La Maladie d'Amour

Il me le redit, encore, ses yeux plongés dans les miens, un sourire aux lèvres. Il me dit encore que mes iris noisettes sont celles d’un combattant. Ce qu’il ajoute fait battre mon cœur plus fort encore, comme si c’était encore possible.
Les yeux d’un combattant qui revient à la charge malgré les épreuves.
Les épreuves, Sulien, si tu savais comme elles sont nombreuses. Les portes des noms, des visages. Elles sont des sons, des couleurs, des rires qui résonnent encore dans ma poitrine. Elles sont des absences, des amours que je ne rencontrerai jamais. Elles sont des responsabilités que j’aurais aimé avoir mais dont on m’a dépouillé.

Mes doigts tiennent les siens. Je veux qu’ils restent là, contre ma poitrine. Qu’ils arrachent mon cœur à ma poitrine pour lui promettre que ça va aller, à présent. Qu’il n’y aura plus de questions pour tourner en boucle dans ma tête. Je veux qu’il lui dise, à mon cœur, ce petit cœur fragile à qui on a fait trop de mal, qu’il ne souffrira plus jamais. Qu’il n’a plus besoin de chercher à battre dans d’autres mains pleines de griffes. Dis lui qu’on va prendre soin de lui, qu’on va lui donner la tendresse qu’il mérite. Dis lui, s’il te plaît. Dis lui qu’il n’a plus besoin de sauter de mains en mains pour guérir. Dis lui, je t’en prie. Les tiennes sont magiques. Elles n’ont pas de griffe.

Ces mêmes mains qui m’ont tenue par les cheveux pour me balancer des horreurs au visage, celles-là même qui m’ont jeté un seau de saloperie sur la tête… l’une d’entre elle est sur ma poitrine. Ces lèvres qui m’ont blessées m’apaisent. Si il avait s’agit d’autres mains, d’autres lèvres… est-ce que je ressentirai la même plénitude que maintenant ? Si elles n’avaient pas été celles de Sulien, est-ce que les choses seraient différentes ? Si elles avaient été celles de Rahima, de Chris, de Jude, d’Alma, de Maman, de Papa… est-ce que je ressentirai quelque chose de moins puissant et réel que cela ?

Alors je souris, moi aussi. Je souris grand. Je souris, jusqu’à ce que son visage prenne un air différent. Et bientôt, sa tête heurte mon épaule. Sulien ne sourit plus. Sulien pleure. Sulien s’effondre. Mon corps se fige. Mes yeux s’ouvrent en grand. L’odeur de ses cheveux s’engouffre dans mes narines, et je me surprend à les respirer pour de vrai.
Je ferme les yeux, je serre les dents.
On se déteste parce que c’est plus simple que de demander pardon. La guerre est plus confortable que la paix car elle ne demande pas de réflexion. On s’agite. On hurle. On frappe. On domine. Là où la paix est plus timide, plus honnête, plus douce. Qu’est-ce que deux gosses ont à faire de l’honnêteté et de la douceur, hein ? Pourquoi est-ce qu’ils devraient se dire pardon alors qu’ils sont tout les deux convaincus d’avoir raison ? Dominer l’autre, c’est humain. Pourquoi on aurait cherché à faire autrement ? C’est en nous. Toi, tu pouvais le faire, pourquoi ne l’aurais-tu pas fait ? J’étais une proie facile, et les prédateurs qui font preuve de clémence et d’indulgence ne sont que des gros chats sans griffe ni crocs.

Ma grande main remonte jusqu’à sa nuque pour le ramener contre moi. Ma nuque retombe sur son épaule. Je serre les dents. J’inspire.
Les brûlures des Enfers que tu as traversés, tu les portes fièrement. Mais elles sont encore douloureuses, hein ? Je le serre plus fort. Mes doigts tiennent sa nuque. Ils s’engouffrent dans ses cheveux noirs. J’en connaissais pas la douceur. Elle ne me surprend pas.


« Pas besoin de potion pour se faire du mal », je souffle contre sa peau. J’inspire, le souffle tremblant. Cède pas, Lloyd. Cède pas. Sois solide, s’il te plaît. Sois solide. Dis des choses intelligente.
Je suis sensible aux larmes des autres. Elles atteignent toujours trop profondément mon cœur que j’ouvre en grand pour leur offrir un refuge. Est-ce que si Sulien avait pleuré plus tôt, la guerre aurait cessé plus vite ? « C’est… facile de se détester. C’est plus facile que de faire la paix. »

Ma voix chevrote. J’inspire, encore. Je souffle, encore. Mes doigts se resserrent sur les siens, les plaquent plus fort sur ma poitrine. Je ferme les yeux pour laisser couler les larmes qui, enfin, trouvent une épaule à salir.

734 mots

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La Maladie d'Amour
Sa main remonte jusqu'à ma nuque et me serre contre lui. Ne me lâche pas, je t'en supplie. Garde-moi près de ta chaleur que tu crois inexistante. Ma main serre encore plus fort son cœur que j'entends battre à mille à l'heure. Dis, est-ce que ton cœur bas à l'unisson avec le mien ? Parce que je n'arrive pas à l'entendre mon cœur tout gelé. Je ne sais pas ce que tu me fais ou ce qu'on créé mais je ne veux pas que ça s'arrête. Je ne veux plus verser de larmes pour rien, je veux que celles-là aient du sens, que ce soit la glace qui fond tout doucement. Toutes mes cicatrices s'ouvrent, celles qui témoignent d'un passé trop douloureux que j'ai parfois envie d'effacer. Mais les blessures nous formes hein ? Elles détruisent pour reconstruire après.

C'est plus facile de détester mais ça brûle. Je ne veux plus que mon premier réflexe soit les cris, les griffes, les armes, la guerre... Je veux que ce soit ça : la paix, la guérison et... L'amour. Mais j'ai peur de tout déconstruire, de me remettre à vif. On peut le faire ensemble, hein ? On peut apprendre à aimer sans blesser ou tuer ? Je veux me dire que c'est encore possible, que je peux enlever le rouge de mes mains.

Il pleure, je l'entends et je penche légèrement ma tête contre la sienne. N'essayes pas de garder la face, pleure, vide tout sur mon épaule. Laisse toute cette douleur déborder pour qu'elle parte à tout jamais. Je ne te lâcherai pas comme tu ne le feras pas et c'est déjà assez. Je voudrais te donner de la chaleur mais je n'en ai plus. Tout ce que je peux faire c'est être là dans tes bras qui pourraient me briser si tu serrais trop fort. Je peux être ta pleine Lune et toi mon Soleil qui me fait briller le soir.

J'entends des paroles parasites qui couvrent mes pensées. En tournant le regard, je me rappelle qu'on est à Sainte-Mangouste. Aaah, le temps ne veut malheureusement pas s'arrêter pour nous. Je ne veux pas partir mais on ne peut pas rester ici indéfiniment, hein ? Je trouve enfin la paix mais je ne peux pas l'avoir à vie, on doit me l'arracher des mains comme on m'arrache tout. Je veux rester là, laissez-moi au moins cinq minutes, juste le temps de m'assurer que je pourrais avoir tout ça autre part, là où le temps s'arrêtera pour de bons.

Difficilement, je m'arrache de son étreinte mais seulement pour glisser ma main libre sur sa joue et essuyer les quelques larmes qui s'y trouvent. "Lloyd, regarde-moi.", je veux voir tes yeux noisette, la flamme qui s'y trouve. "Écris-moi des lettres et envoie-les à Poudlard, j'y répondrais.", je ne veux pas perdre ce contact qu'on a, je te le jure sur ma vie. Mon front se pause sur le sien pour que je ne puisse pas perdre son regard. Je veux voir mon âme refléter dans la tienne. "Viens à Pré-au-Lard quand tu veux, je serais là. Envoie-moi un patronus ou juste un signe et je viendrai à la Fausse pour te donner mon temps.", je ne veux pas le lâcher. Je me sens apaisé dans ses bras mais le monde veut m'arracher ce moment.

552 mots
Dernière modification par Sulien Willows le 26 sept. 2026, 16:18, modifié 2 fois.

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La Maladie d'Amour


Ne me lâche pas, je t’en prie, je t’en supplie. Continue à me faire me sentir comme si j’étais encore un homme entier. Si tu me lâches, je meurs ? J’ai l’impression que je peux redevenir quelqu’un, là, ton souffle à mon oreille, la dureté de ton épaule contre mon front. Même si je pleure, je sens revenir le bonheur des sensations qui ne sont pas la douleur. Ça fait trop longtemps que je n’ai pas ressenti quelque chose qui ne me fait pas mal. Je n’ai pas envie que ça s’arrête. Laisse moi encore quelques minutes, encore une heure. J’en ai besoin. J’ai besoin de ta tendresse, j’ai besoin que tu sois gentil avec moi. Plus de guerre, plus jamais. Rien que de la douceur. Je savais pas que t’en étais capable. Si j’avais su, je crois que j’aurai pardonné plus tôt. Tu ne me l’as jamais donné, comment j’aurais pu savoir que derrière tes sourires arrogants, derrière tes œillades moqueuses se cachait un corps qui tient si bien le mien ? Comment j’aurai pu savoir que tu savais voir avec ton cœur autant que tes mains ?

Sa tête heurte la mienne, comme un coup de museau pour me dire que tout va bien, que j’ai le droit de pleurer, que mes pleurs ne sont pas plus pitoyables que les siens, que j’ai le droit de ne pas être solide tout le temps, qu’il comprend, qu’il accepte, qu’il écoute. Je serre fort les yeux. Ma gorge me fait mal. Mais je ne souffre pas. Je ne sais pas de quoi je pleure. Je crois que mon corps se sent en sécurité. Il sait que si il pleure, il ne blessera personne. Il sait que Sulien ne me jugera pas, qu’il acceptera.

Nan, Sulien, s’il te plaît, pas encore. Pas encore. Encore un peu. Tu ne peux pas m’offrir ton épaule pour finalement me la retirer. S’il te plait. Encore un peu. J’ai besoin de ta tendresse, de ta douceur. S’il te plait. Ne me dis pas que la guerre va reprendre, que c’était une erreur. Ne reviens pas sur ta parole. N’effaces pas tes larmes. Je veux plus de guerre. Mais je veux que tu me dises encore que j’ai des yeux de combattant. Un combattant qui ne veut plus la guerre. Il veut la paix. Il veut que tu lui montres comment on revient des Enfers. Comment on vit avec les brûlures.

Sa main trouve mon visage. Elle essuie ses larmes que j’ai versé. Je te regarde Sulien. Je te regarde, toi et tes yeux si clairs que je me noie dedans. Cette noyade là, elle ne me fait pas mal.
Il ne veut pas retrouver la guerre. Il veut la paix. Il veut que ça continue. Il veut…
Son front vient se poser contre le mien. Mon coeur trébuche dans ma poitrine. Ma main garde la sienne contre moi. Je ne dis rien, je n’ai pas envie de parler. Je veux qu’il voit dans mes yeux que j’écrirais des lettres. Je n’aime pas écrire, mais là, j’en ai envie. J’écrirais. Je viendrais à Pré-au-lard. Je viendrai. C’est promis. C’est promis. Tu ne me lâches pas, hein ? Tu vas me redonner ta tendresse ? J’ai le droit de la retrouver, hein ? Donne moi ton temps, s’il te plait, oui, promets-le moi encore. Je le vois dans tes yeux, de toutes façons. Je le sens dans tes doigts sur ma peau. Tes doigts qui ne tranchent pas. Tu promets.

Ma main sur sa nuque ne le quitte pas. Mon pouce glisse à la base de ses cheveux noirs. Je déglutis. Est-ce que je sais encore recevoir des cadeaux comme ça ? Des attentions ? De la douceur ? Je me sens comme un chien qui veut réapprendre ce que c’est, une vie sans coup, une vie sans cri.
Mes doigts glissent le long de son cou pour trouver sa mâchoire. Je souffle doucement. J’ai du feu dans mon corps tout entier. Tu le sens, Sulien ? Tu sens ma peau chauffer sous tes doigts ? Tu sais lire dans les coulées de lave que sont mes veines ?

« Je viendrais à Pré-au-Lard », je te promets. « Je… je t’écrirai des lettres. Et toi… » Je roule mes lèvres, j’avale une inspiration tremblante. « Tu viendras me voir. Et… », un rire crasseux de mes larmes, tremblant, m’échappe « et on pourra se poser sans avoir l’air de deux débiles qui pleurent pour le gros rhume de Rahima… »

Je le regarde avec un sourire, les yeux encore brillant, je le sais. Mais c’est pas grave. J’ai pas peur d’avoir l’air faible, d’avoir des sillons de larmes sur le visage. J’ai le droit d’être triste, j’ai le droit de pleurer. Je dois me reprendre, a dit Jude. Ça viendra. Parce que dans mes yeux, Sulien a dit voir un combattant.
Tant que je reste dans son regard, il demeurera toujours un combattant.

Mon pouce caresse paresseusement la courbe de sa mâchoire. J’ai rêvé d’éclater cette mâchoire plus d’une fois. Maintenant… je crois que j’ai envie d’en connaître toute les aspérités.

855 mots

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La Maladie d'Amour
J'ai entendu dire qu'il ne fallait donner que huit minutes de son temps pour qu'une personne oublis un instant ses problèmes. Seulement huit petites minutes pour faire donner une bouffée d'air à quelqu'un. Est-ce que ça fait huit minutes qu'on est là ? Je pense. Ça doit faire plus même. Est-ce que c'était assez pour lui donner mon souffle ? Est-ce que tu respires enfin, Lloyd ? Je vois dans tes yeux que tu ne veux pas que ça se finisse. Moi non plus. Je veux rester ici pour le restant de mes jours parce que je respire, je te vois et je soigne enfin. Mes mains ne sont plus signe de destruction sur leur passage, non, elles ferment tes blessures ouvertes comme un simple sort de guérison.

Mais, même si on se sépare maintenant, on se reverra dans un futur proche. Le plus proche possible. Dans deux jours, demain ou même ce soir tant que personne ne peut briser ce moment. J'ai peur de te lâcher. Si je pars ne serait-ce qu'une seconde, est-ce que tu vas t'effondrer ? Je veux être sûr que ce ne sera pas le cas quand le temps reprendra son cours. Et si c'est le cas, je voudrais te laisser une partie de moi pour que tu puisses recoller les bouts à n'importe quel moment de la journée.

Sa petite remarque me fait rire et apaise légèrement la tempête de question dans ma tête. Il a raison, on doit créer une sacrée scène de théâtre tragique pour le personnel. Au fond, ça m'énerve de leur avoir donné quelque chose à regarder comme un spectacle. Ce n'est pas un spectacle ce qui se passe, c'est la fin d'une guerre et le début d'une paix qui en vaut la peine. Je n'ai plus à haïr car je peux aimer sans craintes.

"T'as raison, on pourra avoir un silence à nous.", je dis en lui donnant un autre sourire. J'appuie ma tête contre ses doigts qui se sont faufilés sur ma mâchoire. Ils sont chauds, c'est réconfortant. J'ai l'impression que je ne tomberai jamais. Mais, je dois les laisser. Je retire ma main de ses joues de toutes mes forces avant de l'utiliser pour sécher mes propres larmes. "Pffou, je dois avoir les yeux rouges.", je laisse un léger rire s'échapper de mes lèvres. J'ai l'impression que la réalité est retombée sur mes épaules. Je me sentais bien dans son étreinte. Je résiste à l'envie de me coller de nouveau à lui. J'ai froid maintenant, si froid. Je serre une dernière fois son cœur avant de glisser ma main dans la sienne. Nos doigts s'entremêlent et une chaleur revient prendre sa place dans mon torse. Je veux le garder prêt de moi tant que je le peux.

"On peut au moins faire tout le chemin jusqu'à la sortie ensemble.", mon regard ne quitte pas le sien. Je m'y perdrai à chaque fois que l'on se verra, je le sais.

492 mots
Je- je crois que c'est une fin de RP :'(

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La Maladie d'Amour
Ce n’est pas normal d’apprécier la peau de Sulien, hein ? Mais mon corps trouve ça naturel. Il ne veut pas que ça s’arrête. Je ne veux pas que ça s’arrête. Je ne veux pas que ça s’arrête. J’aime cette tendresse. J’aime retrouver mon reflet dans ses yeux. Il n’a pas la voix de Miya, mais j’aime la sienne. Elle ne crie pas, elle ne demande pardon, elle ne me supplie pas. Elle ne dit pas “je”. Il n’a jamais dit “je”. Il m’a laissé exister. Il m’a laissé de la place. Il… m’a laissé exister, bordel. Moi. Moi, j’ai eu ce droit. Il n’a pas volé toutes la lumière. Il n’a pas écrasé mes mots sous son talon. Il m’a écouté. Il m’a…

Je comprends pas. Alors que son corps s’éloigne du mien, je réalise que le temps ne s’est pas arrêté. Je le regarde me dépouiller de sa chaleur. Je me force à lui retirer la mienne. Je regarde ses doigts essuyer ses yeux. Ils sont rouges, ouais, mais ils rendent tes iris bleus plus clairs encore. On a pleuré. Pourquoi je n’ai pas mal ? Quand je pleure, j’ai toujours mal. Je pleure parce que je souffre. Là… pourquoi j’ai pas mal ? Pourquoi j’ai envie de sourire ? Pourquoi son rire appelle le mien ? Je comprends pas. C’est vraiment en train d’arriver, tout ça ? J’ai chaud. Mon sang bat à mes tempes comme un tambour. C’est pas normal, hein ?
Ça va pas durer. Cette chaleur ne va pas durer. Les “tu”, les “nous”, deviendront des “je”. La guerre va reprendre, hein ? Ça peut pas se finir comme ça. Cette main, là, ses doigts qui s’entrelacent aux miens… c’est pour se dégager ?
Non. Il ne les lâche pas. Il garde ma main dans la sienne.
C’est pas normal. C’est pas normal, la paix après la guerre. C’est l’inverse qui doit se produire. D’abord, tout se passe bien, toujours. Elle me fait me sentir comme un dieu, comme si j’étais la chose la plus spécial au monde. Elle rit avec moi. Elle joue avec moi. On court dans l’appartement. Elle boit, oui, mais pas trop, juste pour s’amuser. Et après, les cris, les objets qui volent, elle pleure, je pleure, elle part, elle revient, la paix devient guerre, parce que c’est comme ça que ça fonctionne. Miya aussi, c’est un combattante, tu sais ? Le soucis, c’est qu’elle se bat contre elle-même et blesse tout ce qu’il y a autour d’elle. Et moi, j’aimais la prendre dans mes bras.

Mes yeux tombent sur nos doigts entremêlés. Ma grande main nerveuse tatouée. Sa longue main pâle et osseuse.
C’est tellement violent comme vision.
Mais ça ne me fait pas mal. Je m’accroche à cela. Je n’ai pas mal. Sulien ne me blesse pas. Sulien ne veut pas partir, lui. Il veut qu’on sorte lui et moi. Il ne part pas. Il ne me laisse pas tout seul. Il est là. Il me tient. Il me regarde. Il ne demande pas pardon. Il ne pleure pas. Il est là. Et il tient ma main.

Je resserre ses doigts. Je retrouve sa chaleur. Et ça me plaît.

« On peut faire ça », je lui réponds en souriant.

On peut décider que celui qui nous faisait si mal peut devenir celui qui recolle les morceaux. On peut accepter que souffrir ne devrait pas devenir une habitude.
Mais quelque chose ne moi n’accepte pas. Je sais pas pourquoi, j’en sais rien, j’ai l’impression que tout ça, tes doigts dans les miens… c’est pas réel. Tu aurais dû te tirer dés que tu m’as vu m’effondrer, non ? Quand t’as vu l’espèce de carcasse que je suis… pourquoi t’es pas parti ? Certains partent sans raison. Toi, tu restes. Tu marches avec moi. Je comprends pas. Mais j’adore. J’aime ça. J’aime que ce soit simple, pour une fois. J’aime que tu ne partes pas. J’aime que tu me tiennes la main, cette main qui t’a pourtant dit tout ce que j’étais : compliqué, impulsif, complexé, émotif. T’as ouvert le livre le plus chiant du monde mais tu l’as pas encore remis sur l’étagère.
Et j’aime ça.
J’aime vraiment ça.

Même si, qu’on se le dise : il y a un truc qui cloche. Je crois que c'est le fait de tenir la main à un homme.

Fin.
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Merci pour ce RP merveilleux mon Susu. J'aurai aimé que jamais ça ne s'arrête

728 mots

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