Tout ce qu'ils n'étaient pas
Sage | 28 ans
30 septembre 2051
@Soren Mayfield
30 septembre 2051
@Soren Mayfield
Je retourne dans le Pitiponk après une dernière étreinte avec Kieran, la gorge serrée.
Comment ?
Comment a-t-il pu revenir ? Après toutes ces années ? Après tout ce qui s'est passé entre nous ? Tout ce qu'il m'a fait ? Je pensais que notre histoire était loin derrière nous. J'ai eu tant de mal à me reconstruire et tant de mal à sortir la tête de l'eau. Il n'avait pas le droit... Il n'avait pas le droit de revenir.
Je n'ose pas me retourner quand je passe la porte. Je ne veux pas retomber sur sa chevelure blonde, ni sur ses yeux clairs, mais pourtant si sombres. Son regard noir tourne encore dans ma tête comme une mélodie fausse, agressive et cruelle. Cette obscurité qui l'a toujours habité et que j'ai tant de fois tenté d'ignorer avait presque cessé de me paraître familière. Un vague souvenir qu'on pourrait apparenter à un cauchemar, mais qui devenait de plus en plus flou, de plus en plus lointain. Une blessure jamais réellement fermée, mais dont la cicatrice avait suffisamment blanchi pour que je l'ignore sans trop de souci. Je peux encore sentir ses doigts glisser le long de mon visage comme des couteaux prêts à me cisailler de tout mon long, prêts à chercher la moindre faille pour s'y enfoncer et retourner ma chair de l'intérieur vers l'extérieur. J'arrive encore à me rappeler la chaleur de son souffle qui s'écrase sur mes joues et contre mes lèvres, à deux doigts d'avaler tout l'air de mes poumons pour me faire tomber sur place. Et son prénom. Son prénom, j'arrive encore à l'entendre couler de ma bouche, tel une injure qui essaierait de me profaner.
Isaiah.
Lentement, mes doigts remontent vers ma gorge tandis que mon regard se perd dans la foule. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, si fort que je le sens sous mes phalanges agrippées à la peau de mon cou, pile au niveau de la carotide. J'ai besoin d'air, mais je ne peux pas retourner dehors. Je ne peux pas faire marche arrière et risquer de le retrouver au coin d'une allée sombre, là où il m'attend sûrement. Je ne peux pas. Je ne peux pas du tout.
Alors, pour ignorer l'enclume qui oppresse mes poumons, je prends une profonde inspiration mêlant mon angoisse à l'humidité de la pièce et je cherche mon ancre du regard. Elle doit être bien là, quelque part. La raison de ma survie, la meilleure partie de moi-même. Fébrilement, j'avance, sans savoir où poser le regard pour la trouver, puis, comme si le destin avait enfin décidé d'entendre mes plaintes, je repère la chevelure blonde bouclée qui a toujours réussi à me garder à flots et je fonds vers elle. J'avale les quelques pas qui nous séparent et, le regard perdu, essuyant d'une déglutition les vestiges de la panique qui avait failli m'envahir, je m'agrippe à son bras et tente un sourire en soufflant.
« Soren. »
Son prénom, dans ma bouche, sonne plus comme une expiration difficile mais soulagée qu'une réelle affirmation. En levant les yeux, je tombe face à ses deux prunelles vertes, si similaires à celles d'Isaiah, mais dans lesquelles je serais incapable de percevoir la même noirceur qui a tenté de m'engloutir quelques minutes plus tôt. Alors, doucement, puisque je me rends compte que c'est bien face à la lumière et que je suis et non plus l'obscurité, mes épaules se détendent. Le précipice s'éloigne et j'ai l'impression de retomber sur mes deux pieds qui peinaient tant à tenir debout.
Mon sourire s'accentue et je resserre mes doigts sur sa veste en cuir rouge qui lui va si bien en poussant une nouvelle expiration rassurée.
Il est là.
Soren est là.
Tout va bien.
Je peux lire dans ses yeux qu'il est déjà un peu éméché, mais qu'il n'en est pas moins heureux de me voir. Non, il est bien, là.
« Je... J'ai besoin d'un petit verre je crois. »
Voilà. C'est de ça que j'ai besoin. D'oublier ce qui vient de se passer. Faire comme si la venue d'Isaiah n'était qu'un lointain souvenir, une ombre difforme sur un mur. Je dois simplement lui échapper. Le temps de quelques heures. Le temps qu'elle se fatigue. Le temps qu'elle disparaisse. Juste suffisamment longtemps pour être capable d'ignorer l'ensemble de mes nerfs qui sont encore piqués à vif malgré la joie d'être en sécurité auprès de mon meilleur ami et ne plus sentir mon cœur à deux doigts de sortir de ma cage thoracique.
Va-t-en. Noie-toi.
764 mots
Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche
Tout ce qu'ils n'étaient pas
Je réalise pas, je crois. J'ai toujours son prénom qui tourne en boucle dans ma tête. Hailey Hailey Hailey. Et chaque fois que mes yeux se posent sur quelqu'un, j'ai l'impression que c'est elle, qu'elle est là, qu'elle revient, qu'elle va s'excuser, qu'elle veut rester. Qu'elle m'aime, qu'elle ne veut pas partir.
Hailey Hailey Hailey.
Mais ce n'est pas elle. Jamais. Peu importe le nombre de femmes qui passent la porte, elle n'en ai fait pas parti.
Je crois que j'ai un tout petit peu le coeur brisé, en fait. Je crois que je suis tombé amoureux trop vite, trop fort.
Et je l'aime, et je la hais. Elle est partie. Elle me laisse derrière, elle retourne se construire une nouvelle vide. J'aurais dû le savoir, m'y attendre. Hailey, c'est pas une meuf du genre à s'installer, à tomber dans l'habitude. J'aurais dû le prévoir, savoir qu'elle allait tout bouleversé. Mais j'pensais pas, j'pensais pas qu'elle allait partir sans moi, qu'elle allait me laisser derrière et partir sans se retourner, sans se soucier de moi. Sans prévenir.
Hailey Hailey Hailey.
La première fois qu'on s'est vus, on a dansé. Au fond, notre relation, ça a un peu été pareil. On a dansé, on a kiffé à fond. Mais toute chose a une fin, faut croire, et la musique a fini par ralentir. La danse par s'arrêter.
Pourquoi t'es partie, hein ? Tu me l'a dit, ouais, mais Hailey, t'es venue, tu m'a laissé croire que t'allais rester. Tu m'as laissé m'attacher, tu m'as laissé t'aimer. Et puis tu repars deux mois après, tout ça pour ça ? Ca valait le coup de jouer avec mon coeur ? De le gonfler et de le détruire. Deux moix, Hailey. T'es restée deux mois pas plus. T'as même pas donné sa chance au pays ! Le mal du pays tout ça, ouais. Et moi, du coup, dans tout ça ? Je valais rien de plus qu'un drapeau avec quelques étoiles ? Je sais que je tombe amoureux trop vite. Je le sais. Mais je crois que toi aussi, tu le sais. Tu le savais. Et tu m'as quand même laissé faire.
Puis t'es partie. T'as fait un choix, et c'est pas moi que t'as choisi.
Qui suis je pour t'en vouloir ? C'est comme ça. Je devrais faire avec. Même pas eu le temps d'apprendre à vivre avec toi qu'il va me falloir désapprendre.
Alors ouais, évidemment que je suis là. Évidemment que j’ai déjà bu deux verres. Évidemment que je veux noyer ma peine, Hailey, tu m’as quitté. Évidemment que ça va pas. Oh, bien sûr, tu étais persuadée que si. Tu m’as dit que je serais mieux sans toi, que tu me méritais pas. C’est ça, ouais. T’essayais juste de te trouver des excuses pour partir sans me blesser. Bien sûr que si, me méritais. Bien sûr que non, je ne serais pas mieux sans toi. J’essaierai, hein, parce qu’il le faut bien, mais ce n’est pas vrai.
On vient toucher mon bras. Je relève la tête en sursautant à moitié, et je pose mes yeux las sur le visage pâle de Lu’. Ouah, elle aussi elle a pas l’air bien. Est ce qu’elle sait ? Si ça se trouve Hailey est allée la voir aussi et lui a tout dit, donc elle est désolée pour moi ? Merde, j’ai vraiment pas besoin de ça maintenant. Vraiment pas. J’ai pas envie qu’on me dise que ça va aller, que c’est pas grave, que je vais m’en remettre, que je serais mieux sans elle et que je trouverais bien mieux, d’autant que C’EST SÛR, elle doit mettre des chaussettes en poil de boursoufflet.
Ouais, c’est pas ce que je veux entendre.
Mais nan, Lu’ prononce mon nom d’un ton trop calme, et je sais que je devrais lui demander ce qui va pas, je devrais attraper son visage, l’attirer contre moi et la réconforter parce que quoi qu’il se passe, je suis là, tout va bien, ça va aller. Quoi qu’il se passe, on est ensemble alors ça va. Mais je le fais pas, je sais pas pourquoi. Peut être parce que non, ça va pas ? Parce que j’en ai pas la force ? J’ai peut être pas le courage d’affronter les problèmes de Lu’ en plus des miens. C’est nul, je sais, mais je me lève juste pour lui laisser ma place, je lui tends mon verre en attendant, et j’en commande un autre.
J’me prends un autre siège, je saisis le nouveau verre qu’on nous donne, et je me tourne vers elle, pour, quand même, lui demander :
- Ca va ? T’as pas l’air bien.
Mais en vrai, personne a l’air bien, dans le bar, là. Un peu comme si le départ d’Hailey avait fait en sorte que chaque personne du pays passe une journée de merde. Ou alors c’est juste moi qui ait l’impression que le monde a perdu ses couleurs, et que tout est tout gris. Je sais pas. P’têtre juste que je me fais des idées, aussi. Aucune idée. Je veux peut être pas savoir.
Je veux qu’elle aille bien, Lu’, vraiment. Mais j’veux pas nan plus qu’elle me parle de ses problèmes ce soir. Peut être que c’est vraiment grave. Peut être que ça ne ferait que me peser davantage, et franchement, j’ai pas envie. Ce soir je veux juste boire, noyer les soucis, et ma foi, m’amuser comme on peut. Y a Lu’ avec moi. Ce sera peut être plus facile que prévu. Sans doute qu’elle aussi, ça lui fera du bien. Je plaisanterais, j’arracherais un sourire de ses lèvres, même si le coeur n’y est pas. Ça nous changera les idées. J’espère. Je ne penserais pas à Hailey, elle ne pensera à personne, peu importe de qui il s’agit. Juste nous deux. Peut être que je lui proposerais de venir danser. Peut être. Je ne sais rien. J’suis perdu. J’ai juste pas envie de réfléchir à la suite. P’têtre juste qu’on va rester là, à enchaîner les verres, jusqu’à ce qu’il soit tard et qu’on doive rentrer. Parce que ouais, moi je bosse, demain. Tous les jours, en fait. Demain faudra que je me lève, que j’affiche un sourire sur mes lèvres, et que j’aille bosser comme si rien n’avait changé. Comme si personne n’était parti.
Hailey Hailey Hailey.
Mais ce n'est pas elle. Jamais. Peu importe le nombre de femmes qui passent la porte, elle n'en ai fait pas parti.
Je crois que j'ai un tout petit peu le coeur brisé, en fait. Je crois que je suis tombé amoureux trop vite, trop fort.
Et je l'aime, et je la hais. Elle est partie. Elle me laisse derrière, elle retourne se construire une nouvelle vide. J'aurais dû le savoir, m'y attendre. Hailey, c'est pas une meuf du genre à s'installer, à tomber dans l'habitude. J'aurais dû le prévoir, savoir qu'elle allait tout bouleversé. Mais j'pensais pas, j'pensais pas qu'elle allait partir sans moi, qu'elle allait me laisser derrière et partir sans se retourner, sans se soucier de moi. Sans prévenir.
Hailey Hailey Hailey.
La première fois qu'on s'est vus, on a dansé. Au fond, notre relation, ça a un peu été pareil. On a dansé, on a kiffé à fond. Mais toute chose a une fin, faut croire, et la musique a fini par ralentir. La danse par s'arrêter.
Pourquoi t'es partie, hein ? Tu me l'a dit, ouais, mais Hailey, t'es venue, tu m'a laissé croire que t'allais rester. Tu m'as laissé m'attacher, tu m'as laissé t'aimer. Et puis tu repars deux mois après, tout ça pour ça ? Ca valait le coup de jouer avec mon coeur ? De le gonfler et de le détruire. Deux moix, Hailey. T'es restée deux mois pas plus. T'as même pas donné sa chance au pays ! Le mal du pays tout ça, ouais. Et moi, du coup, dans tout ça ? Je valais rien de plus qu'un drapeau avec quelques étoiles ? Je sais que je tombe amoureux trop vite. Je le sais. Mais je crois que toi aussi, tu le sais. Tu le savais. Et tu m'as quand même laissé faire.
Puis t'es partie. T'as fait un choix, et c'est pas moi que t'as choisi.
Qui suis je pour t'en vouloir ? C'est comme ça. Je devrais faire avec. Même pas eu le temps d'apprendre à vivre avec toi qu'il va me falloir désapprendre.
Alors ouais, évidemment que je suis là. Évidemment que j’ai déjà bu deux verres. Évidemment que je veux noyer ma peine, Hailey, tu m’as quitté. Évidemment que ça va pas. Oh, bien sûr, tu étais persuadée que si. Tu m’as dit que je serais mieux sans toi, que tu me méritais pas. C’est ça, ouais. T’essayais juste de te trouver des excuses pour partir sans me blesser. Bien sûr que si, me méritais. Bien sûr que non, je ne serais pas mieux sans toi. J’essaierai, hein, parce qu’il le faut bien, mais ce n’est pas vrai.
On vient toucher mon bras. Je relève la tête en sursautant à moitié, et je pose mes yeux las sur le visage pâle de Lu’. Ouah, elle aussi elle a pas l’air bien. Est ce qu’elle sait ? Si ça se trouve Hailey est allée la voir aussi et lui a tout dit, donc elle est désolée pour moi ? Merde, j’ai vraiment pas besoin de ça maintenant. Vraiment pas. J’ai pas envie qu’on me dise que ça va aller, que c’est pas grave, que je vais m’en remettre, que je serais mieux sans elle et que je trouverais bien mieux, d’autant que C’EST SÛR, elle doit mettre des chaussettes en poil de boursoufflet.
Ouais, c’est pas ce que je veux entendre.
Mais nan, Lu’ prononce mon nom d’un ton trop calme, et je sais que je devrais lui demander ce qui va pas, je devrais attraper son visage, l’attirer contre moi et la réconforter parce que quoi qu’il se passe, je suis là, tout va bien, ça va aller. Quoi qu’il se passe, on est ensemble alors ça va. Mais je le fais pas, je sais pas pourquoi. Peut être parce que non, ça va pas ? Parce que j’en ai pas la force ? J’ai peut être pas le courage d’affronter les problèmes de Lu’ en plus des miens. C’est nul, je sais, mais je me lève juste pour lui laisser ma place, je lui tends mon verre en attendant, et j’en commande un autre.
J’me prends un autre siège, je saisis le nouveau verre qu’on nous donne, et je me tourne vers elle, pour, quand même, lui demander :
- Ca va ? T’as pas l’air bien.
Mais en vrai, personne a l’air bien, dans le bar, là. Un peu comme si le départ d’Hailey avait fait en sorte que chaque personne du pays passe une journée de merde. Ou alors c’est juste moi qui ait l’impression que le monde a perdu ses couleurs, et que tout est tout gris. Je sais pas. P’têtre juste que je me fais des idées, aussi. Aucune idée. Je veux peut être pas savoir.
Je veux qu’elle aille bien, Lu’, vraiment. Mais j’veux pas nan plus qu’elle me parle de ses problèmes ce soir. Peut être que c’est vraiment grave. Peut être que ça ne ferait que me peser davantage, et franchement, j’ai pas envie. Ce soir je veux juste boire, noyer les soucis, et ma foi, m’amuser comme on peut. Y a Lu’ avec moi. Ce sera peut être plus facile que prévu. Sans doute qu’elle aussi, ça lui fera du bien. Je plaisanterais, j’arracherais un sourire de ses lèvres, même si le coeur n’y est pas. Ça nous changera les idées. J’espère. Je ne penserais pas à Hailey, elle ne pensera à personne, peu importe de qui il s’agit. Juste nous deux. Peut être que je lui proposerais de venir danser. Peut être. Je ne sais rien. J’suis perdu. J’ai juste pas envie de réfléchir à la suite. P’têtre juste qu’on va rester là, à enchaîner les verres, jusqu’à ce qu’il soit tard et qu’on doive rentrer. Parce que ouais, moi je bosse, demain. Tous les jours, en fait. Demain faudra que je me lève, que j’affiche un sourire sur mes lèvres, et que j’aille bosser comme si rien n’avait changé. Comme si personne n’était parti.
@Sage Matthews
1054 mots
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28 ans - Enployé à Keddle & Leather depuis le 25 juillet 2051
Ouvert à tous les RPs !
Vava par la le fabuleux Lloyd River !
Tout ce qu'ils n'étaient pas
Soren. Mon soleil. C'est drôle, ça sonne presque pareil. Peut-être que lui m'aidera à faire disparaître l'ombre, non ? Peut-être que sa lumière sera assez forte pour la décimer et l'empêcher de m'approcher. J'y crois.
Je croise son regard perdu, m'assieds à ses côtés et je saisis le verre qu'il me tend en y trempant mes lèvres. Une grimace se forme sur mon visage malgré moi. Purée, il est fort, son truc. Je ne sais pas si ça me rassure ou si ça me convient. Ça a le mérite de détourner mon attention de toutes les émotions qui me traversent de part en part. Alors, je reprends une gorgée et je souffle du nez avant de relever ma tête vers lui, un petit sourire sur le visage, ignorant la brûlure qui coule dans ma gorge.
« Oui, ça va. Maintenant que t'es avec moi, ça va », je dis en penchant ma tête sur le côté pour le regarder d'emblée.
Les battements de mon cœur sont irréguliers, probablement parce que je mens. Rien n'est plus angoissant pour moi que de mentir à Soren. D'habitude, je lui dis tout ce qui me vient, sans filtre. Mais là... Là, je ne peux pas. Je ne peux pas lui dire qu'Isaiah est dehors, quelque part, à m'attendre. Alors j'accentue mon sourire et je reprends une gorgée du verre que m'a tendu Soren. Ça continue de piquer. Je fais avec. Je repose le verre et regarde un peu les alentours ; rien d'étonnant, le Pitiponk bat son plein un samedi soir et la musique tonne dans la salle. Je n'arrive pas à savoir si ça me rassure ou si ça m'angoisse. Kieran n'est plus là pour empêcher son ombre de se glisser entre les corps dansants. Et s'il revenait ? Et si...
Non.
Concentre-toi, Sage. Il est parti. Kieran s'en est assuré. Mes yeux retrouvent le chemin du visage de Soren qui a l'air penaud. J'aimerais m'inquiéter de son état, vraiment, mais mes propres angoisses m'en empêchent. Alors, la seule chose que j'arrive à lui proposer, ce sont mes doigts qui viennent trouver sa main et qui la pressent doucement. Voilà. Je suis là, So. Je suis là si t'as besoin de moi, mais ne me demande pas d'embrouiller mon esprit avec des choses qui ne feront que m'inquiéter davantage pour toi. Tu as ma présence, et je sais que ce n'est pas grand-chose, mais j'espère que ça suffira.
Allez.
Il faut que je pense à autre chose.
Je camoufle mes traits tirés par un nouveau sourire et je m'apprête à me lever en tirant sur les doigts de Soren, un air de défi sur le visage.
« Tu veux aller… danser ? »
La musique qui passe est entraînante. Aussi, je lance un coup d'œil sous-entendu vers la piste de danse où les corps se trémoussent et s'agitent au rythme de la mélodie de rock qui passe. Au fond, ça ressemble aussi un peu à un échappatoire. J'ai toujours aimé la musique. Elle m'emmène dans d'autres contrées et là, je sais que m'envoler est ce dont j'ai besoin pour arrêter de ressentir ce pieu qui appuie sur mes boyaux. Je resserre ma prise sur les doigts de Soren. Je ne veux pas qu'il refuse. Je veux qu'il vienne avec moi et qu'il me laisse m'envoler en gardant son œil toujours si patient pour moi. Tu voudras bien faire ça, Soren, non ? Tu me laisseras m'évader en me gardant à tes côtés, hein ? Et puis, quand je serai assez loin, là, à ce moment-là, tu pourras me dire tout ce qui te pèse assez fort sur le cœur au point que ton visage se tord en cette expression de tristesse que je ne veux pas voir sur tes jolis traits. Quand l'ombre sera assez loin, je te promets que je t'écouterai et que tu pourras tout me dire. Mais là, je veux juste commencer notre voyage. Viens avec moi, je t'en supplie.
Je croise son regard perdu, m'assieds à ses côtés et je saisis le verre qu'il me tend en y trempant mes lèvres. Une grimace se forme sur mon visage malgré moi. Purée, il est fort, son truc. Je ne sais pas si ça me rassure ou si ça me convient. Ça a le mérite de détourner mon attention de toutes les émotions qui me traversent de part en part. Alors, je reprends une gorgée et je souffle du nez avant de relever ma tête vers lui, un petit sourire sur le visage, ignorant la brûlure qui coule dans ma gorge.
« Oui, ça va. Maintenant que t'es avec moi, ça va », je dis en penchant ma tête sur le côté pour le regarder d'emblée.
Les battements de mon cœur sont irréguliers, probablement parce que je mens. Rien n'est plus angoissant pour moi que de mentir à Soren. D'habitude, je lui dis tout ce qui me vient, sans filtre. Mais là... Là, je ne peux pas. Je ne peux pas lui dire qu'Isaiah est dehors, quelque part, à m'attendre. Alors j'accentue mon sourire et je reprends une gorgée du verre que m'a tendu Soren. Ça continue de piquer. Je fais avec. Je repose le verre et regarde un peu les alentours ; rien d'étonnant, le Pitiponk bat son plein un samedi soir et la musique tonne dans la salle. Je n'arrive pas à savoir si ça me rassure ou si ça m'angoisse. Kieran n'est plus là pour empêcher son ombre de se glisser entre les corps dansants. Et s'il revenait ? Et si...
Non.
Concentre-toi, Sage. Il est parti. Kieran s'en est assuré. Mes yeux retrouvent le chemin du visage de Soren qui a l'air penaud. J'aimerais m'inquiéter de son état, vraiment, mais mes propres angoisses m'en empêchent. Alors, la seule chose que j'arrive à lui proposer, ce sont mes doigts qui viennent trouver sa main et qui la pressent doucement. Voilà. Je suis là, So. Je suis là si t'as besoin de moi, mais ne me demande pas d'embrouiller mon esprit avec des choses qui ne feront que m'inquiéter davantage pour toi. Tu as ma présence, et je sais que ce n'est pas grand-chose, mais j'espère que ça suffira.
Allez.
Il faut que je pense à autre chose.
Je camoufle mes traits tirés par un nouveau sourire et je m'apprête à me lever en tirant sur les doigts de Soren, un air de défi sur le visage.
« Tu veux aller… danser ? »
La musique qui passe est entraînante. Aussi, je lance un coup d'œil sous-entendu vers la piste de danse où les corps se trémoussent et s'agitent au rythme de la mélodie de rock qui passe. Au fond, ça ressemble aussi un peu à un échappatoire. J'ai toujours aimé la musique. Elle m'emmène dans d'autres contrées et là, je sais que m'envoler est ce dont j'ai besoin pour arrêter de ressentir ce pieu qui appuie sur mes boyaux. Je resserre ma prise sur les doigts de Soren. Je ne veux pas qu'il refuse. Je veux qu'il vienne avec moi et qu'il me laisse m'envoler en gardant son œil toujours si patient pour moi. Tu voudras bien faire ça, Soren, non ? Tu me laisseras m'évader en me gardant à tes côtés, hein ? Et puis, quand je serai assez loin, là, à ce moment-là, tu pourras me dire tout ce qui te pèse assez fort sur le cœur au point que ton visage se tord en cette expression de tristesse que je ne veux pas voir sur tes jolis traits. Quand l'ombre sera assez loin, je te promets que je t'écouterai et que tu pourras tout me dire. Mais là, je veux juste commencer notre voyage. Viens avec moi, je t'en supplie.
@Soren Mayfield
660 mots
660 mots
Employée chez Apothic'Herbes depuis juillet 2051 - couleur #727955 - fiche