Mon ego entre tes serres S.W

Jeudi 6 juillet 2051
SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE
Entre 14h et 15h


« Allez faut que je file, je prends mon service à quinze heures et je dois encore passer à la banque, » annonce Christopher en penchant la tête en arrière pour avaler les dernières gouttes de sa bièraubeurre.

Sur la table du Chaudron Baveur s'entassent les restes d'un repas et si l'on en croit les assiettes vides empilées dans un coin, les plats étaient suffisamment bons pour ne pas en laisser une seule miette. Sur le banc d'en face, Ashwin se frotte longuement les yeux et étouffe un bâillement en se levant. Il a gentiment accepté de se réveiller plus tôt pour répondre à l'invitation de Christopher de venir manger au Chaudron Baveur. C'est leur rendez-vous mensuel et ils dépassent toujours longuement l'horaire tant ils ont à se dire.

« Tu salueras Eze de ma part, hein ? fait Christopher une fois Ash debout.
Tu sais bien que oui. La prochaine fois, je le force à se bouger pour venir. Prends soin de toi, vieux. »

Ash donne à Christopher une étreinte et lui tapote l'épaule avant de s'écarter avec un large sourire. Après un dernier geste de la main, Christopher s'éloigne vers le Chemin de Traverse, la mine heureuse. Il n'y a rien de mieux que de passer un moment avec un vieil ami. C'est comme être à la maison : Ashwin le connait par cœur et lui-même le connait par cœur. Passer sept ans dans un même dortoir, ça laisse des traces. Ils ont beau ne pas être aussi proches qu'ils auraient pu l'être, Christopher se sent toujours gorgé de bonheur quand il revient d'un moment avec Ash.

Il laisse derrière lui la salle bruyante du Chaudron Baveur pour pénétrer sur le Chemin de Traverse inondé de soleil. Il pose à peine un pied sur les pavés que le brouhaha de la rue commerçante l'assaille. La ruelle est noire de monde. À croire que tout le monde s'est donné rendez-vous pour profiter de la chaleur estivale. Le sourire sur les lèvres de Christopher s'épanouit. Ce qu'il aime cette effervescence, ce bruit constant, ce monde, ces rires et ces cris, ces conversations qui s'entrecroisent ! Il s'avance dans la foule, nourrit du bonheur simple de l'ambiance légère qui flotte sur le Chemin, avec les enfants fraichement rentrés de Poudlard qui courent de partout et les visages heureux des gens en vacances.

Une main dans la poche, habillé d'un simple débardeur noir et d'un pantalon en lin, il zigzague entre les groupes sans se départir de son sourire. Il jette ci-et-là des « oups, pardon, un peu plus et je vous bousculais ! » et autres « elle a l'air trop bonne ta glace, mon gars ! », prenant chaque regard croisant le sien comme une invitation à parler. Chris a envie de parler, encore et encore. C'est l'effet Ash, ça. Il a hâte d'arriver au taf et de retrouver Sasha : ils ont toujours le temps de discuter avant la prise du service et de faire les idiots dans la cuisine tant que Kemby n'est pas là pour leur jeter des regards désapprobateurs.

Gringotts se dessinent sur l'horizon, tout en bas de la ruelle. Ses longues colonnes blanches renvoient les rayons du soleil, le bâtiment resplendit sous le ciel d'été. Entre lui et Chris, une foule noire. Un gloussement heureux lui échappe. Il fait un bond sur le côté pour éviter un petit elfe de maison pressé, fait un pas chassé pour se glisser entre deux groupes, se faufile entre un couple avec une grimace désolée et tout à coup, subitement, il se retrouve nez à nez avec un visage pâle.

« Wow ! »

Son corps, lancé par le mouvement, manque de percuter l'homme. Chris pile brutalement, les mains levées devant lui, à la fois pour rattraper l'homme si celui-ci se recule précipitamment et pour se protéger d'un éventuel choc.

« Oh, je suis... Pardon ! s'écrit-il dans un rire. J'ai voulu éviter des gens et j'ai... »

J'ai... Il vient surtout de reconnaître les traits de l'homme. Ses cheveux longs qui encadrent son visage à la peau pâle, son tatouage sur la tempe, ses yeux... Reviennent instantanément à Chris tous les souvenirs désagréables et douloureux qui sont associés à Sulien Willows, qu'il a un jour trouvé suffisamment charmant pour avoir envie de le draguer. Maintenant ? Christopher grimace et fait un pas en arrière. Il baisse les mains et les croise même dans son dos tout en arquant un sourcil inquisiteur à l'adresse de Willows.

« Je vais cacher mes mains, hein, si tu veux bien, » fait-il effrontément.


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@Sulien Willows, et les voilà de nouveau l'un face à l'autre !

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Mon ego entre tes serres S.W
Quarante. Il y a quarante galions. C'est ça, quarante galions. Il y a.... quarante ? J'ai bien compté quarante ? Oui... Je pense... Et si j'ai compté une pièce en double ? Bordel, je fais ça en boucle depuis que j'ai retiré de l'argent à Gringott. J'ai dû recompter peut-être, dix ou quinze fois ? Je ne sais plus. Pourquoi je suis autant... Comment dire... Pourquoi j'ai ce besoin de tout le temps recompter mon argent quand je viens de le retirer. C'est pire quand je suis dans mon coffre, j'ai peur qu'il manque ne serait-ce qu'une noise et là, heureusement que le gobelin me rappelle qu'il n'a pas tout mon temps parce que je suis presque sûr que je pourrais passer la journée à tout recompter. Une pièce par une pièce... Pffff, je me fatigue moi-même. Puis, je sais que je ne manque pas d'argent mais, je ne sais pas, depuis quelques années, je compte comme si j'en avais très peu.

Et puis bouse hein ! S'il y en a pas quarante, ce n'est pas grave tant que c'est un peu plus. Faut que j'arrête d'être un "rat" comme Alys aime bien me le répéter. Mais c'est mieux d'être comme ça que de dépenser sans réfléchir non ? Je veux dire, je fais commerce avec le marché noir car c'est moins cher qu'en magasin et franchement, ça vaut le coup.

Bon aller, je dois acheter quelques babioles avant de partir en Italie. Juste quelques petits trucs pour les donner à Sasa, aux jumeaux, à Milo et Dario aussi, il aime bien les petits objets un peu loufoques. Ça va me faire du bien de les voir cet été. Quasi deux mois, ça devrait me remonter le moral pour la rentrée. J'imagine déjà Dario me raconter toutes ses aventures de l'année avec Milo et ça me fait sourire. Il me manque ces deux-là avec leur dynamique. Je les vois une fois par an pendant au moins un mois, c'est déjà ça. Mais... Parfois je voudrais que ce soit plus.

Je suis tant dans mes pensées et mon corps dans une sorte d'automatisme que je percute presque quelqu'un. Je m'arrête à temps et je m'apprête à m'excuser pour mon étourderie avant de reconnaître sa voix. Oh. Des cheveux noirs, court, un sourire un peu trop fier... Je ne pensais pas le recroiser là. Il s'excuse puis silence. Je vois tout le cheminement dans ses yeux, mon image qui lui vient, puis les souvenirs de cette soirée trop douloureuse pour lui et enfin le repli. Ses mains partent derrière son dos, je n'ai pas besoin de ses mots pour deviner pourquoi.

Aaah voilà, t'es content Sulien ? Tu détruis tout avec tes maudites mains. C'est peut-être les runes que tu as fait tatouer qui les ont maudites. Hagalaz pour la destruction et Eihwaz inversé pour un changement subit... J'ai l'impression que tout ce que je touche subit ce destin.

"C'est pas... grave. Je regardais pas vraiment où j'allais non plus...", je mets mes mains dans mes poches dans l'espoir de... je ne sais pas, lui montrer que je ne le toucherai pas ? Oui, c'est ça. "Et pour les mains... Pas besoin, je toucherai pas."

533 mots
Hehehe

Couleur : #9a3d1d IT'S PRIDE MY GALS ! - Fumeur pour éloigner la plèbe - Professeur de Divination depuis novembre 2050 inRP - Team tutoiement - Sulienonichou - être de nuisance _ Paige 2026

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C'est pas grave, ouais... On ne peut pas dire qu'il soit prompt à s'excuser, celui-ci, songe Christopher en grimaçant un sourire qui n'a pas grand chose d'un sourire. Il aurait bien aimé se reculer un peu plus, mais un simple regard vers l'arrière lui fait prendre conscience que c'est impossible : le couple est encore là. Ce n'est pas tant qu'il a peur de Sulien, Morgane non, mais cet homme le met mal à l'aise. Voilà. Mal à l'aise.

Christopher suit des yeux les mains pâles et tatouées qui disparaissent au fond des poches de Sulien. Il se souvient parfaitement de ce que ces mains ont lu dans le creux des siennes, quelques mois auparavant. Depuis, il y a beaucoup pensé. Parfois, il ressassait tellement ces paroles qu'il ne pouvait plus penser à autre chose, ça tournait en boucle encore et encore, au point de le dégoûter de lui-même. À certains moments, il s'est même persuadé qu'il avait raison, ce type. Qu'il était tout comme il a dit. Narcissique. Vaniteux. Dominateur. Manipulateur. Comme Donovan. Et ça l'a rendu fou. Heureusement que Jude a réussi à le rassurer. La plupart du temps. Le reste... Ah ! il fait trop beau pour repenser à toutes ces choses ! La journée est trop belle, trop bruyante, trop pleine de vie pour penser à ces choses qui peuvent noircir un cœur.

