Fanfiction Le heaume rouge En cours

CHAPITRE 12 : Prince, Kasongo Prince

~ TRIGGER WARNING ~


Reducio
• Violence : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...]
Violence avec arme : [...] En employant une arme.
Séquestration : Fait de maintenir une personne enfermée de manière arbitraire, la privant de sa liberté et de ses droits.
PARTIE 1 : La gardienne du silence






Je n'aime pas être enfermée, et j'aime encore moins quand Adonis et Eden se font la gueule, d'habitude c'est moi, maman, papa, ou n'importe qui d'autre qui les raisonne et les réconcilie, mais ici je suis encore plus muette qu'ailleurs. Ils nous ont entravés les mains pour éviter toute résistance et toute tentative d'évasion, ça, et le fait que ça les fait rire. Ils rigolent tout le temps, c'est insupportable, ça fait une semaine qu'on est sur les routes, on s'arrête régulièrement, mais on ne sort qu'une fois par jour, et chaque fois qu'on s'arrête on a le droit aux mêmes blagues, chaque fois qu'on sort on a le droit aux mêmes blagues, toujours les mêmes.

J'ai vraiment du mal avec Adonis et Eden, ils boudent chacun dans leur coin et aucun ne me parle, je peux pas répondre, mais quand même... Moi aussi j'existe, eux parlent avec ceux qui les entoure pour faire passer le temps, nos ravisseurs l'autorise, mais moi je suis plus muette que jamais. Et Crane s'est fait cloué le bec lui aussi, quand il a appris que sa petite amie c'était Prince Kasongo, un agent de Rouge qui n'a été avec lui uniquement pour tendre un piège, ça l'a dévasté. La rage l'a emporté pendant au moins deux jours, et depuis il est calme, trop calme.

C'est insoutenable toute cette... Toute cette douleur qu'il doit ressentir, j'ai déjà versé des larmes, mais là encore ça risque de couler rien que d'y repenser. Adonis fait copain copain avec l'ennemi, Eden discute avec les gens à côté d'elle, Crane s'est fait cruellement trahir et est dévasté, et moi je ne peux pas communiquer. Je ne peux pas réparer les choses. Je ne peux pas exprimer ce que je ressens, je ne peux pas dire à Adonis à quel point je suis désolé de ne pas...
De ne pas au moins l'avoir défendu devant Eden, tout ça c'est de ma faute. Ma faute à moi seule. Si j'avais pris sa défense, il serait peut-être resté, on aurait peut-être gagné. J'ai laissé faire, pas seulement chez Crane, mais tout le long du voyage et encore avant, quand ils s'embrouillaient j'aurais pas dû les réconcilier, j'aurais dû faire plus, faire en sortes qu'ils s'entendent mieux. Je sais qu'ils s'aiment, mais ils se chamaillent comme chien et chat.
Et le pire, c'est qu'on va peut-être tous bientôt mourir, et que je ne peux pas leur dire que je les aime, je veux pouvoir le leur dire, au moins me soulager de ce sentiment. Je ne supporte pas qu'ils ne s'entendront pas se le dire l'un à l'autre, qu'ils meurent en se faisant la gueule, je ne supporte pas qu'on meurt tout simplement. Je ne veux pas mourir. Je ne veux surtout pas mourir. Je veux vivre, je veux qu'on vive tous.

Mais j'ai beau essayer, les mots ne sortent pas. Ils restent coincés dans mon esprit, rien ne sort de ma bouche, pas même de l'air quand j'essaie de parler. J'aimerais tant pouvoir dire ne serait-ce que trois mots, mais rien. Rien, et ils m'ignorent. Ils s'ignorent.

Finalement, c'est l'heure de sortir. Prince ? Lance un homme en ouvrant les portes du camion. Les trois individus qui nous gardent répondent en cœur. Oui ? Et voilà qu'ils se mettent à rire aux éclats, encore. Ils explosent de rire, comme si c'était la chose la plus drôle qu'ils avaient jamais entendu. Tout les Prince doivent être ainsi, le premier qu'on a rencontré en est mort, on pensait que c'était une malédiction, mais peut-être au final est-il vraiment mort de rire.
J'arrive toujours pas à m'y faire... Et je sais qu'Adonis en fait des cauchemars, il essaie de pas en parler, et de pas y penser, mais ça lui pèse je le connais. Jusqu'au moment où j'ai rencontré plusieurs Prince en même temps, je pensais qu'il était un peu comme Rouge, qu'il pouvait changer de corps un peu "à volonté", et que sa version de cette capacité était plus développée que celle de Rouge, permettant à son esprit de changer de corps librement, quand Rouge doit se déplacer sur la tête de son hôte pour prendre la place de son esprit. Adonis pensait pareil, il se disait que tuer Prince c'était immonde, mais que ce n'était pas non plus une personne à part entière.

Il se trouve que si, c'était une personne à part entière. Ce n'est pas comme Rouge qui peut changer de corps, non, Prince est une personnalité présente dans plusieurs corps, et contrairement à Rouge, Prince a des sentiments. Le comprendre a dû détruire mon frère, à sa place je le supporterais pas, mais il est fort. Seulement... La force ne suffit pas, sinon ce n'est pas Eden que j'aurais décidé de suivre. Bon, Prince ? Demande l'individu aux portes du camion, l'un des Prince leva la main et descendit du camion pour le contourner, probablement pour monter à l'avant et conduire. Hé, Prince, que dit une balançoire à une balançoire ennuyante. Demande l'homme à l'un de nos gardiens pendant qu'on descend tous à la file indienne. Qu'elle s'en balance ! S'exclame t-il avant d'exploser de rire, provoquant une explosion de rire chez les autres gardiens.

L'une des prisonnières se mit à courir en direction de la forêt pour s'y enfoncer, elle est suffisamment dense pour la cacher si elle arrive à mettre un peu de distance avec les Prince, ils ne semblent pas si troublés que ça. Allez, vas-y, tu peux le faire !

