Mon ego entre tes serres S.W

Jeudi 6 juillet 2051
SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE
Entre 14h et 15h


« Allez faut que je file, je prends mon service à quinze heures et je dois encore passer à la banque, » annonce Christopher en penchant la tête en arrière pour avaler les dernières gouttes de sa bièraubeurre.

Sur la table du Chaudron Baveur s'entassent les restes d'un repas et si l'on en croit les assiettes vides empilées dans un coin, les plats étaient suffisamment bons pour ne pas en laisser une seule miette. Sur le banc d'en face, Ashwin se frotte longuement les yeux et étouffe un bâillement en se levant. Il a gentiment accepté de se réveiller plus tôt pour répondre à l'invitation de Christopher de venir manger au Chaudron Baveur. C'est leur rendez-vous mensuel et ils dépassent toujours longuement l'horaire tant ils ont à se dire.

« Tu salueras Eze de ma part, hein ? fait Christopher une fois Ash debout.
— Tu sais bien que oui. La prochaine fois, je le force à se bouger pour venir. Prends soin de toi, vieux. »

Ash donne à Christopher une étreinte et lui tapote l'épaule avant de s'écarter avec un large sourire. Après un dernier geste de la main, Christopher s'éloigne vers le Chemin de Traverse, la mine heureuse. Il n'y a rien de mieux que de passer un moment avec un vieil ami. C'est comme être à la maison : Ashwin le connait par cœur et lui-même le connait par cœur. Passer sept ans dans un même dortoir, ça laisse des traces. Ils ont beau ne pas être aussi proches qu'ils auraient pu l'être, Christopher se sent toujours gorgé de bonheur quand il revient d'un moment avec Ash.

Il laisse derrière lui la salle bruyante du Chaudron Baveur pour pénétrer sur le Chemin de Traverse inondé de soleil. Il pose à peine un pied sur les pavés que le brouhaha de la rue commerçante l'assaille. La ruelle est noire de monde. À croire que tout le monde s'est donné rendez-vous pour profiter de la chaleur estivale. Le sourire sur les lèvres de Christopher s'épanouit. Ce qu'il aime cette effervescence, ce bruit constant, ce monde, ces rires et ces cris, ces conversations qui s'entrecroisent ! Il s'avance dans la foule, nourrit du bonheur simple de l'ambiance légère qui flotte sur le Chemin, avec les enfants fraichement rentrés de Poudlard qui courent de partout et les visages heureux des gens en vacances.

Une main dans la poche, habillé d'un simple débardeur noir et d'un pantalon en lin, il zigzague entre les groupes sans se départir de son sourire. Il jette ci-et-là des « oups, pardon, un peu plus et je vous bousculais ! » et autres « elle a l'air trop bonne ta glace, mon gars ! », prenant chaque regard croisant le sien comme une invitation à parler. Chris a envie de parler, encore et encore. C'est l'effet Ash, ça. Il a hâte d'arriver au taf et de retrouver Sasha : ils ont toujours le temps de discuter avant la prise du service et de faire les idiots dans la cuisine tant que Kemby n'est pas là pour leur jeter des regards désapprobateurs.

Gringotts se dessinent sur l'horizon, tout en bas de la ruelle. Ses longues colonnes blanches renvoient les rayons du soleil, le bâtiment resplendit sous le ciel d'été. Entre lui et Chris, une foule noire. Un gloussement heureux lui échappe. Il fait un bond sur le côté pour éviter un petit elfe de maison pressé, fait un pas chassé pour se glisser entre deux groupes, se faufile entre un couple avec une grimace désolée et tout à coup, subitement, il se retrouve nez à nez avec un visage pâle.

« Wow ! »

Son corps, lancé par le mouvement, manque de percuter l'homme. Chris pile brutalement, les mains levées devant lui, à la fois pour rattraper l'homme si celui-ci se recule précipitamment et pour se protéger d'un éventuel choc.

« Oh, je suis... Pardon ! s'écrit-il dans un rire. J'ai voulu éviter des gens et j'ai... »

J'ai... Il vient surtout de reconnaître les traits de l'homme. Ses cheveux longs qui encadrent son visage à la peau pâle, son tatouage sur la tempe, ses yeux... Reviennent instantanément à Chris tous les souvenirs désagréables et douloureux qui sont associés à Sulien Willows, qu'il a un jour trouvé suffisamment charmant pour avoir envie de le draguer. Maintenant ? Christopher grimace et fait un pas en arrière. Il baisse les mains et les croise même dans son dos tout en arquant un sourcil inquisiteur à l'adresse de Willows.

« Je vais cacher mes mains, hein, si tu veux bien, » fait-il effrontément.


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@Sulien Willows, et les voilà de nouveau l'un face à l'autre !

