En\vol/
Cette année sera celle de son nouvel envol. Éloigné des agrès de son enfance, c’est le vol qui avait fini par s’imposer comme mode d’expression similaire pour Oisín, mais il lui avait fallu réapprendre une bonne partie de l’approche pour maîtriser cet instrument sorcier sur lequel il ne pouvait pas tout transposer de l’aérien. Après deux ans d’initiation, il avait enfin pu prendre l’option en troisième année pour se confronter plus sérieusement à cet art et ses techniques. En cette rentrée, l’adolescent est motivé pour poursuivre le travail, peaufiner son vol, s’investir dans chaque exercice qu’il verra en cours jusqu’à l’avoir dans le corps. L’emploi du temps de la Totale est peut-être mouvant, mais visiter le terrain d’entraînement au moins une fois par semaine, dans l’un de ses trous de deux heures, est une évidence. Pour revoir la pratique, et surtout commencer à se familiariser avec certains mouvements sportifs, propres aux courses ou au Quidditch, pour participer enfin à ces activités collectives. L’excuse d’être trop jeune, ou pas assez mûr dans la discipline, c’est fini.~quatrième année~
septembre octobre 2050
focus : vol offensif
Il n’a toujours pas son balai et doit emprunter ceux de l’école, mais si ça peut l’habituer à compenser les défauts de vieux engins, il sera d’autant plus fluide sur un récent. Qui sait, il en aura un d’ici la fin de l’année. Dès la rentrée, le programme de vol est consacré au Quidditch, et la nouvelle arbitre a invité quelques camarades à se défouler sur des cognards qui ne tournaient pas rond. S’il devait être un sportif sorcier, lucide sur sa nature, l’adolescent estime que son style serait défensif. C’est pourquoi il compte entamer son programme d’entraînement de l’année avec les actions offensives, celles qui lui sont les moins intuitives. Atteindre une cible avec le cognard ou le souafle, de ses mains ou d’une batte, voilà de quoi remplir ce début de trimestre. Tantôt face aux anneaux tantôt face au terrain, tantôt muni d’un souafle ou d’un cognard d’entraînement tantôt prêt à s’en saisir, les mains tantôt gantées tantôt armées d’une batte, Oisín remplit chaque semaine au moins deux heures de répétitions de mouvements et leurs variantes. C’est le début, pas de quoi endosser au pied levé un rôle ou un autre, mais assez pour apprendre quelques mécanismes, des astuces de placements et de force pour apprivoiser les balles. Une exploration encore superficielle, pour se donner le temps de découvrir ses impasses, ses facilités, avant de devoir décider un jour les gestes qui appelleront à une spécialisation. L’idée de pratiquer en club ou équipe est encore timide dans son esprit. Pour le moment, il profite à fond de ces moments où il n’y a que lui, et un espace à embrasser de toutes les façons.
En\vol/
Oisín a adopté son petit rythme, celui qui le conduit au terrain d’entraînement dès qu’une plage libre l’y attend. Depuis la fin octobre, la première séquence de potions a pris fin, ce qui va avec la libération de deux beaux créneaux par semaine. Avec le froid et l’humidité qui s’installent en automne, il n’est pas sûr d’avoir la motivation de doubler avec constance ses entraînements, alors que ses membres finiront tous transis, mais ce ne sera pas non plus une excuse pour les sauter. Simplement, il a un peu plus le choix d’opter pour le jour qui lui siéra le mieux. En général, ni les courses ni le Quidditch ne sont annulés au prétexte d’une tempête de neige, donc il ferait mieux de ne pas trop se ménager et sortir même en cas de sale temps. Au moins quelques fois, quitte à opter parfois pour le jour au temps plus doux.~quatrième année~
novembre décembre 2050
focus : vol défensif
Pour cette fin de premier trimestre, il a prévu de s’atteler à l’exploration des mouvements défensifs. L’adolescent a l’impression qu’ils lui correspondent plus, même s’il ne lui faut pas longtemps pour se rendre compte que ce sont des techniques de vol qui exigent de pas mal développer l’intuition et l’analyse. La lecture du profil de l’attaque, reconnaître les feintes, mesurer l’impulsion. Le dosage de la force mise dans le bras pour envoyer le souafle ou le cognard impacte sa trajectoire et le ‘ressentir’ n’est pas chose aisée. Se mettre sur le chemin d’une cible extérieure, pour mettre un terme à sa course voire lui indiquer un nouveau chemin, voilà un exercice corsé qui mérite amplement d’occuper la période qui le sépare de Noël. Se jeter sur le cognard pour le balancer au loin, n’importe où et de toutes ses forces, ce n’est pas la même paire de manches, que de le récupérer avec cette puissance pour l’absorber et le rendre inopérant. Pour se protéger des assauts, mais aussi faire paravent pour préserver autrui. Fictivement, quand il n’a pas de camarade qui passait par là pour jouer ce rôle et qu’il quadrille le terrain de zones sensibles d’où il doit éloigner les balles.
