Le Saule râleur

Lundi 11 septembre 2051
Dans la matinée
Avec @Artamiel Saul
"Attends... répète ?"

Visiblement concentré à en plisser les yeux, focalisant toute son attention sur la petite boule de poils posée sur une alvéole à hauteur de sa tête, Narcisse menait là une drôle de conversation. Klee leva les yeux au ciel, avant de secouer la tête.

"Scouiciscouer, scouiciscouicera !
- Oh... tu veux dire...
- Scouicâmes, scouicerait, scouicons.
- Non ! Tu peux pas dire ça !
- Scouic... scouici !
- Ah... pardon, j'avais pas compris."

L'une de ses mains frottait doucement sa joue, tandis qu'il s'efforçait de connecter le petits couinements mélodieux de sa boursouflette. Visiblement très remontée, elle devait drôlement s'impatienter de voir son humain de compagnie rencontrer autant de difficulté pour la comprendre. Et pourtant, Merlin savait qu'il avait progressé. Klee trouvait l'idée qu'un humain ne puisse pas pleinement et facilement la comprendre intolérable. Son humain de compagnie devait impérativement maîtriser l'art du merveilleux langage des boursouflets, et s'appliquait dès qu'elle le pouvait à le faire réviser. Parfois malgré lui, naturellement...

"Scouicicscouic, scouic, scouic scouic ! Scouciscouci, scouiciti, scouitita...
- Atta, atta... ralentis !"

En éclatant de rire, il se retrouva forcé d'interrompre sa boursouflette, qui ne manqua pas de tirer une tronche, mais une tronche... Si elle avait pu, elle aurait claqué sa patoune sur son front, devant tant d'incompétence. Elle-même comprenait très bien le pitoyable langage des humains, et ces derniers osaient se prétendre l'espèce supérieure quand ils ne pouvaient même pas apprendre celle des boursouflets ?

Il fallait dire qu'elle scouicait énormément, la petite Klee, sans trop se soucier de qui pouvait l'entendre.

5A - Médiateur
01237f

Le Saule râleur
C'était une journée plutôt calme jusque là, vide d’événements imprévus ou de surprises désagréables, à ma plus grande satisfaction. Je déteste ça, le surprenant, les changements de dernière minute, et pire encore, se qui impacte mon propre confort. Donc, à force d’être un spectateur indésirable d’une discussion qui semble être tout droit sortie d’une comédie entre un boursouflet et son maître, j’entends mes dents grincer d’impatience.
*Mais pendant combien de temps compte t’il continuer ?*
Je passe une main sur mon visage, claquant mon livre d’un mouvement sec. Le calme de ma séance lecture vient de se faire interrompre par un idiot, incapable de faire preuve d’un minimum de bon sens face aux gens qui l’entoure. Je n’aime pas intervenir habituellement, mais si ça continue comme ça, moi et les voisins de couloir de ce poufsouffle allons perdre nos oreilles.


"Quinze minutes que ça dure, et je n’ai identifié ni le début, ni le milieu, ni la fin de cette conversation."

Une main sur la hanche, l’autre serrée sur la tranche de mon livre, me voilà à côté de toi, mes yeux de glace virés droit sur toi. Mes mèches blondes tombent sur mon front, s’accrochent à mes longs cils, avant que mon regard ne se dirige sur le petit animal face à toi.
*C’est qu’elle est mignonne, la petite boule de poils.*
Mais agacée aussi, ça m’en a tout l’air. Son petit museau relevé vers moi, ses petits yeux brillants… Quel dommage, je viens de la couper dans son élan. Ma voix est sèche et sans appel alors que je m’adresse de nouveau à toi, un soupir amusé m’échappant, sans pour autant que mes traits inertes de poupée de porcelaine ne bougent d’un millimètre.


"Tu pourrais faire des cris d’animaux que ça en reviendrait au même. Enchaîne deux « scouic » pour voir ?"

@Narcisse Brando
305 mots

"I don’t belong in the world.
That’s what it is."