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« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

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Quarante. Il y a quarante galions. C'est ça, quarante galions. Il y a.... quarante ? J'ai bien compté quarante ? Oui... Je pense... Et si j'ai compté une pièce en double ? Bordel, je fais ça en boucle depuis que j'ai retiré de l'argent à Gringott. J'ai dû recompter peut-être, dix ou quinze fois ? Je ne sais plus. Pourquoi je suis autant... Comment dire... Pourquoi j'ai ce besoin de tout le temps recompter mon argent quand je viens de le retirer. C'est pire quand je suis dans mon coffre, j'ai peur qu'il manque ne serait-ce qu'une noise et là, heureusement que le gobelin me rappelle qu'il n'a pas tout mon temps parce que je suis presque sûr que je pourrais passer la journée à tout recompter. Une pièce par une pièce... Pffff, je me fatigue moi-même. Puis, je sais que je ne manque pas d'argent mais, je ne sais pas, depuis quelques années, je compte comme si j'en avais très peu.

Et puis bouse hein ! S'il y en a pas quarante, ce n'est pas grave tant que c'est un peu plus. Faut que j'arrête d'être un "rat" comme Alys aime bien me le répéter. Mais c'est mieux d'être comme ça que de dépenser sans réfléchir non ? Je veux dire, je fais commerce avec le marché noir car c'est moins cher qu'en magasin et franchement, ça vaut le coup.

Bon aller, je dois acheter quelques babioles avant de partir en Italie. Juste quelques petits trucs pour les donner à Sasa, aux jumeaux, à Milo et Dario aussi, il aime bien les petits objets un peu loufoques. Ça va me faire du bien de les voir cet été. Quasi deux mois, ça devrait me remonter le moral pour la rentrée. J'imagine déjà Dario me raconter toutes ses aventures de l'année avec Milo et ça me fait sourire. Il me manque ces deux-là avec leur dynamique. Je les vois une fois par an pendant au moins un mois, c'est déjà ça. Mais... Parfois je voudrais que ce soit plus.

Je suis tant dans mes pensées et mon corps dans une sorte d'automatisme que je percute presque quelqu'un. Je m'arrête à temps et je m'apprête à m'excuser pour mon étourderie avant de reconnaître sa voix. Oh. Des cheveux noirs, court, un sourire un peu trop fier... Je ne pensais pas le recroiser là. Il s'excuse puis silence. Je vois tout le cheminement dans ses yeux, mon image qui lui vient, puis les souvenirs de cette soirée trop douloureuse pour lui et enfin le repli. Ses mains partent derrière son dos, je n'ai pas besoin de ses mots pour deviner pourquoi.

Aaah voilà, t'es content Sulien ? Tu détruis tout avec tes maudites mains. C'est peut-être les runes que tu as fait tatouer qui les ont maudites. Hagalaz pour la destruction et Eihwaz inversé pour un changement subit... J'ai l'impression que tout ce que je touche subit ce destin.

"C'est pas... grave. Je regardais pas vraiment où j'allais non plus...", je mets mes mains dans mes poches dans l'espoir de... je ne sais pas, lui montrer que je ne le toucherai pas ? Oui, c'est ça. "Et pour les mains... Pas besoin, je toucherai pas."

533 mots
Hehehe

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C'est pas grave, ouais... On ne peut pas dire qu'il soit prompt à s'excuser, celui-ci, songe Christopher en grimaçant un sourire qui n'a pas grand chose d'un sourire. Il aurait bien aimé se reculer un peu plus, mais un simple regard vers l'arrière lui fait prendre conscience que c'est impossible : le couple est encore là. Ce n'est pas tant qu'il a peur de Sulien, Morgane non, mais cet homme le met mal à l'aise. Voilà. Mal à l'aise.

Christopher suit des yeux les mains pâles et tatouées qui disparaissent au fond des poches de Sulien. Il se souvient parfaitement de ce que ces mains ont lu dans le creux des siennes, quelques mois auparavant. Depuis, il y a beaucoup pensé. Parfois, il ressassait tellement ces paroles qu'il ne pouvait plus penser à autre chose, ça tournait en boucle encore et encore, au point de le dégoûter de lui-même. À certains moments, il s'est même persuadé qu'il avait raison, ce type. Qu'il était tout comme il a dit. Narcissique. Vaniteux. Dominateur. Manipulateur. Comme Donovan. Et ça l'a rendu fou. Heureusement que Jude a réussi à le rassurer. La plupart du temps. Le reste... Ah ! il fait trop beau pour repenser à toutes ces choses ! La journée est trop belle, trop bruyante, trop pleine de vie pour penser à ces choses qui peuvent noircir un cœur.

Un sourcil s'arque sur le front de Chris qui laisse échapper un petit rire à la phrase de Sulien. Il touchera pas, hein, il a dit ? En réalité ce qui est drôle, c'est que c'est rare qu'un homme qui n'est clairement pas hétéro dise à Christopher qu'il ne le touchera pas. Et ce n'est pas arrogant, ce n'est que la réalité. Mais celui-là, d'homme... Et bien disons qu'il n'est pas du genre à demander l'autorisation. Que ce soit pour faire apparaître un piaf grand comme un buste sur son épaule ou pour lui attraper les mains. Donc pardonnez à Christopher d'être méfiant.

« Comment ça, tu ne veux pas lire ma main au bout milieu d'une rue passante ? » feint de s'étonner Christopher sans pour autant ramener ses mains devant lui.

L'ironie suinte du moindre de ses mots. Il ne peut pas s'en empêcher. D'être piquant, moqueur. Revoir Willows lui rappelle les vilaines pensées qu'il lui arrive encore d'avoir, qu'il n'aurait pas eues si cet inconnu n'avait pas appuyé spécifiquement sur la seule chose qui pouvait réellement le blesser. D'autant que Willows savait qu'il se montrait mauvais et que ce n'était pas la première fois qu'il l'était avec lui. S'il y a bien une chose que Christopher n'aime pas, c'est la méchanceté gratuite. Bon, d'accord, peut-être qu'il s'était un peu moqué de sa profession, la dernière fois. Mais enfin, être sceptique, c'est pas une tare, non ?

« Parce que c'est vrai que t'es pas du genre à attraper les mains sans demander, toi, poursuit Christopher sans se départir de son sourire narquois. Dommage, dans d'autres circonstances j'aurais adoré... Mais pas là. »

Il se sent un peu bête quand même avec les mains derrière le dos. Mais hors de question de les ramener vers l'avant, même s'il doit se ridiculiser pour ça. Il pourrait certes les glisser au fond de ses poches mais Christopher trouve charmant le ridicule quand on peut s'en servir pour se moquer de quelqu'un qui vous a fait du mal.

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Je le sens, ce regard méfiant qui ne croit pas mes mots, qui les décortique et qui leur pose un sens qui lui semble être la vérité, celle qui lui donne raison. Et je ne peux pas le blâmer pour ça. J'aurais fait pareil si on m'avait craché au visage tout ce que mes mains disent de moi. C'est pour ça que je les garde près de moi quand je sens que la personne en face pourrait les lire et y voir tout ce que j'essaye d'ignorer. C'est intime une main, je le sais, pourtant j'ai lu ses mains sans lui demander. Si ce n'était que pour le type de main, ça n'aurait pas été un problème car n'importe qui pourrait le déduire en un serrage de main. Mais les lignes, les doigts, les monts... Je n'aurais pas dû. Je me suis énervé pour un mont, juste un dans une main de quatre autres monts et de cinq doigts qui ne disaient rien de mal. Il n'y a que ça qui m'a fait vriller, rien d'autre. Aaah l'alcool fait si bien les choses hein ?

Il se moque avec ironie et tout ce que je trouve à faire c'est baisser les yeux comme un enfant qui se fait engueuler par ses parents. Par Merlin, t'es un chien d'égout ou une panthère féroce, Sulien ? Tu mords puis tu couines quand on te rend le coup. Callahan a raison, je ne sais pas choisir. C'était plus simple avant, quand la vie des autres m'importait peu. Je sortais les griffes et si les autres essayaient de faire de même, je les écrasais sans pitié. Sauf que maintenant, je me mets en garde pour rien comme un chat qui n'arrive plus à faire confiance à l'humain. Puis quand je me rends compte que j'ai blessé l'autre, je me sens misérable.

"Je...", je mords la lèvre. Je devrais m'excuser, c'est ce que ferait n'importe quelle personne censée, mais je ne sais même pas comment formuler. Les mots ne viennent juste pas naturellement. Pourquoi je n'y arrive pas ? Ça devrait être simple, non ? Ce n'est pas comme ça que je m'imaginais lui demander pardon, c'est ça. Mais on s'en fout de l'endroit ou du moment. Il n'y a pas de bon moment pour le faire alors pourquoi j'ai la gorge qui s'emmêle ? T'as besoin qu'on te tienne la main peut-être, Sulien ? T'as trente-cinq ans et tu sais même pas t'excuser correctement. Il est passé où l'homme qui faisait le fier devant lui ? Il est parti en vacances pour laisser place au Sulien fatigué et sensible ? Celui qui ne sait pas tenir une conversation sans paraître complètement pathétique ? Aller Sulien, dis une phrase construite, dis quelque chose d'intelligent, MORS.

"Tu veux lire mes mains peut-être ? Pour être quitte ou je... je sais pas..."

475 mots

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Chris dégaine son sourire narquois comme il l'aurait fait d'une arme. Quand il grimace comme ça, rien ne peut l'atteindre. Ça, c'est ce qu'il veut croire mais en réalité il sait depuis toujours que ça ne fonctionne pas comme ça. On ne fait pas ça pour se protéger de ses propres blessures. On fait ça pour les cacher aux autres. Les cacher à un homme qui pourrait s'en servir contre lui. Ou peut-être pas en réalité, il ne le connait pas, cet homme, les choses qu'il sait de lui remontent à Poudlard et ça ne compte pas, ils ont tous changé depuis. Mais il n'a pas envie de lui faire confiance. Il a été blessé une fois alors qu'il n'était pas méfiant. On ne l'y reprendra pas deux fois.

Sulien baisse les yeux. Alors ça, alors. Ça... Il ne s'y attendait pas. En fait, il pensait qu'il allait garder ce ton insolent qui avait été le sien les deux fois où ils se sont parlé. Sulien Willows est le genre d'homme qui a toujours une réplique aux lèvres, qui attaque, qui mort, c'est bien ça hein ? Peut-être pas, finalement ? Christopher le fixe sans la moindre gêne, cherchant à comprendre ce que signifient ce regard baissé, cette phrase avortée... Comme s'il savait qu'il avait fait quelque chose de mal. Ça, ce n'est pas un truc sur lequel peut cracher Chris. En réalité il aime les personnes capables de s'excuser. Si tant est qu'elles s'excusent. Il attend de voir, hein. S'il s'excusait, il serait prêt à lui pardonner.

Il aurait dû se douter que ça n'arriverait jamais. Christopher écarquille les yeux et hausse les sourcils à la proposition de Sulien. Alors c'est ça, son idée ? C'est comme ça qu'il s'excuse ? En lui proposant qu'il lui fasse la même chose ? Le blesser en lisant ses mains ? C'est si loin de l'idée que se fait Christopher des excuses qu'il détourne les yeux vers Gringotts qui se dessine au loin, un prémisse de sourire aux lèvres. Il est complètement ahuri.

Christopher ne prend qu'une ou deux secondes de réflexion. D'accord... D'accord, c'est ce qu'il veut ? Il veut jouer à ça ? On joue à celui qui blessera l'autre, et surtout personne ne s'excuse ? Comme tu veux, Willows.

Christopher détache ses doigts et les ramène vers l'avant. Il frotte machinalement ses mains l'une contre l'autre. Pas tant pour les réchauffer, il fait déjà bien chaud. C'est juste pour le spectacle.

« Ouais, lâche-t-il subitement. Ouais, je veux bien faire ça. Lire tes mains et on sera "quitte". »

Il ne mime pas les guillemets mais il aurait très bien pu le faire, ça aurait été la même chose. Il tends les mains devant lui, paumes cachées vers le bas, doigts comme une invitation silencieuse. On est jamais trop prudent. Et puis si Sulien fait un choix idiot, comme lui attraper les mains pour les lui lire — on ne sait jamais, il pourrait être un psychopathe de la lecture des mains, de la chro...chromacie ? Mainmancie ? — si Sulien fait ce genre de choses idiotes, Christopher ne doute pas pouvoir se défendre : un fauchage de jambes, un coup de pied bien placé, un genou qui lui écrase le torse, une baguette qui menace. Il n'aimerait pas en arriver là, mais s'il le devait, il le ferait.

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Pourquoi j'ai dit ça ? C'est sorti tout seul. Je voulais pas, je voulais pas. Ce n'est pas comme ça que j'aurais dû faire. Pourquoi une partie de moi suit encore ce qu'on m'a inculqué, ce "donne ce que tu as pris" au lieu d'excuses sincères ? J'en ai marre de cette petite voix dans ma tête. Depuis bien plus d'un mois, elle prend toute la place. Ça me file la migraine à force. Et là, j'ai dit une énorme imbécillité que je regrette. Mes mains portent trop de choses, trop de moi que je rejette. Tout d'un coup, je préfère qu'elles soient dans mes poches alors que j'ai l'impression qu'une partie de moi étouffe. C'est désagréable de les laisser là, j'ai envie de les sortir pour les laisser respirer. Mais, les sortir maintenant, c'est accepter ma proposition idiote.

Je vois dans ses yeux un certain choc puis il accepte. Je me mords l'intérieur de la joue quand je le vois remettre ses mains devant lui, comme s'il se préparait à lire mes mains. Je ne devrais pas avoir peur, n'est-ce pas ? Je connais mes mains dans leurs plus grands détails, rien ne me prendra par surprise. Pas comme j'ai pu lui cracher. Est-ce qu'il s'y connaît même ? Il avait réussi à le deviner mais connaître et faire, ce n'est pas la même chose. Puis, une lecture en plein milieu de la rue et de tout ce monde... Il y a de quoi angoisser. Je fais quoi s'il lit tout à voix haute ? J'arrête ? Je veux dire... Je n'ai pas sorti ses défauts devant tout le monde. Ça ne serait pas le même sacrifice, du coup ça serait injuste. Je... Pourquoi je pense comme ça ? Aller Sulien, juste donne tes mains. Plus vite ça sera fait, plus vite tu pourras retourner à tes occupations.

Je sors mes mains de mes poches et les tends vers lui, paume vers le haut. Mon regard tombe sur mes yeux tatoués qui bougent dans tous les sens, comme s'ils ressentaient mon stress. C'est perturbant. Mais, je peux le faire car mes monts, la longueur de mes mains, les lignes... Ce n'est rien et ce n'est pas le pire, je le sais. J'ai juste à garder mes mains, paumes vers le ciel pour qu'il ne s'intéresse pas à autre chose.

"... Tu peux commencer si tu veux. Prends ton temps.", mes yeux partent sur une boutique pas loin pendant que je rapproche mes mains vers ses doigts jusqu'à ce qu'ils les touchent. Ça me démange de les laisser se faire étudier.

431 mots

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C'était l'occasion, là. Sérieux, Willows, si tu avais envie de t'excuser, c'était le moment de le faire. Rire un coup, refuser de donner ses mains à Christopher, afficher un air penaud et se repentir. Ils auraient parlé comme des adultes de ce qu'il s'est passé la dernière fois, Sulien se serait excusé, Chris aurait expliqué pourquoi ça l'a tant blessé, il aurait certainement évoqué son frère, son éducation, puis ils auraient ri ensemble et qui sait, peut-être se serait-il bien entendu ? Ça aurait été compliqué d'expliquer à Lloyd qu'il s'entend bien avec son vieil ennemi, bien entendu, mais il se serait débrouillé avec. Tout aurait pu bien se terminer. Mais voilà, Sulien lui offre ses mains et l'autorise à les lire, il s'approche même de lui.

Christopher le fixe un instant, une moue aux lèvres. D'accord, Willows. D'accord. Mais tu vois, moi au moins je te demande au lieu de t'imposer ça. Tu le mérites même pas. La moue est remplacée par un sourire sans joie. Il ne compte pas changer d'avis. Face à un homme qui ne peut pas s'excuser, Christopher n'a aucune réticence. Il lui dira clairement ce qu'il pense de lui.

« Je vais faire ça, ouais, » réplique-t-il sur le ton d'un homme qui s'apprête à faire quelque chose de particulièrement agréable.

Il attrape sans attendre les mains de Sulien. D'abord les deux dans les siennes, puis il lâche celle qui est à sa droite pour se concentrer sur l'autre. La main repose dans le creux de la sienne, paume ouverte au ciel. Un bref sourire apparaît sur les lèvres de Chris quand il observe le tatouage magique. C'est une très belle pièce, très originale, qui en dit long sur l'homme qui la porte. Il la caresse doucement du pouce, presque sans y penser, comme pour la sentir sous sa peau. Mais le tatouage est cicatrisé depuis longtemps, il ne sent rien du tout.

Bon, et maintenant ? Christopher jette un regard vers le visage de Sulien. Il a détourné les yeux vers une boutique. Les passants continuent d'affluer autour d'eux, se séparant en deux lignes qui les contournent. Le couple est parti. Ne reste qu'eux, plantés au milieu de la rue, s'attirant parfois le regard perplexe d'un passant ou deux. Mais Christopher se fout des regards. Et Sulien lui a dit de prendre son temps, alors il prend son temps, tout en habillant son visage d'une expression faussement concentrée.

Il fait comme Sulien lui a fait la dernière fois. Ses deux pouces massent la main. Les monts, les phalanges. Il suit la longueur du pouce puis redescend vers la ligne qui redescend vers le poignet pale qui s'offre à lui.

« Mh... Oui, je vois, murmure-t-il en prenant une voix sérieuse. Cette longue ligne, là... Et la longueur de ton pouce... Ça, c'est le signe de l'audace. Parce qu'il faut être audacieux pour effrayer un homme qu'on draguait en faisant apparaître un vautour sur ses épaules. Mais je te rassure, annonce Christopher avec un sourire faussement tranquille, tu as de la chance : je n'en suis pas ressorti avec un traumatisme. Voyons un peu par là, maintenant. »

Son pouce glisse jusqu'à la base de l'index de Sulien. Sa main est pale et maigre, moins chaude que la sienne. Le contraste de la couleur de leur peau est saisissant. Mais ce n'est pas ça qui intéresse Christopher. En réalité, s'il palpe, touche, observe et analyse la main de Sulien, il ne lit rien du tout. Les quelques connaissances qu'il pourrait avoir dans ce domaine-là remontent à Poudlard et les cours de Divination semblent bien loin quand on a trente-trois ans. À aucun moment il n'a voulu réellement lire les mains de Sulien. Mais en profiter pour lui dire tout ce qu'il a sur le cœur, ça...

« Intéressant, poursuit-il rapidement pour ne pas laisser le temps à l'homme de se dérober. C'est plutôt charnu, là. Ça prouve un certain esprit retors. Quoi que retors, c'est encore trop gentil, comme mot. Et "méchant", un peu trop simplet. Je dirai alors, mmh... Insensible. Oui, il faut être insensible pour lire la main d'un homme sans son accord et lui sortir des horreurs alors qu'il passait une bonne soirée. »

Ses doigts continuent de courir sur la main de Sulien. Mais les yeux de Christopher, eux, sont repartir se planter sur le visage de l'homme qui lui fait face. Il n'y a plus aucune trace de sourire sur ses lèvres. Et son regard est mortellement vide de toute émotion.

« Que ce soit la vérité ou non, tu m'as blessé. Comment ça s'écrit dans une main, ça ? Blesser les gens qu'on ne connait pas simplement parce qu'on a la possibilité de le faire ? Ça s'écrit dans les lignes, dans les "monts", dans la longueur des doigts ? »

Sa voix se transforme peu à peu pour retrouver cette insolence qui la caractérise souvent. Mieux vaut rire de tout cela, de toute manière.

« C'est dans ton index, que je vais trouver ça ? » fait-il mine de se questionner en baissant les yeux sur la main pale.

En réalité, sa gorge s'est nouée. Narcissique. Vaniteux. Dominant. Narcissique, quand il se met en avant et qu'il quémande l'attention. Vaniteux, quand il s'observe dans la vitre et qu'il aime son reflet. Dominant, quand il prend le dessus sur quelqu'un. Non. Ce n'est pas lui, ça. C'est son frère. C'est sa mère. C'est sa famille, mais ce n'est pas lui.

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La boutique que j'observe est toute bleue. C'est Apothic'Herbes il me semble- Il attrape mes mains et un frisson parcourt mon dos. Je ne suis pas à l'aise mais je prends sur moi. C'est juste le temps de, je peux au moins faire ça même si tout ce que j'ai envie de faire c'est les retirer. J'ai l'impression d'être envahi. Mais je n'ai pas vraiment le droit de parler, hein ? Pas après ce que j'ai fait.

Quand il commence à "lire" ma main, mon regard revient sur lui rapidement. L'audace ? Mon pouce et une ligne ? De quoi il parle ? Je regarde et j'écoute. Oh. Non, il ne lit pas là. Il me dit juste à quel point j'ai agi de manière disproportionnée. Est-ce vraiment un défaut, être audacieux ? Pfff, de toute façon ce n'est pas le vrai moi, ce n'est pas celui qui se terre chez lui pour éviter tout contact humain. C'est plutôt celui qui est bien trop fier et qui affiche des airs de prédateur. Mettre des masques c'est assez efficace mais ça ne marche pas tout le temps. Surtout, c'est épuisant et là, je n'ai clairement pas la force d'en mettre un. Ça doit être décevant de passer d'un homme sûr de lui à quelqu'un au bord du burn-out. Bon, au moins, le vautour ne l'a pas traumatisé. Si mon couteau n'avait pas été volé, c'était un corbeau qui aurait dû apparaître sur ses épaules. C'est mignon les corbeaux.

Ses doigts continuent de se déplacer sur ma main et les remarques sortent elles aussi. Un peu plus que retors, pas exactement méchant... Insensible. Je me mords la lèvre. Aaah, tu l'as entendu combien de fois ce mot, Sulien ? Dix, trente, cinquante fois ? Trop, beaucoup trop, c'est ça la réponse. Mais c'est un mot qui me définit toujours aussi bien. J'ai déjà du mal à reconnaître mes propres sentiments alors ceux des autres... Je n'arrive qu'à le faire quand les larmes commencent à tomber ou quand les cris résonnent. Ça, je connais bien.

Cependant, je comprends que je l'ai blessé — il me le dit même — et je n'ai pas besoin de le regarder pour savoir. Les mots sont assez pour enfoncer le clou. J'ai la main qui brûle sous son toucher. Le moi adolescent aurait sûrement repris sa main, crié et l'aurait encore plus descendu parce que ses mots touchent quelque chose de sensible. Mais, je ne suis plus ce gamin insolent et trop fier, j'ai grandi.

"L'index c'est pour le côté matérialiste. Ce qui correspond le mieux c'est mon pouce, court pour la somnolence et l'apathie, ou sinon, ma ligne de chance, peu marqué pour l'indifférence.", j'explique en gardant mes yeux sur ma main. Ce n'est pas interdit d'aider un débutant, hein ? "Puis... C'est ma main dominante donc tu peux être à peu près sûr que je me comporte comme ça presque tous les jours de l'année.", j'aimerais nier mais c'est vrai. Un rire s'échappe de mes lèvres. J'ai les entrailles qui se serrent. "Bouse, j'aurais pas dû te proposer ça, j'oublie que pas tout le monde sait lire les mains. Je fais bourde sur bourde, hein ?", j'ai du mal à le dire mais ça sort. Je crois que c'est ça, j'ai du mal à m'excuser parce que je dois admettre que je blesse les autres constamment et je n'ai pas envie d'être ça.

"Je... suis désolé.", cependant, réparer c'est mieux que de laisser à l'abandon. "J'aurais pas dû te dire ça en pleine face, puis, c'est juste un mont de rien du tout sur ta main non-dominante et ça veut rien dire sur ce que t'es devenu. Vraiment, je sais pas pourquoi je me suis focalisé sur ça alors que j'ai vu que des belles choses dans tes mains : t'es indépendant, compatissant, chaleureux, ambitieux avec un côté artistique...", ma main libre passe dans mon cou pour le gratter même si je sens que ça fait mal. "'Fin, quand je suis bourré je dis tout sur le coup des émotions et rien avec la tête, je suis vraiment désolé d'avoir été un énorme boulu."

Je reprends vite ma main qui se trouvait entre les siennes pour la passer sur mon visage et la laisser sur ma bouche. Je le regarde dans les yeux, enfin. Je n'aime pas m'excuser aussi parce que je pars dans tous les sens. Un autre rire douloureux me reprend. "Désolé de ne pas être le gars rempli de confiance en lui que t'as eu à la Fausse, je suis épuisé en ce moment..."

762 mots

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Les sourcils de Chris se haussent haut sur son front et il ne fait rien pour le cacher ; de toute manière, Sulien regarde sa propre main. Est-il réellement en train de lui faire un cours de mainmancie, là ? Mais oui, il le fait, il explique sa propre main et au lieu de réfuter tout ce que Christopher a fait semblant de lire, toutes ces choses qu'il a affirmées, en réalité il les confirme en lui montrant où les lire sur sa main. Christopher regarde le fameux pouce et la ligne de chance qui lui rappelle de vagues souvenirs de ses années collège : c'est là qu'est censé se trouver la réalité sur l'insensibilité de l'homme dont il tient toujours la main. Il ne s'attendait pas à ce que Sulien confirme, en réalité. Il pensait plutôt que celui-ci allait s'en défendre et se trouver des excuses. Agréable surprise, quoi que ce ne sont toujours pas des excuses.

Et donc il est ainsi tout du long de l'année et il l'affirme sans en rougir, sans même s'en sentir coupable ? Alors que Sulien observe sa propre main, Christopher, lui, observe son visage, le regard fixe et un peu perplexe. De quelle nonchalance doit-on être fait pour oublier que le talent que nous avons est rare et que pas tout le monde en est doté ? Est-ce seulement de la nonchalance ou de l'arrogance ? Interdit, Christopher se demande si Sulien se fout de lui ou s'il est naturellement toujours aussi maladroit quand il essaie de parler aux gens.

Mais finalement... Après des mois d'attente et de remise en question, d'agacement et de longues sessions à douter de lui-même, de l'homme qu'il est devenu, de l'enfant qu'il a été, après beaucoup de temps à ressasser ses propres erreurs et ses défauts à cause de ce que Sulien lui a dit ce jour-là, voilà que les excuses arrivent. Les excuses sont enfin là.

La prise de Christopher sur les doigts de Sulien se fait moins forte. Il ne la lâche pas car lui-même ne la récupère pas, mais il se contente plus de la tenir que de l'agripper. Plus que de s'excuser, Sulien lui explique ce qu'il a réellement lu dans sa main. Une question de main non-dominante. Alors ce n'était pas lui, qu'il a lu ? Ce n'était pas le lui d'aujourd'hui ? Ses épaules s'affaissent, il baisse les yeux sur leurs mains liées, la gorge toujours un peu nouée. Toutes ces questionnements pour... ça ? Ce n'était même pas la réalité ? Christopher écoute les compliments sans qu'ils le touchent. Comment pourraient-ils le faire, maintenant que Sulien lui a avoué qu'il lui a lancé dans la gueule des réalités qui ne concernent même plus celui qu'il est aujourd'hui ? Il pourrait très bien le complimenter pour apaiser sa colère.

Sulien récupère sa main. Christopher le laisse faire, trop silencieux pour son propre bien. Il laisse tomber ses bras contre ses hanches. Le regard de Sulien agrippe le sien. Dans un rire, il lui dit quelque chose qui le fait froncer les sourcils. Désolé pour... Quoi ? Qu'est-ce qu'il s'en fiche, lui, qu'il soit plein de confiance ou non ? Et puis, d'où ça sort, ça ? Ça fait totalement oublier à Christopher qu'il voulait lui dire que c'est juste ça, qu'il attendait : des excuses. Il répond au tac-au-tac.

« Si le gars rempli de confiance est celui qui balance de fausses vérités à quelqu'un après avoir lu sa main, des vérités qui ne concernent même pas l'homme qu'il est aujourd'hui, ce qui le pousse à se remettre en question et à se prendre la tête pendant des mois, et que le gars fatigué est celui qui est désolé, je préfère amplement avoir le second face à moi, » réplique Christopher.

Cependant, inutile de faire mine que les excuses ne l'ont pas atteint. Il ne demandait que cela, des excuses. Mais le fait est que la situation est pire que ce qu'il pensait : Sulien s'est réellement montré méchant la dernière fois. Pourquoi ? Il met ça sur le compte de l'alcool, mais est-ce la seule explication ? Et puis il évoque un mont, comme si c'était ça particulièrement qu'il retenait de sa main. Christopher baisse les yeux sur sa paume. Du pouce, il caresse le mont en question comme si ça pouvait l'aider à comprendre.

Finalement, il prend une longue inspiration et pousse un soupir tout aussi long. Qu'importe toutes ces choses. Sulien s'est excusé et il semble réellement s'en vouloir, c'est tout ce qui compte.

« Alors quoi ? fait-il avec une petite moue sur les lèvres, toute insolence oubliée. Ce que t'as lu dans ma main la dernière fois, c'était qui j'étais quand j'étais gosse ? »

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Mon ego entre tes serres S.W
Je m'excuse mais je m'attends à une avalanche. J'ai envie de m'enterrer moi-même, de disparaître complètement. Ce n'était pas des excuses, si ? Sérieux, j'ai plus l'air désespéré qu'autre chose avec tout ce que j'ai dit. À deux doigts de se mettre à genoux et d'implorer le pardon. Non, mais je m'énerve tout seul. Ça fait plus d'une semaine que je suis complètement misérable pour quelques phrases toutes nulles que je devrais envoyer balader, ça m'exaspère. Le Sulien qui porte ses masques est beaucoup mieux, je le plains à devoir se taper le moi de-

Oh.

Je l'écoute et mes pensées se prennent un grand coup dans le système. Oh, wow. Est-ce que c'est censé me faire du mal ? Parce que ça me fait tout l'inverse, ça me fait du bien. Je me sens moins bête. Il est vraiment meilleur ce gars fatigué ? J'ai du mal à y croire. On voit toutes mes cicatrices, toutes mes blessures quand je suis comme ça. On dirait une sorte de panthère mal famée, toute affamée et fracassée. Je... C'est pas vrai, il me ment. Les gens n'aiment pas les animaux blessés, ceux qui ne peuvent plus être "normal". Sérieux Chris, la panthère que t'as en face de toi elle ne mérite pas que tu lui dises ça. Tu devrais lui marcher dessus. C'est ça la règle, hein ? Les plus faibles disparaîtront dans les écumes de la société et les plus fort nettoieront la mer de ces écumes. C'est le mantra de ma famille pourtant je suis encore là et je ne comprends pas pourquoi.

Il me repose une question sur ce que j'ai lu, ce que je lui ai dit et je mets un peu de temps à l'assimiler. Je peux bien refaire le prof deux minutes.

"On peut dire ça... Enfin, c'est plus ce que ton destin te réservais à la naissance alors que ta main dominante montre comment tu as choisi de t'en émanciper ou de la suivre, ça dépend des cas. Donc, t'as pu être comme ça quand t'étais enfant mais c'est toi qui le sais, je n'ai pas vécu dans ta peau."

Voilà, je n'ai rien de plus à ajouter. Je repense à mes mains et je me dis qu'au final, je l'ai bien suivi mon destin, malgré toutes mes tentatives de m'en débarrasser. Mais, c'est bien du coup ? Mes mains sont plutôt horrible et plus le temps avance plus j'ai l'impression que tout s'empire. Par réflexe, mes mains commencent à jouer entre elles. Stressé ? Sûrement.

"Hum... C'est tout ce que tu voulais savoir ?"

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