Il commence à comprendre que protéger une zone ou une personne, ça paraît plus contrôlable et se travaille plus concrètement que devoir gérer plusieurs points sensibles, quand l’un finit par passer à la trappe. Les trois anneaux sont tellement éloignés que les couvrir tous avec vigilance, c’est une mission plus impressionnante que celle de faire rempart devant une cible bien plus réduite. Ça viendra. Ce sont des sens qui n’aiguisent pas en un jour. S’il ne peut pas tous les couvrir et développer en un instant une intuition devine, alors il doit s’exercer et concentrer ses efforts pour apprendre pour garder dans le giron de son attention au moins deux des anneaux afin de réduire au plus la vulnérabilité de cette zone.
En\vol/
Dans ses premiers souvenirs de ses cours de vol, il y a la lenteur. La prudence. Bien faire les mouvements, une exécution propre, mais rarement oser y aller plein gaz par crainte de la perte de contrôle chaotique. Il est temps d’y remédier. Sans avoir à se trouver dans un terrain vague pour se permettre d’y aller à fond, en se disant que rien ne se dressera sur sa route. De toute façon, il n’y a rien de tel à Poudlard, et il ne peut pas vraiment pratiquer durant les vacances. Il a passé de fabuleux moments en famille, mais ça reste un vrai petit bonheur d’enfourcher pour la énième l’une des vieilles branches de l’école. Malgré l’air toujours aussi glacé et piquant. Le positif, c’est que ça n’ira qu’en s’adoucissant jusqu’au printemps. Une motivation supplémentaire s’est rajoutée. Ce n’était pas son cadeau de Noël, mais aux prochaines vacances, il aura peut-être son balai. Il n’est pas encore fixé sur le modèle, mais bientôt, ce sera un manche de première jeunesse qu’il sentira sous ses doigts.~quatrième année~
janvier février 2051
focus : vitesse
Oisín a deux petits mois pour travailler sa vitesse. À première vue, c’est une compétence liée au rôle d’attrapeur, mais les joueurs de Quidditch de tous les postes sont d’une vélocité incroyable, pour s’emparer de leur balle de prédilection. Aussi, il a bien envie d’enfin toquer à la porte de la clairière aux courses quand il aura sa propre monture, et pour ça il doit être sûr de lui pour initier des avancées franches, autant en lignes qu’en courbes. La plupart du temps, le parcours est fermé et forme comme une ellipse. Il n’y pas trop d’angle ou virages ultra serrés, mais les obstacles jouent amplement le rôle de ralentisseurs en cassant le relief. Tant que ce ne sont pas des dragons, il est prêt à les affronter. Déjà, il faut régler cette appréhension qui l’empêche de découvrir quel est le pic de vitesse à sa portée sans perdre la main sur sa trajectoire. Ses ambres se posent sur le terrain, ses extrémités, les petites aspérités qui lui signalent le passage d’une section à la suivante, l’emplacement du centre quand il faut se partager une moitié.
Il est prêt à augmenter le curseur, progressivement. D’abord en ligne droite sur l’axe est-ouest ou nord-est, quelle vitesse peut-il atteindre tout en sachant freiner avant de se casser le nez sur le bord du terrain ? puis réduire de plus en plus les longueurs, pour travailler avec une précision croissante les arrêts contrôlés. Passer par les tours de terrain pour en travailler les courbures, d’abord amplement gérés, puis en tentant de coller au tracé en ralentissant le minimum. Franchement, il est loin des tornades qui terminent triomphantes les matchs, vif à la main, mais il a passé un petit cap. Celui qui ouvre l’ère où il n’abordera plus le moindre exercice avec la lenteur craintive qui accompagné ses premiers pas en vol sorcier.