Un Prince sort sa baguette, et je voudrais bien me jeter contre lui pour lui donner le temps de fuir, mais la peur me paralyse et il dessine un trait avec sa baguette. La prisonnière tombe simplement à terre, est-ce qu'il l'a... Tué ? Mon cœur bat intensément, et tout les prisonniers se taisent, regardant un Prince se diriger vers le corps de la femme pour la ramener comme il ramènerait un sac à patates. J'ai la bouche béante, je me dis qu'il ne l'a pas tué, sinon il ne prendrait probablement même pas la peine de la ramener, or, là, il la ramène dans le camion et l'installe comme si elle était en vie. C'était quoi ça... Demande Adonis à un Prince, ébahit devant ce qu'il vient de se passer, me lançant un regard discret et terrifié que je lui renvoie sans hésiter. Un sort qui rend tétraplégique, sourd, aveugle, et toute la panoplie. Lance l'un des Prince en riant à plein poumons. Mais bon, on préfère quand même vous garder entiers. Poursuit-il avant de jouer avec la joue d'un Adonis pétrifié, pétrifié ? C'est peut-être moi qui le suit après tout... C'est horrible.
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PARTIE 2 : Le trio brisé






La femme qui avait essayé de s'échapper avait été installé à côté de moi, elle ne semblait plus qu'être une coquille vide, un sac de chair et d'os sans âme ni esprit... Prince n'a pas dit qu'elle ne pensait plus, alors peut-être... Peut-être sa conscience a survécu ? Ce serait un sort autrement pire que la mort, bien pire, la solitude absolue dans le vide absolu. Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi, pas même à Rouge.

Mais j'y pense... Rouge a besoin d'un hôte pour "vivre", je me demande si son esprit n'est pas enfermé dans le casque, ça expliquerait pourquoi il déploie tant d'efforts pour se protéger, et peut-être que ça expliquerait pourquoi rien ne lui tient à cœur. Vivre sans vivre, n'être qu'un parasite et en avoir conscience, c'est horrible. Mais ça n'explique pas et ça justifie encore moins pourquoi il enlève des gens et les met dans des camions, et pourquoi ? J'aimerais poser la question, mais ça ne semble intéresser personne ici. Certains passagers sont paniqués, d'autres discutent comme Eden et Adonis, puis il y'a Crane et moi que personne ne calcule. Athéna... Crane me sort de mes pensées, enfin il parle, sa tête tournée vers moi je vois la mine dépitée qu'il tire. Tu penses que je suis un idiot ? Il me demande d'une voix brisée, ma mâchoire se décroche, il n'est clairement pas le plus futé de la famille, mais c'est un malin, et puis il a toujours été bon avec nous... Je n'arrive pas à croire qu'il pense ça. J'aimerais tellement lui dire tout ce que je pense qu'il a de bon en lui, mais je ne peux rien dire. Je ne peux que secouer la tête pour dire non, mais ça ne suffit pas, je le sais. Un simple geste n'a jamais suffit à atténuer la peine de quelqu'un, un simple geste ne peut faire partir la détresse.

Ses pauvres petits yeux larmoyants me disent tellement de choses, elles me disent qu'il l'aimait vraiment sa petite amie, elles me disent qu'il a tellement mal, et que Crane pense que c'est de sa faute. Il se sent coupable, mais il n'a pas à s'en faire. Entends-moi, Crane, tu n'as pas à t'en faire ce n'était pas de ta faute. Crane, pitié, regarde moi et lis dans mes yeux que ce n'était pas ta faute, ce n'est pas ta faute si elle t'a manipulé, et ce n'est pas ta faute si on a été capturés, tu n'y pouvais rien, Crane, lis en moi. Ses yeux me percutent, et il détourne le regard, la mine plus abattue encore qu'il y'a quelques secondes. Adonis aurait pu lui dire la vérité. Mais il est trop loin, trop occupé à parler à nos ravisseurs, il semble s'amuser, pourquoi ? Pourquoi est-ce ainsi que les choses sont faites ? Pourquoi je n'ai pas de voix, pourquoi mes mots n'atteignent jamais personne, pourquoi jamais je ne pourrais m'exprimer tout ce que je ressens. T'as toujours été très gentille... Déclare Crane, abattu, son visage caché dans son cou. Il ne me croirait pas car je suis très gentille ? Il pense sincèrement que je ne serais pas capable de lui dire les choses en face si c'était de sa faute ? J'en serais capable, enfin, si mes mains n'étaient pas entravées...

Je dois m'exprimer, je dois lui dire quelque chose. Je tape sa si large épaule avec ma si petite tête, et il tourne la tête vers moi, regardant toujours vers le bas. Mes yeux montent vers lui, je n'ai pas réfléchis à ce que je ferais maintenant, j'essaie de mimer avec mes lèvres une phrase, je veux juste lui dire que je l'aime. Je le répète encore et encore, je dis même qu'il n'est pas stupide, mais rien n'y fait, il me regarde avec la même détresse et la même peine. Il ne lit pas sur mes lèvres, ça se voit. Pitié, Crane, fais un effort, je ne peux pas m'exprimer si tu ne tends pas l'oreille pour m'écouter. Je ne sais pas ce que tu essaies de dire. Me confirme t-il, je fais pourtant de mon mieux. J'articule comme je le peux chacune des syllabes, j'épelle même les lettres, j'ai juste besoin qu'il m'écoute, il a besoin de m'écouter, de se concentrer sur le mouvement de mes lèvres. Il doit juste, juste faire un effort, c'est tout. Juste un, un effort, Crane. Ça sert à rien, je suis trop bête pour ça. Dit-il avant de détourner le regard.