Un sourcil s'arque sur le front de Chris qui laisse échapper un petit rire à la phrase de Sulien. Il touchera pas, hein, il a dit ? En réalité ce qui est drôle, c'est que c'est rare qu'un homme qui n'est clairement pas hétéro dise à Christopher qu'il ne le touchera pas. Et ce n'est pas arrogant, ce n'est que la réalité. Mais celui-là, d'homme... Et bien disons qu'il n'est pas du genre à demander l'autorisation. Que ce soit pour faire apparaître un piaf grand comme un buste sur son épaule ou pour lui attraper les mains. Donc pardonnez à Christopher d'être méfiant.

« Comment ça, tu ne veux pas lire ma main au bout milieu d'une rue passante ? » feint de s'étonner Christopher sans pour autant ramener ses mains devant lui.

L'ironie suinte du moindre de ses mots. Il ne peut pas s'en empêcher. D'être piquant, moqueur. Revoir Willows lui rappelle les vilaines pensées qu'il lui arrive encore d'avoir, qu'il n'aurait pas eues si cet inconnu n'avait pas appuyé spécifiquement sur la seule chose qui pouvait réellement le blesser. D'autant que Willows savait qu'il se montrait mauvais et que ce n'était pas la première fois qu'il l'était avec lui. S'il y a bien une chose que Christopher n'aime pas, c'est la méchanceté gratuite. Bon, d'accord, peut-être qu'il s'était un peu moqué de sa profession, la dernière fois. Mais enfin, être sceptique, c'est pas une tare, non ?

« Parce que c'est vrai que t'es pas du genre à attraper les mains sans demander, toi, poursuit Christopher sans se départir de son sourire narquois. Dommage, dans d'autres circonstances j'aurais adoré... Mais pas là. »

Il se sent un peu bête quand même avec les mains derrière le dos. Mais hors de question de les ramener vers l'avant, même s'il doit se ridiculiser pour ça. Il pourrait certes les glisser au fond de ses poches mais Christopher trouve charmant le ridicule quand on peut s'en servir pour se moquer de quelqu'un qui vous a fait du mal.

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Je le sens, ce regard méfiant qui ne croit pas mes mots, qui les décortique et qui leur pose un sens qui lui semble être la vérité, celle qui lui donne raison. Et je ne peux pas le blâmer pour ça. J'aurais fait pareil si on m'avait craché au visage tout ce que mes mains disent de moi. C'est pour ça que je les garde près de moi quand je sens que la personne en face pourrait les lire et y voir tout ce que j'essaye d'ignorer. C'est intime une main, je le sais, pourtant j'ai lu ses mains sans lui demander. Si ce n'était que pour le type de main, ça n'aurait pas été un problème car n'importe qui pourrait le déduire en un serrage de main. Mais les lignes, les doigts, les monts... Je n'aurais pas dû. Je me suis énervé pour un mont, juste un dans une main de quatre autres monts et de cinq doigts qui ne disaient rien de mal. Il n'y a que ça qui m'a fait vriller, rien d'autre. Aaah l'alcool fait si bien les choses hein ?

Il se moque avec ironie et tout ce que je trouve à faire c'est baisser les yeux comme un enfant qui se fait engueuler par ses parents. Par Merlin, t'es un chien d'égout ou une panthère féroce, Sulien ? Tu mords puis tu couines quand on te rend le coup. Callahan a raison, je ne sais pas choisir. C'était plus simple avant, quand la vie des autres m'importait peu. Je sortais les griffes et si les autres essayaient de faire de même, je les écrasais sans pitié. Sauf que maintenant, je me mets en garde pour rien comme un chat qui n'arrive plus à faire confiance à l'humain. Puis quand je me rends compte que j'ai blessé l'autre, je me sens misérable.

"Je...", je mords la lèvre. Je devrais m'excuser, c'est ce que ferait n'importe quelle personne censée, mais je ne sais même pas comment formuler. Les mots ne viennent juste pas naturellement. Pourquoi je n'y arrive pas ? Ça devrait être simple, non ? Ce n'est pas comme ça que je m'imaginais lui demander pardon, c'est ça. Mais on s'en fout de l'endroit ou du moment. Il n'y a pas de bon moment pour le faire alors pourquoi j'ai la gorge qui s'emmêle ? T'as besoin qu'on te tienne la main peut-être, Sulien ? T'as trente-cinq ans et tu sais même pas t'excuser correctement. Il est passé où l'homme qui faisait le fier devant lui ? Il est parti en vacances pour laisser place au Sulien fatigué et sensible ? Celui qui ne sait pas tenir une conversation sans paraître complètement pathétique ? Aller Sulien, dis une phrase construite, dis quelque chose d'intelligent, MORS.

"Tu veux lire mes mains peut-être ? Pour être quitte ou je... je sais pas..."

475 mots

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