Même l'horizon jalouse notre beauté
Dimanche 30 juillet 2051
CHAUDRON BAVEUR
CHAUDRON BAVEUR
Il lui a donné rendez-vous au Chaudron Baveur par simplicité mais l'idée n'était pas d'y rester. Il voulait se perdre dans les rues de Londres avec lui, marcher en suivant leurs envies, lui attraper la main de temps en temps, l'attirer à lui pour lui éviter de percuter un groupe de passants, le forcer à s'arrêter en plein milieu de la rue, lui attraper le visage et plaquer ses lèvres contre les siennes. Il avait envie de la légèreté des rues londoniennes qui lui donnent souvent l'impression qu'il peut tout faire, que tout peut arriver, qu'il est libre, que le monde entier lui appartient, que sa vie n'est qu'à lui. Pourtant, en quittant son appartement pour rejoindre l'homme qui occupe si joliment ses pensées ces derniers temps, Christopher s'est rendu compte qu'il voulait autre chose. Une envie subite qu'il n'a pas questionné ; il s'est contenté de la suivre. Il a préparé son sac à la va-vite, trépignant d'impatience, et s'est rué vers le lieu de rendez-vous, les veines traversées par un sentiment d'urgence euphorique que ne pouvait expliquer que le bonheur.
À Alice, il a dit la vérité. « Je vais passer la journée en compagnie d'un bel homme et... Oui, je sais, je sais, je ne dirai rien que vous ne voulez savoir, donc je ne dirai rien du tout, tant pis pour vous. » Il l'a laissée avec son violon après l'avoir gratifié d'une grimace joyeuse, habitué à lui dire où il va même si elle n'en a rien à faire.
Désormais, il attend dans la salle du Chaudron Baveur. Avant de changer d'avis sur le programme de la journée, il avait prévu une tenue tout à fait en adéquation avec une balade dans un environnement citadin à cette période de l'année : des chaussures basses, un pantalon en lin, une chemise aux manches courtes semblable avec trop de boutons ouverts, des bracelets en cuir, une chaine autour du cou, du gel pour tenir ses cheveux qu'il laisse pousser au-dessus des oreilles. Christopher jette un regard critique à ses vêtements qui sont beaucoup moins pratiques pour ce qu'il a finalement prévu. Ce n'est pas pour autant qu'il va transplaner pour se changer : il n'a tout simplement pas le temps.
Et d'ailleurs, voilà que l'objet de ses pensées arrive dans la salle. Il est comme les quelques dernières fois où ils se sont vus : diablement beau. Christopher sourit largement et avant même que l'autre n'ait pu le saluer, l'embrasser ou peu importe ce qu'il avait en tête, avant même qu'ils échangent quelques banales formules de politesse ou qu'ils prennent tout simplement le temps de se retrouver après quelques jours sans s'être vus, il lève la main devant lui pour la présenter à l'homme.
« Si monsieur accepte que je le fasse transplaner... »
Christopher éclate de rire, cassant tout à fait l'effet de son ton pompeux. Son regard se fait plus doux.
« Je devais t'emmener dans les rues de Londres mais finalement, j'ai pensé à autre chose. Tu aimes les surprises ? » demande-t-il en désignant du menton sa main tendue entre eux, invitation silencieuse à un transplanage d'escorte.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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Même l'horizon jalouse notre beauté
| ----------------------------------------------------------------------------- | ![]() Sacha Bowers | 34 ans | #604152 Reducio - Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Sacha Bowers - Lien avec le PJ : Fils de la gérante d'Apothic'Herbes, magasin où Sage travaille - Lien dans le répertoire : Portolien - Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Non - Si "non", impact envisagé sur l'autre PJ : Sacha est une amourette de Christopher et ce RP donne de la profondeur à leur relation et permet à Chris de l'écrire ! Étant donné que Chris part en Roumanie, l'avenir de cette amourette est incertain à cause de l'aventure en cours. Mais actuellement, c'est une romance qui permet à détendre Chris et qui lui fait du bien, sans vraiment le cadrer. Elle permet de montrer son caractère plus libre, mais également le fait que sa relation avec Alice Sangblanc ne sert qu'à les servir tous les deux pour un but commun : se délier de l'emprise de leur famille. |
Je n'ai pas jugé utile d'élaborer quand j'ai lancé cette phrase à Miles et Sage en quittant l'appartement et ils n'ont pas posé de questions non plus, trop occupés à se chamailler sur la prochaine étape de la recette de gratin qu'ils voulaient tenter de préparer cet après-midi. Ils m'ont proposé de participer ; j'ai gentiment décliné. J'ai d'autres choses à faire. D'autres choses bien plus intéressantes à faire. Ou plutôt une personne bien plus intéressante à retrouver.
Mon beau cerf. Ce n'est qu'un simple rendez-vous et pourtant, ils semblent se multiplier depuis notre rencontre à la Fausse Danse. Rencontre est peut-être un bien grand mot d'ailleurs. Redécouverte sied certainement mieux à notre situation. Oui, voilà, une redécouverte. Non pas que Christopher ne m'ait jamais intrigué à Poudlard ; l'occasion se serait-elle présentée, je l'aurais certainement accosté avec un soupçon de l'assurance déballée à la Fausse Danse. Le destin a probablement voulu que je sois plus mature pour que je tombe sur son chemin. Et partager ses lèvres à l'abri des bruits de couloir et des rumeurs d'adolescents est d'un agréable peu comparable.
Je presse le pas quand je vois que j'ai un peu trop tardé à la coloc, reglissant ma montre sous la manche de ma chemise blanche, immaculée et repassée pour être le plus présentable possible aux yeux de Chris. Habiter près du Chemin de Traverse a tendance à constamment me mettre en retard quand je dois m'y rendre — la fameuse confiance en soi mal placée que ma mère me rabâche sans arrêt. Mais je sais aussi que le Chaudron Baveur n'est qu'un point de rencontre ; notre rendez-vous, lui, se déroulera dans les rues de Londres. Là où je pourrai discrètement l'embrasser et admirer ses yeux couleur ébène en faisant glisser mes doigts sur son beau visage dénué d'imperfections.
Finalement, je pénètre dans l'auberge, manquant de trébucher sur mes propres chaussures en cuir à cause de la précipitation, et balaie rapidement la pièce du regard pour trouver l'objet de ma présence ici. Je le reconnais rapidement : séduisant, les tatouages visibles sous sa chemise insolamment ouverte pour parfaire ma vision. Mes lèvres s'étirent naturellement en un sourire alors que je me dirige vers lui et si je veux pencher la tête pour épouser sa bouche avec un peu trop d'enthousiasme, son bras se présente à moi pour m'en empêcher.
« Transplaner ? Qu-, commencé-je, interloqué. »
Bien assez vite, toutefois, son rire radoucit les traits curieux de mon visage et j'adopte le même sourire malicieux que je lui ai déjà glissé tant de fois. Alors, en glissant mes doigts dans les siens, je réponds avec un sourire :
« On peut dire ça. Autrement, je n'aurais certainement pas accepté d'embrasser un homme masqué sous forme de cerf. »
Mon rire résonne, ma main se resserre autour de la sienne et je hausse un sourcil, le défi dans l'âme.
« Je suppose qu'on va rester sur le classique : pas de question tant qu'on n'est pas arrivé à destination ? »
@Christopher Hangoover
614 mots
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Dernière modification par Sage Matthews le 16 sept. 2026, 23:49, modifié 2 fois.
Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
Même l'horizon jalouse notre beauté
La douceur de ses doigts n'a d'égal que celle de son sourire que Christopher meurt d'envie de goûter. S'il n'y avait pas eu l'envie de faire perdurer la surprise et celle de l'emmener rapidement sur le lieu où ils passeront l'après-midi, il l'aurait fait taire en approchant son visage du sien. Mais ces choses-là devront attendre ; il est après tout l'investigateur de cette distance imposée par cette main tendue entre eux.
L'humour de Sacha est un plaisir que Christopher a appris à découvrir ces dernières semaines, au détour d'une bière ou d'un repas partagé, ou lors d'une soirée passée rien qu'à deux. Il a une manière bien à lui de le doser qui, parfois, quand il fait l'effort de se souvenir, rappelle à Chris le garçon qu'il a vu grandir puis devenir un homme à Poudlard. Qui aurait cru qu'ils se trouveraient des années après, alors qu'ils n'ont été à l'école que de simples camarades ? Pourquoi aujourd'hui et pas à l'époque ? Peut-être parce que certaines choses ne pouvaient pas se faire avant. Christopher se fiche un peu des pourquoi. Ce qui compte, c'est l'instant présent. Et l'instant présent, c'est cet homme bien habillé qui attend qu'il le fasse transplaner. Sacha avait-t-il conscience de l'insolence de sa beauté quand il a choisi de porter cette chemise ? Certainement.
Le rappel de leur premier baiser à la Fausse Danse tire à Christopher un sourire amusé qu'il ne peut pas et ne veut pas retenir. Ses doigts jouent avec ceux de Sacha. Il résiste à l'envie de le tirer à lui.
« Aucune question, réplique Christopher en s'approchant d'un pas de l'homme, appréciant à sa juste valeur leur différence de taille. Ne me force pas à t'empêcher de parler, tu sais que je prendrai bien trop de plaisir à ça. »
Un air taquin apparaît sur son visage. Son sourire vient mordre sa joue. D'un mouvement léger, Christopher pose la main de Sacha sur son bras en lui faisant un clin d’œil.
« Tiens-toi bien. »
Impossible, évidemment, de tenir et son sac et Sacha s'il veut pouvoir en même temps les faire transplaner. D'autant qu'il n'est pas le meilleur des sorciers et qu'il n'a pas l'aisance de certains pour la manipulation de la magie. Il aimerait bien ne pas faire vomir Sacha. Il a donc besoin de toute sa concentration. Mais alors qu'il commençait à se rassembler ses pensées, Christopher ouvre subitement les yeux et plonge dans les billes aussi ébène que les siennes de Sacha.
« Finalement..., » commence-t-il avant de s'interrompre pour laisser flotter le mystère.
Tous les deux immobiles l'un près de l'autre, ils finiront bientôt par gêner le passage de quelqu'un voulant se rendre sur le Chemin de Traverse. Loin de ces préoccupations, Christopher ne fait attention ni aux gens qui leur jette des coups d’œil intrigués ni à ce qui les entoure.
« Tu as le droit à une question, » fait-il avec un sourire malicieux.
Et après tout pourquoi pas ? Il suffit d'un transplanage pour que le mystère soit levé et que Sacha comprenne ce qu'il a l'intention de faire cet après-midi. Faire durer un peu plus la surprise, ce n'est pas une si mauvaise idée que ça.
« Mais juste une seule ! » le prévient-t-il en levant maladroitement un index de la main qui tient sa baguette magique.
L'humour de Sacha est un plaisir que Christopher a appris à découvrir ces dernières semaines, au détour d'une bière ou d'un repas partagé, ou lors d'une soirée passée rien qu'à deux. Il a une manière bien à lui de le doser qui, parfois, quand il fait l'effort de se souvenir, rappelle à Chris le garçon qu'il a vu grandir puis devenir un homme à Poudlard. Qui aurait cru qu'ils se trouveraient des années après, alors qu'ils n'ont été à l'école que de simples camarades ? Pourquoi aujourd'hui et pas à l'époque ? Peut-être parce que certaines choses ne pouvaient pas se faire avant. Christopher se fiche un peu des pourquoi. Ce qui compte, c'est l'instant présent. Et l'instant présent, c'est cet homme bien habillé qui attend qu'il le fasse transplaner. Sacha avait-t-il conscience de l'insolence de sa beauté quand il a choisi de porter cette chemise ? Certainement.
Le rappel de leur premier baiser à la Fausse Danse tire à Christopher un sourire amusé qu'il ne peut pas et ne veut pas retenir. Ses doigts jouent avec ceux de Sacha. Il résiste à l'envie de le tirer à lui.
« Aucune question, réplique Christopher en s'approchant d'un pas de l'homme, appréciant à sa juste valeur leur différence de taille. Ne me force pas à t'empêcher de parler, tu sais que je prendrai bien trop de plaisir à ça. »
Un air taquin apparaît sur son visage. Son sourire vient mordre sa joue. D'un mouvement léger, Christopher pose la main de Sacha sur son bras en lui faisant un clin d’œil.
« Tiens-toi bien. »
Impossible, évidemment, de tenir et son sac et Sacha s'il veut pouvoir en même temps les faire transplaner. D'autant qu'il n'est pas le meilleur des sorciers et qu'il n'a pas l'aisance de certains pour la manipulation de la magie. Il aimerait bien ne pas faire vomir Sacha. Il a donc besoin de toute sa concentration. Mais alors qu'il commençait à se rassembler ses pensées, Christopher ouvre subitement les yeux et plonge dans les billes aussi ébène que les siennes de Sacha.
« Finalement..., » commence-t-il avant de s'interrompre pour laisser flotter le mystère.
Tous les deux immobiles l'un près de l'autre, ils finiront bientôt par gêner le passage de quelqu'un voulant se rendre sur le Chemin de Traverse. Loin de ces préoccupations, Christopher ne fait attention ni aux gens qui leur jette des coups d’œil intrigués ni à ce qui les entoure.
« Tu as le droit à une question, » fait-il avec un sourire malicieux.
Et après tout pourquoi pas ? Il suffit d'un transplanage pour que le mystère soit levé et que Sacha comprenne ce qu'il a l'intention de faire cet après-midi. Faire durer un peu plus la surprise, ce n'est pas une si mauvaise idée que ça.
« Mais juste une seule ! » le prévient-t-il en levant maladroitement un index de la main qui tient sa baguette magique.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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Même l'horizon jalouse notre beauté
La patience est une vertu que j'ai du mal à respecter quand mes yeux tombent sur les lèvres recourbées de Christopher. Seul un maigre pas nous sépare, et ma tête de différence est un obstacle que je me permets d'ignorer aussi insolemment que les regards des passants qui se garderaient bien de notre présence au milieu du pub sorcier. Un simple mouvement de tête me permettrait de goûter à son sourire amusé, d'avaler sa taquinerie d'un baiser et de balayer la bienséance en me pliant à mes impulsions. Et si la réponse de mon beau cerf ne manque pas de me faire presque fléchir, je me garde de récupérer ses mots directement sur ses lèvres en me tenant à carreaux.
Ainsi, pas de question, pas de baiser. Le début de ce rendez-vous me paraît presque comme un supplice. Un supplice qui me fait étrangement sourire et qui anime une flamme de curiosité dans mon regard. Si Chris ne s'était pas montré aussi généreux en acceptant au moins d'approcher son corps du mien, j'aurais probablement protesté.
« Ne m'incite pas à te tester, dans ce cas, je réponds en baissant mes yeux vers ses doigts qui triturent les miens. »
Il doit bien savoir que sa menace ne fait que me tenter encore plus. J'observe nos doigts entremêlés et j'hésite à apporter sa main à mes lèvres. Le voir se concentrer pour rassembler ses compétences magiques et arriver au terme de son idée me retient. Alors, puisque la patience reste une vertu — avec laquelle je me bataille, certes —, je le laisse prendre son temps, un petit sourire satisfait en coin. J'essaie de me souvenir d'une image de Chris à Poudlard avec le même froncement de sourcils soucieux, et j'hésite presque à m'en vouloir de ne pas en avoir imprimé une qui me satisfasse. Comment ai-je pu ne pas tenter, ne serait-ce qu'une seconde, de m'attarder sur cet homme aussi séduisant pour en retenir chacun de ses contours ? Ma bêtise adolescente me sidérera toujours.
Je m'attends à ce que mon esprit s'envole avec mes reproches factices, mais ma vue ne se brouille toujours pas et mon corps reste là. C'est la voix de Christopher qui m'arrache à ma contemplation et c'est la malice dans son sourire qui fait valser ma tête vers l'arrière et fait éclore mon rire dans l'air.
« Aaah, donc j'ai droit à une faveur avant l'heure... Intéressant, dis-je en replongeant mes prunelles dans les siennes. Une seule question, donc… »
Je ne me permettrai pas de ne pas réfléchir. Une question est ce genre de cadeau que m'offre rarement Chris. Pas pour tout, bien sûr. Certains sujets uniquement. Et ça me va très bien comme ça. C'est notre accord tacite. Les baisers n'ont besoin que du silence, de toute façon.
Alors je me tais quelques secondes, cherchant mes mots dans le décor.
« Mmh... On transplane, donc nous quittons forcément Londres. Tu te concentres, donc l'endroit est nécessairement beau, je réfléchis à voix haute. Une seule question, tu n'es vraiment pas un adversaire facile..., maugréé-je. Est-ce que... Mh. Tiens, voilà, je sais. Qu'est-ce que je vais pouvoir apprendre sur toi, quand nous y serons ? »
Je repose mes yeux sur lui, curieux. Oui, je suis certain de ma question. Parce qu'au-delà du goût de son souffle, c'est lui que j'aime apprendre à redécouvrir. Sans jamais trop en abuser. Mais les soupçons me suffisent ; une passion, sa couleur préférée, une bribe de son passé. Ce sont ces choses-là qui me poussent à vouloir l'avoir près de moi, le soir, avant de m'endormir et que nos langues fatiguées se délient pour rigoler autour d'une conversation insensée. Alors je me demande ce que je vais bien pouvoir découvrir aujourd'hui et quelle couleur je vais bien pouvoir ajouter au portrait que je me fais de lui. Qu'elle soit aussi superficielle que son pub préféré ou aussi intéressante qu'une anecdote qui reconstruit une image un peu plus précise de son enfance dans mon esprit.
Ainsi, pas de question, pas de baiser. Le début de ce rendez-vous me paraît presque comme un supplice. Un supplice qui me fait étrangement sourire et qui anime une flamme de curiosité dans mon regard. Si Chris ne s'était pas montré aussi généreux en acceptant au moins d'approcher son corps du mien, j'aurais probablement protesté.
« Ne m'incite pas à te tester, dans ce cas, je réponds en baissant mes yeux vers ses doigts qui triturent les miens. »
Il doit bien savoir que sa menace ne fait que me tenter encore plus. J'observe nos doigts entremêlés et j'hésite à apporter sa main à mes lèvres. Le voir se concentrer pour rassembler ses compétences magiques et arriver au terme de son idée me retient. Alors, puisque la patience reste une vertu — avec laquelle je me bataille, certes —, je le laisse prendre son temps, un petit sourire satisfait en coin. J'essaie de me souvenir d'une image de Chris à Poudlard avec le même froncement de sourcils soucieux, et j'hésite presque à m'en vouloir de ne pas en avoir imprimé une qui me satisfasse. Comment ai-je pu ne pas tenter, ne serait-ce qu'une seconde, de m'attarder sur cet homme aussi séduisant pour en retenir chacun de ses contours ? Ma bêtise adolescente me sidérera toujours.
Je m'attends à ce que mon esprit s'envole avec mes reproches factices, mais ma vue ne se brouille toujours pas et mon corps reste là. C'est la voix de Christopher qui m'arrache à ma contemplation et c'est la malice dans son sourire qui fait valser ma tête vers l'arrière et fait éclore mon rire dans l'air.
« Aaah, donc j'ai droit à une faveur avant l'heure... Intéressant, dis-je en replongeant mes prunelles dans les siennes. Une seule question, donc… »
Je ne me permettrai pas de ne pas réfléchir. Une question est ce genre de cadeau que m'offre rarement Chris. Pas pour tout, bien sûr. Certains sujets uniquement. Et ça me va très bien comme ça. C'est notre accord tacite. Les baisers n'ont besoin que du silence, de toute façon.
Alors je me tais quelques secondes, cherchant mes mots dans le décor.
« Mmh... On transplane, donc nous quittons forcément Londres. Tu te concentres, donc l'endroit est nécessairement beau, je réfléchis à voix haute. Une seule question, tu n'es vraiment pas un adversaire facile..., maugréé-je. Est-ce que... Mh. Tiens, voilà, je sais. Qu'est-ce que je vais pouvoir apprendre sur toi, quand nous y serons ? »
Je repose mes yeux sur lui, curieux. Oui, je suis certain de ma question. Parce qu'au-delà du goût de son souffle, c'est lui que j'aime apprendre à redécouvrir. Sans jamais trop en abuser. Mais les soupçons me suffisent ; une passion, sa couleur préférée, une bribe de son passé. Ce sont ces choses-là qui me poussent à vouloir l'avoir près de moi, le soir, avant de m'endormir et que nos langues fatiguées se délient pour rigoler autour d'une conversation insensée. Alors je me demande ce que je vais bien pouvoir découvrir aujourd'hui et quelle couleur je vais bien pouvoir ajouter au portrait que je me fais de lui. Qu'elle soit aussi superficielle que son pub préféré ou aussi intéressante qu'une anecdote qui reconstruit une image un peu plus précise de son enfance dans mon esprit.
@Christopher Hangoover
666 mots
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Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
Même l'horizon jalouse notre beauté
Christopher ne retient pas le sourire joueur qui apparaît sur ses lèvres. Bien sûr qu'il incite Sacha à le tester et il le sait très bien, ça se voit à son regard et à sa façon de baisser les yeux pour se retenir de faire des choses qu'ils apprécieraient tous les deux. Christopher se retient en affichant un air innocent qui ne trompera personne. Il est intrigué par la question que voudra lui poser Sacha, si Sacha accepte, bien entendu.
Il a cet air sur le visage, cet air qu'il a toujours quand il réfléchit sérieusement à quelque chose. C'est fou ce que l'on peu apprendre d'une personne en passant plusieurs soirées avec elle. Tout ce qu'il apprend aujourd'hui, Christopher ne le savait pas avant. Mais il avait tout un tas d'autres informations sur lui qu'il a oublié désormais et qui ne sont plus utiles : toutes ces choses que les bruits de couloirs de Poudlard ont pu lui apporter, tout ce que ses observations durant les longs cours ennuyants lui ont raconté, toutes ces choses qu'il connaissait sur Sacha Bowers quand celui-ci n'était qu'un garçon de plus à Poudlard. Aujourd'hui, tout cela est remplacé par ce qu'il apprend sur l'homme qu'il est devenu. Christopher en vient même à oublier, parfois, comme était Sacha au collège et il le regrette.
Christopher relève le visage, sincèrement intéressé, quand Sacha reprend la parole — il s'était perdu dans l'observation de son visage aux traits si bien dessinés, de cette peau ébène qu'il aime caresser. Il se reconcentre donc, un sourire un peu amusé sur les lèvres, et il affiche un air faussement impressionné quand Sacha évoque un endroit beau. Un bon point pour le joli monsieur. Il l'aurait bien complimenté, mais voilà son choix de question tire à Christopher une grimace ahurie. Il ne s'attendait pas à ça mais il adore. La preuve : un grand sourire apparaît sur ses lèvres.
« C'est pour ça que j'aime tant passer du temps avec toi, Sacha : tu penses à des questions que personne ne poserait. »
Et puisqu'il a pris le temps de réfléchir à une si bonne question, il mérite d'avoir une réponse sincère et tout aussi réfléchit. C'est pour cela que Chris y pense sérieusement, avec un long « mmmh » destiné tant à occuper le silence qu'il n'aime pas qu'à faire comprendre à l'homme qu'il est en train de penser. Et la réponse, finalement, est évidente. Il n'y a pas un milliard de raisons pour expliquer pourquoi Christopher apprécie tant faire ce qu'il compte faire cet après-midi avec une personne qu'il apprécie sincèrement.
Un sourire comme aucun autre étire ses lèvres. Pas insolent, comme il affiche si souvent. Pas moqueur. Pas narquois. Pas un sourire de sale gosse. Un sourire qui dit : « bon, je vais te le dire, alors ». Sans jamais cesser de jouer avec les doigts de Sacha et de les caresser, il répond :
« Tu apprendras que j'aime profiter des choses auxquelles je n'ai pas eu droit durant mon enfance, réplique-t-il alors. Donc tu découvriras une chose qui m'était interdite et tu la trouveras ridicule. »
Sur ces mots, Christopher franchit sans prévenir la distante qui les sépare. En même temps qu'il prend en coupe le visage de Sacha dans sa main, il goûte à ses lèvres, pressant son corps contre le sien. C'est un baiser court mais qui ne se prive de rien, ni de la douceur ni d'un bonheur désormais familier. Christopher se fiche bien des regards qui pourraient se poser sur eux. Il en profite ardemment en se gorgeant de l'odeur de Sacha. Puis, presque aussi rapidement qu'il s'est rapproché de lui, il s'en éloigne, sourit de toute ses dents et lève sa baguette entre eux.
« Attention, prévient-t-il d'une voix qu'il habille sans savoir pourquoi d'un ton professionnel, ça va secouer ! »
Et il les fait transplaner.
La magie les recrache sous un soleil brillant de mille feux, un soleil aveuglant qui force Christopher à plisser les yeux et à lever la main devant son visage pour se protéger des rayons. Aussitôt, l'embrun les frappe. Une brise chaude et salée qui soulève les pans de sa chemise et fait battre son pantalon en lin sur ses jambes.
Devant eux s'étire une très, très longue plage de sable blanc. Au loin, la mer gronde. Elle jette ses vagues sur la plage en gros rouleaux blanchâtres. Le cri des mouettes vient parfaire le tableau. Christopher se passe la main dans les cheveux pour qu'ils prennent une bonne position malgré le vent. Depuis qu'il laisse pousser au-dessus des oreilles, il ne sait pas toujours quoi faire de sa chevelure mais hors de question d'avoir l'air d'un épouvantail alors qu'il est en plein rancard.
Sans attendre, sans même observer la réaction de Sacha, il farfouille dans son sac et en sort deux paires de lunette. L'une d'elle est celle qu'il a piqué en toute légalité à Alice Sangblanc il y a un an, suite à un de leur jeu idiot. Il l'enfile sans la moindre honte et tend la seconde paire à Sacha.
« Avec, ce sera mieux pour profiter du paysage, non ? »
Il a cet air sur le visage, cet air qu'il a toujours quand il réfléchit sérieusement à quelque chose. C'est fou ce que l'on peu apprendre d'une personne en passant plusieurs soirées avec elle. Tout ce qu'il apprend aujourd'hui, Christopher ne le savait pas avant. Mais il avait tout un tas d'autres informations sur lui qu'il a oublié désormais et qui ne sont plus utiles : toutes ces choses que les bruits de couloirs de Poudlard ont pu lui apporter, tout ce que ses observations durant les longs cours ennuyants lui ont raconté, toutes ces choses qu'il connaissait sur Sacha Bowers quand celui-ci n'était qu'un garçon de plus à Poudlard. Aujourd'hui, tout cela est remplacé par ce qu'il apprend sur l'homme qu'il est devenu. Christopher en vient même à oublier, parfois, comme était Sacha au collège et il le regrette.
Christopher relève le visage, sincèrement intéressé, quand Sacha reprend la parole — il s'était perdu dans l'observation de son visage aux traits si bien dessinés, de cette peau ébène qu'il aime caresser. Il se reconcentre donc, un sourire un peu amusé sur les lèvres, et il affiche un air faussement impressionné quand Sacha évoque un endroit beau. Un bon point pour le joli monsieur. Il l'aurait bien complimenté, mais voilà son choix de question tire à Christopher une grimace ahurie. Il ne s'attendait pas à ça mais il adore. La preuve : un grand sourire apparaît sur ses lèvres.
« C'est pour ça que j'aime tant passer du temps avec toi, Sacha : tu penses à des questions que personne ne poserait. »
Et puisqu'il a pris le temps de réfléchir à une si bonne question, il mérite d'avoir une réponse sincère et tout aussi réfléchit. C'est pour cela que Chris y pense sérieusement, avec un long « mmmh » destiné tant à occuper le silence qu'il n'aime pas qu'à faire comprendre à l'homme qu'il est en train de penser. Et la réponse, finalement, est évidente. Il n'y a pas un milliard de raisons pour expliquer pourquoi Christopher apprécie tant faire ce qu'il compte faire cet après-midi avec une personne qu'il apprécie sincèrement.
Un sourire comme aucun autre étire ses lèvres. Pas insolent, comme il affiche si souvent. Pas moqueur. Pas narquois. Pas un sourire de sale gosse. Un sourire qui dit : « bon, je vais te le dire, alors ». Sans jamais cesser de jouer avec les doigts de Sacha et de les caresser, il répond :
« Tu apprendras que j'aime profiter des choses auxquelles je n'ai pas eu droit durant mon enfance, réplique-t-il alors. Donc tu découvriras une chose qui m'était interdite et tu la trouveras ridicule. »
Sur ces mots, Christopher franchit sans prévenir la distante qui les sépare. En même temps qu'il prend en coupe le visage de Sacha dans sa main, il goûte à ses lèvres, pressant son corps contre le sien. C'est un baiser court mais qui ne se prive de rien, ni de la douceur ni d'un bonheur désormais familier. Christopher se fiche bien des regards qui pourraient se poser sur eux. Il en profite ardemment en se gorgeant de l'odeur de Sacha. Puis, presque aussi rapidement qu'il s'est rapproché de lui, il s'en éloigne, sourit de toute ses dents et lève sa baguette entre eux.
« Attention, prévient-t-il d'une voix qu'il habille sans savoir pourquoi d'un ton professionnel, ça va secouer ! »
Et il les fait transplaner.
La magie les recrache sous un soleil brillant de mille feux, un soleil aveuglant qui force Christopher à plisser les yeux et à lever la main devant son visage pour se protéger des rayons. Aussitôt, l'embrun les frappe. Une brise chaude et salée qui soulève les pans de sa chemise et fait battre son pantalon en lin sur ses jambes.
Devant eux s'étire une très, très longue plage de sable blanc. Au loin, la mer gronde. Elle jette ses vagues sur la plage en gros rouleaux blanchâtres. Le cri des mouettes vient parfaire le tableau. Christopher se passe la main dans les cheveux pour qu'ils prennent une bonne position malgré le vent. Depuis qu'il laisse pousser au-dessus des oreilles, il ne sait pas toujours quoi faire de sa chevelure mais hors de question d'avoir l'air d'un épouvantail alors qu'il est en plein rancard.
Sans attendre, sans même observer la réaction de Sacha, il farfouille dans son sac et en sort deux paires de lunette. L'une d'elle est celle qu'il a piqué en toute légalité à Alice Sangblanc il y a un an, suite à un de leur jeu idiot. Il l'enfile sans la moindre honte et tend la seconde paire à Sacha.
« Avec, ce sera mieux pour profiter du paysage, non ? »
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Même l'horizon jalouse notre beauté
Mes yeux sourient avant mes lèvres. Je pense l'avoir surpris et j'aime ça. Chris est beau de manière générale, mais le charme de sa surprise est délicieux. Et puis, après la surprise, vient son sourire qui me souffle des mots qui agrandissent le mien. Je baisse les yeux vers ses doigts que je triture, moi aussi, et que je caresse doucement de mes pouces.
Sa peau est douce et agréable et j'aime les petits tatouages qui habillent sa main droite. J'aime les retracer, le soir, quand le seul témoin de nos discussions est le clair de lune et que le seul son qui me parvient quand l'insomnie me tient est son souffle régulier ; je ne veux pas le réveiller, bien sûr, mais j'aime les toucher. Parfois, j'aimerais qu'il me raconte l'histoire de chacun d'eux. Souvent, je m'en empêche parce que je suis trop faible pour ne pas succomber à la courbure de ses lèvres.
Je relève les yeux quand j'entends le silence à la suite de son mmh et croise un sourire qui me satisfait bien avant d'entendre sa réponse. Chris a donc trouvé ce qu'il allait me dire et moi, je trépigne de savoir ce que je vais pouvoir apporter à l'idée que je me fais de lui. Et sa réponse me plaît. J'aime quand il me parle de son passé. Ça m'aide à mieux le comprendre et à le dessiner avec plus de clarté. Je veux froncer le nez quand il me parle de le trouver ridicule. Ça ne m'a jamais traversé l'esprit et je suis prêt à riposter en levant les yeux au ciel, vieux tic transmis par ma mère, quand son visage s'approche dangereusement du mien.
Il m'embrasse. Il me coupe l'herbe sous le pied sans me laisser maugréer et je suis bien trop fébrile pour ne pas le laisser faire. Ses lèvres rencontrent les miennes avec cette douceur à laquelle je commence à m'habituer et, réflexe ou impulsion, je glisse mes mains vers ses hanches pour le rapprocher de moi au même instant où son corps se penche vers le mien. Je voudrais pester face à ma faiblesse, mais l'odeur de Chris m'embrouille suffisamment l'esprit pour que je m'abandonne complètement à son étreinte. À peine rassasié, il se retire et je n'ai pas le temps de glisser ses mains jusqu'à sa nuque pour ravaler ses paroles une nouvelle fois que ma vue se brouille et qu'on transplane.
Les tables du Chaudron Baveur quittent mon champ de vision pour laisser place à un blanc aveuglant que je reconnais après quelques instants être du sable. Ma main est encore en l'air, prête à rattraper le ridicule de Chris pour le détourner par un baiser, mais je la ramène à mon visage pour la placer en visière quand le soleil cramant commence à me faire mal aux yeux.
« Qu'est-ce que... »
Une plage. La mer. L'odeur du sel remonte vers mes narines, effaçant les dernières traces du parfum de Chris qui me collaient encore au nez, et la fine brise océanique file dans mes tresses pour atténuer la sensation de chaleur laissée par les rayons du soleil. Je me perds dans ma contemplation des lieux et me tourne vers les vagues qui finissent leur course dans un filet d'écume qui me fait sourire.
« Je... »
La main de Chris tendue vers moi m'interrompt et je me retourne vers lui. Il a déjà enfilé une paire de lunettes de soleil et, avec sa prévenance habituelle, m'en a réservé une. Je souris en voyant le look plutôt… féminin de ses binocles.
« Ridicule ? La mer? Ridicule ? »
Je me saisis de la paire de lunettes et l'enfile à mon tour en laissant échapper un rire.
« Si ce n'est pour tes lunettes — qui te vont à ravir, ne te méprends pas — là, il va falloir m'expliquer ce qu'il y a de ridicule. »
Rapidement, mes yeux migrent vers sa chemise secouée par le vent et je me laisse profiter de la vue agréable de son torse qui se livre à moi puis repose mes yeux sur lui pour lui saisir la main en y enroulant mes doigts.
« Raconte-moi. »
Sa peau est douce et agréable et j'aime les petits tatouages qui habillent sa main droite. J'aime les retracer, le soir, quand le seul témoin de nos discussions est le clair de lune et que le seul son qui me parvient quand l'insomnie me tient est son souffle régulier ; je ne veux pas le réveiller, bien sûr, mais j'aime les toucher. Parfois, j'aimerais qu'il me raconte l'histoire de chacun d'eux. Souvent, je m'en empêche parce que je suis trop faible pour ne pas succomber à la courbure de ses lèvres.
Je relève les yeux quand j'entends le silence à la suite de son mmh et croise un sourire qui me satisfait bien avant d'entendre sa réponse. Chris a donc trouvé ce qu'il allait me dire et moi, je trépigne de savoir ce que je vais pouvoir apporter à l'idée que je me fais de lui. Et sa réponse me plaît. J'aime quand il me parle de son passé. Ça m'aide à mieux le comprendre et à le dessiner avec plus de clarté. Je veux froncer le nez quand il me parle de le trouver ridicule. Ça ne m'a jamais traversé l'esprit et je suis prêt à riposter en levant les yeux au ciel, vieux tic transmis par ma mère, quand son visage s'approche dangereusement du mien.
Il m'embrasse. Il me coupe l'herbe sous le pied sans me laisser maugréer et je suis bien trop fébrile pour ne pas le laisser faire. Ses lèvres rencontrent les miennes avec cette douceur à laquelle je commence à m'habituer et, réflexe ou impulsion, je glisse mes mains vers ses hanches pour le rapprocher de moi au même instant où son corps se penche vers le mien. Je voudrais pester face à ma faiblesse, mais l'odeur de Chris m'embrouille suffisamment l'esprit pour que je m'abandonne complètement à son étreinte. À peine rassasié, il se retire et je n'ai pas le temps de glisser ses mains jusqu'à sa nuque pour ravaler ses paroles une nouvelle fois que ma vue se brouille et qu'on transplane.
Les tables du Chaudron Baveur quittent mon champ de vision pour laisser place à un blanc aveuglant que je reconnais après quelques instants être du sable. Ma main est encore en l'air, prête à rattraper le ridicule de Chris pour le détourner par un baiser, mais je la ramène à mon visage pour la placer en visière quand le soleil cramant commence à me faire mal aux yeux.
« Qu'est-ce que... »
Une plage. La mer. L'odeur du sel remonte vers mes narines, effaçant les dernières traces du parfum de Chris qui me collaient encore au nez, et la fine brise océanique file dans mes tresses pour atténuer la sensation de chaleur laissée par les rayons du soleil. Je me perds dans ma contemplation des lieux et me tourne vers les vagues qui finissent leur course dans un filet d'écume qui me fait sourire.
« Je... »
La main de Chris tendue vers moi m'interrompt et je me retourne vers lui. Il a déjà enfilé une paire de lunettes de soleil et, avec sa prévenance habituelle, m'en a réservé une. Je souris en voyant le look plutôt… féminin de ses binocles.
« Ridicule ? La mer? Ridicule ? »
Je me saisis de la paire de lunettes et l'enfile à mon tour en laissant échapper un rire.
« Si ce n'est pour tes lunettes — qui te vont à ravir, ne te méprends pas — là, il va falloir m'expliquer ce qu'il y a de ridicule. »
Rapidement, mes yeux migrent vers sa chemise secouée par le vent et je me laisse profiter de la vue agréable de son torse qui se livre à moi puis repose mes yeux sur lui pour lui saisir la main en y enroulant mes doigts.
« Raconte-moi. »
@Christopher Hangoover
698 mots
698 mots
Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
Même l'horizon jalouse notre beauté
Une fois ses lunettes enfilées, Christopher abandonne le magnifique paysage qui s'étire devant lui pour se tourner vers un autre qui lui plait bien plus. Sous la visière de sa main, Sacha observe ce qui l'entoure et c'est si évident qu'il ne s'attendait pas à ça qu'un sourire hilare vient hanter les lèvres de Christopher. Il l'observe sans la moindre honte et sans se détourner, car il a encore la sensation des mains de l'homme sur ses hanches et que la tête lui tourne d'idées qui ne sont pas sages.
Sa voix couvre à peine le grondement des vagues au loin. La plage sur laquelle ils sont est cernée par une immense falaise à l'abri de laquelle Christopher comptait s'installer. La mer, elle, arrive après une longue plaine de sable blanc entièrement vide. Il a découvert cette crique il y a une bonne dizaine d'années. Elle est peu connue et donc est l'endroit parfait où être tranquille.
C'est un bonheur de le voir accepter la paire de lunettes qu'il lui tend et un bonheur plus grand encore qu'il les enfile. Elles lui vont bien, évidemment. Chris a hésité entre différentes paires qu'il avait à la maison en se demandant sincèrement laquelle irait le mieux à Sacha. Il a hésité à demander à Alice si elle avait un avis sur la question, mais quand il s'est souvenu de ses grimaces à chaque fois qu'il ose parler de ses amants, il a préféré se débrouiller tout seul. Et avec brio, semble-t-il, car Sacha gagne encore quelques points de charisme, si tant est que c'est possible.
Christopher lâche un petit rire, ses yeux parcourant le paysage. Bon, d'accord, au premier abord difficile de comprendre pourquoi la mer pourrait être ridicule. La mer n'a rien de ridicule, voilà une certitude. Elle est majestueuse, belle, splendide, impressionnante. Sacha n'a pas compris dans le bon sens la phrase qu'il lui a lâchée avant de capturer ses lèvres et on ne peut pas lui en vouloir, ça semble idiot de qualifier la plage de ridicule, n'est-ce pas ? Mais Christopher ne parlait pas de la plage.
Il attrape ses lunettes par la branche et les relève juste ce qu'il faut pour que Sacha voit ses yeux derrière. Là, il joue des sourcils, juste pour s'amuser du « qui te vont à ravir, ne te méprends pas », sans rougir du fait que Sacha a clairement vu que ses lunettes étaient habituellement portées par des femmes et qu'il semble n'en avoir rien à faire malgré sa petite pique. Si ça n'avait pas été le cas, de toute façon, il n'aurait pas été là.
Le cœur de Chris rate un battement quand Sacha lui attrape la main. Ce qu'il peut aimer ces premières découvertes du début. Il a connu une bonne centaines de mains, de baisers, d'étreintes, de premières fois, d'hommes qui lui prennent la main, et pourtant là, à cet instant précis, c'est Sacha qui la lui prend et il en profite comme si c'était la première fois. Un sourire apparaît sur ses lèvres. Ses yeux ancrés dans ceux de Sacha — ou du moins ce qu'il en voit derrière ses verres teints —, il lève leurs deux mains liées pour déposer un baiser sur celle de Sacha.
« Mais je vais t'expliquer, » réplique-t-il d'une voix amusée.
Ce n'est pas son genre de se confier sur ce genre de choses mais s'il a décidé de l'amener ici et de répondre comme il l'a fait à sa question, ce n'est pas pour ensuite lui mentir. D'un geste, Christopher se débarrasse de son sac bien rempli ; il le laisse tomber à leurs pieds Avec regret, il lâche la main de Sacha, après un dernier regard tendre.
« Ce qui est ridicule, Sacha, ce n'est pas la mer, ni mes magnifiques lunettes, plaisante-t-il en se reculant de quelques pas sur le sable, sans le lâcher des yeux. C'est le fait de ne pas pouvoir faire... »
D'un geste habile, Christopher attrape les pans de sa chemise et la passe par-dessus sa tête. Il la laisse tomber dans le sable, sa peau désormais dévoilée, tout comme les tatouages de son épaules jusqu'ici cachés.
« Ça... Et ça..., poursuit-il avec un sourire narquois en faisant sauter sa chaussure droite, puis sa chaussure gauche, et ça, surtout... »
Il tire sur la ceinture de son pantalon avec un air tranquille sur le visage. Il ne s'est pas arrêté un instant de reculer pendant qu'il se déshabillait et il n'arrête pas non plus quand il sautille bêtement pour enlever son pantalon. Ne lui reste désormais plus qu'un caleçon noir qu'il n'a pas l'intention de quitter — il lui reste tout de même quelques traces de pudeur dont il a toujours du mal à se débarrasser.
« Ou encore faire ce que je m'apprête à faire quand on est un gamin de neuf ans qui va à la plage, » lance-t-il une dernière fois à Sacha avant de faire subitement demi-tour.
Tout à coup, il se met à courir vers la mer, avec un simple caleçon sur les fesses, en poussant un hurlement heureux vers le ciel. Il se retourne en cours de route et les mains autour de sa bouche il hurle :
« Viens, Sacha ! »
Avant de trébucher en arrière. Il serait tombé dans le sable s'il n'avait pas battu des bras pour garder l'équilibre. Un gloussement aux lèvres, il se retourne pour continuer sa course. C'est ça qui lui était interdit. De pouvoir profiter des plaisirs simples de la vie, du droit de courir dans le sable, de crier, de se jeter dans la mer comme un fou. Et c'est de ça dont il profite tous les étés depuis qu'il est adulte. Parce qu'il a décidé qu'il ne vivrait pas enchaîné par sa famille.
Sa voix couvre à peine le grondement des vagues au loin. La plage sur laquelle ils sont est cernée par une immense falaise à l'abri de laquelle Christopher comptait s'installer. La mer, elle, arrive après une longue plaine de sable blanc entièrement vide. Il a découvert cette crique il y a une bonne dizaine d'années. Elle est peu connue et donc est l'endroit parfait où être tranquille.
C'est un bonheur de le voir accepter la paire de lunettes qu'il lui tend et un bonheur plus grand encore qu'il les enfile. Elles lui vont bien, évidemment. Chris a hésité entre différentes paires qu'il avait à la maison en se demandant sincèrement laquelle irait le mieux à Sacha. Il a hésité à demander à Alice si elle avait un avis sur la question, mais quand il s'est souvenu de ses grimaces à chaque fois qu'il ose parler de ses amants, il a préféré se débrouiller tout seul. Et avec brio, semble-t-il, car Sacha gagne encore quelques points de charisme, si tant est que c'est possible.
Christopher lâche un petit rire, ses yeux parcourant le paysage. Bon, d'accord, au premier abord difficile de comprendre pourquoi la mer pourrait être ridicule. La mer n'a rien de ridicule, voilà une certitude. Elle est majestueuse, belle, splendide, impressionnante. Sacha n'a pas compris dans le bon sens la phrase qu'il lui a lâchée avant de capturer ses lèvres et on ne peut pas lui en vouloir, ça semble idiot de qualifier la plage de ridicule, n'est-ce pas ? Mais Christopher ne parlait pas de la plage.
Il attrape ses lunettes par la branche et les relève juste ce qu'il faut pour que Sacha voit ses yeux derrière. Là, il joue des sourcils, juste pour s'amuser du « qui te vont à ravir, ne te méprends pas », sans rougir du fait que Sacha a clairement vu que ses lunettes étaient habituellement portées par des femmes et qu'il semble n'en avoir rien à faire malgré sa petite pique. Si ça n'avait pas été le cas, de toute façon, il n'aurait pas été là.
Le cœur de Chris rate un battement quand Sacha lui attrape la main. Ce qu'il peut aimer ces premières découvertes du début. Il a connu une bonne centaines de mains, de baisers, d'étreintes, de premières fois, d'hommes qui lui prennent la main, et pourtant là, à cet instant précis, c'est Sacha qui la lui prend et il en profite comme si c'était la première fois. Un sourire apparaît sur ses lèvres. Ses yeux ancrés dans ceux de Sacha — ou du moins ce qu'il en voit derrière ses verres teints —, il lève leurs deux mains liées pour déposer un baiser sur celle de Sacha.
« Mais je vais t'expliquer, » réplique-t-il d'une voix amusée.
Ce n'est pas son genre de se confier sur ce genre de choses mais s'il a décidé de l'amener ici et de répondre comme il l'a fait à sa question, ce n'est pas pour ensuite lui mentir. D'un geste, Christopher se débarrasse de son sac bien rempli ; il le laisse tomber à leurs pieds Avec regret, il lâche la main de Sacha, après un dernier regard tendre.
« Ce qui est ridicule, Sacha, ce n'est pas la mer, ni mes magnifiques lunettes, plaisante-t-il en se reculant de quelques pas sur le sable, sans le lâcher des yeux. C'est le fait de ne pas pouvoir faire... »
D'un geste habile, Christopher attrape les pans de sa chemise et la passe par-dessus sa tête. Il la laisse tomber dans le sable, sa peau désormais dévoilée, tout comme les tatouages de son épaules jusqu'ici cachés.
« Ça... Et ça..., poursuit-il avec un sourire narquois en faisant sauter sa chaussure droite, puis sa chaussure gauche, et ça, surtout... »
Il tire sur la ceinture de son pantalon avec un air tranquille sur le visage. Il ne s'est pas arrêté un instant de reculer pendant qu'il se déshabillait et il n'arrête pas non plus quand il sautille bêtement pour enlever son pantalon. Ne lui reste désormais plus qu'un caleçon noir qu'il n'a pas l'intention de quitter — il lui reste tout de même quelques traces de pudeur dont il a toujours du mal à se débarrasser.
« Ou encore faire ce que je m'apprête à faire quand on est un gamin de neuf ans qui va à la plage, » lance-t-il une dernière fois à Sacha avant de faire subitement demi-tour.
Tout à coup, il se met à courir vers la mer, avec un simple caleçon sur les fesses, en poussant un hurlement heureux vers le ciel. Il se retourne en cours de route et les mains autour de sa bouche il hurle :
« Viens, Sacha ! »
Avant de trébucher en arrière. Il serait tombé dans le sable s'il n'avait pas battu des bras pour garder l'équilibre. Un gloussement aux lèvres, il se retourne pour continuer sa course. C'est ça qui lui était interdit. De pouvoir profiter des plaisirs simples de la vie, du droit de courir dans le sable, de crier, de se jeter dans la mer comme un fou. Et c'est de ça dont il profite tous les étés depuis qu'il est adulte. Parce qu'il a décidé qu'il ne vivrait pas enchaîné par sa famille.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Même l'horizon jalouse notre beauté
On ne me surprend que rarement. Ce sont ces choses qui découlent de l'éducation réalisée par ma mère. Elle ne nous laisse pas l'occasion de nous ébahir face à quoi que ce soit. Une forme de faiblesse, une manière de nous prendre au dépourvu qu'elle n'apprécie pas du tout. Miles et moi, on s'y est fait. Mais la surprise, je la laisse parfois prendre le dessus pour quelques moments et quelques personnes. Comme celui-ci. La mer, les vagues, le vent. L'homme, aussi. Cet homme qui m'a fait rire par ce simple regard au-delà de ses lunettes et qui me fait sourire par sa simple présence à mes côtés. Je regarde Chris avec une joie non dissimulée et dans l'impatience de découvrir. Là aussi, je la laisse m'avoir, cette surprise, parce qu'avec Chris, on s'y fait. On se fait aux non-dits et on se laisse porter par les regards et par les baisers silencieux.
Mon regard se baisse vers ses lèvres qui se déposent sur mes phalanges. Un léger frisson remonte le long de mon échine, délicieux et dévastateur, comme à chaque fois. Je trouve le geste presque insolent, dans ce lieu désert où les regards ne se porteront pas sur nous, si bien que j'hésite à ne pas écouter ce qu'il a à me dire. Ma curiosité me retient, bien sûr, parce que j'aime découvrir Chris et que les occasions sont rares. Il va m'expliquer, alors moi, je resterai bien sage pour le laisser faire. D'un geste mécanique, je caresse le dessus de sa main avec mon pouce, un sourcil haussé sur le visage. Fais donc, Chris, explique-moi, raconte-moi.
Je ne peux m'empêcher un regard légèrement étonné quand il fait chuter son sac à nos pieds, mais je patiente. Patience, patience. Sa main lâche la mienne et je la laisse retomber le long de mon corps en me tournant, amusé, vers lui qui s'éloigne de moi. Où vas-tu, Chris ? Patience, patience. Ne pas faire... Quoi ?
Un rire m'échappe des lèvres en le voyant se départir de sa chemise qui lui allait pourtant diablement bien. La vue qu'il me laisse, en revanche, me pousse à m'avancer à sa suite. Ça... Et ça... Je ris, je déguste, je ris, je le reluque. J'essaie de comprendre. J'essaie de saisir. La liberté, Chris. Est-ce ça que tu me montres ? Je suis déconcentré par ton tatouage qui se dévoile à moi et je veux tendre la main pour t'attraper par la taille, te serrer contre moi et te laisser m'expliquer avec ta langue, mais tu es déjà trop loin.
Sa ceinture coule de son pantalon, et si je pense que je comprenais déjà où il voulait en venir, je ne commence à défaire ma chemise qu'une fois qu'il se met à courir.
« Toi... »
Mes doigts viennent trouver les quelques boutons un peu trop serrés sur le haut de ma chemise et je les défais en même temps que je déchausse chacune de mes chaussures avec mes pieds. Le vent file sur ma peau noire quand se dévoile mon torse, un nouveau frisson me parcourant le dos. Je ne quitte pas Chris des yeux, lui qui ne manque pas de tomber et m'arrache un rire qui ne se veut pas moqueur, mais qui ne peut malgré tout pas s'en empêcher. Débarrassé de mes chaussures, j'avance à mon tour, trottinant doucement vers cet homme dont les cheveux flottent dans les airs quand les bourrasques viennent s'en emparer de manière terriblement attirante.
« J'arrive ! hurlé-je, comme un enfant. Laisse-moi juste... »
À mon tour, j'attrape ma ceinture que je déboucle et laisse tomber derrière moi. Je me dois de m'arrêter quelques secondes pour pouvoir retirer mon pantalon si je ne veux pas tomber et devoir me mettre à battre des mains comme l'a fait Chris. J'aime rigoler de lui et de ses lunettes, mais si je peux m'éviter de chuter comme un bambin dans le sable...
Mon sourire ne me quitte pas. Il a raison. L'innocence. C'est ça qui nous manque. La liberté, la simplicité, la tranquillité. J'embrasse tout ça avec plaisir, me mettant à courir à mon tour vers lui. Vers lui et vers les vagues qui continuent de rouler sur le sable mouillé. Le bruit des mouettes rend la scène encore plus... Hors du temps. Oui, voilà. J'ai l'impression que pour une fois depuis longtemps, rien n'importe si ce n'est nos rires et nos corps qui ne vont pas tarder à rencontrer la mer dans son entièreté.
Je cours. Je cours, je cours, je cours. Mes grandes jambes permettent de rattraper Chris sans trop de difficulté, sans manquer que je ne suis pas du genre à louper une séance de sport. Quand j'arrive à sa hauteur, mes doigts se jettent sur les siens en l'emportant dans ma course infernale.
« Ridicule ? Je ne vois toujours pas le ridicule, m'écrié-je en riant, le traînant pour l'amener le plus rapidement possible dans l'eau. »
Mes orteils sont les premiers à croiser la route de l'eau froide et la force du courant ralentit ma course. Mes enjambées qui paraissaient agiles et élancées sont écartées de plus en plus, forçant contre les vagues qui avalent mes muscles. Extatique, je sers mes doigts autour de ceux de Chris et lui adresse un sourire qui supprime toute trace de frustration ou de questionnement.
« Prêt ? »
Prêt à chuter avec moi, Chris ?
Je me mets face à la plage, laissant les rouleaux d'eau me frapper la taille et, agrippant les poignets de mon beau cerf, je me laisse tomber. Je ne lui laisse pas le choix. Parce qu'il a raison, un peu d'innocence et ne pas penser quelques instants, il n'y a rien de plus délicieux. Et non, ça n'a rien de ridicule. Pas du tout ridicule.
Mon regard se baisse vers ses lèvres qui se déposent sur mes phalanges. Un léger frisson remonte le long de mon échine, délicieux et dévastateur, comme à chaque fois. Je trouve le geste presque insolent, dans ce lieu désert où les regards ne se porteront pas sur nous, si bien que j'hésite à ne pas écouter ce qu'il a à me dire. Ma curiosité me retient, bien sûr, parce que j'aime découvrir Chris et que les occasions sont rares. Il va m'expliquer, alors moi, je resterai bien sage pour le laisser faire. D'un geste mécanique, je caresse le dessus de sa main avec mon pouce, un sourcil haussé sur le visage. Fais donc, Chris, explique-moi, raconte-moi.
Je ne peux m'empêcher un regard légèrement étonné quand il fait chuter son sac à nos pieds, mais je patiente. Patience, patience. Sa main lâche la mienne et je la laisse retomber le long de mon corps en me tournant, amusé, vers lui qui s'éloigne de moi. Où vas-tu, Chris ? Patience, patience. Ne pas faire... Quoi ?
Un rire m'échappe des lèvres en le voyant se départir de sa chemise qui lui allait pourtant diablement bien. La vue qu'il me laisse, en revanche, me pousse à m'avancer à sa suite. Ça... Et ça... Je ris, je déguste, je ris, je le reluque. J'essaie de comprendre. J'essaie de saisir. La liberté, Chris. Est-ce ça que tu me montres ? Je suis déconcentré par ton tatouage qui se dévoile à moi et je veux tendre la main pour t'attraper par la taille, te serrer contre moi et te laisser m'expliquer avec ta langue, mais tu es déjà trop loin.
Sa ceinture coule de son pantalon, et si je pense que je comprenais déjà où il voulait en venir, je ne commence à défaire ma chemise qu'une fois qu'il se met à courir.
« Toi... »
Mes doigts viennent trouver les quelques boutons un peu trop serrés sur le haut de ma chemise et je les défais en même temps que je déchausse chacune de mes chaussures avec mes pieds. Le vent file sur ma peau noire quand se dévoile mon torse, un nouveau frisson me parcourant le dos. Je ne quitte pas Chris des yeux, lui qui ne manque pas de tomber et m'arrache un rire qui ne se veut pas moqueur, mais qui ne peut malgré tout pas s'en empêcher. Débarrassé de mes chaussures, j'avance à mon tour, trottinant doucement vers cet homme dont les cheveux flottent dans les airs quand les bourrasques viennent s'en emparer de manière terriblement attirante.
« J'arrive ! hurlé-je, comme un enfant. Laisse-moi juste... »
À mon tour, j'attrape ma ceinture que je déboucle et laisse tomber derrière moi. Je me dois de m'arrêter quelques secondes pour pouvoir retirer mon pantalon si je ne veux pas tomber et devoir me mettre à battre des mains comme l'a fait Chris. J'aime rigoler de lui et de ses lunettes, mais si je peux m'éviter de chuter comme un bambin dans le sable...
Mon sourire ne me quitte pas. Il a raison. L'innocence. C'est ça qui nous manque. La liberté, la simplicité, la tranquillité. J'embrasse tout ça avec plaisir, me mettant à courir à mon tour vers lui. Vers lui et vers les vagues qui continuent de rouler sur le sable mouillé. Le bruit des mouettes rend la scène encore plus... Hors du temps. Oui, voilà. J'ai l'impression que pour une fois depuis longtemps, rien n'importe si ce n'est nos rires et nos corps qui ne vont pas tarder à rencontrer la mer dans son entièreté.
Je cours. Je cours, je cours, je cours. Mes grandes jambes permettent de rattraper Chris sans trop de difficulté, sans manquer que je ne suis pas du genre à louper une séance de sport. Quand j'arrive à sa hauteur, mes doigts se jettent sur les siens en l'emportant dans ma course infernale.
« Ridicule ? Je ne vois toujours pas le ridicule, m'écrié-je en riant, le traînant pour l'amener le plus rapidement possible dans l'eau. »
Mes orteils sont les premiers à croiser la route de l'eau froide et la force du courant ralentit ma course. Mes enjambées qui paraissaient agiles et élancées sont écartées de plus en plus, forçant contre les vagues qui avalent mes muscles. Extatique, je sers mes doigts autour de ceux de Chris et lui adresse un sourire qui supprime toute trace de frustration ou de questionnement.
« Prêt ? »
Prêt à chuter avec moi, Chris ?
Je me mets face à la plage, laissant les rouleaux d'eau me frapper la taille et, agrippant les poignets de mon beau cerf, je me laisse tomber. Je ne lui laisse pas le choix. Parce qu'il a raison, un peu d'innocence et ne pas penser quelques instants, il n'y a rien de plus délicieux. Et non, ça n'a rien de ridicule. Pas du tout ridicule.
@Christopher Hangoover
964 mots
964 mots
Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
Même l'horizon jalouse notre beauté
En se retournant pour poursuivre sa course, Christopher se dit que son seul regret est de ne pas pouvoir regarder Sacha se déshabiller. Il a vu sa peau ébène resplendir sous le soleil en se tournant vers lui, il avait les mains occupées à défaire son pantalon et pendant un instant Christopher s'est vu abandonner la mer pour aller l'aider à terminer. Mais on abandonne pas la mer, surtout pas quand on court vers elle comme il le fait. Et puis il sait que Sacha finira par le rejoindre et qu'ils embrasseront ensemble les flots de la Mer Celtique.
Le vent souffle dans ses oreilles, son cœur tonne dans ses tempes, sa joie l'empêche d'être attentif aux détails, aussi est-il surpris lorsque Sacha le dépasse tout à coup, ses longues jambes le portant bien plus vite que celles de Christopher. Ce dernier le dévore des yeux, le visage déformé par un sourire qui n'a pas de limite. Il se laisse attraper par la main et lorsque Sacha l'embarque dans une course folle qui fait monter son cardio, il éclate de rire, à bout de souffle, mais il pousse sur ses jambes pour ne pas se laisser tirer, pour courir à ses côtés, juste aux côtés de cet homme qui, a cet instant précis en tout cas, est le seul qui compte. Il ne voit pas le ridicule, lui lance-t-il. Christopher rit trop pour pouvoir lui répondre, pour pouvoir lui dire que c'est normal qu'il ne voit pas, car lui n'a pas eu une enfance aseptisée.
Le sable mouillé remplace le sec, si agréablement chaud sous ses pieds. Ils ne pataugent qu'un court instant dans les restes d'une vague avant que leurs jambes se fracassent contre les premiers soupirs de la mer. Leurs pieds disparaissent dans l'écume. Christopher a un hoquet surpris quand le froid de la mer le saisit, mais il ne ralentit pas, au contraire, il a envie de plonger, de se faire prendre par la mer, d'avoir le corps piqueté de frissons quand le froid remontera le long de sa colonne vertébrale.
Les doigts de Sacha se serrent autour des siens. Christopher le regarde, cet homme qui lui sourit de toutes ses dents, et il lui fait un sourire tout à fait semblable, extatique.
« Plus que pr..., » commence-t-il à dire en s'avançant avec Sacha avant que celui-ci l'attrape par les poignets et l'embarque dans les bras de la mer.
Un glapissement échappe à Christopher. Il chute vers l'avant, emporté par le poids de Sacha mais aussi par les rouleaux qui grondent autour de lui et qui exercent une force qui le déséquilibre. Son visage plonge sous la surface et avale ce qui restait de sa surprise. L'eau l'engloutit tout entier, salée, piquante, froide. Il la sent qui joue avec ses cheveux, qui le pique au niveau d'une petite coupure qu'il s'est faite au doigt et qu'il n'a pas pris la peine de guérir. Les mains de Sacha ne quittent pas ses poignets. Christopher se dérobe juste assez pour pouvoir à son tour agripper ses bras. Pour ne pas le perdre sous l'eau. Comme souvent quand il plonge dans la mer, une crainte enfantine s'élève en lui, celle d'être emportée par le courant et de ne plus jamais retrouver le chemin de la surface. Mais c'est bon, Sacha est là, il sent ses doigts sur sa peau, ses pieds trouvent même ses jambes qu'il enroule des siennes, jusqu'à ce qu'il crève de nouveau la surface pour lancer vers le ciel un éclat de rire qui n'attendait que l'air libre pour éclater.
« Tu n'as pas... attendu... que je sois prêt ! » s'écrit Christopher entre deux éclats de rire qui hachent ses paroles.
Il libère une de ses mains pour essuyer ses yeux et secoue la tête pour repousser ses cheveux vers l'arrière. Quand il ouvre les yeux, c'est pour mieux profiter de la vision d'un Sacha dégoulinant d'eau, les yeux brillants. Des doigts, Christopher remonte son avant-bras, son biceps, et il perd sa main dans sa nuque qu'il tire pour s'approcher de lui. L'eau le porte tout seul, son corps percute celui de Sacha. Il prend sa joue en coupe et plonge dans son regard. Sous l'eau, il noue ses jambes autour des hanches de l'homme et se cale confortablement contre lui.
« Emmène-moi dans la mer, lui demande Chris, un sourire joueur au coin des lèvres, puisque t'es décidé à m'y emporter. »
Il n'aura aucun mal à le faire. Sacha n'est pas exactement le genre d'homme à louper une séance de sport et Christopher a maintes fois eu l'occasion de mettre à l'épreuve sa force.
Le vent souffle dans ses oreilles, son cœur tonne dans ses tempes, sa joie l'empêche d'être attentif aux détails, aussi est-il surpris lorsque Sacha le dépasse tout à coup, ses longues jambes le portant bien plus vite que celles de Christopher. Ce dernier le dévore des yeux, le visage déformé par un sourire qui n'a pas de limite. Il se laisse attraper par la main et lorsque Sacha l'embarque dans une course folle qui fait monter son cardio, il éclate de rire, à bout de souffle, mais il pousse sur ses jambes pour ne pas se laisser tirer, pour courir à ses côtés, juste aux côtés de cet homme qui, a cet instant précis en tout cas, est le seul qui compte. Il ne voit pas le ridicule, lui lance-t-il. Christopher rit trop pour pouvoir lui répondre, pour pouvoir lui dire que c'est normal qu'il ne voit pas, car lui n'a pas eu une enfance aseptisée.
Le sable mouillé remplace le sec, si agréablement chaud sous ses pieds. Ils ne pataugent qu'un court instant dans les restes d'une vague avant que leurs jambes se fracassent contre les premiers soupirs de la mer. Leurs pieds disparaissent dans l'écume. Christopher a un hoquet surpris quand le froid de la mer le saisit, mais il ne ralentit pas, au contraire, il a envie de plonger, de se faire prendre par la mer, d'avoir le corps piqueté de frissons quand le froid remontera le long de sa colonne vertébrale.
Les doigts de Sacha se serrent autour des siens. Christopher le regarde, cet homme qui lui sourit de toutes ses dents, et il lui fait un sourire tout à fait semblable, extatique.
« Plus que pr..., » commence-t-il à dire en s'avançant avec Sacha avant que celui-ci l'attrape par les poignets et l'embarque dans les bras de la mer.
Un glapissement échappe à Christopher. Il chute vers l'avant, emporté par le poids de Sacha mais aussi par les rouleaux qui grondent autour de lui et qui exercent une force qui le déséquilibre. Son visage plonge sous la surface et avale ce qui restait de sa surprise. L'eau l'engloutit tout entier, salée, piquante, froide. Il la sent qui joue avec ses cheveux, qui le pique au niveau d'une petite coupure qu'il s'est faite au doigt et qu'il n'a pas pris la peine de guérir. Les mains de Sacha ne quittent pas ses poignets. Christopher se dérobe juste assez pour pouvoir à son tour agripper ses bras. Pour ne pas le perdre sous l'eau. Comme souvent quand il plonge dans la mer, une crainte enfantine s'élève en lui, celle d'être emportée par le courant et de ne plus jamais retrouver le chemin de la surface. Mais c'est bon, Sacha est là, il sent ses doigts sur sa peau, ses pieds trouvent même ses jambes qu'il enroule des siennes, jusqu'à ce qu'il crève de nouveau la surface pour lancer vers le ciel un éclat de rire qui n'attendait que l'air libre pour éclater.
« Tu n'as pas... attendu... que je sois prêt ! » s'écrit Christopher entre deux éclats de rire qui hachent ses paroles.
Il libère une de ses mains pour essuyer ses yeux et secoue la tête pour repousser ses cheveux vers l'arrière. Quand il ouvre les yeux, c'est pour mieux profiter de la vision d'un Sacha dégoulinant d'eau, les yeux brillants. Des doigts, Christopher remonte son avant-bras, son biceps, et il perd sa main dans sa nuque qu'il tire pour s'approcher de lui. L'eau le porte tout seul, son corps percute celui de Sacha. Il prend sa joue en coupe et plonge dans son regard. Sous l'eau, il noue ses jambes autour des hanches de l'homme et se cale confortablement contre lui.
« Emmène-moi dans la mer, lui demande Chris, un sourire joueur au coin des lèvres, puisque t'es décidé à m'y emporter. »
Il n'aura aucun mal à le faire. Sacha n'est pas exactement le genre d'homme à louper une séance de sport et Christopher a maintes fois eu l'occasion de mettre à l'épreuve sa force.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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