C'est la mer Noire
Premier entretien avec @Onyx Willard
Dimanche 10 septembre 2051
09h30
Dimanche 10 septembre 2051
09h30
Reducio
Et voilà qu'après le rigolo Brando, l'idiot bienheureux, le simplet Poufsouffle, une nouvelle élève tentait son accès à sa précieuse Réserve. Il fallait l'avouer, examiner une telle candidature après avoir été contrainte d'entretenir le jeune Brando suffisait à vous mettre en valeur. Quel plaisir de ne voir aucun point d'exclamation à l'horizon, une magnifique grammaire et une orthographe impeccable. La jeune fille marquait des points sur la forme, mais qu'en était-il du fond ? La vieille dame avait relu la lettre, ses lorgnettes sur le nez, le dossier de l'élève face à elle. Mrs Pinehead,
Je me permets de vous adresser cette lettre afin de solliciter un accès à la Réserve, nécessaire à la poursuite de mes recherches.
Admise aux échanges AMICO lors de ma quatrième année, ma correspondance avec un étudiant de Casadelespiritu m’a conduite à m’intéresser à la magie noire pacifiée, domaine étudié au sein de leur établissement, ainsi qu’aux différences qu’elle présente avec les autres formes de magie, notamment en Grande-Bretagne. Si mes observations se sont d’abord portées sur les similarités et les divergences entre magie blanche et magie noire pacifiée, mes questionnements et mes recherches ont ensuite pris une portée plus large.
Qu’est-ce qui distingue réellement la magie noire pacifiée de la magie noire européenne ? Usent-elles du même processus ? La forme est-elle fondamentalement différente ? Et quid de la magie blanche ? Pour des raisons évidentes, aucun ouvrage de la bibliothèque ne m’a permis de faire avancer ces premières réflexions de façon concrète : les informations dont j’aurais besoin pour approfondir mes pistes semblent davantage relever d’ouvrages plus spécialisés. Je souhaiterais donc pouvoir consulter la Réserve afin de poursuivre pleinement ces recherches.
Je vous remercie par avance pour l’attention portée à ma demande.
Onyx Willard, élève de sixième année.

Je me permets de vous adresser cette lettre afin de solliciter un accès à la Réserve, nécessaire à la poursuite de mes recherches.
Admise aux échanges AMICO lors de ma quatrième année, ma correspondance avec un étudiant de Casadelespiritu m’a conduite à m’intéresser à la magie noire pacifiée, domaine étudié au sein de leur établissement, ainsi qu’aux différences qu’elle présente avec les autres formes de magie, notamment en Grande-Bretagne. Si mes observations se sont d’abord portées sur les similarités et les divergences entre magie blanche et magie noire pacifiée, mes questionnements et mes recherches ont ensuite pris une portée plus large.
Qu’est-ce qui distingue réellement la magie noire pacifiée de la magie noire européenne ? Usent-elles du même processus ? La forme est-elle fondamentalement différente ? Et quid de la magie blanche ? Pour des raisons évidentes, aucun ouvrage de la bibliothèque ne m’a permis de faire avancer ces premières réflexions de façon concrète : les informations dont j’aurais besoin pour approfondir mes pistes semblent davantage relever d’ouvrages plus spécialisés. Je souhaiterais donc pouvoir consulter la Réserve afin de poursuivre pleinement ces recherches.
Je vous remercie par avance pour l’attention portée à ma demande.
Onyx Willard, élève de sixième année.

Voilà une candidate prometteuse. La jeune Willard ne s'était jamais faite remarquer, ce qui était le plus grand compliment que la vieille chouette était capable de donner. Discrète, appliquée et silencieuse, dotée par ailleurs d'un bulletin exemplaire, la meilleure de sa promotion. Toute bibliothécaire se serait ruée pour accueillir à grand revers de tapis rouge la Gryffondor.
Seulement voilà, Eglantine n'était pas n'importe quelle bibliothécaire.
