TW idiots to lovers

idiots à amants

xx janvier 2040
feat. @Lloyd River

Image postée par le membre
Miya, 26 ans________

tw : coups, blessures, sang_______

Vlan. Mon poing solidement refermé s'abat en plein dans la mâchoire de mon adversaire qui se retient visiblement de pousser un gémissement de douleur. Je compatis, les coups dans le visage ça fait bien mal. Sauf que j'ai pas le temps d'avoir pitié. J'suis pas là pour ça, j'suis là pour gagner. Et vu comme le nez de la fille que j'ai en face de moi pisse le sang, je dirais que c'est bientôt. Et c'est dommage, le combat dure pas depuis très longtemps et j'aime pas les victoires trop faciles, ça me donne l'impression d'être venue pour rien. Et moi, j'aime pas me déplacer pour rien. Mais j'aime encore moins perdre, alors autant dire que le choix est vite fait.

En face de moi, l'autre nana — une meuf balèze, qui doit avoir quelques années de plus que moi — crache un peu de sang et de salive à mes pieds. Sans me démonter, je renforce ma garde et lui jette un regard mauvais. Elle peut toujours décider de se la jouer grande méchante, c'est pas ça qui va me faire peur. J'en ai affronté des plus grands et plus costauds qu'elle.

Elle se jette sur moi dans un mouvement bien moins coordonné que tout à l'heure, une étincelle de colère dans ses grands yeux noisette. Aaah, la colère. Dès que je la vois apparaitre chez mes adversaires, je sais d'ores et déjà que j'ai remporté le match. Quand on s'énerve, on est plus brouillon dans ses gestes. On prend moins le temps, on fait des erreurs bêtes et, surtout, on se précipite. Exactement ce que vient de faire la femme plus âgée. Elle pense que son poids et sa force lui apportent l'avantage — il y'en a un, certes — mais elle ne sait pas que je suis rapide. Très rapide. Comme un serpent, j'attends venir ma proie. Je la laisse s'approcher jusqu'à ce que ça devienne trop dangereux. Et là, je me lance sur le côté, roule sur mon épaule pour éviter son attaque balourde et me redresse vite — trop vite, je vois des étoiles — afin de lui envoyer mon pied dans son genou. L'articulation ploie, grince, mais ne craque pas. Elle ? Elle s'effondre.

Quelques minutes plus tard, je descends avec ma récompense, haletante, couverte de sang et de sueur mais ravie de ma victoire. C'était facile, mais ça m'a défoulé, ça m'a fait du bien.

Je viens ici depuis quelques mois déjà, et j'ai commencé à repérer quelques réguliers. Comme la folle aux couteaux — elle je la provoquerais pas — ou le type trop bizarre qui gagne ses matchs en asphyxiant son adversaire. Et puis y'a lui. Mon regard le cherche automatiquement dès que je suis dans un coin tranquille, curieuse de voir où il se trouve. S'il m'a regardée. Si ma victoire de ce soir est suffisante pour qu'il vienne me parler ou si je vais devoir attendre une autre.

Là. Mon regard s'accroche à lui.


________
495 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

TW idiots to lovers
Image postée par le membre
Lloyd River | 21 ans


TW : mention de coups

___

Désolé Maman, mais ton petit garçon aime la baston.
Mais faut pas croire que c’est faire mal aux gens qui me fait du bien. Je retire aucun plaisir dans la souffrance des gens. J’aime juste ressentir l’excitation de la bagarre, la vraie, t’as capté. L’adrénaline. Je la recherche tout le temps, partout, dans chaque aspect de la vie. La scène, la fosse, les femmes, la vie sous tout ces excès.
Est-ce que c’est bien ? Nan. Est-ce que c’est ma façon de profiter de mon existence sur Terre ? Oh, ça ouais.
Alors, encore une fois : désolé, Maman. Mais c’est pas comme si on se voyait beaucoup en ce moment, hein ? T’as plus trop à subir mon nez en sang, mes lèvres éclatées ou tout ce que le corps humain peut frapper pendant un combat rémunéré.

Assis à califourchon sur une chaise, je regarde le combat en cours, m’occupant les yeux et les oreilles pendant que j’enroule mes bandes de protection autour de mes mains et mes poignets. Deux nanas avec de la rage dans les poings. Et ça cogne bien. C’est chaotique, c’est pas parfait, mais c’est vraiment pas ce qui compte. Nan, c’est la niaque qui compte. C’est le regard enragé qu’elles ont. On dirait deux chiens de combat, mais en plus glam’, tu vois ? J’ai jamais aimé les combat d’animaux. Ça me soulève l’estomac et ça me donne envie d’éclater les têtes des organisateurs.
Ce que j’ai déjà fait, un coup. Mais c’est pas le sujet, hein.

Naaaan. Le sujet, c’est que le combat entre les deux nanas est terminé, et que c’est la petite nouvelle qui a gagné. Tu m’étonnes. L’autre ? C’est une bourrine. Elle, là, j’ai plus son nom… elle réfléchit. Elle observe. On le voit à la façon dont elle se déplace sur le ring. Une vraie vipère.

