La Maladie d'Amour

Il est beau, son sourire. Et il a l’air sincère. Ça me percute fort. Il a un beau sourire. Pas un sourire moqueur comme j’ai déjà pu voir chez lui. Nan. Lui, il est vrai. Je crois qu’il a aimé. Et j’aime qu’il aime ce… compliment ? C’est un compliment ? C’est la vérité, non ? Tu le sais que t’es doué. T’as pris ma main quand je te l’ai donnée, t’as pas hésité, ça veut dire que tu le sais, que t’avais pas peur de te gourer. Comme quand on me demande de chanter, ou de jouer. On sait quand on a du talent.
Mais c’est vrai que ça fait toujours plaisir quand on reconnaît notre talent. Moi aussi, ça me fait sourire quand on me dit que je chante bien. Je le sais, mais… ça fait plaisir.

Je souffle un rire quand il remarque que mes doigts ont rencontré plus de mâchoires qu’autres choses. Wow. T’es fier de ça, Lloyd ? Ouais, je suis fier. J’adorais le combat. Qu’on hurle "Kelpy" dans la fosse, qu’on vienne m’embrasser parce que j’avais fait gagner un pauvre type qui avait parié toute sa vie sur ma victoire. C’est marrant. Je me sentais utile. Jamais débile. Un peu abruti quand je prenais un sale coup mais… jamais débile. Frapper, c’est simple. On te demande que ça. Cogner, cogner, cogner et gagner. Parfois, on te demande de te coucher, parce qu’un mec puissant ou dangereux — souvent les deux — a parié sur ton adversaire. Je me suis jamais couché. J’ai jamais aimé perdre. Tu le vois dans mes doigts, ça, Sulien ? J’en viens à me dire que tu peux tout voir quand tu passes tes doigts sur les miens. C’est un truc de fou.

Mon coeur rate un méchant battement avant de se serrer. Matérialiste, je pouvais entendre, parce que je pense qu’il veut parler de ma collectionnite aiguë.
Mais le complexe d’infériorité… il secoue fort. Il secoue salement.
Ouais. C’est vrai. C’est horrible… mais c’est vrai. Je suis entouré de gens géniaux qui réussissent. Ça commence par Jude. Jude qui est si intelligente, calme, droite dans ses bottes qui pourrait dévorer le Monde sans forcer tellement elle en a dans la caboche. Ma grande soeur qui me rend tellement fier… je l’envie. Je me sens petit à côté d’elle. C’est sale. Je déteste ressentir ça. C’est pas bien.
Et ça, tu le vois… tu dis que c’est pas sûr. C’est gentil. Mais jusqu’à présent t’avais raison, pourquoi là tu aurais tort ? Parce que ça fait mal ? T’es cool, Willows.

J’écoute. J’écoute encore. Mes yeux plantés sur ses doigts qui sillonnent les miens. Ses longs doigts blancs. Il a des mains de pianiste. Des doigts comme des pattes d’araignées. J’aimerai bien savoir ce qu’elles disent de toi, tes mains, tu sais ?
Un nouveau rire m’échappe. Luxe et beauté, frère, t’as vu mes sapes ? J’ai les mêmes Docs depuis dix ans.
Bordel c’est violent quand même d’entendre dire tout ça. Je crois que j’ai jamais vécu quelque chose d’aussi intime avec quelqu’un. Le pire, c’est que ça me dérange pas. Il pourrait se foutre de ma tronche, hein ? Faire une petite remarque à chaque découverte… mais il le fait pas. Il le fait pas.

Mon corps frissonne à nouveau, maintenant que ses doigts caressent — nan, lisent — ma paume. Je me laisse faire. Ces doigts qui courent sur ma peau me rappellent ceux de quelques femmes qui dessinait des cercles dans mes mains ouvertes, leurs cheveux chatouillant mon poignet, un joli sourire aux lèvres. T’es pas une femme, Sulien, mais j’aime bien.
Comment ça, j’aime bien ?
Comment ça moi j’aime bien ça ?
Chris m’aurait fait un coup comme ça, je lui aurai retourné le poignet. Punky, je …

Je relève les yeux sur lui, le cœur battant. Il continue à parler, à me lire. Il dit des trucs que je comprends pas parfaitement. Ok. C’est chelou. C’était déjà déstabilisant qu’il réussisse aussi bien à tout comprendre juste avec ses doigts alors que les psys que j’ai vu gosse étaient pas foutu de me ressortir le quart de ce qu’il a vu, lui. Mais là… là, j’ai un truc bizarre qui me fait vriller le cerveau.
J’aime bien.
J’aime bien ce qui se passe.
J’aime bien qu’il comprenne.
J’aime bien qu’il soit gentil et doux avec moi.
J’aime bien qu’il comprenne sans juger.
J’aime bien la façon dont il dit tout ça.
J’aime bien, bordel.

Je reste silencieux, les yeux accrochés à ses lèvres qui se sont tût.
Il est gentil. Il comprend. Il juge pas. Pourquoi il juge pas ? Il a des munitions à plus savoir quoi en faire, là ? Pourquoi…
Il ne juge pas ?
Pourquoi c’est lui qui est gentil avec moi ? Pourquoi il a pas profité de tout ça pour faire un parallèle avec lui ? Pourquoi il saute pas sur l’occasion de me sortir un “moi je” comme Miya ?

Je comprends pas.

J’arrive pas à … comprendre pourquoi j’aime bien, et pourquoi je le compare à Miya.

« Est-ce-que… » je déglutis en remontant les yeux jusqu’aux siens. « Ça se soigne…? Tout ça, j’veux dire, le… scuse, j’ai… » je détourne les yeux. Mes doigts tirent mes cheveux en arrière. « Ça fait grave bizarre de… voir ce que t’es capable de faire. Même ma daronne pourrait pas dire tout ce que toi t’as vu et… même les potes qui me voient tout les jours non plus. C’est juste… » Je souffle un “wow” rieur, nerveux. « C’est un truc de malade. Et t'as les mains vachement douces. »

944 mots

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La Maladie d'Amour
Je garde mes mains sur la sienne pendant un long moment. Je ne sais plus où les mettre en fait. J'ai l'impression qu'elles sont bien là où elles sont même si je n'ai plus rien à lire. J'aime bien avoir quelque chose à faire avec mes mains, que ce soit tenir une plume, jouer du piano ou autre. Je n'ai aucun problème d'hyperactivité, c'est juste, j'ai besoin d'utiliser mes mains. Parfois, je me dis que je vois mieux avec ces dernières qu'avec mes yeux, c'est pour ça d'ailleurs, les yeux qui bougent dans les paumes de mes mains. J'ai travaillé mon toucher pendant des années et maintenant, je ressens toutes les subtilités sous ma peau. C'est assez pratique, surtout pour la chiromancie.

Je l'écoute parler. Il me demande si ça se soigne comme si sa main contenait une maladie. Ce qui t'attend, oui, tu peux le changer, parce qu'on peut tous faire le choix de changer pour le meilleur. Ta main changera peut-être légèrement aussi. Lloyd reste toujours époustouflé par mes connaissances et je me garde de lui dire que n'importe quel de mes élèves pourrait faire ce que j'ai fait avec un peu d'entraînement. Mais, je comprends que pour un sorcier qui ne pratique pas, ça soit comme une sorte d'événement extraordinaire.

Je m'apprête à le rassurer avant qu'il ne dise que mes mains sont douces. Wow, okay, ça... ça c'est bizarre. Pourquoi il me dit ça ? J'entends ce genre de compliment quand je flirt avec les autres pas... Pas dans des situations comme celle-ci. C'est normal ? 'Fin, je veux dire, c'est... C'est Lloyd, pas- Pas un gars ou une meuf que je peux rencontrer dans un bar. C'est... C'est peut-être normal. Ouais. Je ne sors juste pas assez et je ne parle pas assez avec les autres pour savoir. Voilà. Oui, c'est ça. C'est juste un compliment comme un autre. Pas besoin de rougir. Bouse, j'ai les oreilles qui chauffent beaucoup trop. Je reprends mes mains pour en placer une devant mon visage. Pourquoi je rougis ? C'est juste un compliment que j'ai entendu des centaines de fois. Mais je suis censé réagir comment quand ça vient de mon pire ennemi ? 'Fin, bouse, je n'étais pas préparé à ça moi !

"Hum... C'est... rien. 'Fin, je veux dire- Avec un peu d'entraînement n'importe qui peux le faire et la divination permet de voir les choses qui ne se voient pas à l'œil nu donc, hum, c'est normal.", c'est bon, Sulien, respire et arrête de paniquer pour ça. "Sinon, tu peux changer ton destin, c'est jamais fixe tout ça. Certains aspects de ta main peuvent changer comme les monts. Par exemple, le mont de Venus à tendance à gonfler quand on est en couple...", pourquoi je lui dis ça même ? "Enfin, bref, t'as pas à t'inquiéter pour ça... Et, hum, tu complimentes beaucoup les autres ou..." t'es soudainement trop proche depuis bien un moment ?

490 mots

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La Maladie d'Amour
Pourquoi je lui ai dit ça ? Pourquoi mon cerveau est incapable de filtrer ce que je dois dire ou pas dire ? C’est bien l’honnêteté, hein, c’est même ultra important. Mais là, on est pas face une jolie nana. On est face à Sulien Willows.
Qui me tient les mains.
Et j’aime bien.
J’aime bien qu’il ai ses doigts autour du poignet. C’est complètement débile. Ce ne sont que des doigts. C’est qu’un contact après lui avoir demandé de lire mes lignes de main. C’est tout.
Mais j’aime bien.
Et j’aime bien qu’il rougisse. Ça met un peu de couleur sur son visage si pâle. C’est un truc que j’apprécie, ça. Faire rougir les gens. Les filles, en général. Quand je leur fais un compliment, quand je les regarde trop longtemps dans les yeux en souriant. J’aime voir leurs pommettes virer au rouge. Ça me rend heureux. Ça me donne l’impression de les atteindre et de les rendre heureuse.
Est-ce que j’ai rendu Sulien heureux ?
Eh, pourquoi tu te caches ?
J’ai vu, hein.
Je souris.
C’est un peu trop tard.
Mais ça aussi, j’aime bien.
Mais il a lâché mes mains, et… ça me manque. J’aimais bien qu’il me tienne la mienne. J’aurai aimé qu’il continue à lire ma vie. Il peut me lire les lignes du poignet ? Ça se fait ?

J’écoute attentivement ce qu’il me dit, mes sur lui. Il fait le modeste, alors qu’il vient de m’épargner des séances de psy pour comprendre ce qui cloche chez moi, t’sais. Mais il le fait d’une étrange manière. Et ça me fait sourire. Ouais. Encore.
Je peux changer mon destin ? Ouais. Je sais. Je sais, Sulien. Sauf que, ce que je sais aussi… c’est que j’en suis pas capable. C’est le passé qu’il faudrait que je modifie. Tout les choix que j’ai fait. Et ça, personne peut y toucher. Jude dirait que je peux, en oubliant tout ce qui m’est arrivé. Ouais, t’es forte à ça, Jude. Cacher sous le tapis ce qui te dérange. Mais moi, j’y arrive pas. Miya ne passe pas sous le tapis. Ou alors il en faudrait un grand. Un très grand. Bien lourd.

Je baisse les yeux sur ma main que j’observe attentivement. Mont de Venus. C’est quoi, le mont de Venus ? Il est gonflé, le mien ? Je suis en couple ? Miya et moi, on est en couple ?
Nan. Nan. On est pas en couple. On l’est ? Nan. Nan, on l’est pas. Si on l’était, je la laisserai pas se débrouiller toute seule pour…
Bref.

Je le regarde à nouveau. Les yeux grands ouverts. Je complimente beaucoup les autres ? Tu trouves ? Oh. Ça t’a gêné mon compliment sur tes mains ?

« Ben… t’as les mains douces, quoi. T'as de beaux yeux, et t’es doué. J’pense que… c’est important de dire les choses. Surtout si c’est positif, t’as capté ? »

Ma main retombe enfin, doucement. Elle se serre en poing et frappe doucement sur ma cuisse. Elle se déplie. Se replie. Se déplie. L'autre s'y rajoute pour essayer de retrouver la sensation des caresses de tout alors. C'est pas pareil. J'ai pas les mains douces.

« J’te remercie pour… la… consultation ». Je déglutis et lui offre un beau sourire. « Et… de pas en avoir profité pour te payer ma tête. T’en avais l’occasion. Tu l’as encore, en fait. Mais… bref, merci Sulien. »

576 mots

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La Maladie d'Amour
Il me complimente encore et toujours plus. J'ai de beaux yeux et je suis doué. Il faut dire les choses selon lui... Okay... Mais c'est si important de me dire que j'ai les mains douces et de beaux yeux ? T'as de beaux yeux aussi mais je ne vais pas te le dire comme ça comme si ce n'était rien. Et puis bouse, pourquoi je pense à ça ? C'est juste des compliments balancés comme ça, sans aucune pensée derrière. Ça se trouve, il joue avec moi et il me complimente pour me poignarder plus efficacement par-derrière. C'est mon pire ennemi, pourquoi ça devrait changer ? Mais alors, pourquoi une petite voix dans ma tête espère que ses mots soient vrais, que ce sont bien des compliments innocents ?

"Oui... Je vois... C'est positif donc, faut le dire."

Sulien, il m'a appelé Sulien. Pas Willows, Sulien. C'est étrange d'entendre mon prénom rouler sur la langue. Je crois bien qu'il ne m'a jamais appelé Sulien avant et surtout pas sur ce ton, doux. Je cligne plusieurs fois des yeux pour revenir au présent. Je dois avoir l'air con à être surpris comme ça. Il a juste dit mon prénom, c'est rien. Juste concentre toi sur autre chose.

"Pourquoi... Je me payerai de ta tête ?", peut-être pas ça du coup... Mais ouais, pourquoi je me payerai de sa tête alors qu'il ne va visiblement pas bien ? Parce qu'on est ennemis, c'est ça ? C'est l'ordre des choses donc je dois pour toujours me foutre de sa gueule et le rabaisser ? Et il m'a fait quoi au juste, à part me dire des horreurs ? Des centaines de gens m'ont craché à la face que j'étais un moins-que-rien, pourquoi lui, j'ai décidé que c'était différent ? Ça doit faire dix ans que je ne l'ai pas revu mais on se déteste toujours autant. En dix ans il s'est passé des millions de choses dans nos vies. Le Sulien qu'il a connu existe seulement dans des souvenirs. Je suis différent, j'ai changé et lui aussi, alors pourquoi je me laisse diriger par la haine ?

J'ai peur, c'est ça. Je hais parce que j'ai peur d'aimer de nouveau. J'ai rejeté le baiser d'Alden parce que j'avais peur, j'ai craché des atrocités à Chris parce que j'avais peur et je déteste la nouveauté parce que j'ai peur. Je vis avec la haine dans le sang pour me protéger de l'amour. C'est con, débile même. Mais, je veux plus qu'on me touche, qu'on m'aime trop pour briser ce que j'ai penné à reconstruire durant toutes ces années. Sauf que toutes ces personnes ne me veulent pas de mal. C'est moi qui détruis à la place. Je sors les armes, les crocs et les hurlements parce que j'ai la guerre dans la tête. Sauf que là, je les ai mis de côté et ça fait du bien. Pendant un court instant, j'ai pas eu à regarder chacun de ses mouvements et de ses micro-expressions pour m'assurer qu'il n'allait pas me mordre. Je suis pas fatigué, j'ai pas mal au crâne à force de tout regarder. Je crois, j'en ai marre de vivre avec la haine dans le cœur...

"T'en aurais profité, toi ?", prouve-moi que j'ai tort de laisser tout ça de côté. Hurle-moi de reprendre les armes parce que je sais pas faire sans.

561 mots

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La Maladie d'Amour
Pourquoi tu te paierais ma tête ? Parce que tu n’as jamais eu de raison pour le faire, et pourtant tu ne t’aies jamais gêné pour me faire du mal. Ça me touchait pas vraiment quand on était gosse. Ça me rendait dingue, méchant, hargneux, mais jamais triste. Tu déclenchais en moi une petite bête sauvage qui a finit par aimer mordre. Je crois que c’est avec toi que tout a commencé. J’ai cherché à planter mes crocs dans tout ce qui bougeait. J’adorais ça. Peut-être que si t’avais pas été comme ça avec moi, je serai encore le gamin tout sec que t’adorais martyriser. On saura jamais, hein ?
Quelque soit la raison, je crois que t’as changé le gosse que j’étais. Tu l’as transformé, d’une certaine manière. Je sais pas si c’est en bien ou en mal, mais le fait est que l’homme d’aujourd’hui a mal. Tu sais, j’ai jamais oublié les mots que tu m’as dit. Mais ils m’ont toujours servi de combustible. Et depuis quelques semaines, c’est moi qu’ils brûlent. Je crois que l’homme que je suis est moins fort que le gosse d’hier.

Quand je te regarde, je vois pas le sale gosse qui m’a martyrisé. Un gamin bien à l’aise dans ses pompes, confiant, qui bouffait la vie à pleine dents. Un élève modèle, avec du pognon, des amis, une petite sœur démoniaque et un cousin dévoué. Ils t’ont aidé à te construire, hein ? Mais il s’est passé quoi entre temps ? Pourquoi t’es comme ça, Sulien ? Pourquoi t’as l’air d’avoir traversé l’Enfer ? Comment t’as fait pour en sortir ?
J’ai trop de questions. J’ai tellement de questions. J’ai même pas répondu à celle que t’as posé. Peut-être parce que j’aime croire que t’as la réponse : c’est notre relation. Nous fracasser l’un contre l’autre jusqu’à ce qu’on parte chacun de notre côté.
Et pourtant, tu pars pas. Tu me fracasses pas. T’es toujours là, devant moi, à un souffle du mien. Pourquoi t’es encore là ?

Sa question me fait baisser les yeux sur les lèvres qui les ont prononcés. Est-ce que j’en aurai profité ? Si j’avais pu lire ta vie dans tes mains osseuses, est-ce que je l’aurai fait ? Je t’ai donné tout un chargeur, et t’as pas tiré. Si tu en avais fait autant… est-ce que j’aurai déchargé tout ce que j’avais sur toi ?
Est-ce que j’aurai tiré sur un homme à terre ?
Si j’avais assisté à ce que je t’ai montré… est-ce que je t’aurai envoyé un coup de pied quand t’étais au sol ?

« Nan, je l’aurai pas fait », je dis en levant les yeux vers les siens. « J’ai… pas… j’ai pas envie de me payer ta tête. »

Mon pouce caresse mes doigts d’avant en arrière. Je ferme les yeux. C’était bien, cette sensation.

« Ne plus se battre… ça fait du bien, je crois. Juste… juste lâcher prise. Penser à rien d’autre qu’à… ça. Des doigts qui cherchent des réponses qui sont évidentes, si j’t’écoute. Ou… pfff… j’sais même pas ce que je raconte. T’es là, t’es sympa avec moi, t’es genre plus doux que toutes les meufs que j’ai eu et… j’sais pas, je cherche juste à comprendre, je crois. C’est débile, je crois. »

Quand j'ouvre à nouveau les yeux, c'est pour qu'ils retrouvent les siens.

561 mots

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La Maladie d'Amour
Le silence nous trouve et ma tête replonge dans ces pensées incessantes et habituelles. Réponds-moi, je t'en prie. Dis-moi que tu me détestes de la tête aux pieds jusqu'au bout de tes doigts. Dis-moi que ce qui vient de se passer ça t'a dégoûté du plus profond de ton être et que tout ce que tu veux faire c'est effacer la douceur de mes mains sur la tienne parce que ça te brûle comme du napalm. Remets en marche les tambours de guerre, les cris, les insultes, les tirs, les bombardements, tout ce que tu veux. Ne me montre pas de drapeau blanc car je ne saurais pas quoi en faire. Ne me donne pas de colombe blanche car je tâcherai ses belles plumes blanches de la paix avec le sang que j'ai sur les mains. Dis-moi que la guerre dans ma tête à un sens, que c'est pour le plus grand bien.

Mais non, tu fais tout l'inverse. Tu baisses les armes. Tu me dis ce que cette petite voix veut entendre. Tu demandes un cessez-le-feu. Ne plus se battre ça fait du bien. J'ai dit que je baissais les armes, pourquoi je veux que ça reprenne ? La haine dans mon sang me brûle et m'étrangle. Mais, j'écoute la mélodie de la paix. J'ai tout bâtis sur le sang, ma tombe et mes bouts brisés, mais j'écoute. Puis, ce n'est pas vrai, je n'ai pas tout bâtis avec haine. Je me rappelle d'Emrys, ce petit gamin qui avait besoin d'aide et que j'ai aidé malgré tout. À ces familles qui n'avaient plus de toit et que j'ai aidées durant la chasse aux sorcières. À ces enfants que j'ai éduqués alors que leurs parents ne pouvaient pas me payer convenablement. J'ai mis de l'amour là où il n'y en avait plus, là où les grands dirigeants de ce monde ne voulaient pas y mettre le nez. Mais, je ne me suis jamais considéré comme un héros, juste comme une personne qui agissait avec un minimum de raison.

Alors, pourquoi la haine à pris toute la place au final ? Pourquoi je ne vois que ça ? C'est le poison dans ma tête du nom de "stress-post traumatique" qui me rend aveugle ? J'aimerais l'éradiquer complètement même si ça veut dire tout oublier. J'en ai marre d'avoir le cerveau qui saigne. Je veux que ça s'arrête. Putain, Lloyd je crois que je suis autant cassé que toi mais toi, t'as plus de masque pour tout cacher. Qui a osé te l'enlever ce masque de mensonge ? Ou peut-être que tu te l'ai enlevé tout seul mais pourquoi ? La vie n'est-elle pas plus simple en vivant avec même s'il se brise parfois ?

"Je crois... que je suis autant perdu que toi.", ça sort tout seul. C'est la vérité. "T'as des yeux de combattant.", je sors une autre bêtise. Les mots sortent tout seul et je me rends compte très vite de ce qu'ils veulent dire. "Hum- Ouais- Alors...", j'ose plus le regarder et je suis rouge. C'est idiot, je ne sais pas faire de compliments sincères sans me cacher. "Alors... Je suis plus doux que toutes les meufs que t'as eues ? T'as dû avoir des sacrés cas alors.", je ris un peu. J'essaye de changer de sujet, le temps de me recomposer.

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La Maladie d'Amour
J’aimerais que tes yeux clairs soient deux boules de cristal. Peut-être que je me découvrirai un don de double-vue, que je pourrai trouver les Enfers auxquels tu as échappé. T’as le corps d’un homme qui sort d’une traversé dans le royaume du Cornu. Ça me percute fort. Tu parles posément, mais ça se sent : t’es pas ressorti indemne.

Tu le dis, hein ? T’es perdu. Je sais pas à quoi tu fais référence. Pourquoi on a fait la guerre alors que la paix est moins épuisante ?
Des conneries. Quand on a connu le feu dans nos tripes, c’est plus simple de ne pas s’en débarrasser. De le laisser nous dévorer tout entier. Le soucis avec le feu, c’est qu’il brûle les autres autant qu’il nous brûle nous même. Je l’ai découvert tard. Est-ce que ça t’es arrivé il y a longtemps, toi ? Comment t’as fait pour apprendre à vivre avec les brûlures ?

Son compliment me frappe fort. Des yeux de combattant. Des yeux de gladiateur ? Comme j’aimais me considérer avant que le bulldozer Miya me roule dessus ? Un combattant. Des yeux de combattant. Wow. Ça me tape dans le cœur. Comme un coup de poing. Il se met à battre plus vite. Plus fort. Je le sens dans mes tempes. Dans cette paume qui cherche à retrouver la sensation d’un doigt qui n’y est plus.
Sulien rougit. Encore. Il a jamais autant rougit devant moi. J’aime bien. J’aime beaucoup. Il rougit alors que c’est lui qui me complimente. Ça veut dire quelque chose ? Il a pas l’habitude de dire des mots gentils ? J’en sais rien. Et je m’en fous. Je m’en fous parce que ça n’a pas d’importance. Son teint laiteux s’habille de couleur et ça lui va bien. Ça lui donne un air plus vivant.

Je ris un peu en baissant les yeux. Ouais… j’ai eu des cas. J’ai eu des lionnes qui se faisaient passer pour des chattes. Des démons avec des ailes d’ange. J’ai même eu une vraie fleur fragile que j’ai piétiné sous la Docs.
Ma jolie Jane était la plus douce de toutes. Je l’oublierai jamais. C’est avec elle que j’ai découvert ce que c’était que d’aimer. C’est avec elle que j’ai appris à faire passer ma carrière, ma vie avant tout le reste.
Miya m’a fait désapprendre tout ça. Elle m’a enseigné l’amour absolu, l’amour fou, l’amour destructeur.
Saona m’a poignardé avec le sien, tout crade de la même adrénaline qui m’a toujours habité et qu’elle a retourné contre moi.
Lenore m’a fait découvrir que les enfants sont plus précieux que n’importe quel amour et surpasse celui qu’on pourrait avoir pour leur mère.
Et Miya encore, m’a arraché la dernière partie de moi que je ne savais pas battre encore.

J’ai la tête qui tourne. Mon cœur bat si fort que j’en ai des suées, une chaleur qui se répand dans mon corps entier. Je déglutis. Je souris. Je ramène mes yeux sur Sulien. Deux boules de cristal dans lesquelles… je pourrais me…

« J’ai … un goût pour les mauvaises filles, les méchantes… mais je crois que j’aime plus trop ça… que… les gentils, ceux qui disent des compliments … »

Il a vraiment des yeux… très clairs.

543 mots

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TW : mention de violence conjugale passé


J'inspire puis j'expire, puis j'inspire et j'expire encore. J'essaye de faire baisser la température de mes joues, de mon visage entier. J'ai chaud et je suis gêné. Je veux m'enfuir tellement je suis gêné, me cacher sous ma veste ou me terrer dans la chambre de Rahima le temps de reprendre le contrôle. Oh bordel, est-ce qu'elle entend tout ce qu'on dit ? Non, elle doit dormir... ou elle doit dévorer sa tablette de chocolat. J'espère qu'elle n'entend rien car je suis sûr qu'elle pourrait me ressortir tout ça en sortant, avec toute son énergie débordante.

Quand je lui demande pour les cas qu'il a eu ça me rappelle que moi aussi, j'en ai des cas, un très très gros même. Roan Yearwood, l'homme qui me hante, qui me fige sur place et qui m'a donné toute cette haine destructrice. La nuit, j'entends encore mes cris et les siens. Je sens les coups, les sorts qui n'ont jamais eu le temps de prendre leur place sur ma peau car il me soignait juste après. Il était médicomage après tout... Puis, il y a eu Miya mais ce n'était pas si horrible, en fait, on s'entendait bien. C'est moi, j'ai dû la faire fuir quand je criais à la mort la nuit à cause de mes crises. Je ne lui ai rien dit dessus, c'était comme ça et puis c'était tout. Après, quelques coups d'un soir, il y a eu Callahan. C'était toxique — ça l'est toujours — mais c'était le mieux que je pouvais avoir. C'est une bonne oreille et un bon point d'information donc, je ne reste pas si loin. De toute façon, il n'a jamais été jaloux.

J'ai eu des catastrophes mais aussi des belles choses. Morgan, c'était doux et innocent. Je l'ai aimé comme un vrai premier amour. J'étais encore cet adolescent insupportable avec beaucoup trop d'ego mais avec elle je mettais tout ça de côté pour redevenir ce gamin silencieux qui aime beaucoup trop fort. Je voulais la rendre fier, la voir sourire, la faire rire, la prendre dans mes bras comme la chose la plus précieuse que j'avais... Pour au final tout laisser par peur de l'engagement. Tout ça, parce que les plus puissants voulaient décider de notre sort. J'ai tout arrêté parce que, je voulais qu'elle vive tout ce qu'elle avait à vivre avant le mariage. Tout ce que les autres ont droit à part les enfants de grandes familles. Puis, Andrew m'a raconté qu'apparemment, elle avait disparu et j'ai eu des regrets. Peut-être que si on s'était marié, elle n'aurait pas eu à fuir et je n'aurais jamais eu à vivre tout ça. Mais, est-ce qu'on aurait autant grandit au final ? Parfois cet amour innocent me manque.

Un goût pour les mauvaises filles ? C'est ça qui t'a fracassé, hein ? Les humains sont des êtres sociaux pourtant c'est ça qui nous tue, les relations. Pourquoi on se fait autant de mal ? Pourquoi on apprend à faire mal aux autres ? Je comprends pourquoi il n'aime plus trop ça. Il faut arrêter à un moment de chercher ce qui nous brise en mille morceaux.

Il préfère les gentils qui disent des compliments... Moi ? Je t'ai fait tellement de mal Lloyd, pourquoi tu dis ça ? Si je le voulais, je pourrais de transformer en poussière avec mes mains comme je le fais toujours. Alors pourquoi quand je regarde dans tes yeux noisette, ceux qui reflètent si bien mon image, j'ai l'impression de te sortir peu à peu de ce vaste océan ? Est-ce que c'est ça la paix ? C'est vouloir te donner mon air pour que tu puisses respirer le temps de remonter à la surface ? C'est vouloir chanter une mélodie pour que te guider dans ce labyrinthe de la douleur ? Est-ce que je m'emporte ? Est-ce que je laisse tout ça aller trop vite ?

Délicatement, je pose ma main sur son torse, là où se trouve son cœur sans le quitter des yeux. "J'aime bien ceux qui enlèvent leur masque et qui n'ont pas peur de se montrer vulnérable, même un court instant.", je souris sincèrement. J'admire ceux qui ont le courage d'avoir mal devant les autres.

... Son cœur bas vite, non ?

709 mots

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La Maladie d'Amour


J’aimerais avoir la force d’abandonner les chaînes qui m’étranglent. Elles me tirent vers le fond des abysses. Je coule. Je me noie. Miya, belle sirène au chant mélodieux, aux griffes acérées, me promet des éternités à ses côtés. Elle me fait tourner la tête, elle m’abrutis, elle me corrompt. Je sombre toujours plus bas avec elle. Jude, mon radeau, me tend la main depuis la surface, plongeant sa tête dans l’eau, remplissant ses poumons d’eau crasse pour m’appeler. Miya, ma merveilleuse Miya, toi qui me tranche avec tes éclats, tu as mêlé nos vies en laissant mon corps habiter ton âme. Si je me noie, je me noie avec toi. C’est ce que j’ai toujours désiré. L’éternité n’a pas de sens si je ne la partage pas avec toi.
C’est ce que je me suis toujours répété.
Dans mes rêves les plus noirs, je te vois marcher avec notre fille dans une allée que je ne connais pas. Je marche derrière vous, j’essaye de courir, je n’y arrive pas. Et vous, vous avancez, encore, me laissant derrière. Je crie, tu restes sourde à mes appels. Je ne vois jamais le visage de notre fille. Rien que sa chevelure noire si similaire à la tienne.
Et quand je me réveille, je réalise que ce n’est pas un rêve. Ce sont mes souvenirs qui prennent une forme cruelle.

J’en ai marre de me noyer, Miya. J’en ai assez d’essayer d’oublier que tu me fais mal. J’en ai marre, si tu savais comme j’en ai marre. Si je n’ai rien, c’est parce que je t’ai tout donné. Chaque partie de moi, jusqu’à ce qu’il me reste à peine pour exister. Je suis une carcasse depuis dix ans. Une carcasse qui essaye de se convaincre que la vie l’habite.

Et sous les doigts de Sulien, mes yeux dans les siens, mon coeur contre sa main, j’ai l’impression de retrouver la respiration que tu m’as volé.
De la tendresse.
C’est tout ce que j’ai toujours demandé.
Une main qui ne blesse pas. Un sourire qui ne cache pas des dents acérées. Un regard dans lequel je suis un homme et pas une carcasse. Une bouche qui me dit qu’elle aime bien ce que je suis.

Tu aimes ce que tu vois, Sulien ? Je déteste. Pas la vulnérabilité, ou le masque. Si tu savais comme… je suis toujours comme ça depuis… depuis ce jour là. Je me noie. C’est pas une image, un truc que je balancerai sur un riff de guitare un soir où j’arrive à prendre mon carnet de chanson. C’est la vérité. Je me noie.
Mais ta main sur mon torse, mon coeur qui bat contre ta paume, c’est comme si elle m’arrachait toute l’eau avalée.

Mes doigts viennent se poser sur les siens. Ils se referment sur cette main trop pâles. Ils serrent. Je ne te briserai pas, Sulien. Je te jure que je suis pas comme ça. Je ne casse pas ceux qui sont tendre avec moi. Je veux juste sentir si c’est vrai. Si je ne rêve pas encore une fois d’un geste doux qui n’appartient qu’à moi. Si tu savais comme j’en ai besoin. Si tu savais comme je crève de ne plus savoir ce que c’est qu’un toucher qui ne me brûle pas. Les mains de Miya sont douces, mais leur passage m’arrache la peau désormais. Et je quémande pourtant leur retour. J’ai besoin de tendresse. J’ai besoin qu’on ne me demande pas d’être fort pour deux. Je veux…
Je veux vivre. Je veux retrouver les parties de moi que j’ai perdu. Je veux vivre, Sulien.

« Dis moi encore que j’ai des yeux de combattant », je murmure en observant ses yeux bleus. « Ça sonne bien quand tu le dis. »

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

La Maladie d'Amour
Sa main se referme sur la mienne et la serre contre ce cœur qui bat beaucoup trop vite pour un homme qui se noie. C'est chaud et ma main semble minuscule dans la sienne. Il pourrait la briser s'il le voulait. Mais il ne le fera pas. Pas quand il me regarde comme ça comme si je lui redonnais de l'air, comme s'il revivait sous ma main. Il y a une légère flamme qui s'est créée dans ses yeux noisette. J'ai créé une flamme dans ton âme Lloyd ? Tu veux bien l'utiliser pour dégeler mon coeur caché sous des centaines de couches de glace. Ça te dirait de fracasser le béton armé autour pour que tu puisses le sentir battre comme je sens le tien battre ? Je ne veux plus me demander ce que je ressens tellement mes sentiments semblent si faible. Je veux avancer avec assurance en sachant comment je me sens à chaque pas que je fais. Je ne veux plus de silence dans ma vie. Je veux des rires, des sourires, plein de choses pour réchauffer mon corps bien trop froid. Est-ce que c'est trop demandé après tout ce que j'ai vécu ? Tu veux bien me tenir la main comme je tiens ton coeur, le temps qu'on apprennent à revivre ensemble ?

Tu veux que je te complimente encore ? Je souris en regardant ces yeux. Je peux encore te complimenter si tu veux, quand tu veux. "T'as... des yeux de combattant... Ceux de quelqu'un qui revient à la charge malgré les épreuves.", je peux voir mes yeux reprendre de leur lueur dans les tiens. Je vois un guerrier épuisé qui a besoin qu'on le soigne. Tu veux que je sois ton Patroclus et toi mon Achille ? Tu ne joues pas de la lyre mais une guitare ça a des cordes aussi donc, ça compte, non ? Tu veux bien me promettre de rester là, pour que je me sente moins seul la nuit quand les cauchemars se font les plus nombreux ? Je ne te demande pas de les achever pour moi, juste d'être là comme une lumière au bout du tunnel.

Pourquoi je me sens si bien ? Je ne devrais pas mais j'ai l'impression que la guerre dans ma tête fait moins de bruits, moins de tirs. Je ne sais pas ce qui se passe derrière ses yeux noisette, mais derrière les miens, la paix commence à faire son règne. Je ne veux pas du silence mais je ne veux plus de la guerre non plus. Est-ce qu'une plaine paisible avec un léger vent qui passe sur mon visage, c'est trop demander ?

Je commence à retrouver mon air triste. C'est idiot de vouloir que le temps s'arrête pour rester avec l'homme que je considérai mon ennemi juré il y a seulement quelques heures. Je laisse ma tête s'effondrer sur son épaule. Je crois que je pleure, je sens des rivières chaudes se former sur mes joues. Je suis épuisé, j'arrive plus à tenir le sourire qu'il veut. "Pourquoi on s'est détesté si longtemps ? J'ai créé une potion maléfique dans ce seau ?", je plaisante comme je peux. Mais, j'imagine une vie où je n'ai pas jeté ce seau. On aurait été amis, je le sais parce qu'on partage beaucoup de choses en commun au final. La musique, ça aurait été notre point d'ancrage. J'entends des duos de piano et de guitare dans mes oreilles comme un lointain souvenir, qui n'existe pas. J'aurais connu Jude sous un autre angle et peut-être qu'elle se serait bien entendu avec Andrew si ce n'était pas pour moi. Et Alys aussi, avec son énergie de petit démon, elle aurait aimé la dépenser avec Lloyd. Puis, Salvadora, elle l'aurait aimé aussi. Il aurait compris toutes les difficultés qu'elle traverse que moi je n'arrive pas à comprendre.

Tout ça, à cause d'un foutu seau et d'un gamin avec trop d'ego.

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