Savoir écrire était loin d'être suffisant, être bonne élève ne l'était pas non plus. L'accès à la Réserve n'est pas opportunité que l'on distribue aux premiers venus. Il s'agit d'un privilège, dispensé seulement aux plus méritants, dotés des projets les plus aboutis et de la plus stricte discipline. Oui, tout ce qui semblait s'apparenter à cette jeune femme, de toute évidence. Cependant, le sujet qui intéressant cette dernière était loin d'être anodin.
La magie noire, cette hérésie maudite et malveillante du merveilleux monde des sorciers. Si cela ne tenait qu'à Eglantine, tous leurs pratiquants seraient pendus haut et court, sans autre forme de procès. Oh, elle n'était pas ignorante à ce sujet, et probablement plus renseignée qu'une autre. Mais elle méprisait profondément ceux et celles qui, par faiblesse, cédaient à la tentation de cette vile magie. Seuls pouvaient, rarement, occasionnellement, trouver grâce à ses yeux plissés, les savants chercheurs, seulement motivés par la soif d'érudition.
Si la jeune Willard avait le malheur de manifester le moindre intérêt déplacé pour ces pratiques, la bibliothécaire serait la première à lui interdire à jamais l'accès à sa précieuse Réserve. Pas question de permettre la création d'une future mage noir.
Son index glissa sur le nom... Willard. Il ne lui était pas inconnu. Comment pouvait donc se porter ce cher Caleb ? Si l'enfant n'avait hérité que de la moitié du patrimoine génétique du père, les choses seraient rapidement vues.
"Entrez, mademoiselle."
Répondit-elle aux tocs sur sa porte. Sans se lever, elle désigna ensuite de la main le siège face à elle.
"Bonjour, mademoiselle Willard. Asseyez-vous, je vous prie."
Elle rangea subtilement la lettre dans le dossier de l'adolescente, sur lequel elle posa ses doigts veinés et crochus. Probablement à force de maudire les petits enfants, devait songer le jeune Cooper, quelque part dans ce château maudit.
Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »
C'est la mer Noire
Aussi loin que je me souvienne, mes cheveux ont toujours été une plaie à coiffer. Épais, longs, tantôt ondulés, tantôt lisses, avec des épis impossibles à corriger ; ils sont le dernier élément de mon apparence que je n’arrive pas à complètement maîtriser. Je m’en suis longtemps fichue, réellement. Qu’importait mon physique, tant que ce que j’avais dans le crâne était fonctionnel ? Y accorder de l’importance n’était à mes yeux qu’une perte de temps, un temps précieux que je pouvais utiliser pour autre chose de plus enrichissant. Mon avis a évolué : l’apparence est une première impression. Elle est l’image de ce qu’on veut renvoyer aux autres. Le corps, telle une baguette, une plume ou un livre, est un instrument, un outil dont je peux user. Et il serait dommage de ne pas m’en servir.
Le changement n’était pas flagrant. Une potion capillaire m’avait simplement permis de les attacher en un chignon, plus soigné qu’habituellement. Mes vêtements, quant à eux, n’avaient pas changé : sobres, discrets mais de bonne qualité, dans des tons assez sombres. Classique, en somme. Je sentais de toute façon qu’avec Miss Pinehead, il n’y aurait pas beaucoup à modifier : de la retenue, de la politesse, de l’honnêteté et un projet qui tient la route. Tout ce que je sais faire depuis longtemps… et tout ce que j’ai dû apprendre à cette andouille de Narcisse – l’honnêteté en moins. Je regarde ma montre.
Neuf heures, trente minutes, zéro seconde. Mes phalanges toquent trois fois sur le bois de la porte, et j’entre dans la pièce lorsque l’on m’y autorise, refermant sans bruit la porte derrière moi.
- Bonjour, madame.
Aucune peur, aucun regard mauvais envers celle que beaucoup appellent le dragon. Je m’en fiche bien de tout ça, ce n’est pas ma guerre. Tout ce que je veux moi, c’est mon accès à la Réserve et les connaissances qu’elle contient. La bibliothécaire m’invite à m’asseoir, j’incline poliment la tête.
