16 sept. 2026, 00:05
Etudier pour exister
Mercredi 13 septembre 2051, dans la matinée,
Le mercredi était le pire jour de la semaine. Déjà qu'il y avait trois jours dans la semaine où Daisy n'avait pas cours, il fallait en plus que le mercredi tout le monde ait cours SAUF les premières années. La pire des injustices selon la rousse. Mais qu'à cela ne tienne, s'il fallait apprendre seule, alors elle passerait ses mercredis à étudier.
Ce fut pour ça qu'elle se leva à six heures ce matin-là. Elle bouquina jusqu'à sept heures, prit son petit-déjeuner rapidement et à sept heures quarante-cinq tapantes, elle était dans la salle d'études, une montagne de livres sur les bras. Seule. Elle cligna plusieurs fois des yeux comme pour vérifier cette information. Etait-elle la seule à avoir eu le bon sens de penser à travailler un mercredi ? Elle soupira et rapprocha deux tables entre elles pour pouvoir s'y installer avec ses nombreux manuels. Elle sortit son carnet, elle avait réservé une heure à chacune des quatre matières qu'elle souhaitait étudier. Elle n'aurait que le matin pour réviser, l'après-midi était réservé à l'entraînement de Quidditch alors elle allait devoir se montrer performante. Elle regarda autour d'elle, cette salle n'était pas la plus accueillante de Poudlard : des chaises, des tables, un tableau et une ambiance un peu lugubre. Elle aurait presque souhaité que d'autres sorciers s'y trouvent pour réchauffer un peu l'atmosphère.
Elle prit une patacitrouille pour se motiver et sortit son devoir de sortilège. Il portait sur l'entretien de la baguette principalement. Daisy ouvrit son manuel et commença à rédiger un brouillon. Il y avait beaucoup de choses à dire et Miss Priddy n'avait pas donné de limites de mots. Elle copia trois pages ainsi et, quand elle fut satisfaite, les remit au propre. C'était du travail bien fait, comme elle aimait. Elle révisa ensuite le sort d'allumage Lumos qu'elle avait mis un peu de temps à maîtriser. Elle termina en lisant l'introduction du sortilège de lévitation Wingardium Leviosa pour prendre un peu d'avance sur les mois suivants. Satisfaite, elle se frotta les mains et prit un fondant du chaudron pour se féliciter.
Quelques élèves l'avaient désormais rejointe dans la salle, ce qui rassura un peu la fillette. Elle posa son devoir de sortilège et sortit celui de métamorphose. Miss O'Malley leur avait fait découvrir le sortilège Elasticus et sans surprise, Daisy avait rencontré quelques difficultés avec la pratique. Tout ce qui touchait à la théorie, à l'histoire, elle y arrivait sans problème. Mais la pratique... c'était autre chose. La rousse faisait partie des enfants qui pensaient qu'on ne réussissait qu'en travaillant alors elle ne s'en inquiétait pas. Elle rédigea son devoir rapidement. Trop rapidement, elle était en avance de trente minutes dans son emploi du temps. Elle mangea une chocogrenouille pour se féliciter et enchaîna sur quelques révisions impromptues en botanique. C'était un domaine très différent des autres, même si la petite fille savait qu'on pouvait y utiliser des sortilèges tels que Herbivicus pour faire pousser les plantes plus vite, en cours Miss Plogeth ne leur faisait jamais utiliser la magie.
Il fut rapidement dix heures et Daisy chercha un énième bonbon dans son sac. Elle en sortit un petit paquet de bonbons moldus qu'une Poufsouffle lui avait jeté la semaine passée. Elle avait cru comprendre que les roses étaient bons mais elle hésita quand même à cause de leur ressemblance avec les dragées de Bertie Crochue. Elle se décida à en goûter un et sourit. Ça n'avait pas si mauvais goût finalement, ça avait même plutôt bon goût. Autour d'elle, la salle commençait à se remplir, ce qui finit de rassurer la petite fille. Elle n'aimait pas le calme complet et les grandes pièces sinistres. Chez elle c'était chaleureux. Sa mère rentrait sans toquer dans sa chambre, son père écoutait les infos en continu, ses boursoufflets venaient régulièrement quémander des caresses. Elle avait grandi avec ça alors elle préférait continuer de travailler ainsi. Elle chercha une trace de ses amis mais bien qu'elle reconnut plusieurs visages familiers ni Liam ni Noa Vane ne semblaient être là.
Elle sortit alors un troisième devoir, de défense contre les forces du mal cette fois-ci. Le sortilège Periculum y était à l'honneur. Celui-là, la petite fille n'avait pas eu trop de difficultés à le produire. Il faut dire qu'elle avait été émerveillée lors du feu d'artifice géant qui avait suivi la répartition. Toutes ces baguettes tournées vers le ciel et toutes ces étincelles qui en avaient jailli... elle avait eu vraiment hâte de pouvoir faire ça à son tour. Alors forcément, quand Mister Puddlewick leur avait annoncé que ce serait le premier sort étudié dans l'année, son coeur n'avait fait qu'un tour. Elle l'avait bien réussi, pas à la perfection, ni du premier coup, mais mieux que Lumos et Elasticus. Le devoir était intéressant et elle y répondit dans un très grand nombre de lignes. Elle appréciait vraiment cette matière. Elle ne savait pas si c'était le sujet ou le professeur qui était fascinant mais les cours passaient toujours beaucoup trop vite. Arrivée à la fin du devoir, elle ouvrit le manuel pour prendre de l'avance sur le programme. Apparemment, le prochain sortilège qu'ils apprendraient était Bombarda et il servait à produire le bruit d'une détonation. Daisy se demanda bien en quoi il pouvait être utile et lu les pages du manuel qui lui étaient consacrées. Elle aimait beaucoup ce livre, il était même agrémenté de petites citations comme "Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes." De tous les chapitres d'histoire qu'elle avait étudiés enfant, la grande guerre d'Harry Potter contre Voldemort restait son préféré. Elle ferma le livre quelques instants et ferma les yeux. Pourvu qu'elle vive quelque chose d'aussi incroyable un jour.
Elle rangea ensuite son devoir terminé avec les autres et fouilla son sac pour trouver un autre bonbon. Elle ressortit une nouvelle fois ce paquet de friandises moldues. Elle hésita puis plongea sa main dedans. Elle prit une petite boule bleue en grimaçant, mais de manière assez surprenante, cette dernière eut un goût très similaire à la rose. Elle reposa le sachet et sortit le manuel d'une nouvelle matière.
Avec @Aelis Van Hecke
1024 mots de Daisy qui étudie
Mots en gras pour Au fil des mots
16 sept. 2026, 19:58
Etudier pour exister
[CW : propos dénigrants, stigmatisants et caricaturaux sur les religions et l'autisme. propos très clichés et pas sympa sur la religion, et amalgames sur les personnes atteintes d'autisme ; il va sans dire qu'en tant que plume je désapprouve fortement ce type de propos]
PNJ présent : Swann Yang. Mon PJ est bien présent.
Ce matin, c’était la première fois que je revoyais Swann depuis juillet. Peu de mots ont été changés, laissant place à des silences presque envahissant. En tête à tête, j’ai du passer plus de temps à fixer mon assiette que ses beaux traits. C’était terrible, je savais juste pas quoi dire, j'avais des noeuds dans le ventre qui m'ont empêché de manger. Comme si entre nous, il y avait désormais une mer de secret agités. Je crois que ce moment m’a beaucoup fait souffrir. La sensation que plus rien ne serait jamais comme avant s’était définitivement installée dans ma tête, de pair avec celle qui maintenait que l’on ne pouvait pas vivre l’un sans l’autre. Et c’était juste la vérité : je pourrais pas raconter ma vie sans effacer Swann ___ il est probablement la première personne pour qui j’existe. Consciente de tout cela, je lui ai proposé de se retrouver vers 10h30 devant la salle d’étude, histoire de se débarrasser de tous nos devoirs de la semaine. Ca l’a fait sourire, d’un sourire doux comme la brise, qui souffle qu’il a très bien compris ce que j’essayais de faire : me rapprocher de lui en repartant sur de nouvelles bases. Car j’ai bien vu qu’en salle d'étude, que nous serions loin d’être les premiers ce matin.
Nous voilà donc à 10h30 devant la salle d’étude. Sans échanger plus de politesses, nous nous asseyons à deux tables côte à côte, avant de sortir mes affaires. D’un commun accord, nous décidons de commencer par l’astronomie, puis les potions, et ensuite, l’histoire de la magie et la métamorphose. Vite, les vieilles habitudes reprennent le pas sur la gêne des retrouvailles. Je ne me pose plus la question de savoir comment je dois me comporter ___ j’agis comme nous l’avons toujours fait, en mettant nos notes en commun. Sourires partagés lorsque je découvre les ornements de ses feuilles, et que lui parcoure des yeux les miennes, et j’ai presque l’impression de lire en lui lorsque je lis sa belle écriture formée de boucles bien huilées sur les différents outils d’observation de l’espace. Est-ce cela, renouer une complicité distendue ? En trente minutes, nous venons à bout des deux premières matières. Le rendu n’est certainement pas de première qualité, mais suffira amplement pour un des premiers devoirs de l’année. Mais bien vite, quand vient le tour de l’histoire de la magie, je peine à me concentrer, mes pensées toutes tournées vers la personne à mes côtés, que je n’ose pas regarder. Et c’est fou, je le sens à la fois terriblement loin, et terriblement proche, comme si on se connaissait plus… Car jamais, au grand jamais je n’aurais pu imaginer qu’une telle chose puisse se produire : nous, séparés par des rails, en train de pleurer parce qu’on avait pas eu le courage de se dire au revoir. Alors j’aimerais pouvoir lui dire « c’est fini, on est ensemble, c’est passé », mais non, ce n’est pas fini et ce n’est pas passé, c’est dans tous les mots qu’il hésite à prononcer, dans ses pupilles lorsque nos regards se croisent, dans ma main qui se tient bien à distance de la sienne. C’est gravé, c’est tout. Dans du marbre, ou nan, dans un truc encore plus dur, comme le diamant : c’est comme une cicatrice qui partira jamais. Car il faut bien s’en rendre compte : nous ne sommes plus que deux inconnus étrangement familiers.
Maintenant, j’en suis sûre, il a remarqué mon trouble ; et peut-être même qu’à cet instant les mêmes questions le taraudent. Comment faire pour reconstruire une amitié ? Peut-on vraiment repartir sur de nouvelles bases ? Est-ce qu’il y a un moyen de se réapprivoiser même lorsque le lien a été rompu ? Il y a le temps Swanny, il y a le temps… Je crois qu’il sera notre meilleur allié. Je le regarde s’agiter sur sa chaise, avec une mine attendrie. Ni lui ni moi n’aimons rester inactif, à écrire des tartines dans une pièce carrée (lui dirait rectangulaire), alors que l’on pourrait aller s’amuser dehors. Ou juste faire ce qu’on veut d’ailleurs. Ne pas aimer les règles, on a toujours eu ça en commun. D’abord, il s’étire ; il étend ses jambes sous la chaise de devant, penche sa tête en arrière, bloque quelques secondes avant de s’avachir complètement sur sa table en me regardant d’un air penaud. Un bref coup d’œil sur sa feuille me permet de voir qu’il n’a encore rien écrit, et que lui aussi a des préoccupations plus importantes en tête que de disserter sur les avantages et les inconvénients de l’Histoire. En tant que binôme de travail, je devrais le réprimander, mais je n’en ai pas la moindre envie. J’ai envie de lui proposer une partie d’échec, une promenade dans le parc, ou juste de s’allonger dans l’herbe pour regarder les nuages… C’est sans une once de conviction que je lui dit :
« Allez, faut bien qu’on le termine ce devoir…
___ Ouaiisss, genre jeudi soir à 23h59 ? »
On pense à la même chose. Vendredi matin, huit heures c’est histoire de la magie donc on aura du temps pour rattraper notre nuit. Mais même si je sais très bien que c’est à 99% de chance ce qu’il va se passer, je le reprends plus amusée qu’exaspérée :
« Mec, dose… ».
Il ne répond pas toute suite, mais se redresse en s’adosse négligemment à sa chaise. Il ajoute après un certain temps, avec un petit rire supérieur :
« Le pire, c’est que je suis sûre que cette folle de Daisy s’est levée à six heures du mat’ pour tout finir le plus parfaitement possible… »
J’esquisse une drôle d’expression : mi-grimace, mi-sourire. Parce qu’en même temps, une part de moi trouve Daisy terriblement coincée et intello, mais l’autre me rappelle de pas juger sans connaître. Et en toile de fond, je sais exactement ce qui se dessine : Swann essaye de me dire que rien n’a changé. Que comme avant, on sera toujours les deux intelligents incompris crachant sur les intellos au dernier rang. Et j’aimerai y croire, que rien n’a changé, j’aimerai déverser tout ce que je pense de mauvais, mais je sais que ça serait pas bien du tout. Alors je le fais pas. Ca me demande un effort, mais je temporise :
« Bah, si en contrepartie elle se couche à vingt heures… On la connais pas elle est peut-être pas si pire ? »
C’est le plus gentil que j’ai pu faire, mais Swann, moqueur, sourit : car il sait très bien qu’il va me lancer et qu’il arrivera à tirer de moi bien plus que cette micro pique. Il répond comme toujours avec de sérieux arguments pour me faire céder :
« On la connais pas, vraiment ? Mais frère t’as bien vu comment elle est restée plantée devant la porte avant le cours de DcFM. Cette meuf c’est une méga fayote, je sais pas c’qui t’faut d’plus ! »
Je ris à mon tour, de bonne guère cette fois. Tout en essayant de ne pas faire trop de bruit pour ne pas déranger les autres, mais Swann ne s’y trompera pas ; il sait que ça y est, il a trouvé une nouvelle cible sur qui bitcher. Et vite, je me prends au jeu : parce que j’aime le sourire qui creuse cette fossette sur sa joue, j’aime le voir s’amuser avec insolence, et parce que j’ai l’impression de retrouver un bout de ce que je pensais perdu. Il a pas changé, hein ? Voilà qu’il secoue légèrement la tête pour remettre ses cheveux en place. Alors à moitié en riant moi aussi, je réponds avec un accent londonien des hautes classes très forcé :
« Swann, tu n’as pas honte de dire des choses pareilles ? Surveille un peu ton vocabulaire. »
Et nos regards se font complices lorsque son sourire s’élargi encore. Je viens à nouveau de devenir sa partenaire de crime. Il me répond, imitant Daisy de façon aussi caricaturée que criarde :
« Oh, maman, je suis vraiment navrée. Je vais sagement retourner lire La Bible pour savoir comment me faire pardonner. »
Ca, c’était une belle balle perdue pour les croyants. Mon regard se durcit ___ je ne cautionne pas ce qu’il est en train de faire. Les croyances, c’est perso : il sait très bien que j’aime pas quand il fait ce genre de blagues. Il rit, et si sa voix reste aussi moqueuse, il arrête d’imiter Daisy :
« Oh c’est bon… avoue que pour être aussi intello que ça faut être complètement au___. »
« autiste », c'est ça qu'il allait dire. Il s'est retenu juste avant que je ne le foudroie. Je kiffe pas trop la tournure que prends la conversation. Se moquer, c’est ok. Mais là, c’est juste méchant. Ca ne m’étonne pas de Swann, il est souvent un peu extrême dans ses propos. Et moi, je suis la partie attentive et rassurante. Mes yeux trouvent les siens : quelques instants, on se regarde, avant qu’il ne baisse les yeux en s’excusant, comme quelqu’un qui n’a pas trop réfléchi à ses paroles le ferait :
« My bad, celle-là elle était pas cool. »
Je réponds d’une voix douce, parce que mon petit cœur faible a beaucoup trop de tendresse pour ce garçon aux défauts exorbitants :
« On aime pas trop Daisy. Et c’est clair qu’elle est hyper spé. Mais mec, laisse les autistes et les croyants tranquille steuplaît. »
Il acquiesce, je souris. Ca ne sera certainement pas la dernière vanne sur Daisy de la journée, mais au moins on a posé les bornes.
____
[1593]
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chewing-girl
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23 sept. 2026, 01:57
Etudier pour exister
Elle sortit son manuel et son devoir de potions. C'était une matière qu'elle aimait beaucoup. Miss Xarinez ne leur avait pas encore fait préparer de vraies potions pourtant mais elle se montrait extrêmement rigoureuse. Elle apprenait aux élèves à se servir des outils correctement, à peser précisément, à découper proprement. Et Daisy aimait la rigueur donc elle aimait le cours de potions. Elle avait quand même hâte de tester la Pimentine, la première potion qu'ils tenteraient mais la professeur lui avait répondu que ce ne serait pas avant fin octobre. Dans tellement de temps... Elle feuilleta son manuel, plus par plaisir que par nécessité. Elle savait déjà que la deuxième potion qu'ils apprendraient à faire était la Décoction Hoqueteuse, une potion qui donnait le hoquet. Pourquoi faire, c'était la question qu'elle se posait. Ça semblait tellement inutile à la différence du Polynectar. Une potion qui permettait de prendre l'apparence de quelqu'un d'autre, ça, ça devait être cool. Flippant, mais cool.
Elle sortit de sa lecture en entendant son nom. Ça avait été comme chuchoté mais la rousse était persuadée d'avoir entendu une voix de garçon dire "Daisy s’est levée à six heures". Le reste de sa phrase avait été étouffée mais elle fronça les sourcils. C'était une voix qu'elle avait déjà entendue mais le problème n'était pas là. Seule une fille de son dortoir aurait pu savoir qu'elle s'était levée aussi tôt... Elle restait toujours au moins une heure dans son lit pour lire. Pourtant, le garçon avait l'air au courant de ses horaires, c'était bizarre.
Elle décida de ne plus y prêter attention, si elle voulait savoir préparer du Felix Felicis un jour, elle devait dès maintenant être la meilleure élève. Elle jeta rapidement un coup d'oeil sur la page dédiée à l'Engrais Magique, se rappela qu'elle la connaissait déjà par coeur et se remit à son devoir. Il portait sur les règles de sécurité et Daisy les lista une par une en prenant soin d'expliciter la raison de leur existence.
Derrière elle, certains élèves commençaient à devenir bruyants et Daisy soupira. Elle se retourna discrètement et reconnut Swann et Aelis, deux élèves de sa classe. Elle n'était pas vraiment surprise, ce n'était ni les enfants les plus sages ni les plus sympathiques du château. Elle continua son devoir en essayant de ne pas les écouter mais ses oreilles étaient bien trop curieuses. Elle entendit Aelis réprimander Swann avec un drôle d'accent et celui-ci répondre avec une voix bizarre qu'il retournerait lire la bible. La bible ? Etait-ce un ouvrage qu'elle ne connaissait pas sur les règles de bienséance ? Elle n'y réfléchit pas plus longtemps car la prochain phrase lui parvint directement au coeur.
"Avoue que pour être aussi intello que ça faut être complètement o..." Original. C'était ce qu'il voulait dire sûrement avant que sa copine ne le coupe. Des larmes perlèrent dans les yeux de Daisy. Original c'était une insulte qu'elle connaissait. Les adultes l'utilisaient parfois pour parler de sa mère. Ils disaient "original" avec leur voix dédaigneuse et leur visage pincé. Ils venaient chez eux, ils se présentaient comme des collègues ou des membres de la famille éloignée. Et ils étaient méchants. Daisy les détestait. Sa mère ne réagissait jamais. Elle faisait comme si elle ne comprenait pas l'insulte. Mais sa mère était une Serdaigle. Evidemment qu'elle comprenait.
La rousse essuya ses yeux et se remit à son devoir. Qu'importe de qui ils parlaient, son parcours scolaire était cent fois plus important. Elle reprit la plume d'une main tremblante mais la voix d'Aelis perça encore une fois la carapace de la petite fille.
"On aime pas trop Daisy."
Comme ça.
Dit de manière aussi simple et tranquille.
Elle broya la plume dans sa main. Qu'avait-elle fait de mal pour ne pas être aimée ? Elle était sage, ne dérangeait pas les autres en cours, ne coupait pas la parole. Pourquoi quelqu'un ne l'aimerait-il pas ? Pourquoi deux personnes seraient-elles d'accord pour ne pas l'aimer ? Elle regarda son devoir trempé et réalisa qu'elle pleurait. C'était sûrement elle qu'ils avaient traitée d'originale. Ils étaient comme ces gens qui insultaient sa mère. Et elle ne savait pas quoi faire ou comment réagir. Tout ce qu'elle savait, c'est que ça faisait mal. Là, tout de suite, elle aurait bien eu besoin de savoir préparer une potion d'Amnésie...
719 mots
Mots en gras pour Au fil des mots
Elle sortit de sa lecture en entendant son nom. Ça avait été comme chuchoté mais la rousse était persuadée d'avoir entendu une voix de garçon dire "Daisy s’est levée à six heures". Le reste de sa phrase avait été étouffée mais elle fronça les sourcils. C'était une voix qu'elle avait déjà entendue mais le problème n'était pas là. Seule une fille de son dortoir aurait pu savoir qu'elle s'était levée aussi tôt... Elle restait toujours au moins une heure dans son lit pour lire. Pourtant, le garçon avait l'air au courant de ses horaires, c'était bizarre.
Elle décida de ne plus y prêter attention, si elle voulait savoir préparer du Felix Felicis un jour, elle devait dès maintenant être la meilleure élève. Elle jeta rapidement un coup d'oeil sur la page dédiée à l'Engrais Magique, se rappela qu'elle la connaissait déjà par coeur et se remit à son devoir. Il portait sur les règles de sécurité et Daisy les lista une par une en prenant soin d'expliciter la raison de leur existence.
Derrière elle, certains élèves commençaient à devenir bruyants et Daisy soupira. Elle se retourna discrètement et reconnut Swann et Aelis, deux élèves de sa classe. Elle n'était pas vraiment surprise, ce n'était ni les enfants les plus sages ni les plus sympathiques du château. Elle continua son devoir en essayant de ne pas les écouter mais ses oreilles étaient bien trop curieuses. Elle entendit Aelis réprimander Swann avec un drôle d'accent et celui-ci répondre avec une voix bizarre qu'il retournerait lire la bible. La bible ? Etait-ce un ouvrage qu'elle ne connaissait pas sur les règles de bienséance ? Elle n'y réfléchit pas plus longtemps car la prochain phrase lui parvint directement au coeur.
"Avoue que pour être aussi intello que ça faut être complètement o..." Original. C'était ce qu'il voulait dire sûrement avant que sa copine ne le coupe. Des larmes perlèrent dans les yeux de Daisy. Original c'était une insulte qu'elle connaissait. Les adultes l'utilisaient parfois pour parler de sa mère. Ils disaient "original" avec leur voix dédaigneuse et leur visage pincé. Ils venaient chez eux, ils se présentaient comme des collègues ou des membres de la famille éloignée. Et ils étaient méchants. Daisy les détestait. Sa mère ne réagissait jamais. Elle faisait comme si elle ne comprenait pas l'insulte. Mais sa mère était une Serdaigle. Evidemment qu'elle comprenait.
La rousse essuya ses yeux et se remit à son devoir. Qu'importe de qui ils parlaient, son parcours scolaire était cent fois plus important. Elle reprit la plume d'une main tremblante mais la voix d'Aelis perça encore une fois la carapace de la petite fille.
"On aime pas trop Daisy."
Comme ça.
Dit de manière aussi simple et tranquille.
Elle broya la plume dans sa main. Qu'avait-elle fait de mal pour ne pas être aimée ? Elle était sage, ne dérangeait pas les autres en cours, ne coupait pas la parole. Pourquoi quelqu'un ne l'aimerait-il pas ? Pourquoi deux personnes seraient-elles d'accord pour ne pas l'aimer ? Elle regarda son devoir trempé et réalisa qu'elle pleurait. C'était sûrement elle qu'ils avaient traitée d'originale. Ils étaient comme ces gens qui insultaient sa mère. Et elle ne savait pas quoi faire ou comment réagir. Tout ce qu'elle savait, c'est que ça faisait mal. Là, tout de suite, elle aurait bien eu besoin de savoir préparer une potion d'Amnésie...
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Mots en gras pour Au fil des mots
24 sept. 2026, 22:12
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C'est comme si après ça, on ne pouvait pas se remettre à travailler. Ce qu'il se passe à la place ? On regarde sa feuille, et on admire les 50 nuances de couleur parchemin, ou alors mieux, la plume dressée, en contact avec son support, on regarde l'encre se répandre, et former un rond au point d'impact. C'est mon activité actuelle, et aussi celle de Swann puisque je vois bien que son regard déborde de sa table pour empiéter sur la mienne. D'un ton un peu coupable qui annonce le mensonge à venir, je lance :
« En vraiiii... on a bien travaillé non ? »
Un petit rire lui échappe, et mon sourire s'élargit lorsque je vois le sien. J'en ai marre de travailler, lui aussi : merveilleux. Intriguée, je le regarde fouiller dans ses poches, manifestement à la recherche de quelque chose. Et son air malicieux attise mon impatience ; que cherches-tu d'assez petit, mais qui soit suffisamment plaisant pour te donner un tel sourire ? Car c'est bien ce que j'aperçois sur ton visage n'est-ce pas, c'est ce même sourire que quand tu as un nouveau projet en tête et que tu m'en fais part. Le suspens m'excite, et je me devine aussitôt incapable de me reconcentrer sur quoi que ce soit. Qu'est-ce qu'il y a, hein, qu'est-ce qu'il y a dans ta main. *Dis moi dis moi diiiis ___*.
« Pause chewing-gum ? »
*Ouiiii !*. Mes yeux répondent à ma place, tandis qu'il me donne un ballongomme que je m'empresse de fourrer dans ma bouche. Je commence à mastiquer énergiquement la sucrerie, avec un sourire qui ne me quitte plus. Quelle bonne idée ce chewing-gum... C'est aussi pour ça que j'aime Swann ; il me connait si bien qu'il anticipe sans cesse ce dont j'ai envie. La conversation se poursuit à voix haute pendant ce temps :
« On pourrait en coller plein sur toutes les chaises du premier rang avant les cours, histoire de bien avoir les premiers de classe...»
Je pouffe de bon coeur. Ca me fait penser à la fois où on a remplacé la crème blanche des oréos par du dentifrice avant de les offrir aux gens qu'on aimait pas. De bons souvenirs remontent, doux et joyeux... Je réponds à moitié en rigolant :
« Oh ouiii, je veux trop voir la tête que ferai celle qui s'y croit trop là... c'est sûr elle serait deg elle pèterai un scandale ! »
Et comme si nous étions connectés, Swann comprend tout de suite de qui je parle :
« OMG la meuf blonde qui se prend pour une princesse ?! La meilleure défense, c'est l'attaque mais mdrrrr, guide pour être sûr de se faire attaquer en retour 2.0. ... »
Je ris à sa blague, parce que c'est vrai que sur le moment, je me suis vraiment demandée si elle était pas débile. Et tout le monde sait que quand on est débile, bah... c'est mieux de la fermer quoi.
« Vraiment, tu vois à côté Daisy c'est presque une fleur...
___ Bah, tout le monde sait que les plus intelligents ne sont souvent pas ceux qui font le plus de bruit. »
Ca a toujours été la philosophie de Swann, de dire des choses comme ça. Et c'est vrai qu'on a toujours fait ça : se taire, écouter les autres parler, en se disant qu'un jour, notre heure viendra. Et elle viendra, n'est-ce pas ? Parce que c'est pas parce qu'on est au dernier rang qu'on est bête... Soudain, une brillante idée me vient :
« Ohhh et si on faisait un concours de bulles avec nos ballongommes ? De mon côté je pense l'avoir assez mâché pour qu'on soit bon ! »
A nouveau, un sourire malicieux envahit son visage :
« Le premier dont la bulle éclate fait nos deux devoirs d'histoire de la magie pour le prix d'un ?
___ Je garantis pas la qualité, mais deal. »
On se checke pour acter la chose. Je me concentre, commence à faire ma bulle, et la regarde grossir, grossir, puis grossir progressivement. En face, celle de Swann aussi a une belle forme ; la compétition sera rude. Et puis soudain, d'un coup, la bulle de Swann explose. *Elle avait pas l'air sur le point de craquer pourtant ?*. Rapidement, le reste de la mienne revient dans ma bouche et je recommence à mastiquer mon reste de ballongomme. L'évidence me saute alors aux yeux lorsque je découvre son visage : Swann a été perturbé, il fait une drôle de tête qui me fait dire qu'il a pas juste le seum de devoir faire mon travail, mais que quelque chose d'autre est venu troubler sa concentration. Je regarde vite fait autour de moi, et lui jette un regard interrogateur :
« Y'a quoi mec ? T'es plus capable de tenir ta bulle ? »
C'était ironique, bien sûr, mais plus parce qu'une part de moi stresse plutôt que par moquerie. Dis moi ce qu'il se passe s'il te plaît, parce que là ça me tend. J'aime pas ne pas comprendre. Et là, j'ai l'impression d'avoir loupé un épisode. J'oublie bien vite la joie de ne pas avoir à faire cette saleté de devoir d'histoire de la magie, et me retrouve à lancer des regards dans tous les sens. *Y'a quoi mec ?*. C'est un adulte qui vient nous dire qu'on a pas le droit au chewing-gum ? On l'emmerde. Parce qu'actuellement, mâcher cette chose élastique est la principale chose qui m'empêche de te secouer pour tu me répondes.
____
[900+]
: Swann remarque Daisy et en parle à Aelis
: Swann remarque Daisy, n'en parle pas à Aelis mais celle-ci arrive à comprendre ce qu'il se passe
: Swann remarque Daisy, Aelis voit qu'il y a un truc bizarre mais ne comprend pas quoi
: Swann remarque Daisy, Aelis ne remarque rien
, : aucun des deux ne remarque Daisy
@Daisy Wilson, @Jaelyn Vaughan-Caldwell, tu es visée...
[900+]
: Swann remarque Daisy et en parle à Aelis
: Swann remarque Daisy, n'en parle pas à Aelis mais celle-ci arrive à comprendre ce qu'il se passe
: Swann remarque Daisy, Aelis voit qu'il y a un truc bizarre mais ne comprend pas quoi
: Swann remarque Daisy, Aelis ne remarque rien
, : aucun des deux ne remarque Daisy
@Daisy Wilson, @Jaelyn Vaughan-Caldwell, tu es visée...
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2 oct. 2026, 03:27
Etudier pour exister
Elle essuya ses larmes avec ses mains pleines d'encre et essaya de penser à des souvenirs heureux pour chasser la douleur. Elle pensa à son père qui l'avait emmenée voir son premier match de Quidditch. Elle aimait le Quidditch, c'était un sport enivrant. Elle songea aux moments complices où il lui donnait des fondants en chocolat dans le dos de sa mère. Elle pensa à sa mère qui s'occupait si bien des créatures magiques, de sa posture droite quand elle recevait des injures, de ses yeux qui ne tremblaient que lorsque les méchants étaient partis. Ses mains se remirent à trembler et elle contempla le désastre. Son devoir était gâché, sa plume en morceaux. Elle aurait besoin d'en racheter une. Il faudrait qu'elle trouve une excuse pour ses parents. Elle n'allait pas arriver et dire "papa, maman, d'autres enfants se sont moqués de moi, j'ai pleuré et cassé ma plume". Ses larmes coulèrent de plus belle. Non, elle ne pouvait pas leur dire, elle devait garder le secret. C'était trop honteux d'être faible. C'était trop honteux d'être mal aimée. Elle imaginait déjà la tristesse dans les yeux de ses parents si elle le leur disait. Elle leur ferait du mal. Peut-être même qu'ils vivraient la situation comme un échec ? Elle ne devait rien leur dire, jamais.
Elle se sentit terriblement seule. Elle n'avait personne à qui en parler. Elle n'était suffisamment proche de personne d'autre. Et qui savait si eux aussi ne disaient pas en secret qu'elle était intello et original ? Non, c'était elle, juste elle, toute seule. Et il fallait qu'elle se calme. Qu'elle blinde son esprit. Elle s'accorda cinq minutes pour pleurer. Elle avait cru avoir réussi à s'intégrer. Elle avait cru qu'elle se plairait à Poudlard, que tout le monde serait ami et aurait envie d'apprendre. Elle pensait pouvoir cacher le fait qu'en grandissant à la campagne, elle avait surtout grandi seule. Elle cherchait aussi une seconde famille à Poudlard, une famille d'amis. Les cinq minutes se transformèrent en dix puis en quinze. Elle savait qu'elle devait arrêter de pleurer. Elle devait aller manger rapidement pour être à l'heure à l'entraînement de Quidditch et il fallait aussi qu'elle garde de l'énergie pour recommencer son devoir de potions dans la soirée.
Elle devait avoir une tête affreuse. Les toilettes étaient deux étages plus haut, beaucoup d'élèves risquaient de voir ses yeux rouges et les taches d'encre sur sa figure. Elle essaya d'en essuyer le maximum avec sa manche. Certaines choses devaient rester secrètes. Derrière elle, Aelis et Swann faisaient des bulles avec des ballongommes. Daisy se demanda si c'était vraiment ça la vie. Des gens qui pleuraient et d'autres qui s'amusaient. Elle commença à ressentir une autre émotion, une forme de colère face à cette injustice. Elle frotta encore ses yeux avec sa manche, espérant ne pas leur donner le plaisir de sa détresse. Elle ramassa les morceaux de sa plume cassée, mâchée, broyée et de son parchemin inondé d'encre comme de larmes. Puis elle se leva, marcha la plus droite qu'elle put et déposa le tout sur le bureau où ils s'amusaient.
- De la part de l'intello originale.
Elle récupéra son sac rapidement et s'enfuit. Sa voix avait chancelée et elle était sûre que ses yeux étaient encore rouges. Elle avait voulu se montrer forte mais à tous les coups, elle avait surtout été encore plus gênante. Elle monta quatre à quatre les marches qui menaient aux toilettes des filles, en essayant de laisser le moins d'enfants possibles voir son visage.
Le résultat était pire que ce qu'elle avait imaginé. Elle n'avait pas quelques tâches sur le visage, ses yeux étaient entourés d'encre, on aurait dit un panda. Elle était effrayante. Elle se lava les mains et le visage pendant de longues minutes pour faire partir le poids des mots. Une fois propre, elle s'entraîna à proposer un sourire devant le miroir. Peu importe ce qui s'était passé, elle devait mettre une barrière. Poudlard était l'endroit dont elle avait toujours rêvé. Elle allait manger de bonnes choses et s'entraîner au Quidditch. Si personne ne devinait qu'il s'était passé quelque chose dans la matinée, on ne lui poserait aucune question et il serait plus simple d'oublier. Elle bricola encore pendant quelques minutes le sourire parfait devant le miroir puis partit en direction de la grande salle.
721 mots
Musique dans le casque pendant l'écriture
Dernier post pour moi ici, merci pour ce super rp, j'ai adoré !
PS : J'ai vu ton post dans les pommes de Mabon, j'arrive @Aelis Van Hecke
Elle se sentit terriblement seule. Elle n'avait personne à qui en parler. Elle n'était suffisamment proche de personne d'autre. Et qui savait si eux aussi ne disaient pas en secret qu'elle était intello et original ? Non, c'était elle, juste elle, toute seule. Et il fallait qu'elle se calme. Qu'elle blinde son esprit. Elle s'accorda cinq minutes pour pleurer. Elle avait cru avoir réussi à s'intégrer. Elle avait cru qu'elle se plairait à Poudlard, que tout le monde serait ami et aurait envie d'apprendre. Elle pensait pouvoir cacher le fait qu'en grandissant à la campagne, elle avait surtout grandi seule. Elle cherchait aussi une seconde famille à Poudlard, une famille d'amis. Les cinq minutes se transformèrent en dix puis en quinze. Elle savait qu'elle devait arrêter de pleurer. Elle devait aller manger rapidement pour être à l'heure à l'entraînement de Quidditch et il fallait aussi qu'elle garde de l'énergie pour recommencer son devoir de potions dans la soirée.
Elle devait avoir une tête affreuse. Les toilettes étaient deux étages plus haut, beaucoup d'élèves risquaient de voir ses yeux rouges et les taches d'encre sur sa figure. Elle essaya d'en essuyer le maximum avec sa manche. Certaines choses devaient rester secrètes. Derrière elle, Aelis et Swann faisaient des bulles avec des ballongommes. Daisy se demanda si c'était vraiment ça la vie. Des gens qui pleuraient et d'autres qui s'amusaient. Elle commença à ressentir une autre émotion, une forme de colère face à cette injustice. Elle frotta encore ses yeux avec sa manche, espérant ne pas leur donner le plaisir de sa détresse. Elle ramassa les morceaux de sa plume cassée, mâchée, broyée et de son parchemin inondé d'encre comme de larmes. Puis elle se leva, marcha la plus droite qu'elle put et déposa le tout sur le bureau où ils s'amusaient.
- De la part de l'intello originale.
Elle récupéra son sac rapidement et s'enfuit. Sa voix avait chancelée et elle était sûre que ses yeux étaient encore rouges. Elle avait voulu se montrer forte mais à tous les coups, elle avait surtout été encore plus gênante. Elle monta quatre à quatre les marches qui menaient aux toilettes des filles, en essayant de laisser le moins d'enfants possibles voir son visage.
Le résultat était pire que ce qu'elle avait imaginé. Elle n'avait pas quelques tâches sur le visage, ses yeux étaient entourés d'encre, on aurait dit un panda. Elle était effrayante. Elle se lava les mains et le visage pendant de longues minutes pour faire partir le poids des mots. Une fois propre, elle s'entraîna à proposer un sourire devant le miroir. Peu importe ce qui s'était passé, elle devait mettre une barrière. Poudlard était l'endroit dont elle avait toujours rêvé. Elle allait manger de bonnes choses et s'entraîner au Quidditch. Si personne ne devinait qu'il s'était passé quelque chose dans la matinée, on ne lui poserait aucune question et il serait plus simple d'oublier. Elle bricola encore pendant quelques minutes le sourire parfait devant le miroir puis partit en direction de la grande salle.
721 mots
Musique dans le casque pendant l'écriture
Dernier post pour moi ici, merci pour ce super rp, j'ai adoré !
PS : J'ai vu ton post dans les pommes de Mabon, j'arrive @Aelis Van Hecke
7 oct. 2026, 19:40
Etudier pour exister
« Rien... Juste je manque d'entraînement avec les chewing-gums magiques. »
*Rien*. Rien, vraiment ? J'en suis pas si sûre, et à vrai dire je suis même plutôt sûre que non. Parce qu'il a baissé la tête lorsqu'il a dit cela, et que bizarrement, il s'est empressé de récupérer mon brouillon de devoir d'histoire qu'il me doit bien. Parce qu'il est aussi plus facile de faire des bulles avec les chewing-gums sorciers qu'avec les chewing-gums moldus. Et aussi parce que je connais bien Swann et ses méthodes pour se défiler, et que nier en bloc est l'une de ses spécialités. Alors mes yeux fouillent, refouillent, et balayent la salle de fond en comble, jusqu'à tomber sur elle.
Et mon coeur
____________dé
______________grin
_________________gole
_____________________les marches de l'escalier de mon corps.
Comme s'il s'agissait d'un ballon dévalant une pente parsemée de rochers, j'ai l'impression que dans sa chute il rebondit sur chacun de mes organes. A chaque choc élastique, le système conserve son énergie totale mais perd en altitude, et gagne par là même de la vitesse ___ et comme le poids s'applique sur chaque être doté d'une masse, et qu'à mesure que le temps passe, le ballon se remplit de larmes, la force qui s'exerce sur lui augmente aussi, et le pousse à chuter, chuter, chuter... Où le ballon s'arrête-il ? Il ne s'arrête jamais, sauf s'il tombe dans un ravin, et qu'il s'empale sur un pic tordu, ou bien alors, il roule jusqu'à la mer, ou l'océan, et les larmes qu'il traine finissent par se dissoudre dans l'étendue bleue. Deux choix s'offrent alors à lui : soit le ballon flotte, porté par la poussée d'Archimède, et se retrouve alors condamner à errer jusqu'à ce que chacune de ses miettes ne se soit désagrégées, soit il coule progressivement jusqu'à atteindre les fonds marins, et retourne à la poussière qui l'a créé.
« Aelis ?»
La voie de Swann me tire de ma rêverie cauchemardesque. Je détache mes yeux de Daisy, et me tourne physiquement vers lui. Je le vois déglutir, le dos plaqué contre son dossier, comme s'il avait peur que je m'en prenne à lui. Dis moi, ma tête est-elle si terrible que cela pour que tu en viennes à penser de pareilles choses ? Ne vois tu pas que mon coeur roule, et que le seul risque que tu prends en t'approchant de moi est d'être entraîné dans ma chute ?
« Aelis, ça va ?»
Peu à peu je reprends mes esprits. Comme si mon petit Swann était le parachute du ballon, et que celui-ci était enfin en train de ralentir. Je reviens à moi ; ça y est, je reprends conscience de mon environnement, je réalise que je respire bel et bien et que la Terre ne s'est pas arrêtée de tourner pendant ce temps. Je prends une inspiration et déglutis :
« Oui oui ça va.
___ On peut partir maintenant si tu veux, je ferai ton devoir et... »
Je secoue machinalement la tête.
« Nan t'inquiète ça va. On-on en parle demain tu veux ?
___O-Ok. Tu dis si tu veux un truc, hein ? »
Je hoche la tête. Je crois que c'est bon, je l'ai un peu rassuré. Mes bras s'agitent erratiquement au dessus de ma table, et Swann trouve avant moi ce que je cherchais sans avoir eu besoin de le lui dire : mon rouleau de parchemin pour pouvoir commencer le devoir suivant. Brièvement, cela me change les idées ; je donne d'autres noeuds à défaire à mon cerveau, et je lui impose l'effort d'être concentrée. J'avance doucement. De temps à autre, je sens le regard de Swann posé sur moi. Mais regarde, je vais bien, je vais très bien même, je suis en plein travail contrairement à toute à l'heure. Tout va bien. Je suis fière de moi : manifestement je suis capable de me concentrer sur quelque chose de positif. Je suis même si concentrée que je ne remarque même pas que Daisy n'est plus à sa place, qu'elle s'est levée, et qu'elle se dirige droit vers nous. Brusquement, une masse non identifié fait irruption sur ma table, suivit de mots qui me glacent le sang. Car cela ne peut être qu'elle, n'est-ce pas ? Je regarde Swann d'un air abasourdi. Y'a un truc qui tourne pas rond, c'est pas possible. Ou non, c'est plutôt comme si rien ne tournait plus rond à part le devoir laissé sur ma table. Pourquoi elle dit « originale » ? Ca n'a aucun sens. Et ce déchet sur ma table, que Swann s'est empressé de mettre hors de ma vue, qu'est-ce donc, hein ? Tu me le dis, veux tu ? Ou peut-être que si tu l'as fourré dans ton sac, c'est pour dérober à ma vue ce parchemin qui m'a semblé être un océan d'encre perdu entre deux terres. « C'est beau », j'aurais dit dans d'autres circonstances. Mais là je comprends juste pas. La situation me dépasse, et interdite, je regarde Swann s'affairer pour préparer l'évacuation des lieux. Car c'est bien cela que tu prépares, n'est-ce pas ? Je suis un danger pour les autres, c'est pour ça que tu dois me sortir de la salle, tu veux pas que ma maladie se répande ? Mais vas-y, continue, de toute manière je ne veux pas être ici, ni dans cette salle d'étude, ni dans ce vieux château, ni dans ce monde magique qui n'a aucun sens, qui est rempli d'injustice et qui, il semblerait, ne veut pas non plus de moi.
Je l'entends d'un monde lointain. « On y va » , dit-il. *On y va*. Où ? Y'a de place nulle part pour nous Swann, tu comprends ? Mais il prend ma main lourde dans la sienne et mon sac moite sur son épaule. Et il nous porte tous les deux, ou plutôt tous les trois avec chacun nos fardeaux. Il porte mon coeur en pièces, qui a fini sa chute empalé dans un ravin, et mon sac plein de larmes qui ne cessent de mouiller ses habits. Il se passe quoi dans ta tête, Swann ? Comment tu fais pour régler tous les problèmes ? Comment tu fais pour nous évacuer avant d'avoir évacuer ce qu'il y a en toi ? Car je le sens bien, tu nous fait sortir. Et moi, je te suis comme un fantôme, accroché à ta main, probablement le dernier rempart contre mes larmes.
*Rien*. Rien, vraiment ? J'en suis pas si sûre, et à vrai dire je suis même plutôt sûre que non. Parce qu'il a baissé la tête lorsqu'il a dit cela, et que bizarrement, il s'est empressé de récupérer mon brouillon de devoir d'histoire qu'il me doit bien. Parce qu'il est aussi plus facile de faire des bulles avec les chewing-gums sorciers qu'avec les chewing-gums moldus. Et aussi parce que je connais bien Swann et ses méthodes pour se défiler, et que nier en bloc est l'une de ses spécialités. Alors mes yeux fouillent, refouillent, et balayent la salle de fond en comble, jusqu'à tomber sur elle.
Et mon coeur
____________dé
______________grin
_________________gole
_____________________les marches de l'escalier de mon corps.
Comme s'il s'agissait d'un ballon dévalant une pente parsemée de rochers, j'ai l'impression que dans sa chute il rebondit sur chacun de mes organes. A chaque choc élastique, le système conserve son énergie totale mais perd en altitude, et gagne par là même de la vitesse ___ et comme le poids s'applique sur chaque être doté d'une masse, et qu'à mesure que le temps passe, le ballon se remplit de larmes, la force qui s'exerce sur lui augmente aussi, et le pousse à chuter, chuter, chuter... Où le ballon s'arrête-il ? Il ne s'arrête jamais, sauf s'il tombe dans un ravin, et qu'il s'empale sur un pic tordu, ou bien alors, il roule jusqu'à la mer, ou l'océan, et les larmes qu'il traine finissent par se dissoudre dans l'étendue bleue. Deux choix s'offrent alors à lui : soit le ballon flotte, porté par la poussée d'Archimède, et se retrouve alors condamner à errer jusqu'à ce que chacune de ses miettes ne se soit désagrégées, soit il coule progressivement jusqu'à atteindre les fonds marins, et retourne à la poussière qui l'a créé.
« Aelis ?»
La voie de Swann me tire de ma rêverie cauchemardesque. Je détache mes yeux de Daisy, et me tourne physiquement vers lui. Je le vois déglutir, le dos plaqué contre son dossier, comme s'il avait peur que je m'en prenne à lui. Dis moi, ma tête est-elle si terrible que cela pour que tu en viennes à penser de pareilles choses ? Ne vois tu pas que mon coeur roule, et que le seul risque que tu prends en t'approchant de moi est d'être entraîné dans ma chute ?
« Aelis, ça va ?»
Peu à peu je reprends mes esprits. Comme si mon petit Swann était le parachute du ballon, et que celui-ci était enfin en train de ralentir. Je reviens à moi ; ça y est, je reprends conscience de mon environnement, je réalise que je respire bel et bien et que la Terre ne s'est pas arrêtée de tourner pendant ce temps. Je prends une inspiration et déglutis :
« Oui oui ça va.
___ On peut partir maintenant si tu veux, je ferai ton devoir et... »
Je secoue machinalement la tête.
« Nan t'inquiète ça va. On-on en parle demain tu veux ?
___O-Ok. Tu dis si tu veux un truc, hein ? »
Je hoche la tête. Je crois que c'est bon, je l'ai un peu rassuré. Mes bras s'agitent erratiquement au dessus de ma table, et Swann trouve avant moi ce que je cherchais sans avoir eu besoin de le lui dire : mon rouleau de parchemin pour pouvoir commencer le devoir suivant. Brièvement, cela me change les idées ; je donne d'autres noeuds à défaire à mon cerveau, et je lui impose l'effort d'être concentrée. J'avance doucement. De temps à autre, je sens le regard de Swann posé sur moi. Mais regarde, je vais bien, je vais très bien même, je suis en plein travail contrairement à toute à l'heure. Tout va bien. Je suis fière de moi : manifestement je suis capable de me concentrer sur quelque chose de positif. Je suis même si concentrée que je ne remarque même pas que Daisy n'est plus à sa place, qu'elle s'est levée, et qu'elle se dirige droit vers nous. Brusquement, une masse non identifié fait irruption sur ma table, suivit de mots qui me glacent le sang. Car cela ne peut être qu'elle, n'est-ce pas ? Je regarde Swann d'un air abasourdi. Y'a un truc qui tourne pas rond, c'est pas possible. Ou non, c'est plutôt comme si rien ne tournait plus rond à part le devoir laissé sur ma table. Pourquoi elle dit « originale » ? Ca n'a aucun sens. Et ce déchet sur ma table, que Swann s'est empressé de mettre hors de ma vue, qu'est-ce donc, hein ? Tu me le dis, veux tu ? Ou peut-être que si tu l'as fourré dans ton sac, c'est pour dérober à ma vue ce parchemin qui m'a semblé être un océan d'encre perdu entre deux terres. « C'est beau », j'aurais dit dans d'autres circonstances. Mais là je comprends juste pas. La situation me dépasse, et interdite, je regarde Swann s'affairer pour préparer l'évacuation des lieux. Car c'est bien cela que tu prépares, n'est-ce pas ? Je suis un danger pour les autres, c'est pour ça que tu dois me sortir de la salle, tu veux pas que ma maladie se répande ? Mais vas-y, continue, de toute manière je ne veux pas être ici, ni dans cette salle d'étude, ni dans ce vieux château, ni dans ce monde magique qui n'a aucun sens, qui est rempli d'injustice et qui, il semblerait, ne veut pas non plus de moi.
Je l'entends d'un monde lointain. « On y va » , dit-il. *On y va*. Où ? Y'a de place nulle part pour nous Swann, tu comprends ? Mais il prend ma main lourde dans la sienne et mon sac moite sur son épaule. Et il nous porte tous les deux, ou plutôt tous les trois avec chacun nos fardeaux. Il porte mon coeur en pièces, qui a fini sa chute empalé dans un ravin, et mon sac plein de larmes qui ne cessent de mouiller ses habits. Il se passe quoi dans ta tête, Swann ? Comment tu fais pour régler tous les problèmes ? Comment tu fais pour nous évacuer avant d'avoir évacuer ce qu'il y a en toi ? Car je le sens bien, tu nous fait sortir. Et moi, je te suis comme un fantôme, accroché à ta main, probablement le dernier rempart contre mes larmes.
F.I.N.
color=indianred
chewing-girl
chewing-girl