Je me relève de ma chaise pour m’étirer un peu avant d’aller cogner le sac de frappe. Mes épaules nues roules d’avant en arrière, partent à droite puis à gauche pendant que je pivote d’un côté puis de l’autre. Les cervicales. Très important, les cervicales. Alors je roule ma tête sur mes épaules, les yeux fermés. Toujours se recentrer avant un combat, même si c’est avec un sac de frappe.
Lorsque je les ouvre à nouveau, c’est pour faire quelques petits sauts. On déplie les chevilles, toujours, on reste focus, focus, focus sur notre corps, toujours notre corps. C’est pas le sol que tu dois sentir sous tes pieds, mais ton corps tout entier, et rien que lui. Les mecs ici, je sais pas si ils s’en rendent compte. Ils se foutent de ma gueule quand je sautille comme ça, et ils comprennent sur le ring que quand je m’arrête de sauter, ils sont foutus. Mais je leur expliquerai pas. Ils sont trop —

Ah. J’attrape le regard de la petite nouvelle. Je m’arrête dans mes petits sauts pour la féliciter d’un hochement de tête alors que mes mains se rejoignent pour l’acclamer silencieusement, tu vois ? Un lent clap-clap.

513 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

TW idiots to lovers
tw : sang

Mon corps dégouline, je me sens crade. Crade, fatiguée et endolorie. Mes cheveux, trop longs, se dispersent sur mes épaules quand je penche la tête, étirant mes cervicales avec une grimace. Un coup dans les côtes mal encaissé et la douleur commence déjà à remonter dans mon cou, jusqu'à mes vertèbres. Fait chier. J'vais avoir l'air fine si j'arrive au bureau en boitant. Déjà que je fais toujours gaffe à jamais prendre de coups dans le visage, si en plus faut que je surveille le reste de mon corps, je vais plus jamais pouvoir monter sur le ring. Les coups, ça fait partie du jeu. Et ça a un côté un peu exaltant, de sentir le sang pulser, le coeur s'emballer, la douleur se répandre. C'est un peu comme faire un saut dans le vide sans savoir si y'a un truc pour te rattraper.

L'inquiétude de pas savoir qui tu vas affronter, c'est ça qui me porte dans la fosse. Le risque ou la peur, l'adrénaline d'arriver avec rien d'autre que tes muscles et la conscience que tu risques bien de morfler si t'y vas pas à fond. J'suis encore nouvelle ici, mais j'ai vite compris que tout le monde était là pour cogner, pas pour se faire des amis. Tant mieux. L'aïkido, c'est trop sage. Ici ? Je peux me défouler comme je veux, tous les coups sont permis. Ou presque. Interdiction formelle de tuer son opposant, ça risquerait d'attirer trop d'ennuis aux gérants. Je peux comprendre, mais franchement ? Je m'en moque. Ouais, ça me ferait flipper de me savoir entourée de gens qui peuvent me tordre le cou en deux secondes, et j'suis sûre que y'en a qui peuvent, mais j'ai appris à bien sélectionner mes adversaires. Enfin, j'ai appris. J'ai appris de mes erreurs ouais.

Il capte mon regard.

Je plisse aussitôt les yeux. Alors, verdict ? Son hochement de tête et les applaudissements lents et silencieux qu'il me réserve sont suffisants pour que je comprenne qu'il a regardé le match. Que je m'en suis bien sortie. Suffisamment bien pour qu'il prenne le temps de me féliciter après. Je lui accorde un signe de tête respectueux, sans sourire ni me lever pour aller le voir. De toute façon il se prépare, j'imagine qu'il va monter sur le ring. Ses mains sont bandées et il s'échauffe.

J'hésite. Je pourrais partir. Rentrer et me doucher, le sang séché c'est dégueu. Mais j'ai envie de le voir se battre. Je reste toujours pour le voir se battre. Alors, comme les autres soirs, je reste.


________
425 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

TW idiots to lovers
Je souris, et repars à mes échauffements. Je sautille. Je déploies les muscles de mes jambes. Je me concentre sur chacun d’eux. Je porte la concentration jusqu’à mes hanches que j’étire en sautillant. On remonte encore. Abdos, obliques. On remonte encore. Pectoraux Deltoides. Je sens le sang qui y afflut. Focus. Sur chaque muscle. On descend le long des bras, jusqu’aux doigts. On remonte. On passe au dos. On suit la colonne vertébrale, et on descend jusqu’au bout.

J’arrête de sauter. Mon corps est nerveux de la tête jusqu’aux orteils. On chauffe les muscles en profondeur en tapant dans le sac de frappe, et après on monte sur le ring. Personne à l’air de vouloir y aller. Peut-être parce que pulse encore la sueur épaisse du combat qui a suivi. Ça en gêne certain. Pas moi.
Mes pieds m’emmènent jusque devant mon sac de frappe. Une fois devant, je me mets en position.
Je fais légèrement sautiller mes appuis devant le sac. Gauche. Droite. Je tourne autour. Le cuir oscille à peine.
Crochet du droit.
Je le touche sans force, juste pour prendre de la distance. Encore. Encore. Le sac recule. Je le laisse revenir vers moi. Crochet du gauche. Je pivote sur l’avant du pied et ma hanche suit naturellement, mon corps à fait ça des milliers de fois. BAM. Je souffle entre mes dents. Mes poings reviennent systématiquement devant mon visage. Je réfléchis plus. Frapper, revenir. Frapper, revenir.
Je recommence.
Gauche. Droite. Crochet. Je descends. Je frappe. Je remonte. Uppercut. Le sac balance franchement. Je bouge avec lui. Je le suis de mon corps. Suivre son adversaire, observer ses mouvements. Je recule lorsqu’il revient, change d’angle, repars dans la foulée. Droite. Gauche. Bam. Bam. BAM. Ma respiration se cale sur les coups. Elle est courte. Sèche. Mes bandes tirent contre mes phalanges à chaque impact.
Je commence à accélérer. Le sac revient, cogne contre mon épaule. Je le repousse de la mienne et je frappe. Un coup sec du droit. Il revient, je décale. Je le saisis des deux mains et plante mon genou dedans. BAM. Encore. BAM. Je le pousse en arrière. Il revient. Cette fois, mon coude l’accueille. Le choc me remonte jusque dans l’épaule et m’arrache un souffle du nez. J’adore ça. J’adore sentir mes muscles se déchirer sous ma peau.
Je tourne. Le sac oscille. Je lui mets un coup de pied dans le flanc qui l’envoie de travers, je repose immédiatement le pied et reviens dessus avant même qu’il finisse son mouvement. Poing. Coude. Genou. Je tape. Je tape. Je tape encore. La chaîne gémit au-dessus de lui. Le bruit du choc contre le cuir résonne dans la salle. Mais pour moi, il n’y a plus que mon corps qui existe.

458 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

TW idiots to lovers
tw : sang

Il sourit. Il sourit et ça me donne presque envie de sourire aussi. Mais j'en fais rien, je continue à le regarder en silence, l'expression indéchiffrable, curieuse de voir ce qu'il va faire ensuite. C'est fascinant de le regarder bouger, comme une sorte de danse, de rituel qu'il accomplit et qui n'a de sens que pour lui. Ça me frustre de ne pas comprendre l'ordre de ses gestes, de pas savoir ce qu'il a en tête quand il fait tel ou tel mouvement. J'aimerais savoir ce qu'il pense, à quoi il réfléchi ou si, au contraire, il a la tête vide et qu'il aime ne penser à rien, ne pas se casser la tête, mettre son corps en automatique. Et je m'en veux de me poser toutes ces questions, d'être aussi curieuse.

Je suis pas venue ici pour m'intéresser aux autres. D'ailleurs, les autres, j'en peux plus. Chercher untel ou une autre, enquêter, passer ma vie à fouiner dans la vie de quelqu'un d'autre, c'est pour le travail et le travail seulement. Ici, j'ai pas d'identité. Je suis une anonyme parmi les autres, je ne suis même pas Miya. Je suis un visage de plus, une paire de poings, un corps en plus. Juste un enfant dans un repaire d'adultes. Ouais, comme une enfant, c'est comme ça que je me sens ici.

Je suis pas une combattante très féroce. Oh, je suis acharnée, j'ai la rage au ventre et je cogne la personne en face avec autant d'énergie que les autres, mais je ne suis pas une combattante au sens propre du terme. Je connais l'aïkido. J'ai appris à sculpter mon corps. Je sais donner des coups classiques. Je peux envoyer mon adversaire au tapis. Mais j'aurais jamais un style de combat spécifique, je serais jamais un nom acclamé par la foule dégoulinante de sueur, en délire, avec l'envie pressante de me voir l'emporter pour pouvoir hisser mon poing vainqueur vers le ciel. Non, je suis pas ce genre de personne. Je suis le serpent qui attend, caché dans l'ombre, je suis la vipère qui sort de son trou au bon moment, je suis le cobra qui sait achever ses victimes d'un coup bien placé, je suis le boa qui sait évaluer son ennemi et estimer sa force, je suis le mamba noir qui n'a peur de rien mais prend le temps de choisir un angle d'attaque. Un serpent, je suis un serpent. J'attends ma proie, je l'analyse, je découpe ses gestes, j'observe tout.

Et je frappe.

Lui ? Lui il est la force brute, la force pure, la force solide. Et je continue de l'observer dans mon coin tandis que le sang sèche sur ma peau, que ma respiration s'apaise, que le rythme de mon coeur se calme. Je le regarde cogner, encore, encore, et encore, et encore, sans s'arrêter. Je le regarde et je me demande à quoi il pense. Pourquoi il fait ça. S'il aime cogner ou s'il cherche à se punir de quelque chose. S'il aime la violence ou s'il est là parce que son coeur est brisé. Va savoir.

Serviette autour du cou, j'essuie maladroitement mon visage. Le plus vite possible, pour ne rien rater de ce qui se passe sur le ring. Bam. Bam. Il frappe dans un rythme régulier. Ça me fascine.


________
549 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

TW idiots to lovers
TW : sang

J’arrête enfin. Mes mains attrapent le sac de frappe contre lequel je viens reposer mon front, la bouche ouverte, le corps en sueur. Ok. Là, je suis chaud. Je suis bien, bien, bien chaud. Je lâche le sac et recule de deux bons pas. Je sécurise mes bandages en tirant dessus avec mes doigts, parce que si ils me lâchent en plein combat, je vais avoir l’air d’un gland.
Et le Kelpy, il doit avoir l’air d’un Kelpy.

Je m’éloigne pour rejoindre le ring. J’aime bien, cet endroit. Ici, je veux dire. Plein de Moldus, je m’y sens comme chez moi. Et l’ambiance est bonne. Je peux m’entraîner tranquille, tabasser des gens et ne pas me faire suivre dehors parce qu’une victoire a pas plu à quelqu’un. C’est clean, et c’est parfait quand j’ai juste besoin d’être au calme.
Enfin. Au calme, faut le dire vite. C’est pas un salon de thé.

J’accroche une corde et me hisse après. La seconde suivante, je bondis au dessus et retombe dans le ring. Je sautille déjà, mais juste pour tester le sol. On sait jamais, avec les deux gonzesses avant dessus. Ah, je vois qu’on a laissé un peu de sang. Du bout du pied, j’efface un peu, juste de quoi laisser une traînée rouge sombre. C’est celui de qui, tu crois ? Le hamster sous stéroïde ou la bourrine ? Je me pose la question, vraiment.

J’ai pas le temps d’ouvrir la bouche pour inviter quelqu’un à la baston : un mec monte déjà. Je souris en le reconnaissant. J’ai plus son nom, mais je le vois souvent. Il fait ma taille, mais il a pas tout à fait le même gabarit. Lui, je pense qu’il devait faire un truc sportif du genre rugby ou je sais pas, un truc du genre. Comment je le sais ? Les oreilles, déjà, qu’il a en chou-fleur, et la bidoche qu’il a au niveau des obliques et des abdos. C’est de la force brute. Pas un mec rapide. Mais un gars résistant. Tu le vois au premier coup d’œil. Il tape, il sèche.

Je sautille déjà, excité d’avance d’avoir un bon gros tas de viande devant moi. Lui ? Il bouge pas. Il s’ancre dans le ring. Il lève les poings et … ah, un lutteur ! Oh, bordel, ça j’aime bien j’aime bien j’aime bien ! C’est du challenge, ça ! C’est du gros, gros challenge !
C’est complètement le genre de profil qui match pas avec mon style de combat. Je pourrai faire la liste mais… pas trop le moment, hein ?

« Vu les oreilles que t’as, j’parie que t’es Écossais ! » je lance en passant d’un pied à un autre comme un cabri. « Ta mère devait te soulever par là pour te montrer à quel point c’est plus joli du côté de l’Irlande, hein ? »

Je souris. Ouais. Je préfère provoquer un peu pour que ce soit lui qui se jette avant moi. Parce que si c’est moi, je suis foutu.

504 mots
Dernière modification par Lloyd River le 22 sept. 2026, 10:59, modifié 1 fois.

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

TW idiots to lovers
tw : sang

Il continue. Et ça frappe, ça frappe, ça frappe. Jusqu'à ce qu'il décide que ça fait assez, qu'il a eu ce qu'il voulait, qu'il est bien assez réchauffé comme ça. Et moi je continue de l'observer. J'attends qu'il se décide, j'attends qu'il prenne la direction du combat. Il va finir par se battre, je sais qu'il va le faire. Parce qu'il m'intrigue, parce que depuis que je suis là c'est le seul qui a assisté à quasi tous mes combats, parce qu'il a ce truc dans son regard qui me fait penser à celui d'un loup fou ou d'un chien avec la rage au ventre, parce qu'il est différent de tous les autres que j'ai croisés ici, parce que, si on s'était vus dans un autre contexte, peut-être que je lui aurais offert à boire. Ici, je me retiens. Je connais pas ces gens, mais ils viennent pour taper, ils cognent et ils cognent fort, il est pas non plus là pour se faire des amis, sinon il se serait trouvé une autre activité. Non, je fais pas le premier pas parce que y'a rien si ce n'est un mur entre nous. Un mur solide, que je dresse et qui doit pas tomber. Ce mur me protège, il nous protège tous les deux, il nous empêche, sauve, éloigne, préserve ou tout ce que tu veux. Alors, à la place, je le regarde s'entraîner et se battre.

Je le regarde cogner, encore et encore, jusqu'à ce que le sac de sable se balance fort, jusqu'à ce que je ressente aussi la douleur dans mes jointures, jusqu'à ce que ça soit suffisant à ses yeux. Je le regarde s'acharner contre les types qui osent monter sur le ring en face de lui, je le regarde se donner à fond pour éteindre l'autre, je le regarde extérioriser cette force et cette violence qui me fascinent autant qu'elles m'attirent. Mais je garde le mur, je le fais pas tomber. Certainement pas.

J'attrape ma bouteille d'eau et prends une gorgée en l'observant monter sur le ring, tester le sol de ses pieds et essuyer ce qui doit rester du sang de la nana que j'ai vaincue. Ou alors c'est le mien de sang ? J'en sais rien. Son coup dans mon arcade sourcilière était plutôt méchant. Il me fait toujours un mal de chien, et je suis prête à parier que j'aurais une vilaine blessure demain.

De l'autre côté, un gars monte déjà en face de l'inconnu.

Intéressée, je pose serviette et bouteille et m'approche en trottinant, n'hésitant pas à pousser de l'épaule ceux et celles qui se mettent sur mon chemin. Je veux voir. Je veux tout voir.

S'il sourira face à son adversaire. S'il attaquera le premier. S'il assènera le premier coup. S'il va se lancer sur lui ou s'il attendra qu'il vienne. S'il compte le provoquer. Je veux tout voir, je veux être au premier rang pour assister à ce match, pour regarder ce combattant se démener, tout donner.

La provocation par laquelle il commence me fait marrer. Je lâche un reniflement amusé, ignorant les regards de travers que la foule rassemblée autour du ring m'envoie. Je veux savoir ce qu'il va faire, je veux essayer de deviner à l'avance quel sera son premier geste, son premier mouv', s'il va réussir à énerver l'autre du premier coup ou s'il faudra attendre que la tension monte. Le combat sera plus intéressant et plus intense que le mien, je le sais, j'le sens. L'air est électrique, c'est écrit dedans que ça va bientôt péter. L'orage plane au-dessus de la salle et ce sont les deux hommes debout sur le ring qui vont décider de l'heure à laquelle ça va exploser. Et moi, je mise sur lui.

Je le lâche pas des yeux.


________
629 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

TW idiots to lovers
TW : sang |extrême violence (combat)

_____
Je sais pas ce qu’il a le moins aimé : la moquerie, mon accent irlandais ou le fait que je sautille encore. Ils font pas ça, les lutteurs. Ils provoquent pas. Ils sautillent pas. Ils tournent comme des lions en cage, ils avancent tranquillement. Si je me lance mal, je perds. Il me chope, il me démonte. Moi, je suis vif, je suis agile, un vrai chat. Mais face à moi, j’ai un hippopotame, tu vois ?
Ouais, je suis un peu dans la bouse, là.
Un sifflement attire mon attention. J’y jette un regard. Eeeeeh, c’est le hamster sous stéroïde ! Elle est venue regarder. On va pas la décevoir, hein ?

Le gars, il bronche pas. Même pas un petit froncement de sourcils. La provoc’ a pas fonctionné, bon, tant pis.
Mais mon attitude, je crois qu’elle le saoule. Son menton s’est baissé d’un poil. Ses yeux se sont plissés et son poids a basculé vers l’avant. Oooh. Oh oui.
Viens voir papa, mon gros pépère.

Il avance. Je bondis aussitôt sur le côté quand son bras part. Pas besoin de bloquer ce genre de truc quand on peut simplement ne plus être là. Son poing passe devant mon nez et je profite de l’ouverture pour lui en coller une dans les côtes. Une. Puis deux. Le mec grogne, mais encaisse. Il s’est déjà retourné vers moi.
Moi ? Je rebondis déjà hors de sa portée, sourire aux lèvres.
Je lui fais même un petit signe de main : viens.
Et il vient. C’est qu’il est obéissant, le tas de viande !
Ouais, mais le tas de bidoche, il en est pas à son premier combat, hein ? Il sait ce qu’il a en face.
Le tout, c’est le mouvement. Ne laisser aucune ouverture.
Alors quand il commence à me suivre vers la droite, je me dis que… faut tourner.
Je tourne, je tourne, je tourne. Je repars sur la gauche en changeant d’appui et je lui balance un coup de pied dans les côtes, là où j’ai tapé tout à l’heure. Il essaie de me choper la jambe au retour, je sens même ses doigts qui frôlent mon pied. Je plie ma jambe et lui rebalance en pleine poire. Le pied tape direct dans son pif. Sa tête part en arrière, ses doigts s’ouvrent en grand.
Oh la belle ouverture.
Je fonce. Évidemment que je fonce !

Je pose le pied et rentre immédiatement dans sa garde. Mon poing part dans ses côtes. Encore les mêmes. Je sens son corps plier sous l’impact et j’envoie l’autre vers sa mâchoire.
Sauf… qu’il la prend. Il la prend sans reculer. Zut. Sa main se renferme autour de mon bras. Elle bloque mon poignet. Je tire. Rien. L’autre bras me ceinture. Il aurait eu un couteau, je serai mal. C’est à ça que je pense direct, parce que, eh, ça m’est déjà arrivé !
Je lui plante immédiatement mon coude dans le flanc. Une fois. Deux. Trois. Il serre d’avantage et me rentre dedans, front contre ma tempe, tout son poids poussé vers l’avant. Il recule sa tête et me frappe furieusement dans le côté du crâne.
Ma vision saute. Une vraie image mal réglée : le ring se décale, revient, se dédouble une demi-seconde. Mon oreille siffle, et j’ai même pas le temps de savoir si ça fait mal — ça fait mal que mon coude repart.
Une fois.
Deux…
Il me serre.
Ouais, là je suis mal barré. Pense couteau, Lloyd. Pense comme si il avait un couteau.
Ma jambe se relève pour planter mon genou dans son ventre. Une fois. Deux fois. Il encaisse. Bordel mais c’est quoi ce type ?
Tu veux jouer réglo ? Sur ton champ de bataille à toi ? Mec, moi je joue sale.

Ma tête part dans la sienne. Une fois. Deux fois. Je tabasse sa tempe avec ma tête jusqu’à voir trouble. Il me repousse dans un grognement. Je bascule sur mon pied gauche et lui envoie le droit. Le coup heurte ses deux bras rassemblés devant son visage. Mon pied retombe. Je bascule sur lui. Il baisse sa garde, près à me taper. Je vois le poing partir vers moi. Mais j’ai déjà pris appui sur mon pied droit pour rebalancer le gauche. Mon talon heurte sa mâchoire. La tête part avec le coup. De nouveau sur les deux pieds, je l’accueille d’un uppercut bien crasseux direct dans le pif. La tête bascule. Il chancelle. Je le chope par la nuque pour le ramener vers moi, je le plie en deux. Je lui envoie mon genou dans le nez. BAM. BAM BAM. Le gars casse ma prise en balançant ses deux grosses paluches sur mes avant-bras. Des sursauts électriques engourdissent mes membres, mais mes doigts sont croisés derrière sa nuque. Je tape, encore. BAM. BAM. BAM. Il lâche rien, il tape encore. Et bientôt, il tape plus. Il griffe, le bâtard. J’éclate de rire, un vrai grognement de chien. Je le relâche — je me suis fait tatouer, et je tiens à mon Kelpy d’encre, tu vois — et recule en quelques bonds. J’ai la tête qui tourne, mais j’ai pas sa tête à lui. Woooow c’est vilain, ça !

Le mec passe d’un pied à un autre, la gueule en vrac. Il se remet en garde. Mais il titube.
Je souris, extatique. Je saute d’un pied à un autre en secouant mes doigts engourdis. Allez, Lloyd. On se remet.
Je reviens sur mes deux pieds, légèrement de biais. Coudes contre mon corps, mains légèrement ouvertes et sourire aux lèvres.

931 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

TW idiots to lovers
tw : description de combat

Son regard vacille vers moi une seconde, seulement une petite seconde. Et mon coeur s'emballe, je voudrais lui dire que je mise sur lui et que je partirais pas tant que le combat n'est pas terminé, mais j'ai peur de briser sa concentration si j'ouvre la bouche. En plus j'aurais l'air idiote, c'est pas non plus comme si je le connaissais, je me contente de l'encourager face au mastodonte en face de lui sur le ring. La vache, ça va être coriace comme match. Puis il tourne la tête, le contact est rompu. Je déglutis, souris doucement, dans ma barbe, pour que les autres ne le voient pas.

Faut pas qu'ils voient. Faut pas qu'ils pensent qu'utiliser l'un permettrait d'avoir un moyen de faire pression sur l'autre, surtout pas. Surtout que je m'en moque comme d'ma première chaussure de ce type, je vais pas me mettre en danger pour lui. Sûrement pas. Probablement pas. Rhaa, j'ai le réflexe stupide de mordre l'intérieur de ma joue au moment où le demi-géant s'élance sur le ring, ce qui me fait grimacer juste au début du combat alors que je devrais être ravie que les hostilités soient enfin ouvertes. Bah, pas grave. Je retiens les larmes de douleur qui se sont accumulées sur le bord de mes paupières — la vache, j'ai mordu fort ! — et je regarde tout ce qui se passe en plissant les yeux, attentive au moindre geste de chacun, pour ne rien rater du tout.

Première attaque. Il esquive, donne deux coups dans les côtes de son adversaire qui encaisse. Je retiens mon souffle quand le poing de ce dernier passe près du visage de l'inconnu, avant de me relâcher quand il s'écarte à temps. Quoique pas pour longtemps, parce que le combat continue.

C'est rapide. Précis. Violent.
Et un sourire carnassier s'étire sur mes lèvres.

Bam, dans son nez. Le balourd accuse le coup, part en arrière. Et je mords ma lèvre, le coeur qui bat à toute allure quand l'inconnu plonge vers l'avant pour attaquer les côtes de son adversaire.

La suite se gâte au point que je retienne mon souffle, les muscles tendus à bloc, le corps prêt à bondir filer un coup de main à l'inconnu qui passe un sale quart d'heure sur le ring. L'autre chope son bras et le maintient près de lui. Une demi-seconde, je suis rassurée de ne voir aucune arme blanche, puis je repousse cette pensée très loin. Je me moque de cet inconnu. C'est pas important à mes yeux qu'il se fasse planter ou non, tout ce qui compte c'est qu'il gagne et que je comprenne comment. Je suis là pour apprendre, pour regarder, analyser. Pour tout savoir.

On est plusieurs à grimacer quand le mastodonte se prend des coups de tête violent dans le front mais mon regard ne quitte pas l'inconnu. Il est fou. Il pourrait s'assommer. C'est vraiment le culot qui le pousse à avancer, le culot et une sorte d'énergie de chien fou qui émane de lui.

Un juron particulièrement grossier m'échappe quand la situation échappe au géant qui se prend des coups de genoux sacrément violents en plein dans la figure. Je plisse le nez, ressens presque la douleur du type dans mes propres os mais je détourne pas le regard, fascinée par la violence que je vois à l'œuvre devant moi. C'est un niveau bien au-delà de ce que moi je fais, j'ai pas la capacité de me battre comme ça, nan. Moi j'esquive, je me faufile, j'attends le moment idéal pour frapper. Je suis un serpent. Lui ? Lui c'est la force brute qui va à la rencontre de l'autre, qui va le chercher et le ramène fissa par la peau des fesses pour lui coller une raclée. Mais il peut pas tenir bien longtemps dans cette position, c'est impossible, et il pourra pas continuer éternellement comme ça. Va falloir changer de stratégie, va falloir s'économiser, va falloir faire quelqu-

Un murmure parcours l'assemblée quand l'énorme gars réussit à faire repartir l'autre en arrière.

Silencieuse, je les regarde se remettre en garde, l'un sautillant et plein de vie l'autre le visage pas mal abîmé, plus ou moins chancelant.

Je souris, plisse les yeux.
Vu l'état de son adversaire, l'inconnu a presque gagné.


_______
711 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

TW idiots to lovers
TW : description de combat | sang | violence

La langue de mon gros pépère passe sur ses dents. Il crache une grosse traînée rouge sur le ring. Il a une sale tête, le copain. Son nez fait la tête. Il inspire bruyamment, par la bouche, hein, parce qu’il peut pas trop se permettre de faire autrement. Il secoue une fois la tête.
Allez. Reviens parmi nous, mon gros !
Je sautille.
Lui, non.
Il relève les yeux sur moi. Et là-dedans, quelque chose à changé. Plus de colère. Plus d’envie de me cogner. Je souris grand en corrigeant un peu ma posture. Il veut faire l’hippopotame ? J’vais me faire grosse panthère.

Ma tête roule sur mes épaules. Une fois.
J’arrête de sautiller. Je fonce. Et lui aussi. On se rentre dedans au milieu du ring.
Mon poing gauche part. Il le prend sur l’avant-bras. Mon poing droit descend immédiatement dans ses côtes déjà amochées. Il grogne, se plie juste assez pour que je puisse remonter mon coude et lui descendre sur la nuque.
Mais il recule sa tête. Je rate. Sa main chope mon épaule. Je la dégage d’un coup sec et lui envoie mon front dans la pommette.
La réponse est immédiate : son poing me percute le ventre, direct dans l’estomac. Mes yeux exorbités, une envie de gerber me remonte direct dans la gorge. La douleur explose, prend tout mon buste, engourdi mes hanches. Ça dure qu’une seconde, t’es sûr ? J’ai l’impression que ça dure des minutes. Ma bouche s’ouvre. Rien ne sort. Je plie.
Grosse erreur. Sa main s’écrase derrière ma nuque. Mon corps pars vers lui au moment où son genou remonte. Je vois l’impact avant qu’il arrive… et je peux rien faire.
BAM.
En pleine tronche.
Ma tête part en arrière. La douleur prend la forme d’un flash blanc qui m’aveugle. La douleur, hein ? Le cerveau qui a méchamment prit. La vue du plafond m’explose en pleine tête. Puis ma tête revient vers lui, se perd un moment sur la foule, les cordes, le hamster… puis lui.

Je recule en titubant. Un pas. Deux. Mes jambes ont oubliés comment fonctionner, je crois. Mais les cordes me récupèrent dans le dos.
Sans le quitter des yeux, j’essuie mon nez et ma bouche de ma main bandée. Un bref regard pour mes bandes blanches. Ouais. J’ai prit cher. Très cher.
Comme lui tout à l’heure, je crache sur le côté.

Pas le temps de souffler, évidemment : il revient. Bien sûr qu’il revient. Il a capté que j’ai salement encaissé le coup.
Et il revient vite. Il fonce. Moi, je suis toujours dans les cordes, appuyé nonchalamment — pas par style, mais parce que ça fait du bien de se poser un peu. La bidoche arme le poing droit. Je vois l’épaule tourner.
Mon corps bouge.
Son poing passe là où était ma tête, il s’écrase dans les cordes. Moi ? J’ai déjà mon poing qui se fracasse dans ses côtes libres d’accès. Il grogne, il s’écarte déjà des côtes. J’ai pas reculé. Lorsqu’il balance son poing gauche, je pivote, le poing part à côté. Il veut me sécher. Il déconne plus. La tête, hein ? Vise la tête, mon gars. Tu cherches à taper en haut, tu laisses découvert ton buste.

Mon poing part à nouveau dans ses côtes. Encore. Encore. Le troisième, il l’attendait et il finit par rabattre son coude contre ses côtes. Voiiiilà. Mon poing remonte immédiatement dans sa tronche. Il prend. Sa tête part sur le côté, revient aussitôt et son bras se fracasse en travers de mon torse.
Je recule.
Il avance.
Je frappe.
Il frappe.
Ça devient sale. Ni lui ni moi ne reculons. On se fracasse. Son poing me frôle la joue, le mien s’enfonce dans son ventre. Il me chope par l’épaule, je lui fracasse mon avant-bras dans la gorge. Il tire. Je lui rentre dedans. Nos fronts se cognent.
Je sens ses doigts chercher ma taille. Oooh non, je vois ce que tu cherches à faire. Mes sens se mettent en alerte : si il me chope, il me jette et là, au sol, je suis foutu.
Alors tout s’arrête. Mon cerveau se débranche.

Mon poing lui éclate le pli du coude. Une fois. Deux fois. Le mec lâche enfin dans un grognement douloureux. Je lâche rien. Son bras vient à peine de retomber mollement que ma main gauche lui chope le poignet et le tire vers moi. Mon coude droit remonte dans sa bouche. Sa tête part en arrière et un bruit rauque lui sort de la gorge. Je sens son bras tirer dans ma main, alors je serre. Tu voulais me choper ? Reviens pas sur ta décision, mon copain : on reste ensemble, maintenant.
Mon genou lui rentre dans le ventre. Son corps plie. Son souffle s’écrase contre mon épaule. Je recommence. Même endroit. Et cette fois, il contracte trop tard.
Son ventre s’enfonce sous mon genou et il expire un coup, un gros souffle crade. Toute sa carcasse se replie autour de la douleur. Chacun son tour, hein ?
Sa main libre descend vers moi, vers ma jambe. Il veut qu’on arrête de danser ? Pas moi. Mon pied retombe au sol, je lâche son poignet. Il croit que je recule, mais… non. Je pivote. Mon coude lui fracasse la tempe.
Ses yeux ont décroché une demi-seconde, la bouche entrouverte.
Je vois tout. tout. Son pied gauche qui cherche son équilibre. Son bras droit qui remonte trop lentement. Son coude gauche toujours collé à ses pauvres côtes. Sa bouche ouverte parce que son nez sert plus à rien.

Mais il reste en garde. Je souris. Ça me va. Une garde, ça se brise, et c’est même vachement marrant.
Mon pied gauche part bas. Un coup sec dans l’intérieur de sa cuisse. Sa jambe chasse sur le côté. Il grogne et redescend immédiatement une main. Trop tard, copain : mon pied a déjà retrouvé le sol. Je pivote dessus, le pied droit monte haut. Il voit ma hanche tourner et ses deux bras remonte devant sa tête. Mon tibia s’écrase dans sa garde.
BAM.
Il encaisse.
Je retombe. Mais je repars avec l’autre pied. Tout de suite. Pas le temps de reposer correctement. Mon endurance est pas aussi bonne que la sienne, alors autant faire ça rapidement.
Ma jambe gauche fouette ses côtes, toujours les mêmes. Le bruit change. Il se tord autour de mon pied et un son lui échappe. Un vrai cri étouffé qui me provoque une montée d’adrénaline que je cherche pas à contrôler.
Mon pied retombe, et le mec se replie immédiatement sur ses côtes. Son coude descend, son épaule aussi. Son visage se crispe tellement que ses yeux se ferment une demi-seconde. Une demi-seconde en combat ? C’est énorme.
Je reprends appui.
Il relève les yeux.
Moi, j’ai déjà tourné. Ma hanche part la première. Mon pied quitte le sol. Ma jambe remonte, vite, beaucoup plus haut que le coup précédent.
Il comprend. Je le vois à ses yeux. On partage un regard ensemble. Il ne sourit pas, mais moi…. Moi, je souris pour de bon.
Sa garde essaie de remonter, mais c’est trop tard. Mon pied passe au-dessus. Et frappe sa tempe.

L’impact est violent. Je sens le choc jusque dans ma hanche.
Sa tête part sur le côté. Son corps s’arrête. Pas de grognement. Pas de main qui essaie de me choper. Pas de gros pépère increvable qui revient encore à la charge. Rien.
Ses bras tombent. Ses genoux lâchent. Tout son poids part d’un coup, comme si quelqu’un venait de couper les fils d’une grosse marionnette.
Je repose mon pied au moment où il s’effondre.
Son genou tape le ring en premier, puis son épaule. Sa tête suit. Le son de son corps qui s’écroule est lourd.

Je recule d’un pas. Je m’accroupis pour le regarde, la tête penchée sur le côté. Je reste comme ça quelques secondes, me laissant le temps d’essuyer encore une fois mon visage de ma main bandée.

« Fais de beaux rêves, mon gros », je lâche en me redressant. Hmmm… j’ai mal un peu partout. Je le sens quand j’essaye de faire rouler mes épaules. Je grogne un coup.

Sans un mot, je rejoins les cordes. Je m’y accroche et passe entre deux. Me voilà de retour sur le plancher des vaches.
Et j’ai grave soif.

1391 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin