Le heaume rouge
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Reducio• Violence : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...]
• Violence avec arme : [...] En employant une arme.
• Meurtre : Fait d'ôter la vie à un individu.
PARTIE 3 : Le chef des cyclopes
Élisabeth demeurait en queue du groupe avec Wolfgang, les suspects étaient aussi nombreux qu'ils ne l'étaient pas. Tout les membres de l'équipage avait au moins une bonne raison de libérer Redose, et en même temps lui ne leur aurait en aucun cas rendu la pareille, et ils devraient le savoir. Pourtant, quelqu'un l'a libéré. Il n'aurait jamais pu se libérer tout seul, pas sans baguette, pas sans magie.
Il fallait que la jeune femme se rapproche des membres du culte pour leur demander de les aider à découvrir qui est le traître parmi eux et faire en sorte qu'il ne recommence pas. Mais il y'a également un autre problème, Redose n'était à priori pas sur les navires, une simple reconnaissance magique permettait de s'en assurer, et il ne serait pas passé inaperçu dans le groupe. Sans oublier que des membres de la Ruche protégeait l'accès à sa cellule, pourtant il est sortit, comment ? Cette question tourmente la jeune femme, mais tourmente encore plus son jeune neveu qui paraissait inquiet, plus que de raison puisque désormais, ils ne pouvaient rien y faire. C'est pas ta faute. Déclare sa tante à Wolfgang qui pourtant devait surveiller Redose, celui-ci rejetait toute la culpabilité sur lui, alors même qu'il n'était pas le seul à le surveiller, ni celle qui l'a enfermé. De toute façon, il peut pas quitter l'île, s'il veut voir Rouge, il sera obligé de retourner aux bateaux à un moment ou à un autre. Déclare la jeune femme en prenant son neveu sous le bras.
Bien sûr la situation était inquiétante et plus que tout, intrigante, seulement elle ne gêne pas la mission. Tant que le groupe n'aura pas neutraliser celui qui chuchote à la mur, personne ne quittera cette île, et Redose n'a qu'une envie, revoir Rouge. C'est presque une obsession, alors le trouver ne sera pas bien compliqué... Une fois en mer, l'homme n'aura plus nul part où se cacher.
Pour l'instant, il fallait se concentrer sur les problèmes les plus urgents. Le groupe venait officiellement d'entrer dans la ville des cyclopes, c'était la fin de la forêt, un chemin particulièrement large pavé de graviers se dessinait sur le sol, et deux énormes piliers de pierre marquait l'entrée en ville. Étonnamment pour les créatures non-géantes, les structures ne semblaient pas dans un piteux état, il n'y avait pas de bagarre un peu partout, il y'avait des cyclopes, en nombre, ainsi que des enfants. Pour les géants, ça réchauffait le cœur de voir une colonie qui s'épanouit, et des enfants libres, des enfants qui n'ont pas grandis entre quatre murs, obligés de torturer leur corps pour entrer dans une cellule.
La ville peuplée de cyclopes arborait ainsi plusieurs structures, des piliers, des arches, il y'avait même des statues, ainsi qu'une tour plutôt isolée au loin. Les montagnes étaient jonchées de trous, et des cyclopes en venait et s'agglomérait autour de nous, curieux, ils ne s'approchaient pourtant pas. Deux des cinq cyclopes se mirent sur le côté, et s'agenouillèrent. Puis deux autres montèrent les escaliers de la pente, se mirent sur les côtés et s'agenouillèrent à leur tour. Formant ainsi une sorte de passage. Le dernier cyclope, celui qui avait un plastron, monta plus haut et s'agenouilla devant celui qui semblait être le chef. Un grand cyclope, nonchalamment installé sur son trône, les jambes ballantes alors qu'il joue à faire tourner son épée sur sa pointe.
Le cyclope qui nous avait amené jusqu'ici déclara quelque chose de sa lourde et grosse voix, mais le chef continuait à jouer avec son épée, gardant le silence. Le cyclope leva la tête un instant, seulement un instant, et tous purent le voir, ou plutôt, presque n'avait vraiment pu le voir. Le coup avait été si net et si rapide, que sans même que le cyclope ne s'en rende compte, sa tête avait été tranchée et roulait sur le sol avant d'atteindre les pieds de Bergelmir, qui pu voir la pupille du cyclope se diriger vers lui dans une expression de confusion et de peur extrême, cette tête décapitée cligna de l'œil une fois, une fois unique. RAAAAAH Hurle Bergelmir, même si beaucoup avaient été dégoûtés par cette scène, lui, à l'instant, venait de perdre toute patience et toute esprit rationnel.
Envahi d'une rage folle et profonde, même s'il ne connaissait pas ce cyclope, même s'il y'avait toutes les chances pour qu'il soit un ennemi, il est un géant. Et voir la mort de l'un des siens, encore, c'est inadmissible. Le géant hurla, et les plus petites créatures s'éloignaient de lui et se protégeaient comme elles pouvaient par la magie. Seuls ne restaient plus que ceux que la peur n'arrêteraient pas. Bergelmir, envahit par la rage, et derrière lui tout ses géants. Bellamy, qui lévita sur l'épaule de son ami, Élisabeth et Debora, ainsi que d'autres courageux.
Le chef des cyclopes se leva de son trône et avançait lentement vers Bergelmir, continuant à jouer avec son épée, mais cette fois en la faisant tournoyer dans sa main. Oh oh oh, nul besoin de se mettre dans un tel état. Déclare le cyclope, celui-ci était torse nu, portant une sorte de sarouel et quelques protections de métal au niveau des avant-bras et des tibias. C'était un idiot incapable de comprendre un ordre simple. Déclare le chef avec un très, très large sourire, tellement typique de Prince. Seulement, de tous, il est probablement le plus terrifiant. Bienvenue, Élisabeth, et... Vous autres. Dit-il finalement, avant de s'arrêter au milieu de la pente, à une trentaine de mètres de nous, et pourtant bien assez pour qu'on l'entende sans qu'il n'ait à forcer sur sa voix.
Bergelmir est fou de rage, des larmes coulent de ses yeux, qu'on puisse tuer un géant ainsi, alors qu'il en reste si peu, alors que celui-ci était à genoux devant son bourreau et qu'il ne s'y attendait aucunement. Il n'était pas prêt. Il est mort sans savoir qu'il allait mourir, sans pouvoir se battre, il est mort dans la honte et la confusion.
Lâche... Déclare Bergelmir. Plaît-il ? Demande le cyclope en riant, comme si Bergelmir était ridicule. Tu n'es qu'un lâche ! Lance le borgne au cyclope, la colère au ventre. Une colère qui ne lui ressemble pas du tout.
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PARTIE 4 : Choc des titans
Prince semblait on ne peut plus hilare, pourtant, Bergelmir l'avait insulté. Et pas devant n'importe qui, devant ce qui, selon toute vraisemblance, semblait être son peuple. N'importe quel autre chef ou géant n'aurait pas laissé passer un tel affront, mais n'importe quel autre géant que Bergelmir aurait déjà perdu les pédales et laisser sa violence se déchaîner sur son ennemi. Seulement, ce face-à-face semble opposé le seul géant qui a la retenue de ne pas attaquer, au seul géant qui a la retenue de ne pas se défendre. Tu es trop mignon toi... Mais tu es assez inintéressant. Déclare Prince avec un sourire narquois dans le coin de sa bouche, posant son doigt sur sa joue dans une pose provocatrice. Je reconnais Élisabeth, ainsi que Bellamy, mais où est donc passé le plus important ? Demande t-il en haussant les épaules, ignorant ostensiblement la rage de Bergelmir. Celui-ci essayait de calmer sa rage comme il le pouvait, même si sa nature de géant le pousse à la libérer, et qu'il est resté trop longtemps sans se défouler.
Redose est mort. Bluffe Élisabeth, un sonorus à la voix, mais le cyclope ne semble pas se prendre au jeu, ni même la prendre au sérieux. Le géant jongle avec son glaive comme s'il tenait une balle en mousse dans la main. Le maître va être déçu... Mais peu importe, vous êtes bien assez pour lui faire plaisir ! Déclare le cyclope avec un sourire ravi.
La situation était difficile à comprendre, l'équipage était entouré de cyclopes, eux-mêmes semblaient vaciller entre la confusion et la colère, mais en l'état des choses, le groupe garde l'avantage. Bon, alors, les géants vont venir avec moi et les autres vous aller gentiment rejoindre nos cellules, la récolte ne devrait pas tarder. Déclare Prince comme si ce qu'il venait de dire n'était rien. Tu n'as pas d'ordre à nous donner. Réplique Élisabeth, même si ça serait un combat douloureux et difficile, elle ne se laisserait pas faire. Elle irait voir Rouge, oui, mais selon ses conditions et ses règles, et pas celles d'un de ses sbires. Le cyclope claqua des doigts comme s'il venait de se souvenir de quelque chose d'important ! Mais oui c'est vrai, je ne suis pas votre chef ! Lance t-il, même si c'était d'une évidence palpable. Toi, jure moi allégeance. Lance t-il en pointant du doigt Bergelmir. Une tribu ne peut avoir deux Gurgs. Déclare t-il, cette fois en pointant le sol du doigt.
Le culot et l'irrespect de cet individu irritait tout l'équipage, en plus d'instaurer la peur. Tout dépendait de Bergelmir, il avait le choix entre se soumettre ou non, et pour n'importe quel autre géant, le choix aurait été évident, mais tout le monde sait que Bergelmir préférerait éviter un combat si c'est possible.
Pourtant, alors que tout le monde pensait qu'il hésiterait, l'ancien chef d'Azkaban ne mit pas une seconde à répondre. Non. Dit-il simplement, d'un ton calme et apaisé. Le cyclope semblait, il fit un demi-tour sur lui-même, la main posé au menton comme pour réfléchir. Merde. Dans ce cas... Et avant que Bergelmir ne puisse proposer au cyclope de s'agenouiller devant lui comme la loi des géants le permet, le cyclope se retourna brutalement et lança son glaive à une vitesse foudroyante dans la tête du géant. La loi des géants est assez clair, il est possible pour un Gurg de s'emparer d'une colonie en soumettant le Gurg de ladite colonie, ou en le tuant. Normalement, le meurtre devrait être le moyen le plus répandu, mais après être passé autant de fois près de l'extinction, il est coutume de proposer la soumission avant de s'entretuer. Prince n'avait pas attendu la proposition de Bergelmir pour attaquer, son glaive atteint un géant à la tête, mais celui-ci n'était pas Bergelmir. Bergelmir avait tout juste eu le temps de voir la victime s'écrouler, raide morte. Oopsie doopsie, Je te visais, pas lui ! Lance Prince avec un large sourire.
La rage de Bergelmir mit un moment pour remonter, une sensation atroce lui emplissait les entrailles, ce lâche s'amusait à faire des rimes, il avait tué l'un de ses propres alliés, et l'un des amis de Bergelmir. Plus que ça, c'était un membre de sa famille. Et alors que Prince semblait demandé quelque chose à ses cyclopes, probablement, une autre arme, Bergelmir se volatilisait.
Le géant se ruait sur le cyclope à pas lourds. SIEGFRIEEED Hurle t-il de toute sa voix, c'était le nom du géant qu'il venait de perdre. Bergelmir était le plus fort et le plus grand d'Azkaban, mais il a été affamé presque toute sa vie, et n'est pas un géant comme les autres, c'est un géant patient et calme, qui se met rarement en colère. Il n'est pas animé par ce sentiment, et n'a pas l'habitude de le ressentir. Aujourd'hui, il voit rouge, et un cyclope est sur son chemin, son nom est Prince.
Le cyclope, un sourire infernal au visage, se rua vers le sol et plongea pour faire chuter Bergelmir, celui-ci n'avait pas réussi à freiner, et se retrouva au sol en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Son ventre exposé à un Prince complètement serein, amusé par la situation, qui prend Bergelmir de haut, de très haut. Alors que Bellamy s'approchait, Begelmir tendit la main ouverte vers lui. Mon combat. Déclare t-il avant de se relever immédiatement et de foncer vers Prince les deux mains en avant, mais celui-ci l'esquivait les deux mains dans le dos. Dansant autour de Bergelmir comme si tout ça n'était qu'un jeu pour lui, un léger sourire en coin comme pour alégrement se moquer de Bergelmir et l'humilier. Prince lui donna un coup de pied au derrière et le fit tombé. Minable. Lance simplement Prince, son pied posé sur le derrière de Bergelmir. Le géant peinait à se relever, mais il réussit finalement, et la honte ne le mettait que plus en colère. Seulement, qu'importe qu'il lance son pied, son poing, sa tête, ou une pierre, rien n'atteignait Prince qui évitait tout avec une simplicité agaçante, comme un moustique suivant le vent.
Pendant cette humiliation publique, les cyclopes s'éloignaient légèrement de la scène, leur visage arborait une expression de peur et d'admiration. Les membres de l'équipage pour leur part, ne ressentait que de la peur, et certains commençaient déjà à retourner au navire, se disperser, se cacher.
Bergelmir subissait des coups légers qui n'avaient pour but que de l'humilier d'avantage. Prince dansait autour de lui comme s'il y'avait une musique, il riait aux éclats, pour un géant, rien n'est plus terrible que ça. La plupart des géants d'ailleurs auraient sûrement abandonner, ou seraient morts de honte, mais Bergelmir trouvait la force de se relevait. Inutile. Déclare Prince en le repoussant à terre. Peu importe combien de fois le géant se relevait, le cyclope le remettait à terre avec une facilité déconcertante.
Prince cria sur un cyclope, et celui-ci lui envoya un glaive. Il serait peut-être temps d'en finir, tu crois pas ? Déclare Prince, le glaive porté sur le cou du géant.
Malgré ces mots pleins de menace, et les cris hurlés par ceux qui tiennent à Bergelmir, le géant ne semblait rien entendre, une voix plus forte encore hurlait dans son cœur, mais il ne l'entendait guère.
Le géant se releva et fonça tête baissé sur Prince comme si cette fois ça allait marcher, mais rien n'y fait, le cyclope esquive et fait tomber une colonne de pierre sur le géant qui tente de l'arrêter à mains nus pour ne pas qu'elle l'écrase. À lui seul, il arrivait à supporter la masse de cette lourde colonne qui s'effritait, et menaçait de se briser à tout instant. Prince pour sa part prenait tout son temps pour contourner le géant et se placer devant lui, le menaçant de son glaive. Jouant à en faire parcourir la pointe sur la peau du géant à bout. Le cyclope passa son immense langue sur ses lèvres. Sais-tu que les borgnes sont censés être aveugles au pays des cyclopes ? Demande t-il à Bergelmir, celui-ci n'entendait pas grand chose, mais entendre ses mots ou non n'auraient pas changés le résultat. Laisse-moi rectifier ça. Lance Prince dans un fou rire, avant de faire glisser le tranchant de son glaive sur le seul œil de Bergelmir. Celui-ci hurla dans un cri de douleur et de peur, et en guise de réflexe porta ses mains à son œil tranché, laissant la colonne lui tomber dessus et l'écraser contre la terre nue, tandis que Prince se trouvait littéralement plié de rire, et que les spectateurs, cyclopes compris, détournaient le regard, avait les larmes aux yeux, étaient choqués en définitive de la brutalité de cette scène d'horreur.
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• Mutilations : [...] Amputation partielle ou totale d'un membre ou d'un organe.
• Sang : Présence de sang.
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PARTIE 5 : Bergelmir
Très jeune déjà, Bergelmir se démarquait beaucoup. Le géant était plus intelligent que les siens, mais moins que les autres, le plongeant dans une profonde solitude... Et en même temps, aucun géant n'avait jamais été aussi entouré, leur goût pour la violence et la distance qui les épare des autres espèces isolent les géants, mais à Azkaban c'est une autre histoire, un autre monde. La violence n'a pas disparue, mais elle est assumée, les géants sont craints, mais il n'est pas possible de les chasser, de leur crier dessus en les menaçant de fourches et de torches, en définitive, on peut dire que c'était un endroit accueillant pour les géants. Parfois, il entendait des murmures que lui seul pouvait entendre, le rendant étrange aux yeux de tous.
L'enfant grandissait et devenait de plus en plus fort, de plus en plus grand, il devenait difficile pour lui d'entrer dans sa cellule sans se luxer les os, et maigrir. Ce moment est le plus décisif pour un géant à Azkaban, certains meurent car ils n'arrivent pas à entrer dans leur cellule, mais Bergelmir lui, y est arrivé, et il a continué à grandir jusqu'à un jour dévorer son père car celui-ci devenait trop vieux, et trop faible. Azkaban leur avait prit beaucoup de choses, des membres de leur famille, leur liberté, leur dignité, mais en aucun cas leur honneur. Les géants tiraient toujours de l'estime de ce qu'ils étaient, même si leur simple appartenance à cette espèce les rendaient des victimes de harcèlement, de marginalisation, et que c'est cette même appartenance à cette espèce qui les fait tant souffrir entre les quatre murs d'Azkaban. Malgré sa différence avec tout les autres êtres d'Azkaban, Bergelmir trouvait malgré tout une personne à qui parler, une personne qui lui murmurait des choses, et l'enfant écoutait, et répondait, même si ses mots n'atteignait jamais la source de tout ces secrets.
Bergelmir finit par arrêter de grandir, heureusement pour lui, car il avait atteint sa limite.
Aucun stratagème ne lui aurait plus permis de rentrer dans sa cellule sans se blesser ou du moins se blesser mortellement s'il avait continué à grandir. Le géant avait atteint plus de huit mètres de haut, et malgré la distance qui le sépare de sa propre nature, il assumait le rôle de Gurg au sein d'Azkaban. Le géant n'aime pas que la violence soit la première solution, et il ouvrait à la paix au sein de la prison bien avant que Debora ne le demande. Éduquant la population et condamnant certains comportements, créant de nouvelles lois à Azkaban.
Pour l'ensemble de la prison, qu'il ait été considéré comme un ami ou un ennemi, Bergelmir est un aîné, et en tant qu'aîné, voir sa famille souffrir est une épreuve douloureuse qu'il a toujours affronté avec courage. Tout le monde meurt, c'est ainsi.
Le géant n'aurait jamais cru mourir si loin de chez lui, Azkaban. Il aurait préféré mourir d'une autre main, de celle de quelqu'un de plus honorable, plus respectable, d'un ami même... Prince se saisit de la barbe de Bergelmir d'une main, et le tira vers lui en prenant appuie sur la colonne. Le glaive dans l'autre main, il rasa le géant en écorchant son menton au passage.
Le cyclope faisait le spectacle comme s'il était sur scène, il présentait la barbe de Bergelmir à son public, mais personne ne l'acclamait, pas même son propre peuple. Pourtant, lui, est on ne peut plus heureux. Dans tout les cœurs présents à ce répugnant spectacle, un seul désir, que ce monstre achève Bergelmir. Il s'est soulevé contre un ennemi à sa taille et il en paie maintenant le prix fort, c'est un message. Élisabeth et son équipage ne se soumettrait pas, mais clairement, ce nouvel ennemi a les moyens de les soumettre. Il semblait assez évident qu'il fallait retourner au navire, mais les géants étaient un atout précieux, et aucun n'était décidé à bouger et à abandonner Bergelmir. Il est plus qu'un chef, c'est leur frère et leur ami, Bellamy également ne bouge pas, et des gobelins qui pourtant ne sont loyaux à personne ne bougent pas, des elfes, des vampires, au moins la moitié de l'équipage n'avait aucune intention de fuir jusqu'aux bateaux. Et ce n'est pas parce que Bergelmir est le seul à pouvoir influencer les flux marins, non, si c'était si facile ils n'auraient qu'à se soumettre. C'est parce que Bergelmir est tel un héro, qui s'est emporté pour la mort d'un ami, et celle d'un ennemi. Il sera mort en martyr, et les membres de l'équipage n'ont pas le courage de détourner le regard, et encore moins la lâcheté de se soumettre à ceux-là même qui ont humiliés Bergelmir. "Mon combat" avait-il dit plus tôt à Bellamy, que faut-il faire, honorer ce géant en se résistant, ou honorer son honneur en se soumettant ? Personne ne saurait se décider, pas même Élisabeth. Elle serre les poings et les dents, elle ne peut rien faire quand Prince lui frappe simultanément les deux oreilles et que le géant s'écroule à nouveau, ou quand il le ridiculise en le traînant par la nuque pour qu'il essuie la terre avec son visage, alors même qu'il ne semble plus avoir la force de se relever.
Seulement, parmi toutes les personnes présents à ce spectacle, il demeure un cœur qui ne désire pas que le cyclope l'achève. Un seul et unique cœur qui préfère que la torture continue, plutôt que l'acte de pitié soit finalement accompli. Un cœur désirant plus que toute chose comprendre enfin ce qu'Ymir lui dit et qu'il n'entend pas. Bergelmir entendait Ymir à Azkaban, même s'il ne pouvait pas être contact avec lui puisque l'extérieur lui était inaccessible. Plus le temps passait à pouvoir être en contact avec ce qu'il reste de son ancêtre, mieux Bergelmir pouvait l'entendre et l'influencer. Mais il y'avait toujours cette barrière du langage, rendant floue les volontés d'Ymir au cœur de Bergelmir.
Et c'est maintenant qu'il n'entend plus rien, qu'il ne voit plus rien, et qu'il est tellement affaibli que son corps ne réagit plus vraiment, qu'il entend finalement le cœur d'Ymir. Il l'entend sans travers ni détour, comme s'il l'entendait vraiment pour la première fois. Comme s'il n'avait jamais vu que des nuances de gris, et qu'il avait soudainement accès à un blanc éclatant détenant toutes les couleurs. Bergelmir évoluait aux portes de la mort, et voilà qu'Ymir lui révélait une force insoupçonnée alors que son visage était traîné au sol, sur la terre, la peau même d'Ymir.
Prince pensait à commencer à planter son glaive dans chacun des membres de Bergelmir, mais alors qu'il abattait son glaive en direction de la main de ce dernier, il la retira au dernier moment. Montrant une lueur d'espoir, ou le signe d'une volonté de vivre hors du commun.
Alors même qu'il ne le pouvait pas il y'a quelques instants, Bergelmir se releva. Il avait du mal à rester debout, et il était évident qu'il ne voyait ni n'entendait rien, mais il se tenait debout, comme un héro, et le simple fait de se relever allumait une lueur d'espoir dans les cœurs qui le soutiennent. RAAAAAAAAAH Hurle t-il en dépliant les bras, devant un Prince pas du tout impressionné qui tourne autour de sa victime comme le vautour tourne autour d'un cadavre. Le cyclope planta son glaive dans le sol et fonça sur Bergelmir à vive allure pour l'utiliser comme punching ball.
Bergelmir était peut-être momentanément sourd, et définitivement aveugle, mais il sentait les vibrations des lourds pas du cyclope. Cependant, ce n'est pas son sens du toucher qui venait de lui permettre d'esquiver Prince, non, c'était un nouveau sens. Celui qui permet à son âme et aux restes de celles d'Ymir de résonner, et de permettre à Bergelmir d'accomplir un miracle .
Le géant arrivait à ressentir le corps de quelqu'un d'autre, celui d'Ymir. Le cyclope avait beau essayer de le toucher avec force, vitesse, et vigueur, le géant esquivait comme s'il voyait les coups venir. Ce n'est pas sans peine, s'il ressentait toujours la douleur en cet instant, il n'arriverait probablement pas à bouger un muscle.
Prince continuait à rire comme si ça ne l'affectait pas, seulement, ça ne pouvait pas ne pas l'affecter. Le cyclope commençait à prendre Bergelmir pour une menace sérieuse, uniquement car il ne comprenait pas comment quelqu'un d'aussi blessé pouvait réussir à se mouvoir ainsi.
Il voulait en finir avant que son adversaire ne révèle des cartes qui le mettrait en difficulté devant les gens qu'il cherche à asservir. Le cyclope glissa vers son glaive et le récupéra dans une acrobatie impressionnante. Prince, dans un sourire glacial, prit une position d'estoc, et fonça à pleine vitesse vers un Bergelmir semblant pouvoir tomber d'un instant à l'autre. De tout le combat, Prince n'avait jamais fait preuve d'une telle vitesse, montrant bien à quel point il ne considérait pas Bergelmir comme un adversaire sérieux.
Finalement, le cyclope atteint sa cible et enfonça son glaive en plein dans sa gorge. Sa propre gorge. Un rocher avait surgit du sol dans le dos de Bergelmir quand Prince était déjà à quelques mètres de sa cible. Son glaive se retourna contre le cyclope. Celui-ci porta ses mains à sa gorge, mais c'était inutile, personne ne le sauverait, et il en avait conscience. Les seuls capables de soigner une telle blessure sont les sorciers ou les elfes, et Prince s'était assuré de se mettre à dos tout les sorciers et tout les elfes de cette île. Pendant quelques minutes de silence glaçant, ou tout le monde retenait son souffle, Prince offrait un dernier spectacle. Le fou tentait de rire, d'exploser de rire. Il avait retiré son glaive de sa gorge et l'avait jeté au sol. Il riait et riait encore dans une marre de sang, jusqu'à finalement s'éteindre. Bergelmir, lui, demeurait debout, immobile, depuis quelques temps. Ses légers mouvements de poitrine montrait qu'il était en vie, et probablement seulement évanoui.
Cette scène d'un géant debout et d'un géant mort au sol resterait dans l'esprit de tout ceux qui étaient restés, cette scène, c'était celle d'un héro. Le héro Bergelmir. Le géant ayant vaincu le chef des cyclopes dans un combat à mort, où il avait perdu son seul œil valide, et où il avait gagné le respect des siens, et de ceux qui, il y'a quelques minutes encore, étaient aux ordres de Prince.
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PARTIE 6 : L'affreuse de la tour
Il aura fallu plusieurs heures pour que les sorciers réussissent à soigner, au moins en partie, Bergelmir. Ils n'avaient cependant pas réussi à récupérer son œil, trop endommagé, complexe, et fragile pour être réparé ou remplacer. Durant ce temps, les géants faisaient connaissance avec leurs cousins à un œil, peu d'entre eux parlaient l'anglais ou la langue des géants "commune", mais les relations semblaient se tisser d'elles-mêmes.
Même s'il lui faudrait du repos naturel, Bergelmir était sur pieds et revigoré, son ouïe semblait s'être restauré. Bergelmir ? L'interpelle Élisabeth à côté de lui, elle était resté pour le soigner bien que ses préoccupations principales concernaient les cyclopes et Redose qui ne s'était toujours pas manifesté. Je suis là... Répond doucement le géant, assit, sans aucune vision de quoique ce soit. C'était certain maintenant pour lui, il venait de perdre son seul œil valide, et le voilà aveugle. Je suis désolé pour ta vue... Déclare Élisabeth, sa main sur la cuisse du colosse. Et je suis désolé pour... Ton autre œil que je t'ai pris il y'a longtemps. Déclare Bellamy, porté de l'autre côté du géant. Celui-ci n'avait aucun souvenir de lui avoir pris un œil, il avait même du mal à savoir comment ça avait été rendu possible. L'homme s'excusait pour les actions d'un autre, Edouard, en espérant que ça soulagerait Bergelmir, au moins un peu, de l'entendre. Qu'importe, si tout ça nous a rapproché de la liberté. Déclare le géant avec difficulté.
Un cyclope s'approchait de Bergelmir. Bonjour, Gurg, j'être Alearas, du conseil des vieux. Se présente le cyclope, son anglais n'est pas très bon, mais il se fait comprendre. Les géants avaient déjà pu converser avec trois ou quatre cyclopes parlant mieux anglais, mais ceux-ci ne devaient pas avoir un rang aussi élevé qu'Alearas dans la stricte hiérarchie des géants de cette île. Bienvenue. Dit-il, tendant sa main au géant assit au sol. Celui-ci ne la voyait pas, alors le cyclope se saisit de lui-même d'une mains de Bergelmir, et s'en servi pour le hisser et l'aider à se mettre debout. Très beau combat, Gurg Aragus serait impressionné. Déclare le cyclope, mais Bergelmir ne l'écoutait que d'une oreille. Ymir était là, plus là que jamais, et pourtant moins là que lorsqu'il avait perdu tout ses sens. Le géant parvenait à percevoir certains mouvements autour de lui grâce au sens du toucher de la terre sur laquelle il se tenait, et de l'air qu'ils respiraient. Le géant n'arrivait pas à dessiner des silhouettes claires, mais il arrivait étonnamment à se situer dans l'espace, alors même qu'il vient juste de perdre la vue.
Bellamy s'éleva dans les airs pour se poser sur l'épaule de son ami. Aragus ? Demande t-il au cyclope, curieux. Il avait longtemps écouté les récits de son ami sur sa culture, son histoire, et ses ancêtres. Ces géants ne sont pas ceux des chroniques nordiques, ils sont des géants issus de la Grèce antique, alors l'homme est naturellement curieux d'écouter leur histoire. Aragus notre Gurg avant Prince. Déclare le cyclope, une expression mélancolique sur le visage. N'ayant pas de sourcil et un seul œil, leurs expressions faciales paraissaient d'abord limitées, jusqu'à ce que sa bouche ne forme un "u" renversé.
Bellamy comprenait qu'ils exagéraient leurs expressions faciales pour être compris. Aragus tué par Prince, et devenu nouveau Gurg à nous. Déclara le cyclope, Bergelmir de son côté était surtout attentif aux fluctuations de l'air avec lesquels il joue, essayant de comprendre ce qui lui arrivait.
Prince fort, trop fort. Déclare le cyclope, les poings serrés, mais il ne semblait pas être prêt à tout ravager, peut-être que Bergelmir n'était pas le seul géant qui savait se retenir. Prince nous demander de porter tenues de combat, capturer tout le monde. Bellamy comprenait mieux ce qu'il s'était passé, il lança un regard succin à Élisabeth qui lisait avec aisance les pensées du cyclope et du vieil homme, mais avec une grande difficulté celles de Bergelmir, quelque chose semblait la bloquer, comme pour Redose, mais ce n'était pas Veritas cette fois... La jeune femme essayait de mettre les choses en perspective pour comprendre ce dont il en retournait, mais rien n'y faisait vraiment. Elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il se passait dans la tête de Bergelmir.
Bellamy pointa la tour du doigt, cette tour qui l'intriguait depuis qu'il l'avait vu. Le cyclope regarda d'abord le doigt, puis la tour, avant même que Bellamy ne puisse poser sa question. C'est là que vous les enfermer ? Demande l'homme, permettant à Bergelmir de se reprendre. Après avoir été enfermé si longtemps, il ne supportait plus que quiconque soit enfermé, pas même Redose, il s'était fermement opposé à son "emprisonnement", même s'il n'avait rien pu y faire... Non, ça la tour de princesse, prisonniers là. Déclare le cyclope en désignant la montagne du doigt.
Bergelmir fut interdit l'espace d'un instant. Une princesse ? Demande t-il, et Élisabeth qui venait de sonder cet esprit simple, décida de laisser ce "problème" aux mains de Bellamy. La jeune femme rassembla rapidement les humains éparpillés pour se rendre à la montagne et libérer les prisonniers, il restait de la place sur les navires, et qui sait combien de personnes ils auraient besoin contre Rouge. Même s'ils n'avaient plus de place, les anciens détenus d'Azkaban n'aurait jamais toléré de laisser des gens enfermés.
Bergelmir s'approcha du cyclope. La princesse ? Demande le géant.
Le cyclope Alearas hocha la tête pour confirmer ses propos. Bergelmir mima une longue chevelure et une robe, et Alearas hocha la tête pour confirmer sans pour autant avoir bien compris, mais il ne contredirait pas son Gurg alors que ça fait cinq minutes qu'ils se sont rencontrés. Fille de Gurg Aragus, enfermée le jour depuis naissance, enfermée aussi la nuit depuis Prince. Déclare Aléaras avec un regard indifférent, pendant que Bergelmir chauffait et serrait les poings. Bellamy posa la mains sur l'oreille de son ami comme pour le calmer, il avait besoin d'en savoir plus. Donc... Aragus a eu une fille... Aléaras hoche la tête. Qu'il a enfermé dès sa naissance... Aléaras hoche la tête deux fois. Elle était autorisée à sortir la nuit... Il continue de hocher la tête rapidement. Mais elle n'est pas sortie de là depuis Prince ? Le cyclope continue de hocher la tête comme si tout ça était normal, alors même qu'ils avaient enfermés une personne à priori innocente.
Bellamy ne demanda même pas pourquoi elle avait été enfermé, rien ne justifiait d'enfermer un enfant, encore moins un bébé, peut-être que c'était quelque chose de culturel, ou peut-être religieux. Pourquoi ? Demanda Bergelmir les poings serrés.
Le cyclope prit une mine sombre. Princesse déchirer sa mère à la naissance. Alors ce serait une sorte de vengeance si son père l'a enfermé... Bébé avec sept têtes, queue et écailles, quatre bras, parfois huit, parfois pas. La colère de Bergelmir fut emporté par la confusion. Il ne comprenait pas ce que ce cyclope racontait, et mettait cette confusion sur la barrière de la langue, même s'il hésitait à la mettre sur la folie. Bellamy pour sa part pensait à des rumeurs infondées pour justifier d'emprisonner quelqu'un considéré comme un monstre pour un crime qu'il n'a pas commis.
Le géant Bergelmir bouscula le cyclope Aléaras pour se rendre à la tour guidé par son ami, le cyclope décida de ne pas le suivre.
Après cinq minutes à marcher, les voilà, Bellamy et Bergelmir devant l'immense tour. Bergelmir serrait son poing et se préparait à le lancer dans la grande porte alors même qu'il ne la voyait pas et qu'il était faible, mais Bellamy posa sa main sur son oreille. Attends. Demande t-il, et Bergelmir laissa tomber son poing, curieux. T'es blessé, laisse-moi faire plutôt. L'homme pointa sa baguette sur la porte, et en une gestuelle en fit sauter les gonds. Bergelmir fit quelques pas en arrière sentant les portes sur le point de tomber, et elle tombèrent.
Dans l'obscurité, le reflet de plusieurs yeux apparaissaient. FYGETSSSSE. Lance la créature depuis l'obscurité. AGRIMI... Déclare t-elle sans que ni le géant, ni son ami, ne comprenne quoique ce soit. Bonjour ? Essaie Bellamy, lançant un mot dans la tour en espérant qu'il trouve écho. ANGLAIS ? Demande la créature, toujours en hurlant, forçant Bellamy à se boucher les oreilles. Ouaip, et humain. Déclare t-il.
La créature garda le silence un instant. Partez, je n'ai pas le droit.
Déclare la créature avec un timbre de voix plus faible, et dans un anglais convenable. Je suis Bellamy, et le géant sur lequel je suis, c'est Bergelmir. Déclare le lycanthrope, essayant de communiquer avec la créature, même si elle ne semble pas prête du tout. Et toi tu es... Essaie t-il de soutirer. Un monstre. Dit-elle d'un ton sec et tranchant.
Bellamy était assez abattu que tout ça ne semblait aboutir à rien. Ce n'est pas un prénom ça. Déclare Bellamy avec un léger sourire amusé. Je ne dois pas sortir. Lance la créature en espérant que le géant et son ami ne se lassent d'essayer de la faire parler, ou de la faire sortir. J'ai tué Prince. Je suis ton Gurg. Tu peux sortir. Déclare Bergelmir, essayant d'user de son autorité, mais rien n'y faisait, la princesse continuait à prétendre qu'elle devait rester, qu'elle ne pouvait pas partir, qu'elle ne le devait pas, qu'elle était un monstre, et Bergelmir finit par perdre patience et mettre un pied dans la tour, Bellamy s'extirpa de là en planant quelques mètres plus loin pour le couvrir en cas de besoin et parce qu'il ne voulait pas se retrouver entre deux géants visiblement tendus. Sors. Ordonne Bergelmir. Non. Réplique aussi sec la princesse dans la tour. Sors ! Ordonne t-il d'un ton plus ferme, mais rien n'y fait. Non. Répond t-elle.
Pourquoi ? Se résout à demander le géant. Après quelques secondes de silence, la princesse répondit finalement. Je suis un monstre, je mérite d'être là. Cette réponse ne satisfaisait en rien le géant, ni le lycanthrope qui se trouvait un peu plus loin. La voix du "monstre" s'était brisé dans ses propres mots.
Au lieu de la forcer à sortir, le géant décida de s'accroupir pour continuer à parler. Je comprends... Tu sais, je comprends vraiment. Déclare le géant, qui semblait sur le point de se lancer dans un monologue, encore. Je suis né et j'ai grandis dans une prison... Commence t-il. Je pensais que c'était ma place, ma maison, que je l'aime ou pas... Déclare le géant, avec un air abattu. Puis je suis sorti, il y'a quelques semaines. Au moins un mois plutôt. Et... Haha... C'était la meilleure décision de toute ma vie. Déclare le géant avec un large sourire. J'ai pu goûter à la mer, à la terre, j'ai fait des rencontres fantastiques, et même si j'ai passé mon temps sur un navire, j'ai enfin pu goûter à la liberté. Déclare le géant avant de laisser sa main dans tendue dans le vide. C'était dur de l'accepter alors que toute ma vie je n'avais connu que la soumission, mais quand j'ai vu la mer... Le géant semble parler d'un rêve, il inspire et incline légèrement la tête vers le haut. Et le ciel... Suspend t-il dans l'air. Déchaînés, insoumis, chaotiques... J-... Je sais pas c'était tellement... Intense et chaleureux, comme si une nouvelle vie s'offrait à moi. Déclare le géant avec un large sourire sur le visage.
Il sentit une autre main s'infiltrer dans la sienne, une main froide et écailleuse, hésitante. Je ne... Sais pas... Déclare la créature dans la tour. Je sais moi. Réplique immédiatement le géant, celui-ci se redressa et guida lentement la princesse en dehors de sa tour. Et si... Si je me trompais... Demande t-elle. Craignant d'être rejetée par le monde qu'elle cherchait à atteindre. Je suis là. Se contente de dire le géant, sortant finalement de la tour la princesse des cyclopes. Bellamy, était assez touché par l'histoire, et comprenait pourquoi elle était rejetée. Elle avait vraiment une apparence de monstre, seulement, en aucun cas ça ne justifiait de la priver de sa liberté. La géante avait des cornes à l'arrière du crâne, au niveau des coudes et des épaules, des mains écailleuses et surtout, six têtes à la base du cou. Bellamy ne pouvait pas toute les voir, mais il discernait la tête d'un sanglier, d'un poulpe et d'une chouette.
De l'autre côté, elle arborait la tête d'un serpent, d'une araignée, et d'un ours. Elle avait quatre bras dont deux soutenaient sa poitrine, et n'était vêtue que d'une longue jupe. Son œil unique versait de lourdes larmes alors que son visage prenait une couleur rose. Bergelmir de son côté arborait un simple large sourire. Personne n'avait jamais sourit devant la géante, et personne ne l'avait jamais touché depuis qu'elle est un bébé. La géante faisait au moins une tête et demi de plus que Bergelmir ce qui était un record de taille parmi les géants que Bellamy avait pu voir.
Bergelmir avait encore du mal à ressentir les formes et se contenta donc d'un simple. Tu es libre. Provoquant les pleurs incessants de la géante.
De son côté, Élisabeth avait déjà libéré six cavernes de ses prisonniers, jusqu'à finalement arrivé à la septième où elle découvrait quelque chose qu'elle n'aurait jamais cru découvrir ici, allongé dans la caverne se trouvait une femme ressemblant comme deux gouttes d'eau à sa fille. Élisabeth avança d'un pas hésitant, et retourna la visage de la femme vers elle alors que les autres prisonniers sortaient par la porte, sauf celui baignant dans ses excréments. Eden ? Demanda la mère alors que les larmes coulaient d'elles-mêmes sur ses joues. Ma.. Man ? Répliqua Eden, la voix particulièrement faible, comme si elle rendait presque son dernier souffle. Ses yeux à moitiés fermés montraient à quel point l'enfant était faible. Eden. Prononça simplement la mère avant de prendre sa fille dans ses bras doucement, les larmes coulant sur ses joues, et son expression interdite devant cette retrouvaille inattendue, et inespérée.
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Le heaume rouge
PARTIE 7 : Le passager clandestin et Redose Omniak
Alors que les navires s'approchaient de la terre, et que Redose se retrouvait seul dans sa cellule, la figure d'un individu semblait se dessiner dans les ombres de sa cage. Au plafond, il pouvait voir ces yeux qui le fixait, ces mêmes yeux qu'il avait senti et vu au Canada, et qu'il avait préféré gardé pour lui. Lentement, des ombres se dégageait cette silhouette qui finit par atteindre le sol.
Redose regardait la scène sans être trop dérangé, malgré tout, il subit un sortilège d'extinction de voix. Si l'individu avait voulu le tuer, il l'aurait fait, alors l'homme ne s'en inquiète pas vraiment.
Cette personne sortie des ombres comme une goutte s'infiltre entre deux planches, prit son élan et fonça sur Redose, le poussant sur les planches dans son dos, le pressant, l'enfonçant, jusqu'à ce que l'homme et l'individu soient comprimés et passent entre les planches pour lentement se retrouver de l'autre côté. L'expérience est particulièrement désagréable, en particulier quand c'est la première fois pour l'ancien détenu.
Les deux individus tombèrent dans une chaloupe volante alors que Wolfgang venait d'ouvrir la porte de la cabine, il ne découvrit personne. Redose reconnaissait cette chaloupe, ainsi que l'individu malgré ses vêtements en lambeaux. La chaloupe provenait d'un des bateaux, et sans doute l'individu l'enchante depuis qu'il partage l'itinéraire de la flotte. Ça faisait longtemps. Lance t-il à Redose avant de lui asséner un coup de poing en plein visage sur un sourire. Ordure. Dit-il simplement alors que la chaloupe se met en mouvement à grande vitesse.
La mer est agitée, et le ciel aussi, mais la chaloupe tient bon et perce à travers le vent sans grand problème. Au bout d'une dizaine de minutes, le sort d'extinction de voix s'achvait, et l'île avait déjà disparu dans la tempête. J'imagine que tu as passé ton temps à l'enchanter... Demande Redose sans vraiment le demander, cette chaloupe n'était pas enchantée à la base, en tout cas pas ainsi. Jamais elle ne pourrait percer ainsi cette tempête et encore moins à cette vitesse si elle n'avait pas subit des enchantements de qualité. T'es déterminé, Gueulefort. Déclare t-il en plongeant son regard vide d'émotions dans celui plein de mépris du demi-gobelin. Gueulefort était un sorcier de renom, avant que son nom ne soit traîné dans la boue après avoir illégalement pénétré dans la grotte de Veritas. L'hybride maîtrise un panel diversifié de la magie, et une magie uniquement accessible aux hybrides de son genre. Une magie à la fois sorcière et gobeline, amenant ses enchantements au niveau supérieur.
Gueulefort gardait le silence, la dernière fois que les deux hommes s'étaient vus, c'était il y'a de nombreuses années. À cette époque, ils travaillaient ensemble pour mettre la main sur Veritas et mettre un terme aux activités de son culte. Puis Redose a été torturé et l'a oublié, Gueulefort pour sa part a progressivement tout perdu et Redose n'a jamais quitté son esprit. L'homme responsable de tout, l'homme responsable de l'enquête, celui qui les avait amenés à Veritas, et celui-là même qui a dévoilé un tout nouveau visage une fois dans la grotte, son véritable visage. Alors que Redose reprenait le contrôle de sa vie, Gueulefort perdait le contrôle de la sienne, sa famille s'est déchiré, il s'est retrouvé seul, sa réputation a été entachée à de multiples reprises et les spécistes s'en sont donnés à cœur joie pour faire de Gueulefort ce qu'ils ont toujours vu en lui, un monstre. Le demi-humain avait tellement attiré l'attention sur lui qu'il ne trouvait plus du travail que dans des interviews et des emplois de misère, tout ça pour finir à la rue quand Redose était à Azkaban. Aujourd'hui, lui porte une cape en lambeaux et des vêtements sales et bas de gamme, quand Redose se pavane avec un long manteau bien propre et entouré d'une armée. Malgré ça, il avait décidé d'être une ordure, et avait réussi à se faire enfermé, donnant bien la dernière preuve qu'il fallait à Gueulefort pour se déterminer à ne pas le prendre en pitié.
Face au silence de Gueulefort, Redose se dit que le trajet serait long, et que si son nouveau géôlier ne voulait pas lui répondre, alors il ferait un monologue jusqu'à ce qu'on le force à se taire. T'aurais pu me tuer sur le bateau. Déclare l'homme en espérant que ça délierait un minimum la langue de Gueulefort, mais celui-ci gardait le silence, encore et toujours, poussant à Redose à aller jusqu'au bout des choses. Mais tu m'as enlevé, je ne vois que deux à trois raisons. Poursuit l'homme, Gueulefort hausse les épaules avec un sourire moqueur, ce n'est pas tant qu'il avait une raison de rire, ou qu'il n'était pas en colère contre Redose. Seulement, il a enfin pu mettre la main sur ce qu'il convoitait, et voilà que Redose parlait tout seul, les mains liés, en face de lui, au devant d'une mort certaine. Vu la direction qu'on prend, on se dirige vers la Libye, donc vers Rouge. Déclare l'homme, en essayant de déceler une réponse dans l'attitude de l'hybride. Peut-être que c'est juste pour me torturer, mais n'importe où ailleurs aurait fait le taff, et la Libye c'est plus loin que la Grèce, l'Italie, ou la Turquie. Au vu de la réaction de Gueulefort, Redose considère que ce n'est pas ça, il garde son petit sourire au coin des lèvres, poussant Redose à considérer les deux autres théories.
L'ancien détenu essayait d'en apprendre le plus possible, il n'était pas mort, donc il n'était pas libéré de son devoir. Il ne le serait que lorsqu'il en aurait fini avec Rouge, en s'il n'est littéralement plus capable d'assumer son devoir. Redose avait acquit cet étrange comportement de ne pas tenir compte du passé, et de se faire à l'idée du présent, suivant le cours des flots et des vents. Peut-être travailles-tu pour Rouge. Déclare Redose, mais ce n'est pas l'hypothèse en laquelle il croit le plus. Les seules personnes qu'il avait pu voir travailler pour Rouge étaient des personnes se présentant sous le nom de Prince Kasongo, et si Gueulefort en avait presque eu le sourire, il n'en avait ni le comportement, ni la manière de se présenter. Prince corrige toujours celui qui le confond avec un autre ou qui lui demande qui il est. Mais je pense que tu m'amènes à lui justement pour le rejoindre. Poursuit l'homme, obtenant un petit pivot de la tête de l'hybride. En me livrant à lui, tu pourrais te faire une place à ses côtés, tes compétences et talents pourraient lui être très utiles. Conclut l'homme, devant l'indifférence et le manque de réaction le plus total de Gueulefort qui se met à rigoler, se grattant le menton et regardant autour de lui.
Puis il retourna à Redose. T'es perspicace. Se contente t-il de lancer, mais il ne semble pas être sur le point de s'arrêter là. J'ai grandement participé à sa création, et avec toi, il me sera redevable. Déclare l'hybride, prouvant l'hypothèse de Redose exacte. L'homme réfléchissait déjà à un moyen de se débarrasser de lui. Vois-tu, ce monde m'a trahi et abandonné, et cela par TA faute. Accuse t-il Redose, et son sourire disparu soudainement, les masques tombent, et sa véritable humeur se dévoile. Et si Rouge te refuse ou te prend pour cible ? Demande Redose avant de laisser le temps à l'hybride de poursuivre, lui valant un nouveau sortilège d'extinction de voix de la part du demi-gobelin. S'il refuse, je te libérerais et on le tuera. Déclare Gueulefort comme s'il avait demandé son avis à Redose. C'est ton objectif après tout, et après l'avoir tué c'est toi que je tuerais, et si je la joue fine hehe... Il dit les yeux pleins d'espoir. J'aurais peut-être enfin la reconnaissance que je mérite. Déclare t-il, euphorique.
Redose demeure indifférent, ce n'est pas comme s'il pouvait répondre, mais s'il le pouvait, il encouragerait l'hybride à suivre cette voix. Ni Gueulefort ni personne n'en a aucune idée, mais même si Redose se cache sous "son devoir", il n'a aucunement l'intention d'éliminer Rouge, c'est même tout l'opposé qu'il a en tête...
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Le heaume rouge
CHAPITRE 14 : Soleil et sables
PARTIE 1 : Marmotte et blairelle
Cela faisait maintenant deux jours que la flotte avait quitté l'île des cyclopes, ne pouvant suivre leur Gurg, ils restaient sur leur île, mais ça ne devrait durer. Leur Gurg, Bergelmir, accompagné de la fille de l'ancien chef Aragus, la princesse Provato, comptait à l'origine retourner sur l'île avec les bateaux pour emmener les cyclopes au combat. Seulement, après en avoir longuement discuter avec la princesse, il découvrait que les cyclopes ne sont plus les guerriers qu'ils avaient pu être autrefois, leurs pouvoirs servent surtout à leur protection, et ils évoluent vers un mode de vie érudit depuis des centaines voire des milliers d'années. Ça et le fait que le trajet prendrait quatre jours de plus, bien que toute l'aide possible soit nécessaire, il n'en demeure pas moins que détruire l'oeuvre de toute une civilisation ne mène à rien, qu'importe la terre gagnée en retour, en particulier quand une terre pourrait attendre Bergelmir et les autres géants de l'autre côté de la mer.
La terre libyenne était toute proche, et il ne semblait pas qu'un comité d'accueil ne les attendent selon Hermann. Élisabeth pour sa part restait auprès de sa fille, allongée dans une cabine en attendant son rétablissement. Dès qu'elle en avait eu l'occasion, Élisabeth avait commencé à administrer des soins à Eden, seulement, même si aujourd'hui son corps est entièrement rétabli, son esprit ne semble pas tout à fait remis. La jeune femme s'était réveillé à plusieurs reprises, mais jamais très longtemps. Tiens maman, un sceau d'eau propre. Déclare Adonis après avoir posé le sceau aux pieds de sa mère, et s'être assit à côté d'Athéna qui tenait la main d'Eden. Merci mon garçon tu es un amour. Lui dit-elle avec un faible sourire fatigué. Tout l'équipage est à fleur de peau, et à bout. La fatigue est telle que certains pourraient même se résoudre à abandonner, s'ils n'étaient pas autant. Le groupe continue d'avancer, alors personne ne se plaint, seulement cette aventure a été tellement éprouvante. Des gens sont morts en mer, sans jamais avoir pu goûter à la liberté pour laquelle ils naviguaient, cette simple idée enchaîne les membres de l'équipage à leur objectif.
Pourtant, leur objectif, ils l'avaient déjà réalisés. L'île des cyclopes est assez grande pour eux tous, et il suffit que Bergelmir accepte de les accueillir maintenant que c'est leur Gurg. Sans oublier qu'il suffit à l'équipage de trouver une terre inhabitée pour s'installer, ceux pouvant pratiquer la magie sont nombreux dans l'équipage, ils pourraient faire en sortes de ne manquer ni de nourriture, ni d'eau, ni d'abri, et à côté d'Azkaban n'importe quoi n'importe où ferait l'affaire.
Élisabeth en a bien conscience, mais égoïstement elle cherche Rouge, car elle ne dormirait pas sur ses deux oreilles avant de l'avoir éliminé. Sa fille est dans cet état à cause de Rouge, ses enfants lui ont racontés les dangers qu'ils ont dû affronter à cause de Rouge : Le labyrinthe, les camions, la tempête, les cyclopes. Rouge est derrière tout ça. Il est également derrière l'emprisonnement de Redose et son état actuel, tout se passait bien pour lui dans son agence de détective avant que Rouge ne s'en mêle. Il est responsable de la mort de Siegfried le géant, il est responsable de la mort de Bellatrix la fille de Debora. Que ce soit par vengeance ou par précaution, Élisabeth n'a aucune intention d'oublier Rouge. Elle entraînerait le peuple d'Azkaban tout entier vers une mort certaine si ça peut permettre à sa famille de vivre en paix.
C'est égoïste, mais la jeune femme est épuisée, à bout de nerfs, le moindre petit obstacle sera oblitéré avant que quiconque dans ce pays n'ait pu prononcé le mot "quidditch".
Déterminée, la jeune femme laissa sa haine de côté pour s'occuper de sa fille, la terre était de plus en plus proche et elle voulait tenter une dernière fois de la réveiller avant de sortir du bateau. Élisabeth accomplissait une sorte de rituel consistant à imprégner un corps d'eau de son énergie vitale, pour la transmettre à autrui. À la fin de ce rituel, les deux femmes étaient trempées, et Élisabeth plus fatiguée qu'il y'a quelques minutes. Cependant, Eden ouvrait lentement les yeux, suscitant la joie chez Adonis et Athéna qui s'empressait de prendre la main de sa sœur avant de bondir d'excitation. C'était pas un rêve alors ? Demande Eden un faible sourire aux lèvres, les yeux larmoyants même si aucune larme ne coule. C'est un des bateaux que t'as volé à Azkaban ? Demande la femme alitée alors que son regard curieux se balade autour de la cabine. Tu pourras plus me punir maintenant. Déclare la jeune femme alors qu'elle se redresse, respirant difficilement, assez choquée par le changement de décor et d'ambiance. Voilà que sa famille est réunie, enfin réunie, au même endroit au même moment. Quel bonheur, et pourtant... Papa est... Si Redose n'était pas dans cette pièce, ça ne pouvait être que mauvais signe. Soit il est mort, soit il est blessé, soit il ne veut pas la voir. Dans tout les cas ce n'est pas vraiment positif pour Eden.
Élisabeth se mord légèrement la lèvre de frustration. Adonis voyant cela décida d'expliquer lui-même la situation à sa sœur aînée. On sait pas où il est, on a essayé de l'enfermer dans une cabine mais il a disparu. Déclare t-il rapidement, en espérant avoir résumer les choses correctement. On l'a enfermé ? Demande Eden, confuse. Ton père se comportait comme un sale con, il n'avait qu'une chose à faire et c'était de rester dans sa cabine, tant pis pour lui. Déclare froidement Élisabeth, très visiblement en colère contre Redose malgré sa joie de retrouver sa fille réveillée.
Eden connaissait suffisamment sa mère pour savoir qu'elle devait avoir une bonne raison, et de toute façon, il ne serait pas bien sage de continuer à la questionner sur ce sujet quand d'évidence ledit sujet l'énerve. Quite à être énervée, autant qu'elle le soit contre les bonnes personnes, à savoir Redose et Rouge, et non pas Eden et sa fratrie. La jeune femme sortit de son lit avec quelques difficultés, mais ce n'était finalement pas si difficile pour elle de marcher. Besoin d'aide ? Propose Élisabeth, mais Eden secoue gentiment la tête un sourire au visage. La mer est calme, alors Eden peut marcher. Cherchant le chemin vers la sortie, elle la trouve étonnamment assez facilement. Derrière elle sa famille la suit.
Très vite, ils se retrouvent tous sur le pont. Eden est absolument émerveillée devant ces paysages. La mer brillante comme des joyaux, un soleil orange qui se lève, et une terre brune et orangée. Bienvenue en Libye Eden. Lance t-elle alors même qu'ils n'ont pas encore mit pied à terre. Autour d'elle Eden regardait les autres navires, tellement de gens, et malgré leur fatigue ils paraissaient sympathiques. Sans oublier toute la Ruche qui est présente sur son navire, ces géants au loin, des elfes, des gobelins, Bellamy. Elle regrettait presque d'être partie seule.
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PARTIE 2 : Au devant des sables
Il n'y a pas de villes à l'endroit où les navires comptaient accoster, la terre est brune, orange, et des nuances de vert foncées poussent à des endroits et à d'autres de sa surface, le plus remarquables, ça reste les montagnes et les reliefs que le paysage offre. Redose aurait adoré ce paysage se disent ceux qui pensent à lui alors que les navires atteignent la terre. Il avait déjà été si proche, en de rares occasions, de la Libye. Ayant de la famille au Tchad et au Niger, ça aurait été un bon prétexte s'il n'avait pas été obsédé par son travail toute sa vie jusqu'à en mourir.
Même si personne n'ose le dire à voix haute, ceux qui pensent que Redose, celui qu'ils ont connus toute leur vie, est mort face à Georges lorsqu'il se faisait torturé, sont nombreux. Et ce n'est pas sa seule mort, l'homme est mort durant la torture, après celle-ci, il est mort en pourchassant Rouge, et mort à nouveau un nombre inconnu de fois à Azkaban jusqu'à ne laisser de lui qu'une coquille vide. Un corps sans lui dedans, uniquement une carapace qui se traîne en quête de vengeance, de vengeance ou de quoi après tout ? La raison pour laquelle Redose veut arrêter Rouge demeure un mystère au final, s'il a vraiment perdu ses sentiments pour tout, et qu'il touche au monde sensible d'une langue fade et âcre, alors la vengeance ne doit lui faire ni chaud ni froid. Il aurait saisit l'occasion de s'enfuir "seul" quand il en avait eu l'occasion.
Crane étant le seul à maîtriser le sortilège des Roşu, il l'avait utilisé plusieurs fois, mais ce sort est vraiment coûteux en énergie, il ne serait pas raisonnable de demander à nouveau à Crane où Redose pourrait bien être. Aux dernières nouvelles il se dirigerait vers l'est du pays. Comment, pourquoi, où, qui, de nombreuses questions demeurent sans réponses face à son évasion, une seule chose demeure certaine, il se déplace. Reste à savoir s'il se déplace en vie, ou mort, mais le plus important reste de savoir où il se dirige.
N'ayant pas vraiment d'autres pistes, l'équipage tenterait probablement de suivre ses traces.
Dans toute cette flotte il devait bien y avoir des créatures capables de retrouver et de suivre sa trace, c'est la seule piste dont dispose l'équipage. Je commence à regretter d'avoir tuer Prince. Déclare Adonis à sa mère alors qu'il saute pour descendre du navire avec sa nouvelle baguette. T'en as pas tué, j'ai tué les deux. Lance Eden alors qu'elle saute, Athéna et Crane les suivent pendant qu'Élisabeth s'assure que personne ne reste. C'est mon père qui en tué le plus. Déclare fièrement Crane, avant d'être prit de chagrin et de se frotter les yeux en regardant l'horizon.
Je suis sûr qu'il va bien. Lance Adonis sa main sur l'épaule de son cousin, celui-ci aimerait bien éclater de rage ou de sanglot et dégager la main de son cousin, puis il se souvient qu'eux aussi ont crus perdre leur père, et ne l'ont pas revus depuis plus de cinq ans. Comparé à ses cousins, Crane est plutôt bien loti. Athéna et Eden ne tardèrent pas à poser leur main sur leur cousin. Tu le reverras, c'est certain. Déclare Eden en souriant, elle regagnait son énergie à une vitesse impressionnante.
Crane n'avait pas eu l'occasion de chercher son père puisque traquer Redose était la priorité, mais dès qu'il en aurait l'occasion, il le chercherait. Leur théorie, à lui et ses cousins, c'est que Lars a transplané à la berge avant qu'il ne soit trop tard et a ainsi été épargné.
Après une dizaine de minutes, les navires étaient vides, il était probablement préférable de poursuivre à pieds, il est plus simple de se camoufler à pieds, surtout avec ces bateaux de bois, ils sont tellement rares à cette époque que ça attirerait plus encore l'attention que les géants qui sont dessus. Élisabeth avait demandé à ce que tout les navires accostent le plus loin possible de la plus proche des villes selon leur carte, ça leur laisserait du temps pour s'éloigner avant que les navires ne soient trouvés. La discrétion est forcément mise en péril avec un équipage visiblement magique aussi étoffé, difficile de passer inaperçu, pourtant il le faut. Il n'y a pas un membre de l'équipage qui ne soit pas un criminel, le simple fait d'avoir mit un pied sur ces navires est constitutif de la complicité à au moins trois crimes. Le comble serait d'attirer l'attention des autorités magiques lybiennes ou de la CIS en violant le secret magique.
Tant que le groupe prendra ses précautions, tout devrait bien se passer, et il est bien hors de question d'échouer aussi près de l'objectif.
Élisabeth se jucha sur la proue du navire du milieu et augmenta le volume de sa voix afin que tout le monde l'entende. Mes amis, nous pénétrons la dernière ligne droite de ce périple. Annonce t-elle avec détermination, sa main serrée dans un poing qu'elle n'hésite plus à montrer. Nous en finirons avec Rouge, et nous installerons sur cette terre ! Poursuit-elle le poing levé sous les acclamations de la foule qui commencera à être discrète APRÈS ce discours visiblement. Mais une voix s'élève au creux de la foule, un gobelin peu dégourdi et peu convaincu amplifie sa voix comme il le peut pour parler. Salut, haha... Lance t-il d'abord en regardant autour de lui, d'un ton mal assuré. Ici Gilgamesh hehe... Gilgamesh le charmant ! Conclut-il, visiblement pas si à l'aise de parler en public. De la gêne ou de la peur, difficile à dire, il a une gestuelle faisant penser à un humoriste qui bide. En seulement trois mots il avait réussi à perdre l'attention d'une partie de la foule, à énerver une partie de la foule, et à ennuyer une partie de la foule. Élisabeth réalisait l'exploit de se retrouver dans ces trois catégories, elle n'avait pas la patience d'attendre que le gobelin se décide finalement à parler. Voilà... Hehe... Je me demandais... Pourquoi ne pas juste s'installer sur la terre ? Il demande en haussant les épaules, même si cette question avait forcément traverser l'esprit des membres du groupe, personne jusqu'à maintenant n'avait osé la poser ainsi à voix haute devant tous et tout le monde. Fin, haha, je veux dire... Si on l'attaque certains vont mourir... Et... Haha... Ils nous a rien fait si ? Demande le gobelin avec si peu d'assurance qu'il regarde autour de lui, cherchant la confirmation de quiconque croiserait son regard, et il semblait la trouver, cette confirmation.
Élisabeth ne savait trop quoi répondre, il avait raison en théorie... Rouge n'a pas attaqué tout le monde, il n'a d'ailleurs pas vraiment attaqué qui que ce soit... Il s'en est bien prit à plusieurs membres du groupe par l'intermédiaire de Prince qui a essayé d'assassiner Élisabeth voire même la Ruche, puis ses enfants, sans parler de Brian... Et en même temps n'importe qui pourrait se faire passer pour Prince, son corps change d'un Prince à l'autre...
Élisabeth ne pouvait pas vraiment répondre sans aller dans le sens de Gilgamesh, et ç'en serait fini, là, maintenant, comme ça. C'est alors que Bellamy, sur les ordres de Debora, s'éleva sur la figure de proue aux côtés d'Élisabeth pour prendre la parole. Nous entendons... Mais Rouge ne nous laisserais jamais tranquille ! Tente de convaincre Bellamy face aux murmures de la foule. C'est vous qui le dites ça ! Réplique Gilgamesh en faisant un geste moquant ce que venait de dire le lycanthrope, il avait raison, elle ne pouvait rien dire. Égoïstement Élisabeth devait les garder à ses côtés pour détruire cet artefact qu'elle hait et méprise, que ce soit dans leur intérêt ou non, que ce soit nécessaire ou non, qu'il y'ait des morts ou non, et Bellamy le savait bien même s'il n'était pas tout à fait d'accord. Si, on le sait... Lance Bellamy, se demandant pourquoi c'était à lui de parler, avant de laisser la foule dans un blanc qui semble permettre à chacun de se faire son opinion, mais peu resteraient sans être contraints, et la contrainte est impossible. Certains se détachent déjà de la foule pour s'éparpiller, elle devait attirer leur attention aussi vite que possible. Il veut façonner le monde à son image ! Lance l'homme dans le vide, pourtant, ses mots réussissent à atteindre les quelques déserteurs qui étaient sur le point de partir. Il imagine un monde hiérarchisé où chaque espèce intelligente est l'esclave des espèces qu'il considère comme supérieur dans sa petite pyramide mesquine. Il ne plaisait en rien à Bellamy de devoir en arriver là, et de leur avouer toutes ces choses, cherchant de la force dans le regard d'Élisabeth en retrait, et de Debora dans la foule. Dans sa pyramide, les elfes sont comme des insectes, les gobelins comme des araignées, les sorciers comme des crapauds, tandis que les géants sont des serpents, et que lui se trouve être la seule créature dont la vie a un tant soit peu de valeur. Ses termes ne sont pas les mieux choisis, mais il doit réussir à les convaincre, c'est la dernière ligne droite, et si elle doit mentir elle le fera. Les grands s'échangent des regards dubitatifs, personne ne remettrait en question la parole d'un grand parmi ses proches, mais le doute est semé... Avec tout le respect haha... Je vois pas vraiment comment vous auriez pu obtenir toutes ces informations... Lance Gilgamesh, cherchant à nouveau l'approbation autour de lui. Et voilà que tout le monde est pendue aux lèvres d'Élisabeth et de Bellamy qui décide finalement d'affronter ses responsabilités et d'assumer ses propos. C'est la déesse de la vérité, Veritas, qui nous l'a dit. Faux. Il s'en remet à l'autorité que porte le nom de "Veritas" pour la foule, mettant mal à l'aise à la fois Debora, tout le culte, et Élisabeth. Non mais, haha, c'est fou quoi, haha... On l'a jamais vu cette "déesse". Lance Gilgamesh en s'emportant. Et puis si elle a dit tout ça elle aurait aussi pu dire où est Rouge, vous croy- Avant qu'il ne puisse finir sa phrase, un gobelin lui martela le crâne doucement avec son poing. Les gens restent rarement immobiles, crétin. Lui rétorque un gobelin, faisant taire Gilgamesh pour cette fois, et permettant à Bellamy et Élisabeth de s'extirper de cette délicate situation. Seul à seul, l'homme osa poser des questions qui lui brûlent les lèvres. Tu es sûre de toi ? Demande t-il d'abord, Élisabeth lisait en lui, mais elle préférerait attendre qu'il pose la question tant elle redoutait qu'il lui la pose. Elle hoche la tête. Tu as pactisé avec Veritas ? Elle choche la tête.
À des centaines de kilomètres de là, sans que personne ne s'en doute, un homme habillé d'une robe et d'un turban, assit sur une montagne avait observé et écouté toute la scène avec une attention toute particulière. Une tourterelle sur l'épaule, il lui caresse le bec. Et bien mon petit Prince, on a un paquet de travail qui nous attend. Lui dit-il en arabe, un sourire aux lèvres.
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Le heaume rouge
PARTIE 3 : Ceux qui avancent
Grâce à Debora et Bellamy, Élisabeth avait pu retarder l'échéance, au moins un tant soit peu.
Retrouver Rouge devient de plus en plus urgent, car plus le temps sépare l'armée d'Élisabeth et celle de Rouge, plus le doute grandit dans le cœur de ceux-là même qui sont nécessaires à la mise en déroute de ce si terrifiant et si secret antagoniste. Il n'aura fallu que cinq ans à cet artefact pour se constituer une milice personnelle et mettre l'un de ses sous-fifres à la tête d'un pays. Le choix de la Libye n'est pas évident, ce n'est pas un pays que Redose connaissait bien à priori, ce n'est pas un pays évident, les risques sanitaires et sécuritaires sont si importants qu'une grande partie des pays du monde déconseille voire interdit l'accès au pays pour les visiteurs. La théorie d'Élisabeth est que Rouge voulait mettre la main sur un grand pays en détresse, un pays pauvre et dangereux dont le climat fait peur pour apparaître comme un héro, seulement, il n'apparaît pas.
Jusque là il n'y a que Prince qui soit apparu, à se demander si Rouge existe même encore ou si ce n'est qu'une sorte d'outil de dissuasion. Et pour chaque pas fait en direction de la dernière position connue de Redose, c'est une théorie qui se retrouve de plus en plus renforcée.
Après plusieurs heures à marcher au rythme de chacun, il était temps de faire une première pause. Certains avaient des difficultés à suivre, d'autres supportaient mal la chaleur et le soleil, seulement partiellement amoindri par les défenses que les sorciers maintiennent, et enfin, maintenir des sortilèges aussi longtemps est probablement le plus fatiguant. Mais le pire, c'est qu'ils étaient enfin arriver à destination, et qu'ils devaient marcher. Marcher alors que Siegfried est mort, qu'ils ont passé un long moment en mer. Marcher alors qu'ils sont libres, pourquoi aller au devant d'une mort certaine s'ils sont libres ? Rouge devrait être immortel pensent certains, alors pourquoi ne profiteraient-ils pas de leur liberté avant que cet hypothétique drame ne se produise se questionnent les mêmes. Gilgamesh de son côté bavarde sous le coup de la fatigue avec ceux qui l'accompagnent. Le gobelin se tarit de ne pas être dupe et de voir que Bellamy leur ment, que tout cela est un complot pour les amener à mener une guerre qu'ils ne veulent pas ou ne peuvent pas mener seul. Même si le gobelin reçoit des critiques et des menaces, il continue de douter, et de questionner toute cette entreprise. Ils pointent la lune du doigt, mais c'est tout l'espace qui est à notre portée. Répète t-il avec vigueur, essayant de convaincre des petits morceaux de foule jusqu'à ce qu'il se fasse refouler et dégager ailleurs. Ne sommes-nous pas libres, là ? Demande le gobelin à des gens qui très visiblement n'ont aucune intention de le considérer ou de l'écouter. Assez abattu, le gobelin finit par se taire. Des réponses successives consistant à le pousser à partir auront eu raison de lui, seulement le gobelin ne veut pas partir seul. Beaucoup pensent qu'il est trop lâche pour s'essayer seul dans un pays qu'il ne connait pas, seulement, le temps qu'il aura passer en prison l'auront rendu moins lâche et plus solidaire. Même si les membres du groupe ne l'apprécient pas, et pensent de lui qu'il n'est qu'un couard qui vendrait sa famille pour des noix de cajous, lui aime ce groupe, et aura aimé cette aventure.
Mais comme beaucoup, il est à bout, et voilà qu'un géant s'effondre sur ses genoux après plusieurs heures de marches. Bergelmir "accoure" comme il peut en évitant les insectes sous ses pieds pour lui porter secours, des sorciers s'occupent déjà de son cas. Que se passe t-il frère ? Demande Bergelmir à Obolt dans la langue des géants. Soif. Faim. Fatigue. Répond Obolt en se relevant péniblement. Il s'agissait d'un jeunot, "seulement" grand de 5 mètres et quelques. De l'eau, et un mouton ! Lance Bergelmir aux "porteurs", ceux qui portent les vivres dont une partie provient des réserves des cyclopes. Obolt pu boire et manger, mais le repos lui manque, c'est évident, et ce n'était pas le seul dans ce cas-là. Cela ne faisait que sept heures que le groupe marchait, et Redose n'était pas visible.
Suite à cet accident, Bergelmir exigea une pause à Élisabeth. La blairelle, partagée entre ce qui est juste et ce qui est nécessaire, tendait à refuser. Si elle leur en laissait le temps, les déserteurs disparaitraient et emporteraient nécessairement une bonne partie de leur armée avec eux. Se rendant compte qu'elle se mettait à penser comme Redose en prenant les gens pour des outils ou des armes, la jeune femme se dit que face à un climat de tensions, il était préférable de se les mettre dans la poche au lieu de continuer à pousser sur leurs limites. Il était certain pour elle qu'elle en perdrait pendant la nuit, mais elle pouvait encore décider combien et pourquoi. La jeune femme prit la décision de s'installer près d'ici, sous un rocher, même si elle aurait préféré marcher pendant trois heures de plus.
Pendant que les praticiens de la magie montaient des protections contre... Un peu tout, puisque les dangers de ce pays ne sont pas très connus des membres du groupe qui savent uniquement que ce pays est dangereux. Les autres membres du groupe préparaient les lieux pour boire et manger, pour dormir, et pour faire ses besoins.
Élisabeth et les grands, pendant ce temps, discutaient d'affaires importantes. Les affaires portées d'elles-mêmes à leur attention sont dans l'ordre des priorités : L'énorme mensonge élaboré par Bellamy pour persuader le groupe de poursuivre sa route, Redose et ce que le groupe fera s'il se trouve que Rouge n'est pas avec lui, et comment ne pas perdre de membres du groupe sur le chemin. Je ne suis pas dupe, je vois bien que cette histoire racontée avec tant de passion était un bobard. Déclare Rebecca à Bellamy sur un ton furieux, là où personne ne pourrait les entendre, dans une bulle d'isolation visuelle et auditive.
Je suis désolé, mais j'avais pas le choix. Essaie de se défendre Bellamy, sachant que même si personne n'aimait cette situation, il était certain qu'au moins deux des grands étaient profondément déçus. Ce qui est fait est fait... On aurait rien pu faire d'autre. Déclare Debora, assez abattue, en partie parce que le nom de celle qu'elle vénère a été souillé, et qu'elle le tolère. Dire la vérité ? Demande Bergelmir, lui aurait préféré que la vérité soit dite. Les géants n'aiment pas les mensonges et l'hypocrisie, beaucoup sont morts pour un "petit" mensonge. On en aurait perdu bien trop, ce gobelin avait pas vraiment tort... Ils sont libres. Lance Élisabeth en laissant tomber ses mains sur ses cuisses dans un sourire désespéré. On leur a promis une terre, et elle est là, ils nous ont suivis, on leur doit la vérité et la liberté j'en ai conscience... Poursuit la jeune femme avant d'amener son ongle à sa bouche pour le mordiller, frustrée. Mais... Je sais que c'est égoïste, mais moi, ma famille a été menacée. Poursuit-elle en se mordillant de plus en plus fort, jusqu'à ce que Debora lui prenne la main tendrement. Jamais on pourra dormir sur nos deux oreilles si ce monstre rôde toujours ! Déclare la cheffe en haussant le ton, Rebecca et Bergelmir semblaient étudier cette situation, mais très vite la jeune femme obtint une réponse. Désolé, Élin vraiment. Commence Rebecca. Mais je ferais ce qui est le mieux pour ma famille, et si le groupe se scinde en deux, on ira là où il y'aura le moins de danger pour nous. Poursuit Rebecca, Élisabeth n'était pas vraiment prête à recevoir ce genre de réponse, et même si elle l'a connu avant que Rebecca ne le dise, l'entendre fait malgré tout mal. Mon peuple est en déclin... Commence Bergelmir à son tour. Mais sans honneur il n'est rien. Poursuit le géant, arrachant un sourire à Élisabeth. Rouge a tué au moins trois des miens par son chien. Déclare le géant en serrant le poing. Nous oublions pas. Conclut le géant.
Si Debora savait ce qu'elle voulait, se venger pour ce que lui a prit Rouge, sa fille, Bellamy pour sa part restait mitigé. D'un côté il voulait suivre celle qu'il aime, Debora, sa belle-fille, Élisabeth, et son meilleur ami, Bergelmir. De l'autre il ne voulait pas que son choix mène sa famille vers la mort, sans qu'il ne sache que c'est le cas. Et surtout... S'il pouvait sauver tout ceux qu'il aime quite à les priver d'un sommeil sur les deux oreilles, le lycanthrope saisirait probablement l'occasion.
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PARTIE 4 : Ceux qui guettent
Assez étonnamment, une bonne partie des membres du groupe avait connu un sommeil paisible et agréable. Reposés, une longue marche les attendait, et les grands étaient les premiers réveillés.
Après avoir débarrassé le camp et oblitéré les traces de leur passage, le groupe était prêt à reprendre la route. Seulement, quelques gobelins, elfes, et un groupuscule d'anciens néo-mangemorts n'étaient plus là, et il n'était pas question de les chercher. Et encore moins de les forcer à suivre le groupe, ça ne ferait qu'encore plus ébranler leur crédibilité, et la volonté des autres de continuer à mener la quête.
Lorsque le groupe reprit, ses membres se rendaient compte que le soleil tape encore plus fort qu'hier malgré les protections que les sorciers et autres êtres praticiens de la magie lèvent.
Il devenait évident que ce n'était plus qu'une question de temps avant que certains ne commencent à s'écrouler. Tata. Crane interpellait Élisabeth alors qu'il se rapprochait d'elle jusqu'à être suffisamment proche pour que ses mots n'atteignent qu'elle.Y'a un problème. Dit-il, mais Élisabeth avait déjà sondé son esprit, et en effet, il y'a un problème, un énorme problème. La jeune femme attire son neveu avec elle, plus loin des autres alors même que certains essayaient de la rejoindre. Parle vite. Ordonne t-elle, elle a beau savoir ce que son neveu veut lui dire, elle ne peut pas dévoiler maintenant son don qu'elle s'est pourtant évertuer à cacher. Redose, il n'est plus dans cette direction. Dit le garçon, après avoir récupéré il avait pu utiliser le sortilège familial, et Redose semblait se trouver ailleurs. On pourrait penser qu'il n'a pas pu aller bien loin en seulement une nuit et quelques heures. Il est carrém- Commence Crane, avant d'être interrompu par Hermann. Éli... Commence le faucon en l'emmenant un peu plus loin de Crane pour qu'elle seule entende ce qu'il a à dire, mais avant même que l'homme ne dise quoique ce soit, elle savait, et son sang ne fit qu'un tour. Il y'a des dra- L'homme ne pu finir sa phrase avant que Rebecca n'intervienne et ne se porte aux côtés d'Élisabeth, poussant Hermann pour pouvoir lui parler seule à seule, encore une fois, Élisabeth savait déjà ce qu'elle avait à annoncer. Trois mauvaises nouvelles en seulement quelques minutes, c'est dur à encaisser. D'étranges créatures se cachent parmi nous. Déclare Rebecca, elle ne reconnait pas ses créatures, mais Élisabeth qui s'y connait un minimum, selon le portrait mental que dépeint Rebecca, comprend qu'il semble s'agir de djinns. Ces non-êtres ne sont pas rares dans cette région, au contraire, l'Afrique et le Moyen-Orient sont les lieux où on en trouve le plus. Seulement, ils sont censés être visibles, et s'ils ne se lient à personne, ils disparaissent. Le fait qu'ils doivent se lier expliquerait pourquoi ils restent proche du groupe, mais pas pourquoi ils ne sont pas visibles. Beaucoup peuvent les sentir, mais ici, seule Rebecca semble pouvoir les voir grâce à son œil de vision.
Ça ne doit pas être anodin, que Redose se retrouve désormais ailleurs, bien plus loin de la trajectoire prise, qu'il y'ait ces dragons jonchés sur les montagnes qui les surveillent, et que ces djinns les accompagnent. Ce doit être un piège, probablement une attaque de Rouge. Ce serait diablement efficace, ils sont tous réunis au même endroit. Protéger et informer une telle foule est difficile, peut-être même impossible sans provoquer une panique généralisée.
Et si la jeune femme décidait de rejoindre la nouvelle position de Redose, soit elle prend une trajectoire radicale qui fera gagner du temps au groupe, mais fera perdre en crédibilité à Élisabeth, poussant les membres les moins convaincus à la désertion. Soit elle opère un long détour en arc de cercle quite à prendre deux fois plus longtemps à rejoindre sa position, et ainsi, mettre plus de vies en péril, mais pas que, perdre en crédibilité à force de rester sans réponse ni chemin à suivre. Dans cette situation, il n'y a pas de retour arrière possible, ni de changement de trajectoire, ni d'abandon. La jeune femme, particulièrement anxieuse, se mordait le pouce avec ardeur. Autour d'elle une petite foule se formait, Hermann essayait de l'emmener pour lui parler de ce qu'il voyait, Rebecca voulait faire de même, Crane aussi, ses propres enfants, Bellamy, des membres de la Ruche, Bergelmir et Provato et toutes ces pensées qui se mélangent. ASSEZ. Crie t-elle à leur attention à tous, obtenant d'eux qu'ils lui laisse l'espace dont elle a besoin pour réfléchir et diriger, mais après quelques minutes, elle se rendait compte que le groupe continuait à avancer, la dépassant elle qui devait être en tête du groupe. Aucun grands n'était devant à les diriger, ils se contentaient d'avancer, comme si certains ne savaient même pas qui était les "chefs", ou peut-être ne sont-ils pas perçus comme tel. Seule la Ruche, le culte, les géants et les grands s'étaient arrêtés. Suffisamment longtemps pour voir les expressions sur les visages de ceux qui marchent, le désespoir, la peur, quelle différence entre ici et Azkaban au fond...
Alors qu'Élisabeth était perdue dans ses pensées, la foule se mettait à courir dans sa direction, ou plutôt, dans la direction opposée d'une gigantesque bête. Mais très vite, elle s'arrêta de courir et tenta de se disperser, mais rien n'y fait, voilà que le groupe se retrouve cerné.
Sept dragons, d'une quinzaine de mètres d'envergure, tournent autour du groupe, certains poussant des cris suraigus et terrifiants à l'attention de la foule paniquée et apeurée. Les dragons font le double de la taille de la plupart des géants, ils serpentent autour de la foule, les empêchant de se disperser, les terrifiant. Et sur leur dos, des gens habillés de capes brunes épousant les écailles oranges de leurs dragons, chacun portant une sorte de masque doré, et un casque rouge. L'un d'eux finit par descendre et se diriger vers Élisabeth, immédiatement arrêté par le cri d'un géant se voulant menaçant. La femme planta sa lance dans le sol, et retira son casque, révélant un visage aux proportions fines, une peau brune foncée comme du sable mouillé, un nez busqué et des yeux fatigués. Bonjour. Dit-elle en anglais, avec un sourire chaleureux. Élisabeth, en colère, avance vers elle avec une détermination rare. T'es une ennemie ? Lance t-elle simplement, sans aucune intention de parlementer, ni d'abandonner à la simple vue de sept dragons, même si un dragon peut ravager à lui seul une ville. Ça ne dépend que de vous, Élisabeth. La blairelle, sentant le piège à plein nez pointa sa baguette sur la femme en un instant, celle-ci semblait indifférente, presque amusée. Laisse-moi deviner, encore une Prince Kasongo. Déclare Élisabeth qui ne voyait rien d'intéressant à la surface de l'esprit de cette femme, jusqu'à ce qu'elle se mette à rire, là elle voyait que le monde était sur le point de s'agrandir. Je me présente, Prince. Commence la femme, portant la main qui ne portait pas son casque à son cœur. Thānī, Prince. Déclare la dragonière, la tête baissée.
Lorsqu'elle se redresse, Élisabeth se rend compte que les deux femmes font pratiquement la même taille. J'imagine que vous êtes là pour Rouge. Déclare la dragonnière. Et pour Redose. Complète Élisabeth en rangeant sa baguette dans son étui, lorsqu'elle se rend compte que malgré les apparences, cette femme n'a pas l'air de leur vouloir du mal. Et pourquoi exactement ? Demande la jeune femme, vraiment intriguée. Pour le tuer. Répond Élisabeth avec hargne alors que la foule se rapprochait d'eux et qu'une petite partie les entourait dans un arc de cercle pour écouter. Le poing d'Élisabeth se serre sous la pression. Parce qu'il menace ma famille. Répond Élisabeth avec force, elle se devait de faire quelque chose avant que la femme en face d'elle ne pose la question qu'elle semble vouloir poser. Mais elle ne peut pas l'agresser comme ça, pas devant tout le monde, ce serait bien trop suspect. Un simple regard à Debora lui permet de comprendre qu'elle ne pourra pas y échapper. Il vous menace... Tous ? Demande t-elle comme si elle savait quel débat avait eu lieu hier. Élisabeth serre le poing, elle ne peut pas répondre et encore moins ne pas répondre. Non. Répond t-elle simplement.
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PARTIE 5 : La faiblesse des mensonges
Derrière elle des murmures, puis des chuchotements, des mots puis des cris, clairement, l'opinion du groupe semblait avoir basculé, du côté de qui impossible de le dire, mais à cet instant, il semblait certain que les grands ne paraissaient plus si grands.
Élisabeth se devait de faire quelque chose, et d'arracher ce petit sourire au visage ce la femme qui lui fait face, de cette petite curieuse qui l'agace avec ses questions, et puis Prince Thānī ? Ça ne veut absolument rien dire, si elle n'est pas Kasongo, est-elle vraiment Prince ? La jeune femme se questionne, mais ce ne sont pas des questions qui la sortiront d'affaire. Mais Rouge a menacé de nous assassiner, moi et toute la Ruche ! Se défend Élisabeth, essayant de faire comprendre sa position, même si la machine de la déception était déjà lancée. Il vous a menacer... Personnellement ? Questionne Prince, et Élisabeth comprend : les Prince ne sont pas contrôlés mentalement, non, ils sont tous différents même si c'est léger, leurs esprits ne sont pas les mêmes, et cette Prince est terrible, elle pose les bonnes questions. Elle est terrible, ce duel rhétorique semble presque perdu d'avance, non, il est perdu d'avance, la foule crie, regagner sa confiance ne vas pas être aisée, voire pas possible, et quelques soient les justifications qu'elle va donner, elles tomberont probablement dans l'oreille d'un sourd. Pourtant, Élisabeth ne peut se résoudre à abandonner, elle doit parler et parler encore sans laisser le temps à son "adversaire" de répliquer. Par chance, la blairelle est bavarde de nature. Non. Mais c'est bien un Prince, sur ses ordres qui l'a fait ! Lance la femme, et avant que son adversaire ne puisse objecter que les Prince ont un libre-arbitre, Élisabeth poursuit. Sans oublier qu'un Prince a tenter personnellement de jeter mes enfants dans un nid à cocatrix ! Poursuit-elle en pointant du doigt ses enfants, le brouhaha que faisait le groupe semble s'apaiser, et les dragons qui jusque là étaient tendus aussi. Prince essaie de prononcer un mot pour dire que les Prince n'ont jamais eu pour ordre de tuer. Élisabeth poursuit. Et au Canada alors, c'est bien un Prince qui a brisé Brian ! Poursuit Élisabeth en pointant cette fois vers la foule comme pour la désigner elle toute entière. Cette fois, la dragonnière ne tente pas de dire quoique ce soit, mais Élisabeth poursuit malgré tout. Et sur l'île des cyclopes ? Vous avez déjà oublié comment le chef a assassiné son propre soldat ! Dit-elle en désignant cette fois Bergelmir dont les poings se serrent. Puis qu'il a joué avec Bergelmir, jusqu'à lui arracher un œil, sans parler de la princesse et de son père ! Pas la peine d'en rajouter, elle se tourne cette fois vers la foule entièrement. Vous ne vous sentez pas menacés ? Vraiment ? Alors que Rouge a placé ses pions sur au moins trois voire quatre continents ! Alors qu'il fait prisonniers tout ceux qu'il le peut, vous tolérez ça ? Demande la cheffe, non, elle condamne. Vous pensez sincèrement pouvoir vivre en paix tant qu'il existe ? Demande une dernière fois Éli, mais ses mots n'ont pas tout à fait eu l'impact escompté. Elle semblait en faire une affaire personnelle plus qu'une affaire pour le bien du groupe.
Lorsqu'elle se retourna, elle constata que la dragonnière était déjà retourné à son dragon, trop loin pour qu'Élisabeth ne puisse savoir ce qu'elle pense, elle prépara sa baguette dans l'éventualité d'une attaque, mais Prince se mit debout sur son dragon. Écoutez tous. Dit-elle d'une voix si forte, que tout le groupe avait pu l'entendre, ce qui était étrange, c'est que sa voix ne faisait pas mal aux oreilles, elle était douce et tout le monde l'entendait au même volume. Durant ces cinq dernières années, notre maître Rouge a fait de son mieux pour créer un État magique. Déclare t-elle, Élisabeth ne peut pas l'arrêter là, mais elle aurait bien voulu le pouvoir. Si elle pensait avoir enfin réussi, au moins un peu, à convaincre son groupe. Prince allait réduire tout ses efforts à néant, et elle ne pourrait aucunement répliquer, c'est perdu. Plusieurs projets sont en cours, comme le jardin des fées conçu pour accueillir les fées, les elfes, les lutins et tant d'autre créatures. Commence à présenter Prince, comme s'il tentait de recruter le groupe, devant une Élisabeth complètement impuissante. Ou encore la forge, une ville à l'image des gobelins et de leur culture. Poursuit Prince. Le groupe semblait attiré par cette proposition, ne pouvant trop faire confiance à Élisabeth ni à Prince, s'ils avaient le choix, ils iraient vers celle qui propose ce qui est le mieux pour eux. Nous avons mis la main sur plusieurs archipels. Déclare t-elle. Rejoignez ce projet, car ensemble, nous sommes forts. Poursuit-elle le poing levé sous les acclamations de la foule, donnant une amer impression à Élisabeth dont l'estomac se trouve tout retourné.
Et presque sur le poing de tomber lorsqu'un passage s'ouvre entre deux dragons, et qu'une partie de la foule s'y dirige et le passe sans rencontrer aucun problème. Prince lance un sourire satisfait à Élisabeth, laissée immobile alors qu'elle perd ses troupes au profit de Rouge. Se demandant si Redose aurait pu faire mieux. Probablement, lui aurait juste eu à mentir pour s'évader de la situation. La jeune femme se met jusqu'à douter qu'il ne se soit pas laissé capturé exprès pour ne pas avoir à être celui qui subit cette défaite.
Après quelques minutes, il ne restait seulement que la majeure partie de la Ruche, une partie des géants, une petite partie du culte de Veritas, et à la surprise générale, Gilgamesh. On se laissera pas tuer si facilement. Déclare Bergelmir en pointant le vide du doigt avec détermination, pensant qu'il pointe son doigt vers Prince qui s'est légèrement déplacé entre temps, lui ne les rejoindrait pas, pas après ce qu'il a vu sur l'île des cyclopes. Je sais... Et on ne peut pas vraiment vous emprisonner, ni vous tuer, mais encore moins vous laisser rejoindre notre maître. Réplique Prince le sourire aux lèvres avant de claquer des doigts.
Ceux qui étaient restés dans le cercle formé par les dragons restaient vigilants, et se préparaient à tout, ou presque. Des plumes flottaient dans l'air soudainement, sans vraiment comprendre quoi il s'agissait, Athéna en saisit une du bout des doigts pour l'examiner. Mais à peine l'a t-elle touché, qu'elle et les personnes les plus proches ont été transportés comme s'il s'agissait d'une plume de transplanage comme la plume de paon noir qu'Élisabeth avait pu utiliser lors du règne d'Ursula Parkinson dans son enfance. Certains cherchèrent à fuir, mais ils furent également emportés, Bellamy pour sa part couru vers ses enfants, quite à être transportés ailleurs il préférait que ce soit avec eux, mais il fut transporté seul. Petit à petit, les membres du groupe disparaissaient, Élisabeth tenta de lancer un sort sur les plumes pour les ralentir, mais ça n'a pas suffit, elle aussi fut transportée ailleurs. Très vite, il ne restait finalement plus personne au centre du cercle.
Dernière modification par Redose Omniak le 30 sept. 2026, 13:52, modifié 1 fois.
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