En\vol/
La pratique orientée Quidditch occupe de plus en plus les cours de vol, ce qui remplit une période un peu plus vide du côté des tribunes du stade, avec deux mois sans match. Du côté de la clairière, ça vit et il se sent prêt à y entrer dès le retour des prochaines vacances, durant lesquelles il prévoir de passer à Keedle et Leather pour ne pas en ressortir les mains vides. En attendant, il ne faut pas relâcher ses efforts et profiter à fond du terrain, il n’a pas comme des camarades installés dans des villes sorcières le luxe de voler avec la magie même hors du château. Ce dont il est le plus admiratif quand il assiste à une rencontre sportive, ce sont les enchaînements parfaitement huilés, faisant passer le Souafle de mains en mains en restant hors de portée de l’adversaire. Quand la coordination fait parcourir plus de la moitié du terrain à la balle, il y avait un effet ‘waouh’ qui lui rappelle un peu celui qu’il avait eu petit garçon dans un chapiteau, et l’avait conduit à s’inscrire à des ateliers d’aérien. Ce qui lui fait rêver, c’est l’adresse des gardiens pro qui dans leur remise en jeu atteigne presque l’autre bout du stade, mais ils ne sont pas beaucoup à Poudlard à atteindre ce niveau. Tout a un début, et la première marche de la progression menant à cette action, c’est la relance. Dans les chaînes, il y a aussi l’attrapeur qui parvient à nouer une liaison entre les poursuiveurs très éloignés. Ce sont des enchaînements de précision, qu’il faut même allier à la vitesse pour la progression des poursuiveurs.~quatrième année~
mars avril 2051
focus : enchaînements
Avec l’annonce de la nouvelle activité de l’arbitre Rahima Ahmadi, qui a convoqué les élèves volontaires au terrain mi-mars, il est d’autant plus motivé à renforcer le travail qu’il a commencé avec la vitesse. En l’associant avec des exercices de coordination et de séquence. Aller vite, et pouvoir enchaîner sur la saisie d’une balle, isolée ou envoyée par un partenaire. Apprendre à réceptionner en se plaçant, et donc ajuster sa vitesse pour aller à la rencontre de la balle au bon moment. S’il se focalise uniquement sur la rapidité, il risque d’atterrir trop loin, à côté. Il essaie de ne pas se mettre trop de pression quand approche le rendez-vous avec l’arbitre. Elle n’avait pas prévenu en avance, et ce n’est que sur place qu’il a su que c’était une épreuve de capture. Un jeu, dans lequel l’adolescent souhaite tout de même être remarqué. Contre toute attente, il a fait une belle performance. Dépassé par des camarades plus chevronnées, il a au moins mis la main sur trois viffets et repart avec un joli Vif. Pâques approche, plus que quelques semaines pour répéter des enchaînements et affiner la précision de ses gestes en les reprenant pour comprendre là où il pêche. Au retour à la mi-avril, il a son balai. Une course est annoncée, ce sera sa première, il espère que ça se passera bien. Il a ajouté un entraînement spécifique à la clairière aux courses, avec son ami Gabriel qui en a déjà traversé deux depuis la rentrée. Quelques slaloms et obstacles pour prendre en main sa nouvelle monture avec le jour j, mais Oisín a conscience de ressortir de cette période avec plus d’exercices pour gérer les séquences de mouvements, et moins de préparation propre aux parcours de courses.
En\vol/
Sa première course approche, et la fin de l’année en même temps. Il a à peine deux mois avant de devoir ranger son balai, qui lui manquera terriblement durant l’été. Assurément, Oisín compte poursuivre l’entretien de son corps, au sol et dans les airs sans magie, par la suspension. Il n’est sûrement plus vraiment au niveau de ses amis qui ont pu continuer l’aérien, mais revenir à ces techniques ne sera pas inutile pour reprendre sans avoir l’impression d’avoir perdu sa progression en raison de la pause estivale. Il se prépare à se première course en travaillant ses trajectoires. Il y aura quelques virages, et plus sinueux que dans un tour de stade collé aux gradins. Il doit aussi revoir quelques exercices pour son examen de vol. Ça arrive tellement vite. Mi-mai, l’adolescent a passé un chouette moment à la clairière, mais malgré sa deuxième place très honorable, avoir raté le franchissement de tous les obstacles du premier coup reste une frustration. Après avoir constaté à quel point il a buté, il se remet en question. Est-ce qu’il doit revoir de fond en large compter les dompter, ou au contraire se focus sur la vitesse qu’il est capable de gagner sur les courbes de la piste entre les reliefs qui le bloquent ? Côté figure, il en a tellement travailler certaines qu’il est pas mal à l’aise pour les accélérations ciblées, quand il a assez de place devant lui. C’est un atout à renforcer, mais il hésite même à échanger son balai pour mieux épouser le profil qu’il s’est découvert. Sur une course, l’échantillon est peut-être faussé. C’est un peu tard pour bouleverser son plan d’entraînement, il reste sur le contrôle de son vol, en suivant des tracés qui n’ont rien de linéaire et l’invitent à gérer de petites impulsions vers un côté ou l’autre.~quatrième année~
mai juin 2051
focus : trajectoires
Pour corser le jeu, Oisín se lance dans ses dernières séances sur l’esquive, soit le changement brusque de direction face à un relief inattendu, dont les caractéristiques sont difficiles à analyser de loin. Il sait déjà sur quoi il reprendra à la rentrée. C’est une vraie faille en courses. Mais la dernière session n’est pas pour lui. Pour l’ultime journée à Poudlard, les Hels ont prévu un match de Quidditch pour s’amuser. Ce sera sa première mise en situation réelle, après ses entraînements et les exercices des cours de vol qui isolent certaines actions. Une bonne raison pour maintenir sa séance hebdomadaire jusqu’au bout, même après avoir passé son examen de vol, pour être à la hauteur. En plus, l’arbitre Ahmadi sera de la partie, c’est l’occasion de faire à nouveau bonne impression. Au terme de cette année, Oisín a exploré en ratissant assez large, pour se cerner et identifier ses atouts tout comme ses difficultés. Il en tire des idées pour l’an prochain, qu’il consacrera sûrement à affiner son style et à essayer de trouver l’équilibre entre la spécialisation dans les gestes qui lui ont parus plus naturels, et ceux qui révèlent encore sa maladresse.