Une voix perce vers Crane. Elle dit que t'es pire. Lance Eden depuis l'une des extrémités du camion. La première chose qu'elle daigne dire à Crane, et par extension, la première chose qu'elle porte à mon attention, c'est une insulte ? Ma mâchoire se décroche, c'est pas du tout ce que j'ai voulu dire, mais elle l'a déclaré avec tellement de confiance que Crane ramène son regard vers le sol. N'importe quoi elle t'a dit qu'elle t'aimait ! Lance Adonis depuis l'autre extrémité du camion, mais le mal est déjà fait, Crane est abattu. C'est le seul qui a daigné communiqué avec moi depuis qu'on est là, même si c'était pour parler de lui, ça reste le geste qui m'a fait le plus me sentir exister.
Pendant que mon frère et ma sœur étaient trop occupés à s'ignorer et à faire la causette à des inconnus, lui souffrait, et moi aussi. Ça n'a rien d'amusant d'être muette, ça n'a rien d'amusant de ne pas pouvoir s'exprimer comme bon nous semble, de devoir espérer que la personne en face de nous sachent communiquer dans notre langage même dans mon propre pays, de n'avoir que deux personnes à qui parler et qu'il leur suffit de regarder ailleurs pour que je n'existe plus du tout. Je ne peux pas faire la causette, je ne peux pas crier, je ne peux rien faire d'autre que subir et subir encore.

Oh donc maintenant tu sais utiliser tes yeux, c'était pas le cas avec un fusil dans les mains ! Lance Eden en rigolant, j'arrive pas à y croire, même ici elle compte être cruelle à l'égard d'Adonis ? J'ai déjà dit que c'était pas grave, et puis ça m'a pas touché, mais là, là je ne peux pas m'interposer. Oh bah quoi, le bébé à sa moman n'a pas la force de répliquer ? Poursuit Eden, comme si Adonis n'était pas déjà assez dans le mal, les Prince autour de lui rigolent et à le voir, je me rends bien compte qu'il a mal lui aussi. Et les seules personnes avec qui il parlait dans ce camion se moquaient de lui, je sais bien que ce sont nos ravisseurs, et en aucun cas je cautionne qu'il dialogue avec eux comme si de rien n'était, mais lui mettre la honte comme ça c'est horrible... Faut bien être le dernier des idiots pour courir dans les jupons de sa mère et revenir seulement quelques heures plus tard dans les jupons de Prince. Ça fait vraiment rire les Prince, et elle n'arrête pas, Adonis n'ose pas répliquer, il fait la tête des jours où il a vraiment du mal à retenir ses larmes, il sourit comme s'il prenait du plaisir, mais je le sais, il n'en prend pas. Ferme-la, Eden. Et même quand il suffit d'avancer tu échoues ! Elle le lâche pas, ferme-la, ferme-la, Crane a relevé la tête, mais il n'ose rien dire. Quelqu'un doit lui dire.

Eden était sur le point de dire un mot de plus, mais j'ai bondis du sol du camion malgré les liens qui me gardent entravés. Je ne peux pas bouger librement, mais je peux au moins mettre un coup de tête à ma sœur.
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PARTIE 3 : L'enfer des benjamins au pays des Prince






Les Prince étaient hilares alors que je lançais un regard noir à ma sœur alors que mon corps était affalé sur le sien, du haut de sa position assise j'espère qu'elle, au moins, arriverait à lire dans mes yeux à quel point je méprise sa manière de s'adresser à notre frère. Adonis est très intelligent, même s'il n'est pas aussi courageux ou puissant que d'autres membres de la famille comme Eden ou maman, il a des connaissances diverses et variées, et contrairement à nous, lui, sait se donner corps et âme pour ce qu'il aime. Il n'est pas entravé par l'honneur, le respect, ou la peur. Eden a toujours été incapable de voir toute la force qui l'habite, elle ne voit que les défauts, et même s'il n'avait que ça, des défauts, il reste quelqu'un de notre famille. C'est notre frère, et il le sera pour toujours et à jamais. Je mime le mot "arrête" avec mes lèvres alors qu'un Prince me prend par la taille pour me remettre à ma place. C'est pas ma faute si c'est un bon à r- Je lui crache au visage avant qu'elle puisse finir de sa phrase.

Elle est choquée, mais moi aussi je peux sortir les crocs quand on me pousse à bout. Le Prince me laisse tomber au sol, visiblement mort de rire. Je peux rien dire, donc je me contente de lui assener un regard noir et assassin qui, j'espère, lui fera comprendre que je suis loin d'être de son côté.

Je suis muette, c'est vrai, mais garder le silence face à ce que mon frère subit c'est comme le cautionner. Je l'ai abandonné quand il avait besoin de moi, quand il avait besoin de me soutien. Je me disais qu'Eden était une tête brûlée qui avait besoin d'être entourée, mais peut-être qu'elle n'a que ce qu'elle mérite. Son arrogance la perdra, et le dédain avec lequel elle traite les autres ne peut plus être ignorée. Espèce de sal- Elle fut encore une fois coupée, mais pas par moi, l'un des Prince appuyait sur l'épaule d'Eden pour la plaquer contre la paroi du camion. Pour ma part, l'un d'eux me portait jusqu'à ma place. Tu nous as bien fait rire gamine. Lance celui qui m'a porté ici. Grave, pour la peine, tu voudrais du rab au dîner ? Me demande celui qui a son pied sur l'épaule de ma sœur. Je vois pas pourquoi j'accepterais, on est nourri à notre faim et j'ai pas envie de leur être redevable.
Je me contente de le regarder, lui et son pied, de quel droit il se permet de toucher à Eden comme ça, c'est pas un animal, et même un animal on le traite pas comme ça. J'aimerais tellement l'attaquer, mais je sais que si je l'attaque, je risque de finir comme la femme à côté de moi. Alors ? C'est injuste. Il a pas le droit de nous traiter comme ça, il a pas le droit de marcher sur ma sœur. Enlève ton pied. Mes dents sont tellement serrés que je pourrais jurer que même l'air peine à passer. ELLE EST MUETTE BANDE DE DÉBILES ! Crie Eden depuis sa place, ça a pas de sens, ils savent que je suis muette.
D'ailleurs, ils connaissent notre identité à tout les trois et ont des informations qui montrent bien que nous ne sommes pas des inconnus, alors bien sûr qu'ils savent que je suis muette. Tout ce qu'Eden réussit à faire, c'est entrer dans leur jeu, c'est clairement de la provocation leur truc.

Le Prince qui a son pied sur son épaule s'appuie dessus, ça doit faire vraiment mal. Bande de débiles ? Semble t-il demander. C'est pas très gentil ça, vous en dîtes quoi mes amis ? Leur demande t-il en tournant sa tête vers ses camarades.

Les deux autres Prince se regardent et s'échangent des regards joueurs, ils commencent à glousser comme des adolescents devant quelqu'un qui leur plaît. L'un des Prince lui balance un objet, un feutre je crois, oui, c'est un marqueur noir. Prince le secoue et... Il se met à dessiner des lunettes et une moustache à Eden, il passe le marqueur à un autre Prince qui continue et qui dessine un monosourcil, c'est vachement drôle, mais je peux pas rire. Ils plaquent sa tête contre la paroi pour pas qu'elle se débatte trop, tour à tour il font des dessins sur son visage, jusqu'à ce que finalement l'un d'eux dessine des dents et qu'elle finisse par manquer de le mordre. Je remercie ce Prince d'avoir un temps de réaction si rapide, je n'ose pas imaginer ce qu'ils lui auraient fait si Eden avait réussi à lui mordre les doigts. Je la connais, elle se serait pas contenter de mordre, elle lui aurait arraché deux doigts sans soucis.

Les Prince reprennent leur place et continuent leurs activités comme si de rien n'était, ils sont visiblement de bonne humeur, tant mieux pour eux. Mais je ne peux pas en dire autant d'Eden, elle garde le silence. Je connais ce silence, c'est le silence de la honte. Celui qu'elle prenait quand elle se faisait engueulé pour une bêtise quand on était jeune, Adonis est visiblement dans le même état, mais lui a l'air triste, quand elle a l'air en colère. Si ce sont nos derniers instants, je refuse qu'ils se passent ainsi, qui sait ce qui nous attend quand on sera arrivés à destination, ou même s'il y'a une destination. Le premier Prince qu'on a rencontré voulait assassiné maman et brûler la Ruche, le deuxième voulait nous envoyer dans un labyrinthe habité par des cocatris, qui sait ce que ceux-là nous réserve comme sort.

Je ne peux pas parler, et je ne veux pas mourir sans n'avoir rien essayé. Qu'importe si je finis comme cette femme à côté de moi, je suis une Omniak. Et une Omniak ne crève pas sans se battre.

Je me lève avec peine et retombe sur mes fesses quand le camion s'arrête brusquement, que se passe t-il ? C'était mon moment, c'est déjà l'heure de faire une pause ? Ça gâche tout. J'étais prête à faire un truc héroïque là, j'aurais pas le courage et l'adrenaline dans quinze minutes, le moment sera passé, je dois essayer. *Toc* *Toc* *Toc* Aux portes du camion, qui c'est ? Prince ? Non. D'habitude il ouvre brusquement la porte parce qu'il est pressé et qu'il aime surprendre apparemment. Peut-être des agents de la douane ? On a roulé vachement longtemps, on a probablement traversé plus d'une frontière. J'aimerais crier au secours, mais en plus du fait que ce plan est particulièrement stupide, je suis muette.

C'est probablement juste une blague de la part d'un Prince, ils se prank constamment.
Et voilà que les portes s'ouvrent particulièrement lentement, c'était sûr, encore une blague stupide. Dans le noir on voit à peine son œil brillé, il va probablement dire quelque chose du genre "Here's Johnyyy" comme dans Shinning. Il fait trop bon dehors pour rester cloîtrés chez vous... Dit l'homme derrière le camion, je crois reconnaître cette voix. Crane lève sa tête instantanément, comme si le diable lui apparaissait soudainement sous les yeux. Eden était bouche bée de son côté du camion, et Adonis était visiblement apeuré.
Cette voix... Les Prince sont heureux et excités, ils ont leur baguette sorties et de larges sourires marquent leur visage. Serait-ce Rouge ?
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Reducio
• Violence : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...]
Violence avec arme : [...] En employant une arme.
Violence sans arme : [...] Sans employer d'arme.
Mutilations : [...] Amputation partielle ou totale d'un membre ou d'un organe.
Sang : Présence de sang.
Meurtre : Fait d'ôter la vie à un individu.
Séquestration : Fait de maintenir une personne enfermée de manière arbitraire, la privant de sa liberté et de ses droits.
PARTIE 4 : Clanul roz






L'homme ouvrit les portes du camion brutalement, sa longue chevelure dorée, son teint pâle et sans défaut, ces quelques rides qui plient son visage, et cette courte barbe, ça ne pouvait être qu'une personne. L'homme semblait tout droit sorti d'une saga nordique, ou d'un mythe grecque, il a le regard d'un renard et l'allure d'un fauve. Il plaça nonchalamment son pied sur le sol du camion, et se hissa jusqu'à ce qu'on puisse voir son corps entier. Vêtu d'une chemise blanche à manche bouffante et d'une tenue très élégante, il n'a pas de cape, juste une montre à gousset avec chaîne en or à la taille.

Je reconnais cet homme, ce n'est pas Rouge, et ce n'est à priori pas Prince. C'est... Papa ! Lance Crane juste à côté de moi, il n'a plus l'air si abattu.
Tonton est là, c'est merveilleux, il est pas très fréquentable c'est sûr, on l'est pas non plus, mais jamais il abandonnerait sa famille. J'ai les larmes aux yeux, peut-être bien qu'on va pas mourir après tout. Tonton Lars est le chef du clan rose, un des clanuri interlope en Roumanie. Ça a beau être une mafia terrifiante, ça reste la famille.

Lars prend une sorte de position de cow-boy, sa baguette au fourreau. Les Prince sont forts, mais je pense que tonton c'est un autre niveau. C'est peut-être pas le plus fort de tous, mais il a plus d'expérience qu'Eden, plus de polyvalence qu'elle, plus de préparation et plus d'alliés. Il serait pas venu à notre rencontre seul, ou alors il aurait profité de l'effet de surprise. Vous avez des membres de ma famille. Déclare t-il d'un ton qui montre bien que rien ne le presse.

L'un des Prince le pointe avec sa baguette et l'interpelle avec un grand sourire. T'aurais dû rester caché. Déclare t-il. Est-il suffisamment stupide pour croire qu'il viendrait sans garantie ? Quoique... Si sa garantie c'est le chauffeur, ou pire, si il pense vraiment pouvoir l'emporter à un contre trois dans un espace cloîtré ? Peut-être aussi bluffe t-il... Je ne suis plus si sûr de ça, il aurait dû conserver l'effet de surprise pour maximiser ses chances. Il pourrait l'emporter s'il les neutralisait tous des coup, vas-y, tonton. J'aime soigner mon entrée. Déclare t-il avant que des plis se mettent à se former sur les parois du container, puis en à peine quelques secondes les parois semblaient se mettre à gonfler, et enfin à être brutalement arrachées et envoyées en l'air.

L'air frais m'a surpris, dehors, tant de gens avec leur baguette allumée, il est pas venu seul Dieu merci, et il est probablement là pour nous sauver. L'un des Prince se saisit d'Eden par les cheveux et pointe sa baguette sur sa tempe, mais ça n'a vraiment pas duré longtemps. En un seul geste que je n'ai même pas pu voir, Lars lui avait tranché les mains à une vitesse ahurissante et sans bavure. C'est net, mais voir Prince tomber à genoux et hurler de douleur, même si je sais que c'est un ennemi, ça me retourne l'estomac. J'ai envie de vomir, Adonis pour sa part ne s'est pas retenu. C'est... Pas sympa... Déclare t-il après avoir hurlé, comme si au final, ça n'était plus si grave. Prince, celui qui n'avait plus de mains, se releva et fonça sur Lars à toute vitesse, mais celui-ci se contenta de lui trancher la gorge en pleine course et de l'esquiver quand son corps condamné tombait sur lui. La scène est horrible, je peux pas me retenir.

Après avoir vomis, je me laisse bousculer en arrière pour m'éloigner de la zone de combat, tout les autres l'ont fait, il ne restait plus sur le camion que les deux derniers Prince, Lars, la femme qui avait été victime de... Peu importe ce dont elle a été victime.

Les deux Prince étaient cernés de toute part, des sorciers partout autour d'eux, et un Lars particulièrement dangereux en face d'eux qui, alors qu'il n'était là que depuis moins d'une minute, avait déjà prouvé qu'il se suffisait à lui-même. Sa vitesse est folle, le cadavre n'avait même pas eu le temps de réagir, je me demande comment il peut envoyer un sortilège dans un mouvement aussi rapide sans perdre en précision. C'est tout simplement du génie.
On peut faire ça de deux manières. Déclare Lars du haut du camion, alors que j'essaie de reprendre mon souffle affalée contre une roue, il faut que je parte au cas où ça dégénère. Crane me fait signe de le suivre, et je le suis. On court vers ces sorciers, ils doivent être des alliés. En regardant en arrière, je vois juste un Prince essayer de lancer un sort avant de perdre ses mains, l'autre n'a même pas eu le temps de lancer son sort avant de les perdre.

Alors que je suis tourné vers Lars, je sens un bras m'agripper, non, m'enlacer plutôt. En me tournant je la vois, tata Chenmo, je suis... Je suis tellement heureuse de la voir... J'ai cru que j'allais y rester... Sentir la chaleur de son corps, et ses bras me tenir contre elle. Je peux pas retenir mes larmes, j'ai eu tellement peur. Shh... Shh... Tu es en sécurité maintenant. Déclare t-elle, j'arrive pas à y croire, on est vraiment... Je sens un torrent de larmes couler le long de mes joues, mes pleurs muets renforce l'étreinte, je suis tellement heureuse de la voir, je suis tellement heureuse d'être en vie. Un cri sourd essaie de sortir, j'ai vraiment cru que ce serait la fin, c'est pas la fin. C'est pas la fin.

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PARTIE 5 : Beau motel






Tonton a envoyé ses camarades faire le ménage, puis on est allé dans un motel. Je ne sais pas ce qu'il est advenu du reste, de tout ceux qui étaient avec nous dans le camion, j'espère juste que tonton n'a pas été cruel. C'est un homme nuancé, comme tout le monde, il est bon avec sa famille, les autres par contre... Il est du milieu criminel, comme tout son clan, sa mafia. Et j'ai absolument aucune idée de ce qu'ils trafiquent de leur côté, ni dans quels domaines d'activité ils sont impliqués, papa n'en a jamais dit suffisamment. Je ne sais pas si c'était sans intérêt ou s'il ne se sentait simplement pas d'en parler. J'aurais dû lui demander, ça fait une chose de plus.

Juste après m'avoir libéré de son étreinte, tata m'a retiré mes liens, et je pouvais enfin parler, mais j'ai gardé le silence. Qu'aurais-je pu dire à Eden ? À Adonis ? Ou à Crane ? Tous ont très mal vécus les récents événements, et moi aussi, je veux bien les réconforter... Mais quand moi-même je m'en serais remise. Pour l'instant je serais bien incapable d'aider qui que ce soit, j'y peux rien si j'en suis bien incapable, personne n'est invincible. Eden ne l'est pas, je ne le suis pas, et j'ai l'impression que la carapace dont elle se couvre me pousse à moi-même m'en couvrir. J'aimerais communiquer, m'exprimer, je n'ai pas pu depuis si longtemps... Et maintenant que je le peux, quelque chose que je ne saurais expliquer m'en empêche. Je me rends bien compte que ça ne concerne pas uniquement moi, c'est vrai après tout, les autres n'ont rien dit du trajet. Adonis a de la peine et du dégoût, Eden a de la colère et de la frustration, moi... Moi j'ai mal, et j'ai peur. Quant à Crane... Je ne sais pas quoi de la solitude, de la douleur, ou de la détresse l'affecte le plus, mais lui non plus ne parle pas, alors même que lui, a sa mère.

Le motel paraît assez grand, tata parle anglais, on est pas en Roumanie ni en Allemagne donc.
Je n'ai aucune endroit de l'endroit où on est, j'ai n'ai même pas la foi de prendre un prospectus ou de regarder autour de moi pour trouver une carte, ou n'importe quoi qui montre où on est.
Rien.

Après avoir attendu une dizaine de minutes dans la chambre, tonton arrivait. On était six, et c'était une grande chambre avec trois lits superposés, une table, et une télévision. Un motel moldu c'est probablement le mieux pour pas se faire remarquer. Tonton s'assied sur la table, comme s'il attendait des explications, ça devrait me faire peur, mais je trouve ça réconfortant.
Avoir ma fratrie à mes côtés, face à un père et une mère, j'ai l'impression d'être face à mes parents quand on a fait une bêtise. Papa... Tu nous manques tellement, prends soin de maman si tu es avec elle. Maman, je ne sais pas pourquoi tu as fait évader toute une prison, et prit la Ruche avec toi, mais prends soin de toi, et si papa est là, prends soin de lui. J'aimerais tant pouvoir leur écrire, ou leur "parler" à nouveau au moins. Leur dire que je les aime, qu'ils me manquent, que je veux les revoir. Que je veux pouvoir toucher leur visage, et prendre leurs mains, sentir qu'ils sont là avec moi. Sans que je le veuille les larmes se mettent à couler, je ne suis pas une pleurnicharde quoiqu'en disaient Jack, Berty, et tout ces cons à Poudlard. Je suis juste contente, et triste, ça arrive, c'est humain. J'essaie de m'essuyer et de me cacher, mais rien n'y fait. Oh ma belle tu n'y es pour rien. Me console tata alors qu'elle me prend dans ses bras et me caresse la tête quand je m'écroule sur ses cuisses.

Lars semble rester impassible du peu que j'en vois avec toute cette eau, il croise les bras et ne semble pas prêt de dire quelque chose de positif. Ça a dû être dur. Déclare t-il, il semble regarder ailleurs, il a honte ? Je suis désolé de ce par quoi vous êtes passés. Admet l'homme avec une sorte de difficulté pendant que mes larmes s'arrêtent progressivement de couler et sèchent.

L'homme se lève et nous tourne le dos pour se mettre face à la fenêtre. J'ai voulu intervenir plus tôt, mais je n'avais pas assez d'hommes, et ils... Ils ont mit du temps à venir. Déclare t-il, j'avais raison alors... Il n'était pas suffisant. Il avait besoin de tout ces gens, autrement il se serait probablement fait laminé. Il pose ses mains et s'appuie contre la bordure de la fenêtre. C'est de ma faute. Reconnait finalement tonton, pourtant, il a tort. Il n'a rien fait, il n'aurait rien pu faire de plus j'en suis sûr, s'il avait cru nos vies en danger plus tôt il serait intervenu plus tôt. Mais non... Essaie Crane de toutes ses forces, c'est à dire pas grandes forces. Si. Insiste Lars.

J'ai du mal à comprendre ce qu'il veut dire, j'ai finis d'essuyer mes larmes et je peux enfin me redresser, me redresser pour voir le visage de mon oncle laisser s'échapper une petite larme, pourquoi ? Il est si fort d'habitude, on est en vie, et il est... Il est celui qui nous a sauvé...
Tonton Lars est si fort, si stoïque, pourquoi pleure t-il... George... Un jour que je lui rendais visite... Sa femme m'a attaqué. Admet Lars, le visage froncé en un pli détruit. Elle a tenté de me tuer, elle l'a tué. Les mots deviennent difficile à dire. J'étais fou de rage, c'est là qu'elle m'a révélé son identité dans un rire glaçant, juste avant de mourir... Déclare tonton, ses doigts se refermant sur la bordure de la fenêtre avec rage. Kasongo... Prince... Laisse s'échapper Eden.

Lars se retourne complètement pour s'approcher de nous. J'aurais dû faire plus attention, j'aurais dû me mouiller au lieu de laisser mon frère pourrir en prison, au lieu de quoi... Il peine à trouver ses mots. C'est pas de votre faute. Déclare Adonis en se levant. J'ai laissé cet infâ- Commence tonton avant d'être coupé. Vous avez laissé Rouge agir en toute liberté ? Vous êtes pas le seul. Déclare Adonis avec force. À cause de lui, je ne sais même pas si mon père est en vie, ni ce que fait ma mère. Il sert le poing, lui aussi a mal.
Il ne peut pas continuer. Dit-il avec ferveur et passion, mais surtout de la colère, beaucoup de colère, une rage immense et je ne sais pas contre qui elle est dirigée, je ne connaissais pas cet aspect de lui pourtant si... Calme ? Soumis ? Voilà qu'il veut se soulever... Tu parles vrai Adonis. Lance tonton avec une claque dans l'épaule. Mon fils... Ton cousin... Il sera vengé, et notre sang ne sera plus ainsi attaqué par ce parasite de Rouge. Déclare Lars, rouge comme une tomate, il est énervé comme on peut se permettre de l'être lorsque notre fils est mort.

Tata à côté tourne légèrement la tête. Vous ne savez pas où sont vos parents ? Demande tata Chenmo, dubitatative. On se tourne tous vers elle, elle sait donc quelque chose qu'on ne sait pas, mais elle, elle se tourne vers Lars. Oh, oui, à ce sujet, mon père et mon frère devrait se trouver aux environs de l'Espagne ou de l'Algérie. Déclare tonton, ç'en est trop.

Je me lève et demande. Et nous, on est où ? Je signe avec maladresse. En Bulgarie. Répond Adonis sans hésiter.
Ce qui veut dire qu'on est... Je crois... Je crois qu'on est pas si loin les uns des autres, on pourrait se rejoindre, encore faut-il avoir un moyen de se localiser mutuellement avec précision. Mais c'est un problème pour plus tard, l'important c'est que les parents sont ensemble, enfin, de ce que dit tonton, reste à savoir comment il sait ça, non ? Non.
Qu'importe, je veux y croire, j'y crois, c'est mon droit le plus précieux après tout ce par quoi on a traversé. Ce n'est pas fini.

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha

Fanfiction Le heaume rouge En cours
PARTIE 6 : Les seuls qu'on aura jamais






Tonton et se sont couchés tôt après avoir envoyé un message au clan, il semblerait que les discussions entre Adonis et Prince n'aient pas été dénuées d'intérêt. D'une manière ou d'une autre, il a réussi à déterminer que Rouge est probablement en Libye, en tout cas Prince y est.
C'est dans les journaux depuis quelques temps maintenant, mais nous on a pas lu un journal depuis tellement longtemps. Bien sûr on a vu le journal qui parle de maman et de son évasion, mais depuis qu'on est parti on a pas prit le temps de lire un journal, de lire un livre, ou de vraiment profiter de l'air frais. Ici au moins, on peut. Adonis s'est installé sur la terrasse, je lui ai pris un soda en utilisant un sortilège de confusion sur la machine, quite à être dans la criminalité, autant y être jusqu'au cou et commettre un crime ignoble en volant deux sodas.

Ce n'est pas comme si il y'a quelques heures, tonton n'avait pas découpé des gens avant de leur ôter la vie. C'était tellement... Parfait. Tellement lisse que j'ai pas pu m'empêcher de vomir, quand les cocatris mourraient c'était horrible, mais on aurait dit un spectacle totalement naturel. Des proies se faisant tuer par leur prédateur, ça arrive tout le temps dans la nature, c'est comme ça que ça marche. Et quand Eden a tué le premier Prince, il a juste disparu, on avait pas eu le temps de voir son cadavre. Le deuxième Prince c'était autre chose, il est mort tout seul, de rire, c'était horrible, je l'entends encore ce rire, j'en fais des cauchemars et je doute être la seule. C'était tout bonnement terrifiant, et en même temps il n'a pas vraiment été tué, il est mort seul, Adonis l'a seulement achevé pour abréger sa souffrance, c'était de la clémence, et je n'ai même pas vu la scène.

Mais ce que tonton a fait sur le camion... Ça c'était d'un tout autre niveau, c'était horrible, on aurait dit un massacre déséquilibré. Sans justice, sans possibilité de sortie. Je commence à me dire qu'on est peut-être les méchants après tout, peut-être qu'on mériterait de mourir car on représente un réel danger. Les Prince ont des sentiments, ils ont de l'humour et une certaine sensibilité, même s'ils n'ont aucun scrupule à tuer ou à mutiler quelqu'un de manière irréversible, ils demeurent humains et jusque là j'ai l'impression qu'on a fait bien plus de victimes dans leur camp qu'eux dans le notre. Tout ce que je sais de Rouge c'est mes parents qui le disent, or ils sont loin d'être impartiaux. Et je sais que je devrais pas... C'est la famille...
Mais je me dis qu'on est peut-être dans le tort et qu'on devrait arrêter tout ça, on pourrait peut-être même vivre en paix ensemble ?
Je veux pas trahir ma famille, mais tout les crimes que Rouge est prétendu avoir commis je ne les ai pas vu, j'ai vu des attaques sur ma famille, mais est-ce qu'elles n'étaient pas justifiées ?
Maman aurait pu se contenter de libérer papa et de fuir, mais au lieu de ça, elle a libéré une prison remplie des pires criminels du Royaume-Uni. Papa pour sa part a peut-être bien été torturé pour une raison, et enfermé pour une raison. Je ne sais plus qui croire entre lui et le gouvernement, bien sûr il a toujours été bon avec nous, mais qui est-il vraiment ? Qui le sait ?
Rouge a arrêté la torture, il lui a permis de rentrer chez lui, il l'a aidé à vivre au mieux sa condition nouvelle, je l'ai même vu ça. Pourtant...

Non, je sais pas quoi faire. J'ai beau retourner la question dans ma tête je suis totalement bloqué, c'est insupportable, et ébouriffer mes cheveux dans un mouvement de folle n'aide clairement pas. Ça va ? Me demande Adonis. Je m'étais pas rendu compte que j'étais déjà arrivé sur la terrasse, je remets rapidement mes cheveux en place et m'approche de lui. Oui et toi ? Je lui réponds, ça fait tellement du bien de pouvoir signer, de pouvoir m'exprimer et communiquer avec les gens qui m'entourent.
Pas tous, c'est vrai, mais au moins mon binoclard de jumeau. Je sais pas pour être honnête... Admet mon frère, les genoux dans ses mains, il regarde le ciel rosé.

Je fais un geste de la main pour qu'il élabore. Prince est président de la Libye, et je me sens coupable... Je vois, il doit se trouver face à la même contradiction que moi, je peux pas faire grand chose d'autre que mettre ma tête sur son épaule. Notre famille s'est mis à dos plusieurs pays, et voilà qu'on continue sur notre lancée en voulant nous en prendre au président de la Libye, comme si on était maudit à répéter les mêmes erreurs, à faire le mal autour de nous. Papa nous a parlé de la malédiction dont il pensait être frappé, lui, et toute notre famille. Peut-être bien qu'elle frappe vraiment. Peut-être qu'on aurait jamais dû partir, ou alors pas vers le danger... Je comprends ce qu'il veut dire, ces derniers temps ont vraiment été compliqués, on a jamais été aussi proche de la mort de toute notre vie et on a même pas vingt-cinq ans. Et en même temps, si on avait pas été là, Eden l'aurait rencontré. Elle aurait été seule dans le labyrinthe, seule face aux cocatris, seule face à Prince, seule, tout simplement.

C'est quoi cette odeur ? Salut les nuls. Lance Eden de derrière nous, je tourne la tête même si Adonis reste immobile et lance un coup d'oeil par dessus mon épaule. elle a un pack de sodas et trois pizzas, visiblement elle a pas perdu de temps.

Elle s'assoit à côté de nous, et entame la première. Mangez, c'est tonton qui régale. Lance t-elle comme si elle lui avait demandé sa permission, elle a sans doute voler son portefeuille. Papa lui a déjà fait ça apparemment, il parait même qu'il a acheté un kilo de maïs qu'il a mis dans son matelas, et qu'il aurait rempli ses toilettes avec du gravier.
Quand je me rappelle ces histoires qu'il nous raconte, j'ai du mal à ne pas le voir comme le père qu'il a presque toujours été... C'est quoi cette mine de déterré le débile. Lance Eden, visiblement elle a rien appris. Adonis ne réagit pas, et moi je suis trop fatigué pour tenter un coup de tête comme dans le camion, et j'aimerais pas lui rappeler cet événement d'ailleurs.

Adonis tourne particulièrement lentement sa tête vers Eden. Qu'est-ce qui a changé ? Demande t-il, mais j'avoue que je suis confuse. Comment ça "qu'est-ce qui a changé" ? Tout a changé, on est plus les mêmes, on a d'autres objectifs, d'autres parcours. Et en même temps... Rien n'a changé, on est toujours les mêmes au fond. Je sais même pas s'il parle de nous, de la situation, ou c'est un jeu. Sans détail, impossible de donner une réponse.
Alors que j'allais lui demander d'étoffer, il étoffait lui-même. Entre nous, tu nous crachais pas autant dessus avant. Déclare t-il, et soudain je comprends mieux.
Qu'est-ce qui a changé entre nous... C'est une vaste question, c'est probablement le meilleur moment pour la poser, tant qu'on est tout les trois et que le ciel est rose. Je me la pose aussi régulièrement, j'essaie de comprendre, mais je ne sais pas si c'est malin. Cherchait l'origine du changement c'est comme chercher un problème à une solution, et puisque nous sommes la solution, alors on devrait éviter le problème.

Non. Non j'en ai marre de pas me mouiller. Il s'agirait d'enfin savoir, et tant pis s'il y'a des problèmes. Pfft, quelle question bête. Répond Eden, sans surprise, elle esquive. Adonis ramène sa tête vers le ciel. Tu me hais ? Demande t-il. Pauvre chochotte, qu'est-ce qu- Il la coupe. Est-ce que tu me hais ? Insiste Adonis. Il ne lâchera pas l'affaire avant de savoir, qu'importe si ça le blesse. En ça, clairement, il est plus fort que moi et Eden réunies. Il a peut-être la lâcheté de pouvoir fuir au combat et ça ne le rend pas fiable dans ces rares cas, mais il n'a pas la lâcheté de choisir l'abandon ou la facilité le reste du temps.

Eden regarde le ciel à son tour. Non... Bien sûr que non... Répond t-elle, et Adonis se retourne à nouveau vers elle. Dans ce cas qu'est-ce qui a changé ? Pourquoi suis-je soudainement devenu une honte à tes yeux. Il abandonnera pas, et au vu de l'ambiance, je pense qu'Eden va donner une réponse sérieuse. Je sais que c'est pas vraiment le moment, mais je prend une part de pizza que je commence à manger. C'était dur, voilà. Admet finalement Eden, mais je sais pas vraiment de quoi elle parle.

Je continue à manger et Adonis ne répond pas, elle est partie pour donner une réponse, enfin, alors rien ne doit l'en empêcher je suppose. À Poudlard quand on se faisait harceler parce que papa a finit à Azkaban, j'ai presque tout pris. Comment ça, presque tout pris ? J'étais géniale et terrible, et toute l'attention qu'on me portait vous évitait la plupart des problèmes. Poursuit-elle sans rire, avant de croquer dans sa part de pizza, un pied ramené vers elle, l'autre pendant dans le vide. J'ai tout perdu, mes amis, mes titres, mon honneur, et même dans le monde étudiant et le monde du travail, c'était... Insupportable. Déclare Eden avec peine.

Si je ne la connaissais pas, je penserais presque qu'elle ferait du sentimentalisme. À partir d'un moment j'ai juste pété les plombs, ta voix a commencé à m'être insupportable, et je me suis défoulé sur toi. Je m'en rappelle, c'était absolument terrifiant, il a mis des heures à s'en relever. Je dois avouer que... C'était tellement agréable, je suis désolé... Mais c'était vraiment bon quoi. Ça devient vraiment bizarre, mais je comprends. J'ai prétendu que c'était pour t'endurcir, mais t'as jamais été faible, j-... Je suis juste une brute épaisse. Admet finalement Eden sur un léger pouffement mélancolique, Adonis ne répond pas, il ne daigne pas répondre. Il pourrait infirmer, confirmer, c'est son moment, mais il garde le silence. Je le reconnais bien là, il se contente de prendre une part de pizza en regardant le ciel, j'imagine que c'est au moins un pas vers l'autre, j'imagine que... Ça fait plaisir

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha