Je suis né Moldu. LIBRE

Jeudi 7 septembre 2051
7h30
C'était la première fois que Narcisse regrettait de ne plus être en vacances.

Depuis le début de sa scolarité dans son nouveau monde, toujours l'adolescent s'impatientait à l'idée de retourner à Poudlard. De revenir dans ce merveilleux endroit qui lui avait fait découvrir de si belles choses, appris de si magnifiques sortilèges. La magie était sans nul doute la découverte la plus extraordinaire de sa vie, et la resterait à jamais. Il n'avait pas mesuré que ce monde allait, petit à petit, repousser la proximité qu'il souhaitait conserver avec son monde de naissance.

Ses parents ne pouvaient pas l'accompagner sur le Chemin de Traverse. Et il repensait, non sans un sourire mitigé, à la première fois qu'il avait foulé du pied ce chemin. Seul, il avait refusé qu'un adulte l'accompagne, car si ses parents ne pouvaient venir, personne ne le pourrait. Il se souvint de la première fois qu'il avait tenu sa baguette, qui trônait désormais si parfaitement dans la paume de sa main. Elle vibrait doucement, heureuse de pouvoir enfin sortir du placard, et d'à nouveau s'exprimer au grand jour. Son premier sortilège, également, il s'en souvenait. Ce simple petit sort, qui permettait de faire léviter les objets.

Mais aucun de ces souvenirs ne semblait pouvoir, en cet instant, gommer la légère senteur de lilas sucré qui continuait d'envahir ses narines. Plus les jours passaient, plus il craignait de l'oublier. Que ce qu'il continue d'humeur ne soit que le fruit de son imagination, qu'un beau matin il se réveillerait, et qu'il ne disparaisse.

Rose avait-elle les cheveux jusqu'aux épaules, ou plus bas encore ? Déjà, son esprit avait effacé quelques détails, bien malgré lui. Malgré ses efforts pour maintenir cette fumée entre les doigts maladroits de sa mémoire. Il savait qu'il avait cours de botanique, bientôt. Mais il était incapable de détacher son regard de la pierre sous ses pieds. Ses yeux clignaient lentement, au rythme de ses respirations profondes, qui parfois, tremblotait. Puis les tremblements firent place à son poing qui se serra, autour de sa baguette.

Il aurait été si facile de pouvoir lui dire la vérité, dans d'autres circonstances. Si les choses n'avaient tenu qu'à lui, il aurait tout révélé à Rose, il lui aurait expliqué, sans hésiter ni détour. Encore aujourd'hui, il ne voyait aucune autre chose à faire. Tout ça à cause des règles.

Des règles si ridiculement ancrées et acceptées qu'il avait craint, un bref moment, de faire fausse route. L'interdiction ultime, qu'on lui avait martelé dans le crâne, et à laquelle il n'avait pas réfléchi jusqu'à cet été. Pourquoi, bordel de merde, les sorciers avaient-ils à ce point la trouille des moldus ? Sa vision se flouta sous les vibrations de sa peau, à l'idée que des règles pour lesquelles il n'avait pas eu son mot à dire puissent lui pourrir à ce point la vie.

Il brandit sa baguette, face au mur. Et un sourire mélancolique se peignit sur ses lèvres.

"Flambios."

L'adolescent avait toujours apprécié ce sortilège. Le feu, la lumière, la liberté de pouvoir agiter son catalyseur, et de faire apparaître ce qu'il souhaitait. Il ne réfléchissait pas vraiment à ce qu'il écrivit, se contentant de poser sur la pierre face à lui une évidence qui semblait désormais inexpugnable.

Je suis né MOLDU.

Il ne savait pas exprimer ce qu'il pensait, il n'était pas doué à cela. Tout ce qu'il voulait, c'était souligner cette évidence. Moldu. C'est ce qu'il avait été, les premières années de sa vie, la majorité de sa vie, en réalité. Et la pensée qu'on réussisse à le forcer à bazarder cet état de fait faisait naître au fond de ses yeux de petites flammes blanches.

Après une longue expiration, il croisa ses mains contre ses jambes, en les laissant pendre. Sans mot dire, simplement à regarder la marque enflammée lécher la pierre. Ce n'était pas bien grave, il suffirait d'un bon coup de Tergeo.

5A - Médiateur
01237f

Je suis né Moldu. LIBRE
Tu n'as pas tardé dans la Grande Salle, touchant à peine à ton petit-déjeuner, avant de filer pour te préparer pour ton premier cours. Tu commences par Histoire de la magie, matière que tu apprécies tout particulièrement, mais, pour une fois, tu n'as pas hâte d'y être. Aujourd'hui, tu es particulièrement patraque, alors tu te laisses porter par cette envie de te dégourdir les jambes, avec l'espoir de vider cette tête trop encombrée. Il y a là trop de mauvais souvenirs. Trop de ressentiment. Trop d'amertume. Trop de colère. Trop de choses que tu entasses depuis des années maintenant et qui refusent de rester sous silence, peu importe à quel point tu souhaites juste oublier. Cela ne te laisse pas en paix. Cela te matraque. Te rend malade. Même tes godasses ne sont pas aussi usées que ta jeune carcasse, elle qui se traîne ici et là, sans le moindre but, se perdant dans les couloirs. Tes mains sont enfouies dans tes poches, tu regardes le sol, le dos voûté et, de temps à autre, tu renifles. Oublie. Cette petite voix intérieure répète ce mot en boucle, suppliant le cerveau de faire sa part des choses, car ces souvenirs persistants n'ont pas lieu d'être ici, seul refuge où tu peux te permettre d'oublier l'existence que tu mènes en dehors de cette bulle de quiétude. Mais le cerveau ne veut pas. Le voilà usé à une tâche trop ingrate. Pour une fois, il refuse d'oublier. Et ça cogite. Et tu ressasses. Et tu en dors mal. Tu n'as pas souvenir d'avoir eu autant de phobies d'impulsion, autant d'envies de violence, autant de cauchemars lucides où tout n'est que massacre, fiévreuse folie et murs peints d'un rouge écarlate.

Tu t'arrêtes net. Tu fermes les yeux. L'envie de vomir te prend. Tu inspires. Tu expires. Tes doigts, eux, tremblent. Tu les caches plus profondément dans tes poches. Ça bourdonne dans tes oreilles. Tu entends un sortilège être formulé, là, non loin de toi. Tu ouvres les yeux et tu ignores pourquoi, mais tu avances vers le bout du couloir. Dans son tournant, il y a une autre âme solitaire qui, comme toi, a décidé de se perdre un peu dans le coin. Tu vois sa baguette s'animer sous la demande et, malgré toi, tu fus intriguée. Tu n'es pas sociable, pas même un brin empathique, mais voilà que tu t'approches de lui, reconnaissant ce sentiment qui semble émaner de lui. Indéniablement, tu es attirée par cela comme un papillon de nuit est attiré par la lumière. Tu ne fais pas trop de bruit, tu ne t'annonces pas non plus ; tes yeux, eux, se posent sur la pierre qu'il grave de sa baguette et tu t'arrêtes alors à sa hauteur. Tu ne sais pas vraiment ce que tu ressens en lisant ces quelques mots, mais comme tout le reste, ça pèse également. Que personne ne s'y méprenne, c'est merveilleux d'être ici, enfin, du moins à Poudlard. Tu as bien vite compris qu'en dehors de ces murs, de cette quiétude, le reste de la société sorcière, lui, est loin d'être un havre de paix. Tu es bien consciente que c'est en partie de ta faute si tu as dû vivre une bien difficile désillusion, car tu t'es accrochée à cette lettre t'annonçant être une sorcière comme on s'accroche à une bouée de sauvetage ; tu as cru que cela signait la fin d'un calvaire, que tu allais sortir de cette misère où tu existes, sauf que c'était là un cadeau empoisonné.

Parce que tu es née Moldue.

La même gangrène. Les mêmes idées nauséabondes. Les mêmes raclures. Sauf qu'ici, les fachos ont gagné et tous semblent s'accorder sur le fait que ce n'est pas si mal d'être sous régime fasciste, car rien n'est fait pour les déloger. Mais, dans ce que tu as compris, ça laisse les nés-moldus sans statut et donc sans droit et, de facto, les enfants comme vous ne sont pas plus protégés. Et les adultes semblent s'accorder que l'idée n'est pas si mal, car personne ne fait rien pour changer cela. Tu serres tes poings. Tu les enfouis plus dans tes poches. T'as juste envie de te péter chaque phalange contre un mur pour décharger cette rage qui t'habite, mais tu te contentes de renifler, seul bruit que tu te permets, tandis que tu te laisses choir à côté de lui. Ta jambe tressaute nerveusement. Pas un mot. Pas un bonjour. Tu continues à juste fixer la pierre, pensive, tandis que tu ramènes tes genoux tout contre toi, gardant bien cachées tes mains rouges d'avoir été trop lavées.

@Narcisse Brando Hello ✨👉👈
Edit : réécriture de certains passages.
Dernière modification par Asher Thatch le 8 sept. 2026, 08:15, modifié 1 fois.

3ère année • Elle • 14 ans • #9C3940
So hard to let go of, I speak and I choke up
I can't turn the TV off

Je suis né Moldu. LIBRE
Ce que Daisy faisait dans les couloirs à 7h30 précises ? Elle se rendait en cours de défense contre les forces du mal. Et parce qu'être à l'heure, c'était déjà être en retard, elle mettait un point d'honneur à y arriver en première et à ne pas décevoir Oswald Puddlewick.

C'était son septième jour à Poudlard et tout allait pour le mieux. Les cours étaient intéressants. Stella Ruewen, son aînée qui l'impressionnait beaucoup, l'avait prise sous son aile. Elle avait parlé Quidditch avec Elisabeth Swanmere, la capitaine de Serdaigle. Et elle s'était même fait deux amis : Liam O'Reilly, un petit garçon timide, qui aimait les livres comme elle, et l'énergique Noa Vane, qui disait beaucoup de bêtises mais qui était sympa. Pour la rousse, c'était inespéré. Ses parents ne ramenaient pas beaucoup d'amis à la maison quand elle était petite et elle avait craint de ne pas réussir à sociabiliser avec les autres enfants. Mais il fallait croire qu'elle partageait des points communs avec les autres Serdaigles.

Daisy marchait donc gaiement dans les couloirs quand elle les vit. Il y avait deux élèves, deux grands qu'elle ne reconnut pas. Le garçon regardait une inscription dans le vide, perdu dans ses pensées. La fille était repliée sur elle-même, elle n'avait pas l'air en forme. Daisy hésita, devait-elle aller chercher la directrice ou l'infirmière ? Elle préféra s'approcher pour comprendre le problème et lut sur le mur "je suis né-moldu". Elle fronça les sourcils. Elle s'était attendu à tout sauf à ça. Qu'est-ce qui pouvait bien rendre malheureux ses deux camarades dans cette affirmation ? Elle n'en savait rien mais essaya de se montrer pragmatique.

- Vous avez besoin d'aide ? Je peux vous conduire à l'infirmerie.

Impossible de les ignorer puisqu'elle avait vu qu'ils allaient mal mais il ne fallait pas que ça reste "son" problème trop longtemps. Ce serait parfait s'ils acceptaient d'aller se faire soigner. Surtout la fille aux couleurs de Serpentard qui ressemblait à un foetus sur le sol.

Je me rajoute @Narcisse Brando @Asher Thatch, contente de rp avec vous :bye:
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