- Je vous remercie, fais-je posément en prenant place.
Le dos droit, je pose sagement mes mains sur mes genoux, sans autoriser mes yeux à fouiller partout, et j’attends calmement. "Tais-toi", comme je l’ai appris au Poufsouffle : on ne s’impose pas lorsqu’on est celui qui demande, et on laisse celui qui reçoit initier l’échange. Encore plus quand celle devant nous s’appelle Pinehead.
Le changement n’était pas flagrant. Une potion capillaire m’avait simplement permis de les attacher en un chignon, plus soigné qu’habituellement. Mes vêtements, quant à eux, n’avaient pas changé : sobres, discrets mais de bonne qualité, dans des tons assez sombres. Classique, en somme. Je sentais de toute façon qu’avec Miss Pinehead, il n’y aurait pas beaucoup à modifier : de la retenue, de la politesse, de l’honnêteté et un projet qui tient la route. Tout ce que je sais faire depuis longtemps… et tout ce que j’ai dû apprendre à cette andouille de Narcisse – l’honnêteté en moins. Je regarde ma montre.
Neuf heures, trente minutes, zéro seconde. Mes phalanges toquent trois fois sur le bois de la porte, et j’entre dans la pièce lorsque l’on m’y autorise, refermant sans bruit la porte derrière moi.
- Bonjour, madame.
Aucune peur, aucun regard mauvais envers celle que beaucoup appellent le dragon. Je m’en fiche bien de tout ça, ce n’est pas ma guerre. Tout ce que je veux moi, c’est mon accès à la Réserve et les connaissances qu’elle contient. La bibliothécaire m’invite à m’asseoir, j’incline poliment la tête.
- Je vous remercie, fais-je posément en prenant place.
Le dos droit, je pose sagement mes mains sur mes genoux, sans autoriser mes yeux à fouiller partout, et j’attends calmement. "Tais-toi", comme je l’ai appris au Poufsouffle : on ne s’impose pas lorsqu’on est celui qui demande, et on laisse celui qui reçoit initier l’échange. Encore plus quand celle devant nous s’appelle Pinehead.
Code couleur : #50001c | Fiche élève | 6ème année RP (2051-2052) | Assistante-élève inRP du Club de duel
Légionnaire Bellone
C'est la mer Noire
Eglantine était une femme d'apparence. Pour elle et sa haute société, le paraître comptait tout autant que l'être. Personne ne désirait écouter un clochard mal vêtu ou un m'as-tu-vu exacerbé. Cette règle allait en effet dans les deux sens, tout était question d'équilibre. Jamais vous ne verriez la vieille bibliothécaire avec un mauvais pli, et encore moins avec une mèche rebelle. Ses corsets lui donnaient une parfaite tenue et ses robes étaient cousues à sa taille, impeccables et élégantes. L'élégance. Voilà un concept qui lui était apparu encore plus rare que le respect et l'éducation, dans ce misérable château...
Aussi fut-elle agréablement surprise de voir qu'une élève y mettait du sien, ne serait-ce que pour le principe. Ah... il y avait pourtant tant à redire, çà et là... que d'approximations, que d'erreurs et de fautes de goûts. Un manque cruel d'éducation sur l'étiquette, il faudrait qu'elle touche un mot à son père, à l'occasion. Quoiqu'au vu du profil du bonhomme, Eglantine n'était pas étonnée du résultat.
Le silence de mise, la retenue et la droiture, elle griffonna sans un regard les quelques notes du début de l'entretien, avant de commencer.
"Bien."
Un nouveau silence, le temps de sortir le bulletin de la jeune Willard. Son œil de faucon parcourut les lignes, se posant de temps à autres sur l'adolescent. Eglantine était avare de compliments, je pense que vous l'aurez tous remarqué. Cependant, elle savait parfaitement doser les appréciations et les critiques. Lorsqu'un travail était bien fait, elle le reconnaissait sans peine.
Major de promotion, des appréciations élogieuses au possible, et la seule note qui ne touchait pas le O était celle qu'Eglantine méprisait le plus. Ses doigts tapotaient lentement le parchemin. Un regard glissa sur le côté, là où se tenait le curriculum vitae de l'élève. Cette dernière était assistante-élève au club de duel... Voilà une bien belle ombre au tableau pour Eglantine. De toute évidence, il allait falloir jouer cet entretien serré.
"Un bulletin exemplaire. Vous avez bien travaillé."
Elle déposa le parchemin sur la pile, juste à côté du compte-rendu sur les échanges AMICO, en rajustant ses lorgnettes.
"Mademoiselle Willard, à quelle école vous destinez-vous ? Et par la suite, à quelle profession ?"
Sa plume se figea, n'attendant qu'un mot. Elle se doutait bien du choix de l'élève, mais étant donné qu'elle avait choisi la filière Pratique et Ouverture, Eglantine émettait un léger doute... Willard avait de toute évidence un profil seyant davantage à la filière Auror, elle ne pouvait pas laisser passer une telle ombre. Aussi enchaîna-t-elle.
"Et pourquoi avoir porté votre choix sur la filière Pratique et Ouverture ?"
Les éléments commençaient à se mettre en place. Eglantine aurait en réalité parfaitement pu mener l'entretien seule, après tout, les dossiers suffisaient, et ne mentaient pas. Mais elle était bien bonne, et offrait toujours une chance. Ah, n'était-elle pas dégoulinante de bonté, cette bibliothécaire ?
Aussi fut-elle agréablement surprise de voir qu'une élève y mettait du sien, ne serait-ce que pour le principe. Ah... il y avait pourtant tant à redire, çà et là... que d'approximations, que d'erreurs et de fautes de goûts. Un manque cruel d'éducation sur l'étiquette, il faudrait qu'elle touche un mot à son père, à l'occasion. Quoiqu'au vu du profil du bonhomme, Eglantine n'était pas étonnée du résultat.
Le silence de mise, la retenue et la droiture, elle griffonna sans un regard les quelques notes du début de l'entretien, avant de commencer.
"Bien."
Un nouveau silence, le temps de sortir le bulletin de la jeune Willard. Son œil de faucon parcourut les lignes, se posant de temps à autres sur l'adolescent. Eglantine était avare de compliments, je pense que vous l'aurez tous remarqué. Cependant, elle savait parfaitement doser les appréciations et les critiques. Lorsqu'un travail était bien fait, elle le reconnaissait sans peine.
Major de promotion, des appréciations élogieuses au possible, et la seule note qui ne touchait pas le O était celle qu'Eglantine méprisait le plus. Ses doigts tapotaient lentement le parchemin. Un regard glissa sur le côté, là où se tenait le curriculum vitae de l'élève. Cette dernière était assistante-élève au club de duel... Voilà une bien belle ombre au tableau pour Eglantine. De toute évidence, il allait falloir jouer cet entretien serré.
"Un bulletin exemplaire. Vous avez bien travaillé."
Elle déposa le parchemin sur la pile, juste à côté du compte-rendu sur les échanges AMICO, en rajustant ses lorgnettes.
"Mademoiselle Willard, à quelle école vous destinez-vous ? Et par la suite, à quelle profession ?"
Sa plume se figea, n'attendant qu'un mot. Elle se doutait bien du choix de l'élève, mais étant donné qu'elle avait choisi la filière Pratique et Ouverture, Eglantine émettait un léger doute... Willard avait de toute évidence un profil seyant davantage à la filière Auror, elle ne pouvait pas laisser passer une telle ombre. Aussi enchaîna-t-elle.
"Et pourquoi avoir porté votre choix sur la filière Pratique et Ouverture ?"
Les éléments commençaient à se mettre en place. Eglantine aurait en réalité parfaitement pu mener l'entretien seule, après tout, les dossiers suffisaient, et ne mentaient pas. Mais elle était bien bonne, et offrait toujours une chance. Ah, n'était-elle pas dégoulinante de bonté, cette bibliothécaire ?
Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »