OS Mon Soleil

You are my sunshine, my only sunshine
Tu es mon rayon de soleil, mon unique rayon de soleil.
You make me happy when skies are gray
Tu me rends heureux lorsque les cieux sont gris,
You'll never know dear, how much I love you
Tu ne sauras jamais, chérie, à quel point je t'aime.
Please don't take my sunshine away
S'il te plaît n'emporte pas mon rayon de soleil au loin.
You're my sunshine - Johnny Cash
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Septembre 2051

Mon Soleil est malade. Elle a chopé un sale truc. Vilain, vraiment. Pas un truc qui peut la tuer, hein, qu’on se rassure. Mais un truc qui la cloue au lit. T’imagines, toi ? Rahima, coincée au lit ? Genre, vraiment coincée. Elle qui déborde d’énergie tout le temps, qui dévore la vie avec un sourire inoubliable… ben, elle est clouée au lit. Je te jure, la vue de son petit corps là, étendue dans des draps blancs, ça secoue quand t’as l’habitude de la voir courir partout, danser, rire. Vivre, en fait.

Je vais rendre visite à Rahima tout les jours, parce que je perdrai pas cette habitude. Jamais. On l’a prise. On a dit qu’on se lâcherait pas, et je vais pas le faire parce qu’elle est malade. J’ai pas besoin qu’on sorte, j’ai pas besoin qu’on aille danser, j’ai pas besoin qu’elle soit en forme ou qu’elle m’enchante de son rire. J’ai juste besoin d’elle. De ma Rahima. De mon joli Soleil.

Elle et moi, c’est une évidence. Je sais pas comment t’expliquer ça avec de jolis mots. Alors je vais le faire avec les miens.
Je me sens avec elle comme si j’étais avec moi-même, mais avec une paire de seins. En moins chaotique, en plus joli, et en plus doux aussi. Je m’accroche vite aux gens. Elle a pas fait exception. Mais alors avec Rahima… je te le dis, je te le répète, c’est une évidence. C’est comme retrouver une partie de soi qu’on pensait pas avoir perdue. Ouais. Voilà. C'est ça, les mots, les vrais. Rahima, c'est ce qu'il manquait à ma vie.

J’aurais aimé que le point commun qui nous ai rassemblé ne soit pas notre amour pour Miya. Si ça avait été le karaoké, on aurait versé moins de larme. Mais est-ce qu’on aurait été aussi proche ? Eh, en vrai : je pense. Parce que comme je le dirais des milliards de fois si il faut : c’est moi, avec des nibards.

Je disais tout à l’heure, Rahima est malade. Assez pour qu’elle puisse plus retourner à Poudlard. Je peux pas imaginer le vide qu’elle laisse derrière elle. Si j’étais un gosse, ça me briserait qu’on m’enlève une nana pareille de mon environnement. Eh, franchement ? Même adulte, ça me briserait. Rahima, on s’y accroche. On l’aime vite, on l’adore, on devient accro. A ce jour, c’est mon addiction préférée. Elle ne me fait pas de mal, bien au contraire. J’ai l’impression qu’elle me répare autant qu’elle me fait grandir. Elle m’apporte beaucoup, et j’aime penser que je fais pareil. On est une équipe, elle et moi. Et franchement ? Je pouvais pas rêver meilleure coéquipière.

Au début, venir voir Rahima à Ste Mangouste, c’était bizarre. J’ai jamais aimé les hosto — comme tout le monde, j’imagine. J’y ai passé quelque séjours… enfin, pas dans celle ci, l’autre, celle qui a été détruite. La nouvelle, j’aurai préféré ne pas la découvrir avec Rahima en visite.
La première fois — et toutes les autres après, en vrai — c’était hyper bizarre, genre vraiment un truc contre-nature ! Je pouvais pas la serrer dans mes bras. Ouais. Vrai de vrai. Pas le droit. Nop. Alors que la prendre dans mes bras pour lui faire un câlin, c’est un geste naturel. C’est mécanique. Rahima débarque ? Câlin. Rahima repart ? Câlin. Rahima rit ? Câlin. Rahima pleure ? Câlin. Alors Rahima malade et cloîtrée dans une chambre, en arret maladie ? Laisse moi lui faire un câlin, quoi. Mais non, parce qu’elle est contagieuse. Je te jure, sur ma Vie, je me fais contaminer pour rester avec elle. Sur ma Vie ! C’est ce que j’avais dit à Jude. Elle m’a collé une claque derrière la tête et m’a dit d’aller me faire soigner. Le cerveau.

Donc, ben, je me suis pas fait contaminer pour rester avec elle. Au lieu de ça, je vais la voir tout les jours. C’est devenu un petit rituel. Parfois je lui ramène un jeu de carte, parfois juste de quoi dessiner des conneries, parfois de la musique. Je lui fais écouter mes derniers morceaux en court d’écriture, aussi ! Je veux qu’elle fasse partie des premières personnes a les découvrir. Je veux que, comme Chris, comme Jude, comme Papa et Maman, elle fasse partie intégrante de ma vie.

Mes parents l’adorent, d’ailleurs. Vrai de vrai. Tu parles : la meuf c’est une ancienne sportif ! Elle pète la classe, ma Rahima. Du coup, Papa ne pouvait que l’aimer. Et Maman, elle a vue direct que c’était une gentille fille. Maman ne se trompe jamais. Elle m’a même dit que ça serait bien si je sortais avec elle.
Maman, elle comprend pas. Elle comprend pas que Rahima, c’est une sœur. Je l’aime. Je l’aime vraiment, comme un dingue, mais pas amoureusement. C’est ma meuf sûre, et je suis son gars sûr. Elle pourrait dormir sur moi que ça me ferait pas bouger une oreille. C’est comme ça que je sais que je l’aime vraiment. J’ai besoin de rien de plus que d’elle dans ma vie et heureuse.

Avec Rahima, on parle pas de Miya. On évite, en fait. C’est nous qui comptons quand on est ensemble. Je lui ai pas parlé du 14 juillet. Je lui ai pas parlé des jours qui ont suivi. Je suis juste venue me blottir contre elle quand c’est arrivé pour lui dire que c’était pas une bonne soirée. On se dit les choses, tu vois ? Mais je lui dirai jamais quelque chose qui peut lui faire du mal. C’est pas mentir : c’est garder mon Soleil loin des nuages.

Un jour à Ste Mangouste, j’ai réalisé à quel point je pourrais plus jamais me passer d’elle. Je te jure, ça m’est tombé dessus, comme ça ! J’étais dans un sale mood, un vrai sale mood. Triste, envie de rien, de mauvaise humeur mais genre plus plus, t’as capté. J’arrêtais pas de ressasser ma vie, tout ce que j’avais fait à l’envers, tout ce que j’avais perdu, tout ce que je représentais, mes échecs, mes piteuses réussites, mes relations… Vraiment, sale ambiance.
Et puis j’ai ouvert la porte, et j’ai vu son joli visage. Et je sais pas comment te dire… elle a fait disparaître tout ce qui pesait sur mon cœur. Juste avec un sourire. Un seul sourire. Cette meuf pourrait arrêter une guerre juste en tapant du pied et en faisant la moue. Je sais pas ce que c’est son secret, je veux pas le savoir. Je veux juste la garder avec moi pour toujours et protéger son éclat envers et contre tout.

C’est mon Soleil, tu comprends ? Et on a tous besoin du Soleil dans nos vies. Je suis content que le mien ai un aussi joli prénom que celui de Rahima.

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin