le don de percevoir au moins un avenir, mais elle acceptait. Le don de sonder les esprits est bien plus précieux à ses yeux, même s'il est moins utile pour la mission. Ce monde de masques et de faux-semblants pourrait peut-être être aboli après tout, et surtout, même adulte une fille peut se rebeller contre ses parents.
J'y consens. Déclare Élisabeth, s'approchant de Veritas. La déesse lui tendit alors une coupelle, et Élisabeth bu l'eau du puit.
Elle sortit rapidement de la grotte, ça avait été l'affaire de seulement une dizaine de secondes, rien de suspect. Comme prévu, elle ne pouvait pas sonder l'esprit de Redose, celui de Brian était particulièrement vide, et celui de Bellamy avait particulièrement faim, Debora pour sa part avait une pensée à son attention. Bienvenue parmi nous, sœur. Pense Debora en souriant à Élisabeth. La jeune femme se contenta de répondre par un sourire complice, ne maîtrisant pas encore tout à fait tout les aspects de cette bénédiction nouvelle qu'elle garderait pour elle, du moins, jusqu'à ce que quelqu'un ne le découvre.
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PARTIE 4 : Le poursuivant
Le groupe avait pu rejoindre la voiture sans problème, sans argent, Bellamy n'avait pas pu satisfaire son estomac, et arriver à la capitale n'y changeait rien. Élisabeth pour sa part se faisait à son nouveau don progressivement, découvrant qu'il lui suffisait de regarder une personne pour lire les pensées à sa surface. La femme se questionnait tout de même sur la raison pour laquelle Veritas avait refusé de lui admettre le don de divination, celui-ci leur aurait été bien utile, et le silence de Debora qui pourtant avait accès à ses propres pensées était particulièrement louche, ça, et le fait que Redose était particulièrement silencieux pour une raison qu'elle ignorait encore.
Le don que lui avait accordé Veritas permettait à Élisabeth de lire les pensées de certaines personnes, officiellement, d'après les membres du culte c'est Veritas qui décide quelles peuvent être les cibles du don qu'elle leur accorde. Seulement, il n'aurait fallu que quelques minutes à Élisabeth pour comprendre que Veritas ne décidait pas quelles peuvent être les cibles du don, mais quelles ne peuvent pas être les cibles. Sans doute la déesse elle-même avait des desseins qui nécessitaient que le don ne soit pas utilisé sur certaines personnes, comme Redose.
Se sentir libérée de la crainte d'être manipulée, de devoir affronter des mensonges et des masques totalement, alors qu'elle, était démunie jusqu'à maintenant. Libérée de la culpabilité que représentaient ses propres masques et ses propres mensonges, la sensation de la vie dans ce monde était toute nouvelle, toute particulière, particulièrement agréable. Élisabeth, comme tout les membres du culte, pouvait renoncer à ce don à tout moment rien qu'en le voulant vraiment et en le demandant, mais comme tout les membres du culte, elle savait déjà qu'elle n'en ferait probablement jamais rien.
Debora démarrait la voiture et le groupe retournait au village, si tout se passe bien, ils devraient repartir sur la mer en pleine nuit. Ils auront l'occasion de dormir à ce moment là, car pour l'instant, le groupe était seulement fatigué. Cinq heures de route aller-retour, les moldus étaient impressionnants de ne pas se cloîtrer dans leur village, et de construire d'aussi longues routes. Et dire que ce n'était qu'un petit voyage, le Canada est bien plus grand, tout comme les États-Unis, ces deux pays font souvent parler d'eux, en particulier les États-Unis. La Libye en revanche... C'est autre chose. Bellamy cherche dans ses souvenirs ce qu'il sait de la Libye, il sait que ce n'est pas un pays sûr et qu'il y fait plutôt chaud, mais il ne saurait même pas le situer sur une carte. Ça fait vraiment bizarre de rouler à droite, ça me donne la nausée. Déclare Brian, qui n'avait pas dit un mot depuis ce matin. Celui-ci trouvait la situation particulièrement étrange, et se retrouver ainsi parmi trois des "grands" et Redose, le mari de sa petite amie et accessoirement celui qui donne les ordres, celui qu'on pourrait presque qualifier d'amiral. Et il y'avait lui, un type qui il y'a deux semaines encore jouait aux cartes pour palier l'ennui à Azkaban, enfermer des gens dans leur cellule et avait la même routine tout les jours.
Personne ne répondit à Brian. Élisabeth s'entraîner à communiquer ses propres pensées sans que des pensées parasites n'interviennent, Debora regardait la route et se concentrait pour conduire alors que ça faisait des années qu'elle n'avait pas conduit, et qu'elle n'avait jamais conduit en ayant le volant à gauche, et le sens de la route à droite, elle essayait également de donner des conseils à Élisabeth pour l'aider. Bellamy se questionnait sur la Libye qu'il confondait en partie avec la Turquie et en partie avec l'Égypte, c'est d'autant plus difficile qu'il confondait la Turquie avec la Tunisie et l'Égypte avec la Syrie. Mais il essaie.
Redose pour sa part se contente de contempler le paysage.
Toujours le bras et le nez dehors, l'homme annonça sans préambule. Je crois qu'on est suivi. D'un air si indifférent et si neutre qu'on croirait presque à une farce.
Bellamy releva le nez de sa réflexion. On doit bientôt s'arrêter pour mettre de l'essence. Déclara Debora, celle-ci arrêta net d'aider Élisabeth pour se concentrer et être particulièrement vigilante. Guettant les voitures derrière la leur d'un œil perçant et discret. Personne n'avait l'air de vraiment les suivre, Debora tentait quelques manœuvres pour le vérifier en accélérant et en ralentissant, mais les voitures agissaient normalement. Elle se mettait alors à douter, mais Redose ne déclarerait pas quelque chose d'aussi grave sans preuve ni fondement. Le danger pouvait venir de n'importe où, mais seul Redose s'en doutait, pourtant, l'homme ne dit rien de plus.
Vigileant, le groupe finit finalement par s'arrêter à une station essence automatique, Debora lança un sortilège de confusion à la pompe pour pouvoir l'utiliser librement. T'es sûr que quelqu'un nous suit ? Demanda Élisabeth à Redose, mais l'homme resta silencieux, guettant la cime d'un arbre. Pour une fois, Élisabeth accepta ce silence, et se contenta de guetter la cime à son tour. Mais il n'y avait rien, enfin, elle le pensait.
En se concentrant bien. Il y'a quelqu'un dans l'arbre. Déclare Redose, Élisabeth se concentrait, mais ne voyait rien. Bellamy s'approchait dans le dos des deux, et Brian le suivait de près. C'est vrai. Déclare le lycanthrope sans en dire plus. Et ça ne vous fait pas peur ? Il sait qu'on sait qu'il est là, c'est un problème. Lance Élisabeth à son beau-père et à son mari. Brian avait particulièrement peur de cette situation, si quelqu'un les suit c'est problématique, pourquoi il voudrait les poursuivre ? Est-ce que les navires sont en sécurité ? Qui est-ce ? La ferme ! Lança Élisabeth à Brian, celui-ci pensait si fort qu'elle n'avait pas eu à le regarder pour qu'il parasite ses pensées.
Personne n'accorda d'importance à ce léger coup d'éclat d'Élisabeth. Il est seul et on est cinq, je préfère qu'il sache qu'on sait qu'il est là. Déclare Bellamy, mais Élisabeth n'était pas de cet avis. Bien sûr ça pourrait le dissuader, mais rien ne dit qu'il est vraiment seul, il est peut-être le moins discret de son groupe, ou peut-être est-il un pion dans une stratégie, et même s'il est seul, maintenant qu'il sait que le groupe sait, il pourrait changer de stratégie, ou tourner ça à son avantage. Il faut l'éliminer. Lance Brian derrière eux. On peut pas, on attirerait trop l'attention ici. Réplique Élisabeth avant de retourner dans la voiture, Debora venait de finir de faire le plein.
Brian l'accompagna, puis Bellamy.
Redose pour sa part restait un peu plus longtemps à observer cette personne, elle semblait légèrement familière, mais il n'arrivait pas vraiment à mettre le doigt sur son identité. Allié, ennemi, la seule question qui doit être se poser concerne la dangerosité de cet individu. Mais comme l'a si bien dit Élisabeth, le groupe ne peut rien faire.
L'homme retourna à la voiture, et le groupe reprit la route en direction du village moldu.
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~ TRIGGER WARNING ~
Reducio• Violences : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...].
• Violence avec arme : [...] En employant une arme.
• Violence sans arme : [...] Sans employer d'arme.
• Meurtre : Fait d'ôter la vie à un individu.
• Profanation de cadavre : Sacrilège/Dégradation commis à l'égard d'un cadavre; en l'espèce, un manque de respect passant par un dépouillement.
PARTIE 5 : L'inconnu
Les membres du groupe demeuraient vigilants sans vraiment être sûr de la menace qui les guette, ci c'est bel et bien une menace. Mais qui d'autre qu'une menace les poursuivrait ainsi, caché. Il pouvait aussi bien s'agir de forces de l'ordre canadienne, d'autorités britanniques, d'agents de la CIS, ou même de Rouge.
Debora prit l'initiative de prendre une route déserte et déviant complètement de l'itinéraire de base. Seule elle et Élisabeth étaient conscients de la manœuvre, Bellamy se doutait de la raison de ce choix, quant à Brian, il ne lâchait plus sa baguette depuis le dernier arrêt.
La voiture s'arrêta sur le bord de la route déserte, aucune voiture ne passait, le terrain était particulièrement accidenté et probablement peu utilisé. Si moldus il y'a, ça limitera grandement l'atteinte au secret magique, bien plus que si le groupe confrontait le poursuivant sur l'autoroute comme Brian semblait le suggérer sous la panique. Je ne supporte pas cette sensation d'être suivie. Déclare Debora alors qu'elle sort en première de la voiture, suivie des autres. Y'a pas pire sensation. Confirme Brian, visiblement anxieux et attentif au moindre indice qui pourrait révéler la localisation du poursuivant. C'est que tu t'es jamais chié dessus en croyant seulement forcer un pet. Lance Bellamy, guettant lui aussi tout autour de lui. Le groupe s'était mis en cercle et tournait comme pour obtenir des indices. Charmant. Lance Élisabeth, cherchant à utiliser son don pour capter la pensée de l'inconnue, seulement, visiblement, le don est loin de fonctionner ainsi.
Redose plaça sa main dans le dos de Bellamy. Je sais. Déclare le lycanthrope, avant de faire exploser la cime d'un arbre. Le groupe s'est tourné dans un mouvement unanime vers l'arbre ciblé. Mais c'est dans leur dos que le premier bruit se fait entendre, un homme s'approche en applaudissant lentement. Le groupe se retourne à nouveau dans un mouvement quasi unanime vers cet homme étrange. Un homme particulièrement fin, à l'allure élancée, d'une peau brune mouchetée de petites tâches blanches. Il armait son regard brun foncé de satisfaction et et de jeu. Ses petites mèches brunes cachait une partie supérieure de son visage, mais ça ne cachait pas le sourire que leur offrait l'homme, visiblement heureux.
C'est impressionnant, Redose et... Bellamy, je crois ? Lance l'homme, visiblement prêt à discuter. Debora et Élisabeth, pour leur part, lisait ses pensées en surface et cet homme ne saurait être plus louche. Seulement, qu'importe à quel point il est étrange, le tuer ou le neutraliser ne leur permettra pas d'obtenir des informations. Mais discuter avec lui et le lire en même temps, si.
Bellamy s'avança de quelques pas. Qu'est-ce que tu sais sur moi ? Demande le lycanthrope à l'homme louche, celui-ci cessa d'applaudir et plaça sa main à son cœur. De toi je sais que tu es un sorcier puissant et brutal. Admet l'homme, il n'a même pas envisager de mentir, pas même un instant. On s'en fout de ça, t'es qui ?! Lance Brian, s'avançant au-delà du groupe et menaçant l'individu de sa baguette. Alors qu'il tremblait il y'a quelques instants encore, savoir désormais où est l'individu rendait les choses bien plus faciles pour lui. Me menacer n'est pas très courtois. Déclare l'homme louche, mais Brian ne cède pas, et s'avance vers lui en répétant. Je t'ai demandé qui tu es. Insiste l'homme, un sourire en coin aux lèvres. Je me permets d'insister, ce n'est vraiment pas courtois tu sais ? Lance l'individu en riant.
Brian pour sa part en avait marre et fit un pas en avant, alors qu'il était sur le point de hausser le ton et de ligoter la personne qu'il avait en face de lui, celle-ci dessina une ligne diagonale avec sa baguette. Le geste était tellement rapide et la pensée tellement succincte, que ni Debora, ni Élisabeth, n'avait pas pu empêcher cette attaque. Brian, qui lui non plus n'avait pas comprit ce qui lui arrivait, tomba au sol immédiatement.
Élisabeth sentait la colère monter en elle, elle n'avait pas passer des années à être mariée à Brian, et ils ne se connaissaient pas tant que ça, mais elle l'appréciait. Elle l'appréciait sincèrement, certes la journée avait été difficile puisque Redose et deux des autres cinq grands l'entourait, mais c'était vraiment quelqu'un de bon. Bellamy posa sa main sur l'épaule d'Élisabeth et lui glissa discrètement. Il respire normalement. Comme si Brian était seulement endormi. Conscient de cela, la jeune femme se calma, et préféra la solution diplomatique.
Debora, Bellamy et Élisabeth avaient leur baguette pointée sur cet inconnu. On va pas pouvoir discuter désarmé, pas après ce que t'as fait à notre camarade. Lance Élisabeth à l'intention de ce que le groupe suppose être leur poursuivant. Je m'excuse, mais je n'aimais pas son attitude à mon égard. Déclara l'homme avant de lancer sa baguette à terre sur un sourire qui se veut chaleureux. D'ordinaire, Élisabeth lui aurait déjà tranché la gorge si elle ne lui avait pas fait pire avant, seulement là, Brian respire normalement. Sans doute cet étrange inconnu lui a lancé un sortilège que le groupe ne connait pas et qui permet d'endormir la cible. La pensée de ce sortilège avait été tellement instinctive que ni Élisabeth ni Debora n'avait pu l'analyser ne serait-ce qu'un tant soit peu.
Les membres du groupe qui avaient leur baguette levées la rabaissèrent face au désarmement auto-infligé de cet homme, se pourrait-il qu'il s'agisse au final d'un allié ? À part les suivre, il s'était montré assez amical, qui ne réagirait pas ainsi si quelqu'un le menaçait comme Brian l'a fait. Puisque tu n'es plus menacée, peux-tu nous révéler qui tu te trouves être ? Demande Redose d'une manière incertaine, comme s'il n'avait encore décidé de la conduite à adopter dans une telle situation.
L'homme, visiblement mexicain à son allure et à son accent, déclara une révérence dans un large sourire avant de se redresser. Je m'appelle Prince, Kasongo Prince. Déclare l'homme tout sourire. Je suis ravi de vous rencontrer. Poursuit Prince, tendant la main devant lui, alors même que le groupe se tient à une dizaine de mètres. Redose brisa la distance qui les séparait et enjamba Brian, pour serrer la main de Prince. Et... Qu'est-ce que tu nous veux, Prince ? Demanda Redose.
De leur côté, Debora et Élisabeth s'échangèrent un unique regard, lorsqu'elles apprenaient en avance la réponse à laquelle pensait Prince. Alors qu'Élisabeth pensait à attirer Redose, et que Debora pensait à repousser Prince, au moins pour les séparer, l'homme décida de répondre de la manière la plus honnête qui soit, comme si ses révélations étaient parfaitement saines. J'ai été envoyé par mon maître il y'a des années, au cas où vous passeriez par la capitale. Admet Prince, dans un très large sourire, particulièrement effrayant. Mon maître c'est Rouge, et il m'a ordonné de vous ramener à lui. Déclare fièrement Prince, semblant ne pas comprendre que ce n'est pas tout à fait une situation "normale". Aucun groupe ne se laisserait faire ainsi, et en même temps, Redose comptait aller à la rencontre de Rouge dans tout les cas.
L'homme haussa les épaules et se retourna pour faire quelques pas en direction d'Élisabeth et des autres, avant de jeter une question par dessus son épaule. Dans quel état ?Se retournant lentement. Mort ou vif. Souriant. Alors pourquoi ne pas avoir tuer Brian ? Demande Redose, dubitatif.
Souriant à pleine dents, Prince répond avec une joie et une indifférence des plus totales, tandis que Debora portait sa main à Éli, et que celle-ci était au bord des larmes. Oh bah tu sais on tue rarement, quand on en a l'occasion on rend la cible tétraplégique de manière permanente. Déclare Prince, riant à pleine voix, alors que Redose n'est qu'à un pas de Brian. Il ne dort pas, il est éveillé, parfaitement éveillé, seulement il ne peut pas se lever, et apparemment il ne le pourra jamais plus.
Élisabeth n'attendit pas un instant de plus pour balancer un puissant sort sur Prince, celui-ci le dévia sans effort, et sans baguette. Instinctivement, la poufsouffle se rappelait des catalyseurs à travers le monde qu'elle avait étudié. Cet homme avait l'air mexicain, sans doute utilisait t-il le vaudou ou un bijou, dans les deux cas, le catalyseurs n'est pas visibles dans leur position. J'imagine que vous opposés de la résistance. Lance Prince en riant. Ça va faire plaisir au maître ! Déclare fièrement Prince alors qu'il tend son bras vers le groupe et que des lianes sortent des arbres pour fouetter, agripper, et attraper les membres du groupe. Sauf Redose, celui-ci reste immobile du côté de Prince, sans participer au combat. Je l'emmerde moi, ton maître ! Lance Élisabeth, débordée par le nombre de liane qui ne tarde pas à devenir de plus en plus nombreuses et épaisses jusqu'à tenir plus de la racine que de la liane, et très vite des ronces apparaissent. COMMENT, OSES-TU ? Demande Prince en criant, avant de se remettre à rire comme s'il allait enfin passer aux choses sérieuses.
Debora et Élisabeth, prises de court et débordées, n'arrivaient pas à riposter. Bellamy manquait cruellement de vitesse et s'était retrouvé pendu par la cheville. Prince pour sa part semblait préparer quelque chose d'encore plus gros, et la terre se mettait à trembler. Il riait, riait, et riait encore. Perçant les oreilles et les esprits, seulement, il en oubliait que Redose n'était pas de son côté. Malgré son indifférence flagrante et son air blasé, il demeure du côté du groupe composé de son père, de sa belle-mère, de sa femme, et du petit-ami tétraplégique de sa femme. Et il n'allait pas abandonner ceux-là même qu'il a fait sortir, et qui l'ont fait sortir lui. L'homme avança lentement vers Prince, mais celui-ci ne le calcula pas du tout, et Redose plantait une lame enchantée faite d'os que lui avait confectionné l'un des sorciers du groupe de Bellamy.
Les yeux de Prince tombaient pour trouver la lame descendre lentement à l'intérieur de son corps, pendant que Redose regarde l'air indifférent. Les yeux de Prince faisaient alors des allers-retours entre la lame et Redose, le groupe derrière eux se voyaient libérer de toute cette végétation hostile.
Et très vite, Prince tomba à terre, essayant d'agripper Redose dans un dernier rire, mais celui-ci l'esquiva dans ses derniers instants. Toute cette situation était profondément horrible, cette mission n'aurait pas dû mener à un dommage quel qu'il soit, et maintenant Élisabeth se sentirait coupable, car c'est elle après tout qui a emmené Brian ici contre son gré. Alors qu'elle tentait de rassurer Brian comme elle pouvait, que Debora et Bellamy s'étaient installés dans le véhicule pour digérer tout ce qu'il venait de se passer. Redose, les mains toujours tachées de sang, fouillait le cadavre souriant de Prince devant les yeux interdits d'Élisabeth. Celle-ci porta Brian à la voiture, et regardait son mari faire, bouche bée. Quel genre de monstre es-tu devenu ? se demande la femme, alors que son mari récoltait l'argent et les papiers d'un homme qu'il a lui-même tué.
Ce n'était même pas le pire, Redose ne s'était pas soucié un seul instant de Brian, ni ne semble ne serait-ce qu'un peu choqué, peiné, il ne montre ni pitié ni consolation, et se contente de faire les poches de Prince, sans même s'excuser auprès de celui qui a presque tout perdu, et de celle qui lui a presque fait tout perdre.
Mais Redose n'en avait rien à faire, et une fois le cadavre dépouillé, il retournait à la voiture comme si de rien était. Laissant Élisabeth, interdite, le regarder faire avant d'elle même entrer dans la voiture et de remettre ses choix de vie en question. Cet homme est-il vraiment Redose après tout ?
5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha
Le heaume rouge
~ TRIGGER WARNING ~
Reducio• Violences : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...].
• Violence avec arme : [...] En employant une arme.
• Violence sans arme : [...] Sans employer d'arme.
• Mort : Evénement marquant l'arrêt d'une vie, un cadavre est généralement laissé à la suite de la mort de l'individu.
• Profanation de cadavre : Sacrilège/Dégradation commis à l'égard d'un cadavre; en l'espèce, un manque de respect passant par un dépouillement.
PARTIE 6 : Retour au village
Le groupe continuait sa route en voiture qui s'était avérée légèrement plus longue que prévue, Élisabeth, à l'arrière de la voiture jetait de discrets coups d'œil à Brian. Celui-ci était extrêmement agité, mais son corps ne répondait pas, rendant la situation d'autant plus insupportable pour sa petite amie qui pouvait écouter ses pensées sans pouvoir rien faire pour l'aider, ni même le soulager un peu. L'homme n'avait pas seulement été rendu tétraplégique, c'était comme si tout son corps avait été déconnecté de sa conscience. Son cœur battait, ses poumons respirait, mais l'homme n'avait plus ni contrôle sur son corps, ni accès à ses sens.
Plongé dans un noir et un silence absolu, il n'y avait plus en lui que de la terreur. Brian pensait qu'il était mort, et que ce vide c'était ce qu'il y'avait après la mort. Ce qu'il y'avait de plus désolant, c'est que ses pensées sont humaines. Mort, Brian s'était mit à prier pour qu'Élisabeth aille bien, pour que l'équipage trouve la terre qu'ils cherchent, il espérait que Rouge tombe et Élisabeth se sentait presque torturée d'écouter ainsi les confessions auxquelles il se livrait, sans pouvoir rien faire, Brian pensait à la vie qu'il avait eu. Il parlait de sa sœur, de sa mère, de la manière dont il est devenu un criminel et de la raison pour laquelle il est devenu gardien d'Azkaban plutôt que détenu.
Élisabeth lançait un regard noir sur Redose qui se contentait de regarder le paysage comme si de rien n'était, Debora et Bellamy se sentait désolés, et Bellamy essayait même de faire ce qu'il pouvait. Se collant à la portière pour laisser un peu plus d'air à Brian, sans savoir que ça ne sert à rien puisqu'il ne ressent rien.
La jeune femme porta un regard de plus en plus intense, jusqu'à finalement trouver la force de poser la question. Lorsque j'ai voulu demander à Veritas pour les enfants, elle m'a dit qu'on devrait voir ça entre nous. Brisant le blanc qui s'était installé depuis trop longtemps maintenant. Élisabeth comptait poser la question quand elle serait seule avec Redose, mais après avoir vu à quel point il avait changé, et dans l'état où elle est après avoir perdu, peut-être définitivement, Brian, elle ne pouvait se taire plus longtemps. Redose pour sa part gardait le silence, quelques secondes, puis quelques minutes. Debora tourna d'un coup sec pour faire entrer la voiture dans une plaine et freina brusquement, faisant basculer tout les passagers du véhicule. Se tournant vers Redose. Répond à la question. Ordonne Debora à Redose, celui-ci resta muet quelques instants avant de finalement se tourner vers elles. J'en ai... Marre, des secrets. Commence Élisabeth, énervée. Il faut que ça cesse. Déclare t-elle. Même Bellamy portait un regard froncé sur Redose, alors même s'il se trouvait être son plus proche et son plus grand allié, il était en tout point d'accord avec Élisabeth.
L'homme lisait l'ambiance dans la voiture, et constatait qu'il n'échapperait pas à la question. Il existe un sortilège qu'on utilise chez les Roşu et qui permet à quelqu'un de localiser n'importe qui partageant son sang. Admet finalement Redose. Cette déclaration devait être une bonne nouvelle, mais le fait que l'homme n'ai rien dit pendant tout ce temps, et qu'il attende d'être au pied du mur pour révéler une information aussi importante était particulièrement décevant, pour tout le monde. Élisabeth ne reconnaissait vraiment plus l'homme qui avait été pendant si longtemps son meilleur ami, celui qui lui disait tout, celui qui l'aimait et qu'elle aimait en retour. Celui qui aurait tout fait pour leurs enfants, cet homme-là...
Ça ne peut pas être celui qui se tient sur le siège passager, celui dont le regard est aussi passif et indifférent, aussi froid. Redose n'a jamais été ainsi, et il n'aurait jamais dû l'être. Il est censé être émotif, passionné, impulsif. Pas... Ça.
Élisabeth détournait le regard et se mordait la basse lèvre de frustration. Finalement, Bellamy posa la question pendue à toutes les lèvres. Pourquoi tu n'as rien dit ? Demande le lycanthrope, lui aussi déçu. Il a beau avoir passé cinq ans avec Redose, visiblement, ils ne sont pas suffisamment proche pour qu'il lui révèle ce genre de secrets. Je n'avais pas envie de laisser penser qu'on pouvait retrouver les enfants. Admet Redose, et Élisabeth maudissait cette ceinture qui la retenait de montrer à cet idiot toute la fureur que porte la peine d'une mère que les enfants ont abandonnés, qui sont perdus dans la nature et peut-être même mort. Je ne voulais pas qu'Élisabeth parte à la recherche des enfants seule... Poursuit l'homme, il semblait vouloir défendre sa cause auprès des grands réunis dans la voiture. Il fallait qu'on aille voir Veritas le plus vite possible, et si je révélais mes manœuvres alors on pourrait facilement les remettre en question. Poursuit l'homme, à mesure qu'il parlait, les membres du groupe comprenaient le raisonnement du chef, et à mesure qu'il parlait, Élisabeth se mettait de plus en plus en colère, en colère car son raisonnement tient la route, en colère car il est devenu ce qu'il est, en colère car il n'a visiblement pas confiance en elle. Le seul moyen pour moi de garder ma crédibilité et ma légitimité c'est de garder mes plans secrets et de réussir, ainsi j- Continue Redose avant d'être coupé par un cri. La ferme ! Lance Élisabeth à pleine voix, l'homme obéit et essuya les postillons avant de retourner à son paysage. Tu peux rouler Debora. Déclara Élisabeth, elle ne voulait plus entendre parler de tout ça, dès qu'ils retournent aux navires, elle forcera Redose à révéler la position de ses enfants, et partira à leur recherche. Avec ou sans lui. Même si Debora, au vu de ce qu'elle pense, n'est pas d'accord. On devrait bientôt arriver. Déclare Bellamy. Debora confirma d'un hochement de la tête, et il n'aura plus fallu qu'une trentaine de minutes au groupe pour finalement arriver au village. Là, ils abandonnaient la voiture et quitter immédiatement le village en direction des navires, personne n'avait plus envie de passer une seconde de plus ici. Bellamy portait de la manière la plus délicate à sa disposition Brian, Debora menait le groupe, Redose la suivait, et Élisabeth marchait en queue de groupe, peinée. Observant la nature qui les entourait, observant les membres du groupe, Brian, Redose. Des individus très différents, qui au fond avait le plus de valeur ? Maintenant que la femme savait qui des deux lui mentait, et qui des deux l'aimait vraiment.
Bellamy se retourna brutalement et pointa sa baguette en direction d'Éli, celle-ci hésitait entre se retourner et pointer sa baguette en direction de Bellamy. Il lui aura suffit d'un coup d'oeil en direction du regard du lycanthrope pour savoir que ce n'est pas elle qu'elle visait. La potionniste dégaina sa baguette aussitôt et se jeta sur le côté, pivotant en l'air pour faire face à la menace. Une femme se tenait devant eux, les mains levés, elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à Prince Kasongo que le groupe avait rencontré plus tôt, et que Redose avait tué sans autre forme de procès. Bonsoir. Lança la dame, les mains en l'air comme pour montrer qu'elle se rend. Ceci dit, ça n'avait pas empêcher Prince de faire des dégâts particulièrement élevé à Brian. Qui t'es ? Demande Bellamy, clairement à bout de nerfs. Enchanté, je m'appelle Prince Kasongo, et toi tu dois être Bellamy. Déclara la femme avec un large sourire. Élisabeth et Debora constatait que cette femme avait la même logique, le même schéma de pensées et les mêmes pensées que l'homme qui prétendait porter ce même nom il y'a plusieurs heures.
Bellamy n'avait pas besoin de lire dans ses pensées, ni de faire la causette pendant des heures pour décider de la ligoter des pieds au cou par des liens invisibles. La jeune femme s'amusait de la situation, et explosait de rire à leurs pieds. On a croisé un gars y'a plusieurs heures, c'est drôle il prétendait lui aussi s'appeler ainsi. Lance Bellamy, maintenant sa baguette pointée sur la femme désormais au sol, vigilant au moindre mouvement, à la moindre réaction, laissant son instinct dicter ses propres réactions.
Sans déconner, et vous me reconnaissez pas ? Vous êtes aveugles ? Demanda cette femme qui prétendait être Prince avec une ironie palpable, elle se moquait du groupe, cela ne faisait aucun doute. Je suis juste venu pour vous amener à mon maître. Déclara Prince, riant aux éclats au sol.
Bellamy supportait vraiment mal toute cette situation, le lycanthrope n'aimait pas qu'on se moque de lui, et après avoir passé cinq ans à Azkaban sa patience était particulièrement faible.
On veut tout savoir sur Rouge. Lance Bellamy, la peau presque rouge de rage. La femme arrêta de sourire un instant, et força son cou à se dresser pour lancer un regard profondément noir à Bellamy, les deux forçaient sur leurs sourcils pour se froncer, jusqu'à ce que finalement ce "Prince" évacue un pet. Aaah... Ça soulage. Dit-elle en souriant.
Face au silence gêné et confus du groupe, la femme explosa de rire, et Bellamy perd finalement patience. Endoloris ! Lance t-il, arrachant ce sourire à Prince. Celui-ci se tordait de douleur, mais après seulement quelques secondes, elle se mettait à regarder Bellamy dans les yeux comme en signe de provocation. Celui-ci ne cédait pas, et alors que le sortilège s'intensifiait, la femme riait, et semblait vite se tordre de rire plus que de douleur. Personne ne voulait arrêter Bellamy, la scène était effrayante. Personne ne devrait pouvoir supporter le sortilège de doloris ainsi, bien sûr certains individus le supportent mieux, d'autres le supportent plus longtemps, mais personne n'avait jamais rit. Le sortilège est littéralement conçu pour stimuler le cerveau de sorte à infliger une douleur colossale aux victimes, et à moins d'avoir enchanter son cerveau ou d'avoir eu recours à une méthode similaire, il n'est pas possible d'échapper à ce sortilège. Pourtant, cette femme qui prétendait être Prince ne se contentait pas de résister, elle riait, et son rire était sincère, aucunement forcé. Elle se mettait à rire de plus en plus fort, et Bellamy finit par ne plus avoir envie de gaspiller son énergie, mais la femme continuait de rire. Encore plus fort, encore plus fort, effrayés, les membres du groupe ne réagissaient pas. Ils savaient tous qu'il était préférable que cette femme vive pour lui soutirer des informations, mais personne ne faisait rien, ils restaient immobiles à observait la scène. Elle est morte. Déclarait Debora alors même que Prince continuait de rire, même si l'intensité était moindre. Elle fit demi-tour pour se diriger vers le bateau, et l'ensemble du groupe la suivait.
Redose fit les poches à Prince, toujours hilare, mais apparemment mort, et Élisabeth, blasée, observait la scène de loin avant de continuer à suivre le groupe.
Redose pour sa part se releva et lança un regard au groupe de loin, celui-ci lui tournait le dos.
L'homme leva ensuite les yeux vers le ciel, Élisabeth se retourna une dernière fois, un instant, pensant qu'il admirait simplement le ciel comme il avait l'habitude de le faire avant sa torture, avant sa détention, et sur le bateau. Elle avait l'impression de voir une partie de son mari qui luttait pour survivre chez cette nouvelle personne. De son côté, Redose continuait à fixer le haut des arbres, jusqu'à finalement discerner à nouveau ces deux yeux brillants presque dans le coucher du soleil. Lorsque Bellamy a attaqué l'arbre il y'a quelques heures, Redose avait trouvé suspect que l'individu puisse se déplacer aussi vite et sans qu'il ne le remarque de l'autre côté du groupe, et il aurait trouver encore plus suspect que le nez et l'instinct de Bellamy ne se trompe. Maintenant c'était sûr, l'homme caché dans les arbres n'était ni Prince 1 ni Prince 2, et vu son comportement, il est probable qu'il ne soit pas un "Prince 3". Voilà encore un secret que Redose gardera pour lui, jusqu'à ce qu'il ne soit forcé à le révéler.
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