Nuit À l'abri des regards A.G

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Septembre 2033
COULOIRS, POUDLARD
15 ans, cinquième année







Et vous, vous ferez quoi si après deux mois à ne regarder que les murs de la demeure familiale, vous vous retrouviez soudainement projeté dans un internat dans lequel les règles sont si faciles à enfreindre ? Vous pouvez affirmer que vous respecterez les règles, qu'elles ne sont pas là pour faire beau, que le risque est trop grand. Oui et bien cela signifierait juste que vous n'avez jamais eu une mère despotique, que vous n'avez pas un frère qui vous pousse contre les murs ou vous ensorcèle dès que vous le croisez ou un père qui soupire quand son regard se pose sur vous. Cela signifie que vous n'avez pas été interdit tout l'été à sortir seul, que vous n'avez pas dû assister à des diners mondains d'un ennui mortel au lieu de vous amuser sous le soleil brûlant, que vous n'avez pas dû vous enfuir, faire le mur à chaque fois que vous vouliez respirer loin de votre famille étouffante ou à chaque fois que vous aviez simplement envie de faire autre chose que de regarder les étagères pleine de livres de la salle de travail. Le seul moment de bonheur de son été a été la semaine qu'il a passé chez les River au début de l'été. Et encore, Jude était tellement occupée qu'il l'a vue moins souvent encore qu'à Poudlard. À part ces moments géniaux chez Brennan et Gladys, ça n'a été que la soupe à la grimace tout l'été. Tu parles d'un foutu bon été.

C'est pourquoi ce soir, Christopher décide de sortir de la Salle Commune. Deux mois passés à se voir ordonner quelque chose dès qu'il mettait le pied hors de sa chambre. À Poudlard, personne ne lui ordonne rien (sauf quand on lui donne des devoirs), à moins qu'il se fasse prendre au mauvais moment. Il a pu manger ce qu'il voulait au diner, rire la bouche ouverte avec Ash et même se vautrer dans le canapé en écartant les jambes — ça lui a fait un peu mal au cœur quand même car si Jude avait été là, elle l'aurait forcé replier les jambes pour prendre moins de place. Il l'a fait de lui-même, du coup. Poudlard n'a rien à voir avec sa maison à Manchester. Sans la pression que ses parents font peser sur lui, c'est comme s'il était capable de voler, de respirer ! Ça l'enivre. Impossible de se débarrasser du profond sentiment d'euphorie qui ne le lâche plus depuis qu'il a remis les pieds au château.

Christopher se glisse dans les souterrains le coeur battant, avec l'impression de vivre une folle aventure. Il repousse au fond de lui sa peine : si Jude était encore là, elle aurait été présente dans la salle commune et il n'aurait donc eu aucune raison de quitter les lieux. Mais voilà, elle n'est plus là, Jude. Alors autant aller chercher sa liberté dans les couloirs.

Il n'a enfilé qu'une cape légère sur son pyjama noir en soie. Une cape d'une qualité exquise et qu'il adore plus que de raison. Elle suffit pour le protéger des courants d'air frais qui soufflent dans les couloirs. Il remonte vivement vers le rez-de-chaussée : il n'a aucune intention de rester dans le froid des souterrains, c'est vraiment trop glauque. Arrivé vers le hall, il se cache à chaque intersection et tend l'oreille avant d'avancer. Ce n'est pas ce soir qu'il se fera prendre. Quoi que... Recevoir un petit courrier qui les prévient que leur fils a fait le mur, ça pourrait gâcher le petit-déjeuner de père et mère... Non, ce sera pour une prochaine fois. Il n'a pas envie de recevoir un courrier de reproche si tôt dans l'année : moins il est en contact avec ses parents, mieux il se porte.

Son cheminement continue encore un moment. Christopher n'a pas de but, il n'a même pas envie de se promener. Il est sorti juste parce qu'il le pouvait. À vrai dire, le silence est un peu angoissant, là. D'habitude, les couloirs sont plein de vie, bruyant. Là ? Il entend souvent le vent siffler dans les pierres et ça lui fout le bourdon. C'était peut-être une idée à la con, finalement. Mais alors qu'il songeait depuis bien deux étages à faire tout simplement demi tour pour aller se foutre au lit avec un magazine, un bruit dans un couloir voisin le fait se figer comme un idiot.

Le sang vrombit dans ses veines. Son cœur bat à toute allure. Il se rapproche des murs pour essayer de se fondre dans l'ombre. Pas un préfet, pas un préfet, pas un préfet, supplie-t-il, et surtout pas cette Chaporouge de Cind... Une silhouette apparaît au bout du couloir. Christopher se redresse aussitôt, sa crainte oubliée.

« Abi ! »

Sa voix résonne entre les murs en pierre. Il plaque la main sur sa bouche et jette un regard inquiet derrière lui. Quel abruti !

« Abi ! reprend-il en chuchotant. Tu m'as fait peur ! »

Mais l'hilarité remplace rapidement la crainte de se faire surprendre et Christopher glousse derrière ses doigts en regardant la septième année.

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@Abigail Grey, voilà enfin notre RP !
Dernière modification par Christopher Hangoover le 13 sept. 2026, 09:37, modifié 1 fois.

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« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Nuit À l'abri des regards A.G
La nuit avait quelque chose de particulièrement apaisant, à Poudlard. Était-ce le silence qui régnait dans les couloirs ? Chez elle, le moindre désaccord suffisait à transformer le calme en un immense brouhaha, les critiques s'enchaînant jusqu'à ne plus laisser de place à la moindre pensée tranquille. Était-ce aussi l'obscurité ? Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle s'y sentait en sécurité, à l'abri des regards. Ou peut-être était-ce simplement cette sensation de pouvoir marcher où bon lui semblait, sans avoir à se justifier. Un mélange de tout cela sans doute.

Abigail avançait lentement dans les couloirs sombres du château. Ses pas résonnaient faiblement contre les pierres, seuls compagnons du fil de ses pensées. Des pensées qui allaient bientôt se concrétiser. Si elle pouvait encore les repousser, ce ne serait bientôt plus le cas. Plus que quelques mois avant de devoir affronter la vie réelle, en dehors de ces murs. Quelques mois avant de devoir intégrer l'IMSM, si elle obéissait au désir de ses parents. Cette simple idée lui nouait déjà l'estomac. C'était juste tellement insensé. La jeune fille n'arrivait pas à comprendre. On lui répétait souvent qu'elle les remercierait plus tard, mais la brune, elle, n'y croyait pas. C'était comme si on vous disait que le ciel était rouge. Insensé, non ?

Un bruit la tira soudain de ses pensées. Avait-elle eu le talent de se faire prendre dès sa première sortie nocturne cette année ? Elle resta immobile quelques secondes, cherchant à distinguer la silhouette. La sorcière imaginait tous les scénarios possibles. S'attirer des problèmes dès la reprise n'allait sûrement pas jouer en sa faveur pour convaincre ses parents.

Abigail se détendit quand elle entendit une voix familière résonner dans les couloirs. Par Merlin. "Chris ! Je pensais m'être fait attraper. Tout va bien ?" fit-elle, même si Abigail n'était nullement surprise de le voir. Chris avait la même façon de penser qu'elle, et c'était pour cela qu'elle l'aimait bien. Les deux s'entendaient comme larrons en foire. Si les autres lui faisaient souvent des remarques sur certains points de son comportement, Chris, quant à lui, n'en faisait jamais. Avec lui, la jeune fille pouvait juste être elle-même.

J'aime beaucoup ton post !

Vava en papillon avec l’unique Valérie Hamilton | Vava par l'incroyable Cassidy Harrington | Tu seras pour moi unique au monde...| Cuisinière de Poudlard depuis septembre 2051 | #A65E2E

Nuit À l'abri des regards A.G
Abi, c'est bien Abi ! L'hilarité secoue encore un peu les épaules de Chris. La nervosité, certainement. Ça l'aurait vraiment pas fait s'il s'était déjà fait prendre, oh l'angoisse de recevoir un courrier des parents ! Il le prend à la légère mais en réalité, la simple idée de voir leur hibou arriver vers lui suffit en général pour lui nouer méchamment l'estomac. Ce qui n'empêche pas Chris d'enfreindre le règlement dès qu'il le peut, bien sûr, mais maintenant il a arrêté de vouloir le faire juste pour embêter ses parents : il le fait parce qu'il aime bien.

Et donc c'est bien Abi devant lui ! Ses yeux brillent dans l'obscurité. Elle semble à son aise ici et il sait pourquoi : elle a l'habitude de sortir dehors elle aussi, évidement qu'elle a l'habitude. Ils se seraient croisés en plein jour qu'ils n'auraient pas réagi différent, tant ils sont à l'aise tous les deux à l'idée de se trouver là à cette heure de la nuit malgré l'interdiction. Mais tout de même, Christopher n'a pas envie de rameuter tous les préfets et professeurs du coin, alors il se rapproche d'elle pour pouvoir parler tout bas.

« Tu t'es juste fait attraper par moi, sourit-il avec toutes ses dents. Donc tu risques rien du tout. Tout va suuuuper bien, oui. »

Il s'appuie contre le mur en pierre diablement froid, croise les bras et prend une position nonchalante totalement feinte.

« Pourquoi, c'est interdit d'être là à cette heure-là ? » fanfaronne-t-il.

Un rire lui échappe, encore camouflé par sa main. Il se sent euphorique mais il faut dire qu'il ne s'attendait pas à croiser Abi. Le silence de la nuit lui pesait un peu et il songeait à rentrer dans la salle commune. Et là, bam ! il tombe sur l'une des meilleures personnes sur laquelle tomber durant une escapade nocturne ? Qu'a-t-il fait à Morgane pour avoir autant de chance ? Il n'en a pas la moindre idée, mais il compte bien en profiter. Il est trop content de la voir ! Abi, c'est le genre de fille qui n'a pas peur d'enfreindre le règlement. Et parfois, même qu'elle l'enfreint un peu trop mais c'est pas grave, au moins elle est pas ennuyante à mourir.

« Je suis trop content de te voir, reprend-il sans lui laisser le temps de réagir, de se moquer de lui ou tout simplement d'entrer dans son jeu. C'est mortellement ennuyant les couloirs la nuit, y'a pas de bruit et tout, c'est presque flippant. On continue notre balade ensemble ? »

Ce serait bête de se séparer maintenant, hein ? Un sourire creuse la joue droite de Christopher, il penche la tête sur le côté avec cet air sur le visage, cet air que Jude aurait qualifié de tête de sale gosse.

Et moi le tien, il m'a bien inspiré !

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