Soft chaos
le vendredi 09 septembre, en soirée
TROISIEME ANNEE
TROISIEME ANNEE
Cela faisait six jours que Asher et Sélène s'étaient rencontrées. Et cette dernière en était ravie. Pour la première fois, elle s'était fait une amie. Asher était tout simplement l'amie parfaite. Depuis la première fois, leur premier regard, Sélène avait remarqué la curiosité et le caractère trempé de l'autre. Son caractère trempé dans de l'eau de rose. Un mélange de pink1, de noir et de rouge criard. Comme le son d'un violoncelle mal accordé. Qui crisserait sous l'archer. L'archer. Sélène et Asher venaient de finir de souper et elles se rendaient à la tour de l'horloge. Côte à côté, Sélène, pour la première fois. Côte à côte. Elle se sentait moins seule. Comme un morceau de piano à quatre mains, tout était fait pour se répondre, se taquiner et relationner.
- T'habites où avec tes parents ? Sélène, toujours aussi calculatrice avait longuement réfléchi sur la question à poser. Elle avait opté pour celle-ci, plutôt simple et insouciante mais qui mènerait peut-être à une discussion plus personnelle. Elle jeta un regard vers son amie. (Son amie ?) Asher est mignonne, avec ses cheveux coupés ras, sa grande taille (encore plus que celle de Sélène) et sa peau marron. Sélène admira son amie, elle aurait aimé avoir sa prestance. Elle, possédait l'assurance et le recul face à toutes situations mais par contre, elle n'avait pas cette sûreté, ce sérieux. On veut toujours ce qu'on peut pas avoir se dit-elle.
@Asher Thatch surpriiise ! Dis moi si ça te plaît. Voici un moment calme qui commence, mais comment va-t-il finir...
1rose
violoncelle : gage de Helga
couleur : A39D1F
Soft chaos
Tu ne pensais pas te faire une amie. Enfin. Vous l'êtes ? Tu l'ignores, c'est que le mot en lui-même est trop précieux à tes yeux pour être sorti inutilement, mais toujours est-il qu'elle te colle depuis six jours maintenant. Rectification, tu la colles aussi, car sa présence t'est plus tolérable que celle des autres et que le calme qu'elle dégage apaise ça. Non. Oublie. Oublie le. Oublie le. Oublie le. Elle est la première à quitter la table et tu la suis docilement, les doigts tremblants, la mine usée ; le masque est fatigué de jouer à faire semblant. Les nuits sont courtes. Les rêves, des cauchemars. Cela se rejoue en boucle de manière si décousue. Oh non, ça ne veut pas te laisser en paix. Non. Oublie. Oublie le. Oublie le. Oublie le. T'es pas s'accordent aux siens, tes épaules frôlent légèrement les siennes, ses cheveux d'or sont un soleil qui illumine un instant cette obscurité dans laquelle tu te noies.
La fin de soirée s'annonce et un nouveau jour commence à se faner, mais vous avez encore un peu de temps pour flâner avant que l'heure du coucher ne soit sonnée. Alors, elle t'emmène là où tu as l'habitude de traîner ta carcasse, cette cour que tu connais pratiquement par cœur après l'avoir parcourue de long en large et en travers. Tu t'arrêtes quand vous quittez le château et tu respires un bon coup cet air automnal qui te vivifie sur l'instant. Et tes doigts tremblent un peu plus. Et le souvenir essaie de forcer la porte d'entrée avec la volonté honteuse de se faire entendre. Toi, tu veux juste oublier, ne serait-ce encore un peu, parce que tu ne veux pas y faire face. Parce que toi, du haut de tes presque 14 ans, tu veux t'arracher à une quelconque responsabilité. Pourtant, la faute est là et tes doigts en souffrent encore au souvenir fiévreux qui se pare de folie quand tu oses t'endormir.
"T'habites où avec tes parents ?" Innocente question qui ne fait que retourner tes entrailles. Tu lui accordes un brin de silence, laissant le temps à ton cerveau de formuler une réponse qui, quand tu la souffles, s'enrobe de monotonie pour masquer le tremblement de ta voix : "À Londres." Mais loin des beaux quartiers, de l'autre côté d'une rive qui en a trop vu et trop caché au fond de son lit ; tant de cadavres, tant de carcasses de voitures et tant d'autres choses qu'on ne saurait nommer, dévorées par l'érosion, le temps et la vase.
Tu vis dans une jungle d'immeubles délabrés où la misère du monde s'entasse, ignorée de tous, sauf quand c'est pour remplir l'agenda politique des fachos qui vous prennent en grippe ; parce qu'il faut bien un grand méchant loup pour faire peur au reste des Londoniens, eux qui vivent dans le confort et la sécurité, histoire de gagner leur vote. "Et toi ? Vous vivez où ?" Détourner la conversation, parce que tu as horreur de parler de toi, mais aussi parce que, pour une fois, tu t'intéresses vraiment à quelqu'un. Tu te demandes de quoi est faite sa vie, de comment elle se structure dans une société entièrement sorcière ; est-ce qu'elle vit dans l'une des villes sorcières ? Tu sais qu'elle n'est pas anglaise, elle a un petit accent qui te laisse deviner qu'elle pourrait être galloise.
@Sélène Eirian me voici
La fin de soirée s'annonce et un nouveau jour commence à se faner, mais vous avez encore un peu de temps pour flâner avant que l'heure du coucher ne soit sonnée. Alors, elle t'emmène là où tu as l'habitude de traîner ta carcasse, cette cour que tu connais pratiquement par cœur après l'avoir parcourue de long en large et en travers. Tu t'arrêtes quand vous quittez le château et tu respires un bon coup cet air automnal qui te vivifie sur l'instant. Et tes doigts tremblent un peu plus. Et le souvenir essaie de forcer la porte d'entrée avec la volonté honteuse de se faire entendre. Toi, tu veux juste oublier, ne serait-ce encore un peu, parce que tu ne veux pas y faire face. Parce que toi, du haut de tes presque 14 ans, tu veux t'arracher à une quelconque responsabilité. Pourtant, la faute est là et tes doigts en souffrent encore au souvenir fiévreux qui se pare de folie quand tu oses t'endormir.
"T'habites où avec tes parents ?" Innocente question qui ne fait que retourner tes entrailles. Tu lui accordes un brin de silence, laissant le temps à ton cerveau de formuler une réponse qui, quand tu la souffles, s'enrobe de monotonie pour masquer le tremblement de ta voix : "À Londres." Mais loin des beaux quartiers, de l'autre côté d'une rive qui en a trop vu et trop caché au fond de son lit ; tant de cadavres, tant de carcasses de voitures et tant d'autres choses qu'on ne saurait nommer, dévorées par l'érosion, le temps et la vase.
Tu vis dans une jungle d'immeubles délabrés où la misère du monde s'entasse, ignorée de tous, sauf quand c'est pour remplir l'agenda politique des fachos qui vous prennent en grippe ; parce qu'il faut bien un grand méchant loup pour faire peur au reste des Londoniens, eux qui vivent dans le confort et la sécurité, histoire de gagner leur vote. "Et toi ? Vous vivez où ?" Détourner la conversation, parce que tu as horreur de parler de toi, mais aussi parce que, pour une fois, tu t'intéresses vraiment à quelqu'un. Tu te demandes de quoi est faite sa vie, de comment elle se structure dans une société entièrement sorcière ; est-ce qu'elle vit dans l'une des villes sorcières ? Tu sais qu'elle n'est pas anglaise, elle a un petit accent qui te laisse deviner qu'elle pourrait être galloise.
@Sélène Eirian me voici