31 nuances de River Writober Recueil OS PNJ

Ce sujet contiendra mes textes pour le Writober.
Le principe est simple : une chanson sur laquelle j'écris Lloyd sur 31 jours, écoutée en boucle tout au long de l'écriture. Il est probable que ça ne ressemble à rien, mais l'exercice me fait rire.
Les chansons ont été choisies parce qu'en les écoutant, je me dis "tiens, ça me fait penser à Lloyd".
Normalement (si j'ai bien fait mon travail), aucune chanson n'est portée par des mouvances ou des artistes problématiques. Normalement. Mais, n'étant pas à l'abri d'une erreur, n'hésitez pas à me prévenir si vous voyez un artiste qui ne mérite pas d'être acclamé.
Bonne lecture (et bon courage).
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31 nuances de River Writober Recueil OS PNJ
| FLEABAG - YUNGBLUD |
Moins que rien

'Cause I'm just a fleabag, nobody loves me
Parce que je suis un moins que rien, personne m'aime
Send me a rehab, somebody touch me
Qu'on m'envoie en cure, que quelqu'un me touche
I'm not your monkey
Je suis pas ton joujou
I'm not your puppy
Je suis pas ta marionnette
I'm just a fleabag, nobody loves me at all
Je suis un moins que rien, on m'aime pas du tout
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Pomme
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Dimanche 01 octobre | Appartement de Jude et Lloyd River, Londres


Mes doigts s’étendent vers le plafond, faisant rouler une pomme bien rouge sous mes yeux. Mon corps repose sur ce matelas qui m’accueille souvent en dehors des heures du dodo, ces derniers temps. Je pourrai faire autre chose que rester là, hein ? Sortir. Aller courir. Faire les boutiques. Déambuler dans Londres. Rendre visite aux darons. Aller faire un coucou à Mamó.
Dans les yeux de ma grand-mère, je me sens souvent comme un moins que rien. Comme un chien galeux à qui il manque une rangée de chicos mais qu’on aime bien, parce qu’il est gentil. Ça ne me dérange pas, je crois. J’aime bien voir sa bouche sourire et soulever toute sa vieille peau qui dégouline. Même si son sourire, il veut dire “tu es encore dans un drôle d’état, mo bhochtán beag”. Ça veut dire “mon pauvre petit” en irlandais. C’est marrant comme ça sonne mieux dans ma langue de sang, hein ? Je me demande si elle fait exprès de me le sortir en irlandais pour que ça sonne moins… crado ? Minable ? Je sais pas. La Mamó, elle est dure, parfois. Avec Jude, moins. C’est sa “cailín milis”. Sa douce fille. Douce. Jude. Ouais. Mamó, elle a une vision assez chelou de la douceur.

C’est dur de se sentir comme un moins que rien, tu sais ? Avoir toujours l’impression d’être le mec qui rassure les gens sur leur propre vie autant que le mec qui déçoit la famille. T’sais ? Moi, j’ai toujours voulu rendre ma famille fière de moi. Mon père, il l’est. Jude ? Elle me le dit. Maman ? Maman… elle me regarde comme si elle avait raté quelque chose. Comme si, un jour, elle s’était trompé de chemin en m’élevant, mais qu’elle avait pas fait demi-tour. Oh, je vais pas dire que ça me dérange, tu sais. J’ai appris à vivre avec ce regard là.

Je ramène la pomme à hauteur de mes yeux. Rouge comme t’en vois peu. Rouge comme les yeux de Jude au réveil.
Eh, tu sais ce que je me dis.
Si la pomme était ma Jude, je serai le ver qui gigote dedans. Le ver qui la grignote de l’intérieur. Je lâche un rire. Chaud comme vision, hein ? J’suis un ver dans une pomme. Je bouffe pas tout, mais je vise le cœur. Là où se trouve les petites poches à cyanure. Tout ma Jude, ça. Avant d’atteindre le centre, t’as intérêt à faire gaffe aux pépins.
Sauf quand t’es un ver dans une pomme.
Tu sais ce qu’il cherche, quand il creuse là dedans ? Les pépins. Ces mêmes pépins qui peuvent tuer si t’en ingère trop, le ver, il les cherche. Il cherche le cyanure, car c’est sa nourriture principale. C’est marrant, quand on y pense. Parce que c’est tout moi.
Le ver, tu savais que c’est pas vraiment un ver ? C’est une larve de papillon de nuit. Madame Butterfly pond sur la pomme ou à côté. La larve éclot. Elle rampe. Elle trouve la pomme. Elle la perfore. Elle l’explore. Elle dévore tout. Elle trouve les pépins.
C’est moi, hein ?
Je suis la larve qui grignote ma Jude. Maman m’a déposé sur Jude et s’est envolée ailleurs. Et depuis, j'épuise la pomme pour aller me repaître de ce qui tue, de ce qu'on crache quand on la mange.

Je souris.
Et je croque dans la pomme à pleine dents.
Les pépins, je les avalerai.
Comme toujours.

591 mots
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31 nuances de River Writober Recueil OS PNJ
| ANIMALS - NICKELBACK |
Animaux

No, we're never gonna quit
Maintenant, on se quittera plus jamais
Ain't nothing wrong with it
Il n'y a rien de mal dans tout ça
Just acting like we're animals
En se comportant juste comme des animaux
No, no matter where we go
Non, peu importe où nous allons
'Cause everybody knows
Car tout le monde sait
We're just a couple of animals
Qu'on est juste un couple d'animax
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Relique
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Lundi 02 octobre | Appartement de Jude et Lloyd River, Londres


Il y a ce t-shirt que t'as oublié il y a dix ans.
C'était le mien, mais c'était devenu le tien à la seconde où tu l'as enfilé. Il a rien de dingue. C'est juste un t-shirt gris. Mais quand tu le portais, tu devenais une déesse. Il était trop long. Il cachait pas tout à fait tes genoux. Quand tu le tirais pour y cacher tes jambes quand il faisait trop froid, tu disparaissais devant. Il devenait une petite cabane dans laquelle tu pouvais cacher mon paquet de cacahuètes grillées.

J’ai encore le souvenir de ton corps s’échappant dans tout l’appartement, toi, ma jolie sainte dans son t-shirt devenu relique au fil du temps. J’entends encore parfois le son de tes pas fouler le parquet branlant de l’appart de Jude. C’était juste un t-shirt. Comment t’as pu y mettre ton âme ? T’as des talents magiques que je comprends pas encore tout à fait. Toutes les pièces dans lesquelles tu pénètres murmurent ton nom pendant des années. Ta silhouette flotte encore un peu partout autour de moi. Toi, dans ce t-shirt, assise sur le comptoir de la cuisine. Toi, affalée sur le canapé, jambes nues sur le dossier, bras retombant mollement, cigarette au bout des doigts. Toi, chaussettes hautes, pénétrant dans ma chambre avec ce sourire de lionne à la tignasse indomptable. T’as fait de ce t-shirt une armure, une maison, une relique.

Ce t-shirt, il aurait dû brûler, tu sais. Comme tout ce qui t'a un jour appartenu et qui aurait pu tomber sous la main vengeresse de Jude.
Mais c'était mon t-shirt avant de devenir le tien. Je t'ai donné tout ce que je pouvais te donner, alors... tu peux bien me laisser ça, non ? Un pauvre t-shirt. Une relique de toi contre lequel je me recueille. Un souvenir dans lequel j'ai pu continuer à t'imaginer dans mes heures les plus noires. Quand elles étaient dures, j'imaginais même le parfum de ta peau, comme si le tissu avait pu le conserver.

A moitié nu, debout devant moi armoire branlante, je reste un moment planté devant, les yeux sur ton t-shirt passé sur cintre. Je ne l’ai pas porté depuis qu’il est devenu le tien. Il est là, depuis dix ans, dans une armoire qui n’a pas toujours été la mienne mais que Jude m’a toujours laissé. Il trône là, attendant religieusement que mes doigts de dévot vienne chercher la sensation de ta présence. Et ces doigts, ils s’approchent. Ils effleurent le tissu. Toujours aussi doux. Je reconnais la couture éprouvé par tes genoux, par mes dents qui parfois tirait dessus pour voir un morceau de ta peau.
Mes doigts l’attrapent enfin. Mon souffle se bloque un instant. Mon esprit matérialise la courbure de ta nuque caressée par tes mèches colorées. T’étais belle dans ce t-shirt. T’as toujours été la plus belle. Tu savais mordre, griffer, cracher comme si on t’avait croisé avec une bête sauvage. Et comme toutes les bêtes sauvages, t’es repartie dans la nature. Puis tu t’es souvenue que mes mains avaient toujours été douces pour toi. Qu’elles n’ont jamais cherché à te passer de muselière ou de collier.

Je t’ai élevée au rang de déesse. Je me suis fait ton plus dévoué fidèle. Tu m’as laissé te prier sans répondre à mes prières. Et aujourd’hui, alors que mes allégeances ont changées, tu réponds à celle que j’ai formulé il y a dix ans. Que j’ai répété encore et encore et encore. J’aurais fait pour toi l’ultime sacrifice, le plus grand acte de dévotion, le plus idiot également.
Tu réponds, dix ans trop tard. Mais tu réponds enfin.
C’est plus qu’on peut espérer d’une déesse sauvage, je sais.

Je décroche ta relique de son cintre. Je l’étend devant moi, ce t-shirt que tu as transformé en relique, comme un dernier souvenir de ce que toi et moi étions.
Je ne suis pas un homme pieu, Miya. Et cet homme a fait de toi sa déesse, son credo. Je suis prêt à faire pénitence si tu consens à t’absoudre de tes péchés. Si ce jour arrive, je te pardonnerai.
Mais ne me demande pas d’oublier.

Et laisse moi cesser de voir ton souvenir dans mon armoire comme une relique. Je l’aimais bien, ce t-shirt, moi.

710 mots
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31 nuances de River Writober Recueil OS PNJ
| OCEAN EYES - BILLIE EILISH |
Yeux océans

No fair
Pas juste
You really know how to make me cry
Tu sais vraiment comment me faire pleurer
When you give me those ocean eyes
Quand tu me donnes ces yeux océan
I'm scared
Je suis effrayé
I've never fallen from quite this high
Je ne suis jamais tombée de cette hauteur
Falling into your ocean eyes
Tombant dans ces yeux océan
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Miniature
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Mardi 03 octobre


Est-ce que tu penses à moi autant que je pense à toi ?
Je n’explique pas la magie que t’as insufflé dans tes larmes le jour où tu les as laissé tomber sur mon épaule. Je ne cherche pas non plus de raison à tout cela. C’est beau. C’est tellement beau. Penser à toi me donne l’effet de regarder un ciel d’Été, allongé dans une herbe si haute qu’elle forme un cocon autour de moi. Je crois que j’aimerais que tes bras remplacent l’herbe. Que le son des battements de ton coeur remplace le chant du vent dans les feuillages.

Qu’est-ce que tu m’as fait, Sulien ?
Est-ce que je suis tombé dans tes yeux océans, ce samedi que je ne comprends toujours pas ? Est-ce que je dérive dans ces eaux chaudes et calmes ? J’envie mon propre reflet. J’envie ce petit moi qui danse avec tes iris.
Ce Lloyd miniature élirait bien domicile dans tes beaux yeux bleus. Il pourrait à loisir voir ce que toi tu vois. Rester auprès de toi. Te détourner de ce qui te fait mal et te montrer la beauté du monde que tu contemple. Il apprendrait de toi ce que personne ne sait. Ce que tu préfères. Tes manies que tu caches aux autres. Il pourrait bercer tes larmes lorsque les ombres s’emparent de toi. Il les chérirait, tu sais ? Il les laisserait dévaler le long de tes joues, perler le long de ta mâchoire. Peut-être qu’il quitterait le refuge de tes yeux pour suivre le chemin de ces larmes chanceuses de pouvoir caresser ton visage. Mais ce Lloyd miniature remonterait vite se blottir dans tes yeux. Ses mains ne sont pas assez grandes pour prendre soin de toi. Il sait que je suis plus à même de prendre ton visage en coupe, d’enfouir mes doigts dans tes cheveux et de ramener ton front contre le mien pour me perdre dans ton regard.

J’y élirai domicile. Qu’est-ce que Londres ou Dublin à côté de tes yeux, Sulien ? Deux villes crasseuses vides de sens. Elles ne me font pas me sentir vivant.
Toi, si.

352 mots

@Sulien Willows
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| KOOL KIDS - MÅNESKIN |
Enfants cool

Well, cool kids, they do not like rock
Bien, les gamins cools, ils n'aiment pas le rock
They only listen to trap and pop (check your meter)
Ils écoutent seulement de la trap et de la pop (vérifie ton compteur)
And everybody knows that rock 'n' roll is shit
Et tout le monde sait que le rock 'n' roll est à chier
But I don't give a fuck about being a cool kid
Mais je m'en fous d'être un gamin cool
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Cactus
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Mercredi 04 octobre 2051 | Appartement de Jude et Lloyd River, Londres


« Il est en train de mourir, ton cactus. »

Allongé sur le canapé, je me redresse pour regarder Alma. Elle est penchée au-dessus de Bruno, mon vieux pote aux piquants mous. Et vu la tête qu'elle tire, elle juge fort.

« Que dalle », je m'insurge en me relevant. Clope à la bouche, je la rejoins. « C'est le plus solide de l'appart, il nous enterrera tous. »

Bruno est un joli petit cactus tout rond. C’est une petite merveille qui me rend heureux C’est une boule, une vraie boule. Sphérique. Parfait. Même les pics sont bien alignés. Il a rien qui va pas, chez lui.
On l’a mis dans un joli pot en terre cuite qui le met bien en valeur, dans un casier de la bibliothèque. Le soir, avant qu’on parte au taf, Jude lui donne même des petites loupiottes magiques. Et là, mon Bruno, il devient le plus beau. Le roi des cactus.

Alma est pas d’accord. Elle a la tête qu’elle prend quand elle doute, tu vois ? La bouche plissée sur le côté, un sourcil haussé… elle sait pas mentir, même quand elle dit rien. Trop expressive pour son propre bien.

« Tu sais, Dich… les plantes, c’est mon métier. Comme c'est le tien de chanter "ouin-ouin la vie c'est triste" dans un micro.
— Bruno. C’est pas une plante. C’est Bruno.
— Eh ben Bruno, il tire la tronche. Tu vois pas, là ? »

Son doigt manucuré se tend vers un coin, en bas. Je me penche pour mieux voir ce qu’elle montre. Sa tête se joint à la mienne. Je sens son parfum. Je renifle. Elle sent toujours bon, Alma. Un mélange de vanille et de monoï qui me donne envie de la bouffer. C’est marrant qu’elle se la joue fille des îles alors qu’elle est indienne.

« Il pourri, là. Tu vois ? La zone noire. Je te parie que c’est mou. Et… » elle renifle et s’éloigne d’un coup. « Mais il pue ! Ah, mais Lloyd ! Il pue ton cactus !
— C’toi qui pue. Parle bien.
— Mais sens !
— Je sens que toi… nan, me regarde pas comme ça ! Tu sens bon !
— Je sais que je sens bon ! Mais ton cactus, il —
— Bruno.
— Bruno pue. »

Je grogne en la laissant s’écarter, toute occupée à se ventiler avec sa main.

« Pourquoi tout pue chez vous quand Jude est pas là ? » se lamente t-elle. « Elle est où, d’ailleurs ?
— Elle avait un rendez-vous pour le taf… eh, t’as raison ! Ça sent … »

Je me relève d’un coup, une main sur le cœur.
Non. Elle a pas fait ça, quand même.
Elle m’a pas fait une crise de jalousie… hein ? C’est pas son genre ? Elle…
Je m’écarte de la bibliothèque pour rejoindre Alma. Mes mains attrapent sa tête, mes yeux se plante dans les siens. Alma papillonne de ses longs cils. J’inspire.

« Si un furet pisse sur Bruno… sur un cactus. Il est… condamné ? »

Alma dit rien un moment. Mais sa bouche se plisse avec dégoût. « Aaaah… nan… j’ai pas reniflé du pipi de Dolly, quand même…?
— Pipi de Dolly… » Je ricane. Pipi de Dolly. C’est marrant comment ça sonne. Je me reprends vite. « Ça sent fort le pipi de Dolly. Genre elle a visé un seul coin.
— Ton furet est dégueu, Lloyd. Lâche moi. J’ai l’impression de plus sentir que ça.
— Je sens pas le pipi de Dolly.
— Non, tu sens… eh, tu sens étonnement bon.
— J’ai juré, faut que t’arrêtes d’ouvrir la bouche, t’es ultra vexante. »

Je la relâche pas. Au contraire, je tiens sa tête plus fort et la tire contre moi pour lui plaquer le visage dans mon cou. Je l’entends qui glapit. Ses mains cherchent à me repousser. Et moi, je ricane, je la tiens plus fort. « Quoiiii ? T’aimes pas ? C'est mon nouveau parfum. Un truc Moldu. C’est pour te faire oublier l’odeur du pipi de Dolly ! »
Alma se débat en râlant dans mon cou. Ça vaaa… je vais pas la garder longtemps.
Encore un peu…
Encore un peu…
Et je la relâche. Alma me frappe du plat de la main sur le torse et s’éloigne.

« T’es vraiment un demeuré ! » qu’elle me jette en revenant me taper. Je la laisse faire en riant. Mais mon regard repart sur Bruno. Comment Dolly a fait pour passer là, viser sans en fiche partout et commettre sa vengeance, hein ?
La main d’Alma glisse de mon torse jusqu’à mon épaule. Elle me la serre doucement.

« L’urine de carnivore, c’est jamais bon pour les plantes… je pensais pas dire ça un jour. »

Bruno, je l’ai ramené quand je suis venu habité chez Jude. Je voulais pas venir les mains vides, tu vois ? Quand je l’ai vu, je sais pas… je l’ai trouvé parfait. C’était une évidence, lui et moi. Il était tout petit, tu sais ? Quand je l’ai acheté. Il était pas plus gros que mon poing. Regarde comme il est beau aujourd’hui. Il a survécu aux Hivers trop froid, à la fumée, aux fêtes, au stress environnant. Et là, t’es en train de me dire qu’il va crever à cause du pipi de Dolly ?
C’est la seule constante solide dans nos vies, Bruno. Alors je vais le sauver. Je vais te sauver, mon pote.
Enfin, pas moi.
Je peux pas.
Je peux pas opérer mon vieux pote. J’ai assez regardé de série médicale quand j’étais gosse pour savoir que mêler sentiment et intervention chirurgicale, c’est jamais bon.

« Sauve le, s’il te plaît. »

Alma lève la tête vers moi. Elle me regarde comme si j’étais le mec le plus bizarre de son entourage. « Lloyd. C’est un cac… d’accord… t’es vraiment… va me chercher Bruno. On va opérer. »

PNJ actif : Alma Sharma
1117 mots
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31 nuances de River Writober Recueil OS PNJ
| CUT CUT - CUIR |
Coupe coupe

J’saute dans l’vide sans filet
On verra, on verra, où m’mène tout mes excès
J’prends du bon temps avant d’crever
J’ai bien l’intention d’me marrer
En attendant qu’la mort vienne me choper,
Qu’la faucheuse me coupe l’herbe sous le pied
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Gifle
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Jeudi 05 octobre 2051 | Sous-sol de la Fausse Danse


Je ne suis pas né dans une famille violente. J’ai jamais eu peur ni de mon père, ni de ma mère. Ça va choquer personne, mais j’étais un gosse vraiment turbulent. Des gamins plus calmes que moi ont grandit dans des parents qui leur tapaient dessus. Franchement ? J’aurai mérité plein de fois que la daronne m’en colle une. Mais elle déteste la violence. Elle préfère la communication… qui est parfois bien plus violente que des gifles mais c’est pas le sujet. Le daron ? Le daron, il a jamais montré qu’il se retenait de m’en coller une. Je le respectais naturellement, ou par instinct, je sais pas. Ses mains faisaient la taille de mon visage, quand j’étais gosse. Tu déconnes zéro avec un mec qui peut te faire sauter toute une rangée de chicots en un aller retour.

Et pourtant, moi, je crains pas les buffles avec des mains comme des panneaux, ni les claquettes en cuir de la daronne. Oh bordel, non. Ma crainte a moi, ça a toujours été ma sœur.

Jude a toujours incarné toute la violence du foyer. Quand je faisais des conneries, quand j’oubliais un truc, bam, la gifle monstrueuse d’une gamine qui sait où taper.
Tu crois qu’elle a arrêté avec l’âge ? Non. Un mètre soixante, trente-six ans, elle n’a appris ni à se détendre, ni à me pardonner, et frappe toujours autant.

J’ai les yeux grands ouverts, une main sur ma joue qui chauffe et me pique fort. Wow. Elle m’a réinitialisé, celle-ci.
La main de Jude s’abat sur ma nuque. Elle attrape mes petits cheveux et me fait violemment me pencher en avant pour que je sois à la hauteur de son visage.

« T’avais une seule chose à faire », elle crache froidement. « Rester calme. Observer. Et surtout, la fermer. C’est simple. Et t’as rien fait de tout ça. »

Elle me relâche et je vois déjà sa main repartir pour m’en coller une nouvelle. Je m’écarte. C’était une menace, pas une volonté de me gifler encore. Je lève les mains devant moi. Je capitule.

« J’te paye pour quoi, hein ? » elle continue en s’approchant à mesure que je recule. « Je te payes pour quoi, Lloyd ?
— Pour… tenir le cabaret…?
— Ouais. A tenir le cabaret. Et à me servir de gros bras quand je vais voir des clients qui craignent. T’es mon chien de garde, pas mon assistant. Tu piges, ça ? Mon chien de garde. Ça parle, un chien ?
— Nan mais…
— Tu la fermes ! »

Sa voix éclate dans le sous-sol. Obsidian dit rien. Je crois qu’il en a rien à fiche.
Je souffle, je baisse les yeux.

« Ouais ben un chien, ça mord », je marmonne. Idée débile. Jude éclate d’un rire jaune. Elle s’éloigne d’un pas, une main qui tire ses cheveux en arrière. Ça, tu vois, ça me fait encore plus flippé que la gifle.
Et je fais bien de flipper.

Sa main attrape le premier truc qui lui passe sous la main et me le jette en pleine tronche. Un presse papier. Ça va que j’ai de bons réflexes, ma garde était bien en place. Le métal s’éclate contre mes avant-bras. La douleur éclate dans mes os. Je parviens pas à retenir le juron irlandais qui porte toute ma colère enragée. Le presse papier retombe devant ma Doc. Je le regarde, puis je regarde Jude, les dents serrées.

« Je devais faire quoi ?! » j’éclate. « Le laisser te parler comme ça ?!
— Oui ! Là, tu sais ce que t’as fait ? Tu m’as fait passer pour une meuf qui sait pas gérer les mecs qu’elle paye !
— Ouais, ben au moins celui-là il saura qu’on dit pas des saloperies sur toi sans conséquence !
— Mais tu te prends pour qui ? T’as cru que j’avais besoin de toi pour me protéger ou quoi ? T’es pas sur un ring, Lloyd ! T’es dans le vrai monde ! Et le vrai monde, il est dangereux pour les mecs qui savent pas se contrôler !
— Qu’est-ce que t’y connais au vrai monde ? T’es une planquée qui a besoin de son petit frère pour l’accompagner dehors ! Paye ta baronne du crime ! »

Obsidian s’arrête de gratter sur son papier. Tout devient silencieux dans le sous-sol. Je recule. Je sens que là, j’ai été un peu trop loin.
Jude me regarde. Elle bat lentement des cils.

« T’as dit quoi, là ? »

Je recule.
Elle avance.

« Planquée ? J’suis une planquée, moi ? Moi, je suis une planquée ? »

Je détourne les yeux en reculant encore. Bientôt, le mur dans mon dos m’arrête.
Je vais morfler.
Elle avance.
Elle passe au-dessus du presse-papier.

« C’est la planquée qui te permet de continuer à jouer au con tout les jours. C’est la planquée qui t’a trouvé un terrain de jeu pour que t’aies pas à te salir les mains dehors. C’est encore la planquée qui te nourrit, qui te loges, qui te protège, qui prend toutes les responsabilités pour que t’aies jamais à te demander de quoi sera fait demain. Parce que demain, tu t’en tapes, Lloyd. T’en as rien à fiche de demain. Pendant que toi tu réfléchisses à quel caleçon troué tu vas mettre pour sortir, moi, j’ai notre business qui me tourne en tête, tout les petits détails de notre vie que t’imagines même pas. Le loyer à payer. Les pattes à graisser. Les identités à contrôler. Les extras à embaucher. Les gens à faire taire. Les courses de la semaine. Les salaires à distribuer. »

Jude s’arrête juste devant moi. Elle m’a toujours pas lâché des yeux. Je me sens petit. Tout petit. Et un peu en danger. Il fait pulser mes doigts rangés contre mes côtes.

« Quand je te demande de m’accompagner, c’est pour assurer mes arrières, parce que j’ai confiance en toi. En retour, je te demande de me faire confiance à moi. Si c’est trop pour toi, pas de soucis. Je trouverai quelqu’un à qui je peux confier ce taf. Tu pourras retourner t’amuser. C’est pas un soucis. »

Je déglutis. Jude, elle frappe toujours très bien. Avec ses coups de poings, ses coups de pieds, ses coups de tête… mais surtout avec ses mots.
Cette gifle là, elle me fait bien plus mal que celle que j’ai reçu juste avant.

1144 mots
PNJ actif : Jude River
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| GIVEN UP - LINKIN PARK |
Abandonné

Waking a sweat again
Je me réveille trempé de sueur
Another day's been laid to waste
Un autre jour a été déroulé
In my disgrace
Pour ma pénitence
Stuck in my head again
Toujours bloqué dans ma tête
Feels like I'll never leave this place
J'ai l'impression que jamais je ne quitterai cet endroit
There's no escape
Il n'y a pas d'échappatoire
I'm my own worst enemy
Je suis moi-même mon pire ennemi
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Ogre
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Vendredi 06 octobre | Hyde Park, Londres


Comme un ogre, je dévore tout.
Je laisse aucune place aux autres. J’envahis l’espace. Je fracasse tout ce qui me passe sous la main. Pas besoin d’un gourdin, même pas de mes poings. Suffit que j’ouvre la bouche pour que tout se brise autour de moi.
Mais je dis pardon, parce que je suis un mec poli. Ça pardonne rien, je sais, bien sûr que je sais. J’aimerais changer, tu sais ? Accepter d’être celui qui casse tout, ou devenir celui qui répare.
Mais je suis un ogre. Ou bien je suis coincé dans son corps. Peut-être que je suis une petite fée qui s’est un jour enfoncé dans la narine d’un ogre pour ne jamais retrouver la sortie, on sait pas.

Je cours sans m’arrêter. Longues foulées. Poings près du corps. Ma capuche sautille sur mes cheveux noirs. Le vent s’engouffre à l’intérieur. Mon regard reste focus sur le chemin de l’Hyde Park. Il est tôt. Je n’ai que les pigeons matinaux avec moi. Ils s’envolent quand je passe. J’ai pas le starter pack de la mamie qui nourrit les oiseaux. Moi, j’ai l’allure d’un ogre qui bastonne à mains nues, qui ne vit que pour ressentir fort jusqu’à ne plus ressentir. Un ogre qui dévore tout, je te dis. Un ogre, ça nourrit pas les pigeons. Un ogre, ça dévore les pigeons. Je les fais, avant, il y a bien longtemps. Aujourd’hui, tu me feras plus avaler le moindre bout de viande si j’y suis pas forcé.
Paye ton ogre.
Je suis une fée.

Jude ne court pas avec moi, ce matin. Elle a pas dormi à l’appart. Je sais pas où elle est. Ça m’inquiète pas. Quand je cours, rien ne m’inquiète. Il n’y a que mon corps qui compte, mes poumons qui se déploient, mes narines froides qui tremblent sous mes inspirations brûlantes. Même l’air, je le dévore. Je le vole aux pigeons qui sont plus méritants que moi. Ils s’envolent sur mon passage. Je retiens le chien fou en moi qui veut rebrousser chemin et retourner leur faire peur. Bondir dans les groupes. Les disperser. Les faire fuir. Les pigeons sont plus unis que les sorciers. T’y crois, ça ? J’envie même les pigeons que j’effraie.

J’accélère, le regard droit sur le chemin. J’ai envie de taper le plus gros sprint de toutes ma vie. Me prouver que je suis pas un ogre mais un gladiateur. Un combattant qui ne dévore tout ce qui existe, mais qui combat tout ce qui l’accule. Tu viendras courir avec moi un jour, Sulien ? Il n’y a rien de mieux que la course pour se vider la tête, et la tienne a toujours l’air pleine à craquer. J’aimerais dévorer tout ce qu’il y a dedans. La laisser vide. Tu pourrais la remplir de beaux souvenirs qu’on pourrait créer ensemble.
Mais un ogre, ça ne construit pas.
Ça détruit tout.

481 mots
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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

31 nuances de River Writober Recueil OS PNJ
| HOPE - NP |
Espoir

Was a lost soul at a crossroad who had no hope but I changed that
J’étais une âme perdue à un carrefour, sans espoir, mais j’ai changé ça
I spent years of my life holdin' on to things I never should've kept, full of hatred
J’ai passé des années à m’accrocher à des choses que j’aurais dû laisser tomber, plein de haine
Years of my life carryin' a lot of baggage that I should've walked away from
Des années de ma vie à porter des bagages dont j’aurais dû me débarrasser
Years of my life wishin' I was someone different, lookin' for some validation
Des années à souhaiter être quelqu’un d’autre, cherchant une validation
Years of my life tryna fill the void, pretending I was in
Des années à essayer de combler le vide, à faire semblant d’aller bien
They get it
Ils comprennent
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Panique
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Samedi 07 octobre 2051 | Appartement de Jude et Lloyd River, Londres


« Non non non non, c’est pas vrai, j’ai rien fait de mal, non non… haha… non non non… »

Mon doigt s’agite tout seul devant moi. Ma poitrine tremble sous les secousses d’un rire nerveux que j’explique pas. Je marche. Je marche en rond. Dans cette chambre trop petite, noire. Noire. Si noire. Mon reflet, j’en veux pas. Je veux pas voir ce lit aux draps froissés, humides de sueur.
Ce cauchemar.
Ce cauchemar m’a fait mal.
Il m’a fait mal.
Il m’a arraché un truc. Des griffes noires, toutes poisseuses, se sont enfoncés dans mon coeur. Elles m’ont arraché un truc. Elles y ont laissé des ombres. Des visages. Des scènes. Mais c’est pas vrai, ce ne sont pas les miennes, c’était pas moi, c’était pas moi, ce truc, ce type, c’était pas moi.

« Arrête… non non… tu focus, tu focus, c’était pas vrai, c’était pas vrai, s’il te plaît, tu sais, tu sais, tu sais... »

Je psalmodie sans son, mes lèvres s’arrêtent pas. Elles y arrivent pas. Ni mes doigts qui s’agitent devant moi. Ni mes pieds nus qui cavalent sur le parquet. Je tourne en rond. J’ahane. Je ris. Mes doigts volent jusqu’à mes tempes. Ils les écrasent. Ils cherchent à faire taire les images qui se superposent.
Miya. Miya toute seule. Miya qui pleure. Miya qui pleure à cause de moi.
C’est ma faute. Je la laisse crever.
Sulien. Sulien va suivre le même trajet.
Je vais le casser.
Je casse tout.
Je casse tout.
Sulien, faut que tu t’en ailles.
Je t’ai vu. Je t’ai vu. Tu étais allongé à côté de Miya. Miya qui pleurait. Toi, tu pleurais pas. Tu tenais dans tes bras ce petit corps, tout petit corps, dans un linge blanc. Tu me regardais pas. Tu avais l’oeil vide. Miya. Miya pleurait. Le petit corps ne pleurait pas. Tout était noir. Noir. Il n’y avait que vous.
Je l’ai cassée.
Alors elle l’a cassé.
Et toi, toi je te casserai.
Tout ça te cassera.
Me laisse pas te casser, s’il te plaît.

« C’est pas ma faute, c’est pas ma faute, j’ai rien fait, j’ai rien fait, je t’ai pas abandonnée, j’ai…j’ai… j’ai pas fait ça j’ai pas fait ça j’ai pas fait ça pitié non non non… »

Je suis un corps nerveux qui secoue la tête, refusant aux ombres ce qu’elles veulent me mettre dans le crâne. C’était qu’un cauchemar. J’ai pas cassé Sulien. J’ai pas cassé Sulien. J’ai rien fait. J’ai rien fait de mal. Il sourit dans mes bras.
Miya crève toute seule.

Je recule contre un mur. Je me laisse tomber contre lui. J’enferme ma tête bruyante entre mes bras, les yeux grands ouverts sur le parquet. « J’ai rien fait, j’ai rien fait, c’est pas ma faute, Miya, je te jure, c’est pas ma faute, je suis désolé, c’est pas moi, je fais pas exprès, je suis pas ça, je te jure que je suis pas ça, je fais pas ça moi, je suis pas ça, je suis pas ça, je suis pas ça, je suis pas… »

Tu pleurais, Miya. Tu pleurais. Ça résonne dans ma tête. Tu prends trop de place. Tu prends toute la place dans ma tête. Sulien ? Sulien et le petit corps, ils avaient pas la place, pas la place pour pleurer, pas la place pour exister, pas la place d’être. Je pouvais rien faire, je pouvais pas te faire taire. Sulien voulait parler, il voulait parler, et il pouvait pas, parce que tu pleurais, et le petit corps contre lui, le petit corps ne bougeait pas, il ne pleurait pas, tu comprends ? Tu pleurais, toi, toi, et moi ? Moi, moi je pouvais rien faire, parce que je pouvais pas parler, t’entendais pas, Sulien entendait pas, le petit corps n’entendait pas. Tu pleurais, tu volais toute la place.
A cause de moi.

J’ahane. Je panique. Elle m'écrase au sol. Elle m'accule. Mes doigts serrent ma nuque. Je vais crever là. Je vais crever là. Mon cœur bat trop fort. Il va éclater. Tu prends trop de place. C’est de ma faute. C’est de ma faute. Je te fais pleurer, Sulien peut pas exister, et le petit corps, le petit corps dont on ne peut pas se souvenir, qui n’est rien, rien, mais Sulien le porte. Il le porte comme un fardeau contre sa poitrine, il ne peut pas bouger, et tu pleures encore, tu pleures sans t’arrêter.

Lloyd, focus. Focus. Allez. Allez. Accroche toi. Ton coeur va pas éclater. C’était qu’un cauchemar. Accroche toi. Accroche toi à Jude qui ronfle dans la chambre d’à côté. Accroche toi aux voitures qui roulent en contrebas. Accroche toi. Allez. C’était un cauchemar.
C’était rien qu’un cauchemar.
Ou la réalité tout ce qu’il y a de plus vrai.

800 mots

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