Je suis né Moldu.
Jeudi 7 septembre 2051
7h30
Depuis le début de sa scolarité dans son nouveau monde, toujours l'adolescent s'impatientait à l'idée de retourner à Poudlard. De revenir dans ce merveilleux endroit qui lui avait fait découvrir de si belles choses, appris de si magnifiques sortilèges. La magie était sans nul doute la découverte la plus extraordinaire de sa vie, et la resterait à jamais. Il n'avait pas mesuré que ce monde allait, petit à petit, repousser la proximité qu'il souhaitait conserver avec son monde de naissance.
Ses parents ne pouvaient pas l'accompagner sur le Chemin de Traverse. Et il repensait, non sans un sourire mitigé, à la première fois qu'il avait foulé du pied ce chemin. Seul, il avait refusé qu'un adulte l'accompagne, car si ses parents ne pouvaient venir, personne ne le pourrait. Il se souvint de la première fois qu'il avait tenu sa baguette, qui trônait désormais si parfaitement dans la paume de sa main. Elle vibrait doucement, heureuse de pouvoir enfin sortir du placard, et d'à nouveau s'exprimer au grand jour. Son premier sortilège, également, il s'en souvenait. Ce simple petit sort, qui permettait de faire léviter les objets.
Mais aucun de ces souvenirs ne semblait pouvoir, en cet instant, gommer la légère senteur de lilas sucré qui continuait d'envahir ses narines. Plus les jours passaient, plus il craignait de l'oublier. Que ce qu'il continue d'humeur ne soit que le fruit de son imagination, qu'un beau matin il se réveillerait, et qu'il ne disparaisse.
Rose avait-elle les cheveux jusqu'aux épaules, ou plus bas encore ? Déjà, son esprit avait effacé quelques détails, bien malgré lui. Malgré ses efforts pour maintenir cette fumée entre les doigts maladroits de sa mémoire. Il savait qu'il avait cours de botanique, bientôt. Mais il était incapable de détacher son regard de la pierre sous ses pieds. Ses yeux clignaient lentement, au rythme de ses respirations profondes, qui parfois, tremblotait. Puis les tremblements firent place à son poing qui se serra, autour de sa baguette.
Il aurait été si facile de pouvoir lui dire la vérité, dans d'autres circonstances. Si les choses n'avaient tenu qu'à lui, il aurait tout révélé à Rose, il lui aurait expliqué, sans hésiter ni détour. Encore aujourd'hui, il ne voyait aucune autre chose à faire. Tout ça à cause des règles.
Des règles si ridiculement ancrées et acceptées qu'il avait craint, un bref moment, de faire fausse route. L'interdiction ultime, qu'on lui avait martelé dans le crâne, et à laquelle il n'avait pas réfléchi jusqu'à cet été. Pourquoi, bordel de merde, les sorciers avaient-ils à ce point la trouille des moldus ? Sa vision se flouta sous les vibrations de sa peau, à l'idée que des règles pour lesquelles il n'avait pas eu son mot à dire puissent lui pourrir à ce point la vie.
Il brandit sa baguette, face au mur. Et un sourire mélancolique se peignit sur ses lèvres.
"Flambios."
L'adolescent avait toujours apprécié ce sortilège. Le feu, la lumière, la liberté de pouvoir agiter son catalyseur, et de faire apparaître ce qu'il souhaitait. Il ne réfléchissait pas vraiment à ce qu'il écrivit, se contentant de poser sur la pierre face à lui une évidence qui semblait désormais inexpugnable.
Je suis né MOLDU.
Il ne savait pas exprimer ce qu'il pensait, il n'était pas doué à cela. Tout ce qu'il voulait, c'était souligner cette évidence. Moldu. C'est ce qu'il avait été, les premières années de sa vie, la majorité de sa vie, en réalité. Et la pensée qu'on réussisse à le forcer à bazarder cet état de fait faisait naître au fond de ses yeux de petites flammes blanches.
Après une longue expiration, il croisa ses mains contre ses jambes, en les laissant pendre. Sans mot dire, simplement à regarder la marque enflammée lécher la pierre. Ce n'était pas bien grave, il suffirait d'un bon coup de Tergeo.
Je suis né Moldu.
Tu n'as pas tardé dans la Grande Salle, touchant à peine à ton petit-déjeuner, avant de filer pour te préparer pour ton premier cours. Tu commences par Histoire de la magie, matière que tu apprécies tout particulièrement, mais, pour une fois, tu n'as pas hâte d'y être. Aujourd'hui, tu es particulièrement patraque, alors tu te laisses porter par cette envie de te dégourdir les jambes, avec l'espoir de vider cette tête trop encombrée. Il y a là trop de mauvais souvenirs. Trop de ressentiment. Trop d'amertume. Trop de colère. Trop de choses que tu entasses depuis des années maintenant et qui refusent de rester sous silence, peu importe à quel point tu souhaites juste oublier. Cela ne te laisse pas en paix. Cela te matraque. Te rend malade. Même tes godasses ne sont pas aussi usées que ta jeune carcasse, elle qui se traîne ici et là, sans le moindre but, se perdant dans les couloirs. Tes mains sont enfouies dans tes poches, tu regardes le sol, le dos voûté et, de temps à autre, tu renifles. Oublie. Cette petite voix intérieure répète ce mot en boucle, suppliant le cerveau de faire sa part des choses, car ces souvenirs persistants n'ont pas lieu d'être ici, seul refuge où tu peux te permettre d'oublier l'existence que tu mènes en dehors de cette bulle de quiétude. Mais le cerveau ne veut pas. Le voilà usé à une tâche trop ingrate. Pour une fois, il refuse d'oublier. Et ça cogite. Et tu ressasses. Et tu en dors mal. Tu n'as pas souvenir d'avoir eu autant de phobies d'impulsion, autant d'envies de violence, autant de cauchemars lucides où tout n'est que massacre, fiévreuse folie et murs peints d'un rouge écarlate.
Tu t'arrêtes net. Tu fermes les yeux. L'envie de vomir te prend. Tu inspires. Tu expires. Tes doigts, eux, tremblent. Tu les caches plus profondément dans tes poches. Ça bourdonne dans tes oreilles. Tu entends un sortilège être formulé, là, non loin de toi. Tu ouvres les yeux et tu ignores pourquoi, mais tu avances vers le bout du couloir. Dans son tournant, il y a une autre âme solitaire qui, comme toi, a décidé de se perdre un peu dans le coin. Tu vois sa baguette s'animer sous la demande et, malgré toi, tu fus intriguée. Tu n'es pas sociable, pas même un brin empathique, mais voilà que tu t'approches de lui, reconnaissant ce sentiment qui semble émaner de lui. Indéniablement, tu es attirée par cela comme un papillon de nuit est attiré par la lumière. Tu ne fais pas trop de bruit, tu ne t'annonces pas non plus ; tes yeux, eux, se posent sur la pierre qu'il grave de sa baguette et tu t'arrêtes alors à sa hauteur. Tu ne sais pas vraiment ce que tu ressens en lisant ces quelques mots, mais comme tout le reste, ça pèse également. Que personne ne s'y méprenne, c'est merveilleux d'être ici, enfin, du moins à Poudlard. Tu as bien vite compris qu'en dehors de ces murs, de cette quiétude, le reste de la société sorcière, lui, est loin d'être un havre de paix. Tu es bien consciente que c'est en partie de ta faute si tu as dû vivre une bien difficile désillusion, car tu t'es accrochée à cette lettre t'annonçant être une sorcière comme on s'accroche à une bouée de sauvetage ; tu as cru que cela signait la fin d'un calvaire, que tu allais sortir de cette misère où tu existes, sauf que c'était là un cadeau empoisonné.
Parce que tu es née Moldue.
La même gangrène. Les mêmes idées nauséabondes. Les mêmes raclures. Sauf qu'ici, les fachos ont gagné et tous semblent s'accorder sur le fait que ce n'est pas si mal d'être sous régime fasciste, car rien n'est fait pour les déloger. Mais, dans ce que tu as compris, ça laisse les nés-moldus sans statut et donc sans droit et, de facto, les enfants comme vous ne sont pas plus protégés. Et les adultes semblent s'accorder que l'idée n'est pas si mal, car personne ne fait rien pour changer cela. Tu serres tes poings. Tu les enfouis plus dans tes poches. T'as juste envie de te péter chaque phalange contre un mur pour décharger cette rage qui t'habite, mais tu te contentes de renifler, seul bruit que tu te permets, tandis que tu te laisses choir à côté de lui. Ta jambe tressaute nerveusement. Pas un mot. Pas un bonjour. Tu continues à juste fixer la pierre, pensive, tandis que tu ramènes tes genoux tout contre toi, gardant bien cachées tes mains rouges d'avoir été trop lavées.
@Narcisse Brando Hello


Edit : réécriture de certains passages.
Tu t'arrêtes net. Tu fermes les yeux. L'envie de vomir te prend. Tu inspires. Tu expires. Tes doigts, eux, tremblent. Tu les caches plus profondément dans tes poches. Ça bourdonne dans tes oreilles. Tu entends un sortilège être formulé, là, non loin de toi. Tu ouvres les yeux et tu ignores pourquoi, mais tu avances vers le bout du couloir. Dans son tournant, il y a une autre âme solitaire qui, comme toi, a décidé de se perdre un peu dans le coin. Tu vois sa baguette s'animer sous la demande et, malgré toi, tu fus intriguée. Tu n'es pas sociable, pas même un brin empathique, mais voilà que tu t'approches de lui, reconnaissant ce sentiment qui semble émaner de lui. Indéniablement, tu es attirée par cela comme un papillon de nuit est attiré par la lumière. Tu ne fais pas trop de bruit, tu ne t'annonces pas non plus ; tes yeux, eux, se posent sur la pierre qu'il grave de sa baguette et tu t'arrêtes alors à sa hauteur. Tu ne sais pas vraiment ce que tu ressens en lisant ces quelques mots, mais comme tout le reste, ça pèse également. Que personne ne s'y méprenne, c'est merveilleux d'être ici, enfin, du moins à Poudlard. Tu as bien vite compris qu'en dehors de ces murs, de cette quiétude, le reste de la société sorcière, lui, est loin d'être un havre de paix. Tu es bien consciente que c'est en partie de ta faute si tu as dû vivre une bien difficile désillusion, car tu t'es accrochée à cette lettre t'annonçant être une sorcière comme on s'accroche à une bouée de sauvetage ; tu as cru que cela signait la fin d'un calvaire, que tu allais sortir de cette misère où tu existes, sauf que c'était là un cadeau empoisonné.
Parce que tu es née Moldue.
La même gangrène. Les mêmes idées nauséabondes. Les mêmes raclures. Sauf qu'ici, les fachos ont gagné et tous semblent s'accorder sur le fait que ce n'est pas si mal d'être sous régime fasciste, car rien n'est fait pour les déloger. Mais, dans ce que tu as compris, ça laisse les nés-moldus sans statut et donc sans droit et, de facto, les enfants comme vous ne sont pas plus protégés. Et les adultes semblent s'accorder que l'idée n'est pas si mal, car personne ne fait rien pour changer cela. Tu serres tes poings. Tu les enfouis plus dans tes poches. T'as juste envie de te péter chaque phalange contre un mur pour décharger cette rage qui t'habite, mais tu te contentes de renifler, seul bruit que tu te permets, tandis que tu te laisses choir à côté de lui. Ta jambe tressaute nerveusement. Pas un mot. Pas un bonjour. Tu continues à juste fixer la pierre, pensive, tandis que tu ramènes tes genoux tout contre toi, gardant bien cachées tes mains rouges d'avoir été trop lavées.
@Narcisse Brando Hello



Edit : réécriture de certains passages.
Dernière modification par Asher Thatch le 8 sept. 2026, 08:15, modifié 1 fois.
Je suis né Moldu.
Ce que Daisy faisait dans les couloirs à 7h30 précises ? Elle se rendait en cours de défense contre les forces du mal. Et parce qu'être à l'heure, c'était déjà être en retard, elle mettait un point d'honneur à y arriver en première et à ne pas décevoir Oswald Puddlewick.
C'était son septième jour à Poudlard et tout allait pour le mieux. Les cours étaient intéressants. Stella Ruewen, son aînée qui l'impressionnait beaucoup, l'avait prise sous son aile. Elle avait parlé Quidditch avec Elisabeth Swanmere, la capitaine de Serdaigle. Et elle s'était même fait deux amis : Liam O'Reilly, un petit garçon timide, qui aimait les livres comme elle, et l'énergique Noa Vane, qui disait beaucoup de bêtises mais qui était sympa. Pour la rousse, c'était inespéré. Ses parents ne ramenaient pas beaucoup d'amis à la maison quand elle était petite et elle avait craint de ne pas réussir à sociabiliser avec les autres enfants. Mais il fallait croire qu'elle partageait des points communs avec les autres Serdaigles.
Daisy marchait donc gaiement dans les couloirs quand elle les vit. Il y avait deux élèves, deux grands qu'elle ne reconnut pas. Le garçon regardait une inscription dans le vide, perdu dans ses pensées. La fille était repliée sur elle-même, elle n'avait pas l'air en forme. Daisy hésita, devait-elle aller chercher la directrice ou l'infirmière ? Elle préféra s'approcher pour comprendre le problème et lut sur le mur "je suis né-moldu". Elle fronça les sourcils. Elle s'était attendu à tout sauf à ça. Qu'est-ce qui pouvait bien rendre malheureux ses deux camarades dans cette affirmation ? Elle n'en savait rien mais essaya de se montrer pragmatique.
- Vous avez besoin d'aide ? Je peux vous conduire à l'infirmerie.
Impossible de les ignorer puisqu'elle avait vu qu'ils allaient mal mais il ne fallait pas que ça reste "son" problème trop longtemps. Ce serait parfait s'ils acceptaient d'aller se faire soigner. Surtout la fille aux couleurs de Serpentard qui ressemblait à un foetus sur le sol.
Je me rajoute @Narcisse Brando @Asher Thatch, contente de rp avec vous
Mots en gras pour Au fil des mots
C'était son septième jour à Poudlard et tout allait pour le mieux. Les cours étaient intéressants. Stella Ruewen, son aînée qui l'impressionnait beaucoup, l'avait prise sous son aile. Elle avait parlé Quidditch avec Elisabeth Swanmere, la capitaine de Serdaigle. Et elle s'était même fait deux amis : Liam O'Reilly, un petit garçon timide, qui aimait les livres comme elle, et l'énergique Noa Vane, qui disait beaucoup de bêtises mais qui était sympa. Pour la rousse, c'était inespéré. Ses parents ne ramenaient pas beaucoup d'amis à la maison quand elle était petite et elle avait craint de ne pas réussir à sociabiliser avec les autres enfants. Mais il fallait croire qu'elle partageait des points communs avec les autres Serdaigles.
Daisy marchait donc gaiement dans les couloirs quand elle les vit. Il y avait deux élèves, deux grands qu'elle ne reconnut pas. Le garçon regardait une inscription dans le vide, perdu dans ses pensées. La fille était repliée sur elle-même, elle n'avait pas l'air en forme. Daisy hésita, devait-elle aller chercher la directrice ou l'infirmière ? Elle préféra s'approcher pour comprendre le problème et lut sur le mur "je suis né-moldu". Elle fronça les sourcils. Elle s'était attendu à tout sauf à ça. Qu'est-ce qui pouvait bien rendre malheureux ses deux camarades dans cette affirmation ? Elle n'en savait rien mais essaya de se montrer pragmatique.
- Vous avez besoin d'aide ? Je peux vous conduire à l'infirmerie.
Impossible de les ignorer puisqu'elle avait vu qu'ils allaient mal mais il ne fallait pas que ça reste "son" problème trop longtemps. Ce serait parfait s'ils acceptaient d'aller se faire soigner. Surtout la fille aux couleurs de Serpentard qui ressemblait à un foetus sur le sol.
Je me rajoute @Narcisse Brando @Asher Thatch, contente de rp avec vous
Mots en gras pour Au fil des mots
Je suis né Moldu.
L'odeur frappe les narines de Narcisse avant qu'il ne repère la petite camarade qui s'était approchée de lui. L'adolescent avait le nez plutôt fin, et fut extraordinairement étonné de sentir un tel mélange chez quelqu'un. Elle pue. Cela faisait presque une semaine que la rentrée des cours avait repris, comment cette odeur n'avait-elle pas été chassée ? Qu'importe pour lui, il sentit sa poitrine glisser à l'intérieur d'elle-même, tandis qu'il jeta un regard en souriant vers l'arrivante. Une telle odeur ne pouvait que déclencher un gigantesque élan d'empathie envers cette inconnue.
Mais aucun mot ne semblait approprié. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait lancé ce sortilège, laissant les murs souffrir des flammes. Il savait simplement que cela lui avait fait du bien. Ses mains passèrent de ses jambes à ses poches, rejetant sa veste sur les côtés de ses hanches. Le silence est utile, la contemplation l'est également. Il aurait aimé continué de pouvoir sentir l'odeur fantôme de Rose... En voilà une qui avait l'air plus qu'atteinte par la situation.
Sa poitrine se serra. Il n'avait jamais voulu déclencher une telle réaction chez qui que ce soit. Dans l'idéal, personne n'aurait lu le texte, et tout serait bien allé. Il réfléchissait, intensément, cherchant les bons mots, les bonnes idées, les bonnes remarques... La peine des autres prenait toujours le pas sur la sienne, mais aujourd'hui... il tenait à s'accrocher à la sienne, au moins un peu. Il avait l'impression que s'il tournait la page trop vite, il trahirait le souvenir de Rose. Fort heureusement, il n'eut pas à réfléchir davantage, car l'arrivée d'une petite Serdaigle mit fin à l'instant flottant entre les deux.
En se tournant vers elle, il sourit, pouffant d'un petit rire perplexe, avant de secouer doucement la tête.
"Non, t'inquiète. Enfin, moi, ça va très bien. Par contre... j'ai pas eu l'temps d'savoir pour elle."
Sa voix passa de la Serdaigle à la Serpentard, un sourire compatissant dans la voix.
"Ca va ? Y'a quoi ?"
Réellement préoccupé du sort de cette inconnue, il avait l'impression de flotter sur un drôle de nuage. Pourquoi cela était-il aussi désagréable ? C'était un peu comme s'il sortait d'une grande séance de méditation magique... Son état l'amusait et l'horrifiait en même temps, et il n'avait pas le loisir de pouvoir davantage s'y pencher.
Mais aucun mot ne semblait approprié. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait lancé ce sortilège, laissant les murs souffrir des flammes. Il savait simplement que cela lui avait fait du bien. Ses mains passèrent de ses jambes à ses poches, rejetant sa veste sur les côtés de ses hanches. Le silence est utile, la contemplation l'est également. Il aurait aimé continué de pouvoir sentir l'odeur fantôme de Rose... En voilà une qui avait l'air plus qu'atteinte par la situation.
Sa poitrine se serra. Il n'avait jamais voulu déclencher une telle réaction chez qui que ce soit. Dans l'idéal, personne n'aurait lu le texte, et tout serait bien allé. Il réfléchissait, intensément, cherchant les bons mots, les bonnes idées, les bonnes remarques... La peine des autres prenait toujours le pas sur la sienne, mais aujourd'hui... il tenait à s'accrocher à la sienne, au moins un peu. Il avait l'impression que s'il tournait la page trop vite, il trahirait le souvenir de Rose. Fort heureusement, il n'eut pas à réfléchir davantage, car l'arrivée d'une petite Serdaigle mit fin à l'instant flottant entre les deux.
En se tournant vers elle, il sourit, pouffant d'un petit rire perplexe, avant de secouer doucement la tête.
"Non, t'inquiète. Enfin, moi, ça va très bien. Par contre... j'ai pas eu l'temps d'savoir pour elle."
Sa voix passa de la Serdaigle à la Serpentard, un sourire compatissant dans la voix.
"Ca va ? Y'a quoi ?"
Réellement préoccupé du sort de cette inconnue, il avait l'impression de flotter sur un drôle de nuage. Pourquoi cela était-il aussi désagréable ? C'était un peu comme s'il sortait d'une grande séance de méditation magique... Son état l'amusait et l'horrifiait en même temps, et il n'avait pas le loisir de pouvoir davantage s'y pencher.
Je suis né Moldu.
Solveig marchait dans les couloirs. Tête en l'air qu'elle était, elle s'était encore perdue. Elle était en deuxième année, nom d'une crotte de nez ! Il faudrait bien qu'un jour elle arrête d'être aussi distraite, ce n'était plus possible à la fin.
Ses pas la menèrent finalement vers un couloir où elle aperçut une petite troupe. Il y avait un..., une ? ... une Serpentard, un Poufsouffle et une petite Serdaigle. Cette dernière demandait justement aux deux grands s'ils avaient besoin d'aller à l'infirmerie, mais le Poufsouffle répondit que non.
Elle se rapprocha à pas de velours, ne voulant surtout pas paraître impolie, et observa discrètement la situation. Le Poufsouffle avait sa baguette à la main, tandis que la Serpentard était assise par terre et n'avait pas l'air dans son assiette.
Et son regard se posa sur le mur ou il était ecrit :
" Je suis né moldu. "
La petite rousse pencha légèrement la tête avant de dire d'une voix chaude :
" Moi aussi, je suis née moldue. "
Elle s'approcha du mur et caressa du bout du doigt les mots brûlés dans la pierre. Puis, sans vraiment réfléchir, elle prit la grande main du Poufsouffle dans ses petits doigts. S'adressant à l'ensemble du couloir plutôt qu'àune seule personne, elle dit alors avec douceur:
" Je sais que c'est dur. Et je suis plus à l'aise en dessin qu'à l'oral, donc peut-être que je vais dire des choses qu'il ne fallait pas, mais je suis sûre que tu peux, vous pouvez, être fiers de qui vous êtes. Et moi, même si je vous connais pas vraiment, je suis fière de vous. "
Puis elle fouilla dans son sac et en sortit deux petits paquets de Dragibus, qu'elle déposa dans les mains des deux mélancoliques.
" Tenez, c'est mes bonbons préférés. "
Et sur ce, elle repartit en sautillant, non sans avoir balancé un dernier paquet de bonbons à la Serdaigle, et le couloir pouvait l'entendre marmonner:
" Bon, où se trouve cette foutue salle des potions? "
Je m'incruste @Narcisse Brando, @Asher Thatch, @Daisy Wilson, mais je ne fais que passer en coup de vent
bon courage héhé
Ses pas la menèrent finalement vers un couloir où elle aperçut une petite troupe. Il y avait un..., une ? ... une Serpentard, un Poufsouffle et une petite Serdaigle. Cette dernière demandait justement aux deux grands s'ils avaient besoin d'aller à l'infirmerie, mais le Poufsouffle répondit que non.
Elle se rapprocha à pas de velours, ne voulant surtout pas paraître impolie, et observa discrètement la situation. Le Poufsouffle avait sa baguette à la main, tandis que la Serpentard était assise par terre et n'avait pas l'air dans son assiette.
Et son regard se posa sur le mur ou il était ecrit :
" Je suis né moldu. "
La petite rousse pencha légèrement la tête avant de dire d'une voix chaude :
" Moi aussi, je suis née moldue. "
Elle s'approcha du mur et caressa du bout du doigt les mots brûlés dans la pierre. Puis, sans vraiment réfléchir, elle prit la grande main du Poufsouffle dans ses petits doigts. S'adressant à l'ensemble du couloir plutôt qu'àune seule personne, elle dit alors avec douceur:
" Je sais que c'est dur. Et je suis plus à l'aise en dessin qu'à l'oral, donc peut-être que je vais dire des choses qu'il ne fallait pas, mais je suis sûre que tu peux, vous pouvez, être fiers de qui vous êtes. Et moi, même si je vous connais pas vraiment, je suis fière de vous. "
Puis elle fouilla dans son sac et en sortit deux petits paquets de Dragibus, qu'elle déposa dans les mains des deux mélancoliques.
" Tenez, c'est mes bonbons préférés. "
Et sur ce, elle repartit en sautillant, non sans avoir balancé un dernier paquet de bonbons à la Serdaigle, et le couloir pouvait l'entendre marmonner:
" Bon, où se trouve cette foutue salle des potions? "
Je m'incruste @Narcisse Brando, @Asher Thatch, @Daisy Wilson, mais je ne fais que passer en coup de vent
Couleur :b88d00
La peinture est juste une autre manière de tenir un journal intime...
Je suis né Moldu.
Tu te laisses aller au silence, contemplant la pierre ainsi gravée et ne faisant pas cas de cette odeur que tu dégages encore et à laquelle tu es habituée ; il faudra bien un mois pour que ce mélange infâme d'alcool, de moisissure et de tabac s'efface jusqu'au prochain été, s'imprégnant de nouveau dans les moindres fibres de tes vêtements. Tu renifles, consciente que ce n'est pas agréable de t'avoir proche, tandis que tu souffles une excuse, bien qu'elle soit presque inaudible. Tu ne t'excuses jamais d'exister, mais aujourd'hui, tu te sens d'humeur à ne pas vouloir exister du tout. Tu sais mieux que quiconque que ta mère aurait avorté si elle n'avait pas fait un déni de grossesse et tu te convaincs que sa vie aurait été radieuse sans toi dans ses pattes. Tu inspires, avant de longuement expirer, te délaissant un brin de tes regrets qui t'encombrent, mais c'est pas assez pour calmer cette mer de colère et de haine dans laquelle tu te noies, loin, bien loin de tout rivage et de tout phare.
Et que c'est fatigant de rester hors de l'eau.
Et que c'est fatigant de nager à bout de bras.
Et que c'est fatigant toutes ces vagues qui veulent te réduire en morceaux.
Et que c'est fatigant d'être autant inadéquate.
« Vous avez besoin d'aide ? Je peux vous conduire à l'infirmerie. » Tu te rends compte que tu t'es toute recroquevillée sur toi-même au moment où ton corps se redresse vivement, surpris par l'intervention de la petite aiglonne que tu dévisages un instant, quittant le vaste océan de contemplation sans pour autant retrouver ta voix, le silence s'imposant. Le Poufsouffle, a contrario, est bien plus bavard et indique, dans un léger rire, que tout allait bien pour lui, avant que la question ne tombe à ton attention. « Ça va ? Y'a quoi ? » Et à cela, tu ne trouves aucune bonne réponse, car c'est là un déferlement de problèmes que tu ne peux te résoudre à partager au premier venu et, pourtant, te voilà horrifiée quand les mots, eux, s'annoncent à la gare de tes lèvres. Péniblement, tu ravales cette marée qui monte, tandis qu'une autre curieuse s'arrête et avise à son tour la pierre ainsi marquée.
Quelques secondes s'écoulent avant qu'elle ne parle à son tour : « Moi aussi, je suis née moldue. » Et tu te demandes quelle tempête elle pouvait bien braver en silence, bien cachée derrière son sourire, sa voix toute chaude et l'encouragement qu'elle essayait de vous donner. Être fier de soi. As-tu quelque chose dont tu peux être fière ? Toutes ces poubelles renversées, ces voitures cramées, ces murs où tu vomis tout ce qui te répugne. Non, ça, ça ressemble à des regrets pour plus tard, des conneries qui te feront certainement honte quand tu deviendras adulte et quand tu y repenseras. Elle vous donne un petit paquet de Dragibus, ainsi qu'à la petite aiglonne quand elle passe près d'elle, repartant aussi sec qu'elle était venue. Un instant, tu te demandes même si tu ne l'avais pas rêvée, tandis que tes yeux parcourent machinalement les ingrédients des bonbons, cherchant toute notion de gélatine de porc. N'en voyant aucune, tu l'ouvres machinalement et gobes un premier Dragibus d'un rose artificiel dans un besoin soudain de manger tes émotions, oubliant même que tu devais encore une réponse au Poufsouffle près de toi et à l'aiglonne, par la même occasion.
@Narcisse Brando sache que tu es 1er à faire mention de son odeur, merci
@Daisy Wilson coucou jeune aiglonne !
@Solveig Sinclair bonjour, au revoir et merci pour les dragibus
Et que c'est fatigant de rester hors de l'eau.
Et que c'est fatigant de nager à bout de bras.
Et que c'est fatigant toutes ces vagues qui veulent te réduire en morceaux.
Et que c'est fatigant d'être autant inadéquate.
« Vous avez besoin d'aide ? Je peux vous conduire à l'infirmerie. » Tu te rends compte que tu t'es toute recroquevillée sur toi-même au moment où ton corps se redresse vivement, surpris par l'intervention de la petite aiglonne que tu dévisages un instant, quittant le vaste océan de contemplation sans pour autant retrouver ta voix, le silence s'imposant. Le Poufsouffle, a contrario, est bien plus bavard et indique, dans un léger rire, que tout allait bien pour lui, avant que la question ne tombe à ton attention. « Ça va ? Y'a quoi ? » Et à cela, tu ne trouves aucune bonne réponse, car c'est là un déferlement de problèmes que tu ne peux te résoudre à partager au premier venu et, pourtant, te voilà horrifiée quand les mots, eux, s'annoncent à la gare de tes lèvres. Péniblement, tu ravales cette marée qui monte, tandis qu'une autre curieuse s'arrête et avise à son tour la pierre ainsi marquée.
Quelques secondes s'écoulent avant qu'elle ne parle à son tour : « Moi aussi, je suis née moldue. » Et tu te demandes quelle tempête elle pouvait bien braver en silence, bien cachée derrière son sourire, sa voix toute chaude et l'encouragement qu'elle essayait de vous donner. Être fier de soi. As-tu quelque chose dont tu peux être fière ? Toutes ces poubelles renversées, ces voitures cramées, ces murs où tu vomis tout ce qui te répugne. Non, ça, ça ressemble à des regrets pour plus tard, des conneries qui te feront certainement honte quand tu deviendras adulte et quand tu y repenseras. Elle vous donne un petit paquet de Dragibus, ainsi qu'à la petite aiglonne quand elle passe près d'elle, repartant aussi sec qu'elle était venue. Un instant, tu te demandes même si tu ne l'avais pas rêvée, tandis que tes yeux parcourent machinalement les ingrédients des bonbons, cherchant toute notion de gélatine de porc. N'en voyant aucune, tu l'ouvres machinalement et gobes un premier Dragibus d'un rose artificiel dans un besoin soudain de manger tes émotions, oubliant même que tu devais encore une réponse au Poufsouffle près de toi et à l'aiglonne, par la même occasion.
@Narcisse Brando sache que tu es 1er à faire mention de son odeur, merci
@Daisy Wilson coucou jeune aiglonne !
@Solveig Sinclair bonjour, au revoir et merci pour les dragibus
Je suis né Moldu.
7h35... Il était hors de question qu'elle soit en retard le quatrième jour de l'année alors si le Poufsouffle lui disait qu'il allait bien, elle n'allait pas insister. Ce qui l'inquiétait en revanche, c'était l'attitude de la Serpentard. Ils étaient deux à lui avoir posé une question et elle ne semblait pas pouvoir y répondre. Etait-elle sous l'emprise d'un sortilège ou d'une malédiction ? Faudrait-il la porter jusqu'à l'infirmerie ? La petite fille espéra que non, elle n'avait pas assez de muscle pour ça. Peut-être qu'il lui fallait juste du sucre ? Elle devait bien avoir encore quelques fondants du chaudron dans son sac. Elle n'eut pas le temps de chercher qu'une seconde Poufsouffle arriva et récita un long discours un peu bizarre sur la fierté d'être née-moldue. La rousse haussa les sourcils, comment pouvait-on être fier de personnes qu'on ne connaissait pas ? Est-ce que les nés-moldus partageaient une espèce de lien entre eux pour remplacer leur famille moldue ? Elle n'avait jamais réfléchi à la question mais ça valait le coup de se la poser. La Poufsouffle leur donna ensuite des paquets des bonbons moldus -apparemment- et repartit en cherchant la salle de potions. En la voyant si perdue, Daisy ne put s'empêcher de crier :
- C'est aux sous-sols les potions ! Faut que tu descendes !
Seulement une semaine qu'elle était là mais elle l'avait exploré en long et en large ce château. Elle reporta son attention sur le paquet de petites billes colorées qui ressemblaient à des dragées surprises de Bertie Crochue. Est-ce que les moldus faisaient aussi des bonbons goût crottes de nez ? Si c'était le cas, elle n'était pas sûre de vouloir essayer. Il y avait une raison pour laquelle elle préférait les patacitrouilles, elles au moins avaient toujours bon goût. Les chocogrenouilles étaient chouettes aussi, parce qu'elles permettaient de collectionner des cartes. La Serpentard ne sembla pas réfléchir autant puisqu'après avoir lu les ingrédients, elle mangea l'un des petits bonbons roses. Daisy nota mentalement bonbon moldu rose = sans danger. Pour autant, la jeune fille devant elle n'avait toujours pas prononcé un mot. Devant son mutisme, la rousse se tourna vers le plus grand, en quête de réponse.
- Est-ce que cette inscription est maudite ? Elle ne peut plus parler parce qu'elle est née-moldue ?
@Narcisse Brando @Asher Thatch
Mots en gras pour Au fil des mots
- C'est aux sous-sols les potions ! Faut que tu descendes !
Seulement une semaine qu'elle était là mais elle l'avait exploré en long et en large ce château. Elle reporta son attention sur le paquet de petites billes colorées qui ressemblaient à des dragées surprises de Bertie Crochue. Est-ce que les moldus faisaient aussi des bonbons goût crottes de nez ? Si c'était le cas, elle n'était pas sûre de vouloir essayer. Il y avait une raison pour laquelle elle préférait les patacitrouilles, elles au moins avaient toujours bon goût. Les chocogrenouilles étaient chouettes aussi, parce qu'elles permettaient de collectionner des cartes. La Serpentard ne sembla pas réfléchir autant puisqu'après avoir lu les ingrédients, elle mangea l'un des petits bonbons roses. Daisy nota mentalement bonbon moldu rose = sans danger. Pour autant, la jeune fille devant elle n'avait toujours pas prononcé un mot. Devant son mutisme, la rousse se tourna vers le plus grand, en quête de réponse.
- Est-ce que cette inscription est maudite ? Elle ne peut plus parler parce qu'elle est née-moldue ?
@Narcisse Brando @Asher Thatch
Mots en gras pour Au fil des mots
Je suis né Moldu.
Une étrange sensation s'empara du Poufsouffle lorsque la jeune Solveig prononça son discours... Une impression désagréable, rampante et mauvaise, qui déplaisait fortement à l'adolescent, qui ne pu prononcer un mot de toute la tirade. Elle se trompait. Elle se trompait tellement, il n'avait pas besoin, et encore moins envie, qu'on voit les choses de cette manière. Il ne savait pas exactement pourquoi il avait gravé au mur cette inscription avec les lettres enflammées, mais il savait parfaitement que ce n'était pas par honte. Il n'avait en aucun cas besoin qu'on lui dise qu'il était fier, pas aujourd'hui, pas maintenant. Plus que jamais, il s'accrochait à ses origines et ce bizarre décalage dans les mots de sa cadette et ce qu'il pensait l'empêcha de bouger.
Il glissa donc sans y penser les bonbons dans sa poche, se sentant mal à l'aise de les accepter, pour regarder son inscription. Puis le silence, il croisa les bras, et regarda la jeune Serpentard, sa voix répondit en un murmure rauque.
"C'est bien. Et y'en a d'autres, c'est important."
Mais soudainement, la jeune Serdaigle lui arracha un haussement de sourcil et un sourire incrédule face à sa question. Ne pouvant résister à la tentation, il dégaina de nouveau sa baguette, et d'un coup d'un seul, il ralluma les lettres enflammées, qui avaient perdu de leur flambant.
"Ha, pas du tout, c'est moi qui l'ait écrite ! Elle est tout sauf maudite, au contraire."
La lumière des flammes incandescentes illumina un bref instant le fond de ses pupilles noires, avant qu'il ne replonge dans sa contemplation silencieuse, visiblement satisfait.
Il glissa donc sans y penser les bonbons dans sa poche, se sentant mal à l'aise de les accepter, pour regarder son inscription. Puis le silence, il croisa les bras, et regarda la jeune Serpentard, sa voix répondit en un murmure rauque.
"C'est bien. Et y'en a d'autres, c'est important."
Mais soudainement, la jeune Serdaigle lui arracha un haussement de sourcil et un sourire incrédule face à sa question. Ne pouvant résister à la tentation, il dégaina de nouveau sa baguette, et d'un coup d'un seul, il ralluma les lettres enflammées, qui avaient perdu de leur flambant.
"Ha, pas du tout, c'est moi qui l'ait écrite ! Elle est tout sauf maudite, au contraire."
La lumière des flammes incandescentes illumina un bref instant le fond de ses pupilles noires, avant qu'il ne replonge dans sa contemplation silencieuse, visiblement satisfait.