Friday I'm In Love

1Vendredi, je suis amoureux
Vendredi 1er septembre 2051
Début du trajet
Avec @Alaric Blackwood

La petite boursouflette rose avait bien du mal à tirer son humain de compagnie de sa mélancolie. Le silence de l'adolescent, qui était tout, sauf naturel, s'étendait bien davantage que ce à quoi elle était habituée. Surtout que depuis quelques mois, ils pouvaient enfin communiquer convenablement entre. Narcisse avait commencé à apprendre sa langue, et à la grande surprise de la petite boule de poils roses, cela lui avait plu. Elle était heureuse de pouvoir se faire comprendre, après toutes ses années. Mais voilà, depuis cette... Rose, son humain de compagnie semblait avoir été cassé. Un peu comme la marionnette à laquelle on aurait coupé trop de fils.

Quelle perte de temps ! Oh, il avait beau lui avoir expliqué longuement, Klee ne voyait pas les choses comme lui. Il existait myriade de femelles prêtes à la reproduction, chez les boursouflets. Bien que chez Klee, sa conception des choses soit légèrement différente, soit. Mais le constat était le même : pourquoi s'attarder sur une seule femelle ? Peut-être que Klee, dans sa mansuétude, pourrait offrir à son humain de compagnie l'une des esclaves de son harem personnel ? Il faudrait qu'elle se penche sur la question... Pour le moment, elle se contenta de lui donner un coup de boule contre le dos de la main, en piaillant :

"Arrête triste. Narcisse nul."

L'adolescent frémit à peine, réagissant tout juste par un regard. Fort heureusement, il sourit, sinon, Klee aurait eu de quoi se vexer. Il tendit sa main pour caresser tendrement son amie, qui se frotta contre ses doigts, et il soupira doucement.

"J'aime bien y penser encore, c'est normal, non ?
- Non, Narcisse bête. Narcisse doit trouver autre femelle."

Il pouffa d'un rire sans force, en détournant les yeux vers l'extérieur, au travers de la vitre fermée. Elle grimpa sur lui, continuant de râler allègrement, prétendant tout savoir, et qu'il devrait l'écouter, sinon il ne pourrait jamais se reproduire convenablement. L'adolescent se retrouvait formidablement tiraillé entre un amusement jaune, et une tension qui allait croissante.

"C'est pas ça, Klee... On en a déjà parlé.
- Toi tort. Klee raison."

Elle abandonna finalement, en se blottissant sur son épaule. Narcisse la regarda en silence, et constata avec soulagement qu'il aimait toujours le monde magique et ce qu'il lui avait apporté. Il avait craint ces derniers jours ne plus rien vouloir de ce monde pourri, qui lui avait pris Rose. Son rythme cardiaque accéléré insidieusement, sous la sourde colère qui glissait dans ses veines, bien malgré lui.

Comment faire pour foutre en l'air ce système de merde ? Se demandait-il.

5A - Médiateur
01237f

Friday I'm In Love
Alaric était angoissé. Très angoissé. Pourtant, tout allait bien, physiquement, il avait fait sa valise la veille, n'oubliant ni ses crayons, ni sa plume, ses robes de sorciers étaient repassées et à sa taille, et il était passé par le Chemin de Traverse quelques jours plus tôt pour aller acheter ses nouveaux manuels. En clair, il avait absolument toutes ses fournitures, même des parchemins étaient déjà prêt à être utilisé dans son sac. Il était prêt à affronter une année de cours de potions, de longs devoirs et même de professeurs de temps à autres agaçants! Il avait même réussi à se procurer l'ancien chaudron de son père, qui adorait lui même les potions, quand il était plus jeune... En bref, tout était sensé aller parfaitement bien pour le Serpentard.

Mais, pourtant, il avait quelque chose. Cette boule au ventre permanente, depuis la fin de son séjour à Portree, qui ne voulait pas s'en aller. Certes, il avait trouvé une solution, de quoi régler le problème, mais, au fond... Était-ce une solution ou une façon de contourner le problème? Après tout, il n'avait toujours pas parlé au concerné depuis... Longtemps. Celui-ci n'avait peut-être aucune idée de ce qu'il avait trouvé comme solution... Il le détesterait après ça, c'était sûr. Il n'aurait pas le choix, de toute façon, il n'y avait que deux options : haïr ou souffrir. Et Alaric avait choisi le premier point.

C'était donc dans cet état d'esprit qu'il arpentait le long couloir du Poudlard Express. Il espérait trouver un compartiment seul, même si il savait que c'était une chose irréalisable... Il opta donc pour un compartiment qui n'avait qu'une seule personne, qui avait l'air bien trop dévastée pour pouvoir lui parler tout le long du voyage. Il ne le reconnut pas tout de suite, encore un peu perdu dans ses pensées, mais à la seconde où il posa ses affaires et s'assit dans un coin en face du brun, Alaric reconnut l'imbécile heureux du Club de Duel. Enfin, heureux, ça restait à voir... Si il ne l'avait pas rencontré quelques mois plus tôt, il n'aurait même pas prêter attention au grand Poufsouffle en face de lui, mais, le connaissant un minimum... Il savait que cela n'était pas naturel. Pas pour lui. Il était sensé respirer le bonheur et la simplicité, pas la dépression.

Dans une autre configuration, si il y avait eu d'autres personnes, par exemple, il n'aurait même pas osé penser prendre la parole... Mais voir Brando déprimer était comme goûter du chocolat salé... Cela n'avait pas le moindre sens! Il aurait pu se mettre à neiger dans le compartiment, ça ne l'aurait même pas autant étonné que ça. Vraiment. Evidemment, il essaya de se retenir de parler, mais l'envie était trop grande... A passer trop de temps avec des Poufsouffles, il en devenait presque empathique... Mais peu importait. Il voulait reporter son attention sur quelque chose d'autres que Portree et... Tout le reste. Alors il se redressa, croisa les bras, et soupira, avant de dire quelque chose qu'il n'aurait jamais osé prononcé il y a un an...

- Qu'est-ce qu'il se passe, tu veux en parler?

Alaric aurait voulu que son ton soit totalement désintéressé, voir froid, mais il se fit finalement curieux et un peu... Non, impossible... C'était de l'empathie que l'on entendait dans les mots d'Alaric? Décidément...

- On va passer beaucoup trop de temps enfermés dans ce compartiment pour que je me permette de te laisser complètement déprimer, l'été a été dur pour tout le monde, mais je te préfères insupportablement simple et heureux que déprimé dans ton coin. Alors, qu'est-ce qui va pas?

Il n'avait, certes, pas les mots, mais c'était l'intention qui comptait, non?

616 mots
Promis je répondrais plus vite la prochaine fois :ninja:
@Elam Thomais

Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
#5e9a80 2A 2051-2052 inscrit à la Chrono Fiche PR

Friday I'm In Love
Un éclair de colère transperça Alaric lorsqu'il pénétra dans le compartiment. Cette émotion n'était pas dirigée contre lui, elle ne l'était contre personne. Mais il avait attiré l'attention de Narcisse au mauvais moment, et il n'avait pas encore pu digérer ce qui bouillonnait en lui. Il en ressenti comme une grande douche froide, l'aspergeant de plein fouet, le laissant échoué. Comme s'il s'était déchargé, comme un puissant sortilège, sur le jeune garçon, et ça ne lui ressemblait pas. Il n'avait pas pu le contrôler, mais l'espace d'un court instant, il s'était vu blâmer Alaric pour tout ce qui lui était arrivé.

Et voilà la colère remplacée par la nausée honteuse en un éclair. Beurk, quelle horreur. Il ne s'attendait à rien, mais il fut agréablement surpris de le voir sincèrement, ou du moins en apparence, prendre de ses nouvelles. Voilà de quoi lui faire hausser un sourcil et étirer ses lèvres dans un sourire perplexe. Qu'avait-on fait du Alaric qu'il avait rencontré l'année dernière ? Ce n'était pas pour lui déplaire, et il n'allait pas bloquer dessus, mais comme quoi... Il avait raison de croire que les gens ne pouvaient qu'être bons au fond d'eux.

Il pouffa de rire en secouant la tête avec un sourire las.

"Ha, t'inquiète. Te force pas."

Il hésita évidemment à parler. Mais Narcisse étant ce qu'il était, il ne se voyait pas passer à côté d'une occasion de parle de Rose. Et s'adossant plus confortablement au siège, il se mit à regarder de temps à autres par la fenêtre mouvante.

"J'ai rencontré une fille c't'été. J'me suis grave attaché à elle, mais elle est moldue... J'ai pas pu lui dire la vérité, donc forcément, ça pouvait pas... pis... elle voulait pas continuer comme ça. On s'est embrassé, héhé... vraiment, c'était génial. Elle m'a battu au tournoi d'arts martiaux, elle est trop trop balèze, c'est incroyable."

Chaque mot qu'il prononçait au sujet de la jeune femme semblait comme racler contre l'intérieur de son cœur. Mais il aimait tellement penser à elle, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il vint se gratter la joue, plus embarrassé désormais.

"J'ai... j'crois qu'j'suis un peu énervé, beaucoup, même. Avec leurs règles de con, on peut même pas vivre comme on veut. C'est plus possible de vivre comme ça."

Son regard replongea sur Alaric, pénétrant ses yeux et lui transmettant inconsciemment toute sa détermination.

"Donc bon... j'crois que j'ai plus trop envie d'accepter des règles comme ça. Elles sont pas justes, et j'aime pas ça."

Son sourire était étrange, et il frissonna d'un coup. S'il avait eu sa baguette en main, nul doute qu'elle aurait crépité de la puissante magie qui découlait de ses veines.

Et les vacances d'Alaric ? Comment s'étaient-elles passées ? Il avait envie de savoir, de demander, il aurait juste fallu que son cadet lui laisser un instant de silence...

5A - Médiateur
01237f

Friday I'm In Love
La réaction de Narcisse quand il entra dans le compartiment était… Étrange. Jamais il n’aurait pu penser un seul instant que le Poufsouffle aurait pu ressentir une quelconque animosité à son égard, ou à l’égard de qui que ce soit, d’ailleurs… Il était beaucoup trop… Ou plutôt pas assez… Peu importe, en gros, il était bien trop frustrant pour qu’il ressente ne serait-ce qu’un peu de colère. Du moins, jusqu’à aujourd’hui. Mais que s’était-il passé pendant les vacances pour qu’il soit si… Tendu ?

Mais alors qu’il devait déjà digérer sa première réaction, celle du Poufsouffle qui entendit la question d’Alaric fût d’autant plus… Inattendue. Son sourire perplexe, ses sourcils haussés… C’était comme si il faisait face à quelqu’un qu’il ne connaissait pas, ou, du moins, qu’il pensait connaître mais qui s’avérait être une toute autre personne… Il était dans le même état que le Serpentard, finalement… Ça leur faisait bien un point commun.

Enfin, il commença à parler, et Alaric ne put s’empêcher de s’intéresser à ce qu’il disait à l’instant où il commença par « j’ai rencontré une fille c’t’été ». Après tout, ça restait des ragots comme d’autres, même si il ne comptait pas en tirer profit. Ce n’était pas à ses ennemis qu’il faisait le plus de coup bas, malheureusement. Il avait beau vouloir bien faire -et surtout ne pas s’attirer d’ennuis avec le nouveau Narcisse colérique, il ne put s’empêcher de faire une grimace en entendant qu’il était tombé amoureux d’une moldue. Mais, c’était tout, il n’osa pas relever.

– Vois le bon côté des choses, si ça c’était mal terminé, tu ne l’aurai jamais revu dans les couloirs de Poudlard, par exemple...

Ok, super Alaric, vraiment. Tu ne pouvais pas trouver meilleure phrase que ça, à tout hasard ? Il décida de ne plus dire un mot jusqu’à la fin de son récit. Et c’était sûrement la décision la plus sage qu’il avait faite depuis… Trop longtemps à son goût. Il fronça les sourcils quand le Poufsouffle prononça le mot « énervé ». Comment ça, il s’était énervé ? A quel point ? Est-ce qu’il s’était battu ?

Il laissa quelques secondes de silence, n’osant pas vraiment le rompre, ou dire quelque chose qu’il pourrait regretter, mais aussi parce qu’il n’était pas tout à fait sûr qu’il ait terminé. Pourtant, c’était bien le cas, et il soupira avant de se redresser et de hausser les épaules. Puis, il se résolut finalement à répondre.

– Les lois sorcières ne sont pas faites pour faciliter le monde mais pour le rendre plus juste. Mais j’imagine que ça, tu le sais déjà. Il y a des moments où il faut faire des choix, et c’est comme ça. Ne te fies pas à ton cœur, ou c’est toi qui souffriras. Vraiment. Ce que tu as ressenti -et que tu ressens peut-être encore- pour cette fille reste un amour d’été. Ne te casses pas trop la tête et vas de l’avant. Et puis, comme je l’ai dit plus tôt, malgré mon manque de… Tact, le fait que tu ne la vois pas à Poudlard est plutôt avantageux, en réalité. Ça facilitera… Tout le reste. Même si ça ne restera pas moins dur.

Il détourna le regard en espérant intérieurement qu’il continue à se plaindre, et qu’il ne commence pas à lui demander comment il pouvait dire des choses pareilles, comme si il en avait fait l’expérience.

569 mots
Me voilà Brando, spill the tea :eyes:

Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
#5e9a80 2A 2051-2052 inscrit à la Chrono Fiche PR